2007 - la salutaire réponse du corps électoral - Contre fraude massive, abstention massive
Une alliance présidentielle conservant la majorité avec seulement 13% de voix, un FLN arrivé en tête avec seulement 8% des voix mais disposant de la coquette gerbe de 136 députés à l’APN loin devant le RND et près de 80% de citoyens (65% d’abstentionnistes et près de 15% de bulletins nuls) qui ont refusé d’offrir leurs voix aux «bourreurs d’urnes» et aux fossoyeurs de P-V, tels sont les résultats de la dernière élection législative, que tous les acteurs politiques ont analysée comme un scrutin ayant délivré un grave message à dimension historique sur le processus électoral en Algérie pour qui veut le décoder. Le seul qui y a vu une «preuve de maturité du peuple algérien et de son attachement au processus démocratique» est l’inénarrable Zerhouni, ministre chargé de l’organisation du scrutin. Pour tous les autres, à l’instar du chroniqueur du Quotidien d’Oran Kamel Daoud(1), l’inquiétude est grande, angoissante même : «Des millions d’Algériens assis dans un endroit hors champ, hors couverture, sourds, muets et non convertibles aux enthousiasmes. Le problème est qu’ils n’ont ni parti, ni acte, ni geste, ni poids, ni avenir.» Passé le constat momentanément amer, le même Kamel Daoud conclut sur la signification profonde des résultats de l’impasse politique historique majeure que donnent à lire les résultats de l’élection législative de mai 2007 : «L’avenir sera donc fait de ce qui a fait l’actualité des émeutes (…) : une majorité sans issue face à une minorité sans interlocuteurs. C’est-à-dire un Etat qui n’accouche que de lui-même, même lorsqu’on le croise avec la démocratie et un peuple qui ne reproduit que des chiffres, même lorsqu’il refuse de voter… Faut-il se réjouir d’un système de plus en plus mal élu ? Oui. Un peu. Cela ouvre l’espoir d’un changement par l’isolement. Faut-il se réjouir du spectacle d’un peuple qui ne vote pas ? Non. Un peu. Cela n’annonce pas des jours meilleurs. Cela prouve qu’on peut dépeupler un pays, sans déplacer les populations.» Le mot est lâché : trop de fraude conduit à trop d’abstention et trop de fraude et d’abstention conduisent à désertifier le pays.
(1) Kamel Daoud, Chronique Raina Raikoum, Le Quotidien d’Oran, 19 mai 2007.
Source Le Soir d’Algérie
Dossier réalisé par M’hand Kacemi
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