Tourisme: le monde entier regarde Toulouse
La Ville rose connaît, depuis quelques mois, un afflux sans précédent de
journalistes venant du monde entier.
Une conférence de presse
multilingue permanente. C'est ce à quoi l'office du tourisme de Toulouse doit s'atteler depuis le début du mois. Et pour cause. Qu'ils viennent d'Allemagne, d'Espagne, de Scandinavie, ou de
l'autre côté de la planète, les journalistes étrangers déferlent sur la Ville rose en cette fin d'automne. Pris en charge par la municipalité, ils sont logés, et bénéficient de visites
spécialement organisées pour eux. Une façon pour la ville de vanter ses atouts auprès d'un public géographiquement éloigné. Ainsi, à l'occasion du test-match France-Springboks, qui a eu lieu
vendredi soir au Stadium, de nombreux journalistes sud-africains ont posé leurs valises dans un hôtel de l'hypercentre. Et si le choc des XV a bien sûr été leur principale préoccupation, ils n'en
ont pas oublié la ville pour autant. « Nous avons fait des prises de vues à Saint-Sernin et au Capitole, pour montrer à nos compatriotes l'histoire et le charme de Toulouse. C'est une ville
magnifique, où les gens sont vraiment passionnés de rugby, ce qui diffère de Paris. Si un Sud-Africain vient en France, c'est sûr, il doit passer par ici ! » s'enthousiasme Xola Ntshinga, de
Supersport TV, qui compte des millions de téléspectateurs au pays des Boks.
« Une belle ville à l'ambiance chaleureuse »
Mais la plupart des journalistes étrangers ne font pas du ballon ovale l'objet de
leur déplacement dans la Ville rose. Parmi eux, Bern-Wilfried Kiessler, qui écrit en Allemagne pour de nombreux quotidiens, dont « Die Welt ». Cet amoureux de la France n'en est pas à sa première
visite dans le Sud-Ouest, puisqu'il a rédigé en 1988 un guide sur le canal du Midi, qui s'est vendu à 15 000 exemplaires outre-Rhin. « Cette année, je suis venu pour essayer de retranscrire dans
un article l'atmosphère caractéristique de Toulouse. C'est une belle ville, à la population très jeune, à l'ambiance chaleureuse, et au patrimoine architectural important. Or pour les Allemands,
il n'est pas difficile de venir : ils peuvent soit s'arrêter sur le chemin de la mer, soit prendre des vols directs, depuis l'Allemagne, qui ne coûtent pas chers »,
explique-t-il.
Dans un autre style, des reporters chinois et
japonais ont passé, fin octobre et début novembre, plusieurs jours sur le sol toulousain. Après s'être intéressés aux usines de l'A380, ils se sont penchés sur la gastronomie de la région, en
dégustant un « cassoulet déstructuré » au restaurant La Corde. « Les Chinois ont filmé la réalisation du plat, et les Japonais se sont contentés de le tester. Pour eux, la cuisine française est
un luxe, et ils ont montré beaucoup d'intérêt pour les plats régionaux », raconte Mo Bachir, le chef. Et le personnel de l'office du tourisme n'est pas prêt de prendre des vacances : des
journalistes espagnols et scandinaves sont attendus d'ici quelques jours.
Ces lieux qui séduisent les journalistes étrangers
Au programme de tous les journalistes internationaux, l'office de tourisme a inscrit
une visite guidée des sites architecturaux et historiques emblématiques de la Ville rose : basilique Saint-Sernin, Capitole, couvent des Jacobins, hôtel d'Assézat, ou encore les quais de la
Garonne.
Typiquement français, les marchés de plein-vent en
centre ville, particulièrement nombreux et animés à Toulouse, ont beaucoup de succès auprès des médias étrangers. Ils y réalisent prises de vues, photographies, et interview de badauds, sans
compter les expériences gustatives…
Depuis leur inauguration
en 2004, les usines d'assemblage de l'A380 attirent les regards et l'attention du monde entier. De nombreux journalistes étrangers viennent d'ailleurs en priorité pour les filmer ou en parler,
avant de découvrir la ville en elle-même.
3 questions à Sonia
Ruiz
Adjointe au maire de Toulouse, chargée du tourisme, et
présidente de l'office du tourisme.
Quelle est la situation
actuelle du tourisme à Toulouse ?
Comme toutes les villes,
nous avons traversé une période difficile. Mais depuis quelque temps, la situation s'améliore. En 2008, l'office du tourisme a accueilli 600 000 personnes, et nous atteignons largement les un
million cinq cent mille visiteurs, dont la grande majorité sont des Français, des Espagnols, et des Anglais.
Cependant, nous devons faire face à un tourisme non-marchand que nous avons du mal à
identifier. Les touristes, étrangers notamment, viennent de plus en plus, mais à très petits frais, sans consommer beaucoup et en se logeant ailleurs que dans les hôtels.
Les journalistes étrangers dans la Ville rose, est-ce un phénomène nouveau
?
Nous accueillions déjà la presse étrangère auparavant, mais
en moindre proportion. Depuis janvier 2009, nous avons déjà reçu 66 médias internationaux, contre 56 pour toute l'année précédente. Et puis, avant, les journalistes étrangers ne faisaient que
passer à Toulouse, et venaient surtout pour Airbus, sans s'intéresser au reste.
Aujourd'hui, au contraire, des journalistes du monde entier se rendent compte que la
ville est attractive en soit. Ils sont séduits par le fait que nous disposons à la fois de la richesse patrimoniale d'une grande métropole, et de la qualité de vie du sud.
Attendez-vous des retombées touristiques positives ?
Les choses ne se font pas en un claquement de doigt, il faut du temps pour produire
des effets. Mais ce qui est sûr, c'est que nous faisons tout depuis deux ans pour rendre Toulouse attractive auprès de nos voisins. Nous avons un public énorme à capter à l'étranger via les
médias, et tous les acteurs de la ville ont à y gagner.
Source
La Dépêche du Midi recueilli par H.C
Le Pèlerin
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