Dominique Strauss-Kahn aujourd'hui en Algérie: Le patron du FMI à
Alger et des interrogations
Le directeur du Fonds monétaire international est annoncé à Alger, mardi soir, après deux escales qu'il aura effectuées
auparavant à Tripoli et à Tunis.
C'est une dépêche
de l'Agence France presse (AFP) qui fait état d'une «brève visite» aujourd'hui, à Tunis, du directeur du Fonds monétaire international (FMI) à l'invitation, est-il écrit, du gouverneur de la Banque
centrale de Tunisie (BCT). Il est noté que c'est sur invitation du gouverneur de la BCT, Taoufik Baccar, et pour célébrer le 50è anniversaire de cette institution financière, que Dominique
Strauss-Kahn se rend pour la première fois en Tunisie. Il est aussi prévu qu'il soit reçu par le président Zine El Abidine Ben Ali. L'on s'attend par ailleurs, à ce qu'il fasse une virée à Alger
après en avoir effectuée une à Tripoli, la capitale libyenne. Ce qui serait donc une première tournée maghrébine qu'a décidé d'entreprendre le directeur de l'Institution de Bretton Woods. Comme
c'est le cas pour un grand nombre de hauts responsables occidentaux, une telle tournée, c'est-à-dire à l'échelle maghrébine, n'est entreprise que si des entretiens, sur des questions d'ordre
important et plutôt mondial avec les responsables des pays de la région, s'imposent. C'est certainement le cas pour Strauss-Kahn, qui revient de la réunion du G20 qui a eu lieu les 14 et 15
novembre dernier à Washington, et qui a eu pour thème de débat principal, la crise financière internationale. Le directeur général du FMI est certainement annoncé dans la région, pour mener des
discussions avec les responsables maghrébins autour des principes qui ont été retenus au Sommet de Washington, entre autres, une participation la plus large possible des pays pour rétablir la
croissance par un rétablissement des équilibres macroéconomiques. Il est donc question, pour lui, de connaître leurs préoccupations dans cette conjoncture de crise financière mondiale. Pour rappel,
une mission du FMI a séjourné à Alger, du 4 au 15 novembre dernier, où elle a pris le pouls de l'économie nationale. Ses membres ont reconnu à l'Algérie son bon management des effets de la crise
sur ses finances et ses équilibres macroéconomiques, mais lui demandent « de ne pas dormir sur ses lauriers » et de se préparer à prendre des mesures conservatoires au cas où la crise financière
internationale perdure. Dominique Strauss-Kahn visite les pays du Maghreb pour, disent des responsables algériens dans la sphère financière, connaître ce qu'ils pensent de la crise et ce qu'ils
attendent du monde occidentale et des institutions internationales à cet effet. Il est d'autant plus question de connaître leurs doléances et leurs avis en la matière, s'il est souligné que le
Sommet du G20 s'est contenté de discuter de la crise mais l'élaboration de la feuille de route pour la juguler est prévue courant avril prochain. « Le directeur du FMI mène ce genre de tournée pour
collecter les divers avis des responsables des pays émergents, pour permettre au pays du G20 de rédiger une feuille de route qui soit plus en adéquation avec les réalités du monde et de l'ensemble
des pays », nous dit un responsable du secteur. Il serait aussi question pour Strauss-Kahn, toujours selon notre interlocuteur, de se renseigner sur le rôle que pourraient jouer les pays émergents
au sein des institutions multilatérales. Joël Toujas Bernaté, le coordonnateur de la récente mission du FMI à Alger, nous a expliqué à cet effet, qu'il est prévu un rôle plus marqué des pays
émergents dans les institutions de Bretton Woods. C'est là un premier pas vers la refondation de leurs rôles respectifs et de leurs missions. « Si l'on doit parler de refondation du FMI, on y voit
une participation des pays émergents dans la prise de décision à ce niveau et au niveau de l'ensemble des institutions multilatérales », nous dit un responsable algérien. Ces institutions sont
aussi appelées à redéfinir leur rôle d'observateurs des marchés. « Elles doivent redéfinir leur vision d'observer et de contrôler les marchés internationaux pour qu'elles puissent anticiper les
crises, parce que celle qui secoue le monde actuellement n'a pas été prévue », explique le responsable algérien. Jusque-là, l'on note que les pays émergents siègent par groupe dans des postes
d'administrateur. « L'Algérie est représentée dans le groupe où siège l'Iran dont la quote-part est plus importante », nous dit-on. L'on estime ainsi et au titre de la refondation du FMI qu' « il
est possible que cette quote-part soit augmentée avec peut-être plus de sièges pour les pays émergents dans le Conseil d'administration et un droit de vote ». Le Français Dominique Strauss-Kahn a
certainement inscrit tous ces points dans son agenda maghrébin pour en discuter avec les parties concernées, notamment les banques centrales des différents pays. A propos de responsables français,
Alger recevra jeudi le ministre français de l'Environnement. Borlo est, nous dit-on, invité par son homologue Cherif Rahmani, qui organise à partir de mercredi, la Conférence africaine de
l'Environnement.
Source Le Quotidien d'Oran
Le Pèlerin
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