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Histoire du catharisme et de la croisade contre les Albigeois (1/3)
 

Née en Bulgarie, la doctrine cathare se répandit en Occident au XIe siècle. Elle atteignit sa plus grande diffusion, au XIIe siècle, dans le haut Languedoc et dans le pays de Foix où régnait une tolérance d'esprit propre au Midi mais aussi et surtout où le pouvoir religieux était particulièrement faible et où le pouvoir politique n'était pas disposé à s'opposer à l'hérésie. Malgré des condamnations répétées, une « Église » cathare se constitua là. Au début du XIIIe siècle, il existait des communautés cathares à Mirepoix, Lavelanet, Foix, Tarascon, à Saverdun et Durfort, à Dun où s'était retirée la comtesse Phi-lippa, femme de Raimond Roger de Foix qui venait régulièrement la voir.

Devant le peu d'effet des injonctions de l'Église, après la prédication impuissante de saint Dominique et surtout après le meurtre de son légat par un écuyer du comte de Toulouse, le pape Innocent III décréta la croisade contre le Languedoc hérétique. Les barons français répondirent en force à son appel et s'avancèrent sur Béziers et sur Carcassonne qu'ils prirent dans l'été 1209. A l'automne, l'abbé de Pamiers proposa à Simon de Montfort, leur chef désigné, de le substituer dans le paréage de sa ville au comte de Foix, son ennemi séculaire. Montfort accepta, prit Mirepoix, entra dans Pamiers puis dans Saverdun. En quelques jours, Raimond Roger avait été dépossédé de toutes les villes du nord de sa terre. Il se soumit mais pas pour longtemps... De 1210 à 1219, son fils Roger Bernard et lui furent de fait l'âme de la résistance languedocienne. Toujours auprès de Raimond VI de Toulouse et du futur Raimond VII, ils furent de tous les combats et de toutes les reconquêtes. Cela valut à leurs domaines plusieurs invasions, en 1210, 1211, 1212, 1213... Foix fut plusieurs fois attaquée, les faubourgs ravagés mais le château jamais atteint ; Saverdun fut reprise en 1211 mais en 1216, le comte dut abandonner le château de Mont grenier, au sud de Foix. Plus grave, il perdit l'ensemble de la terre de Mirepoix et le pays d'Olmes conquis de 1209 à 1212 par Guy de Lévis.

La mort de Montfort en 1218 entraîna une véritable reconquête et, en 1223, Roger Bernard de Foix avait retrouvé Pamiers, Mirepoix et le pays d'Olmes. C'est le roi Louis VIII lui-même qui prit en 1226 la tête d'une seconde expédition. Raimond VII retrouvait à ses côtés le comte de Foix et les seigneurs languedociens dépossédés de leurs terres, les « fai-dits », mais devant le harcèlement des troupes royales et la lassitude du pays, il finit par se soumettre en 1229. Par le traité de Meaux, il acceptait le mariage de sa fille unique avec Alphonse de Poitiers, frère du jeune Louis IX, et donc l'annexion à terme de son comté. Roger Bernard de Foix l'imita quelques semaines plus tard en l'église de Saint-Jean-de-Verges et dut accepter la perte définitive de la terre de Mirepoix et du pays d'Olmes désormais intégrés au Langue­doc royal.

La doctrine cathare

Le dogme cathare reconnaissait deux principes : celui du Bien (Dieu éternel) et celui du Mal dont procédait le monde matériel et transitoire. Les âmes étaient des parties de l'être céleste et certaines, attirées par le principe de la matière étaient « tombées » dans le monde sensible où elles avaient été dotées par le principe du Mal d'une enveloppe charnelle, le corps. A la mort de ce corps et en attendant de retrouver leur esprit resté au ciel, elles devaient passer dans d'autres corps d'hommes ou d'animaux. La réunion de l'esprit et de l'âme s'opérait grâce au baptême par imposition des mains. A la fin des temps, toutes les âmes retourneraient à Dieu et tout ce qui est matériel au néant.

N'étaient « cathares » que ceux qui avaient reçu ce baptême, « le consolament » : cela pouvait ne se faire qu'à l'article de la mort mais ceux qui l'avaient reçu bien portants devenaient «parfaits » et devaient alors respecter les contraintes de chasteté (pour ne pas créer de nouveaux corps), d'abstinence de viande (tout animal à sang chaud pouvant abriter une âme en migration), de prohibition du serment, du mensonge, de l'homicide, de la guerre et de la participation à l'exercice de la justice.

Les autres adeptes, simples « croyants » devaient pratiquer le « melhorament » (sorte d'« adoration ») devant les parfaits, partager avec eux le pain bénit et s'efforcer de suivre au mieux la morale cathare mais il n'y avait pas vraiment pour eux de péché grave puisque le mal était encore en eux qui n'étaient pas « Bons chrétiens ».
A suivre

Source Ariège

Le Pèlerin

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