Le Château de Foix à travers les ages
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3. Les Querelles autour du château de Foix
Dès le début de la croisade contre les Albigeois, le comte de Foix, son suzerain le comte de Toulouse, et la plupart de ses vassaux s’étant déclarés partisans dévoués du Catharisme, ils eurent à lutter vaillamment sur leurs domaines. La vallée de l’Ariège était une voie stratégique dont les croisés tentèrent de s’emparer afin de la couper entre la plaine et les troupes du comte de Toulouse d’une part, et la haute Ariège et la Catalogne où les Cathares se groupaient, d’autre part. Le château de Foix fut, en conséquence, l’objet de plusieurs assauts. En 1210 déjà, Simon de Montfort l’investit. Refoulant la garnison qui avait opéré une sortie, Montfort, accompagné d’un seul chevalier, se mit à la poursuite des fuyards et il faillit pénétrer dans l’enceinte du château : les portes en furent fermées juste à temps. Obligé de rebrousser chemin par un sentier que dominaient des murailles, il manqua d’être écrasé sous les pierres que lançaient les défenseurs.
Une trêve ayant été conclue quelque temps après, le comte de Foix Raymond-Roger la rompit en 1212, et les nouvelles hostilités ramenèrent les croisés dans la région : la ville de Foix fut occupée, mais le château ne fut pas attaqué; il fut cependant remis à l’abbé de Saint-Thibéry, qui le garda comme gage de paix pour l’Eglise. Le comte de Foix ne rendit donc pas le château par la force car, comme le dit l’auteur de la Chanson de la Croisade, « il est si fort qu’il se défend de lui-même » (El castel es tant fortz qu ‘el mezeix se defend).
Cependant, Simon de Montfort, quoique victorieux, n’était pas encore rentré dans la place forte, mais il réussit à y pénétrer par la ruse. Aussi, en 1216, sous les ordres formels du Pape Honorius III, il fut obligé de le rendre à l’abbé qui le lai avait confié avec quelque imprudence. Dépité, Montfort occupa la ville et les alentours, interdisant à la garnison du château toute communication avec l’extérieur.
Le pape laissa à son mandataire la garde du château. Le traité de Paris, en 1229, consacra la victoire des croisés, mais le comte de Foix ne put rentrer dans son château
que cinq ans après.
Quelque trente-huit ans plus tard, en 1272, le château fut le théâtre d’un événement historique important. Après la réunion du comté de Toulouse à la Couronne, Roger Bernard III, comte de Foix, appuyé par son beau-père le comte d’Armagnac, refusa de reconnaître son nouveau suzerain, le roi Philippe III le Hardi. Devant cet acte d’insubordination, le monarque voulut faire un exemple et il vint lui-même dans la contrée, à la tête de ses troupes qui, après avoir dévasté le pays, se trouvèrent devant Foix, le 3 juin 1272. La forteresse fut bloquée, mais pour que le blocus fût efficace, il fallait dégager les abords du rocher de toutes parts et rendre facile une surveillance permanente. De nombreux ouvriers furent employés à ces travaux, ce qui a fait dire à des chroniqueurs, se copiant les uns les autres, que le rocher avait été sapé pour le faire écrouler. Cependant, si ces travaux ne nuisirent nullement à la solidité du roc, ils furent poussés si activement que le comte de Foix ne voulut pas soutenir un siège qui aurait pu durer fort longtemps et affamer la garnison : il se rendit à discrétion, se mettant à genoux devant le roi pour implorer son pardon. Philippe III fut inflexible, car il fit garrotter le comte et le fit conduire à Carcassonne où il demeura prisonnier un an. La restitution de ses domaines ne lui fut accordée qu’en 1275.
A suivre
Source : l’Ariège et ses Châteaux féodaux (éditions Résonances)
Suite : Les jours fastes du Château de Foix
Le Pèlerin
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