Agglomération toulousaine - Où va passer le tramway pour l'aéroport?
La ligne «Envol» doit desservir l'aéroport de Blagnac, avec jonction sur
la ligne E, fin 2013. Deux tracés sont en opposition.
On nous
a dit pendant des années que la desserte de l'aéroport de Toulouse-Blagnac n'était pas faisable, au nom de la rentabilité. La nouvelle majorité de la communauté urbaine du Grand Toulouse a décidé
de prouver le contraire et de la réaliser pour fin 2013.
Pour
cela, il faudra réaliser 2 à 2,5 km de tramway, avec trois stations, pour un investissement estimé à 48 millions d'€.
Quinze mille emplois desservis
La ligne Envol, c'est son nom, branchée sur la ligne E qui reliera Beauzelle,
Blagnac et Toulouse-Arènes fin 2010, permettra de desservir près de 15 000 emplois sur l'aéroport (qui compte à lui seul 3800 emplois) et la zone aéroportuaire sud. La desserte reliera en moins
de vingt minutes le quatrième aéroport de France par le trafic (6,3 millions de passagers en 2008; 8,5 estimés en 2015 d'ici 2015) au réseau métro toulousain, à la station des
Arènes.
La concertation publique doit en principe commencer en
2010 (lire encadré), avec les études de conception. L'enquête publique aura lieu au premier trimestre 2011, le chantier devrait être lancé un an plus tard pour une mise en service fin
2013.
Trois rames de métro (déjà prévues en commande auprès
d'Alstom) seront utilisées pour relier l'aéroport depuis la ligne E avec un trafic estimé de 9500 voyageurs/jour pour le tracé le plus avantageux (au sud).
Avantage au tracé sud
Car il existe deux possibilités de tracés : l'un par le nord et l'autre par le sud
de Blagnac. Le corridor nord (qui verrait la ligne Envol se greffer sur la ligne E entre les stations Patinoire et Marronniers) présente l'avantage de proposer des tracés plus courts (1,2 à 1,6
km) donc moins chers, mais il dessert moins d'emplois (6900) et d'habitants que le corridor sud (13 300 emplois), plus long (2 à 2,6 km) mais plus rentable, avec 9 500 voyageurs/jour espérés
contre seulement 5800 par le nord.
Le tracé sud partirait,
lui, de la ligne E entre les stations Servanty et Ancely, au niveau de la rocade dont il suit globalement le tracé jusqu'à l'aérogare. Le nord dessert France Telecom (1120 emplois), le pôle
aéroport (1000 emplois) et le bâtiment Cibavision, Derichbourg et Atis aéronautique (plus de 700 emplois).
Les tracés sud desservent plusieurs entreprises de renommée mondiale : Airbus (le
site Campus 2 et ses 3400 emplois), ATR (540 emplois), CIMPA (450), Rockwell et Collins (650), EADS (450), Aéroconseil (370) et le pôle aéroportuaire (1000).
Au niveau du temps de parcours, le tracé sud a, là aussi, l'avantage. Il permettrait
de relier les Arènes à l'aéroport en 18' contre 25 à 29' par le nord. Pour gagner la station de métro Palais de Justice (fin 2010) depuis l'aéroport, il faudrait compter 27'30'' par le sud, 34 à
38' par le nord.
Pour rejoindre Matabiau (par Arènes avec
utilisation de la ligne A du métro), il faudrait compter 28'30'' par le sud contre 35 à 39' par le nord.
Fréquence améliorée
La desserte aéroport bus actuelle propose une navette toutes les 20 mn pour un
trajet de 20 à 45' selon les conditions de circulation.
La
ligne Envol offrira une liaison Aéroport-Grand Rond à une fréquence de 15 mn toute la journée, de 5 heures à 0 h15.
Par ailleurs, le réseau de bus va être restructuré sur le secteur : la navette
aéroport sera maintenue, la ligne 66 (terminus à Saint-Cyprien) sera prolongée jusqu'à l'aéroport , une ligne de bus sera maintenue entre Blagnac centre et Toulouse Rive droite, des lignes de
rabattement sur le tramway seront mises en place en heure de pointe depuis Mondonville, Aussonne, Cornebarrieu et Beauzelle; une ligne express sera créée entre Lespinasse, Gagnac, Seilh, la zone
Aéroconstellation et l'aéroport.
Un projet bloqué par le
Sicoval
Le Sicoval, qui regroupe les élus du sud-est
toulousain, a voté contre l'approbation du programme de desserte de l'aéroport lors du dernier conseil syndical de Tisséo de décembre.
Même si la majorité du conseil a voté la délibération, qui déclenche la procédure de
concertation publique, le refus du Sicoval, soutenu par le SITPRT (syndicat de communes du sud-ouest et nord-est toulousain, lui aussi membre de Tisséo), empêche en principe l'adoption du
programme. Selon les statuts de Tisséo, en effet, il faut une majorité de 2 des 3 composantes du conseil syndical pour adopter les mesures engageant un investissement. Le Sicoval met en balance
le prolongement du métro (ligne B) jusqu'à Labège.
Source La
Dépêche du Midi
Le Pèlerin
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