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Plus de 80% des réserves de change sont placés à l’étranger.
reserves de change en dollars
 
La quasi-totalité de ces placements, répartis entre les Etats-Unis et l’Europe, sont effectués en portefeuille de titres souverains (valeurs d’Etat). Ce qui, par les temps qui courent, n’est pas sans risques.
Dans une dépêche en date du 1er juillet 2012, l’agence de presse officielle citant le rapport de la Banque d’Algérie, note, je cite: «Les placements des réserves de change à l’étranger ont rapporté à l’Algérie 4,45 milliards de dollars en 2011. Ces réserves, estimées à 182,22 milliards de dollars (MDS USD) à fin décembre 2011. La quasi-totalité de ces placements, répartis entre les Etats-Unis et l’Europe, sont effectués en portefeuille de titres souverains (valeurs d’Etat). Ces titres sont soumis à un taux d’intérêt moyen fixe de 3%. Par ailleurs, précise le rapport, les dépenses de l’Etat (équipement et fonctionnement) se basent sur un cours du baril supérieur à 110 dollars Quelles leçons tirer de ces données ? Les réserves internationales d’un pays sont, généralement, l’ensemble des disponibilités composant le portefeuille des actifs que sa Banque centrale détient (devises, or, droits de tirages spéciaux (DTS). Les réserves permettent de sécuriser l’investissement et surtout d’éviter un dérapage plus important de la valeur du dinar, par rapport aux devises. Il existe actuellement une corrélation d’environ 70% entre la valeur actuelle du dinar et ce stock de devises via la rente des hydrocarbures. Autrement, le dinar flotterait à une parité de 300/400 dinars l’euro. Toutefois, les réserves de change ne sont qu’un signe monétaire, un moyen et non un facteur de développement. Où sont ces placements ? Avant la crise de 2008, les dépôts dans des banques privées internationales dites AAA (dont certaines ont été décotées) constituaient 20%, un montant qui a été ramené à 2% seulement depuis 2010, toujours selon le rapport de la Banque d'Algérie qui ne précise pas quel a été le sort des 18% pendant la crise d’octobre 2008 ni l'identité des banques de dépôt. Par ailleurs, si l’on prend ce rapport pour déterminer le principal placé à l’étranger, nous aurons pour fin 2011, 4,45 milliards de dollars d’intérêt divisé par le taux d’intérêt directeur de 3%, soit 148,33 milliards de dollars, donc 81,40% placées» à l’étranger, répartis entre les Etats-Unis et l'Europe. Ainsi, le rendement des placements en valeurs d'Etat est presque négatif dans la mesure où le taux d'intérêt de 3% correspond «tout juste au taux d'inflation mondial actuel de 2010/2011». En effet, les taux à court terme ne peuvent être supérieurs au taux d’escompte des banques centrales et sont soumis aux fluctuations des taux directeurs bas et des tensions inflationnistes. Les taux directeurs sont depuis 2009/2010 pour la FED dans la fourchette des 0 - 0,25%. Pour la BCE, ce taux était de 1,25% en 2010 avec un relèvement à 1,5% en avril 2011 et un retour à 1% à la fin de l’année. La Banque d’Angleterre fixe son taux directeur à 0,5%. Le Japon pour sa part affiche un taux tendant vers zéro. D’une manière générale, si le stock, à moins d’une faillite généralisée de toute l’économie mondiale ou d’une grave crise politique en Algérie (ce qui entraînerait le gel des avoirs algériens à l’étranger), est garanti par les Etats, les risques sont minimes. Mais cela pose le problème des rendements. Le taux d’intérêt est de plus en plus élevé si les placements se font à moyen et long terme. Il faut donc être attentif tant à l’évolution des cotations de l’euro et du dollar constituant que de l’inflation mondiale. A-t-on placé 45% en dollars, 45% en euros, 5% en yen et 5% en livre sterling comme l’a affirmé le ministre des Finances devant les députés fin 2010 ? La question qui se pose est de savoir si des réserves algériennes ont été placées en obligations grecques, espagnoles, portugaises, hollandaises, pays qui accusent une très grave crise d’endettement et donc que l’Algérie aide déjà indirectement ? L’Algérie pourra-t-elle récupérer son argent en cas de très graves difficultés de ces pays pour ne pas dire de faillite d’autant plus qu’il est annoncé une accentuation de la crise en Europe durant les prochaines années ? Comment optimaliser ces réserves de change ? Ces réserves de change, produit de la rente des hydrocarbures et non du travail, 5 variantes doivent être combinées en jouant sur la loi des grands nombres afin d’éviter des pertes. Cela suppose en définitive une vision stratégique et non des tâtonnements au gré de la conjoncture. Premièrement, n’est-il pas préférable de laisser les réserves d’hydrocarbures sous le sol pour les générations futures car ayant des capacités d’absorption interne faible ou limiter l’extraction en fonction du rythme d’exportation, de la consommation intérieure, du prix international et des coûts qui déterminent la durée de vie des réserves ? Selon les rapports internationaux, au rythme de la production actuelle, des exportations et de la forte consommation intérieure souvent oubliée dans les estimations, de l’évolution croissante des coûts, des nouvelles mutations énergétiques mondiales, l’Algérie sera importatrice de pétrole d’ici 14 à 16 ans, et du gaz conventionnel dans 25 ans au moment où la population algérienne approchera les 50 millions d’habitants. Deuxièmement, placer les réserves dans des valeurs-refuge, comme l’or dont le cours a augmenté de plus de 400% en dix ans étant un acte purement spéculatif pour se prémunir contre l’inflation, l’or ne créant pas de richesses. Troisièmement aller vers les fonds souverains (sovereign wealth funds), qui est un fonds de placements financiers (actions, obligations, etc.) détenu par un État, notamment acheter des actions dévalorisées en attendant la remontée des cours. Quatrièmement, réaliser des placements à l’étranger avec des rendements positifs qui dépendent du niveau d’inflation, des taux d’intérêt, des cotations, notamment du couple dollar/euro. Cinquièmement, solution la plus souhaitable, l’utilisation à des fins de développement dont la ressource humaine, ressource bien plus importante que toutes les ressources en hydrocarbures, et la valorisation de l’entreprise concurrentielle. Le syndrome hollandais Les infrastructures absorbent 70% de la dépense publique (480 milliards de dollars entre 2004/2013), n’étant qu’un moyen. Et se pose cette question lancinante: l’Algérie dépensant pour le budget de fonctionnement environ 70 dollars, versements de salaires sans contreparties productives pour calmer transitoirement le front social, des subventions désordonnées et non ciblées sources de gaspillage, et environ 40/50 dollars pour le budget d’équipement, soit entre 110/120 dollars, pourrait-elle continuer dans cette voie suicidaire en cas de fléchissement du cours des hydrocarbures ? En juillet 2012, le constat est que 98% sont le fait d’exportations d’hydrocarbures et important 70/75% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées, étant en plein syndrome hollandais. La dynamisation d‘une économie productive suppose de lever les contraintes d’environnement qui pèsent sur l’entreprise créatrice de richesses dont la bureaucratie paralysante, la sphère informelle dominante intimement liée à la logique rentière contrôlant plus de 40% de la masse monétaire en circulation et 65% des segments des produits de première nécessité, le système financier sclérosé lieu passif de la distribution de la rente, le système socioéducatif inadapté, le savoir dévalorisé et l’épineux problème du foncier. Tout en devant être attentif aux incidences de l’Accord de libre-échange avec l’Europe qui prévoit un dégrèvement tarifaire zéro horizon 2017/2020. La concurrence sera plus vivace si l’Algérie adhère à l’Organisation mondiale du commerce, OMC. Ainsi, il s’agira donc à l’avenir d’éviter les graves dérives et dangers de l’économie prédatrice et mafieuse avec cette corruption socialisée qui a pris une ampleur inégalée depuis l’indépendance politique, afin qu’entre 2012/ 2020, l’Algérie puisse tripler le produit intérieur brut, avec la dominance des segments hors rente, soit plus de 500 milliards de dollars à prix constants 2012, pour une population qui dépassera 50 millions sans hydrocarbures en 2030, si elle veut éviter de graves dérives sociales et politiques. Après 50 ans d’indépendance politique, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître le décalage qui existe entre les potentialités que recèle l’Algérie, et elles sont énormes, et le niveau de développement proprement dérisoire que le pays a atteint après plusieurs décennies d’indépendance. L’entrave principale au développement en Algérie trouve son explication en une gouvernance mitigée. Il s’agit impérativement de dépasser cette entropie, face aux importants bouleversements géostratégiques qui s’annoncent dans notre région, provenant par de profondes réformes économiques, sociales et politiques liant démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle et développement au sein d’un espace plus intégré, le Maghreb, plus globalement l’Afrique du Nord, pont entre l’Europe et l’Afrique.
Source La Nouvelle République Abderrahmane Mebtoul
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