Egypte – Algérie – Ce soir 18h30 - Les joueurs algériens
après l’agression des « supporters égyptiens » - Nous sommes déterminés
Ce soir, on connaîtra laquelle des deux sélections ira en
Coupe du monde 2010 l’été prochain en Afrique du Sud. Le « match » a débuté jeudi soir avec les graves incidents survenus à proximité de l’hôtel où loge notre sélection. Les joueurs
algériens étaient sous le choc au moment de prendre leurs quartiers. Rapidement, les responsables de la Fédération et les représentants de l’Etat algérien présents au Caire, Mourad Medelci
(ministre des Affaires étrangères), Hachemi Djiar (ministre de la Jeunesse et des Sports) et Abdelkader Hadjar (ambassadeur d’Algérie en Egypte) ont tout fait pour rassurer les joueurs et éviter
ainsi qu’ils cèdent à la peur et à la panique, objectifs recherchés par les Egyptiens qui ont caillassé le bus transportant les joueurs.
Le Caire. De notre envoyé
spécial
Au même moment, les Pharaons
recevaient la visite de leur président, Hosni Moubarak, venu prêcher la bonne parole et les soutenir à quelques heures de l’important rendez-vous de samedi. Sur l’aspect technique de la
rencontre, rien n’a filtré des deux côtés. Hassan Shehata et Rabah Saâdane ont décrété le black-out total. Les journalistes ont été tenus éloignés des joueurs et leur présence à l’entraînement
interdite, obligeant les confrères à s’échanger des bribes d’informations récoltées ici et là. L’incident de jeudi soir a ouvert une petite brèche dans laquelle se sont engouffrés les confrères
pour glaner quelques rares informations. Le sélectionneur algérien est arrivé au Caire avec des certitudes et des satisfactions, à savoir le rétablissement et la récupération des joueurs arrivés
blessés du stage en Italie, à savoir Madjid Bougherra, Antar Yahia et Karim Ziani. Ce trio avait donné beaucoup d’inquiétude au staff technique qui n’était pas sûr de disposer de leurs services
pour ce match capital. Comme l’avait prévu la fédération, ils se sont rétablis à temps et seront donc de la partie. Ce n’est, malheureusement, pas le cas de Hassan Yebda qui a déclaré forfait.
Pourtant, sa blessure semblait la plus bénigne par rapport à celles des autres. Ce contretemps ne semble pas trop perturber les plans de Rabah Saâdane qui disposera du onze de départ qu’il
souhaitait. La seule incertitude qui subsiste concerne le choix a opérer pour la composition de l’équipe. Alignera-t-il un seul joueur en attaque ou au contraire maintiendra-t-il le même
dispositif que lors des dernières sorties ? C’est cette équation que le patron des Verts devra régler avant le coup d’envoi que donnera le Sud-Africain Jérôme Damon. Qui sera aligné en
attaque, Ghezzal, la paire Ghezzal-Saïfi ou Djebour avec l’un des deux joueurs cités ? Pour le reste, l’équipe sera composée des habituels titulaires, Gaouaoui, Bougherra, Halliche et
Belhadj (défense), Matmour, Ziani, Mansouri et Lemouchia.
Côté égyptien, c’est à peu près les mêmes soucis qui ont agité le sommeil de Hassan Shehata lors des derniers jours. L’absence de sa tour de défense Waal Ghomaa (suspendu) l’a
beaucoup contrarié dans la mesure où le défenseur du Ahly est l’âme de cette équipe, surtout en défense. Pour le remplacer, Hassan Shehata a tenu compte, d’abord, des caractéristiques et qualités
des attaquants algériens. Il a choisi de faire jouer Saka à la place du joueur suspendu. Saka est un joueur d’expérience qui joue en Turquie et qui a un gabarit à même de contrecarrer les
attaquants algériens. Il sera associé en défense à Hani Saïd, Oka et Ahmed Fethi. Les observateurs locaux ont noté l’inquiétude de Hassan Shehata concernant ce secteur névralgique. Il lui a
consacré plusieurs séances d’entraînement spécifiques. Les 3 gardiens et les 10 défenseurs retenus pour ce match ont effectué des séances pour harmoniser leur jeu. A l’instar de son homologue
algérien, le coach égyptien n’a pas encore tranché la question de l’attaque. Alignera-t-il une pointe (Amr Zaki) ou deux (Amr Zaki-Imad Motaab). Mohamed Zidan devrait rentrer en cours de match.
Si Abd Rabo (blessé) n’est pas aligné, Hassan Shehata aura le choix entre Mohamed Shawki et Mohamed Homas. Comme toujours, c’est le capitaine Ahmed Hassan et Mohamed Aboutrika qui animeront le
jeu égyptien. Entre l’Egypte habitée par le doute et l’Algérie qui abordera le match pour le gagner, les débats s’annoncent chauds. Les Verts, plus que jamais décidés à aller en Coupe du monde,
puiseront dans l’adversité qu’ils rencontrent depuis l’instant où ils ont posé pied en Egypte, pour offrir à l’Algérie le cadeau rêvé.
Agression de l’équipe nationale - Un délégué de la FIFA
raconte
Membre de la délégation de la
Fédération internationale (Fifa) présente au Caire, Walter Gagg raconte à l’AFP avoir vu "des bris de verre et des taches de sang" sur le plancher du bus de l’équipe d’Algérie, attaquée jeudi par
jets de pierres entre l’aéroport et son hôtel.
M. Gagg n’a pas assisté au caillassage du bus deux jours avant le match décisif entre l’Egypte et l’Algérie pour la qualification au Mondial-2010, mais a immédiatement
recueilli les éléments factuels pour rédiger le rapport de la Fifa sur l’incident.
"Nous étions à l’aéroport, et nous l’avons quitté quand l’équipe
d’Algérie est montée dans son bus, commence M. Gagg. L’hôtel se trouve à 400-500 mètres à vol d’oiseau. Nous n’avons pas pu voir ce qui s’est passé derrière
nous."
"Le président de la Fédération
algérienne nous a appelés pour nous dire qu’il se passait quelque chose et qu’il y avait des joueurs blessés, poursuit-il. A l’hôtel, nous avons constaté que le bus devant l’hôtel était dans un
très mauvais état, avec toutes les vitres cassées et sur le plancher des bris de verre et des taches de sang."
"Nous sommes montés au 4e étage pour voir la délégation algérienne,
continue le représentant de la Fifa. Nous avons constaté que trois joueurs avaient été blessés : Kaled Lemmouchia au cuir chevelu, Rafik Halliche au-dessus de l’oeil, à l’arcade sourcilière,
et Rafik Saïfi au bras. L’entraîneur des gardiens a été commotionné."
"Ils ont été soignés par le médecin de l’équipe nationale. On ne peut
pas parler de blessés superficiels. Avec les points du suture, il faut voir si ces joueurs peuvent jouer de la tête. Le médecin doit encore se prononcer",
précise-t-il.
Après l’incident, la
délégation de la Fifa enchaîne les réunions avec des responsables de la Fédération égyptienne et de la délégation algérienne. Même les deux présidents de la République, l’Egyptien Hosni Moubarak
et l’Algérien Abdelaziz Bouteflika, s’entretiennent au téléphone, selon M. Gagg.
Hassan Sakr, le président du Conseil national du sport égyptien
(équivalent de ministre des Sports), arrive à l’hôtel et la discussion "dure jusqu’à minuit" avec les représentants Fifa, qui retournent ensuite auprès des joueurs algériens. "On voulait que la
délégation algérienne ne quitte pas Le Caire, pour que le match puisse se tenir, explique Walter Gagg. Nous les avons quittés à deux heures du matin, puis avons envoyé notre rapport" à la
Fifa.
"La Fédération algérienne nous a
demandé qu’à chaque déplacement de son équipe, il y ait une délégation de la Fifa, ce que nous lui avons accordée, a ajouté M. Gagg. Les joueurs ont eu peur, ils étaient terrorisés." Le
représentant déplore que "deux pays frères, partageant une culture, une langue, une religion" connaissent ce genre d’incidents. Présent au match aller à Blida le 7 juin, il se souvient qu’il y
avait eu "des feux d’artifice avant, pendant et après le match, mais pas de problèmes, ça s’était bien passé".
Agression de l’équipe nationale - Les élucubrations de la presse
égyptienne
Au lieu de calmer les esprits,
la presse égyptienne continue de mettre de l’huile sur le feu.
Elle accuse carrément les joueurs algériens d’être « auto
blesser », en brisant les vitres du bus qui les transportaient. Au sein de la presse égyptienne, le ridicule ne tue pas et on continue à semer la haine et la
violence.
Selon l’AFP de nombreux
journaux égyptiens ont accusé vendredi l’équipe nationale de football d’Algérie d’avoir mis en scène l’attaque contre son bus au Caire, qualifiant l’affaire d’"incident étrange" et "monté de
toutes pièces".
Jeudi, des sources
policières égyptiennes avaient indiqué que le bus des joueurs algériens avait été attaqué à coups de pierres peu après leur arrivée dans la capitale égyptienne, où ils doivent participer samedi à
un match crucial pour la qualification au Mondial 2010 en Afrique du sud.
"Le bus transportant les joueurs de l’équipe (d’Algérie) de l’aéroport
à l’hôtel a été confronté un incident étrange, lorsque certains joueurs ont commencé à détruire les vitres du véhicule en prétendant avoir été la cible de jets de pierres", affirme le très
officiel quotidien Al-Ahram.
Le quotidien
indépendant Al-Chourouq, lui, parle d’une "crise montée de toutes pièces". Citant "une source de sécurité de haut niveau", le journal affirme que les vitres ont été brisées "de l’intérieur et non
de l’extérieur du bus comme l’ont prétendu les membres de l’équipe d’Algérie", qualifiant l’affaire de "tentative des joueurs algériens de monter un problème de toutes pièces afin de servir leur
position au cas où ils perdraient", rapporte l’AFP.
Le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom, qui dénonce en une une "comédie" algérienne, ne dément pas que des "gamins" aient jeté des pierres sur le bus, mais affirme que les
Fennecs "ont rapidement profité de l’occasion, certains prétendant être terrifiés et blessés, et ont détruit les vitres de l’autobus et les sièges dans une ambiance d’extrême agitation". Citant
le conducteur du véhicule, le quotidien pro-gouvernemental Al-Gomhouriya affirme même que les joueurs ont agressé leur chauffeur, ajoute l’AFP
Source El Watan - Yazid Ouahib / A.F.P.
Le Pèlerin
Derniers Commentaires