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Algérie – Le point sur les
retraites
Retraité algériens
Algérie - Retraite : Abrogation programmée- La retraite
sans condition d'âge n'est pas un acquis social !
Lors de la 13e session tripartite entre le gouvernement, l'UGTA et le patronat qui s'était tenue les 2 et 3 décembre 2009, la décision de suppression de la retraite
proportionnelle et sans condition d'âge avait été prise. Ce qui n'était que justice, car ce type de retraite était profondément injuste, inégalitaire et ruineux pour les finances de la CNR. Cette
décision aurait dû être prise depuis plusieurs années déjà. 13 ans, barakat !
Pour rappel, ce dispositif avait été mis en place en 1997 — sous la pression du FMI et de la Banque mondiale dans le cadre du désastreux programme d'ajustement structurel —, puisque, depuis, le
travailleur salarié pouvait, à sa demande exclusive, prendre sa retraite sans condition d’âge s’il réunissait 32 ans de services effectifs et de cotisations, ou une retraite dite proportionnelle
sous réserve de réunir la double condition de l'âge de 50 ans et de 20 ans d’activité. Ces deux conditions étaient réduites chacune de 5 ans pour la femme travailleuse qui pouvait ainsi demander
une pension proportionnelle dès lors qu’elle avait atteint l’âge de 45 ans et réunissait 15 ans d’activité. Maintenir ce dispositif, c'était se tirer une balle dans le pied ou scier la branche
sur lequel repose le système de retraite. Les conditions et le contexte dans lesquels avait été prise cette décision — unilatéralement par le gouvernement en 1997, sans aucune résistance sociale
et à la seule charge de la CNR — avaient facilité son application. Cette décision scandaleuse, qui avait aussi un caractère démagogique et populiste, avait favorisé l'individualisme et mis à mal
le principe de «solidarité intergénérationnelle » et l'âge légal de 60 ans qui sont les socles du système de retraite par répartition. Et dire que certaines voix ici et là ont osé en parler en
terme d'acquis social !
Le gouvernement doit respecter le calendrier fixé
Nous rappelons ci-dessous le contenu de la décision de la Tripartite à ce sujet. Extrait du communiqué officiel de la Tripartite : «Le gouvernement a rappelé que l'ordonnance du 31 mai 1997
instituant le départ à la retraite sans condition d'âge a été adoptée, alors que le pays était confronté aux conséquences du programme d'ajustement structurel et a atténué les conséquences des
fermetures d'entreprises et compressions d'effectifs. Au total, de 1997 à ce jour, ce dispositif a bénéficié à près de 400 000 travailleurs pour un coût de plus de 360 milliards de dinars. La
crise économique ayant été dépassée depuis le début de cette décennie, le gouvernement, qui œuvre à préserver et à consolider le dispositif national de retraite, considère que le moment est venu
de mettre un terme au départ à la retraite sans condition d'âge. Il a également rappelé que les groupes de travail issus des réunions tripartites et bipartites de 2002 et 2003 avaient consigné
l'adhésion des partenaires économiques et sociaux à cette démarche. Il a, enfin, relevé que cette démarche est soutenue par la Fédération nationale des retraités. De leur côté, l'UGTA et les
organisations patronales ont, à l'unanimité, confirmé leur accord pour qu'il soit mis fin au dispositif de départ à la retraite sans condition d'âge, institué par l'ordonnance du 31 mai 1997.
Elles ont aussi souligné que le maintien actuel de ce dispositif entraîne des conséquences dommageables à l'outil de production qui enregistre chaque année d'importantes déperditions au niveau de
ses ressources humaines les plus qualifiées. Partant, la tripartite a décidé la mise sur pied d'un groupe de travail qui sera présidé par le représentant du ministère chargé de la Sécurité
sociale et auquel prendront part un représentant de l'UGTA et de chacune des organisations patronales. Ce groupe aura pour mission de préparer un projet de texte devant mettre un terme au
dispositif de retraite sans condition d'âge. Le résultat sera présenté au sommet de la Tripartite qui se tiendra à la fin du premier trimestre de l'année prochaine puis engagé, par le
gouvernement, sous forme d'un avant-projet de loi.» Fin de citation.
Une nouvelle tripartite la fin mars
A l'issue de cette même réunion au sommet entre le gouvernement, l'UGTA et le Patronat, il avait été clairement annoncé que le groupe de travail sur l'abrogation de la retraite sans condition
d'âge, installé le 29 décembre 2009 par le ministre en charge de la Sécurité sociale, devait remettre sa copie la fin février, et qu'une nouvelle tripartite consacrée notamment à cette question
devait se tenir la fin du mois de mars 2010. Est-ce que cette date sera respectée ? Il y va de la crédibilité des pouvoirs publics. Décidé unilatéralement par le gouvernement en 1997, ce type de
retraite est injustement à la seule charge de la CNR. Il était temps de le supprimer. Les comptes de la CNR en 2009 sont au rouge : le déficit — les dépenses seront largement supérieures aux
recettes — serait de 15 milliards de dinars. Faut-il encore fermer les yeux sur ceux qui prennent leur retraite et sont maintenus à leur poste — cumulant salaire et pension de retraite, ou qui
reprennent un autre emploi salarié ailleurs ? Et ce, au détriment de ceux qui sont au chômage, et parmi eux de nombreux diplômés d'université. Entre ceux, une minorité, qui cumulent une pension
de retraite et un nouveau salaire, et ceux qui n'ont aucun revenu, le choix est clair : la justice sociale doit primer. Vive l'abrogation de la retraite sans condition d'âge ! Et le plus tôt sera
le mieux.
Louh continuera-t-il à ignorer
les retraités ?
Chaque année à l'approche
du mois de mai, les retraités prennent leur mal en patience, cette date fatidique qui tient en haleine des milliers de retraités, à cause du suspense exercé par le ministère de tutelle. La
revalorisation annuelle des pensions des retraités se fait le 1er mai de chaque année (date coïncidant avec la Fête des travailleurs) : une entorse morale pour cette catégorie qui a servi pendant
des années différents secteurs dont certains font la fierté de ce pays.
Beaucoup vivent au seuil de la pauvreté, alors que les dernières mesures de réajustement de salaires ont exclu d'une façon injuste les retraités. Cette catégorie se rappelle toujours les
décisions du conseil d'administration (censé être organe suprême de gestion de la CNR) qui a décidé une augmentation relative allant jusqu'à 9%. Malheureusement, M. le ministre en a décidé
autrement. Le taux retenu est de 5% ; pis encore, cette revalorisation de la honte indexée sur la pension de départ (parfois vieille de 10 ans) n'est servie que 5 mois plus tard. Une autre
injustice, de taille celle-là : l'impôt que sont en train de verser les retraités et qui est plafonné à 20 000 DA. La catégorie qui perçoit un montant légèrement supérieur se voit pénalisée et
percevra une pension inférieure à 20 000 DA. Beaucoup de lecteurs ont démontré cette bourde par des cas concrets, mais les responsables, aussi bien le ministre du Travail que celui des Finances
sont restés insensibles. Certes, les retraités sont désarmés et n'ont aucune arme de pression pour organiser des grèves (ils le sont déjà). Lors de la dernière tripartite, tous les secteurs ont
été fortement défendus par Sidi-Saïd, craignant des mouvements de protestation et de désertion des rangs. La Fédération des retraités est restée muette à se sujet. Nous sommes à la veille de la
tenue du conseil d'administration de la CNR. Louh jouera-t-il les prolongations ? Dans un ultime appel, les retraités se tournent vers le président de la République pour une attention
particulière à l'endroit de cette frange de la société.
Source Le Soir d’Algérie Djilali Hadjadj / Moussa
Chtatha
Le Pèlerin
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