Algérie -
Des aides directes et des crédits à 1 et 3%: L'Etat ouvre le Trésor aux candidats au logement
Les crédits immobiliers à
1% ne sont pas limités aux fonctionnaires mais concernent tous «les citoyens désireux d'acquérir un logement promotionnel dans le cadre des programmes réalisés par la Caisse nationale d'épargne
et de prévoyance (CNEP), l'Agence de l'amélioration et du développement du logement (AADL) ou le Logement social participatif (LSP)». Le Conseil des ministres a choisi de ne pas limiter les aides
publiques directes et indirectes aux seuls fonctionnaires, ainsi que le prévoyait la loi de finances complémentaire 2009. Le gouvernement a donc décidé d'impulser de manière plus forte l'effort
en matière de construction de logements en décidant d'être large. Ce coup de fouet était logiquement attendu depuis que le gouvernement a décidé, à travers la LFC 2009, que le logement passe
avant la voiture. Un avis qui, bien entendu, est largement partagé au sein de l'opinion publique, qui attendait néanmoins que le gouvernement décide de traduire cette priorité en actes. La série
de mesures d'aides directes et indirectes variables en fonction des revenus, qui a été annoncée avant-hier, constitue une réponse à cette attente. Les citoyens dont les salaires varient entre
12.000 et 48.000 dinars (1 à 4 fois le salaire minimum SNMG) et qui cherchent à acquérir un logement promotionnel (Caisse nationale d'épargne et de prévoyance (CNEP), l'Agence de l'amélioration
et du développement du logement (AADL) ou le Logement social participatif (LSP)) pourront recevoir une aide publique directe de 70.000.000 de centimes en sus d'un crédit bancaire à 1%
seulement.
Le crédit au logement
pour un plus grand nombre
L'aide directe est ramenée à 40 millions de centimes pour ceux dont les revenus oscillent entre 60.000 et 72.000 dinars (5 à 6 fois le SNMG), mais ils bénéficient du
coût du crédit bancaire à 1%. Enfin, pour les catégories supérieures dont les salaires oscillent entre 84.000 et 144.000 dinars (7 à 12 fois le SNMG), il n'y aura pas d'aide directe mais un coût
de crédit bonifié à 3%. Pour ceux qui construisent dans le cadre du logement rural, une aide de 70 millions de centimes et un crédit bancaire à 1% sont accordés à ceux dont les salaires oscillent
entre 1 et 6 fois le salaire minimum garanti, c'est-à-dire entre 12.000 et 72.000 dinars. Pour ceux dont le salaire dépasse 84.000 dinars, il est octroyé un crédit bancaire à 3% du taux
d'intérêt. Toutes ces aides directes ou indirectes seront prises en charge par le Trésor public. Les taux de crédits très bas devraient favoriser l'élargissement des catégories sociales qui
peuvent accéder au logement.
Quant aux promoteurs immobiliers intervenant dans le cadre des projets immobiliers Cnep, ils bénéficieront d'abattements de 80% sur les prix des terrains d'assiette à Alger,
Oran, Constantine et Annaba, à 95% dans les wilayas des Hauts-Plateaux et du Sud et de 90% dans les autres wilayas. Les programmes AADL continueront de bénéficier de la gratuité de l'accès aux
assiettes foncières. Autre encouragement aux promoteurs immobiliers : le coût du crédit est bonifié et sera réduit pour eux à 4%. Les promoteurs bénéficieront de ces avantages en contrepartie de
la signature d'un cahier de charges à travers lequel les pouvoirs publics veulent veiller à ce que le soutien apporté par l'Etat se traduise aussi bien dans le coût du logement que dans la
qualité.
Crise de
distribution
Les autorités ont donc
décidé de mettre la main au Trésor pour réaliser en cinq ans les objectifs de 500.000 logements en promotion immobilière et 700.000 habitations rurales. Le président de la République, a indiqué
le communiqué rendu public, a demandé aux promoteurs immobiliers de moderniser «leurs moyens pour produire des logements de qualité et d'un cachet urbanistique appréciable, ainsi que des effets
sur le coût du logement au bénéfice du citoyen». Il a également indiqué que les «comportements parasitaires ne seront pas tolérés et toute tentative de spéculation entraînera l'exclusion de son
auteur des avantages décidés».
Toute la question est de
savoir si l'on est outillé pour éviter le vieux trafic spéculatif qui entoure le logement en Algérie depuis des décennies. Certains affirment d'ailleurs que la crise du logement est en grande
partie une crise de distribution ou d'affectation de logements et ils citent à cet égard le chiffre d'un million de logements inoccupés sur le territoire national. On a bien annoncé la création
d'un fichier national du logement mais il semble que ceux qui payent la totalité de ce qu'on leur doit en sont rayés ! Et peuvent donc recommencer... La loi de finances de 2008 a choisi la
réponse « radicale » et administrative de rendre les logements sociaux participatifs (LSP) incessibles pendant une période de dix ans au moins. En tout cas, l'Etat qui a décidé de recourir au
Trésor a tout intérêt à ce que cette aide profite au plus grand nombre et non aux privilégiés.
Source Le Quotidien
d'Oran M.S.
Le
Pèlerin
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