Une call-girl arrêtée
pour racolage sur Internet
Prostitution.
Pour tenter d'endiguer le boom des sites d'« escorts girls », les policiers appliquent, sur le net, la loi sur le racolage. Une première.
Vendre
ses charmes sur le net est considéré comme un racolage.
C'est une
première policière et judiciaire à Toulouse. Les policiers de la brigade des mœurs viennent d'interpeller une prostituée qui vendait ses charmes sur internet à l'occasion de son passage dans la
Ville rose. En clair, ils ont appliqué au net le principe du racolage sur la voie publique. Une procédure validée par le parquet qui a convoqué la prostituée devant le tribunal correctionnel en
mars. Ce sera donc la première fille poursuivie pour racolage sur le net dans la Ville rose.
Les
policiers sont confrontés depuis deux à trois ans au boom de la prostitution sur internet. Au lieu d'arpenter le bord du canal du Midi, les filles passent une petite annonce sur des sites d'«
escort girls », comme ils se sont baptisés pour faire miroiter une prostitution de luxe. « Jeune fille sexy recherche homme pour relations sexuelles », annonce par exemple explicitement une
certaine Sophie. « Babylight », elle, se présente comme « secrétaire ». Selon les sites, les prestations sexuelles sont plus ou moins détaillées, et accompagnées de leurs tarifs. Les clients
peuvent même faire part de leurs commentaires. Les prostituées effectuent ainsi de véritables tours de France, passant trois à quatre jours dans un hôtel où elles donnent leurs
rendez-vous.
Lundi
soir, les policiers de la brigade des mœurs ont frappé à la porte d'un établissement toulousain. Ils ont bien constaté que la fille qu'ils avaient repérée sur une annonce se prostituait. Surpris,
un client n'a pu que le confirmer, malgré lui. La fille en question avait bien fait étalage de ses charmes et de ses prestations facturées entre 200 et 400€. D'où le
racolage.
L'an
dernier, les policiers de la brigade des mœurs et ceux de la PJ toulousaine avaient stoppé plusieurs de ces tours de France. Aujourd'hui, avec cette nouvelle application de la loi, ils tentent de
limiter un phénomène toujours en plein essor.
Laissée
libre, la prostituée interpellée ne se présentera vraisemblablement pas devant le tribunal. Mais son interpellation a valeur de signal. Il s'agit d'une Brésilienne, âgée de 20 ans, domiciliée en
Espagne. « C'est la crise en Espagne, ce qui explique que ces prostituées viennent ici », observe un policier. Jeudi après-midi, une douzaine de filles annonçaient leur présence à Toulouse sur un
site d'«escorts».
Les
hôteliers inquiets
« Le
proxénétisme hôtelier, c'est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes », observe Guy Pressenda, le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie. Louer une chambre à une
prostituée revient à lui fournir une aide et à tirer profit de son activité. D'où le risque de poursuites. « Dès qu'on a un doute, on prévient la police », indique Lionel Bouchan, l'actuel
président du club hôtelier de Toulouse.
Source La
Dépêche du Midi
Le Pèlerin
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