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Algérie

Elle a été enterrée au carré des moujahidine

enterrement-warda.jpg

 

L'Algérie a réservé un accueil solennel et rempli d'émotion à la dépouille de sa diva Warda El-Jazaïria, qui a été enterrée samedi au cimetière El-Alia d'Alger, pour y reposer dans le carré des moujahidine aux côtés des hommes les plus importants du pays.

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Fait rarissime pour une personnalité non politique, une haie d'honneur de la Protection civile a accueilli au cimetière le cercueil de "La Rose Algérienne", suivi par son fils Ryad, la gorge nouée, incapable de s'exprimer tant l'émotion était forte. Il avait toujours vécu auprès de la cantatrice de la chanson arabe, dont le père était algérien et la mère libanaise.

Sa mise en terre dans le carré des moujahidine (combattants indépendantistes) a été accompagnée de centaines de youyous de femmes qui ont assisté à cette cérémonie d'habitude réservée aux hommes, selon le rituel musulman dans ce pays.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia et le frère du président Abdelaziz Bouteflika, Saïd Bouteflika, marchaient en tête du cortège, avec à leurs côtés notamment, le conseiller et ami d'enfance du roi du Maroc Mohamed VI, Fouad el-Himma.

Source Orange actualités AFP

Le Pèlerin

Très ancienne recette sicilienne.

anchois-fenouil.jpg

 

Proposée par : Jean-Claude Puglisi, 83400 Giens en Presqu'île - HYERES.

Ingrédients :

1 gros bouquet de fenouils sauvages frais.
1 œuf frais.
Chapelure de pain.
1 verre de filets d'anchois à l'huile.
1 à 2 gousses d'ail

Pour six personnes.

1 belle tomate bien mûre.
Sel et poivre.
Huile d'olive.
1 kg de spaghetti.
1 piment de Cayenne (facultatif).

Rincez et égouttez les fenouils et récupérez ses pousses tendres : partie supérieure du fenouil.
Réservez les bulbes et les tiges pour une autre utilisation.
Dans un grand mixer mettre :
les pousses tendres +1 jaune d'œuf frais + 1 à 2 gousses d'ail + la tomate pelée et épépinée coupée en morceaux + les filets

d'anchois + la chapelure de pain + l'huile d'olive + sel et poivre + 1 petit piment de Cayenne (facultatif).
Mixez et montez la préparation en pommade en dosant bien la chapelure et l'huile.
Réservez au frais.
Dans un récipient mettre : l'eau + le sel + les tiges dures des fenouils coupés en tronçons.
Plongez les spaghettis dés ébullition et cuire les pâtes al dente.
Passez les pâtes en réservant une louche d'eau de cuisson et ôtez les tiges de fenouil.
Dans un grand saladier versez : les spaghetti + la louche d'eau de cuisson des pâtes + la pommade aux anchois et fenouils sauvages.
Bien mélanger et rectifiez l'assaisonnement.
NB =
Ce plat et très simple et peu onéreux.
Dosez la quantité d'anchois suivant les goûts de chacun.
Parmesan et / ou Gruyère pour ceux qui le désirent.

Cette recette est pratiquement introuvable sauf peut-être en sicile. C'est pourquoi je me fais un réel plaisir de l'adresser surtout à tous ceux qui comme moi ont des ancêtres siciliens et qui peut-être entendu parler avec nostalgie de cette préparation par leurs grands-parents ?

Pour plus d’information, cliquez sur le lien suivant:

http://www.cuisine-pied-noir.com/recette_426_Pates_aux_anchois_et_fenouils_sauvages_%28_tres_ancienne_recette_sicilienne%29..html

Un grand merci à Christophe et Jean-Claude…

Bon appétit,

Le Pèlerin

Espoir et consternation au RND

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Le score électoral réalisé le 10 mai par le RND lui permet de conserver son statut de seconde formation politique du pays en ordre d'importance derrière le FLN, «son frère ennemi». Sauf qu'il maintient sa position en étant toutefois très largement surclassé par l'ex-parti unique avec lequel il a espéré faire au moins jeu égal, sinon le surpasser en termes de sièges. Cet espoir déçu n'a pas en apparence suscité de la frustration dans ses rangs, du moins à en croire son porte-parole, qui a signé au lendemain du scrutin un communiqué faisant état de la «satisfaction» du RND quant au score électoral qui est le sien.
En réalité, c'est la consternation qui règne au RND au constat qu'avec ses 71 députés face aux 221 engrangés par le FLN, il n'aura plus qu'un rôle «d'utilité» dans la majorité présidentielle, alors qu'il a ambitionné d'en devenir le «pôle animateur déterminant».
Avec les partis islamistes, le RND est finalement le grand perdant de la compétition électorale. Sa défaite, il ne peut pas pourtant la contester comme le font les premiers. Sauf à remettre en cause, comme eux, la transparence et la régularité des élections.
C'est donc en formation affaiblie que celle d'Ouyahia est sortie des urnes. Elle devra, forcée et contrainte, se contenter de jouer les seconds rôles aux côtés de l'ex-parti unique et se contenter de ce que les arbitrages du Président lui octroieront en termes de portefeuilles ministériels dans le prochain exécutif gouvernemental. Si la formation de celui-ci devait obéir à la logique «démocratique», Ouyahia n'a pas l'espérance de conserver son poste de Premier ministre.
Il se colporte par les milieux acquis à la thèse des quotas arbitrairement distribués que le score humiliant attribué au RND signifie qu'il a été décidé en haut lieu la mise hors jeu de son chef du processus préparatoire à la succession présidentielle de 2014. Sinon, comment comprendre le camouflet électoral prémédité dans ce cas qui lui a été infligé ? C'est aussi l'indice que la majorité présidentielle que le pouvoir a voulu faire sortir des urnes ne ferme pas la porte au courant islamiste. Fermeture dont le RND a fait miroiter la perspective en menant une campagne électorale axée sur la dénonciation sans nuance de la «dangerosité» de ce courant politique pour la stabilité et le développement du pays.
Le silence observé par Ouyahia après la proclamation des résultats du scrutin tranche avec les réactions des autres chefs de formation qui ont, comme Belkhadem, salué leur «victoire» électorale ou, comme la majorité, élevé de tonitruantes protestations contre la «manipulation» du suffrage universel. Même si Ouyahia partage très probablement l'avis de ces derniers sur les résultats du scrutin, il est dans une situation et imprégné d'une culture politique qui lui interdisent de contester ces résultats, dès lors qu'ils sont la traduction d'un consensus s'étant réalisé au sommet de l'Etat entre ses centres de pouvoir.
Dans la bataille l'opposant à Belkhadem dans la perspective de 2014, Ouyahia vient d'être sérieusement handicapé par la tournure qu'ont eue les élections législatives pour son parti.

Source Le Quotidien d’Oran Kharroubi Habib

Le Pèlerin

Algérie - Tremblement de terre d'une magnitude de 4,9 à Laghouat

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Un tremblement de terre d'une magnitude de 4,9 sur l'échelle de Richter a eu lieu vendredi à 14h12 (heure locale) à Laghouat, a indiqué le Centre de recherche en astronomie astrophysique et géophysique (CRAAG) dans un communiqué. L'épicentre de la secousse a été localisé à 26 km au nord-ouest d'Aflou, a précisé la même source.

Source L’Expression

Le Pèlerin

La Soukahrassienne de Paris a conquis l’Egypte pour rayonner sur la chanson arabe

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Elle ne chantera plus son amour indéfectible pour son pays. Elle ne chantera plus l’amour. Le sien, pluriel. Elle ne chantera plus, tout court. Elle était née sous le signe du Cancer, mais c’est un arrêt cardiaque qui lui aura été fatal. A 72 ans, son cœur l’a lâchée au Caire où son astre artistique a longtemps scintillé dans le ciel étoilé de la chanson arabe, à accents égyptiens. Warda El Djazaïria ne chantera plus l’Algérie, le 5 juillet prochain. Sa voix puissante, chaude, profonde et mélancolique, qui donne le spleen tout en chassant le blues, résonnera fortement mais manquera cruellement, en live, lorsque son pays célébrera le cinquantenaire de son indépendance. Sa dernière profession d’amour, fut, paradoxalement, un spot publicitaire pour un opérateur de téléphonie mobile, dont le nom évoque ce que Warda fut dans sa vie d’artiste. La vidéo, chant fugace dans un parcours d’un demi-siècle de chansons, porte un titre comme un défi, comme un testament, comme un espoir de jours algériens qui chantent. «Mazalna waqfine», nous sommes encore debout, nous Algériens, psalmodie patriotique de Warda, a été mise en scène dans le décor champêtre de Tipaza. Vêtue d’une robe blanche, ornée de roses rouges et vertes, les trois couleurs du drapeau algérien, l’Oum Kalsoum algérienne dit que «sa voix crie je t’aime mon pays».

Warda, c’est l’amour, bien sûr. C’est avant tout l’amour de son pays, chanté dans l’exil, avec la voix d’une enfant de onze ans. C’était en 1951, à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine où elle est née le 22 juillet 1940, d’une mère libanaise et d’un père de la famille Ftouki, issue de la grande tribu des Némenchas, dans la région de SoukAhras. Et c’est déjà cette mère mélomane qui lui enseignera tôt l’art de la vocalise et l’initiera à la magie du tarab, le chant de l’extase arabe. Voix rare et talent précoce s’exprimeront alors très vite au Tam-tam, club musical de Saint-Michel dans le Quartier latin parisien, propriété de son père et creuset du nationalisme maghrébin. Entre rue de La Harpe et rue de La Huchette, les Algériens de France et les artistes arabes de passage à Paris, comme Farid El Atrache, seront séduits par la gamine au doux regard qui reprenait, avec brio, des titres phares d’Oum Kalsoum, Mohamed Abdelwahab, Abdelhalim Hafez et Leila Mourad. Elle les impressionnera aussi par la fougue qu’elle mettait à chanter le pays de son père et à exalter déjà le nationalisme algérien. Il est vrai que ce père, nationaliste algérien et maghrébin, convaincu de la première heure et nourri aux valeurs de l’Etoile Nord-africaine, avait baptisé son établissement le Tam-tam, en référence à l’instrument de percussion mais surtout à la Tunisie, l’Algérie et le Maroc dont il avait emprunté les premières lettres des noms. En 1958, Le Destour tunisien, le FLN algérien et l’Istiqlal marocain se retrouveront à Tanger, pour le premier sommet d’un Maghreb rêvé par les nationalistes des trois pays. Warda l’artiste, est née donc ans cette atmosphère où le nationalisme, l’amour et la convivialité étaient chaque soir à la fête. Et c’est au Tam-tam que lui sera donné le nom artistique de Warda El Djazaïria. Warda l’Algérienne, la petite rose bourgeonnante de la chanson. Sous la houlette de son père, de son frère Messaoud et de sa sœur Nadia, elle se fait connaître rapidement pour ses chansons patriotiques, dont la sublime «Ya émrawwah léblad sallamli âlihoum», où l’amour et la nostalgie de l’Algérie étaient servis par une voix jeune mais déjà épanouie. Puis se sera des tournées dans le monde arabe où elle engrange des recettes pour le FLN combattant et fit beaucoup pour la notoriété de la cause algérienne bien avant les footballeurs de la célèbre équipe du FLN. Cet activisme artistique, expression d’un engagement militant, lui vaudra de quitter Paris pour Rabat, ensuite pour Beyrouth. Jusqu’à la libération de l’Algérie. Avant d’y être, elle avait déjà chanté ses propres chansons, sur des airs du compositeur tunisien Sadeq Thuraya, qui a favorisé son autonomie artistique et lancé sa jeune carrière.

L’amour des ancêtres, l’amour d’un homme

Au lendemain même de l’Indépendance, elle rentre au pays. Elle rencontre en même temps que l’amour des ancêtres retrouvé, la passion amoureuse pour le premier homme de sa vie. Il s’agit de M. Kessri, alias Nehru, un grand «Malgache», bras-droit de Abdelhafid Boussouf, patron du MALG, outil de renseignement de la Révolution algérienne et ancêtre des services secrets de l’Algérie indépendante. Elle quitte ainsi la scène artistique pour le cocon d’une vie familiale et le bonheur d’une mère d’un garçon et d’une fille. Jusqu’en 1972. C’est alors que le président Houari Boumediene lui-même et un certain Abdelaziz Bouteflika lui demandent de revenir à la chanson, à l’occasion de la célébration des noces d’étain de l’indépendance algérienne. Et alors qu’elle était tenue par un pacte signé avec Nehru, qui avait exigé d’elle de ne plus chanter en public, elle accède à la demande pressante du chef de l’Algérie socialiste et retrouve le bonheur de la scène. Et ce fut grandiose. Cette année, à la salle Atlas, devant Boumediene, elle chante une magnifique ode d’amour patriotique de Salah Kherfi, intitulé «Ad’oûka ya Amalia Wa ahtifou mine baïd», je t’implore ô mon espoir, de loin je te supplie. A l’occasion, l’amour du pays rencontre celui d’un autre homme, un grand artiste, l’Egyptien Baligh Hamdi, qui a composé le poème de l’Algérien Salah Kherfi. Le divorce avec Nehru était déjà consommé, le «malgache» ayant coupé le lien conjugal lorsque Warda avait elle-même rompu l’engagement de ne plus chanter. Boumediene et l’envie irrépressible de retrouver l’univers du chant y furent beaucoup pour quelque chose. Retour donc à la case de départ artistique et nouvel élan dans la vie sentimentale avec un homme qui lui composera de très belles chansons d’amour dans un répertoire exceptionnel de plus de 300 titres. Elle quitte aussi Alger pour Le Caire.

Dans la capitale d’Oum Eddounia, l’Egypte, mère de l’univers artistique, sa voix d’or croisera aussi d’autres compositeurs au talent encore plus affirmé que celui de Baligh Hamdi. Ce sera alors la rencontre avec Riad Essoumbati, Sayed Mekkaoui et, surtout, l’immense Mohamed Abdelwahab, pharaon de la chanson arabe et maestro des compositeurs orientaux. Le monde arabe, charmé par cette voix venue d’Algérie, via la France, tenait avec Warda, celle qui pouvait devenir la seconde Oum Kalsoum, à défaut de la supplanter sur scène et dans les cœurs. Les Arabes chanteront alors avec Warda, entre autres, «Aho da el kalam», l’émouvante «ahibbak fouq matéttssawwar», «Ichtirini», «Ya leïl tawwèl», «Ya Khossara», «Ya sidi», «Ahdono el ayyam», «Hikayti mâa ezzaman», «Loula él malama», «Ya gharib», qui révèlera le profond humanisme de la chanteuse. Et encore, «El oûyoune essoud», «Harramt ahibbak», «Fi youm oulila», «Batwannass bik», «Dandana», «Khallik hina» et bien d’autres morceaux encore, toujours dans les oreilles et dans les cœurs.

L’amour sublimé, l’amour magnifié

Si elle a sublimé l’amour comme Oum Kalsoum, Leïla Mourad, Assmahan, Faïrouz, Faïza Ahmed et Chadia l’ont magnifié, chacune dans son registre propre, Warda y ajouta sa voix sublime et ses chansons comme autant de roses dans le jardin embaumé de la chanson d’amour arabe. Mais la rose algérienne de la chanson arabe fut surtout la chanteuse de l’amour patriotique algérien, comme Oum Kalsoum le fut pour son Egypte bien-aimée. Si elle a chanté aussi «Aïd el Karama», devant le président Chadli Bendjedid, Warda

El Djazaïria résuma son amour pour l’Algérie, mieux que tout un répertoire, en trois chansons. Qui sont autant de dates et de déclarations d’amour révélé, renouvelé et à jamais clamé sur tous les tons. Ce triptyque amoureux, c’est «Ya émrawwah léblad», «Ad’oûka ya amali» et «Mazalna waqfine». Le patriotisme de Warda et son profond amour pour l’Algérie, sont presque à fleur de peau. Même quand il s’agissait de football, et que l’honneur de son pays était souillé par un chauvinisme égyptien déferlant, dégoulinant de bêtise nationaliste et débordant de xénophobie imbécile. Par exemple, dans un palace du Caire, en marge d’un banquet, le 6 mai 2010, en l’honneur d’hommes d’affaires arabes, elle fustige avec beaucoup de dignité l’hystérique campagne médiatique contre l’Algérie. C’était à la suite du match d’appui au Soudan qui avait expédié l’Algérie en Afrique du Sud et l’Egypte dans l’enfer de la déception.

Le patriotisme de Warda, c’est aussi ce rapport tout en retenue et en sobriété qu’elle avait à l’argent. Qui fait que la diva de la chanson arabe, n’ait jamais exigé de cachet à l’Algérie et réglait souvent elle-même les frais de ses musiciens et autres compositeurs. Warda, c’était l’élégance, le raffinement, le bon goût des choses, le goût des Autres, l’œcuménisme culturel, la polyvalence linguistique, l’intelligence et la finesse d’esprit. Elle n’hésitait pas à donner leur chance à de jeunes et talentueux compositeurs, comme le Libanais Marwane Khoury, l’Egyptien Walid Saïd ou le Tunisien Saber Rebaï. Ainsi de son dernier album «Amal» avec Marwane Khoury, diffusé en boucle sur Radio Rotana Delta. Il en est de même avec le compositeur Salah El Sharnoubi, l’auteur lyrique Omar Batiécha et le musicien Tareq Akef, une association de talents arabes qui a donné naissance à trois de ses albums ayant reçu la récompense du «meilleur album de l’année» en Egypte, en 1991, 1992 et 1994.

Warda, Paul Eluard et Jean Ferrat

Warda savait surmonter les barrières linguistiques et artistiques. Avec une grâce et une légèreté qui lui ont permis de chanter Jacques Prévert, par exemple, avec Les feuilles mortes, chantée en français et en duo avec le grand Yves Montand. Et c’est encore des duos avec Georges Moustaki et Michel Fugain, quand en arabe, elle ne chantait pas des titres qui ont fait la gloire de Saliha la Tunisienne, comme avec «mène frag ghozali». Warda, qui n’a jamais fait de la politique, savait s’en mêler dès qu’il était question de l’Algérie ou des peuples arabes. Trois mois avant son envol pour l’Eden des artistes comblés, elle avait adressé une philippique aux dirigeants de la chaîne Al Jazira, critiquant sévèrement leur couverture du Printemps arabe. «Vous avez tué des milliers de libyens et vous continuez à faucher un grand nombre d’innocents en Syrie […]. Si vos maîtres touchent leur salaire du pétrole, vous percevez le vôtre du sang arabe parce que vous êtes des marionnettes dans leurs mains sales […] ; et plus vous lancez des fatwas et faites perdre la vie aux gens, plus vous êtes payés», a-t-elle notamment écrit. A la suite de Paul Eluard, Warda pouvait dire «j’ai vécu comme une ombre, et pourtant j’ai su chanter le soleil». Pour elle, comme le chantait Jean Ferrat, c’était «pouvoir encore regarder, pouvoir encore écouter, et surtout pouvoir chanter, c’est beau, que c’est beau la vie.» La vie de Warda, malgré les douleurs personnelles, celles du cœur et du corps perclus de maux divers, au crépuscule de sa vie, fut belle, très belle. Au service du bonheur des Autres. Comme dans la chanson Ya gharib où elle «chante pour la cordialité, la tolérance, les déprivés et les accablés, les perdus de la vie, les perplexes, pour faire patienter leurs cœurs». Avec sa voix, dans laquelle il y avait l’odeur du cèdre du Liban de sa mère et le parfum de thym et d’armoise du Souk-Ahras natal de son père, Warda a su chanter le soleil et enchanter des millions de cœurs dans le monde arabe. «Puisque tu sais chanter ami, tu sais (donc) pleurer», disait Alfred de Musset. Elle a chanté pour nous, et nous la pleurons aujourd’hui. Comme les siens de Souk-Ahras où elle n’a jamais vu le soleil se lever ou se coucher. Car, de son propre aveu, elle ne s’y est jamais rendue. Mais là-bas, à Alger, ailleurs dans le pays, comme partout dans le monde arabe, Warda chante encore «Rahalla ya ômri rahalla». Errante, partout errante, ma vie durant. Surtout entre Alger, Paris et le Caire, triangle de sa vie artistique et de notre bonheur de mélomanes. Warda, désormais une rose au paradis. Madame, merci.

Source La Tribune Noureddine Khelassi

Le Pèlerin

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