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Histoire du catharisme et de la croisade contre les Albigeois (2/3)
Château de Quéribus

Raimond VII reprit les armes en 1242. Roger IV de Foix était à ses côtés mais il se rallia au roi quelques mois plus tard, défection qui ne fut pas étrangère à la soumission du comte toulousain à Lorris en janvier 1243. C'en était fini de la lutte des seigneurs méridionaux. Quelques points de résistance subsistaient pourtant, dont le château de Montségur. C'est de là que partit en mai 1242 la troupe qui alla massacrer les inquisiteurs d'Avignonet. Décidée à en finir avec ce foyer rebelle, l'armée royale débuta en mars 1243 un long siège qui ne s'acheva qu'en mars 1244, sur une probable trahison, et se conclut tragiquement pat l'immense bûcher sur lequel périrent plus de 200 hommes et femmes qui ne voulurent pas renier leur foi. La chute de Montségur est devenue un symbole pour l'histoire méridionale, mais en fait le sort du Languedoc était réglé depuis 1242 et même 1229 et quand Raimond VII mourut, en 1249, Alphonse de Poitiers et Jeanne de Toulouse prirent possession du Toulousain, qui passa dans le domaine royal à leur mort à eux, en 1270.
Le Couserans ne connut pas le catharisme et fut très peu touché par la croisade. Le pays de Foix en revanche fut toujours au premier plan. La petite noblesse y fut très largement cathare et les seigneurs catholiques eux-mêmes suivirent le comte dans tous ses combats. La vallée de l'Ariège jusqu'à Foix fut à plusieurs reprises envahie : Pamiers échappa à son comte de 1209 à 1223 et de 1226 à 1229. Pays d'Olmes et de Mirepoix furent, eux, définitivement perdus.
Malgré cela, le comté survécut et devint même le lieu refuge privilégié. Parfaits et faidits étaient accueillis dans les château de Miramont (Rabat), Château-Verdun ou Usson dont les seigneurs leur servaient parfois d'escorte et le haut lieu fut bien sûr le château de Montségur, dès les débuts mais surtout à partir de 1232 quand l'Église cathare y plaça « son siège et sa tête ». De toutes façons, il n'y eut jamais cassure dans la population ; catholiques et hérétiques étaient voisins et parents et cela est même valable pour le clergé local qui, à l'exception de l'abbé de Pamiers, ne prit jamais le parti de l'Église de la croisade contre ses compatriotes.
L'Eglise du XIIIe siècle

C'est de Rome que vinrent les réponses à la crise cathare. La première fut la répression et après la croisade vint l'Inquisition. Le tribunal s'installa à Toulouse en 1234 puis eut une activité itinérante. Il siégea à Foix en 1241, à Montségur après le siège, en 1244, à Pamiers en 1246-1247 et 1251, à Varilhes vers 1272 mais dans l'intervalle des habitants du pays de Foix étaient jugés à Carcassonne, Narbonne ou Toulouse... Les comtes eux-mêmes furent plusieurs fois inquiétés. Malgré ces campagnes, le comté restait au début du XIVe siècle le plus sûr refuge hérétique et c'est là que se déroulèrent les dernières grandes enquêtes. Devant Geoffroy d'Ablis, inquisiteur de Carcassonne, en 1308-1309, puis Jacques Fournier, évêque de Pamiers, de 1318 à 1325, nobles et paysans de haute Ariège. bergers et artisans, prêtres et hommes de loi, juifs et lépreux. de Pamiers, déposèrent longuement, nous livrant un extraordinaire tableau des croyances et des comportements, des gestes du travail et de la vie quotidienne, d'où il ressort une évidente cohabitation des deux croyances dans les mêmes lieux, les mêmes milieux, chez les mêmes gens... La dernière mention d'une poursuite inquisitoriale se situe aux Allemans, en 1335.

Mais il y eut aussi réforme de l'Eglise catholique. De nouveaux ordres religieux, les ordres mendiants (dont les Franciscains et les Dominicains) et rédempteurs, vinrent oppo­ser à l'exemple des parfaits une vie de pauvreté et d'idéal évangélique : à la fin du xme siècle et au début du XIVe tous étaient implantés en terre ariégeoise, à Pamiers, Mirepoix, Saverdun ou Saint-Girons. Puis on modifia les cadres épisco-paux en fractionnant les immenses diocèses de Toulouse et de Narbonne. En 1295, fut créé le diocèse de Pamiers au bénéfice de Bernard Saisset, abbé du lieu, qui allait faire parler de lui en provoquant le grand conflit entre Philippe le Bel et le pape Boniface VIII qui le soutint alors qu'il était accusé de lèse-majesté ; était ainsi confirmé le rôle de Pamiers ville d'Église face an comté de Foix rebelle et hérétique. En 1317-1318, Jean XXII créa 16 autres évëchës dont ceux de Mirepoix, Alet et Rieux qui tous trois eurent dans leurs limites des paroisses aujourd'hui ariégeoises.

A suivre

Source Ariège

Le Pèlerin

Pour les abbayes, le XIIIe siècle fut une période noire. L'insécurité compromettant la gestion domaniale, la confiscation d'une partie du patrimoine à cause de l'hérésie de certains tenanciers, un regain de violences de la part de seigneurs à l'anticléricalisme exacerbé par la croisade créèrent des situations souvent difficiles. L'acharnement à défendre le moindre droit, quitte à empiéter sur ceux des voisins, conduisit alors à de graves crises internes comme à Lézat et à de véritables guerres entre abbayes comme entre Boulbonne et Pamiers.
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