Des Précurseurs aux Pyrénéistes
Le Vignemale
Le Pic du Midi de Bigorre
« Une muraille ! Elle est prodigieuse, elle a Dix mille pieds de haut et de largeur dix lieues Ce haut
boulevard monte, altier, froid, surprenant, Et d'une mer à l'autre, il barre un continent »
s'écrie Victor Hugo contemplant, en 1843, les Pyrénées depuis
Gavarnie.
Réputées infranchissables, les Pyrénées sont allègrement
traversées dès l’an 218 avant Jésus-Christ par Hannibal qui s'en va envahir l'Empire romain, inaugurant avec ses 50 000 hommes et ses 9 000 cavaliers montés sur éléphants la longue liste des
envahisseurs : envahisseurs romains avec Pompée, en 72 avant notre ère, qui, après avoir passé le col du Somport, installe ses légions dans les plaines de la Garonne ; envahisseurs arabes
enfin en 732.
Au Moyen Âge, ce sont des milliers de pèlerins qui, pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle, empruntent pendant des siècles les rares voies praticables qui traversent la chaîne. Remontant les vallées, ils franchissent les cols, en particulier ceux situés à l'ouest de la chaîne, les ports d'Aragnouet, du Pourtalet, du Somport et de Roncevaux. Mais si envahisseurs et croyants choisissent pour passer la montagne les passages présentant le moins de difficultés, il en est d'autres qui, attirés par les sommets lointains et mystérieux, se lancent résolument à l'assaut de leurs cimes.
Vaincre les cimes : Une attirance romantique
Il faut attendre le XVIIIème siècle finissant et son ambiance préromantique pour que les sentiments susceptibles d'inciter les hommes à gravir les pics s'expriment enfin : « Quiconque n'a point pratiqué la montagne du premier ordre - les pics de 3 000 m et plus - se donnera difficilement une juste idée de ce qui dédommage des fatigues que l'on éprouve et des dangers que l'on y court. Il se figurera encore moins que ces fatigues mêmes n'y sont pas sans plaisirs et que des dangers ont des charmes, et il ne pourra s'expliquer l'attrait qui y ramène sans cesse celui qui les connaît, s'il ne se rappelle que l'homme, par sa nature, aime à vaincre les obstacles, que son caractère le porte à chercher des périls, et surtout des aventures, que c'est une propriété des montagnes de contenir dans le moindre temps les aspects de régions diverses, d'alimenter avec profusion cette avidité de sentir et de connaître, passion primitive et inextinguible de l'homme. »
Les Précurseurs
Quelques téméraires ont tenté bien avant le XVIIIème siècle d'atteindre les sommets pyrénéens. C'est d'abord, au Vème siècle, un certain Valier, évêque du Couserans, qui va placer une croix au sommet d'un mont qu'il croit être le plus élevé de la chaîne : c'est le Mont-Valier qui ressemble à un chapeau de gendarme et n'atteint que 2 838 m. En 1552, François de Candale tente l'escalade du pic du Midi d'Ossau. Il échoue mais peut effectuer quelques mesures. En 1591, Cayet n'est pas plus heureux. Ce pic de 2 884 m ne sera atteint qu'en 1797 par Guillaume Delfau. Mais au prix d'une grande frayeur si l'on en juge par le message qu'il adresse à un ami : « Je vous écris d'un endroit d'où il n'est pas certain que je revienne ; je donnerais en ce moment tout l'or du monde pour n'y être pas venu ; mais j'y suis... »
à suivre
Source
autrefois Les Pyrénées
Le Pèlerin
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