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Le Sud Algérien

Remontée des eaux dans la vallée du Souf

Du mythe de l’Atlantide à la prophétie d’une mer au Sahara

 

 

Le phénomène de la remontée des eaux dans la wilaya d’El Oued a de nouveau été évoqué, et le ministère des Ressources en eau a annoncé la réalisation d’un mégaprojet de 22 milliards de dinars pour mettre fin à ce problème, notamment la propagation des eaux usées dans les nappes phréatiques les rendant impropres à la consommation et à l’irrigation.
La ville aux Mille coupoles se trouve noyée sous d’autres chiffres moins enchanteurs : plus de 50 000 fosses septiques, plus de 2000 ghots, 1,5 million de palmiers noyés,... El Oued comme son nom l’indique veut dire la rivière. Et si c’était une prédestination inéluctable ? Cette remontée des eaux ravive les mémoires, les mythes et les légendes que l’on trouve dans les bibliothèques des érudits. Les Algériens se souviennent certainement d’un truculent Constantinois dénommé Bencherif qui créa un parti politique, en 1989, et évoqua le projet fantasmagorique de « mer intérieure ». On se moqua de lui dans la presse et les discussions de café. Par ignorance. Ce projet existe bel et bien et se réveille à l’attention de quelques rêveurs, pratiquement à chaque décennie. La vallée du Souf et de ses chotts aurait été dans des temps immémoriaux une mer intérieure donnant sur le golfe de Gabès en Tunisie. Les chotts sont les lacs salés collectant les eaux de surface. Les plus grands sont le chott Melhrir en Algérie et le chott El Djerid en Tunisie. Le bassin hydrographique du chott Melhrir est connu pour être le point le plus bas, moins de 40 m en dessous du niveau de la mer, recensé sur tout le territoire algérien. Il s’étend sur 8 wilayas (Biskra, Tébessa, Khenchela, Laghouat, Batna, M’sila, Djelfa et El Oued) et se distingue par un important cours d’eau, l’oued Djedi, avec de nombreux affluents dont les crues peuvent être dévastatrices. Le lit du chott Melhrir communique à l’est avec celui du chott Sellem. De celui-ci jusqu’au golfe de Gabès, situé à 320 km à l’est, on trouve une série de bas-fonds semblables, dont les plus importants sont les chotts Rarsa et El Djerid. Le bord oriental de ce denier n’est distant de la Méditerranée que d’environ 18 km. Creuser un canal qui permettrait à la mer de se déverser dans les chotts, pour y constituer (ou restituer) une mer intérieure « une Baltique de la Méditerranée », est une idée qui hanta plus d’un bâtisseur. Le projet le plus élabo ré fut celui d’Elie Roudaire, officier français à l’époque coloniale, qui reçut le soutien peu connu de Jules Verne, le prophète visionnaire du modernisme.

Jules Verne et le projet Roudaire

A partir de 1864, l’officier Elie Roudaire participa à l’élaboration de travaux cartographiques de l’armée coloniale. Chargé des nivellements géodésiques dans la région de Biskra, il formule alors l’hypothèse d’une mer saharienne qui aurait recouvert une grande partie du Nord-Sahara depuis le Sud des Aurès jusqu’au golfe de Gabès. Les « restes » de cette mer étant, selon lui, les chotts qui occupent cette région. Roudaire appuyé par un certain nombre de politiciens, de scientifiques et surtout par Ferdinand de Lesseps, le réalisateur du Canal de Suez, démontra :
La présence en ces régions d’importantes concentrations salines formant des croûtes ou, quand il y a de l’eau, des boues salées ;
La découverte de coquillages formant de véritables amas coquilliers autour des chotts et dans nombre de sebkhas 
L’altimétrie négative de nombreux points situés dans ces chotts ;
Le niveau des eaux aurait graduellement baissé sous l’effet de la sécheresse et de l’évaporation à une époque indéterminée. Selon Roudaire et ses défenseurs, le fameux lacus ou palus Tritonis mentionné par de nombreux auteurs tels Scyllax, Ptolémée, Pomponius Mêla et Hérodote n’était autre que cette « mer saharienne » aujourd’hui disparue. Avant Roudaire, bien d’autres avaient émis cette hypothèse d’une mer saharienne. Dès le XVIIIe siècle, l’Anglais Shaw avançait que la zone des chotts correspondait au lac Triton des anciens, sur lequel fut jeté le vaisseau des Argonautes. Par la suite, avec l’arrivée française dans cette région (prise de Biskra en 1844) et la découverte que le chott Melhrir est situé au-dessous du niveau de la mer, cette thèse sera défendue par de nombreux chercheurs. Au moment où l’on s’apprête à célébrer en 2005 le centenaire de la mort de Jules Verne dans les villes qui l’ont vu naître (Nantes en 1828) et mourir (Amiens en 1905), il est utile de savoir que L’invasion de la mer, inspiré du projet Roudaire, est le dernier manuscrit que Jules Verne a confié en octobre 1904, peu de temps avant sa mort, à son éditeur Hetzel et ne figure pas parmi ses romans les plus célèbres. Ce manuscrit n’est cité dans aucune de ses nombreuses biographies. Aujourd’hui encore, hormis quelques spécialistes, peu de personnes on lu L’invasion de la mer, un titre prémonitoire. Dans la plupart de ses œuvres, Jules Verne fut un prophète comme il le disait lui-même : « Ce que j’ai écrit sera réalisé à la fin du siècle. » Du ballon (Cinq semaines en ballon) à la fusée (De la Terre à la Lune), au sous-marin (Vingt mille lieues sous les mers) à la spéléologie (Voyage au centre de la Terre), à la notion de vitesse (Le tour du monde en 80 jours), cet auteur apparaît dans l’imagerie commune comme un visionnaire scientifique, comme celui qui « rend perpétuellement l’irréel croyable ».

Le mythe de l’Atlantide

Bien avant le projet Roudaire, il y eut le mythe de l’Atlantide qui fascina tant d’auteurs. Platon fut le premier à « découvrir » l’Atlantide, sans situer exactement son emplacement. Ce n’est que plus tard qu’il fut déduit que le Sahara fut une sorte de paradis terrestre, car il avait tout pour être une contrée florissante en ces temps reculés. On trouve dans le Sahara de grandes vallées d’érosion et des traces de végétation, ainsi que des traces de troncs pétrifiés et de végétaux arborescents. On trouve également la trace d’une mer intérieure au sud de l’Algérie et de la Tunisie. Cette mer de 400 km de long aurait été alimentée par une série de quatre fleuves : le Souf, l’Ighargar, l’oued Miya et l’oued Djedi qui sont en réalité les quatre fils du Nil. Les vestiges de la civilisation montrent que la flore y était des plus abondantes. On y trouve des dessins primitifs sur la pierre desséchée représentant des lions, des rhinocéros, des gazelles, des hippopotames et des caïmans. On peut trouver aussi en abondance des silex taillés sur les bords de ces anciens fleuves. Il y a aussi des traces de construction d’anciens canaux. A Mertoutek, dans le Sahara central à 2000 m d’altitude, on a trouvé des peintures rupestres représentant des hommes et des troupeaux de bœufs ; ces peintures sont comparables à celles que l’on trouve en Egypte. Ce qui tendrait à prouver une civilisation d’il y a plusieurs millénaires dans cette partie d’Afrique centrale. Elle fut sans doute l’ancêtre de la civilisation égyptienne dont le berceau fut le Hoggar, où des fouilles ont révélé l’emplacement de la tombe de la mystérieuse reine Tin-Hinan (Antinéa dans la littérature de l’Atlantide) toujours vénérée par les Touareg. On y a découvert, près du squelette féminin, de nombreux bijoux, colliers et bracelets d’or et une statue du style aurignacien. Ce squelette montrait une ressemblance avec la race Cro-Magnon, ce qui laisserait supposer que les habitants de l’époque de cette région étaient de grande taille, à peau blanche, aux cheveux blonds et aux yeux clairs, ce qui ne correspond en rien à des races africaines de la même latitude. Ils y seraient venus avant la séparation de l’Europe et de l’Afrique. En raison de tous ces avantages climatiques que ces végétations luxuriantes, ce pays fut donc considéré comme un eden, et c’est pour cela que l’Atlantide a toujours été considéré comme le pays idyllique. Les conteurs parlent souvent des contrées jadis florissantes, couvertes de cultures abondantes et de palmeraies entourant d’importantes villes. Il est possible qu’un mouvement tellurique ait dévié le cours du Nil de son ancien lit à celui qu’il a actuellement. De ce fait, le manque d’irrigation de cette partie de l’Afrique du Nord a désertifié toute la région et le Sahara est devenu le désert que nous connaissons maintenant. Deux récents ouvrages incitent à réexaminer le projet de cette mer intérieure, à la lumière des nouvelles connaissances scientifiques en la matière. Le réchauffement de la planète et la fonte des glaces polaires entraînent une montée graduelle du niveau des mers et océans. L’organisation d’un colloque de scientifiques et spécialistes algéro-tunisiens à El Oued ou à Tozeur sur l’éventualité d’une résurgence d’une mer au Sahara et ses implications géo-économiques serait la bienvenue
Bibliographie à consulter
Aumassip G., 1991, Autour de la mer saharienne, Awal. Balland A., 1995, La mer oubliée. Paris, Grasset. Broc N., 1987, Les Français face à l’inconnue saharienne : géographes, explorateurs, ingénieurs (1830-1881) », Annales de géographie. Charles-Roux F. Goby J., 1957, « Ferdinand de Lesseps et le projet de mer intérieure africaine », revue des Deux Mondes. Coque R., 1990, « Les vicissitudes d’un mythe : la mer saharienne quaternaire », Sahara. Heffernan M.J., 1988, « A French colonial controversy : Captain Roudaire and the saharan sea (1872-1883) », The Maghreb review. Le Tolle R., Bendjoudi H., 1997, Histoires d’une mer au Sahara. Utopies et politiques. Paris, l’Harmattan. Marcot J.L., 2003, Une mer au Sahara, Ed. la différence, collection outre-mers Martins C., 1864, « Le Sahara. Souvenirs d’un voyage d’hiver », Revue des Deux Mondes. Roudaire E., 1874, « Une mer intérieure en Algérie », Revue des Deux Mondes. Roudaire E., 1877, Rapport à M. le ministre de l’Instruction publique sur la mission des chotts- Etudes relatives au projet de mer intérieure. Paris, imprimerie nationale. Valete J., 1977, « Le projet de mer intérieure du colonel Roudaire et la politique coloniale de la IIIe République », revue d’histoire maghrébine.
Source El Watan 
Le Pèlerin

Art rupestre dans les Tassilis :aux sources de l'animisme africain
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Avec sa pensée empirico-logique, l'Occident parviendra-t-il un jour à déceler le sens premier et la fonction de peintures ou de gravures jugées irrationnelles, si d'autres systèmes de pensée lui demeurent étrangers ou inaccessibles ? Si Homo sapiens sapiens, ce mammifère au cerveau non programmé, est bien destiné à ordonner son propre désordre individuel et collectif, on doit regarder l'art, depuis les origines, il y a 40 000 ans, comme l'expression universelle de l'acceptation de la condition humaine, comme le besoin d'organiser la vie, d'apprivoiser la mort et d'établir des correspondances entre la nature et le psychisme, en reliant le visible et l'invisible… C'est dans cette perspective que François Soleilhavoup, qui étudie depuis plus de vingt ans les peintures et gravures tassiliennes, a publié aux éditions Transboréal Sahara. Visions d'un explorateur de la mémoire rupestre.
 
Où qu'il se trouve, l'art rupestre préhistorique est porteur de messages et d'interrogations sur la place de notre espèce dans la nature et sur les moyens de rendre supportable notre brève existence terrestre. Selon les lieux, les époques et les cultures, sa signification nous apparaît d'autant plus impénétrable qu'à la différence des arts historiques, il est définitivement coupé du discours. En classant dans le temps et en étudiant les manifestations de cet art d'avant l'écriture, nous recherchons l'énigme de la singularité de notre espèce, de l'unicité des origines de notre pensée symbolisante, de la diversité foisonnante des racines culturelles. Signes, symboles, figurations précises de l'homme et de l'animal voisinent avec des représentations d'êtres chimériques ou irréels : le champ graphique de l'humanité préhistorique est immense.
 
L'art des « Têtes rondes »
 
S'il est un style de l'art saharien ancien qui résiste le plus à toute tentative d'interprétation sémiologique et même palethnologique, c'est bien celui qu'on a pris l'habitude de qualifier ainsi de façon lapidaire, à cause de la présence de personnages peints avec une tête discoïde, munie ou non d'appendices externes ou de décors internes géométrisés. Ces peintures anthropomorphes très particulières, souvent accompagnées d'animaux réels ou fantasmagoriques, se trouvent en réalité circonscrites dans une aire géographique relativement réduite du Sahara central : dans la zone centrale du Tassili-n-Ajjer (Algérie), au nord-est du massif de l'Ahaggar (Hoggar), au cœur de grands sites ruiniformes comme Séfar ou Jabbaren, dans la partie centrale et méridionale, du massif tassilien voisin de l'Akakus (Libye) et – les explorations en cours sont en train de le révéler – dans la région de l'Aramat, aux confins nord-orientaux du Tassili, dans le sud-ouest libyen.
Bien que controversée, la position de cet art, dans la séquence chronologique générale du Sahara, est ancienne, peut-être vers 6000 ans avant nos jours. Par ses caractères iconiques hautement spécifiques, par l'apparence négroïde d'un certain nombre de ses représentations humaines, par la théâtralité des rituels mis en scène et l'atmosphère de magie ou de possession qui en émane, il pourrait ne refléter qu'une tradition socio-religieuse locale à l'intérieur d'une culture paléoafricaine d'essence animiste plus largement répandue dans le centre du Sahara, au temps où les conditions climatiques étaient moins arides. D'après les superpositions de figures, Henri Lhote (À la découverte des fresques du Tassili-1973) a distingué sept « styles » différents dans cette « école ». On devrait plutôt y voir des genres distincts qui expriment diverses thématiques dans une même période culturelle.
Depuis deux ans, six abris sous roche ont été découverts, dont les parois portent des peintures qu'on peut attribuer à ce chronostyle, lato sensu. Loin d'apporter des réponses, ces nouvelles images élargissent encore nos interrogations sur les finalités de leur réalisation et sur leur portée culturelle. Cependant, dans cette région comme dans d'autres centres rupestres, plusieurs indices concordent…
 
L'hypothèse de pratiques « chamaniques »
 
Considéré comme « l'un des grands systèmes imaginés par l'esprit humain, dans diverses régions du monde, pour donner sens aux événements et pour agir sur eux » (Michel Perrin - Que sais-je ? 1988), le chamanisme peut revêtir des aspects fort différents selon les lieux et les cultures. Il possède cependant un trait commun, fondamental, le « commerce » entretenu avec les esprits par un personnage hors du commun, le chaman, qui, par divers moyens et techniques, par exemple la transe, peut modifier « à volonté » ses états de conscience pour accéder au monde invisible, pour « négocier » avec les esprits et rétablir des équilibres rompus dans sa communauté, individuellement ou collectivement. Le chaman, à la fois psychologue et thérapeute, est en même temps un homme (ou une femme) de pouvoir, au moins spirituel.
Le chamanisme repose sur une conception animiste, bipolaire, en ce qu'il considère que dans la nature, dont l'homme n'est qu'un des éléments, tous les êtres et les choses possèdent des « âmes » et que les manifestations et le sens de ce monde-ci sont donnés par le monde-autre, celui des esprits.
Selon cette conception, de nombreuses représentations dans le style des « Têtes rondes » exprimeraient la relation avec le monde des esprits personnifiés ou métaphorisés par des êtres humains ou animaux, ou bien l'accès au monde invisible par le « voyage chamanique », ou encore les rituels collectifs qui lui sont associés et même les attributs ou instruments du chaman.
 
Un système symbolique aux codes précis et récurrents
 
Dans l'abri 1 du wadi Aramat, parmi de nombreuses peintures du néolithique pastoral, ou protohistoriques (période du cheval), un ensemble de points à l'ocre rouge, sur le plafond et sur la paroi, groupés en structures géométriques à éléments de symétrie, en lignes doubles qui pénètrent dans une anfractuosité, ou partant de plages d'altérations naturelles de la roche, pourrait correspondre aux manifestations graphiques de relations entre ce monde-ci et l'autre, présent dans la roche ou derrière. De tels dispositifs pariétaux existent en Europe dans des cavernes du paléolithique.
Les célèbres personnages « flottants » dans un abri de Ti-n-Tazarift, au Tassili-n-Ajjer, maintes fois décrits et illustrant nombre de publications, peuvent évoquer la sortie du corps du chaman, sa lévitation ou « voyage » vers le monde-autre.
À Séfar, une scène complexe associe un grand animal mythique, des personnages en posture d'orants et d'autres à tête (masque ?) bilobée, des formes circulaires munies de franges qu'on pourrait rapprocher des tambours chamaniques à peaux décorées, instruments utilisés comme moyens d'accès à la transe et véhicule symbolique du chaman.
La fresque du grand abri de Ta-n-Zoumaïtak rassemble des caractéristiques semblables. En dépit de la diversité des sujets qu'on y voit, animaux, humains et formes d'apparences non figuratives, l'unité stylistique de l'ensemble est remarquable. L'un des thèmes récurrents dans l'art des « Têtes rondes », le mouflon, est ici associé à un animal chimérique, peut-être une métaphore de l'Esprit du mouflon, et à une forme ovale qui évoque, là encore, un tambour chamanique. Dans cette hypothèse, les motifs en chevrons sur la peau résonnante, ainsi que les lanières qui pendent, sont comparables aux instruments utilisés de nos jours, ou à ceux qu'on peut voir dans les musées d'Asie centrale, par exemple à Minusinsk.
Considérées dans leur ensemble, plusieurs fresques dans le style des « Têtes rondes » rassemblent des mythèmes, c'est-à-dire des assemblages d'images qui peuvent revêtir des formes ou aspects divers, sans pour autant changer de signification (transformations métonymiques) – ce qui ne contredirait pas l'idée de pratiques chamaniques dans des communautés animistes où le rêve est à la fois support et moteur de la dynamique sociale. Ainsi, vus comme un « art du rêve institutionnalisé », ces mythèmes pourraient correspondre à une construction logique de l'irrationnel dans un système de pensée magico-religieuse et à fins thérapeutiques.
Depuis un demi-siècle, il a beaucoup été écrit sur cette période de l'art préhistorique du Sahara, encore bien énigmatique. Une « relecture » élargie, sans cartésianisme excessif, ne pourrait cependant que nous aider à mieux comprendre l'organisation mentale, sociale, culturelle des populations sahariennes du passé et sans doute de mieux situer leur art dans le continuum spatio-temporel des sociétés chamaniques traditionnelles…
 
Source Clio.fr
 
Le Pèlerin

 Lumineuse Algérie -  Sahara

Près de la frontière marocaine, la vallée de la Saoura égrène, de Taghit à Timimoun, un chapelet d'oasis.

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Envoûtant. Le temps a éclaté avec la nuit. Dans un fracas de détonations et d'odeurs de poudre. Du fond de la palmeraie qui s'enroule autour des méan­dres de la Saoura, montent les psalmodies lancinantes de la fête du Mouloud. L'anniversaire de la naissance du prophète, célébré par des grappes de chasseurs en gandhouras immaculées. Des hommes de tous âges tournoient tels des derviches, fusils en main, dans une ronde hypnotique, avant de lâcher les salves crépi­tantes du « baroud ».   

Dehors, les dunes dan­sent au gré des heures une folle sarabande d'ombres et de lumières d'or.   

Un nouveau jour se lève sur Béni Abbés, la ville Scorpion, lovée dans un immense cirque de sa­ble. Le début du grand erg saha­rien qui vient jeter ses dernières vagues dans le sud-ouest algé­rien. Les portes d'un autre monde où s'égrènent de loin en loin des oasis nimbées de vapeurs polychromes. De Taghit à Timi­moun.

Ci dessous photos de Taghit   Timimoun.jpg

Ici, le bleu du ciel et le vert des pal­miers répondent aux palettes in­finies des ocres de sable et de terre. Celle qui a façonné l'habi­tat de torchis niché au creux des Ksours. Ces vieux villages forti­fiés aux profondeurs insonda­bles. Un labyrinthe de fraîcheur millénaire où les rais de soleil de­viennent matière. 

Dehors, les dunes dansent au gré des heures une folle sarabande d'ombres et de lumières d'or. In­saisissables. Un petit bout d'éter­nité propice au mysticisme. Rien d'étonnant à ce que Char­les de Foucauld, prêtre aventu­rier, ait planté là son ermitage au début du siècle dernier. Il y a re­trouvé la foi, mais aussi les hommes. Dans ces contrées arides où le pain se cuit dans le sable, des métissages subtils ont brassé les fils d'esclaves noirs avec les Ber­bères et les Arabes. Loin de la fu­reur des nouvelles guerres de re­ligion qui ont embrasé le nord. Qu'importé, à Béni Abbés, le Nord c'estdéjà le Sud. Un par­fum d'orangers flotte dans l'air et les grenadiers tanguent sous leurs fleurs éclatantes. Dans les parcelles irriguées de la palme­raie, les fèves sont déjà bien char­nues et les oignons sont montés en graine. Un petit miracle agri­cole.  

Sous le sol brûlé de soleil, l'eau est partout. Dattes, figues, lait de chèvre... L'oasis est un jardin ex­traordinaire. Seules quelques tra­ces de sel affleurant ici et là révè­lent une salinité maligne sur la­quelle se penchent des universitaires en guerre contre les avancées de la désertification. La menace est encore virtuelle, mais sérieuse.

Monté par deux gamins sou­riants auxyeux de braise, un pe­tit âne trottine sagement. Indif­férent aux passions humaines et aux larmes de visiteurs qui por­tent encore leurs souvenirs à fleur de peau. D'autres histoires. C'est vers l'avenir que l'Algérie veut résolument se tourner. Pour s'ouvrir au monde et chasser ses vieux fantômes. Les années de plomb, le terrorisme, sont forcé­ment solubles dans la diversité des corps et des âmes. Les caravanes touaregs avec leurs dromadaires chargés d'épices ont tracé depuis longtemps le chemin des échanges et de la li-berté.En fermant les yeux, on les devine encore allonger leurs sil­houettes fossiles sur le sable sur­chauffé.  

Mais le soir est déjà|à. Des précipités vertigineux, dégradés de pourpre, embrasent le ciel. Vé­nus a tout juste devancé l'éclat d'Orion. Dans le crépuscule, tout en haut de la dune, face à l'im­mensité du désert, une guitare imprévue distille les notes cise­lées d'un vieux flamant rosé : « Wish you where here». Une tranquille et évidente invitation au monde. Oui, Nourdine, j'ai­merais que tu sois là.

J'ai aimé...

Pas du tout. 

Les poches plastique qui jonchent parfois le désert. Le développement durable n'est pas pour demain. 

Beaucoup. 

La sorba, la soupe lo­cale, parfumée de coriandre et re-haussée d'une pointe de harissa. 

Passionnément. La curiosité et l'hospitalité naturelle des Algé­riens. De belles rencontres. 

À la folie. Le lever et le coucher du soleil en haut des dunes de Taghit ou Béni Abbés. 

Jeune et colorée, l'Algérie veut s'ouvrir au inonde en privilégiant un tourisme de qualité

Source la Dépêche du Midi

Le Pèlerin

Sud algérien - Illizi - Le mariage au Tassili N'Ajjer

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Les Touareg du Tassili N'Ajjer s'attachent de plus en plus à leurs traditions ancestrales, à travers le raffermissement des liens sociaux dont le mariage, considéré comme le plus «sacré».

Bien que les cérémonials diffèrent d'une tribu à une autre ou d'un groupement rural à un autre, les festivités nuptiales sont soumises aux mêmes rituels puisés du patrimoine culturel ancestral encore préservé par la société du Tassili N'Ajjer, constate entre autres le président de l'association «Lien conjugal» d'Illizi.

Hadj Moulay Djeriri, notable de la région, qualifie cette union de pratiquement communautaire, dans le sens où elle lie des tribus de la même société targuie qui s'attelle à sacraliser cette union, selon un rite maintenu intact par la population touarègue et transmis de génération en génération. Cette relation se manifeste en premier lieu par un rapprochement des familles des fiancés qui œuvrent à trouver un terrain d'accord pour tisser un nouveau lien tribal, avec l'aval des chefs de tribus dont le droit coutumier leur confère la possibilité d'approuver ou de désapprouver cette future union.
Les chefs de tribus s'associent au plébiscite de ce rapprochement familial par la fixation du montant de la dot et l'établissement des conditions d'organisation de la cérémonie nuptiale, en tenant compte des moyens dont disposent les tribus. Selon le président de l'association «Emni», une fois la demande d'alliance formulée, la famille du futur époux s'emploie à fournir les obligations, dont l'offre du «Kaya», partie des charges à fournir par l'époux consistant en un écrin de bijoux d'argent.

Les cérémonies officielles du mariage targui se poursuivront une semaine durant par des festivités riches en couleurs où s'exécutent des chants et des danses au rythme du Tindi, Imzad et d'autres instruments de musique du terroir. Accompagnée d'une dauphine, appelée «Wazir», la mariée est coiffée par un groupe de femmes vêtues de leurs plus belles robes. Les cheveux de l'heureuse élue sont tressés selon une forme rituelle nommée «Imissi».
La mariée doit être, comme toute femme targuie, fardée de produits d'un «make-up» local et parée de bijoux d'or et d'argent assortis des plus belles confections. La cérémonie nuptiale, où dominent chants et danses, donne lieu également à l'organisation de courses de méhari au rythme des tambours, dans des joutes auxquelles prennent part toutes les tribus invitées. Comme à l'accoutumée, le repas (Talebdjat) servi aux convives est composé de viande cameline hachée, suivi du thé préparé au feu de braise.

A ce plat vient s'ajouter le sacrifice, dans la liesse générale, de caprins que l'on propose durant les sept jours de fête, en plus de la distribution d'un autre mets composé d'extrait de dattes et de lait. Entre autres traditions, le marié devra remettre à sa nouvelle «reine» une paire de chaussures en cuir véritable appelées «Agatimène» ainsi qu'une somme symbolique d'argent.

Source Infosoir R.L. / APS

Le Pèlerin

Sud algérien - Biskra. Le Sahara, terre d’avenir

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L’Algérie et les pays du Sahel ont en commun des régions désertiques, arides ou semi-arides, pour lesquelles ont été développées des techniques agricoles et pastorales spécifiques.

Ces techniques méritent d’être connues du plus grand nombre possible de décideurs, d’investisseurs et d’agriculteurs ; l’échange de savoir-faire et d’expériences réussies est à encourager entre tous les intervenants. C’est ce que nous voulons promouvoir dans la 7ème édition du Sudagral dont la devise est ‘Sahara terre d’avenir’, et qui se tiendra du 19 au 21 décembre à El Alia,, derrière l’UMK Biskra , précisément dans l’enceinte  du complexe sportif Larbi Benmhidi de Biskra.» C’est en ces termes que le patron de Krizalid communication, Mustapha Chaouche, s’est adressé aux journalistes lors d’un point de presse organisé dernièrement dans la salle de conférences de l’hôtel du complexe sportif.

Le responsable de ce salon a ajouté que s’instaurant désormais comme une tradition incontournable précédant chaque nouvelle année,  Sudagral qui a gagné en notoriété au fil des ans, accueille cette semaine  quatre catégories d’exposants, à savoir les organismes institutionnels, les exposants des services d’outillage et de produits, les médias, Agroligne, GreenAlgérie, Actuel, Salama, etc., qui couvriront l’événement parrainé par le ministre de l’Agriculture. Bien sûr, les agriculteurs, les exportateurs ainsi que les simples visiteurs profiteront de cette occasion pour connaître les dispositifs mis en place par l’Etat en faveur de l’agriculture.          
Source El Watan Bachir Mebarek

Le Pèlerin

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