Recherche

Album photos

Voir tous les albums

Présentation

Images aléatoires

  • antipiratage.jpg
  • chien et perroquet
  • 5-le-lac-enfin-artats-24-02-08.jpg
  • Bouteflika malade

Hommage à Aragon, Poète français


Aragon, ton Elsa...

Souriant, Aragon, sur la plupart des photos qui le montrent en compagnie. Et m
ême s'il ne sourit pas, quelque chose de lumineux, d'inspiré, émane de son visage. Image de sa poésie.

Fr
ère et sœur ?

Automne 1908. Deux femmes viennent de conduire
à l'école, pour la rentrée des classes, un enfant de onze ans. Vous les avez vues : toutes deux ont embrassé cet enfant qu'elles appellent Louis. Vous avez aussi compris que la plus jeune des femmes est sa sœur. En effet, une jeune mère lui a demandé : Comment va votre petit frère aujourd'hui ? L'autre femme, entre deux âges, doit être sa mère. En effet, le petit Louis l'a quittée en lui disant Au revoir maman ! Tout est clair, il n'y a rien là qui puisse fournir des indications sur l'identité de cet enfant sans histoire ! Eh bien détrompez-vous ! Voici maintenant qu'arrivé, 12, rue Saint-Pierre, à Neuilly - le domicile des deux femmes, elles viennent d'y entrer - un homme portant beau, quasiment septuagénaire, et qui a l'air d'un préfet de police.


Louis Andrieux

D'ailleurs, c'est le pr
éfet de police de Paris - ou plutôt l'ancien. Il est entré dans la maison - la porte n'étant pas fermée, vous aussi, vous êtes entré. Et là, stupeur : le vieux monsieur que vous aviez peut-être pris pour le mari de la dame entre deux âges, se dirige vers la jeune femme, la prend dans ses bras, lui donne un baiser de mari, et disparaît avec elle dans une chambre ! Vous voulez savoir... Eh bien, cet homme s'appelle Louis Andrieux. Il a été lié à Gambetta ; son passé politique est important. En 1896, il a rencontré une jeune fille dont il est tombé amoureux fou : Marguerite Toucas. Elle avait vingt-trois ans ; lui, cinquante-sept. L'année suivante, leur fils est né.

Nous te coupons tes vivres !

Louis Andrieux, install
é dans la vie, avec femme, enfants et honneurs, a décidé que le nom de famille de ce fils de l'amour commencerait par un A, comme Andrieux, et que ce serait Aragon, une province d'Espagne où il avait été en poste. Il a décidé aussi que sa mère se ferait passer pour sa sœur, alors que sa grand-mère se déclarerait sa mère ! Ce qu'elles ont fait. Jusqu'en 1917, lorsque Louis, qui a bien grandi, est parti à la guerre. Elles lui ont tout dit. Louis est parti pour les tranchées. Il a bien failli en mourir : envoyé au front, à Couvrelles, il est enseveli trois fois sous la terre projetée par des obus. Mais il est revenu, Louis. Il a terminé ses études de médecine. Et puis il a décidé de tout abandonner pour devenir poète ! Non, a dit sa famille : nous te coupons les vivres !

Aragon en
œuvres

1926   Le Paysan de Paris - Promenade et m
éditation lyrique dans un Paris qui se transforme.
1933   Les Cloches de Baie - Au début du siècle, la jeune Catherine défend les droits de la femme.
1936   Les Beaux Quartiers - Edmond et Armand Barbentane dans le Paris de 1913.
1941   Le Crève-cœur - poèmes.
1942   Les Yeux d'Eisa - poèmes.
1945   Aurélien - L'amour contrarié entre Bérénice, mariée, et Aurélien.
1958   La Semaine sainte - L'aventure de Théodore pendant les Cent jours.
1959   Elsa - Poèmes
1963   Le Fou d'Eisa - poèmes.
1965   La Mise à mort.

La femme de sa Vie


Aragon est secouru par Breton. Les deux hommes se sont connus en 1917. Ils ont jeté les bases du surréalisme en 1919, publié leurs premières œuvres, lutté contre le mouvement dada, tenté de faire évoluer leur mouvement vers la révolution totale. Mais, en 1930, Aragon déclare que le surréalisme n'est qu'une forme d'idéalisme bourgeois ! Ces mots sont ceux du militant communiste qu'est devenu Aragon. Ce communisme se double d'un lien sentimental avec l'URSS : il a rencontré la femme de sa vie, une admiratrice aux yeux magnifiques, Eisa Kagan, séparée de son mari, l'officier français André Triolet - elle signera ses œuvres (Rosés à crédit, par exemple, roman publié en 1959) Eisa Triolet. Eisa Kagan est la sœur de Lili Brik, compagne du grand poète russe Vladimir Maïakovski (1893-1930).


Aragon, Ferra
t


Aragon fait de nombreux voyages en URSS. Lorsque la guerre éclate en 1939, il est mobilisé, fait prisonnier. Il s'évade, devient un résistant actif, tout en continuant de publier des recueils de poèmes, des romans. En 1959, paraît l'un des sommets de sa création poétique : Eisa - que vous devez absolument découvrir : lisez surtout Les Yeux d'Eisa, mesdames ; jamais vous ne lirez plus beau texte dédié à la femme aimée - messieurs, vous pouvez toujours en apprendre certains passages par cœur, on ne sait jamais, ça peut servir... Écoutez aussi la magnifique mise en musique des poèmes d'Aragon par le chanteur Jean Ferrât - le plus beau des mariages entre la musique et la poésie !

Les yeux d'Elsa

Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant
pourboire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire


l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
Vête taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de
l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsque une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'apr
ès la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure ...


J'ai retir
é ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

II advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d’Elsa


Louis Aragon, Les Yeux d'Elsa, 1942

 

Que serais-je sans toi

Que serais-je sans toi qui vins
à ma rencontre.
Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.


J’ai tout appris de toi sur les choses humaines.
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon.
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.

Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.


J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.
Qu'il fait jour à midi qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne.
Tu m’as pris par la main, dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.


Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes.
N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que lé bonheur existe.
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues


Louis Aragon, Que serais-je sans toi,
mis en musique par Jean Ferrat (1964).






Source La littérature française

 

Le Pèlerin

 

Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés