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Algérie

Algérie - Le changement, quand et comment ?

Une nouvelle chambre d’enregistrement a été « élue » le 17 mai écoulé pour cinq nouvelles années (2007-2012). La 6e législature depuis l’indépendance ; la 2e sous un multipartisme de façade.

Que peut-on dire et conclure à cet effet ? Après hibernation depuis plusieurs années, des groupuscules, sans ancrage réel dans la société, sont réapparus, le temps d’un scrutin, sous des étiquettes plus ou moins saugrenues, afin d’entretenir l’illusion démocratique. Le paradoxe, plutôt l’aberration dans cette mascarade, c’est que dans leur quasi-majorité, les « partis », ayant participé à ce dernier scrutin, avec ou sans programme cohérent, soutiennent, in fine, celui du président de la République. La vérité, c’est qu’on ne sait plus qui est dans l’opposition et qui est avec la majorité, c’est-à-dire le pouvoir en place. Car, dans une véritable démocratie, la majorité gouverne alors que l’opposition sert de contre-pouvoir. On ne peut pas avoir un pied dans l’un et un dans l’autre. Cependant, alors qu’ils ne sont qu’un peu plus d’une vingtaine aujourd’hui, rappelons que leur nombre avoisinait la soixantaine au lendemain de la constitution « pluraliste » de février 1989 ! Dans le sillage d’un multipartisme débridé, le pouvoir a été large, lui, qui a autorisé même la création de partis à caractère religieux, clanique et régionaliste. Alors même que ladite constitution l’a explicitement interdit ! C’est dire... Mais il fallait diviser pour régner. Quitte à s’allier avec le diable, pour rester au pouvoir ou en lâcher une partie, afin que le « système » survive et se régénère pour devenir plus supportable, plus sociable, après les événements sanglants d’octobre 1988 qui ont failli l’ébranler ! Mais, peut-on tromper un peuple tout le temps ? Les masques sont tombés. En 2002, le taux de participation aux législatives était de 46% déjà. Cette fois, il est de 35%, officiellement du moins. Alors, n’est-ce pas une réponse cinglante du peuple au régime omnipotent qui le gouverne sans partage depuis l’indépendance. Et la prochaine fois, en 2012, il sera de combien ? Très certainement encore plus faible et ainsi de suite jusqu’à devenir presque nul. Pourquoi donc ne pas prendre immédiatement en considération cette nouvelle donne populaire avant qu’il ne soit trop tard. Car, c’est bien un cri de désespoir, une expression de ras-le-bol et l’exigence de changement qui ont globalement été exprimés durant la fatidique journée du 17 mai 2007. Combien de temps encore le pouvoir restera-t-il insensible à cet appel de l’écrasante majorité du peuple, assoiffée de réformes, de libertés et de véritable démocratie ? Muselé, censuré dans ses droits inaliénables de penser, de créer, de s’exprimer librement, interdit de manifestations pacifiques même pour des causes les plus nobles, sous peine de répression, il a enfin trouvé la voie la plus simple, la plus légale, la plus originale aussi, pour enfin s’exprimer. N’est-ce pas fantastique. Par son abstention et son vote « nul », il a dit « assez » aux tenants du « système ». Cela suffit, 45 ans barakat ! Rentrez chez vous. Laissez les générations actuelles et montantes prendre leurs destinées en mains comme l’ont si bien fait celles du 1er Novembre 1954 ! Il y a tellement de défis à relever en ce début du XXIe siècle : lutte contre la pauvreté, contre le chômage, aspiration à une vie meilleure et digne, réforme et modernisation des institutions, développement économique harmonieux, égalité des chances et des droits pour tous, participation au boom technologique universel par la modernisation de notre école, de notre université et la dynamisation de la recherche scientifique. Pour ce faire, rendez-nous toutes nos libertés politiques, de pensée, d’expression, de création dont la revendication a presque entièrement accaparé nos énergies à ce jour. Vous avez gouverné sans partage. Votre laboratoire noir nous a sorti toutes les facettes possibles — souvent inimaginables — de gouvernance : coup de force, coup d’Etat, révolution de palais, démission forcée, transition forcée, multipartisme version parti unique, sans compter les constitutions personnalisées (à chaque Président sa Constitution). Que reste-t-il encore à concocter : une gouvernance à vie... ? Soyons sérieux. Ce n’est plus d’époque. Vous êtes en fin de parcours. Soyez beaux joueurs. Vous pouvez être tranquilles, nous ne demanderons des comptes à personne car personne en particulier n’est responsable mais tous le sont, y compris le peuple, peut-être plus ce dernier. Seule l’histoire vous jugera. La véritable histoire, celle qui sera écrite demain, sous peu, par de véritables historiens sortis de l’université ; pas des officines de service. Que veut en fait le peuple ? L’avènement d’une seconde république démocratique, sociale, moderne, selon les principes de la proclamation du 1er Novembre 1954 et le contenu de la plateforme de la Soummam du 20 Août 1956. Le pouvoir, les partis de l’alliance présidentielle, les groupuscules béni-oui-oui et quelques analystes de même obédience ont attribué la déconfiture électorale du 17 mai à un rejet des partis par le peuple. Attribuer ce fiasco aux seuls partis politiques est tout à fait simpliste et sonne, comme toujours, comme une fuite en avant. Certes, ces derniers ont une part de responsabilité dans la désaffection des masses et leur éloignement, voire leur aversion de la chose publique, de la chose politique. Mais, le principal responsable demeure sans équivoque, le « système ». Des partis, des politologues, des hommes politiques, des économistes et des intellectuels en général ont essayé durant ces derniers temps de décortiquer les raisons de la crise multidimensionnelle que connaît notre pays en essayant d’y apporter des propositions de solutions. La plupart des analyses se rejoignent, de même que la plupart des solutions proposées. Mais il me semble que celles-ci manquent de clarté car aucun véritable plan de sortie de crise n’est explicitement soumis aux autorités sous forme de plateforme revendicative. De plus, les efforts et autres propositions sont faits par la voie de la presse écrite seulement, donc destinés à une frange minoritaire de la population. Alors que le média le plus adéquat demeure la télévision, même si beaucoup fuient l’Unique à cause de son côté trop propagandiste du pouvoir. Enfin, chacun prêche en solo. Malgré quelques tentatives de regroupement initiées par ci par là, la mouvance républicaine n’a pas réussi à s’entendre sur un minimum politique commun de discussion. Les causes de cet échec sont multiples : manque de traditions dans ce domaine, sous-culture politique, visions restreintes et partisanes, égoïsme et esprit de leadership des dirigeants de partis. Ainsi, cette division de « l’opposition », qui constitue sa faiblesse, ne fait que renforcer le pouvoir qui se dit soutenu par les masses. D’un autre côté, ce pouvoir a l’air de nous dire : « D’accord, nous voulons que ça change mais nous n’avons pas de partenaire sérieux et vraiment représentatif. » En cela, et en cela seulement, il aura raison. Notre célèbre poète et chanteur Aït-Menguellet le dit bien dans une de ses mélodies : « Si tu veux que ça change, commence par toi-même. » Cet état d’esprit des Algériens est également évoqué par d’autres artistes, non moins prestigieux, notamment Slimane Azem avec Ana mir ouanta mir (moi, je suis le maire (chef) toi, tu es le maire. Qui va donc conduire l’âne ?). Alors, messieurs des partis, secouez-vous ! Il y va de l’avenir du pays et des générations actuelles et à venir. L’histoire vous jugera vous aussi. Soyez donc dignes, honnêtes, ouverts au dialogue, à la concertation et, pourquoi pas, à l’union. Allez, rêvons un peu d’une véritable sortie de crise. Il y a quelques jours, j’ai fait un rêve dont voici grosso modo, les principales caractéristiques : « Après diverses tentatives faites par certains mouvements, associations et partis, en particulier ou de façon concertée, après des déclarations disparates de quelques personnalités nationales et d’intellectuels, voilà qu’une plateforme d’unification de l’opposition est arrivée à maturité. Après analyse par des experts, cet avant-projet est finalisé sous forme de « plateforme politique de sortie de crise » approuvée par tous. Elle est soumise au pouvoir sous le plan ci-dessous :
 Abrogation de l’état d’urgence.
 Amnistie générale.
 Création d’une commission nationale « vérité et réconciliation ».
 Ouverture de pourparlers avec l’opposition signataire de la plateforme et d’autres courants politiques.
 Déclaration solennelle du président de la République sur le respect de la démocratie, l’alternance au pouvoir et l’application des décisions sorties des discussions à venir.
 Dissolution de l’assemblée nationale.
 Election d’une assemblée constituante ou désignation d’un groupe d’experts indépendants pour la rédaction d’une nouvelle constitution proclamant la deuxième République.
 Référendum sur la nouvelle Constitution.
 Elections libres pour le renouvellement des institutions (présidentielle puis élections législatives et locales). Il demeure entendu que ni le Président en exercice ni aucun dauphin autoproclamé ne sera candidat à la future candidature suprême.
 Démission officielle du Président et passation de pouvoirs avec le nouvel élu. Suite à ce cri de détresse des 2/3 du peuple et, toujours en songe, ce plan est accepté par le pouvoir dans sa forme comme sur le fond, après quelques retouches superficielles. Bien entendu, après avoir tourné et retourné la situation, tant nationale qu’internationale, analysé les causes du fiasco et du marasme actuels, tout le monde est arrivé au seul résultat logique : le changement de régime de manière pacifique, dans le strict respect des valeurs universelles des droits de l’homme et du droit des peuples à choisir librement leurs dirigeants. Ainsi, après quelques semaines de remise en question, de réflexion, le Président malade, dans un sursaut de grandeur, en grand homme d’Etat et grand visionnaire, accepte d’ouvrir des discussions sur la plateforme précitée. Après discussion dans une ambiance sereine, empreinte de franchise et d’honnêteté, l’accord est conclu. Il est total et sans appel et englobe la quasi-totalité des sujets discutés. Le Président réservera une déclaration à cet effet à l’occasion de l’anniversaire de la Fête de la révolution, le 1er Novembre prochain. A partir de cette date, le cauchemar, qui aura duré 45 ans, sera terminé pour le peuple algérien. Tout ce scénario fiction, devenu enfin réalité après cette date, se concrétisera les mois de novembre et décembre 2007. Au premier janvier 2008, l’Algérie se réveillera avec un nouveau Président, une nouvelle constitution, un nouveau parlement, de nouvelles assemblées locales. La démocratie aura triomphé. Il n’y aura ni vainqueur ni vaincu. La paix est enfin définitivement rétablie et l’unité nationale préservée. Le pays peut enfin se remettre sérieusement au travail, se développer et avancer afin d’atteindre le peloton de tête des pays émergents, compte tenu de ses potentialités humaines, de ses ressources et de sa position géostratégique en Afrique et dans le reste de l’ex-Tiers-monde. » Mais, amis lecteurs, tout ceci n’est qu’une projection d’un rêveur. Revenons donc à l’amère réalité et cultivons la culture de l’espoir afin de voir un jour — que nous espérons plus ou moins proche — la concrétisation d’un tel scénario de songe. Ce n’est qu’à ce moment-là que le cauchemar sera véritablement terminé.

L’auteur est cadre retraité

Source El Watan

Le Pèlerin

Jacques Cavanna - L’avocat, ancien citoyen algérois, revient sur son passé
Confidences d’un « pied-noir » de Belcourt
 
« Il perd celui qui sait ce qu’il va faire s’il gagne. Il gagne celui qui sait ce qu’il va faire s’il perd » Machiavel
 
Il a le sourire en guirlande, un regard malicieux derrière ses petites lunettes et une énergie de tout instant. Jacques sait conquérir son monde.
Il a le sourire en guirlande, un regard malicieux derrière ses petites lunettes et une énergie de tout instant. Jacques sait conquérir son monde. C’est normal car il est avocat, et en tant que tel, il a forcément le sens de la communication. Lorsqu’il égrène sa vie, on a l’impression d’écouter une flamboyante plaidoirie. Et ce n’est pas de la tchatche ! Sa vie ? Une succession de faits, des déchirures surtout et des plaies pas tout à fait cicatrisées malgré l’épreuve du temps. Il lui en a fallu du culot pour forcer les portes, prendre le dessus sur l’histoire et réapprendre à vivre ! Mais des vocables comme l’exode, l’enracinement profond, les traumatismes et les crève-cœur font partie de son langage. Des réminiscences ? Non, des mots marqués au fer qui ont certainement donné une trajectoire à son existence. Il exerce son métier à Montpellier où il réside depuis 1962 et à Alger, sa ville natale, où il partage un cabinet avec une confrère. C’est toujours avec un plaisir non dissimulé qu’il retrouve la cité qui l’a vu naître, il y a plus de 60 ans, où il avait ses marques du côté de Belcourt. Quand il évoque la déchirure, l’avocat tombe alors la robe noire pour se glisser dans son apparat de tous les jours. « Durant l’été 1962, nos parents ont fait comme les autres. Les enfants d’abord. Ma mère nous a emmenés à la métropole le 17 juillet 1962. Mon père ne nous a rejoints qu’en février 1963. A l’arrivée en France, on nous avait parqués au centre des rapatriés de Montpellier dans un vieux collège désaffecté. On nous avait mis dans des dortoirs avec au pied du lit nos deux valises. Au plan psychologique, on n’a pas eu droit au soutien, mais au mépris et aux insultes. » Jacques était jeune adolescent. Les souvenirs d’enfance renvoient souvent aux vacances parce que celles-ci ont partie liée avec la liberté et partant avec le bonheur. Mais l’affaire est plus simple et plus compliquée. Il se rappelle la fièvre qui s’empara du jeune qu’il fût.
 
1962, la déchirure
 
« Le problème, c’est qu’on avait l’impression qu’on partait en vacances. C’était l’été, le ciel bleu, la mer, c’était irréel. » Puis, d’ajouter : « Notre chance, c’est qu’à l’époque il y avait du boulot en France. Aujourd’hui, on se serait retrouvé sur le trottoir en train de faire la manche. » L’occasion est propice pour évoquer son père Albert, besogneux orphelin à Limoges, envoyé par l’armée au Maroc mais qui est tombé fou amoureux de l’Algérie. Et puis, il y a le grand-père François, employé à la mairie d’Alger. Albert, après son service militaire à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, est resté à Alger pour s’y installer. C’est là qu’il connut Paulette née à Alger mais dont les parents vivaient à Saïda, depuis deux générations. Les arrière arrière-grands-pères étaient d’origine espagnole. Au milieu des années 1940, la famille Cavanna déménage de Fontaine-Fraîche pour habiter dans un immeuble rue de Lyon, au Hamma. Ses parents exploiteront une épicerie rue d’Amourah. Des Français de condition modeste, en somme. « Je garde des souvenirs extraordinaires de Belcourt, un quartier populaire où les gens étaient mêlés, où l’on votait plutôt communiste. J’ai grandi avec des copains de toutes confessions dans une parfaite harmonie. C’était presque la même famille. Le bonheur total quoi ! Ma spécialité, c’était la carriole à roulettes. Quel boucan on faisait qui irritait les riverains, en descendant de Guesprates jusqu’à la rue de Lyon en attaquant la rue d’Amourah. Il y avait Hadj Djebli, dont je me rappelle très bien car il tenait notre commerce. Je l’ai revu depuis. Mais, comme ils ont rasé le quartier, je n’ai plus de repères, ni sur les lieux ni sur mes anciens amis. En démolissant, ils ne se sont pas rendu compte qu’ils ont effacé une partie de nous-mêmes », regrette-t-il impuissant. Jacques se souvient de l’école Caussemille où il a fait ses premières classes ainsi que du collège du Champ-de-Manœuvres où il a poursuivi ses études. « C’était des moments incroyables malgré la guerre. Je ne pense pas avoir vécu autrement que dans le don de soi, l’entraide et la solidarité entre les communautés. Ceux de mes amis musulmans vous diront la même chose. » En rentrant en France, ses parents ont jeté leur dévolu sur Montpellier et le choix n’est pas fortuit. « Parce qu’il y avait des facultés de renom et que le climat ne différait pas beaucoup de celui d’Alger. » Cela dit, l’installation et l’adaptation ont été très difficiles pour les parents qui ont réussi à créer un petit commerce. Mais les soucis et les difficultés ont eu raison de la santé du père qui décédera en novembre 1971 d’un infarctus. Après son bac, Jacques fera sciences po à Aix-en-Provence, parallèlement à une licence en droit et un DES en sciences po, un DES en droit international public et passera le CAPA. Avocat à Montpellier depuis 1974, ce n’est qu’en 1982 qu’il revient à Alger chez des amis « pieds-noirs », dont les enfants font des études à la faculté de droit de Montpellier où exerce Mme Cavanna. « Lorsque je suis revenu la première fois, j’étais choqué par les queues interminables devant les grandes surfaces pour acquérir une plaque d’œufs. Je trouvais cela dégradant et humiliant. » Ces propos francs et sincères sont dits pour parler d’une passion toujours vivace — l’Algérie — qui ne paraît pas appartenir au rayon des regrets mais à celui des rêves inaboutis. Les regrets, dit-on, sont comme les rêves, à la mesure de l’imaginaire, imprévisibles, illimités… Alors comme on ne peut venir tout le temps en Algérie, c’est l’Algérie qu’on déplace dans un coin de France. « Par nostalgie, on a créé, là-bas à Montpellier, l’Association des anciens du Hamma. On a rassemblé quelques 350 personnes, presque toutes issues du quartier. Même ceux du CGM du nom de la salle de gym de la rue d’Amourah se revoient régulièrement à Avignon. »
 
Lancer des passerelles
 
Enraciné dans ce pays, Jacques cherche, de l’autre côté de la rive, à lancer des passerelles pour garder les liens et les préserver. Alors, il crée l’Association de sauvegarde des cimetières français en Algérie. « C’était en 2000, à la faveur d’un repas organisé par le consul d’Algérie à Montpellier à l’occasion du passage de M. Ziari alors secrétaire d’Etat. Celui-ci a souhaité rencontrer des pieds-noirs pour échanger des points de vue et aussi pour se tendre la main. C’est à la suite de la discussion que l’idée a germé, encouragée par les officiels algériens. » Des cimetières, autrefois à l’abandon, ont été réhabilités. Il y en a plus de 500 en Algérie. Les choses ont commencé à bouger. Mais « l’idéal, selon notre avocat, est d’arriver à un parrainage sinon à un jumelage et une prise en charge, par une commune de France, de la remise en état et l’entretien de ces lieux. Cela permettra aux maires des deux rives de développer leurs relations dans les autres domaines d’activités ». Mais l’avocat met en garde contre certaines associations qui ne sont là que parce qu’elles ont senti le sujet porteur en n’hésitant pas à se coucher dans le lit fait par les autres. « Elles font du business. Ce sont des agences de voyages. On n’exploite pas le sentiment, la peine, le souvenir et la détresse des gens. C’est un manque de respect à l’égard de la communauté qui mérite mieux que d’aller pleurnicher devant les caméras. » Son métier d’avocat, il le vit comme un sacerdoce. Il a appris beaucoup de choses, comme « développer la tolérance, cultiver la fraternité et être toujours aux côtés des plus faibles ». « J’ai eu l’honneur d’avoir la confiance du bâtonnier d’Alger, Me Silini, ce qui me permet d’exercer ici même si je suis obligé d’être chez un confrère. J’ai même eu l’honneur de recevoir des mains de Me Silini, la médaille de l’Union des barreaux algériens. » Sa carrière, même discrète, est marquée du sceau de la réussite.
 
Belcourt, mon amour
 
Il dit sa fierté d’avoir gagné un procès, celui du fameux septuagénaire algérien de l’Aveyron et dont l’identité a été utilisée pour un trafic de drogue. Le vieil homme qui coulait une paisible retraite en France s’est vu, à son arrivée à Alger pour une visite familiale, arrêté et écroué. Il écopera de 15 ans de prison. « En plus d’avoir obtenu avec ma collègue Me Chnaïf Fatima, la relaxe de mon client, j’ai pu visiter Barberousse. » Mais sa spécialité à lui, c’est le droit des sociétés. « Actuellement, je suis sur une affaire de captation de capital social entre le Luxembourg et Paris. » Maître Jacques insistera beaucoup sur les liens tissés entre l’Algérie et la France et dont il est un peu l’instigateur comme par exemple le jumelage du barreau de Montpellier et celui d’Alger. « C’est au cours d’une rencontre entre le consul d’Algérie à Montpellier et le nouveau bâtonnier de cette ville, originaire de Tiaret, que l’idée m’est venue de procéder à rapprocher les deux barreaux ainsi que ceux de Nîmes et Carpentras avec Blida. Dans la foulée et pensant à la continuité dans le jumelage, j’organise chaque année les journées du droit. Il y a deux ans, j’ai été à l’origine d’une rencontre à Alger avec le doyen de la faculté de médecine de Montpellier, M. J. Touchan. Dernièrement, une convention a été signée entre le recteur de l’université de Béjaïa et la Faculté de médecine de Montpellier. » L’autre aspect de l’action, insiste-t-il, c’est le souhait pour les membres de la communauté rapatriée d’avoir la possibilité d’obtenir la double nationalité. Le cœur et la raison l’emporteront-ils sur le droit ? La question ne s’adresse pas seulement au juriste qu’il est...
 
Parcours
 
Jacques Cavanna est né en 1945 à El Biar, précisément à Fontaine-Fraîche rue Capitaine Hilaire dans la petite villa de ses grands parents. Sa famille déménage pour habiter au Hamma (Belcourt) de 1946 à 1962. Il est élève de l’école communale Caussemille, puis au collège du Champ-de-Manœuvres. Il vit, dans le déchirement, le rapatriement le 19 juin 1962. Sa famille s’établit à Montpellier à cause de la prestigieuse faculté et au climat qui ressemble à celui d’Alger. Après de brillantes études, il décroche son doctorat en droit et en sciences politiques. Il exerce le métier d’avocat depuis 1974 à Montpellier. Il a une pensée particulière pour ses parents mariés à la mairie d’El Biar par Jacques Chevallier. Jacques Cavanna compte de nombreux amis en Algérie dont des officiels « qui ne ménagent aucun effort pour l’aider dans ses différentes tâches… »

Source El Watan
 
Le Pèlerin

Projet de loi de finances pour 2008 6 Bonnes nouvelles pour les petites bourses



Les bas salaires seront exonérés de l’IRG (impôt sur le revenu global) à partir de janvier prochain. C’est l’une des mesures sociales contenues dans le projet de la loi de finances pour 2008, examiné dimanche par le Conseil des ministres. Le projet en question consacre le relèvement du revenu non imposable à l’IRG, à 120 000 dinars par an (10 000 DA par mois), après avoir été de l’ordre de 60 000 DA/an (5000 DA par mois). Il prévoit également de mesures spécifiques en direction des ménages. Il s’agit surtout de l’exemption des laits infantiles de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) et de la bonification des taux d’intérêt jusqu’à 2 % des prêts bancaires, pour la reconstruction des habitations en remplacement des chalets installés suite au séisme de 1980. Cela, en plus de la bonification des taux d’intérêt sur les prêts accordés aux fonctionnaires pour l’acquisition d’un logement. Ce même projet comprend d’autres mesures à même d’alléger les contraintes sociales que subissent les citoyens en raison de l’érosion de leur pouvoir d’achat.


Source Horizons

Le Pèlerin

Le numéro 2 de l’ugta révèle le contenu des décrets présidentiels

Le détail des augmentations de salaires
 
Les salaires de certains fonctionnaires passeront également du simple au double.
“La grille ne règle pas tout mais prend en charge un certain nombre de préoccupations”, reconnaîtra le secrétaire national de la Centrale syndicale.
La nouvelle grille des salaires adoptée récemment par le Conseil des ministres qui comprenait entre 1 et 20 catégories, passera de 1 à 17 catégories. À cela, il y a lieu d’ajouter 7 positions de cadres supérieurs hors catégories. Elle crée un large éventail et aère davantage la précédente grille qui était comprimée, ne permettant pas une évolution de carrière et imposant une différence infirme n’incitant pas les fonctionnaires à prendre leurs responsabilités.
Dans l’ancienne grille, il existait 78 échelles de valeur engendrant une anarchie dans le point indiciaire. Désormais, les 45 DA du point indiciaire actuel met un terme définitif à l’échelle de valeur et règle le problème vécu pendant de très longues années. Ce point indiciaire unique mettra en selle la Fonction publique, permettra l’évolution de carrière et améliorera au fur et à mesure le niveau des revenus des fonctionnaires sans toucher à la classification et à l’échelle de valeur du point indiciaire. “Tous les fonctionnaires sont concernés par cette nouvelle grille. Ils verront tous leurs salaires améliorés”, a déclaré M. Salah Djnouhat, secrétaire national chargé de l’organique à l’UGTA. Il avouera que cette grille mettra sur selle la classe moyenne qui a été “laminée”, constituant ainsi un “drame” pour la Fonction publique. Selon lui, tous les fonctionnaires gagnent dans l’affaire mais le gain diffère d’une catégorie à une autre. Le premier critère retenu dans la grille a trait à la qualification qui sera par conséquent, à l’origine d’une évolution importante des fonctionnaires dans la carrière. Avec le temps, des explications plus approfondies doivent être apportées, indiquera M. Djnouhat. Car, il affirmera que certains fonctionnaires perdront, conformément à cette grille, leur classification mais garderont toutefois non seulement leurs rémunérations mais verront celles-ci revues à la hausse. Cette perte dans la classification sera, arguera-t-il, due à leur qualification. Les salaires de certains fonctionnaires passeront également du simple au double. “La grille ne règle pas tout mais prend en charge un certain nombre de préoccupations”, reconnaîtra le secrétaire national. Néanmoins, pour maintenir les cadres algériens qui quittent la Fonction publique, il faut, soulignera-t-il, beaucoup plus que cet acquis. “Cette grille ne peut être qu’un déclic pour l’État algérien afin de pouvoir maintenir l’encadrement. Elle offre aussi au cadre et au fonctionnaire algérien les conditions pour mener à bien sa mission et accomplir le service public de qualité tant attendu par la population”, expliquera Salah Djnouhat qui ne semble pas entièrement satisfait, sentiment qu’il exprime à travers sa phrase lancée hier sur les ondes de la radio Chaîne III : “Beaucoup reste à faire !” Le niveau des salaires est, d’après lui, acceptable mais “pour l’UGTA il demeure insuffisant compte tenu de la cherté de la vie”. 

Entrée en vigueur de la grille de salaires une fois les statuts particuliers finalisés

Pour lui, le fonctionnaire doit bénéficier de toutes les conditions nécessaires afin d’offrir un service public de qualité. Cela ne se résume pas uniquement au revenu mais aussi à des aspects liés par exemple à sa dignité. Avec cette grille, il reste à parfaire et à finaliser, ajoutera M. Djnouhat, les statuts particuliers évalués au nombre de 43 dans les différents secteurs d’activité. Il y a aussi, précisera-t-il, un problème de régime indemnitaire qui demeure posé qu’il va falloir régler. À ce propos, “nous allons finaliser avec les différents ministères les statuts particuliers concernant l’ensemble des activités de chaque secteur”, annoncera le secrétaire national. La Centrale syndicale a, dans ce cadre, réuni toutes les fédérations nationales et des orientations et instructions nécessaires leur ont été données pour que cette opération soit réalisée le plus tôt possible. Il faut, selon lui, deux voire trois mois pour finaliser toute cette opération. Sur le plan réglementaire, insistera Salah Djnouhat, tout a été achevé.
Pour le régime indemnitaire, il doit faire l’objet de discussions avec les différents ministères. En tout cas, l’UGTA a demandé que la date d’effet soit arrêtée pour le 1er janvier 2008. “Notre souhait est que tous les statuts soient fin prêts le 1er janvier prochain. S’il y a un retard, un effet rétroactif sera prévu à partir du mois de janvier”, relèvera-t-il. L’application de la nouvelle grille des salaires dépendra de ce fait de la finalisation des statuts particuliers. Ces derniers diffèrent sur le plan des indemnités d’un secteur à un autre. Il existe ainsi des indemnités qui sont prévues dans le secteur de la santé, par exemple et qui ne le sont pas dans l’éducation nationale… Cependant, les départements ministériels sont en train d’effectuer les consultations nécessaires pour finaliser ces statuts particuliers. L’opération de finalisation a atteint, avancera M. Djnouhat un taux de 80 %.
Par ailleurs, le secrétaire à l’organique de l’UGTA reste optimiste quant à une augmentation du SNMG dans le futur d’autant plus que l’union a trouvé une écoute favorable auprès du gouvernement.

Source Liberté

Le Pèlerin

Les mausolées de Medracen et d’El Khroub classés sites mondiaux menacés

Le mausolée de Medracen, dans la wilaya de Batna, et le mausolée royal de la soumaa d’El Khroub, dans la wilaya de Constantine figurent désormais sur la liste des 100 sites patrimoniaux mondiaux les plus menacés.
Cette liste dressée par des experts internationaux en architecture, archéologie, histoire de l’art et préservation ou restauration des sites patrimoniaux pour le compte de la World Monuments Fund (WMF) vient d’être publiée sur le site de la fondation mondiale spécialisée dans la préservation des sites mondiaux. La «nouveauté» dans ce listing est l’introduction et la mise en exergue de l’impact négatif de l’action de l’homme, directe ou indirecte (les changements climatiques), qui «est devenue la plus grande menace pour notre héritage culturel», note la WMF.
L’état des deux sites algériens, dont la restauration est en cours, «s’est détérioré à cause, notamment, de certains phénomènes naturels en plus d’actes de vandalisme», affirme la WMF qui y a envoyé une mission d’expertise ainsi qu’à la Kalaa Beni Hammad dans la wilaya de M’Sila en novembre 2006.
Rappelons que la restauration du mausolée d’El Khroub dont le niveau supérieur est fortement endommagé a été au centre d’une polémique et d’un conflit d’autorité entre la wilaya de Constantine et le ministère de la Culture.
Le mausolée royal de la soumaa d’El Khroub, érigé sur une colline, est bâti sur une base carrée de 10,50 m sur 2,80 m de hauteur, qui se termine par trois gradins sur lesquels repose un deuxième niveau de 8,40 m de côté et de 1 m de hauteur formé de deux assises dont la seconde est moulurée. Concernant sa datation et son attribution, plusieurs hypothèses sont avancées par les chercheurs, mais la plus vraisemblable est celle qui en fait le tombeau de Micipsa, fils du chef numide Massinissa, en établissant un lien avec sa mort et la datation du mobilier funéraire découvert dans le mausolée.
Pour plusieurs chercheurs et anthropologues, la proximité du mausolée d’El Khroub de la ville de Cirta révèle l’évolution importante que connut le royaume massyle au cours du IIème siècle avant J.-C.
Cette évolution répondait à une logique urbaine, faisant référence à la royauté de Cirta et traduisait la rencontre des influences gréco-orientales introduites par Carthage et de la tradition numide. Le Medracen, un mausolée typiquement numide, érigé au sommet d’une petite colline, est un gigantesque cône de pierre, à gradins, posé sur un socle cylindrique. Cette base peu élevée (4,43 m) est ornée de 60 colonnes engagées, surmontées de chapiteaux de style dorique, supportant une architecture lisse et une corniche à gorge, caractéristique des monuments puniques.
Edifié vraisemblablement à la fin du IIIe siècle avant J.-C., ce tombeau dont la construction est généralement attribuée à Massinissa a dû servir, selon des spécialistes, de modèle au mausolée de Tipasa et à quelques autres. C’est en fait le modèle contemporain des dynasties numides qui révèle, selon eux, une influence carthaginoise jusqu’en plein pays numide et l’existence d’une civilisation savante.
Créée en 1965 par une ONG, la WMF a mis en place en 1995 un observatoire des monuments mondiaux et publie chaque année une liste des 100 sites patrimoniaux les plus menacés. Quelque 75% des sites mis en avant «ont été sauvés ou sont hors de danger», se félicite le WMF.

Source La Tribune

 

Le Pèlerin

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