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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 00:26
Parmentier et la pomme de terre
parmentier.jpg
 
 
Antoine Augustin Parmentier né le 12 août 1737 à Montdidier, et devenu garçon apothicaire, participe à la guerre de Sept Ans. Il est fait prison­nier en Prusse. On lui sert de la nourriture pour les cochons : de la bouillie de pommes de terre. Il trouve cela excellent et n’aura de cesse que cette nourriture soit acceptée en France, ce qui sera fait en 1785, de la façon que voici : Parmentier a fait ensemencer la plaine des Sablons (près des Champs Elysées) avec des pommes de terre. La troupe garde jour et nuit le champ où poussent les légumes. Le peuple qui répugne à consommer la pomme de terre -Diderot, dans l’Encyclopédie, n’a-t-il pas affirmé qu’elle donnait la gale - se dit que si la garde -gardait l’approche de la culture en cours, c’est qu’elle doit être précieuse !Lorsque les pommes de terre sont parvenues à maturité, Parmentier demande que la garde de nuit soit abandonnée. Dès la première nuit, des voleurs viennent déterrer Ies tubercules et les consomment Ils les trouvent excellents et répandent la nouvelle ! Parmentier a gagné sa bataille ! En 1800, Bonaparte le fera premier pharmacien des armées. Parmentier est un touche à tout génial qui préconise la vaccination contre la variole dans les rangs de la Grande Armée, qui jette les bases de disciplines modernes comme l’œnologie, l’agrobiologie, etc. Il n’a qu’un objectif : améliorer la vie de ses semblables. Mais son action n’est pas reconnue à sa juste valeur de son vivant Ce champion du tubercule meurt à soixante-seize ans, de la tuberculose, ses dernières années marquées par de nombreuses difficultés et déceptions. Si son nom n’est pas gravé, comme il l’eût mérité, sur l’Arc de Triomphe, au moins peut-on le trou­ver dans le métro. Parmentier possède sa station, sur la ligne 3, entre République et Père Lachaise, sous terre, en ce lieu où naissent et croissent ses chères pommes de terre.
 
Source l’Histoire de France
 
Le Pèlerin
 

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nouara 15/01/2016 17:51

Le festin des fauves
par Y.Mérabet*

A quand la fin de la corruption
De plus en plus, les nations parviennent à identifier et à prendre au sérieux un problème ancestral, celui de la corruption. Dans certaines régions du monde la corruption est un véritable mode de vie depuis des siècles. Bien sûr cet état de choses a profité à une petite minorité, au détriment de la majorité. Depuis des temps extrêmement reculés, des dirigeants corrompus et de puissants hommes politiques s'enrichissent grâce aux impôts dont sont redevables leurs sujets ou leurs concitoyens. Dans l'histoire récente, les grandes sociétés occidentales ont été reconnues coupables de falsifications de grande envergure dans leur comptabilité, tandis qu'en Orient on considère comme allant de soi qu'il faille « graisser la patte » à quelqu'un pour n'importe quelle transaction. La corruption est endémique et, dans certains pays, s'étend au champ social tout entier, du Président ou du Premier ministre au policier et au sportif. La corruption électorale règne en maître, comme l'ont montré de récentes élections en Algérie et partout dans le monde, même dans des pays que l'on croît acquis à la liberté et à la démocratie comme l’Europe ou les Etats-Unis. Les gouvernements qui se livrent à ce genre de fraude manquent à leurs engagements et trahissent leur peuple, perdant ainsi leur légitimité.
Faire naître la confiance
Face à cette corruption omniprésente est-il possible de faire naître la confiance, sans laquelle l'avenir de l'homme serait particulièrement sombre? Sans la confiance, un partage plus équitable des ressources serait un vain espoir. Sans la confiance, les décisions globales nécessaires à la survie de notre habitat planétaire ne seraient jamais prises. Sans cette confiance bénie et bénéfique, les hommes perdraient le droit de régir la planète Terre, et se priveraient de toute possibilité de poursuivre leur évolution pour un temps incommensurable.
Ainsi en serait-il et c'est pourquoi les hommes doivent s'attaquer sérieusement, et sans délai, à l'impact destructeur de la corruption sur toutes les couches de la société, et dans tous les coins et recoins de notre vie planétaire.
Les règlements de comptes
Avec l’arrivée de Chadli Bendjedid au pouvoir en 1979, ce sont les règlements de comptes qui ont pendant quelques années fait office de politique de gestion des affaires de l’Etat. Ces règlements de comptes ont démarré d’abord au plus haut niveau de la sphère du pouvoir, puisque Chadli n’a eu de cesse que de harceler et de liquider tous ses anciens compagnons du Conseil de la révolution. Pourquoi une telle attitude ? Est-ce par esprit de revanche de sa part, lui qui avait été marginalisé à l’époque de Boumediene ? Est-ce parce qu’il craignait que ces mêmes compagnons ne se liguent contre lui et ne s’en débarrassent à la première occasion ? Quelque soit la raison, le résultat en fut que toute l’équipe précédente avait été chassée du pouvoir, voire menacée de poursuites judiciaires pour malversations. C’est l’époque où a été créée la cour des comptes, qui a tournée à plein régime et actionné des instructions contre tous les barons de l’ancien régime. Cet esprit de règlements de comptes n’avait pas tardé à faire tâche d’huile et à se propager à toutes les structures de l’Etat. On avait l’impression que les nouveaux ministres avaient été retenus sur la base d’un critère fondamental, celui précisément d’avoir été marginalisés durant la période Boumediene. Ils étaient en majorité animés de rancœurs qu’ils ont extériorisées une fois arrivés au pouvoir. Ce fut, entre autres, le cas du nouveau ministre de l’énergie qui avait occupé, quelques années auparavant, le poste de directeur de l’énergie et des carburants, dont il avait été chassé par le ministre de l’époque. On a alors assisté, à compter de 1979, à une chasse aux sorcières menée contre tous les cadres du secteur de l’énergie, dont ceux de la Sonatrach tout particulièrement. Le président directeur général, tous les vice-présidents, tous les directeurs centraux et nombre de directeurs opérationnels furent tour à tour dégommés sans ménagement. Le harcèlement ne s’est pas limité au limogeage de la personne. Certains ont eu leurs salaires coupés, d’autres ont été mis d’office à la retraite, des fois sans même que la pension correspondante ne leur soit attribuée. La persécution s’est étendue, bien des fois, jusqu’à la vie privée des individus. Une telle attitude vindicative eut des répercussions profondes sur le fonctionnement des hydrocarbures. Toute l’expérience accumulée pendant une quinzaine d’années par des dizaines d’ingénieurs, de financiers, de juristes et autres cadres supérieurs était brocardée, perdue définitivement, les intéressés ayant été vidés de leurs postes comme des malpropres, sans qu’il n’y ait eu passations de pouvoirs, encore moins transmissions de connaissances et d’expérience. Qui plus est, les nouveaux responsables désignés avaient souvent été choisis à l’extérieur, ou très bas dans l’échelle hiérarchique des structures dont ils prenaient la charge. On avait connu par le passé des limogeages quand un ministre, par exemple, était remplacé par un autre; jamais par contre, jusqu’à cette date, on n’avait connu le phénomène au niveau technico-économique. Le plus étonnant dans l’affaire est que ces bouleversements n’étaient pas dus à l’instauration d’une nouvelle politique économique; il n’était pas question de remplacer - tout au moins pas à cette date - une option socialisante par une autre plus libérale, non, il s’agissait simplement d’assouvir la vengeance d’une personne contre une autre; cela s’était répercuté sur tout un secteur économique hautement stratégique et avait touché des gens qui n’avaient rien à voir avec les querelles d’antan. La chasse aux sorcières menée à l’intérieur du secteur pétrolier a été une sorte de galop d’essai pour une action plus grande et plus officielle de domestication des cadres au sein de l’appareil économique, mais aussi dans les rouages de l’Etat, intervenue quelques temps après. On se souvient de la mise en application de cette disposition si controversée, selon laquelle on ne pouvait occuper un poste de responsabilité que si l’on était membre du FLN, parti unique et dont le résultat funeste a été que l’on a chassé énormément de compétences de leurs fonctions, mais très souvent du pays lui même. Le second “ coup d’éclat” qu’avait connu le secteur des hydrocarbures durant la période 1979/1981, qui avait causé des dégâts encore beaucoup plus importants à l’économie, a été la liquidation des fabuleux contrats de vente de gaz passés par la Sonatrach avec des clients américains, dont celui avec El Paso Natural Gas. Dans cette affaire aussi, ce sont de vils sentiments de vengeance qui avait prévalu sur l’intérêt national, bien que les arguments officiellement invoqués étaient que les prédécesseurs avaient bradé le gaz et qu’il fallait, par ailleurs, garder des réserves pour les générations futures. De nouvelles négociations de prix furent engagées avec les dirigeants d’El Paso Natural Gas. Le nouveau prix exigé par les Algériens était environ trois fois supérieur à celui agréé auparavant et environ le double du prix généralement admis sur le marché d’alors. Le marché mondial du gaz en était à ses premiers balbutiements et il n’existait pas encore de prix de référence par zone géographique; il y avait néanmoins une logique marchande qui ne fut pas respectée. Les exigences algériennes démesurées en matière de prix, auxquelles étaient venues s’ajouter des remarques pernicieuses quant au rôle de l’Algérie dans le dénouement de l’affaire des otages de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran, allaient au final causer la rupture définitive de tous les contrats avec les acheteurs américains. Ce sont des livraisons de 45 milliards de mètres cubes de gaz par an, pendant au moins 25 ans qui avaient ainsi disparus du tableau de vente de la Sonatrach, sur ordre du président Reagan en personne, semble-t-il. Evidemment derrière, Mexicains, Canadiens et Vénézuéliens étaient heureux de combler le vide laissé par les Algériens.
La présidence de Chadli Bendjedid avait été également marquée par le scandale dit des 28 milliards de dollars, révélé par le premier ministre Abdelhamid Brahimi. Ce scandale ne représentait que le début de l’ère des détournements de fonds à grande échelle dans laquelle s’engageait l’Algérie et celui de l’enrichissement illicite des puissants du régime, qui usant et abusant de leur pouvoir allaient entamer la mise en coupe réglée de l’économie nationale, avec une concentration particulière sur la rente pétrolière. L’exemple le plus frappant, rapportés d’ailleurs par tous les journaux de l’époque, est celui de cet homme d’affaires libyen, un certain Omar qui, associé à un premier ministre italien et à de hautes personnalités algériennes, s’étaient constitué des fortunes à l’occasion de la signature de contrats de vente de gaz à l’Italie, via le gazoduc sous marin. A partir du moment où les ressources pétrolières et gazières étaient devenues l’objet de convoitises de ce que l’on appellera plus tard la mafia politico-financière, le fossé entre les puissants et les faibles, les riches et les pauvres, les gouvernants et les gouvernés allait commencer à se creuser. Ce phénomène a participé, comme on le sait, à l’éclosion de la révolte de la rue en 1988 et à l’avènement d’une autre forme de rejet du système, celle de la puissante affirmation du FIS sur la scène politique durant la période 1989/1991. Les conséquences autrement plus graves de cet état de fait sont connues de tous, l’Algérie n’étant pas encore à ce jour, totalement sortie de la spirale de violence dans laquelle elle s’est engouffrée au lendemain de l’interruption, par l’armée, du processus électoral en cours, en janvier 1992. Un semblant de lueur d’espoir entrevue à l’époque par le gouvernement à un peu plus de transparence dans les comptes de l’entreprise Sonatrach, de la poudre aux yeux ? Une opacité totale règne au saint de cette grande et unique machine à sous du pays. Il était prévu que ces comptes feraient l’objet d’un audit annuel par un cabinet spécialisé de renommée internationale. Toutes les compagnies pétrolières de renom, les américaines en particulier procèdent à des audits similaires de manière à éviter les dérives, comme celle mise à jour récemment à l’intérieur du groupe Enron. L’idée n’avait pas emballée la classe politique; d’ailleurs de tous temps, les hauts dignitaires du régime algérien ont préféré l’opacité à la lumière, afin de mettre à l’abri des regards indiscrets leurs agissements pas toujours très orthodoxes, les curieux sont jetés en prison s’ils ouvrent le bec. L’initiative est tombée à l’eau avec le départ de Mouloud Hamrouche et son équipe. Quant aux gouvernements qui lui ont succédé, ils n’ont plus manifesté aucune velléité pour une disposition similaire. Dommage. Il est fort probable que si la rente pétrolière n’avait pas existé, les convoitises de certains n’auraient pas été attisées, au point qu’obnubilés par la satisfaction de leurs seuls intérêts matériels personnels et de leurs ambitions de pouvoir, ils aient été aveugles devant la grande détérioration de la situation politique, économique et sociale du pays. Hélas l’Algérie n’en était encore qu’au début de la descente aux enfers.
Au royaume de l’Oligarchie
Entre le départ de Chadli et l’arrivée de Bouteflika, les priorités étaient ailleurs. La lutte contre le terrorisme, les massacres et les attentats, avaient permis de détourner les regards vers d’autres sujets autrement plus vitaux pour le citoyen. Il était beaucoup plus important pour tout un chacun de préserver sa vie et celle de sa famille et d’assurer le pain quotidien de ses enfants, plutôt que de penser à ce qui se passait derrière la vitrine, dans le secteur des hydrocarbures. Pendant ce temps, les profiteurs de guerre, eux, ne dormaient pas. La gangrène des pots-de-vin et de la corruption avait commencé à s’étendre jusqu’à atteindre les proportions qui sont aujourd’hui de notoriété publique. On se souvient du scandale du fer à béton irradié lors de la catastrophe de Tchernobyl, mis sur le marché, ou des cargaisons de sucre commandées, payées, mais jamais livrées, pour ne citer que ces deux exemples plus appréhensifs pour l’Algérien moyen. Le secteur pétrolier est lui beaucoup plus opaque et les intérêts immenses : ils se chiffrent en milliards de dollars. Pour situer les idées, citons quelques chiffres. Durant la décennie 90, les recettes tirées par l’Etat de l’exploitation du pétrole et du gaz se sont élevées bon an mal an à une quinzaine de milliards de dollars, auxquels il faut rajouter une somme au moins équivalente pour ce qui est des bénéfices réalisés par les compagnies pétrolières; c’était donc une manne d’une trentaine de milliards de dollars qui faisait l’objet de convoitises. Il n’y a bien sur pas de corrompus sans corrupteurs. Les compagnies pétrolières sont disposées à octroyer des largesses à quiconque leur garantira leur part du pactole; plus cette personne est puissante, mieux c’est. Aux Etats-Unis, jusqu’à une date récente, la pratique de verser des commissions à des dignitaires étrangers était normalement admise à défaut d’être officiellement permise. Une loi très hypocrite l’interdisant, sauf cas particuliers, a été passée, il n’y a pas très longtemps. On peut donc imaginer que le secteur pétrolier algérien, comme celui de nombreux autres pays d’ailleurs, a été et continue d’être le royaume de l’oligarchie. Prenez le chiffre de 30 milliards de dollars, cité plus haut et multipliez le par un pourcentage quelconque, aussi minime soit-il et vous aboutirez à un montant qui donne le tournis.
De la corruption, que de la corruption
A l’avènement d’Abdelaziz Bouteflika, on avait pensé, compte tenu de ses premières déclarations publiques, que les choses allaient changer, sur ce point tout au moins. Ce ne fut, hélas, pas le cas puisque ce n’est qu’aujourd’hui, qu’en 2006, que l’Algérie s’est dotée d’une loi anti corruption, encore que ses fonds sont douteux, voire les procès de SONATRACH et de KHALIFA ? Pour ce qui est du pétrole et du gaz, il est fort à craindre que les choses risquent même d’empirer avec la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui va ouvrir totalement le secteur aux entreprises étrangères. On peut imaginer que les nouveaux arrivants vont se battre au couteau pour arracher telle ou telle part de marché qui devait aller à la Sonatrach ou qui lui appartient déjà. Se battre au couteau signifie aussi acheter des soutiens en usant de tous les moyens, dont le levier de la corruption n’est pas le moindre. Il n’y a d’ailleurs pas que les nouveaux arrivants qui useront de tels procédés, les sociétés déjà présentes ne seront certainement pas en reste. Parlons maintenant de cette loi qui ramène l’Algérie d’aujourd’hui au point où elle se trouvait en 1962. J’ai eu personnellement l’occasion de la dénoncer à maintes reprises. Je voudrais juste rappeler encore une fois qu’aucun pays pétrolier, membre de l’OPEP ou pas, n’a osé, à ce jour, renoncer à sa souveraineté sur ses propres richesses pétrolières et les livrer aussi facilement aux intérêts étrangers. Ni les Saoudiens, que l’on avait pris l’habitude, en Algérie, d’accuser de servilité vis-à-vis des Américains, ni le colonel Kadhafi que l’on a si souvent brocardé et accusé de nuire aux intérêts pétroliers des autres de par sa stratégie déroutante, ni les Mexicains, frontaliers du géant américain et de ce fait particulièrement sensibles aux pressions du voisin du nord, aucun de ces trois pays, cités à titre d’exemple simplement n’a osé franchir aussi allègrement le pas franchi par les Algériens. Examinons maintenant quelques évènements qui se sont déroulés sur la scène pétrolière mondiale depuis l’introduction de cette loi. Au début de l’année 2005, l’Etat russe avait repris le contrôle de la compagnie Youkos, propriété du milliardaire emprisonné Khodorovsky. Dans la foulée et afin de se prémunir de toute surprise en provenance de l’étranger, le président Poutine avait fait adopter par la Douma une nouvelle législation qui interdisait dorénavant toute participation majoritaire étrangère dans toute entreprise russe du domaine de l’énergie. Au mois de mars de la même année, la compagnie chinoise CNOOC faisait une offre de rachat de 18,5 milliards de dollars, de la compagnie UNOCAL (Union Oil of California), dépassant de loin la proposition de 16,5 milliards de dollars de Texaco - Chevron. Une hystérie politique saisissait alors le Congrès et la Maison Blanche, tandis que la panique s’emparait du gendarme de la bourse américaine, la SEC (Security Exchange Commission). La CNOOC est certes contrôlée à 70% par l’Etat chinois, mais les 30% restants sont détenus par des capitaux privés dont les actions sont en vente libre à Hong Kong et New York. Mais qu’à cela ne tienne, la Chambre des représentants a quand même adopté, le 30 juin, une résolution selon laquelle l’OPA chinoise représentait un danger pour la sécurité nationale et a demandé à l’administration Bush de bloquer la cession vers laquelle on se dirigeait. Le Congrès a alors rajouté en catastrophe une disposition à la loi sur l’énergie, instaurant un moratoire de 4 mois supplémentaires pour étudier la politique énergétique de la Chine, ce qui a permis de bloquer temporairement l’offre d’achat de la CNOOC. La saga n’a pris fin qu’en août quand l’offre de Texaco - Chevron a finalement été retenue, bien qu’elle n’était que de 17,6 milliards de dollars, c’est à dire encore inférieure de près d’un milliard à celle de la CNOOC. Face à cette levée de boucliers, cette dernière a préféré renoncer à cet achat. Ceci se passait donc en 2005, aux USA pays de l’ultra libéralisme, sous la présidence de George W. Bush, celui-là même qui, nous a-t-on dit, a imposé à l’Algérie la loi sur les hydrocarbures, faute de quoi il lui aurait fait subir le sort de l’Irak. Question 1 : le patriotisme économique n’est-il de mise que quand il concerne les intérêts stratégiques américains ? Question 2 : l’Algérie, n’a-t-elle réellement aucun moyen de s’opposer à ce genre d’injonction ? Et pourtant d’autres pays, ne disposant de guère plus de moyens qu’elles, osent défier les Etats-Unis dans ce même domaine des hydrocarbures. L’exemple le plus frappant est celui du président vénézuélien Hugo Chavez qui, après avoir remis en cause la législation plus libérale qui existait dans son pays, est allé jusqu’à menacer, en août 2005, d’interrompre les livraisons de pétrole brut à destination des USA. Peu de temps auparavant, son administration avait sommé trois multinationales pétrolières de régulariser les fraudes fiscales de plusieurs centaines de millions de dollars auxquelles elles s’étaient livrées. L’autre exemple plus récent, puisqu’il ne date que de janvier de cette année, est celui du président bolivien nouvellement élu, Evo Moralès, qui a engagé un autre bras de fer avec les multinationales. La nouvelle loi bolivienne sur les hydrocarbures est à l’exact opposé de l’algérienne, puisqu’elle prévoit la nationalisation des hydrocarbures, mais aussi comme l’affirme le président Morales : « Nous n’allons pas confisquer les biens des compagnies étrangères, mais exercer le droit de propriété sur le sous sol et en surface ». On pourrait continuer à faire le tour du monde et constater que tous les pays, y compris les plus ardents partisans de la mondialisation et de l’ultra libéralisme, défendent ce principe fondamental, celui du droit de propriété sur les richesses pétrolières de leur sous sol. Droit à l’exploitation par l’entreprise étrangère, oui; droit à la propriété des réserves, non. Quant à la notion de patriotisme économique défendue par les Américains, on la retrouve aussi dans la saga Arcelor - Mittal Steel qui mobilise l’Union Européenne ces temps-ci. Alors, les Algériens sont-ils devenus tout d’un coup moins patriotes que tout ce monde-là ? Sont-ils devenus plus intelligents que tous les peuples de la planète, plus intelligents que tous les pays pétroliers, OPEP ou non OPEP, plus intelligents que les Russes, les Américains ou les Français ? L’Algérie est-elle devenue plus puissante que tous les puissants de ce monde ou plus faible que les plus faibles ? La morale à tirer de ces nombreux exemples est qu’il n’y a lieu d’être ni plus patriote ni moins patriote que d’autres, ni plus intelligent, ni moins intelligent, mais d’être tout simplement comme tout le monde; vouloir s’illustrer et jouer aux “ précurseurs” n’est pas une marque de sagesse. La plus grande marque de sagesse de l’homme est celle de savoir faire marche arrière quand il se rend compte qu’il s’est trompé. Ce n’est pas faire preuve de faiblesse que de revenir sur un acte quand cet acte engage l’avenir d’une nation et celui de plusieurs générations. En Algérie, il est encore temps d’éviter les conséquences néfastes de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, avant que la machine ne s’emballe. Tant qu’elle n’est qu’une disposition sur le papier, non encore appliquée, celui ou ceux qui l’ont faite peuvent la défaire. Cette loi qui a été de 1999 à nos jours l’événement le plus important dans le domaine du pétrole et du gaz. On se souvient que déjà en 2002, tout était prêt pour son adoption, mais que l’opposition de la majeure partie de la classe politique et celle de l’UGTA qui avait observé une grève nationale de 48 heures, avaient empêché que cela ne se fasse. Elle fut retirée pour être représentée en février 2005. Et là, tout d’un coup, tous les rouages de l’Etat étaient pour, présidence de la République, gouvernement, assemblée nationale, conseil de la Nation, partis de l’alliance présidentielle; même les travailleurs y sont devenus favorables. Pourtant aucun élément nouveau n’est intervenu durant la période, même le texte de loi est resté, à quelques détails près, inchangé. Au plan international, on n’a pas eu d’exemple d’un autre pays qui ait adopté une législation similaire; au plan intérieur, on a eu une élection présidentielle. Est-ce cela l’événement cause du changement ? Comment se fait-il que ce qui n’était pas bon pour le pays en 2002, le soit devenu deux ans après ? Comment se fait-il que les travailleurs qui étaient prêts à bloquer l’économie du pays, pendant longtemps si nécessaire, aient brusquement changé d’avis ? La seule explication fournie par l’UGTA à l’opinion publique a été que le chef du gouvernement l’aurait rassuré, en disant que la loi était bonne pour le pays. C’est plutôt court comme argument pour une décision aussi lourde de conséquences. Beaucoup de corruption, beaucoup de rapaces autour de la manne pétrolière et bientôt peut être dépossession du peuple de sa souveraineté sur ses richesses naturelles ; tel est l’état des lieux peu agréable du secteur des hydrocarbures depuis 1962. On sait aussi que la rente pétrolière n’est que l’arbre qui cache la forêt de l’économie nationale : 98% des recettes en devises du pays en proviennent. Sous couvert de richesse, c’est la faiblesse du pays que cette rente camoufle. Imaginons l’inimaginable si l’Algérie sera amputé de sa future ressource énergétique potentielle de gaz naturel gisant dans le sous-sol saharien (marginalement appelé gaz de schiste) . Que deviendrait l’Algérie si demain le pétrole et le gaz venaient nous manquera ? Et, cela peut-être dans moins de 7 à 8 ans. Pourrait-elle survivre, voire exister grâce aux 2% de recettes restantes ? Mais cet inimaginable finira, un jour par arriver si la manipulation de la population du Sud par nos ennemies prendra des allures politiques et régionalistes. Quelle sera ce jour la situation du pays ? Allons plus loin et demandons-nous qu’aurait été l’Algérie, si elle n’avait jamais eu de pétrole ? Se serait-elle tournée vers le tourisme comme les Tunisiens, ou vers le commerce comme les Syro-libanais ? Est-ce que les Algériens se seraient orientés vers les richesses de la mer comme les Grecs ou seraient-ils devenus industrieux comme les Turcs ? C’est bien sur de la fiction, mais elle illustre le fait que d’autres peuples, sans pétrole, ne s’en portent pas plus mal; peut être même sont-ils plus heureux. Rajoutons à ce tableau le fait que la guerre d’indépendance qui aurait pu se terminer au début de 1956, a duré six ans et demi de plus en raison de la découverte de pétrole, cette année-là précisément. Quand nous additionnons tout cela, avouez qu’il y a de quoi se demander où se trouve la réponse au dilemme shakespearien, objet de ce propos : le pétrole a-t-il fait le bonheur ou le malheur du peuple algérien ? A chaque lecteur de donner sa réponse?

Le Pèlerin 16/01/2016 12:03

Bonjour Nouara
Tout le monde se complaît dans la corruption
Le "Politique" y a tellement tiré d’avantages que si la justice lui demande c’est que bien souvent la justice est mal faite…Voire c’est la faute du juge ou du journaliste qui lui pose la question
Dans certains pays la corruption a tellement manœuvré qu’elle a réussi à impliquer (même de façon mineure) la majeure partie de la population ….qui de se fait trouve toutes les raisons pour ne rien dire et s’y complaire.
Et voilà la corruption rentrée dans les mœurs
Le citoyen lamda ne comprennent alors pas que la corruption gangrène notre économie au profit des plus nantis et des plus filous
C’est au « Politique » de donner l’exemple et de modifier la loi en conséquence
Je tiens à remercier particulièrement notre Président pour exiger la transparence de nos actes et de consacrer l’indépendance de la justice par rapport au Gouvernement
Il y aura certes encore quelques accrocs ais on est déjà loin du « secret défense »imposé en son temps par notre regretté Charles Pasqua
Quant à l’Algérie ….la corruption a atteint un tel niveau qu’elle en vient à défier la dignité de l’homme
Mais où sont donc passes les glorieux combattants d’un autre temps
Quant au pétrole vous savez tres bien qu’il a signé la mort de l’initiative…..Les conséquences de la baisse des cours du pétrole risquent de faire basculer les quelques équilibres existants
Peut être sera-ce un nouveau départ vers une démocratie auquel l’Algérie fait référence dans son appellation et qui pour l’instant n’a de démocrate que le nom
Mais bien de l’eau s’écoulera sous les ponts de Chlef avant qu’il y ait un changement
Et oui l’Algérie dort actuellement et le réveil …
Peut être demain …ou apres demain
De toute façon c’est écrit alors à quoi bon se bousculer
Cordialement,
Le Pèlerin