Campagne de Bouteflika : cinq émissaires d’Alger sèment la zizanie en France
Depuis quelques jours, le mécontentement monte parmi les
partisans du candidat Bouteflika en France. La cause ? La décision du comité de campagne du président sortant en Algérie de dépêcher cinq émissaires de l'autre côté de la Méditerranée, avec
pour mission de sensibiliser la communauté algérienne sur place d'aller voter massivement le 9 avril. Le choix a été porté sur trois anciens ministres Mohamed Laichoubi , Slimane Cheikh, Mustapha
Cherif, un ex-ambassadeur d'Algérie en France Mohamed Ghoualmi et un ex-Consul Tidjini Salouandji.
En France, les partisans du chef de l'Etat reprochent à ces émissaires trois choses : avoir été envoyés sans leur accord, être arrivés en retard sur un terrain où beaucoup de travail a été
effectué depuis déjà plusieurs mois et leur manque de connaissance de la communauté algérienne dans l'Hexagone. En effet, hormis Mohamed Ghoualmi et Tidjini Salouandji, les trois autres
émissaires n'ont jamais occupé de postes en France et manqueraient de liens directs avec les personnalités et les associations communautaires algériennes.
« Ils compliquent la tâche de ceux qui travaillent sur le terrain. Ils risquent de provoquer des phénomènes de refoulement. Il ne faut pas s'étonner s'il y a un fort taux
d'abstention le 9 avril d'autant qu'il était déjà très difficile de sensibiliser les gens pour une élection qu'ils considèrent comme jouée d'avance», tempête un proche du président
Bouteflika en France. Pour ce dernier, le choix aurait dû être porté sur des personnalités issues de l'immigration. «En envoyant des gens d'Alger sans aucun lien avec la communauté, ils adressent
un signal négatif aux Algériens de France. Cela voudrait dire qu'aucune personnalité de la communauté ne souhaite s'engager avec le président. Ce qui est faux », poursuit-t-il.
Autre critique formulée par les partisans de Bouteflika : le choix de Amara Benyounes pour animer trois des quatre meetings électoraux prévus en France. Pour les partisans du président
sortant, cet ancien dirigeant du RCD ne peut chasser que sur les terrains « berbérophones » de son ancien parti. Or, selon eux, il faut ratisser plus large pour convaincre un maximum
d'Algériens d'aller voter le 9 avril pour une élection considérée comme étant jouée d'avance.
Enfin, « l'intrusion » de Daniel Benyounes, Sénateur du tiers présidentiel et frère de Amara Benyounes, dans la campagne en France agace les partisans de Bouteflika. Dès son arrivée, il
a provoqué la colère de Abdelmadjid Azzedine, député FLN de l'immigration et directeur de campagne pour la région Ile-de-France (Paris et sa région). Dans un communiqué suivi d'une
déclaration au journal Le Parisien, Daniel Benyounes s'est en effet « autoproclamé directeur de campagne de Bouteflika pour la région Ile-de-France. Ce qui est totalement faux »,
explique un proche du député Abdelmadjid Azzedine.
En France, les responsables de la campagne du candidat Bouteflika reprochent à Alger de ne pas les consulter avant de prendre des décisions concernant la gestion de la campagne dans
l'immigration. Ils leur reprochent également de ne pas mesurer les conséquences de leurs actions sur le vote de la communauté algérienne établie dans ce pays. Désormais, ils redoutent un fort
taux d'abstention. Une perspective qu'ils considèrent comme un échec.
Source TSA
Le Pèlerin
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