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Les Acteurs de la Paix

 Henry Dunant l'Algérien
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Henry Dunant est né le 8 mai 1828 à Genève. Il est issu d'une vieille famille bourgeoise calviniste, pieuse pratiquant la charité.
A l'école : un cancre
Printemps 1842. Nous sommes dans le bureau du directeur du collège Calvin, à Genève. L'atmosphère est pesante car les autorités scolaires ont convoqué un honorable citoyen, Jean-Jacques Dunant, et son fils pour leur dire de tristes vérités. Le directeur ouvre les feux :
– Monsieur Dunant, j'ai le regret de vous apprendre que votre fils Henry[1] est en situation d'échec, de grave échec. Jugez plutôt. Cette année, il refait sa quatrième latine et malgré cela il reçoit les plus mauvaises notes de toute sa classe (39 élèves) : 2 (sur 8) au premier semestre, 2 au second. Son maître, M. Bonifas ici présent, ne sait plus que faire de lui.
– M. le directeur, ma femme et moi-même, nous sommes consternés. Malgré des leçons privées, lesquelles nous coûtent fort cher, Henry n'a pas progressé. Comment l'aider ?
– Hélas, le collège ne peut plus le garder. Surtout après deux échecs si marqués, et deux années de suite.
– Mais, plaide le malheureux garçon, j'ai remporté plusieurs fois le prix de piété !
– Ça ne suffit pas, Henry, réplique le directeur. Même pour devenir pasteur, il faut le latin, le grec, l'hébreu ! Et si tu veux te faire une bonne place dans le commerce, comme ton père, tu dois maîtriser le latin, le français et le calcul.
Ainsi, Henry Dunant quitte le collège Calvin sur un terrible échec. Il a 14 ans. Lui, l'aîné de cinq enfants, il vient de décevoir cruellement ses parents. Que va-t-il faire ? Une école privée semble exclue parce que sa famille a des soucis d'argent, bien qu'elle appartienne à la bonne société par sa mère Nancy, née Colladon.
Heureusement, l'école n'est pas tout. L'adolescent met ses forces dans l'instruction religieuse. On le voit souvent aux sermons du pasteur Louis Gaussen, à la chapelle de l'Oratoire, où il se nourrit littéralement du «Réveil» de l'église protestante.[2] Il s'initie aux mystères des Prophéties et de l'Apocalypse. Il apprend à consulter la Bible à chaque instant. Et, c'est le plus important, il prend l'habitude de mettre en pratique, dans sa vie quotidienne, les commandements de charité et d'amour chrétiens : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même».
D'ailleurs, ses parents lui montrent l'exemple. Sa mère en recevant des orphelines dans leur propriété de La Monnaie, à Montbrillant. Son père en consacrant de son temps au Bureau de bienfaisance où l'on aide les pauvres à trouver nourriture et logement. En effet, dans la Genève des années 1840, la misère, la famine sévissent encore.
Ses prix de piété ne sont pas que des mots creux ; en digne fils, Henry s'engage aussi dans la philanthropie. Lui, il se propose de visiter les plus misérables des misérables : les prisonniers. Probablement à la prison de l'Evêché (entre le collège et la cathédrale Saint-Pierre), il leur lit la Bible, le dimanche, ainsi que des récits de voyage. Peut-être pour leur permettre de s'évader par le rêve… A cette époque, la vie des prisonniers est très dure. Ni journaux, ni – bien sûr – radio ou télévision. Cellules non chauffées, même en hiver. Coupés du monde, les détenus ressemblent trop souvent à des enterrés vivants. Quel réconfort ont dû leur apporter les visites de ce jeune homme bien mis, enthousiaste et chaleureux ! Quel courage, mais aussi quelle expérience enrichissante pour ce fils de bonne famille.
Sa vie en Algérie
Il entre en apprentissage dans une banque genevoise. Plus tard à l'âge de 25 ans, il part en Algérie pour y prendre la direction de la colonie suisse de Sétif (ville algérienne). Il se lance dans la construction d'un moulin à blé, mais n'obtient pas la concession de territoire indispensable pour le faire fonctionner.
Il décide alors de rencontrer Napoléon III pour acquérir les documents nécessaires à ses affaires. Pour cela il doit se rendre au nord de l'Italie dans la ville de Solferino où l'empereur est à la tête des armées franco-sardes qui se battent contre les forces autrichiennes.
C'est une bataille extrêmement meurtrière. Des milliers de blessés agonisent faute de soins. Des appels aux secours restent sans réponse. C'est la vue de cette bataille, qui de retour à Genève, lui fera écrire " Un souvenir de Solferino" où il formule un double vœu : d'une part que se constitue en temps de paix des sociétés de secours formées par des volontaires qui en cas de conflits, donneraient soins aux blessés ; d'autre part que ces volontaires chargés d'assister les services sanitaires des armées, soient reconnus et neutralisés par un accord international. Les deux années qui suivent la sortie de son livre voient la concrétisation des projets de Dunant. En 1863, le comité des cinq est créé, il deviendra plus tard : le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Il meurt dans la chambre d'un hospice de Heiden, où il passe dans l'oubli et l'indifférence les 18 dernières années de sa vie.

Le Prix Nobel de la Paix
Le 10 décembre 1901 Henry Dunant se voit décerner le premier prix Nobel de la paix, fondateur de la Croix-Rouge, il voit ainsi ses efforts récompensés.
Son livre,"Souvenir de Solférino" trouve un écho partout, dans les cours européennes, dans les ministères et les rédactions : les félicitations pleuvent sur Henry Dunant. Cependant seul un homme saura véritablement entendre l'appel de Dunant, c'est Gustave Moynier, président de la Société genevoise d'utilité publique. Grâce à son soutien, le "Comité international et permanent de secours aux miliaires blessés en temps de guerre", composé du Général Dufour comme président, du Dr. Louis Appia, du Dr. Théodore Maunoir, de Gustave Moynier et de Henry Dunant comme secrétaire, voit le jour en février 1863. Ce Comité deviendra en 1875 le fameux "Comité International de la Croix-Rouge" (CICR).
Sources diverses Internet 
Le Pèlerin

République Tchèque - De Nicolas Sarkozy à Angela Merkel, toute l'Europe a rendu hommage à Vaclav Havel, disparu ce dimanche matin...

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Alors que l’ancien dissident et président tchèque Vaclav Havel est décédé ce dimanche matin, les hommages se succèdent à travers l’Europe. A droite comme à gauche, tous saluent la mémoire de l’un des symboles de la lutte contre le totalitarisme soviétique.

En France, le Président Nicolas Sarkozy a fait part de «sa très grande tristesse» et de sa «profonde émotion» dans une lettre de condoléances adressée à la présidence tchèque. «La République tchèque perd l'un de ses grands patriotes, la France perd un ami, l'Europe perd l'un de ses sages», écrit le chef de l'Etat français, qui salue son «engagement infatiguable en faveur de la démocratie et de la liberté» et de l'Europe.

Le PS, par la voix de Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à l'Europe, a rendu hommage à un «nom était étroitement lié à la dissidence. Il a combattu le totalitarisme dans son propre pays en utilisant l'arme du théâtre et de la culture pour passer du combat pour le socialisme à visage humain à la lutte pour une démocratie à portée de main.» «Vaclav Havel demeurera une source d'inspiration pour les démocrates de toute l'Europe», a-t-il ajouté.

Jack Lang, ancien ministre de la Culture de François Mitterrand, a quant à lui déclaré ressentir «un immense chagrin» après la disparition de «l'un des combattants emblématiques de la libération de son pays». «Au Panthéon des grandes figures morales de la vie publique contemporaine, Vaclav Havel est sans doute avec Nelson Mandela l'une des personnalités les plus marquantes», a-t-il précisé.

François Bayrou, le président du MoDem, a quant à lui jugé que Havel représentait «le plus formidable amour de la liberté». «Le parcours original et même unique de cet homme, né dans l'univers de la philosophie, de la littérature et du théâtre, engagé comme s'il ne pouvait pas faire autrement dans la défense des valeurs de la liberté et de la citoyenneté à la tête du forum civique et puis porté, pour ainsi dire malgré lui, au pouvoir par ses adversaires mêmes alors que le communisme allait disparaître, a ému et entraîné tous les défenseurs de la démocratie en Europe.»

L'actuel président tchèque Vaclav Klaus, qui fut un rival politique de Vaclav Havel, a lui aussi rendu un hommage à son prédécesseur. «Vaclav Havel est devenu un symbole de l'Etat tchèque moderne», a-t-il déclaré à la télévision nationale. «Il fut leader de notre Révolution de velours et le premier président de notre pays redevenu libre», a-t-il déclaré. Sa personnalité, son nom et son oeuvre «ont largement contribué à ce que la République tchèque devienne partie intégrante de la communauté des pays libres et démocratiques».

En Allemagne, la Chancelière Angela Merkel a adressé une lettre de condoléances au président tchèque, dans laquelle elle lui fait part de son «bouleversement». Elle salue également un «grand européen» qui a combattu pour «la liberté et la démocratie». «Son combat pour la liberté et la démocratie était aussi inoubliable que sa grande humanité. Nous les Allemands, nous lui sommes particulièrement redevables.»

Pour le Polonais Lech Walesa, qui fut le leader de l’opposition de son pays avant de devenir, comme Vaclav Havel, chef de l'Etat à la chute du bloc soviétique, l'ex-président tchèque «fut un grand théoricien de nos temps et sa voix manquera énormément à l'Europe surtout maintenant alors qu'elle traverse une sérieuse crise. Il fut un grand orateur de la lutte pour la liberté, pour la démocratie et pour la libération du joug du communisme.»

Vaclav Havel, le dissident devenu président

Vaclav Havel à Prague, le 3 février 2011.

Portrait - L'ancien opposant au communisme et président de la République tchèque, autorité morale du pays, est décédé à l'âge de 75 ans...

Aux yeux de beaucoup, il incarnait l'autorité morale par excellence dans l'Europe de l'Est post-communiste. L'ancien dissident puis président tchèque Vaclav Havel est décédé dimanche à 75 ans des suites d'une longue maladie.

La «conscience éclairée» de la République tchèque, usée par ses problèmes de santé, s'était retirée de la vie politique en janvier 2003, après une douzaine d'années à la présidence, tout d'abord de la Tchécoslovaquie, puis, après une brève interruption, de la République tchèque.

Artisan de la «Révolution de Velours»

Dramaturge et dissident, il passa près de cinq années en prison dans les années 1970. Politique et intelligent, il fut l'artisan de la «Révolution de Velours» qui mit fin, en novembre 1989 à quatre décennies de régime communiste.

La Tchécoslovaquie se tournait alors vers l'économie de marché, mais Havel fut là pour rappeler à ses compatriotes que la recherche de la prospérité ne devait pas effacer la mémoire d'un peuple, et il fustigea, lui, grand amateur de rock et de Frank Zappa, la culture occidentale lorsqu'elle se résumait aux fast-food et aux sodas.

Durant ses années de présidence, loin des moments où il s'était adressé aux foules immenses sur la place Wenceslas, le président occupa une place plus distante mais toujours privilégiée dans le coeur des Tchèques.

Dissident

Peut-être parce que, comme il l'admettait, il avait conservé «certains traits du dissident dans son comportement de chef de l'Etat».

En janvier 1997, une bande de dissidents aux cheveux longs se réunit au Château de Prague, la résidence présidentielle, pour célébrer le 20e anniversaire de la signature de la Charte 77, manifeste pour les droits de l'Homme et pavé dans la mare du communisme.

Paradoxalement, Havel, qui venait d'être opéré d'un cancer, ne put participer à la fête, mais il s'adressa aux participants dans un message enregistré.

Timide et nerveux en public

«Ceux qui sont à l'origine de la Charte 77 ou qui, sachant parfaitement à quoi ils devaient s'attendre, l'ont signée plus tard, pouvaient-ils imaginer alors qu'ils la célèbreraient dans la salle espagnole du Château de Prague, comme citoyens d'un Etat libre?» souligna alors le président.

Le chef de l'Etat, timide et nerveux en public, frôla la mort une première fois en 1996. Il fut hospitalisé pour une pneumonie mais les médecins découvrirent une tumeur maligne, qu'ils retirèrent. L'opération se passa mal, Havel fut atteint de fortes fièvres. La même année, il perdit Olga, épousée 32 ans auparavant, vaincue par un cancer en janvier.

Un an plus tard, il se remariait avec une actrice de 43 ans, Dagmara Veskrnova, et arrêtait le tabac. Mais les ennuis de santé ne cessèrent pas pour autant. Cancer du poumon, occlusion intestinale, bronchite aiguâ, hernie, les séjours à l'hôpital du chef de l'Etat furent réguliers.

Arbitre

Malgré cela, il se représenta à la présidence tchèque en 1998 et le Parlement le réélit pour un mandat de cinq ans.

Havel appréciait son rôle d'arbitre, celui-là même qui l'avait propulsé sur le devant de la scène en 1989, lorsqu'il avait négocié la capitulation du pouvoir pro-soviétique.

Vaclav Havel est né en 1936 dans une famille d'entrepreneurs en bâtiment très impliquée dans la vie culturelle et politique tchécoslovaque de l'entre-deux-guerres.

Technicien dans les théâtres

L'arrivée au pouvoir des communistes, en 1948, prive la famille de la plupart de ses biens et à quinze ans, une fois terminée la scolarité obligatoire, le jeune Vaclav n'est pas autorisé à poursuivre des études au lycée.

Il devient apprenti dans un laboratoire de chimie et prend des cours du soir pour achever sa formation secondaire, ce qu'il parvient à faire en 1954.

Mais, pour des raisons politiques, l'accès à l'étude des sciences humaines dans un établissement d'enseignement supérieur lui est interdit. Il s'inscrit alors à la Faculté d'Economie de l'Université technique Tchèque, qu'il quitte au bout de deux ans.

Prison

A son retour du service militaire, il travaille comme technicien dans des théâtres, au Divadlo ABC puis, au Divadlo Na zabraldi et, de 1962 à 1966, il suit des cours par correspondance à la Faculté de Théâtre de l'Académie des Arts musicaux.

Depuis l'âge de vingt ans, Vaclav Havel a publié divers articles et critiques dans différents périodiques littéraires. Ses premières oeuvres seront montées au Divadlo Na zabraldi, notamment «La garden party», en 1963.

Il est l'une des figures de la prise de conscience civique du Printemps de Prague, en 1968, période au cours de laquelle il produit «Le mémorandum» (1965) et «La difficulté accrue de se concentrer» (1968).

Après l'écrasement du Printemps de Prague, ses oeuvres seront interdites de publication en Tchécoslovaquie.

Tête froide

Cofondateur de la Charte 77 dont il fut l'un des trois porte-parole, il a effectué plusieurs séjours en prison. Mais en pleine effervescence, en plein tumulte de la fin de l'empire soviétique, il garda la tête froide.

Dès le début de la Révolution de Velours, en novembre 1989, il devient la figure de proue du Forum civique, qui regroupe des organisations et des personnalités réclamant des changements fondamentaux du système politique tchécoslovaque.

Il négocie la fin du régime communiste et, sept semaines plus tard, après avoir été élu président de l'Assemblée fédérale de Tchécoslovaquie, il s'installe au Château, d'où il voit arriver de nouveaux dirigeants, des technocrates avec lesquels il ne s'entend guère.

Désaccord

Comme par exemple Vaclav Klaus, nommé Premier ministre en 1992, monétariste convaincu, qui s'oppose à Havel pour imposer la partition de la Tchécoslovaquie la même année.

Havel démissionne alors de la présidence tchécoslovaque pour devenir président de la nouvelle République tchèque un an plus tard. Mais ses relations restèrent tendues avec Klaus et les deux hommes apparurent très rarement ensemble en public.

De son château, Havel défendit l'intégration de la République tchèque au bloc occidental, de l'Otan à l'Union européenne. Mais, devant le parlement de Strasbourg, il mit l'Europe en garde contre les "symptômes de l'égoïsme national, de la xénophobie et de l'intolérance raciale", l'invitant à faire l'"examen critique" de ses valeurs.

Le président et l'écrivain se rejoignirent alors. De ses "Lettres à Olga" à "Largo Desolato", Vaclav Havel n'aura jamais cessé de s'interroger sur les responsabilités morales de l'homme et le respect des libertés.

Source 20minutes.fr N. Be. / P.K.

Le Pèlerin

Le prix Nobel de la paix remis à un trio féminin historique

prix-nobel-paix--trois-femmes-oslo.jpg (De D à G) Les lauréates du Nobel de la Paix, la présidente du Liberia Ellen Johnson-Sirleaf, la Libérienne Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakul Karman le 10 décembre 2011 à Oslo

 

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, sa compatriote Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakkol Karman, figure de proue du "printemps arabe", ont reçu samedi le prix Nobel de la paix, une récompense dédiée aux femmes, qui "portent la moitié du ciel".

"Vous représentez une des forces motrices les plus importantes du changement dans le monde d'aujourd'hui: la lutte pour les droits humains en général et la lutte des femmes pour l'égalité et la paix en particulier", a déclaré le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, avant de remettre le prix.

"Vous donnez du sens au proverbe chinois qui dit que les femmes portent la moitié du ciel", a-t-il dit.

C'est la première fois dans l'histoire du Nobel que le prix de la paix est remis à trois femmes.

Toutes vêtues de costumes traditionnels --des robes africaines colorées pour les deux Libériennes et un hijab multicolore pour Mme Karman--, les lauréates ont accepté le Nobel sous les youyous d'une assistance qui comprenait notamment la famille royale norvégienne et la Franco-norvégienne Eva Joly.

Dans un Hôtel de ville d'Oslo égaillé par les fleurs et leurs habits colorés, chaque lauréate a souligné le rôle des femmes dans la résolution des conflits.

"Le fait que deux femmes libériennes soient ici aujourd'hui pour partager le podium avec une soeur venue du Yémen montre le caractère universel de notre combat", a souligné Mme Sirleaf dans le texte du discours qu'elle devait prononcer.

Première femme démocratiquement élue à la tête d'un pays africain en 2005, Mme Sirleaf, 73 ans, tente de panser les plaies d'un pays qui affiche encore les stigmates de 14 ans de guerres civiles (1989-2003) qui ont fait 250.000 morts.

S'adressant aux femmes du monde entier, elle les a enjointes de se faire entendre: "Donnez de la voix! Elevez la voix! Que votre voix soit celle de la liberté".

Après sa réélection le mois dernier, elle a confié à sa compatriote et colauréate Leymah Gbowee le soin de conduire une initiative de réconciliation nationale.

"Il n'y a pas de recette pour la réconciliation", a expliqué Mme Gbowee lors d'un entretien avec l'AFP samedi, soulignant qu'il fallait tenir compte des différents contextes.

"Pour certaines femmes, cela peut vouloir dire une chose aussi simple que d'avoir de la nourriture à donner à ses enfants", a-t-elle précisé.

Travailleuse sociale devenue "guerrière pour la paix", Mme Gbowee, 39 ans, est à l'origine d'un mouvement pacifique de femmes qui, à l'aide notamment d'une originale "grève du sexe", avait contribué à mettre fin à la deuxième guerre civile en 2003.

Première femme arabe à recevoir le Nobel de la paix, Mme Karman est, quant a elle, un des moteurs du mouvement qui réclame depuis le début de l'année le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans.

Cette jeune journaliste de 32 ans a saisi l'occasion de la cérémonie Nobel pour déplorer la relative indifférence du reste de la planète à l'égard de la révolution yéménite.

"Avec regret et tristesse, je dois dire qu'elle n'a pas bénéficié de la compréhension, du soutien ou de l'attention dont la communauté internationale a fait preuve à l'égard des autres révolutions dans la région", a-t-elle dit, selon le texte qu'elle a préparé pour la cérémonie et dont l'AFP a par avance obtenu une copie.

"Cela devrait hanter la conscience mondiale parce que ça soulève la question d'égalité et de justice", a-t-elle dit. "Le monde démocratique, qui nous a beaucoup parlé des valeurs de la démocratie et de la bonne gouvernance, ne devrait pas rester indifférent à ce qui se passe au Yémen et en Syrie".

Le prix Nobel consiste en une médaille d'or, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (environ un million d'euros) que les trois lauréates se partageront en trois parts égales.

Les Nobel de littérature, de chimie, de physique, de physiologie (ou médecine) et de sciences économiques seront remis le même jour à Stockholm.

Source La Dépêche du Midi

Le Pèlerin

L'ancienne première dame Danielle Mitterrand est décédée à l'âge de 87 ans

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La veuve de l'ex-président socialiste François Mitterrand est décédée dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 87 ans. Souffrant de problèmes respiratoires, l'ancienne première dame française avait été admise vendredi dans un hôpital parisien.

Danielle Mitterrand, la veuve de l'ancien président socialiste, est décédée dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 87 ans, a-t-on appris de sources concordantes au Parti socialiste et proches du gouvernement.

Admise vendredi à l'hôpital Georges Pompidou, à Paris, Danielle Mitterrand avait été placée en coma artificiel dimanche.

Née le 29 octobre 1924 à Verdun, dans la Meuse, Danielle Mitterrand souffrait de problèmes respiratoires. Elle avait déjà été hospitalisée en septembre.

Le député socialiste Henri Emmanuelli a déclaré sur France Info ressentir "beaucoup de tristesse" à l'annonce de la disparition d'une "personne très engagée, très droite, très sympathique, toujours prête à en découdre pour ce qu'elle pensait".

Le sénateur PS André Vallini a salué sur Europe 1 "une femme de combat très digne et très courageuse".

Invité sur RMC et BFM-TV, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a évoqué le souvenir d'"une femme de conviction, très engagée, très différente dans le caractère de son mari, peut-être plus directe, avec un fil conducteur qui était à gauche".

Résistance

Engagée à l'âge de 17 ans dans la Résistance, Danielle Gouze rencontre en 1944 François Mitterrand qui sous le nom de code "François Morland" anime en Bourgogne un réseau de résistance.

En octobre 1944, après la Libération, Danielle Gouze épouse François Mitterrand à Paris. Ils auront trois enfants : Pascal décédé quelques mois après sa naissance, Jean-Christophe et Gilbert.

Danielle Mitterrand partagera ensuite sa vie entre la Nièvre où François Mitterrand est élu député en 1946, et Paris où il entame une carrière ministérielle.

Le 10 mai 1981, après deux échecs en 1965 et en 1974, François Mitterrand est élu président de la République. Danielle Mitterrand devient ainsi "première dame de France".

Contrairement aux épouses des précédents présidents de la République, Danielle Mitterrand prend position, notamment en politique internationale.

Ses prises de position tiers-mondistes, qui parfois mettront François Mitterrand dans l'embarras, la conduiront à créer en 1986 la fondation France Libertés, une organisation humanitaire non gouvernementale.

Elle n'hésitera pas non plus à intervenir en politique intérieure, critiquant le Premier ministre de cohabitation Jacques Chirac ou bien encore plus tard, lors du second septennat de son époux, la politique d'immigration menée par Charles Pasqua alors ministre de l'Intérieur.

Après la mort de son époux en janvier 1995, dont les obsèques seront marquées par la présence à ses côtés de la compagne cachée du défunt, Anne Pingeot, avec laquelle il eut une fille, Mazarine, Danielle Mitterrand continuera de militer.

Au sein de sa fondation France Libertés mais aussi en prônant le "non" au référendum sur le projet de texte constitutionnel européen en 2005. En 2007, elle soutiendra la socialiste Ségolène Royal durant la campagne présidentielle.

La même année, elle publiait son autobiographie sous le titre "Le livre de ma mémoire".

Source France 24 Reuters

Le Pèlerin

Albert Schweitzer  

 

I/ Biographie (1875- 1965) 

Le parcours de vie du docteur Albert Schweitzer peut se diviser en deux principales phases. La première allant de 1875 à 1913, et la deuxième de 1913 à sa mort, en 1965.
Albert Schweitzer naît en 1875 et grandit en Alsace, encore allemande avant la guerre. Sa famille est croyante et pratiquante, avec un père pasteur. Déjà enfant, il est intéressé par les opprimés, les bêtes mal-aimées, les gens de qui l’on se moque. Il aime réfléchir, s’intéresse à l’être humain. Et c'est ainsi qu'en 1913, son diplôme de médecin en poche, il s'embarque sur le bateau qui va le mener au Gabon. Il y fera plusieurs longs séjours, et construira son hôpital sur une des îles, à Lambarénée. 
Sa scolarité achevée, il fait de brillantes études de philosophie et de théologie. Mais, bien qu’aimant réfléchir et développer sa pensée humaniste, il ne supporte pas l’idée de ne rien faire. Il doit se rendre utile de manière concrète, et  ainsi venir en aide aux autres.
En 1905, il se sent plus que jamais attiré par les malheurs, les persécutés et les humbles. Il veut devenir l’homme de la plus complète capacité d’intervention face au malheur et à la souffrance.  Il entame alors des études de médecine.
Albert Schweitzer est un passionné d'orgue et de la musique de Bach. C'est pourquoi, quand il revient en Europe, c'est pour y faire des conférences, et y donner des concerts dans le but de récolter des fonds. En 1925, il reçoit le prix Nobel de la Paix pour son œuvre et son militantisme contre les armes nucléaires. Il meurt ensuite le 4 septembre 1965, âgé de 90 ans.
II/ La pensée d’Albert Schweitzer
La construction de l’hôpital à Lambarénée en 1913 symbolise la concrétisation de l’œuvre intellectuelle du docteur Albert Schweitzer. C’est lors de ses voyages et séjours en Afrique qu’il a développé toute sa pensée, qui peut se résumer en une phrase: 

Je suis vie qui veut vivre au milieu de vie qui veut vivre 

Pour Albert Schweitzer, le moteur du progrès n’est pas dans les choses, il est dans l’homme. Dans l’homme et son respect de la vie. Tout ce qui maintient la vie et la favorise est bien, et tout ce qui l’anéantit est négatif. L’éthique du respect de la vie est toujours actuelle, elle a cela d’unique qu’elle est intemporelle.
Cependant, maintenir la vie sans que d’autres vies ne soient détruites relève de l’impossible. Cela ne signifie pas selon Schweitzer, que, du fait que l’homme peut soumette ce qui l’entoure, qu’il a le droit de consommer et détruire simplement. L’être humain est chargé d’une responsabilité : la liberté de soumettre la création implique également la responsabilité de la sauvegarder.
Il s’agit donc d’une éthique mobilisatrice et responsabilisante, qui induit un processus dynamique. Utiliser ou transformer la nature, c’est la protéger, de manière active et dynamique, dans le sens de la vie. Puisque l’homme est programmé pour vivre aux dépens de son entourage, autant le faire de manière consciente. 
Mais, il est important de souligner que le problème éthique est d’abord un problème personnel. Albert Schweitzer invite au devoir de prudence, nul n’a le droit de décider pour l’autre.
III/ La poursuite de l’œuvre d’Albert Schweitzer De nombreuses associations et fondations se sont crées pour perpétuer la vie et l’œuvre d’Albert Schweitzer. Des projets demandés par des gens de la base dans les pays du Sud, et réalisés par les gens du sud, avec les moyens du sud. Tous les projets soutenus visent à l’amélioration des conditions de vie des populations de la base, dans un souci de respect des coutumes et de la nature. Aux camps à Lambaréné s’ajoute la collaboration de Nouvelle Planète avec d’autres associations qui suivent le courant d’Albert Schweitzer : l’ASAP (Albert Schweitzer Association Philippines), le CEAS (Centre Ecologique Albert Schweitzer), ou encore l’Association Burkinabé Albert Schweitzer.
IV Citations
"Je suis vie qui veut vivre, entouré de vie qui veut vivre. Chaque jour et à chaque heure cette conviction m’accompagne. Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie ; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver."
"L'humanité consiste dans le fait qu'aucun homme n'est sacrifié à un objectif."
Sources diverses Internet
Le Pèlerin

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