Images aléatoires

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Samedi 3 mai 2008

La bureaucratie, ce paradoxe national

undefined

Le vocable de la bureaucratie n'a rien de péjoratif dans la sémantique; il désignait les actes de gestion administrative de la chose publique. Avec le temps, cette terminologie s'est dépréciée pour faire l'objet de stigmatisation et d'anathème de la part des usagers et des praticiens eux-mêmes.

Il n'est pas une cérémonie ou un regroupement d'ordre convivial ou familial, où le leitmotiv récurrent des affres de la bureaucratie ne ressurgisse dans les débats et palabres. Les récits, tous convergents, s'évertueront chacun à relater l'avatar le plus ubuesque.

Drame s'il en fut, mais d'un hochement de tête, tout le monde s'y accommode et soupire : « Ah...! qu'est-ce que tu veux... c'est comme ça ! ».

Dans les hautes sphères de la décision, ce constat est depuis longtemps établi. Les voies et moyens pour enrayer ce phénomène national ne sont ni à inventer ni encore moins à importer. Il ne dépend que de chacun de nous, de tenter d'y mettre un terme ou d'en réduire les effets. Il est même des personnes qui vous racontent dans les moindres détails, les pratiques exercées par des agents de l'Etat ou privés, éludant du coup les humiliations qu'ils font eux-mêmes subir à leurs concitoyens.

Ces humiliations sont de tout ordre : des grilles encore fermées de la structure publique en dépit de l'horaire, à l'absence de sièges dans les attentes ou dans les bureaux, aux hurlements de l'agent dit de « sécurité », au dédain de l'appariteur, à l'absence prolongée du guichetier, à la lâcheté de la maîtrise, à la cécité du chef...

Quand le chef de l'Etat fustige, en toute occasion, cette hydre rampante, cela ne réveille en nous aucun démon. On ne se sent pas concerné, on se délecte des volées de bois vert infligées aux cadres de la Nation. Nous sommes les fausses victimes d'un système que nous alimentons par nos inconséquences. Chacun de nous s'ingénie à voler quelques heures du temps réglementaire de travail, à donner des coups de fil gratuits à ses proches et à ses amis, à « profiter » des avantages liés au poste. Avantages qui participent souvent du coutumier que de canons réglementaires.

De tous les documents à fournir régulièrement, seuls les états de paie, sont livrés à terme échu. On les anticipe à l'occasion de la rentrée scolaire, à la veille des fêtes ou autre événement dont nous apprécierons seuls, l'opportunité. Nous sommes les inventeurs invétérés des « ponts » et des « passerelles ». Nous comptabilisons avec l'exactitude centésimale nos droits à congé. Des agents en départ à la retraite font des prouesses arithmétiques, pour faire valoir des reliquats de congé de plusieurs années.

La loi de février de 1981 portant cession des biens de l'Etat, magnanime et hautement symbolique dans le registre de l'épanouissement social, a eu des effets pervers. Effets ressentis jusqu'à l'heure actuelle. Elle nous a permis d'obtenir un statut de propriétaire, sans les attributs de celui-ci. Ne voit-on pas dans l'habitat collectif, ces cages d'escalier livrés à la dégradation due au laisser-aller, ou ces caves inondées et dont tout le monde s'en plaint, ou ces terrasses d'immeubles squattées par des indus occupants, sans que personne s'en émeuve ? L'on remarquera ces locaux commerciaux cédés contre de modiques numéraires, payés d'ailleurs à tempérament, qui n'ont pas reçu de ravalement depuis leur rétrocession, en dépit des richesses amassées. Nous n'arrivons pas à nous départir de ce sentiment de locataire occasionnel qui ne s'est pas encore rendu à l'évidence que la « chose » lui appartient. L'appropriation n'effleurant pas encore son esprit, il attend le maire, le wali, l'entreprise des eaux, l'OPGI, et que sait-on encore, pour régler les problèmes qu'il a créés lui-même et dont il s'est empêtré. On palabrera des heures durant au bas de l'immeuble, sur un problème qui ne demande que des bras, des pelles et une brouette.

Cette cession n'a pas concerné que l'habitat dit « vacant », mais tout ce qui s'est construit depuis lors. Le logement de fonction est ce radeau de la méduse, où d'aucuns ont réglé un problème strictement personnel, aux dépens de l'intérêt général. Ne voit-pas encore à la rentrée scolaire, ces enseignants et ces chefs d'établissements faire des trajets inimaginables, pour rejoindre le lieu de travail de leur nouvelle affectation ? Leur logement de fonction n'étant pas encore libéré, ils feront ce qu'ils pourront pour assurer leur travail, dans des conditions le plus souvent aléatoires. Le dispositif du filet social, institué au lendemain de la récession économique strangulante qu'a connue le pays, n'a pas encore livré tous ses secrets. Une certaine administration locale complice en a fait un appoint de salaires et parfois même un fonds de commerce clientéliste. Il s'est trouvé des entités à statut commercial privé, qui puisaient dans le vivier des sans-emploi émargeant sur le budget du dispositif. Le vocable chômeur ne s'applique, conventionnellement, qu'à celui qui a perdu son emploi. Des femmes au foyer et autres trabendistes alimenteront les listes de bénéficiaires. Si l'on évoque l'irrégularité de l'opération, on rétorquera cyniquement, que le dossier administratif réglementaire fourni à l'occasion ouvre droit à cette indemnité.

Détournée de son objet, l'indemnité pour activité d'intérêt général (I.A.I.G.) a fait recruter des cohortes d'agents administratifs subalternes, venus s'ajouter à l'excédent de titulaires, créant ainsi un « sous-prolétariat » de seconde zone. On remarquera que dans beaucoup de guichets, le tiers (1/3) du personnel vaque à d'autres occupations. Il est de ces agents qui ne font que les couloirs, de bureau en bureau, ils « tueront » le temps, selon un assidu rituel.

Il est apparu ces derniers temps, un usage qui normalise le recrutement de la descendance de l'agent en départ à la retraite, pour on ne sait quel principe de prééminence. Que dire encore de ces écoles qui se transforment en salles des fêtes en période estivale, ou ces véhicules de service qui s'incrustent dans les cortèges nuptiaux, ou ces ambulances dans les processions funéraires et autres cérémonies ? La Chose publique se privatise et on s'en accommode. Les origines de cette tradition remontent à la gestion collective du bien public. Il est vrai que si le bien est réputé public, sa gestion ne peut être qu'individualisée. Il s'est trouvé plusieurs centres de décision juridiquement antagonistes, le plus souvent, pour veiller à l'intérêt public. Les défuntes Assemblée populaire communale élargie (APCE) et Assemblée des travailleurs de l'entreprise (ATE) de sinistre mémoire, ont laissé de profonds stigmates dans le corps social du pays.

Les errements administratifs, exprimés par la lenteur, la profusion de documents administratifs à fournir, sont sans nul doute la relique léguée par l'Administration coloniale, au faîte de sa splendeur. L'administré de l'époque devait immanquablement subir l'asservissement de la machine administrative. Illettré et déchu socialement, il ne pouvait que se plier pour être mieux exploité, ainsi il se désistait de beaucoup de droits que prétendait lui reconnaître l'occupant. Revenons un peu à l'outil qui permettait de juguler toute velléité de contestation. Cette « médecine douce » s'exprimait par la constitution du dossier administratif. La pièce maîtresse en était l'extrait d'acte de naissance. Cet acte n'était pas à la portée de n'importe quel sujet musulman de souche. Seules les communes de plein exercice pouvaient disposer d'un état civil convenablement tenu à jour. L'extrait de casier judiciaire supposait un droit au statut de justiciable, il n'en était pas le cas malheureusement.

Dans beaucoup de régions de l'arrière-pays, la gendarmerie suppléait l'appareil judiciaire en matière de fichier, ce qui ouvrait la voie à tous les dénis.

Quant au certificat médical d'aptitude physique, celui-ci a traversé le temps. Le certificat de pneumo-phtisiologie du temps des sanatoriums est encore demandé. L'administration coloniale se prémunissait ainsi des phtisiques.

Un « honnête » dossier administratif ne comporte pas moins 08 pièces dites réglementaires. Son élagage libérerait les services communaux, qui ne travaillent pratiquement que pour la constitution de ce fameux dossier administratif. Le phénomène de rush paperassier est visible à la veille de la rentrée scolaire. Cette boulimie d'extraits d'actes de naissance peut être compréhensible pour les nouveaux élèves, elle l'est moins pour les élèves déjà scolarisés. Même les services fiscaux ne sont pas épargnés. L'exigence de l'extrait de rôle demeure un fait incongru dans un monde où l'informel envahit tous les espaces urbains et ruraux. Il est encore exigé des étudiants de fournir les extraits de rôle, les relevés des émoluments ou les certificats de non-activité des parents pour la constitution du dossier de bourse, sans que ceci influe sur l'octroi de celle-ci. Même le secteur bancaire participe à l'hallali. On y exige pour l'ouverture d'un compte, l'extrait d'acte de naissance n° 12 et le certificat de résidence. Ce dernier document établi à partir de quittances de loyer, d'électricité ou de consommation d'eau, renforcé parfois par l'exigence de la carte d'électeur, devient une prouesse à inscrire dans le palmarès de la gabegie. Que dire encore de ce certificat de nationalité, dont on peut s'en passer lorsque l'on est détenteur de la carte nationale d'identité ou d'un passeport ? Les ronds-de-cuir trouveront la parade en rétorquant, « qui va prouver l'éventuelle déchéance de cette nationalité ? ». On leur répondra que les mentions en marge de l'extrait d'acte de naissance ont justement été prévues pour de telles situations Que de temps perdu dans les longues files d'attente, que de tonnes de papier gaspillées, que de ruminantes rancoeurs !

Reformuler la constitution de cet objet de tous les soucis, sera l'un des actes fondateurs de l'esprit novateur, de la réforme des structures de l'Etat.

Etat dont le prolongement consacré n'est autre que la collectivité locale, réceptacle naturel des multiples et diverses sollicitations de l'administré. Le statut de citoyen demeure pour beaucoup d'esprits éclairés, un concept ambivalent.

Source Le Quotidien d’Oran

Le Pèlerin

par Le Pèlerin publié dans : Algérie communauté : Toulouse Tamanrassett
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 3 mai 2008

9 conseils pour ne pas gâcher la première nuit

 

1. Ne vous focalisez pas sur votre performance sexuelle

Une nouvelle relation amoureuse se profile ? Que vous n’ayez plus fait l’amour depuis 3 mois ou 3 ans, vous avez peut-être le trac... Voici neuf conseils pour une première nuit réussie1. Ne vous focalisez pas sur votre performance sexuelle

Après 50 ans, on le sait, hommes et femmes ont des réponses sexuelles plus lentes ; d’un autre côté, et cela compense, un partenaire nouveau aiguise le désir. Ainsi, la première fois, on peut s’attendre aussi bien à une nuit fougueuse qu’à un moment plus cérébral… Même à la maturité, cette première reste une épreuve intimidante… heureusement ! Mesdames, aussi bien que messieurs, montrez-vous rassurants et compréhensifs, y compris avec vous-même. Ne paniquez pas si ça ne marche pas immédiatement. Donnez-vous le temps de vous connaître avant de battre en retraite.http://www.seniorplanet.fr/anim/images/0px.gif

2. Faites taire vos complexes !

Mesdames, vos cuisses ne sont plus tout à fait bien galbées ? Messieurs, votre calvitie gagne du terrain ? Un seul conseil : ne faites pas remarquer vos défauts, même pour vous en dédouaner, à votre partenaire. Car si vous vous focalisez sur ces détails, il ou elle n’a sans doute pas une perception aussi détaillée de vous... Pourquoi pointer vos petites défaillances ? Contentez-vous d’avoir un beau peignoir à portée de main quand vous sortez du lit. De même, gardez le mystère sur vos petits soucis de santé. Certes, ils font partie de la vie, mais évitez de tout partager, surtout au début.http://www.seniorplanet.fr/anim/images/0px.gif

3 !http://www.seniorplanet.fr/anim/images/0px.gif . Prenez le temps de l'écouter...

Riche d’une longue expérience, on aurait quelque chose à dire sur à peu près tous les sujets, des opinions, des anecdotes, voire des conseils. Il faut à tout prix vous en garder ! La plupart du temps, lorsqu’un inconnu nous fait la confiance de se livrer à nous, il a surtout envie d’être écouté, pas d’être conseillé. L’écoute est une qualité rare, recherchée par les hommes autant que par les femmes. Il est étonnant de remarquer comme l’on peut trouver "intelligentes" des personnes qui n’ont rien fait d’autre que nous écouter !

4. Ne cherchez pas à avoir l'air jeune !

 

Etre jeune, n’oubliez pas que c’est dans l’attitude : avoir des projets, le désir d’apprendre, des étonnements, une forme de naïveté… Ainsi, en dehors de soigner votre apparence, méfiez-vous de tout ce qui est censé faire jeune et en réalité vieillit terriblement : les vêtements "jeunes", les coiffures "jeunes", le parler "jeune". En particulier, ne suivez pas les conseils des adolescents sur votre "look" : nos enfants ou petits-enfants font parfois preuve d’une cruauté inconsciente dans leur désir de ne pas vouloir nous voir avec l’âge que nous avons.

5. Faites preuve d'humour !

 

Une gaffe au restaurant, une pirouette manquée au lit… cultivez votre humour et ne le perdez pas, quoi qu’il arrive ! L’humour est l’une des qualités les plus plébiscitées par les hommes et les femmes chez un partenaire. Vous avez vécu jusque-là de manière autonome l’un et l’autre, votre privilège est de pouvoir prendre le meilleur du couple. Tout ce qui brille et pétille est pour vous !
Ainsi, ne prenez rien au tragique et essayez de rompre avec vos petites habitudes. En un mot, faites de la place à cet autre. Considérez-le comme un cadeau et non comme un intrus.http://www.seniorplanet.fr/anim/images/0px.gif

6. Ne soyez pas directif, ni possessif

 

Le privilège de l’âge, c’est d’avoir du temps. Même si vous êtes habitué à diriger, ne vous montrez pas trop directif (ou directive…). On arrive à l’âge mûr avec un passé, des histoires amoureuses, des enfants, des parents aussi qui, en vieillissant, comptent à nouveau, d’une autre manière. Pour faire de la place à un nouvel amour, il faut du temps et franchir quelques étapes personnelles. Sonnerie du portable, affaire mystérieuse, empêchements de dernière minute… N’essayez pas d’en savoir plus que ce que l’on veut bien vous dire. De votre côté aussi, faites respecter vos mystères.

7. Pas d'ondes négatives : il faut positiver !

 

Qu’est-ce qui fait de nous "une vieille dame" ou "un petit vieux" ? Pas les cheveux gris, ni les rides, mais l’amertume ! Considérez bien qu’une rencontre est quelque chose de précieux, qui fait de vous un être chanceux. Remisez toutes vos rancoeurs, soyez po-si-tif, c’est communicatif. Un bon truc : ne critiquez pas les jeunes, surtout les jeunes filles pour les femmes et les jeunes gens pour les hommes. Vous passeriez pour un vieux grognon aigri et jaloux. Au contraire, il faut les trouver tous formidables, d’ailleurs, ils le sont !

8. Faites de votre lit un nid d'amour !

 

Votre lit est votre territoire intime, mais assurez-vous qu’il soit accueillant. Vous n’y avez peut-être jamais dormi à deux ? Il ne doit ni craquer ni grincer : rien n’est plus déconcentrant que ces bruits qui peuvent faire redouter une chute imminente ! Par ailleurs, assurez-vous qu’il n’est pas trop bas. Vos jambes devraient faire un angle droit quand vous vous asseyez au bord. Plus près du sol, vous seriez inélégant en vous extirpant, nu, de la couette... Choisissez par ailleurs des draps au contact agréable et aux couleurs fraîches. Ne lésinez pas sur les oreillers, qui peuvent se transformer en accessoires précieux.http://www.seniorplanet.fr/anim/images/0px.gif

9. Soignez le décor

 

Soyez attentifs à quelques détails, qui le (ou la) mettront en confiance :
- Eclairage : Prévoyez un éclairage qui plonge la pièce dans une ambiance douce et feutrée, éventuellement ajoutez une ou deux bougies, mais sans transformer votre chambre en temple dès le premier soir !
- Musique : Ayez à portée de main une chaîne, éventuellement programmée sur une radio qui passe des tubes anciens. Autant utiles pour se dévoiler au travers de souvenirs… que pour couvrir les bruits gênants pendant l’amour.
- Petit plus : gardez sur votre table de nuit de l’eau et des fruits, type mandarine, ou des bonbons à la menthe pour vous rafraîchir !

Source Seniorplanet

Le Pèlerin

 

 

par Le Pèlerin publié dans : Société
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 3 mai 2008

Les guérisons miraculeuses 


Depuis des siècles, les témoignages de guérisons miraculeuses abondent : certains retrouvent la vue ou leurs capacités locomotrices et d'autres guérissent spontanément de cancers diagnostiqués. Ces guérisons dites miraculeuses sont-elle réellement l'expression de la bonté divine ?

   Selon le récit biblique, l'archange Raphaël aurait rendu la vue à Tobie grâce au fiel d'un poisson

Des miracles sous contrôle médical…

Les guérisons miraculeuses qui ont fait la popularité de certains saints sont consignées dans les textes sacrés, elles ont donc une certaine ancienneté. Par exemple dans le livre de Tobie, un récit biblique, l'archange Raphaël guérit Tobie de sa cécité, il lui redonne la vue. Que ce soit au Moyen-âge ou même de nos jours, des guérisons extraordinaires sont encore rapportées. Info ou intox destinées à encourager la foi de fidèles de moins en moins nombreux ?

Le plus célèbre lieu de guérisons miraculeuses est bien sûr Lourdes. En 1854, la Vierge Marie serait apparue à Bernadette Soubirou, une petite bergère du village, et une source d'eau aux vertus curatives aurait jailli à l'endroit de l'apparition. Depuis ce sont des milliers de croyants qui s'y rendent chaque année et parmi eux, des centaines de malades qui espèrent guérir en se baignant dans son eau.

En un siècle le nombre de guérisons est passé de 3500 à 29

Le village, ne voulant pas être considéré comme un lieu de charlatanisme, accueille à partir 1883 un bureau médical des constatations. Ce bureau, ouvert aux médecins, est chargé de déterminer si une guérison est réellement miraculeuse ou naturelle. Avec les progrès de la médecine, le nombre grandissant des contestataires et la rigueur croissante de l'Eglise, cette institution s'est perfectionnée. En 1954, elle opte pour un ton plus international et devient le Comité Médical International de Lourdes (CMIL). L'objectif est le même : examiner de près les guérisons spontanées et déterminer si elles relèvent du surnaturel. Si oui, elles sont ensuite directement rapportées au Vatican qui lui seul peut les déclarer miraculeuses.

Des miracles de moins en moins nombreux

Le contrôle médical est bien réel et a priori sérieux. Pourtant, certaines guérisons restent inexpliquées, même si leur nombre diminue. Entre 1883 et 1947, 3500 guérisons ont été constatées et 38 déclarées miraculeuses. Depuis 1947, seules 29 guérisons dont 19 ont été déclarées miraculeuses. Aujourd'hui, pour qu'une guérison soit déclarée miraculeuse, il faut que le patient n'ait suivi aucun traitement, ce qui est bien sûr très rare.

Cas pratiques

Certains cas surprennent encore : défient-ils réellement les lois naturelles, sont-ils vraiment le résultat d'une intervention divine ? On pourrait être tenté d'avancer que les miracles n'existent pas et que les faits non prouvés par la science mettent davantage en lumière les limites de la science que l'action d'une entité supérieure. Une théorie qui a, par le passé, montré qu'elle n'était pas sans fondement.

Ainsi, des cas rares de guérison spontanée de cancers, considérés comme miraculeux jusqu'en 1921, ont depuis été compris et démontrés par la science comme des faits naturels. Cette aventure débute avec l'observation de cas de guérison de neuroblastomes, des tumeurs malignes para-rénales d'origine embryonnaire. Ces tumeurs sont dues à la persistance d'un gène anormal qui accélère la division cellulaire, laquelle devient irrégulière. Généralement, tout rentre dans l'ordre au cours de la vie fœtale.

Des observations ont permis de montrer que cette petite anomalie génétique a de grandes conséquences, parmi lesquelles l'apparition de cancers. Il a également été prouvé que ces pathologies peuvent disparaître naturellement quelques mois après la naissance. Aujourd'hui nous savons que la régression totale d'un cancer est possible naturellement, même si la science n'est pas toujours en mesure d'en expliquer toutes les causes.

Les stigmates

Les stigmates sont les traces des plaies du Christ consécutives à sa crucifixion, mais aussi aux diverses souffrances vécues : flagellation et coups de lance. Ces marques sont donc présentes au niveau des poignets, des chevilles, des flancs et du dos. L'apparition de stigmates sans mutilation est considérée comme un miracle.

 Ces guérisons dites miraculeuses sont-elle réellement l'expression de la bonté divine ?

 

Les stigmates supposés de l'Italien Antonio Ruffini

Quelques 300 personnes présentant des stigmates


A ce jour, on dénombre environ 300 personnes qui auraient porté des stigmates. Pour eux et les croyants, il s'agit d'une "théopathie" : celui qui les porte est touché par la grâce divine, il connaît et rappelle à sa manière les souffrances du Christ. Le plus célèbre et le plus ancien personnage stigmatisé est François d'Assise. Ces faits remontant à l'année 1224, il est difficile aujourd'hui de les vérifier. Mais d'autres cas de stigmatisations supposées sont intervenus plus tardivement. On peut citer Marthe Robin (XXe siècle). L'exemple le plus célèbre est peut-être celui du Padre Pio.

 Padre Pio 




Béatifié par le Pape Jean-Paul II, le Padre Pio est un prêtre italien du début du XXe siècle. Alors qu'il prêche dans le Sud de l'Italie, il constate l'apparition de stigmates sur ses chevilles et ses poignets. Connu pour d'autres miracles encore plus étonnants, comme le don d'ubiquité, il devient célèbre à travers le monde. Mais si son extraordinaire souffrance, qui le fera saigner pendant plus de 50 ans, fut authentifiée par le Vatican au terme d'une enquête, elle n'est pas reconnue comme un miracle par les scientifiques. De nombreux doutes furent émis sur le sérieux des stigmates du Padre Pio : ses plaies seraient en fait les traces d'une automutilation à l'acide nitrique. Il s'agit d'un composé chimique très corrosif qui occasionne de graves brûlures lorsqu'il est en contact avec la peau. Il laisse autour des plaies une coloration jaune, résultat d'une simple réaction chimique avec la kératine.

 Les statues en pleurs

 Des statues, des tableaux ou encore des icônes du Christ ou de la Vierge qui pleurent des vraies larmes ou encore du sang à Pâques, à Noël, ou à la St Joseph : qu'en pensent les scientifiques ?

 

 

Une statue de la Vierge Marie pleurant des larmes de sang -Un phénomène remarqué dans le monde entier



Des statues versant des larmes ont été recensées partout dans le monde. Les plus célèbres sont la Vierge de Civitavecchia en Italie, la statue du Christ de Boothwyn en Pennsylvanie aux Etats-Unis qui pleure du sang (sang considéré comme étant celui du Christ), Notre Dame de Guadalupe à Las Vegas qui depuis 1999 pleurerait de vraies larmes. Elles font l'objet d'un véritable commerce, des pèlerinages payants sont organisés pour contempler le miracle.

 L'humour thaïlandais

En 2002, le jour de la Saint Joseph, une certaine Cathy Powell prie devant une statue de la Sainte Vierge réalisée en fibre de verre et achetée en Thaïlande 7 ans plus tôt. Soudain, elle remarque que la statue verse des larmes. Interpelée, Cathy Powell croit à un miracle. La statue fait alors l'objet de toute l'attention des scientifiques.

La statue a été analysée aux rayons X. Des rapports ont indiqué sa composition : de la fibre de verre, sans trou ni rayure permettant à un liquide de suinter. Les larmes ont aussi été soumises à une analyse, et il s'agit d'une huile parfumée à la rose. Le miracle semble alors se confirmer.

Mais les rapports des experts ont ensuite été complétés par les travaux d'un chimiste de l'Université Murdoch. Contrairement aux autres, il a, à l'aide de l'imagerie médicale, localisé une petite cavité implantée dans la tête de la statue. Cette cache secrète contenait une fiole remplie d'un liquide, de l'huile parfumée. Les vendeurs thaïlandais avaient-ils anticipé que l'on croirait à un miracle ? Mystère...

Le pain ensanglanté

Du sang apparaît sur les hosties en pleine messe, est-ce la manifestation du Christ en personne ? Ces phénomènes sont appelés les miracles eucharistiques.

 

Les bactéries Serratia marcescens

 

Le miracle de Bolsena

En 1263, le prêtre de Bolsena dit sa messe comme à l'habitude. Au moment de l'eucharistie, quand les fidèles sont appelés à l'autel pour recevoir l'hostie, qu'ils considèrent comme le corps du Christ, le prêtre aperçoit un liquide rouge sur le pain sacré. Il pense à une manifestation physique du Christ. Averti, le pape Urbain IV qualifie le phénomène de miraculeux et instaure, dès 1264, un jour férié en son honneur, la Fête Dieu. Le phénomène n'est pas nouveau : déjà, en 322 avant Jésus Christ, Alexandre Le Grand et son armée constatent l'apparition de ce qui ressemble à du sang sur du pain. Qu'en dit la science ?

Le mystère de la polenta

En 1819, le sang coule à nouveau, mais cette fois-ci sur de la polenta entreposée dans un garde-manger. Une analyse est faite et les scientifiques découvrent qu'il ne s'agit pas de sang mais d'une bactérie : la Serratia marcescens, une bactérie à gram négatif appartenant à la famille des entériobactériacées. Sa particularité : elle est rouge comme le sang, grâce à un pigment spécial appelé la prodigiosine. Le miracle de Bolsena serait donc le résultat d'une incubation naturelle d'environ 3 jours des bactéries Serratia marcescens sur les hosties.

le Suaire de Turin

Le suaire de Turin est, pour les fervents chrétiens, la preuve physique de l'existence du Christ. Censé être le linceul ayant transporté le corps de Jésus au sépulcre après sa crucifixion, il donne à voir le corps entier d'un homme et porte même des supposées traces de sang.

Le suaire des croyants

Il s'agit d'un drap de lin de 4,3 mètres sur 1,08 mètres. Ce bout de tissu précieux n'a été présenté publiquement que six fois entre 1931 et 2000. Depuis 1694, il est conservé dans la chapelle royale de la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Turin, en Italie. Les premiers clichés du suaire ont été pris en 1898 et ont ouvert la voie à toutes les interprétations imaginables.

 On peut y voir l'image du corps d'un homme entier, faces ventrale et dorsale, ce qui confirme que le tissu recouvrait l'homme à la manière d'un linceul. Des traces interprétées comme du sang sont aussi visibles. Pour les croyants, il ne fait aucun doute : ce sont les marques ensanglantées des stigmates du Christ en personne.

Le linge est rapidement devenu un objet adoré des croyants. Prouver son ancienneté et sa fonction est, pour les croyants, un enjeu à part entière. Un discipline nouvelle, entièrement consacrée au Suaire, a même été créée : la sindonologie (de sindon qui signifie linceul en grec). Pendant des siècles l'authenticité du linceul n'a jamais été remise en cause. Mais aujourd'hui, la science moderne a son mot à dire.

 Le suaire de Turin daterait d'entre 1260 et 1390

 Que disent les expertises scientifiques ?

Si les analyses scientifiques sont nombreuses, les autorisations d'étude ont toujours été données au compte-goutte par le Vatican, en raison de la fragilité du tissu. De toutes, il faut en retenir deux principales :
- l'analyse élémentaire des tissus et pigments composants le "dessin" ;
- la datation au carbone 14 du linge.

Toutes deux sont issues de l'initiative du Dr Walter McCrone, du McCrone Research Institute, un laboratoire d'analyses spécialisé dans la détection des faux en art.

La méthode utilisée pour déterminer la nature des pigments est le microscope à lumière polarisée. Grâce à cette technique, McCrone a mis en évidence que les pigments sont des oxydes de fer. Il n'y aurait donc pas de trace de sang sur le tissu mais des pigments naturels de couleurs foncées, semblables à ceux utilisés par les hommes préhistoriques pour peindre les grottes. N'allez pas imaginer que le linceul de Turin est une œuvre paléolithique pour autant !