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Pour se procurer des produits moins chers que ceux proposés dans les échoppes européennes, certains Algériens établis à l’étranger, particulièrement en France, profitent de l’occasion de leurs vacances au pays, pour faire leurs emplettes. Dès que la saison estivale annonce la couleur, Alger est pratiquement envahie par les immigrés qui viennent se ressourcer dans leurs patelins auprès des proches et amis.
 
Durant leur séjour, ils sont partout. Sur les plages, piscines, restaurants, et même dans les souks communaux ou les marchés populaires et les boutiques des grands centres urbains.
Une virée au niveau du supermarché Printemps de Bab Azzoun traduit l’engouement de ces derniers particulièrement au rayon vestimentaire.
La raison, les magasins Printemps sont connus pour la qualité de leurs produits mais aussi pour les prix affichés qui défient toute concurrence.
Mira est une Algérienne qui réside en France. Cette étudiante vient deux fois par an rendre visite à ses parents installés à Alger.
Rencontrée au niveau de ce magasin, elle estime que la vie est trop chère en France. Sa bourse d’étudiante ne lui permet pas d’acheter tout ce dont elle a besoin. D’ailleurs, ce sont ses parents qui paient ses déplacements annuels.
Une fois à Alger, cette rouquine n’hésite pas à débourser ses économies dans le prêt-à-porter.
«Le prix d’une chemise dégriffée à Paris vaut trois à quatre linges à Alger», a--elle souligné. Elle indique que «pour 25 euros l’article soldé en France, on peut avoir un ensemble d’été dans les boutiques algériennes». En effet, le prix d’un pantalon assorti à une liquette en lin et une veste d’été ne dépasse pas les 3000 DA. Le prix peut être revu à la baisse à la fin du mois d’août.
De même pour les chaussures . Le bazar de la rue Chartres est spécialisé dans la chaussure. Sa notoriété a même gagné nos immigrés.
Djamel et Naïma font leurs emplettes dans cette structure. Ils résident en France, précisément à Vitry sur Scène. Fonctionnaires et parents de trois enfants, ces derniers font leur shopping à Alger pour, disent-ils, acheter plus et moins cher.
Ils font leurs courses à la fin des vacances pour ne pas s’encombrer.
Djamel nous dira que le prix d’une paires de chaussures pour enfant dans un marché aux puces varie entre 10 et 15 euros alors qu’à Alger, une paire de chaussures pour enfant âgé de 1 à 5 ans oscille entre 350 et 700 DA. Les adultes, quant à eux, peuvent se procurer des chaussures de qualité moyenne pour 800, voire 1200 DA. «Si je convertis 15 euros en dinars, chacun de mes enfants aura trois paires de chaussures. Ce qui me permettra d’économiser le prix des chaussures durant toute l’année», estime ce père de famille.
Ce sont beaucoup plus les femmes qui investissent les marchés de la rue de la Lyre, Bouzrina et autres. Le but, dénicher les bonnes affaires.
L’électroménager est également n’est pas en reste. Venue de l’île de France, Farida a acheté un batteur et un grille-pain pour la somme de 2000 DA. «En France, ce genre d’outils est cédé à 35 euros. Ma cuisine sera bien équipée une fois de retour à la maison», dira-t-elle toute contente.
Au niveau du marché informel de la place des Martyrs, nombreuses sont les filles immigrées qui achètent de la lingerie et des bijoux de pacotille. Elles sont impressionnées par les prix affichés dont se plaint la majorité des Algérois.
Certains immigrés poussent le bouchon un peu trop loin. Ils achètent des démodulateurs, des appareils vidéo, enregistreurs et même des chaînes stéréo. «Je touche 1100 euros. Cela paraît beaucoup en Algérie (l’équivalent de 12 millions de centimes), mais en France entre le loyer, les charges et les enfants, on ne peut bouger», dira Sid Ali, natif de Tizi Ouzou.
Et de poursuivre : «J’économise ma prime annuelle, mon treizième mois et ce que j’arrive à mettre de côté pour venir passer des vacances au bled sachant qu’avec le même salaire en Algérie, on peut, ma famille et moi, vivre aisément».
Les téléphones portables et les consoles de jeux vidéo sont également très prisés par les immigrés. Mais prennent-ils en considération la qualité de ce que leur offre le marché informel ou légal dans la mesure où la quasi-totalité de la marchandise proposée dans les marchés algériens dont les jeux vidéo «Taiwan» ? Alors que ceux proposés à l’étranger sont soumis à des normes qui garantissent la qualité et la neutralité de l’image mais aussi ne nuisent pas à la santé des «joueurs», particulièrement les enfants.
Samira, une Algérienne, raconte que ses cousines qui vivent à l’étranger, emportent avec elles de la viande qu’elles conservent dans des glacières.
Aussi, durant la saison estivale, les immigrés squattent les restaurants spécialisés dans les grillades ainsi que les salons de glaces. «Se payer un MacDonald en France est un luxe», dira Farida, une quadragénaire vivant à Amiens.
Sans établir de généralités, Omar, un Algérois, dira : «Depuis ma plus tendre enfance, j’ai remarqué qu’une fois arrivés en Algérie durant la période estivale, les immigrés s’approvisionnent de différents produits qu’ils emportent avec eux». Comment se fait-il qu’un Algérien peut se permettre d’acheter un tas de choses en France et les rapporter au «bled» sans rechigner alors qu’ici il crie misère. Pareil pour les immigrés qui déplorent la cherté de la vie à l’étranger et viennent s’approvisionner en Algérie sous prétexte que ce n’est pas cher ? s’interroge Lotfi, un universitaire au chômage.
«Au port d’Alger, les z'magra ramènent avec eux des valises remplies, des vélos, des cabas bourrés de linge et autres pour les revendre ici dès qu’ils arrivent», dira Lamia, une fille de Bab El-Oued. «On croit qu’ils sont arrivés avec des cadeaux puis on découvre que c’est de la marchandise qu’ils revendent ici en Algérie pour pouvoir passer leurs vacances», ironise-t-elle.
 
Source Horizons
 
Le Pèlerin
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