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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 06:53

Algérie - Sonatrach en mal de gouvernance

gaz arzew

Affaire Sonatrach - Rappel  

À titre de rappel, une dizaine de hauts responsables de Sonatrach sont mis en cause : le P-DG Mohamed Meziane et ses deux fils dans un contrat irrégulier de services lié à l’activité TRC. Les deux vice-présidents de Sonatrach, Belkacem Boumediène et Benamar Zenasni,  ainsi que les deux fils de Meziane sont incarcérés à la prison de Serkadji. Chawki Rahal, vice-président chargé de la commercialisation, ainsi que le P-DG de Sonatrach sont sous contrôle judiciaire. L’instruction est en cours au niveau du pôle judiciaire spécialisé de Sidi-M’hamed. Il faut souligner que tous ces responsables mis en cause bénéficient de la présomption d’innocence, comme le spécifie  la loi. 

La compagnie pétrolière à la recherche d’un nouveau management

 

De l’argent sale qui sent le soufre

 

Comment est-on arrivé à ce scandale sans précédent dans l’histoire de l’Algérie ? À travers les révélations d’anciens responsables, on apprend que le mode de gestion de Sonatrach est à la source de pratiques de corruption, de malversations et de surfacturations à l’origine d’une énorme prédation de deniers publics. L’argent détourné sent ainsi le soufre. La relative autonomie par rapport au politique, dont jouissait la compagnie nationale, n’a donc pas servi à la doter d’un système de gestion rigoureux, respectueux des règles de l’éthique et de la transparence, en dépit de plusieurs contrats d’assistance technique conclus en la matière avec de grandes boîtes internationales. La prise de décision à Sonatrach était plutôt centralisée dans les tours du Val d’Hydra, suivant différents spécialistes proches du dossier.

 

Retenons, cependant, que la compagnie pétrolière nationale tire de nouveau gloire de ses milliers et milliers de cadres et travailleurs compétents et intègres qui, grâce à leur dévouement, ont permis à Sonatrach de résister à la tempête. Grâce à ces troupes, la compagnie nationale n’a enregistré aucune répercussion négative sur sa production de pétrole et de gaz, ses recettes en devises et l’exécution de ses contrats avec les partenaires étrangers.

 

Mais la peur qui a gagné nombre de cadres n’est pas près de s’estomper. Va-t-on prendre des risques de gestion dans un tel système ? La réponse est connue. Sonatrach est en passe de tourner au ralenti quant à la conclusion de nouveaux contrats importants. Tant que les choses ne semblent pas claires. En attendant la tenue du procès.

 

Enfin, la justice parviendra-t-elle à situer les responsabilités dans ce détournement de l’argent du peuple ? Si les résultats de l’instruction en cours semblent déterminants dans la culpabilité ou non des 10 hauts responsables de Sonatrach mis en cause dans l’affaire.  Faut-il pour autant s’attendre à l’aboutissement de toutes ces investigations ? Ce qui peut paraître aujourd’hui comme moins certain tant la situation paraît ressembler à un bal masqué.

 

Gestion de la compagnie pétrolière nationale depuis 2000 - “La corruption a gagné du terrain à Sonatrach”

 

Personne n’osait prendre des décisions pendant cette période.

 

Le scandale qui a éclaboussé Sonatrach a laissé des traces. L’origine de cette situation remonte en fait à une dizaine d’années. C’est ce qu’assure une source très proche du dossier.

 

La gestion de Sonatrach depuis une dizaine d’années a été centralisée à outrance. On a voulu interdire les décisions de responsables sans passer par le Baosem, pour plus de transparence vis-à-vis des partenaires, plus d’égalité de traitement. Dans ce mode de gestion, personne n’avait le droit de prendre des initiatives. Personne n’était capable de prendre des décisions sur par exemple des choix technologiques. À une époque antérieure chacun prenait ses responsabilités. Les grands dossiers à impact politique étaient gérés en interne. Aucun des présidents de la République qui se sont succédé ne se sont ingérés dans les affaires de Sonatrach. Le comité exécutif, l’instance de direction de Sonatrach, décidait. Un directeur de division avait plus de pouvoir de décision que Mohamed Meziane, le P-DG de Sonatrach qui occupait le poste jusqu’à début janvier 2010. Les cadres avaient peur.

 

“Il n’ y avait pas dans les années 90 autant de corruption à Sonatrach”

 

Dans cette situation de béance où chacun des responsables n’osait prendre des initiatives, prendre des décisions, se sont engouffrées nombre de personnes avec des intentions malsaines, bref de s’enrichir au détriment de la compagnie. Ces derniers pouvaient influer sur la prise de décision. Conséquence : la corruption, les malversations ont gagné du terrain à Sonatrach. Plus on interdisait, plus on encourageait la corruption.
L’organisation mise en place sur la passation des marchés est une bonne chose. Mais il ne fallait pas mettre tout le monde dans le même panier. Les achats pour une usine de GNL, l’approvisionnement d’une base au Sud, une étude, ce n’est pas pareil. Il faut faire confiance aux cadres. Depuis 2000, on est allé jusqu’à priver tout le monde d’initiatives. On ne pouvait pas prendre d’initiatives. Pour de petits achats, il fallait passer par le Baosem. On a commencé alors à tricher.

Pour toute conclusion de contrat, il fallait l’autorisation du ministre. Dans les années 90, il y avait des affaires scabreuses à Sonatrach mais pas autant de corruption à Sonatrach. Une conséquence de la gestion de Sonatrach depuis 2000, confie-t-elle.

L’équipe Bouhafs décapitée

Autre réalité : le top management mis en place depuis 2000 était là beaucoup plus pour exécuter les décisions du ministre de l’Énergie, et non pour assumer ses responsabilités et donc décider. C’était beaucoup plus “des pantins entre les mains du premier responsable du secteur. Personne n’osait contredire ni critiquer le grand chef”, commente la même source.
On a fini par limoger ou laisser partir en retraite des responsables compétents entraînant une énorme perte dans la capitalisation des connaissances, sans que les nouveaux cadres puissent pour autant profiter de leur expérience.
L’équipe Bouhafs, l’ex-P-DG de Sonatrach, connue pour ses compétences a été décapitée. À la place, un P-DG et des vice-présidents placés par le ministre de l’Énergie pour des raisons moins objectives. Il convient de noter que les scandales qui ont éclaboussé Sonatrach n’ont pas eu de répercussions ni sur la production ni sur les recettes, ni sur l’exécution des contrats grâce à la présence, au sein de la compagnie pétrolière nationale, de milliers et de milliers de cadres et travailleurs compétents et intègres. À l’international, les potentiels partenaires risquent cependant de ne pas faire confiance à Sonatrach.

Pas de bilan depuis deux ans 

Depuis au moins deux ans, aucun bilan du groupe n’est présenté à la presse. L’exposé de ses résultats annuels était une tradition à Sonatrach. Il permettait à l’opinion publique d’être mieux éclairée sur l’évolution des activités ainsi que sur des performances. Cet exercice n’est plus pratiqué malgré l’insistance de la presse.

M. Bouhafs, l’ex-P-DG de Sonatrach à la fin des années 90, était allé jusqu’à instituer une présentation des résultats de Sonatrach chaque semestre. Depuis son limogeage, ce devoir de transparence n’est plus exigé.

Un management en deçà des exigences

Entreprise numéro 1 en Afrique, tous secteurs confondus, et 12e au niveau mondial, Sonatrach est avant tout la première société algérienne. 

Elle assure 98% des recettes en devises du pays avec une production de 1,2 million de barils par jour. Elle emploie 120 000 personnes et a réalisé, en 2008, un bénéfice net de près de 9 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires annuel de 80 milliards de dollars. L’entreprise, érigée en un gigantesque groupe, bénéficie d’une intention particulière de la part des dirigeants du pays.
C’est ainsi que Chakib Khelil, le ministre de l’Énergie et des Mines, s’est retrouvé comme le principal gestionnaire du groupe. D’ailleurs, il se dit qu’à Sonatrach rien ne se fait sans l’aval du ministre. Pourtant, à travers la loi sur les hydrocarbures de 2005, le ministre ambitionnait de faire de la compagnie nationale une entreprise pétrolière au même titre que les autres grosses compagnies pétrolières mondiales.
Sonatrach est certes développée. Elle est à l’international, opérant au Pérou, Mali et Niger. Sonatrach met en place son réseau de commercialisation de gaz en Europe. Mais l’entreprise a péché sur l’essentiel. Sonatrach n’a pas été en mesure de mettre en place un management à même de consolider sa position et de la hisser au niveau de la concurrence mondiale.
La récente mise en cause des cadres de la société est venue confirmer ce constat et rappeler à l’opinion publique à quel point l’image de la plus grande entreprise nationale est souvent associée à des scandales liés à des violations des dispositions du code des marchés publics.
Outre le P-DG Mohamed Meziane, ce sont aussi 10 autres membres de la direction de la Sonatrach qui ont été mis, soit en prison soit sous contrôle judiciaire, suspectés de corruption dans le cadre des passations de marché. Censée être la société la plus fiable et la plus loyale en Algérie, Sonatrach est, cependant, loin d’avoir une bonne réputation en matière de transparence.
La multiplication des passe-droits, le gré à gré, ainsi que le favoritisme dans l’attribution de contrats et la dilapidation de l’argent sont des pratiques qui n’ont jamais cessé de s’agripper aux centres décisionnels de Sonatrach. À cela s’ajoute également le recours abusif de Sonatrach à des sous-traitants étrangers avec des contrats douteux. Elle dépense, par exemple, plus de 1 milliard de dollars par an en importation de pièces de toutes sortes sans jamais faire appel à la production locale, ce qui est bien évidemment préjudiciable financièrement. Pourtant, en février 2002, le ministre de l’Énergie avait signé une directive qui stipulait que toutes les passations de marchés, quels que soient leur mode et leur montant, doivent faire appel à la concurrence par le recours à l’appel d’offres ouvert ou restreint national et/ou international. L’optimisme était grand en 2004 à l’occasion de la mise en place de la “directive de passation des marchés de fournitures et montage d’installations et de services physiquement quantifiables”. Le ministre de l’Énergie affirmait que la nouvelle directive allait permettre d’assainir les procédures. Cette fameuse directive redéfinissant le mode de passation des marchés n’a pas permis à Sonatrach de se défaire d’une image pas très reluisante. Et pour cause, Sonatrach, tout en mettant en place de nouvelles procédures, permettait dans une autre circulaire aux responsables d’user du gré à gré en cas d’urgence.
Cette seconde circulaire qui restait très vague sur la notion d’urgence a permis la généralisation d’une anomalie dans le fonctionnement et la gouvernance de la compagnie pétrolière nationale. Par ailleurs, les instances de contrôle, d’audit de Sonatrach n’ont bizarrement pas fonctionné. Cette anomalie a rendu possible plus de 1 600 contrats de gré à gré sur les dix dernières années.

 

Urgence d’un nouveau management

 

Le scandale, qui secoue à l’heure actuelle Sonatrach, a provoqué un véritable séisme dans le milieu économique. Cette affaire montre que la compagnie semble avoir raté l’opportunité d’entreprendre de véritables réformes dans le cadre de sa réorganisation, du management et de l’acquisition d’une plus grande clarté dans son fonctionnement. Avant cette histoire de malversations, il y a eu une autre affaire aussi grave que complexe. Il s’agissait de l’affaire de BRC ; cette entreprise aux capitaux mixtes détenus par Sonatrach (51%) et la compagnie pétrolière américaine Haliburton (49%). Une affaire étouffée dans l’œuf. Dans son rapport 2008 sur les performances de 42 compagnies pétrolières et gazières, l’ONG Transparency International avait épinglé Sonatrach en lui donnant une note de 10/58 en matière de transparence des paiements, de programmes de lutte contre la corruption par groupe, et des réglementations et politiques d’achat. Les scandales qui éclatent de jour en jour sur les “unes” de la presse sont indubitablement des indicateurs plus que tangibles de l’ancrage de ce fléau dans notre société. Depuis le temps qu’on parle de corruption dans des institutions et organismes d’État, cela devrait renforcer la vigilance d’autant plus que Sonatrach avait engagé des milliards de dollars dans son programme de développement. L’image de la compagnie dans le marché international risque d’être affectée par le scandale. Mais c’est aussi une occasion inespérée pour mettre fin aux lacunes enregistrées dans la gouvernance de Sonatrach et qui sont à l’origine des gros scandales avec la mise en place d’une plus grande transparence et l’éradication de certaines pratiques.

 

Diversification préjudiciable ?

 

Sonatrach est sortie de ses métiers de base malgré la faiblesse de ses ressources humaines et surtout empiétant sur le terrain d’autres départements ministériels notamment dans le dessalement d’eau de mer, la production du ciment et projetant de fonder des banques.
Sa filiale de transport aérien, Tassili Airlines connaît des débuts difficiles et son aventure dans les télécoms, avec Sonelgaz, a tourné au flop. La présence de Sonatrach dans le dessalement d’eau de mer n’est justifiée que par l’impératif d’avoir un partenaire solide comme associé aux différentes sociétés qui ont décroché les contrats des 13 stations que les pouvoirs publics ont construites. Mieux encore, elle est le principal acheteur de l’eau dessalée qu’elle cède à l’ADE qui, elle, ne peut payer le prix sortie d’usine.
Le même rôle de partenaire idéal est confié à Sonatrach dans l’appel d’offres concernant la mine de fer de Ghar Djebilet. En reprenant les parts d’Air Algérie dans la compagnie aérienne Tassili, Sonatrach voulait frapper un grand coup en assurant son indépendance quant au transport de ses travailleurs du Sud, mais surtout concurrencer Air Algérie dans le transport domestique.
Cependant, malgré un plan de vol pourtant bien établi par le ministre, Tassili Airlines peine à décoller. Depuis de nombreuses années, elle arrive certes à assurer une continuité dans la production du pétrole et garantir à l'Algérie des recettes confortables en devises, mais les compétences de Sonatrach s’arrêtent à ce domaine, celui de produire et commercialiser des hydrocarbures. Sonatrach n’est pas une société d'ingénierie, habituée à la gestion de processus industriels complexes.

 

En clair : Sonatrach ne sait pas construire des cimenteries ou réaliser des centrales électriques. Selon de nombreux spécialistes, cette dispersion à vouloir faire tout à la fois grâce à ses ressources financières a nui à son management global stratégique.

 

Marché organisation du Congrès mondial du GNL - Plainte de CWC

 

Dans une lettre parvenue à la rédaction, la société anglaise CWC se plaint de l’attribution irrégulière du contrat portant organisation du Congrès mondial du GNL, prévu du 18 au 21 avril à Oran, attribué à ITE.
CWC affirme que ITE a présenté, lors de la séance d’ouverture des plis, une offre en TTC, alors qu’elle devait, condition de la sélection, l’effectuer en hors taxes comme tous les soumissionnaires. En dépit de cette irrégularité, l’offre d’ITE a été retenue.
Sonatrach devait rejeter son offre.
Elle ne l’a pas fait, écrit en substance CWC. Ce qui constitue pour

 

Lutte contre la corruption - Les limites de la communication officielle

 

Les révélations successives des affaires de corruption de Sonatrach mettent à nu l’opacité et les dysfonctionnements du mode de gouvernance en Algérie. La position stratégique qu’occupe cette compagnie dans l’économie nationale et son rayonnement à l’échelle internationale font que ses scandales de nature politico-financière écorchent la crédibilité de l’État et nuisent dangereusement à l’image de marque de l’Algérie dans ses rapports aux partenaires étrangers  dans le domaine économique.  

 

Ces questionnements sont rendus plus complexes du fait de l’absence d’une politique de  communication du pouvoir et du silence sidéral de la classe politique. Alors ? Alors toutes les spéculations, toutes les supputations sont permises. Ces supputations vont jusqu’à associer l’assassinat du directeur général de la sûreté nationale aux affaires de corruption qui secouent le pays. Luttes de clans au sommet de l’état, luttes de succession et tant d’autres hypothèses des plus farfelues aux plus vraisemblables. Et pourtant, le président de la république, à travers son instruction relative aux impératifs de lutte contre la corruption, le premier ministre, à travers ses circulaires d’encadrement des modalités de passation des grands marchés publics pour prévenir toute malversation, n’ont pas suffi à faire taire les rumeurs et à apaiser l’angoisse qui s’est saisie de la société. Dans un tel contexte d’incertitudes, la presse apparaît comme le seul vecteur qui éclaire l’opinion publique sur les grands problèmes qui déterminent et engagent le devenir national. Elle le fait courageusement, et s’est sa mission en dépit des lacunes objectives qui sont les siennes.  
En vérité, et précisément aujourd’hui, le flot des révélations sur les affaires de corruption rapportées par la presse, presque quotidiennement, ne renseignent-elles pas sur le rapport qui peut exister entre la nouvelle orientation de la politique économique du pays, contenue dans la loi de finances complémentaire de 2009, et ses effets “boule de neige” qui tirent nécessairement vers le haut toutes les forces patriotiques, dans une dynamique de synergie des secteurs public  et privé, animées par le seul intérêt national dans un contexte où la mondialisation impose aux plus fragiles les règles de l’économie et du commerce ? les remous provoqués par cette loi au sein des groupes de pression de l’intérieur qui agissent dans l’import-import, ainsi que les réactions de certains partenaires étrangers, qui s’assimilent, en fait, à une atteinte à notre souveraineté, sont une illustration parfaite des luttes d’intérêts qui agitent la scène politique et économique nationale.
À l’évidence, nous sommes en présence d’une volonté politique de lutte contre la corruption qui s’affirme contre des “résistances internes” et les convoitises de forces extérieures. Le tout est de le dire ou de savoir le dire aux algériens.

 

Mode de gestion - Une organisation entre officielle et parallèle

 

Jusqu’ici, les affaires mettant en jeu Sonatrach, et qui ont défrayé la chronique, ne sortent pas de la règle générale de cette catégorie d’entités, à savoir les grandes compagnies internationales touchées, elles aussi, par de gros scandales.

 

Sonatrach représente toute la rente pétrolière de la nation et les clans qui se sont succédé au pouvoir s’y sont également sédimentés ou surajoutés, au fil des années, par la force des choses, et sans exception aucune : le savant équilibre politique en dépend. Un récent colloque sur la prédation et la corruption, organisé par la publication Naqd, établit le souci de chaque clan de disposer de représentants dans chaque source de rente ou de prédation comme le favorise l’organisation administrative verticale scrupuleusement maintenue en ministères chargés d’un secteur défini. On ne voit pas pourquoi cette verticalité ne se retrouverait pas au niveau des entreprises publiques, a fortiori Sonatrach, la plus riche d’entre toutes qui, précisément, a distribué 1 600 marchés publics ces dix dernières années ; ce qui a nécessité un bulletin des appels d’offres spécialisé au seul secteur de l’énergie, ou plutôt à Sonatrach et à Sonelgaz, “Bulletin des appels d’offres du secteur de l’énergie et des mines” (Baosem), une filiale des groupes Sonatrach et Sonelgaz, support de diffusion exclusif des offres d’affaires émises par le secteur de l’énergie et des mines. Sinon, pour tout le reste des marchés publics, il y a le “Bulletin officiel des marchés de l'opérateur public” (Bomop). À l’époque de sa création, le 29 juillet 2001, le Baosem devait théoriquement consacrer l’émergence de nouvelles procédures de passation de marchés s’appliquant à l’ensemble des entreprises organisées autour des groupes énergétiques Sonatrach et Sonelgaz et plus généralement à toutes les entreprises et institutions placées sous la tutelle du ministère de l’Énergie et des Mines. À certaines époques, le Baosem publiait jusqu’à 300 avis d’appels d’offres par semaine.
Sonatrach, au centre de 98% des recettes en devises de la nation, fonctionne sous le régime d’exception. Comme le budget de l’état, elle ne relève d’aucun contrôle, parlementaire ou législatif. Ni même financier, a posteriori, et encore moins a priori, elle ne relève pas de la cour des comptes, et une législation permissive lui a permis de multiplier la conclusion de marchés sur le mode de gré à gré, tant décrié, mais maintenu quand même par le silence des autorités et des interdits très laxistes, étant d’ailleurs bien démontré qu’un scrupuleux respect du code des marchés publics, qui se limite à verrouiller inutilement le mode de passation des contrats et marchés, n’empêche nullement, par la suite, les malversations pendant l’exécution ou la réalisation des contrats jusqu’à leur ultime achèvement.  Malgré la procédure de la consultation pour le gré à gré, hâtivement mis en place pour corriger les défauts de ce dernier, les choses n’ont pas changé, d’autant que les impératifs de promptitude nécessaires au fonctionnement rapide de la véritable pompe à finances qu’est devenue Sonatrach étaient, eux aussi, entrées dans les mœurs, ouvrant la porte à tous les abus. Il y a beaucoup d’argent à gagner avec les avenants, les réévaluations ou plus prosaïquement la signature monnayée des pv de livraison et de réception des prestations, réalisations ou marchandises.
Sur le fond, concernant Sonatrach stricto sensu, actuellement, l’heure est à l’épluchage de ses comptes et contrats, et bien malin serait celui qui pourrait démêler l’écheveau. On ne sait plus, en outre, ce qu’est devenu le fameux objectif de “maîtrise des coûts de production” tant agité au début des années 2000, à l’époque du resserrement de la rente disponible, déduction faite des montants nécessaires à la satisfaction des besoins liés au consensus social
devenu vital et du poids de la dette.

 

Mourad Preure, expert pétrolier international, Directeur MP Strategy Consulting - “Il y a un problème de gouvernance à Sonatrach”

 

“Je le répète, la crise que vit Sonatrach doit être relativisée. D’autres compagnies, bien plus importantes, ont connu des scandales bien plus graves sans être dangereusement exposées autant que l’a été notre compagnie nationale. Je pense que notre presse doit faire preuve de mesure dans le traitement de cette délicate affaire qu’il nous faut traiter avec sérénité et sang-froid, tout en prenant en compte la dignité des cadres concernés (et qui sont toujours présumés innocents) et de leur famille. Il y a un problème de gouvernance incontestablement, mais il ne concerne pas que Sonatrach. 
L’État lui-même doit se moderniser pour jouer efficacement son rôle. Je pense que les questions touchant à l’énergie doivent, d’une manière ou d’une autre, impliquer toutes les composantes de la nation. Les gestionnaires du secteur ont une obligation de communication, de la même manière un effort pédagogique doit être fait en direction de toutes les institutions, de la presse aussi, pour les amener à jouer leur rôle avec le maximum de compétence et d’efficacité. Il ne faut pas oublier aussi que la force de Sonatrach repose d’abord, et avant tout, sur les femmes et les hommes qui dans les gisements, les unités industrielles et toutes les structures font leur travail avec compétence, dignement.
La force de Sonatrach, c’est aussi tout ce capital symbolique d’essence novembriste, un patriotisme qui a rendu possible le challenge du 24 Février et qui rend possibles d’autres challenges, j’en suis sûr. J’ai encore en mémoire avec quelle compétence et esprit de sacrifice des techniciens, ingénieurs et cadres de Hassi-R’mel ont maîtrisé l’incendie du puits HR 64, une véritable première mondiale, épargnant de grosses pertes à notre pays, et qui ont suscité l’admiration du métier. Voilà la force de Sonatrach, il faut l’encourager, le reste est assez secondaire.
Bien entendu, il faut que Sonatrach engage un véritable processus de modernisation pour mettre à niveau son organisation et son management aux standards de la profession. C’est une question, en effet, pressante et je crois que l’on doit s’y atteler pour ouvrir de réelles perspectives stratégiques à ce joyau national.”

Source Liberté Khaled R. / Saïd Smati / A. Hamma / D.Zidane

Le Pèlerin

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