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Cherchell Tipasa

Le Tombeau de la Chrétienne et Cherchell

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Situé à une dizaine de kilomètres à l'est de Tipaza, sur un promontoire dominant d'un côté la mer et de l'autre côté la plaine de la Mitidja, ce monument funéraire a été édifié en hommage à une impératrice d'origine romaine qui a su se faire aimer de ses sujets Berbères. Cette illustre souveraine avait pour nom: Séléné Cléopâtre; elle était l'auguste épouse de Juba II, empereur de la Maurétanie Césaréenne dont la capitale était précisément Césarée, c'est-à-dire Cherchell. Quant au pendant de cet édifice somptueux, celui dédié à l'empereur JUBA II ; il se trouve à Medracen, dans le Constantinois, très précisément près de la ville de Guelma.

Ce témoin d'un passé prestigieux nous invite à remonter le cours de l'Histoire, et même de la géographie, pour mieux nous faire découvrir, mieux connaître et sans doute aimer le langage ou le message de ces vieilles pierres.

Géographie

La Maurétanie Césaréenne se situait sensiblement au centre du grand ensemble berbère romain allant de la Lybie (exclue) à la Mauritanie actuelle (incluse), communément appelée Afrique du Nord. L’Afrique du Nord est bordée au Nord et à l'Est par la Méditerranée, à l'Ouest par l'Atlantique et, au Sud par une mer de sable, le désert du Sahara. On y trouve tous les reliefs de caractère courant, des plaines, des montagnes, et des plateaux. Ainsi, il n'est pas étonnant de trouver une végétation quasi identique sur les bords nord et sud de cette «grande bleue» , et même des coutumes d'élevages, de cultures, ou de modes de vie dont les origines communes s'inscrivent dans un brassage permanent et historique.

Histoire

Après la défaite définitive des Phéniciens, battus par les Romains à l'occasion de la troisième guerre punique, Carthage, symbole de la puissance phénicienne fut détruite et rasée par ses vainqueurs romains en l'an 146 avant l'ère chrétienne. Dès lors, l'Afrique proconsulaire et numide vécut avec sa propre administration, gouvernée par de hauts personnages berbères intronisés localement par Rome et pour le compte de Rome. C'est-à-dire qu'il ne s'agissait pas d'une simple colonisation au sens moderne et péjoratif du mot, mais d'une intégration réciproque et loyale.

La Numidie était devenue le grenier de Rome, Et c'est ainsi que dans un moment d'anarchie interne un roi de Numidie nommé Jugurtha se souleva contre cette autorité où « tout-et-tout-le monde-était-à-vendre ».Mais sa rébellion lui fit connaître les geôles de Rome dans l’une desquelles il y mourut en l’an 104. Toutefois le sens réaliste et politique du Sénat romain conduisit le neveu de Jugurtha et fils d'un ancien Roi de Numidie, appelé Juba 1er. Cet enfant fut élevé à Rome, instruit comme un futur souverain, doté comme tel, et marié avec la plus belle princesse de l'époque Séléné Cléopâtre, fille de Cléopâtre et de Marc Antoine.

Le couple fut intronisé et installé en terre d'Afrique à loi. Dès lors, cette cité érigée en capitale fut appelée par le nouveau souverain Caesarea, c'est-à-dire Césarée, en hommage au César qui lui avait prodigué son appui et sa sollicitude. Le territoire relevant de 1'autorité de Juba 1er et de Séléné .Cléopâtre prit le nom de Maurétania Césaréenne.

Aujourd'hui, nous connaissons Césarée sous le nom de Cherchell.

Juba fut un des hommes les plus savants de son temps, notamment dans les domaines de l'histoire, de la géographie, de la grammaire, de 1' éducation, de la philosophie, de l'archéologie, de l'histoire naturelle, de la botanique, de l'art lyrique, de la peinture, etc...

Quant à son impériale épouse, si ses actes n'ont pas pris place dans les bibliothèques sous forme de livres, c'est qu'elle se dévouait sans compter pour le bien-être de son peuple dont elle était aimée, voire même vénérée. C'est cette vénération qui s'est traduite, après la mort. de Séléné, par un mausolée dénommé par les populations locales : Tombeau de la Romaine.

Malheureusement, le colonisation française a confondu en une seule et même signification Roumi qui veut dire Romain, ou Roumia, qui veut dire Romaine, avec Chrétien ou Chrétienne.

Conclusion

Si l'on remarque que le plan des ouvertures ou du labyrinthe est en forme de croix, c'est simplement qu'il s'agit d'une croix berbère commune à toutes les croix naturelles des peuplades primitives, c'est-à-dire la bonne vieille « rosé des vents » qui indique les 4 points cardinaux. Quant aux stèles funéraires contemporaines de Juba et de Séléné, certaines d'entre elles portent des croix et d'autres un croissant. Pour ce qui est des croix il y a lieu d'observer qu'une des branches se termine en forme d' anneau : ce qui prouve qu' il s'agit de la croix égyptienne et non pas d'une croix chrétienne (sans anneau et non encore inventée).

Et, pour ce qui est du croissant de lune, il s'agit tout simplement d'un hommage à Séléné dont la nom veut dire précisément : Lune. Là aussi, il y a également lieu d'observer qu'il ne peut exister aucune similitude avec le croissant de la religion musulmane puisque l'Islam ne naîtra en Arabie que six siècles plus tard et n'abordera ces rivages berbères que sept siècles après la disparition du couple impérial Maure. Ainsi, dire de Séléné Cléopâtre qu'elle était mauresque aurait à peine et, tout au plus, été dérisoire. Mais, dire d'elle qu'elle était chrétienne était fondamentalement faux

Le Pèlerin

Création d’écoles de formation d’élites sportives

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La wilaya de Tipasa s’est dotée d’infrastructures qui s’inscrivent dans le volet de la formation des futures élites sportives, en vue de les préparer pour les échéances sportives internationales à moyen et long termes.

Bien entendu, quelques entraves bureaucratiques empêchent le respect du délai de leur réalisation.Ainsi, le centre régional de regroupement sportif, implanté à proximité du complexe olympique de Koléa, est déjà confronté à des problèmes. Ce projet n’ont pas encore démarré. Ce centre régional comprend 2 salles omnisports et 4 autres salles de sports de combat, qui s’ajoutent à la piscine olympique, le stade de football et un terrain de réplique. Une enveloppe d’un montant de 556 millions de dinars avait été allouée pour la construction de ce 1er lot. L’Etat avait affecté une enveloppe globale de 1,435 milliard de dinars pour la réalisation de l’ensemble des lots qui favorisent l’extension du complexe olympique de Koléa.

Ce centre régional de regroupement sportif fait partie du réseau des 10 centres régionaux répartis sur l’ensemble du territoire national. Par ailleurs, 2 écoles nationales de formation des élites sportives dans le domaine du tennis et de la pétanque sont en cours de réalisation au niveau du chef-lieu de la wilaya de Tipasa. Ces 2 projets s’ajoutent à l’Ecole nationale du tir sportif et l’école régionale de sport nautique déjà opérationnelles. «Je regrette le gaspillage d’argent dans les études et le gaspillage des terrains lorsqu’il s’agit de construire des infrastructures sportives, indiquait Hachemi Djiar lors de sa dernière visite de travail dans la wilaya. Il faut penser à des réalisations simples et efficaces et commodes pour faire bénéficier un maximum de jeunes en matière de formation dans les différentes disciplines sportives», a ajouté le ministre.

La nouvelle piscine de Tipasa, constituée de 2 bassins, est un joyau pour le développement de la natation. C’est la 2e piscine opérationnelle dans la wilaya, après celle de Koléa. C’est un atout pour les enfants désireux de pratiquer ce sport.
Quant au projet de construction d’une piscine à Bou Ismaïl, les travaux traînent encore. Le complexe sportif de Cherchell, quant à lui, enregistre des retards. Ce complexe sera pourvu, d’une part, d’une capacité de 12 000 places avec possibilité d’extension jusqu’à 40 000 places, et d’autre part, d’une pelouse en gazon synthétique. L’incompréhension entre les autorités locales et l’opérateur public (Enir, ndlr) est à l’origine du grand retard enregistré dans les travaux.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports avait alloué une enveloppe de 900 millions de dinars, tandis qu’un montant de 250 millions de dinars avait été investi au profit de ce projet, dans le cadre du Plan communal de développement (PCD). Compte tenu de la situation peu reluisante de ce projet, le chef de l’exécutif de la wilaya a invité le 1er responsable de l’ENIR à une séance de travail durant la semaine en cours, afin d’élucider le dossier et pouvoir rattraper le retard.

Source El Watan M’Hamed Houaoura

Le Pèlerin

Algérie - Les tomates algériennes sauvées par les punaises d’Espagne

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Tuta Absoluta, mildiou, rouille jaune, mouche blanche… Autant de maladies que l’Institut national de la protection des végétaux tente d’éradiquer grâce à des méthodes écologiques et prouvées. El Watan Week-end s’est rendu sur une plantation pilote à Tipasa afin de rendre compte de l’efficacité du procédé.

«Grâce au projet de l’INPV, mes tomates ont été sauvées cette année !», s’enthousiasme El Hadj, un agriculteur «exemplaire» d’une plantation pilote (on appelle ça «école au champ» dans le jargon agricole) à Tipasa, suivie par l’Institut national de la protection des végétaux. Ce matin d’avril, tout le monde avait rendez-vous pour un lâcher de… punaises d’Espagne ! «Cette opération est une première pour mon exploitation. Le piège à phéromones (un procédé utilisé pour piéger les ravageurs, ndlr) a fonctionné, mais j’aimerais augmenter ma production et moins recourir aux pesticides, voire ne plus les utiliser.» Depuis 2008, l’Algérie importe des punaises d’Espagne afin de poursuivre la lutte biologique. Un système qui prend en considération la protection de la nature et la santé du consommateur. En contrepartie, ce procédé exige une application raisonnable de produits chimiques sur ses surfaces agricoles. «La Tuta Absoluta, en 2008, a fait des ravages immenses sur les cultures. Les pertes atteignaient parfois 100% des récoltes ! Certains agriculteurs ont abandonné leur champ», explique Mme Ben Sidi Aïssa, inspectrice principale à l’Institut national de la protection des végétaux et responsable de la lutte biologique contre la Tuta Absoluta. «Suite à ce désastre, un programme a été élaboré par le ministère de l’Agriculture, afin de mettre en œuvre une stratégie de lutte qui nécessitait une combinaison entre plusieurs moyens de prévention chimique et bioécologique.»

Économies

Puis, en 2009, l’INPV est entré dans un projet avec le ministère de l’Agriculture, dans le but d’introduire des prédateurs, essentiellement des punaises d’Espagne. «Ces petits prédateurs sont importés et multipliés dans les laboratoires de l’INPV et des centres d’élevage qui ont été créés dans d’autres wilayas», poursuit la spécialiste. Pour Mohamed, sexagénaire, les champs, «c’est toute sa vie». «Pendant les rencontres hebdomadaires entre agriculteurs et techniciens, j’apprends et comprends l’importance des nouveaux systèmes. Bien que je m’obstine à utiliser des pesticides», reconnaît-il. Le fellah poursuit : «Malgré tout, je me suis initié à la technique de la phéromone. J’avoue que j’ai fait des économies par rapport aux produits chimiques que j’avais l’habitude d’acheter.» Le challenge des techniciens et experts de l’INPV ? Convaincre l’agriculteur qui ne connaît que le traitement chimique intensif. Par ailleurs, Mme Ben Sidi Aïssa explique que le lâcher de prédateurs ou d’auxiliaires, permet d’évaluer «l’évolution et l’adaptation de l’insecte en milieu naturel». Voilà pourquoi l’INPV a aussi besoin des agriculteurs. Les cadres se déplacent chaque semaine pour prendre des notes. «Les agriculteurs adhérents au programme ont été convaincus par l’efficacité de ce procédé, puisque le taux d’infestation a été considérablement réduit.»

1000 DA la journée

Si toute la région de la Mitidja est fertile, les actions menées par l’école au champ de Tipasa favorisent l’augmentation de la production. «En tant qu’exploitant agricole, je me rends compte du progrès réalisé par mes serres. Depuis l’apparition de la première mineuse, j’avais tout tenté, témoigne un autre agriculteur de la région, dont la récolte a été totalement ravagée, il y a quelques années. Comme tout agriculteur qui se respecte, je me suis ruiné en produits chimiques. L’idée d’être conseillé par des professionnels rassure et encourage à poursuivre annuellement cette façon de faire.» La plantation de la tomate sous serre demande beaucoup de soins. Chaque jour, les agriculteurs appliquent avec attention les recommandations proposées par l’INPV. Même si ce n’est pas toujours facile. «Bien que je sois à cheval sur l’entretien de mes serres, je ne peux pas être au four et au moulin. Mon exploitation manque de main-d’œuvre. Je ne peux pas employer de jeunes agriculteurs, puisque, disons-le franchement, les jeunes d’aujourd’hui se sont totalement retirés du monde agricole. Qui les a nourris toute leur vie !, s’exclame un agriculteur participant aux rencontres initiées par les centres de Tipasa. Un jeune ne travaille pas pour 1000 DA la journée. Surtout dans les zones situées sur le littoral…» Dans quelques semaines, El Hadj pourra récolter plusieurs quintaux de tomates et assurer la pérennité de son exploitation… grâce à ses nouvelles alliées : les punaises.

Source El Watan Faten Hayed

Le Pèlerin

Tipasa : création d’un parc citadin

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Une enveloppe financière de l’ordre de 200 millions de dinars a été mobilisée pour la concrétisation de ce projet .

La wilaya de Tipasa a dégagé une superficie de 21 hectares destinée à la création du parc citadin  «Dounia», qui s’articulera autour de trois espaces, en l’occurrence celui de la lecture, des loisirs et un troisième consacré aux jeux pour enfants. Une autorisation programme (AP) de 200 millions de dinars a été affectée pour la concrétisation de ce projet, dont l’étude a été achevée en 2011. Implanté à l’entrée sud-est de la ville Tipasa, à proximité de la gare routière en cours de travaux, le parc se trouve en aval du centre universitaire qui devait ouvrir ses portes à la fin de l’année en cours, mitoyen de l’école de formation de tennis pour l’élite sportive et d’une auberge de jeunesse, 2 projets du secteur des sports en cours de travaux, l’ espace  «Dounia » qui domine la ville de Tipasa, sera réalisé afin de permettre aux familles,  aux jeunes de déstresser et de se reposer dans un climat convivial.

Ce parc citadin répondra aux normes internationales. Il servira à l’éducation environnementale, en prenant en charge la gestion des énergies renouvelables et celle de l’eau. L’actuelle forêt récréative qui se situe en amont du complexe touristique, la Corne d’Or, draine un nombre considérable de familles accompagnées de leurs enfants. Hélas, cet espace forestier ne dispose pas de toutes les commodités pour accueillir les citoyens en quête de détente.  

D’ailleurs, la direction de l’environnement de Tipasa compte entamer la construction de ce parc citadin, en évitant les difficultés rencontrées dans d’autres wilayas. L’appel d’offres sera lancé au mois de juillet prochain, selon le responsable du secteur. Il est prévu la réalisation de sentiers piétons, de kiosques,   d’aires de jeux pour  enfants, de terrains de sport, d’une zone de détente équipée de bancs et de tables de pique- nique, d’un parking, d’un jardin botanique, ainsi qu’ un lac d’une superficie de 2 ha.

En somme, la wilaya de Tipasa compte multiplier ces espaces verts pour accueillir le plus grand nombre de touristes des wilayas environnantes qui désirent venir visiter son territoire. Le barrage de Boukourdane, les forêts de Bouharoun, Hadjret Ennous et Sidi Ghilès, les aires de repos aménagées le long de la voie express, sont des espaces naturels qui ne désemplissent pas en raison de l’engouement des familles.

Source El Watan M'hamed Houaoura

Le Pèlerin

Tipasa: on a détrôné Sainte-Salsa !

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Tipasa, qui s'étend sur une superficie de 2166 km2, nichée dans une baie à l'ouest d'Alger et à l'est de Cherchell, subit aujourd'hui de sérieux problèmes écologiques.

Elle exerce aussi moins de séduction sur le visiteur qu'autrefois à cause d'un urbanisme anarchique et la restauration inappropriée du port. De prime abord, ce dernier nous introduit dans une atmosphère plutôt belliqueuse. Sa réfection hâtive n'a pas pris en considération les particularités locales: Vestiges romains, Beauté du site, Vocation touristique. La wilaya aurait dû demander l'avis des artistes locaux sur les techniques de restauration du port avant de s'engager dans les travaux durables nécessitant un budget faramineux.

Ceux qui ont déjà vu Tipasa il y a deux ou trois décennies, se croiraient dans le port de Purl Aarburg. Des avions de combat invisibles vrombissent au-dessus de vos têtes pour neutraliser des bâtiments de guerre. Ils perturbent ainsi la quiétude vespérale et impriment sur le visage une peur morbide du premier conflit mondial. Les quelques espèces marines ont déjà fui au large à cause de la pollution, des travaux assourdissants et surtout des énormes pierres grises sentant l'odeur des dynamites.

Les milliers de grosses pierres apportées par camion pour renforcer l'ancien port réduisent la portée du regard et brident l'imagination. Selon certains autochtones, ils altèrent même l'aspect du port vu de la mer et suscitent par conséquent la répulsion. Pire encore, au mois de mars 2007, au moment des travaux, la majestueuse statue de Sainte Salsa, érigée au petit port, a été détrônée alors qu'elle priait en direction de l'Amérique. Son histoire ne relève nullement d'un mythe. La victime n'a même pas eu le temps nécessaire de faire ses adieux aux visiteurs qui l'avaient prise en photos et filmée. Aucune justification n'a été également donnée à la presse sur la décapitation de cette païenne de 14 ans, que les romains précipitèrent dans la mer après son insurrection contre leur idolâtrie. Son élimination, par ignorance de l'importance de l'Histoire ancienne, soulève la colère et l'indignation des villageois car c'est une partie de notre civilisation qui vient d'être annulée. C'est un chainon important de l'Antiquité qu'on a retiré du Grand Musée que représente Tipasa. On se comporte comme si l'histoire de nos prédécesseurs est obsolète et ne constitue nullement une dimension essentielle de nous-mêmes. Puisque les symboles sont inutiles, débarrassons Khenchela de son Bélier, Sétif de sa Fouara et Mascara de l'Emir Abdelkader. Par extension, à la manière des nihilistes, assassinons tous nos Symboles Historiques et coupons tous les cordons ombilicaux qui relient notre Pays à son Passé de Prestige, de Fierté, de Lutte et de Gloire. Notre modernisme obnubilé par l'Occident désapprouve, semble-t-il, la référence au passé et n'aime pas s'encombrer de la promiscuité de dates et d'événements sans importance pour la panse.

Qui connaît l'histoire authentique de Sainte Salsa et celle de Juba II? Personne, par manque de conférences organisées par les archéologues et les historiens. Aujourd'hui, leurs monuments, la grande basilique et le tombeau de la Chrétienne labyrinthique ne suscitent plus la curiosité. La cathédrale, négligeable et sans entretien, autour de laquelle se rassemblent les tombes, est devenue un lieu d'urines et de défécation pour les promeneurs. Donnons à cette Martyre toute l'Importance qu'elle mérite et ré intronisons-la au Petit Port d'où elle fut retirée morte des flots par un gaulois. La Wilaya, occupée à répondre aux exigences croissantes et interminables des habitants, aurait dû consulter les archéologues avant la destruction de ce Symbole. Si Albert Camus vivait encore, il se révolterait contre cette atteinte au patrimoine historique et surtout aux particularités et à l'authenticité du village.

Tipasa constitue indéniablement une intarissable source d'inspiration pour sculpteurs, peintres, poètes et romanciers. Elle contraint les visiteurs à l'immersion dans les abysses de la Cité Antique. Grâce à ce ressourcement, ils émergent à la surface du présent avec des richesses inestimables. Ce microcosme de catharsis et de thérapie naturelle conférait la sérénité à tous les étrangers qui effectuaient leur première visite exploratoire dans le respect des défunts alignés dans la petite et grande nécropole. Chaque pierre interrogée affichait un pan de civilisation, aujourd'hui victime de l'indifférence et du vandalisme.

Pour le visiteur lucide, le port actuel étrangle le nord du village de ses deux mains inexorables. Les mégalithes, apportés du massif du Chenoua afin de stopper les vagues, qui redoublent de férocité en hiver, conspirent à ternir quelque peu la splendeur de Tipasa et à atténuer le chatoiement de la mer en été. Pour que le regard se libère du rempart des mégalithes et embrasse la mer évanescente, il faut que le visiteur escalade les côtes ou prenne de l'altitude jusqu'à surplomber les bâtiments et les maisons aux tuiles rougeâtres. Il peut également opter pour l'ascension du phare à l'accès aujourd'hui interdit pour des raisons de sécurité.

C'est en ce lieu de prédilection que se réfugiaient les bibliophiles pour communier avec les éléments de la Nature et se saouler de lectures ou de Logos. Il est recommandé de réactiver la méditation sur «Noces à Tipasa et printemps à Djemila» pour comprendre le panthéisme camusien et surtout retrouver la pureté et l'originalité de la Cité. Avec la libération des essences, vous sentez des frissons de plaisir parcourir votre corps et revigorer votre Sang. Ici, l'omniprésence de l'Histoire dispense des leçons aux profanes sur la quintessence et l'alchimie propres aux Pierres Séculaires

Dès votre arrivée, vous fascine la configuration, surtout les métaphores impressionnantes créées par le Chenoua impassible et vous attirent l'haleine de la sardine grillée sur la braise et le relent des repas en préparation dans les gargotes et les restaurants. Dans le petit port dodelinent les embarcations des pêcheurs accoutumées aux risques du large et sur les terrasses des cafés donnant sur la mer, les consommateurs imperturbables sirotent leurs boissons au rythme du rai qui braient jusqu'à indisposer les divinités dans leur sommeil. Toutefois, l'horizon se dérobe au visiteur attablé dans les cafés construits avec illégalité et impunité sur les vestiges. A Tipasa, l'insatiabilité et surtout l'esprit du lucre transgressent toutes les lois visant la préservation du patrimoine archéologique. L'instinct de consommation qui caractérise notre ère, assouvit ses frustrations même sur les ossements des défunts qui redoutent les moindres actes profanateurs des vie-vents. Drôle de société où les morts nourrissent en abondance les humains et les divertissent en été sur la grande place du port jusqu'au petit matin.

De nos jours, le regard n'interroge plus le mutisme des monuments, le livre ne se lit plus et la culture n'intéresse quasiment plus personne : logorrhée stérile, nourriture et obsession du sexe ont le primat sur tout le reste. Si Tipasa focalise l'attention c'est parce qu'on a privilégié l'insatiabilité de la panse au lieu de la pensée. Les chansons du rai qui s'égosillent libèrent l'appétit pour multiplier le profit des établissements de consommation. En outre, en l'espace de quelques années, le béton a chassé toutes les terres agricoles entourant le village. Tipasa saigne et émet des cris de détresse. A l'instar des Vautours insatiables, on extrait des pierres qui regorgent de messages, la moindre miette consommable, le moindre espace rentable, la moindre pièce de monnaie encaissable pour accélérer l'enrichissement par discrédit de l'archéologie et inapplication des lois.

Bon nombre de prédateurs, des couples surtout, viennent à Tipasa pour le dépaysement mais aussi pour les repas face à la mer et l'approfondissement de la compréhension mutuelle dans la discrétion en perspective d'une Union. Ceux qui déjeunent à l'extérieur, dans les vestiges, laissent sur place des sachets et bouteilles en plastique, des canettes de bière et différents papiers d'emballage. Des filles de joie s'y rendent aussi, les jours de semaine pour offrir leur service. Depuis le départ de Monsieur Bouchenaki, les ruines romaines sont livrées à la dégradation, faute de budget alloué par le ministère de la culture pour la défense, l'entretien et la relance des fouilles dans les sites archéologiques. Le 26 septembre 2005, sans système d'alarme, le musée de Tipasa situé juste au-dessus du port, a fait l'objet d'un vol en plein jour : trois pièces en or et une en bronze y ont été dérobées. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les voleurs connaissent parfaitement la Valeur marchande des Objets exposés dans les musées. Ils ne se soucient pas de leur valeur culturelle. Les responsables se sont contentés seulement de déposer une plainte contre X.

Rendons à Tipasa ses joyaux : le port restauré de manière irréfléchie et surtout sans Sainte-Salsa nuit à la réputation de la ville étroitement liée aux vestiges, au scintillement de la mer en toute saison, à la diversité des parfums au printemps, aux myriades de couleurs de la terre et surtout au Soleil qui déteint en toute saison sur le paysage en perpétuel changement. La meilleure science demeure bien celle forgée par le Site. Ce dernier sauvegarde l'authenticité des deux villages, l'Antique et le Moderne qui coexistent dans la contradiction et les oblige à survivre à toutes les secousses du Temps.

Les sensations agréables ne vous envahissent que lorsque Tipasa se déhidjabe sous la curiosité du regard et l'effort de l'ascension. Encore marquée par les valeurs morales de Venus Pudeur, elle vous offre à court terme, d'abord un sourire d'accueil, ensuite un jaloux pan du ciel, enfin sa sensuelle chair intégrale. A l'extrémité nord du promontoire, comportant une vaste esplanade et d'autres monuments, le phare s'approprie pour l'éternité le ciel étoilé et balaie de ses faisceaux de lumière le large pour rassurer les barques de pêcheurs. La ville de Tipasa ne palpite et s'anime que par les veillées forcenées sous les lumières et la vigilance de ce grand Œil. Elle lève parfois les bras au ciel, sollicitant l'intercession des Totems pour se protéger contre les convoitises fatales. Les dieux, pendant les pénibles travaux, y ont semé abondamment leur énergie. Les messages sur le savoir-faire, l'éthique et l'esthétique s'accumulent depuis l'aube des temps. Ils ne se décodent que par la vertu des sens et la perspicacité de l'esprit. Le visiteur doit comprendre le langage du Silence et des Pierres pour retourner chez lui stupéfait des héritages qui se transmettent à travers les âges.

Les bâtisseurs de civilisations baignent de sueur au moment de la construction d'édifices majestueux comme les grandes basiliques et le Tombeau de la Chrétienne de Juba II, qui confirment le génie à l'origine de la puissance des empires. Pour changer d'époque et mieux voir cette sueur qui suinte à travers les pierres, il importe d'effectuer une visite dans l'après-midi. A ce moment de la journée, les divinités surpris par votre présence vous raconteront sans exagération les exploits inouïs qui font l'orgueil du Passé. La visite du parc archéologique vous confère d'autres yeux pour voir l'imperceptible, d'autres oreilles pour appréhender l'inaudible, une fine faculté olfactive pour s'extasier des parfums les plus subtiles, une autre langue pour exprimer l'ineffable. Une superposition d'univers, aussi envoutants les uns que les autres émergent alors à l'occasion inespérée de cette rétrospection génératrice tantôt de choc bienfaisant, tantôt de frissons de plaisir. Seule votre peau suffocante restera collée à votre corps en prise avec les hallucinations.

Cependant, l'exploitation de Tipasa à des fins lucratives, annule les librairies et l'investissement dans le livre. En outre, la récente bibliothèque de la wilaya, gérée par la compétence et le dynamisme de Mme Sebbah, ne connaît pas encore un taux de fréquentation élevé en dépit de l'important calendrier culturel programmé, la diversité et le nombre impressionnant de volumes. Là aussi, la pathologie de la bouffe a inhumé l'Amour du livre et le plaisir intense qu'il procure aux bibliophiles! Les enseignants des différents cycles, la presse écrite et surtout la radio locale implantée à proximité doivent faire preuve de pragmatisme dans la sensibilisation des élèves à l'importance du livre, à l'écologie et à l'archéologie. Une partie de notre jeunesse a déjà succombé à l'Instinct de consommation bestiale et au Virus irrésistible de la communication infertile des portables et de l'Internet.

Mes contemporains captifs de la vitesse des temps modernes sont atteints de cécité. Ils ne parviendront jamais à décrypter les messages de leurs prédécesseurs communiqués par différentes formes d'expression. L'Histoire ne se définit pas seulement comme une succession de tragédies mais aussi comme une complémentarité des peuples et de leurs apports au bénéfice de l'humanité.

La réussite n'est souvent que le résultat d'un échec. Nous devons en tirer des leçons. Chez nous, il est dommage qu'on ne sache pas analyser l'échec dans les différents domaines de la vie sociale pour surmonter les obstacles, progresser avec prudence et apporter, à l'instar de bon nombre de peuples, notre humble contribution au patrimoine de l'humanité

Source Le Soir d’Algérie Abdelkader Ferhi *

Poète, professeur de lettres françaises

Le Pèlerin

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