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Samedi 20 octobre 2007

Le choix des Nobels
Des vérités qui dérangent

«Couronnez messieurs du Jury que ne puis accepter vos couronnes» Propos attribués à Jean-Paul Sartre suite à son refus du prix Nobel.

Depuis sa création (1901), le prix Nobel a été décerné 34 fois à des femmes. Marie Curie est la seule à l’avoir reçu deux fois: il n’y a donc, pour l’instant, que 34 femmes qui ont reçu le prix Nobel. Jusqu’à septembre 2007, le nombre total de lauréats était de 785 dont 33 femmes, 733 hommes et 19 organisations. Deux lauréats déclinèrent personnellement le prix Nobel: Jean-Paul Sartre, le prix Nobel de Littérature en 1964, Comme il écrit: «Les raisons personnelles sont les suivantes: mon refus n’est pas un acte improvisé. J’ai toujours décliné les distinctions officielles. Ce n’est pas la même chose si je signe Jean-Paul Sartre ou si je signe Jean-Paul Sartre prix Nobel. [...] L’écrivain doit donc refuser de se laisser transformer en institution même si cela a lieu sous les formes les plus honorables comme c’est le cas. [...]Le seul combat actuellement possible sur le front de la culture est celui pour la coexistence pacifique des deux cultures, celles de l’Est et celle de l’Ouest.[..] Pendant la guerre d’Algérie alors que nous avions signé le ´´Manifeste des 121 ´´, j’aurais accepté le prix avec reconnaissance, parce qu’il n’aurait pas honoré que moi mais aussi la liberté pour laquelle nous luttions. Mais cela n’a pas eu lieu et ce n’est qu’à la fin des combats que l’on me décerne le prix».(1)

Souvent, la polémique...

C’est de la fortune considérable de Nobel, inventeur de la dynamite, que proviennent les fonds qui permettent depuis 100 ans de décerner chaque année les 5 prestigieux prix Nobel (Physiologie et Médecine, Paix, Littérature, Physique, Chimie), auxquels se rajouta par la suite le prix d’Économie alimenté par d’autres sources. Si, par leur nature, le prix Nobel de la Paix et celui de la Littérature donnèrent parfois lieu à des controverses, les trois prix scientifiques ont, durant ce siècle, produit remarquablement peu d’erreurs: comment choisit-on les prix Nobel? Y a-t-il des pressions politiques de la part des nations intéressées? Existe-t-il des marchandages entre telles ou telles branches de la science?
Il faut savoir que l’attribution des prix Nobel a donné lieu souvent à polémiques. Notamment les prix Nobel de la Paix attribués de façon nette sous l’influence de la politique décidée et imposée par les puissances occidentales en fonction d’un ordre impérial avec naturellement le monopole du sens. Le prix Nobel de la Paix récompense «la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix», selon les volontés d’Alfred Nobel. Cela comprend la lutte pour la paix, les droits de l’homme, l’aide humanitaire, la liberté. Il a été attribué pour la première fois en 1901. Le prix Nobel de la Paix a aujourd’hui une extraordinaire importance politique, certains prix ayant une valeur de désaveu de gouvernements qui ne rentrent pas dans le rang. Ainsi, certaines nominations ont eu une résonance particulière comme celle de Theodore Roosevelt en 1906 qui fut fortement contestée, car Roosevelt était militariste. En fait, et pour faire court, l’attribution des prix Nobel semble se faire en fonction de la politique occidentale du moment. Ainsi, Le Duc Tho qui négocia avec Kissinger la paix au Vietnam refusa le prix Nobel accepté par Kissinger. Quand il s’est agi de diaboliser l’empire soviétique, on «attribua» le prix Nobel de la Paix à Lech Walesa, quad il s’est agi d’arracher le Timor oriental chrétien à l’Indonésie musulmane, il fallait donner une légitimité à Mgr Belo. Quand il a fallu conforter Israël on convainc Anouar Sadate d’aller à la Knesset, pour cette reconnaissance d’Israël, les Arabes protestèrent en vain, la Ligue arabe déménagea à Tunis. Anouar Sadate eut le prix Nobel avec Menahem Begin, le terroriste de l’Irgoun devenu fréquentable. Sadate sera tué. Plus tard, Arafat eut le prix Nobel en compagnie de ses anciens adversaires mais son pays est toujours dans la tourmente. Le prix Nobel à l’Aiea ou a l’ONU ont soulevé beaucoup de critiques, affaires du Ruanda et surtout de la Bosnie gérées de façon calamiteuse par l’ONU et Koffi Annan. Il en est de même pour l’Aiea avec Hans Blix puis Mohamed El Baradei dans la tragédie irakienne.
Dans le même ordre, la diabolisation de l’Union soviétique a fait que le prix Nobel 1970 a été attribué à Alexandre Soljenitsyne, dissident soviétique, assigné à résidence. Il ne put percevoir sa distinction qu’après avoir été déchu de sa nationalité soviétique et exclu d’U.R.S.S. en 1974, et reçu naturellement comme un héros aux Etats-Unis.
De même, un rapport sensationnel de l’historien Ivan Tolstoï a sérieusement bousculé les idées reçues sur l’attribution à Boris Pasternak du prix Nobel de Littérature en 1958. Selon Ivan Tolstoï, il s’agit d’une opération tramée par la CIA. «Le Comité Nobel étudiait depuis longtemps et avec attention l’oeuvre géniale du poète et écrivain russe. Il manquait une seule et dernière chose pour forcer la décision. C’est le roman Docteur Jivago qui a joué le rôle de la dernière goutte qui fait déborder le vase. Boris Pasternak présenta son livre aux éditions nationales, à une revue et, parallèlement, l’envoya à l’éditeur italien, Giangiacomo Feltrinelli. Ayant appris qu’un certain Pasternak avait fait parvenir à l’Occident son roman antisoviétique, Nikita Khrouchtchev, à l’époque maître du pays, se mis dans une fureur pathologique et lança une campagne enragée de persécution du poète dans la presse. C’est alors que la CIA, affirme Ivan Tolstoï, se rendit compte de tous les avantages qui découlaient de la persécution de Pasternak, dans le contexte de la guerre froide, et à quel point il serait sensationnel de remettre le prix Nobel de littérature à un génie antisoviétique. Ivan Tolstoï prétend que le texte du roman aurait été volé par des agents de la CIA de la valise d’un voyageur aérien européen, puis recopié en deux heures pour être finalement restitué au propriétaire sans que celui-ci s’en aperçoive. Bref, ayant copié en cachette le manuscrit, la CIA, brouillant les pistes, fit paraître le roman de Pasternak en russe par extraits, le faisant éditer par différentes imprimeries, puis rassembla les fragments en un tout, contraignit l’éditeur Feltrinelli à couvrir cette affaire de son nom, et voilà qu’au mois d’août 1958, un exemplaire du roman apparut devant les membres du Comité Nobel. Les formalités étaient respectées, et peu après, le 22 octobre 1958, le comité suédois annonça le nom du nouveau lauréat, celui de Boris Pasternak, pour ses mérites exceptionnels dans la poésie lyrique contemporaine et dans le domaine de la grande prose russe. En somme, le grand poète serait devenu l’otage et la victime d’une opération lancée par la CIA.»(2)
Enfin, comble d’ironie, des prix Nobel sont attribués à des personnes qui se trouvent avoir un passé nazi comme Gunter Grass prix Nobel 1999 ou encore John Steinbeck (prix Nobel de Littérature 1960) chantre le plus engagé pour la guerre au Vietnam. Plusieurs prix Nobel américains ont d’ailleurs signé une pétition pour la légitimité de la guerre en Irak.
L’année dernière, le bruit avait couru que Assia Djebbar était nobélisable, elle n’avait aucune chance, car il faut qu’elle soit parrainée et dans ce domaine comme dans tant d’autres, les lobbys ont un rôle majeur. Par contre, quand il y a une cause qui sous-tend la désignation en fonction d’une stratégie, il n’y a pas de contrainte ou d’obstacle. Ainsi, la désignation de Shirin Ebadi obéit à cette logique, choisie parmi 165 candidats tous aussi respectables les uns que les autres, elle avait sur eux l’avantage de la condition de la femme en terre d’Islam: le prix Nobel de la Paix 2003 a été attribué hier à Shirin Ebadi. Cette avocate iranienne qui exerçait les fonctions de juge sous l’ancien Shah et a été destituée par l’imam Khomeynei (une femme étant considérée comme «trop émotive» pour présider un tribunal...Dans le domaine des sciences dures, les controverses ne sont pas au niveau de la désignation, mais surtout au niveau de l’éthique. Ainsi, le prix Nobel de Médecine de cette année constitue la consécration de la découverte des cellules souches. C’est en 1981 que le Britannique Martin Evans, de l’Université de Cardiff, découvrit les cellules souches embryonnaires, et prouva qu’elles sont pluripotentes: cela signifie qu’elles ne sont pas encore spécialisées. Elles peuvent devenir n’importe quoi: cellules cardiaques, cellules neuronales, cellules de la peau, du sang, des poils, etc. Cinq ans plus tard, un Italien et un Britannique, Mario Capecchi et Oliver Smithies, qui partagent aujourd’hui le Nobel avec Martin Evans, devinrent les premiers à faire naître des souris dont ils avaient «désactivé» certains gènes avant la naissance. Evans a démontré qu’il existait un mécanisme caché au coeur de ces cellules «originales», qui envoyait un signal lors des futures divisions cellulaires: toi, tu deviendras un poumon; toi, tu deviendras un rein. Capecchi et Smithies ont effectué un premier pas vers la manipulation des gènes dès le stade embryonnaire. Dès lors, la question allait hanter les chercheurs: pourrait-on contrôler ce processus chez les humains, par exemple, pour fabriquer des poumons ou des reins à volonté, en vue de transplantations? Vingt-cinq ans plus tard, la question est le moteur même de l’un des domaines de la recherche scientifique les plus prolifiques...et les plus controversés. Controversés, parce que, bien sûr, qui dit cellules souches dit embryons. Et qui dit embryon dit controverse...dit éthique et limites à ne pas dépasser...Apparemment, ceci ne semble pas déranger les membres du Jury de Stokholm.

La grande controverse

Sans vouloir être négativiste à tout prix, le prix Nobel de la Paix décerné à Al Gore pour son film An inconvenient truh paraît discutable. Ce n’est pas en 4X4 que l’on peut lutter contre les changements climatiques. L’Académie n’a-t-elle pas cédé à la tentation du «sujet à la mode». Sans remettre totalement en cause l’honnêteté de l’engagement d’Al Gore pour cette problématique, il faudrait rappeler que peu de temps après la sortie de son film, les médias révélaient une autre vérité qui avait de quoi déranger le nouveau chantre de la lutte contre le réchauffement planétaire: sa propriété aurait consommé, en 2006, vingt fois plus d’électricité qu’une maison moyenne américaine. Une controverse toujours d’actualité: l’idée d’un nouveau «prix Nobel» celui de l’Economie vient de Per Åsbrink, gouverneur de la Banque de Suède (Sveriges Riksbank), la plus ancienne banque centrale du monde. Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel dit «prix Nobel» d’Economie, récompense chaque année des contributions exceptionnelles en économie. Il a été fondé en 1968 et doté par la Banque de Suède, à l’occasion de son 300e anniversaire.
Dans son numéro du 10 décembre 2004, le grand quotidien suédois Dagens Nyheter a publié une longue tribune signée du mathématicien suédois, Peter Jager, membre de l’Académie royale des sciences, de l’ancien ministre de l’Environnement, Mans Lonnroth, et de Johan Lonnroth, économiste et ancien membre du Parlement suédois. L’article montrait de manière détaillée comment certains économistes, au nombre desquels plusieurs récipiendaires du prix de la Banque de Suède, avaient fait un mauvais usage des mathématiques en créant des modèles de dynamiques sociales irréalistes. «Jamais, dans la correspondance d’Alfred Nobel, on ne trouve la moindre mention concernant un prix en économie, nous a précisé M.Peter Nobel dans un entretien exclusif. La Banque royale de Suède a déposé son oeuf dans le nid d’un autre oiseau, très respectable, et enfreint ainsi la ´´marque déposée´´ Nobel. Les deux tiers des prix de la Banque de Suède ont été remis aux économistes américains de l’école de Chicago, dont les modèles mathématiques servent à spéculer sur les marchés d’actions - à l’opposé des intentions d’Alfred Nobel, qui entendait améliorer la condition humaine.» Une imposture scientifique est mise en cause. Si cette controverse n’a guère de chances de figurer au menu des élites regroupées à Davos, dans la Suisse enneigée, elle mériterait d’être à l’ordre du jour du Forum social mondial de Porto Alegre.
Pour tourner en dérision le prix Nobel, des universitaires de renom ont créé l’Ig Nobel Prize qui rend chaque année honneur aux gens dont les accomplissements «ne peuvent pas ou ne doivent pas être reproduits» (la reproductibilité étant un des critères de la méthode scientifique). L’expression reprend le nom d’une revue irrévérencieuse des années 1960, The Journal of Unreproducible Results. Dix prix sont donnés chaque année à quelques personnes qui ont fait des choses remarquablement bêtes parfois admirables, mais parfois pas. Les prix sont présentés à l’université Harvard avec le patronage de la revue d’humour en science Annals of Improbable Research. Les premiers prix IgNobel ont été remis en 1991. Le nom est un jeu de mots qui se moque des prix Nobel: en anglais, «Ig Nobel» se prononce approximativement comme le mot «ignoble». Plusieurs lauréats parmi eux, en physique: Thomas M.Kyle, authentique farceur, pour sa découverte de l’élément le plus lourd de l’univers, l’Administratium, qui comprend un neutron, huit neutrons-assistants, 35 vice-neutrons et 256 vice-neutrons-assistants. En mathématiques: l’Église baptiste sudiste de l’Alabama, mesureuse mathématique de moralité, pour ses estimations comté par comté du nombre de citoyens d’Alabama destinés à l’enfer sans repentir. Enfin, en psychologie: David Dunning de l’université de Cornell et Justin Kreuger de l’université de l’Illinois, pour leur modeste étude, «Incapables et inconscients de l’être: comment la difficulté de reconnaître sa propre incompétence mène à une surévaluation de soi». Improbable Research, a pour thème «Les recherches qui font d’abord rire puis réfléchir». Le succès de cette gentille mascarade ne se dément pas, au contraire. Il semble qu’il augmente d’année en année. Alors que les prix ont longtemps été remis, le plus souvent, en l’absence des intéressés, les lauréats 2006 n’ont pas hésité à faire le voyage à Harvard pour se prêter au jeu, et dans le monde entier, on se fait l’écho de cette cérémonie pour rire. Selon l’agence canadienne, Science Presse, les journaux ont mieux couvert les Ig Nobel que les vrais prix Nobel...
Les dynamiques souterraines qui président aux désignations des prix Nobel sont loin d’être simples. Ce n’est pas demain que l’on verra une alternative crédible pour prendre en charge les «Nobels» qui représentent les compétences des 80% restant de la planète.


Source l’Expression
 
Le Pèlerin
par Le Pèlerin publié dans : Les Acteurs de la Paix
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Dimanche 14 octobre 2007

Le prix Nobel de la Paix décerné à Al Gore

La défense de l'environnement est "une urgence planétaire" a déclaré le nouveau prix Nobel de la Paix, Al Gore 


Al-Gore.jpg

 
L'ancien vice-président américain partage ce prix avec le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), panel de l'Onu sur le climat, présidé par l'Indien Rajendra Pachauri.

Al Gore, en guerre contre le réchauffement climatique, remarqué par son documentaire "Une vérité qui dérange", faisait partie des favoris
 
 
Lors d'une apparition en public en Californie, près de neuf heures après l'annonce à Oslo de son prix Nobel de la paix, Al Gore a promis de se remettre immédiatement au travail face à l'"urgence planétaire".
 
"Il va nous falloir trouver rapidement les moyens de modifier la conscience qu'a le monde de la situation exacte à laquelle nous sommes confrontés", a souligné l'ancien vice-président américain reconverti dans la défense de l'environnement.

 "Il s'agit du défi le plus risqué auquel nous ayons jamais eu à faire face, mais c'est aussi une formidable occasion de provoquer des changements que nous aurions de toutes façons à faire pour d'autres raisons", a-t-il dit à Palo Alto.

"Pour ma part, je ferai tout pour essayer de trouver comment mettre à profit l'honneur et la reconnaissance de ce prix pour accélérer l'évolution des consciences et de l'urgence. Il s'agit réellement d'une urgence planétaire et nous devons y répondre rapidement.
 
"Je retourne immédiatement au travail, ce n'est qu'un début", a-t-il conclu sans répondre aux quelque 70 journalistes qui le pressaient de questions, cherchant notamment à savoir si sa distinction l'avait convaincu de briguer l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2008.
 
Bien que beaucoup souhaitent sa candidature, Gore, battu en 2000 par George Bush, a exclu cette hypothèse.

Jeudi, la littérature était à l'honneur, avec l'attribution du Nobel à la Britannique Doris Lessing pour ses oeuvres engagées.

La remise des prix a débuté lundi avec le Nobel de médecine et s'achève en fin de semaine avec l'attribution du Nobel de l'Economie
 
 
Lors d'une apparition en public en Californie, près de neuf heures après l'annonce à Oslo de son prix Nobel de la paix, Al Gore a promis de se remettre immédiatement au travail face à l'"urgence planétaire".
 
"Il va nous falloir trouver rapidement les moyens de modifier la conscience qu'a le monde de la situation exacte à laquelle nous sommes confrontés", a souligné l'ancien vice-président américain reconverti dans la défense de l'environnement.

 "Il s'agit du défi le plus risqué auquel nous ayons jamais eu à faire face, mais c'est aussi une formidable occasion de provoquer des changements que nous aurions de toutes façons à faire pour d'autres raisons", a-t-il dit à Palo Alto.

"Pour ma part, je ferai tout pour essayer de trouver comment mettre à profit l'honneur et la reconnaissance de ce prix pour accélérer l'évolution des consciences et de l'urgence. Il s'agit réellement d'une urgence planétaire et nous devons y répondre rapidement.
 
"Je retourne immédiatement au travail, ce n'est qu'un début", a-t-il conclu sans répondre aux quelque 70 journalistes qui le pressaient de questions, cherchant notamment à savoir si sa distinction l'avait convaincu de briguer l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2008.
 
Bien que beaucoup souhaitent sa candidature, Gore, battu en 2000 par George Bush, a exclu cette hypothèse.

Jeudi, la littérature était à l'honneur, avec l'attribution du Nobel à la Britannique Doris Lessing pour ses oeuvres engagées.

La remise des prix a débuté lundi avec le Nobel de médecine et s'achève en fin de semaine avec l'attribution du Nobel de l'Economie
       
L'ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore, lauréat du prix Nobel de la Paix - France 3
 
Source FR3
 
Le Pèlerin
par Le Pèlerin publié dans : Les Acteurs de la Paix communauté : Toulouse Tamanrassett
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Mardi 6 février 2007

 Henry Dunant l'Algérien

Henry Dunant est né le 8 mai 1828 à Genève. Il est issu d'une vieille famille bourgeoise calviniste, pieuse pratiquant la charité.

 

 

 

A l'école : un cancre

Printemps 1842. Nous sommes dans le bureau du directeur du collège Calvin, à Genève. L'atmosphère est pesante car les autorités scolaires ont convoqué un honorable citoyen, Jean-Jacques Dunant, et son fils pour leur dire de tristes vérités. Le directeur ouvre les feux :

– Monsieur Dunant, j'ai le regret de vous apprendre que votre fils Henry[1] est en situation d'échec, de grave échec. Jugez plutôt. Cette année, il refait sa quatrième latine et malgré cela il reçoit les plus mauvaises notes de toute sa classe (39 élèves) : 2 (sur 8) au premier semestre, 2 au second. Son maître, M. Bonifas ici présent, ne sait plus que faire de lui.

– M. le directeur, ma femme et moi-même, nous sommes consternés. Malgré des leçons privées, lesquelles nous coûtent fort cher, Henry n'a pas progressé. Comment l'aider ?

– Hélas, le collège ne peut plus le garder. Surtout après deux échecs si marqués, et deux années de suite.

– Mais, plaide le malheureux garçon, j'ai remporté plusieurs fois le prix de piété !

– Ça ne suffit pas, Henry, réplique le directeur. Même pour devenir pasteur, il faut le latin, le grec, l'hébreu ! Et si tu veux te faire une bonne place dans le commerce, comme ton père, tu dois maîtriser le latin, le français et le calcul.

Ainsi, Henry Dunant quitte le collège Calvin sur un terrible échec. Il a 14 ans. Lui, l'aîné de cinq enfants, il vient de décevoir cruellement ses parents. Que va-t-il faire ? Une école privée semble exclue parce que sa famille a des soucis d'argent, bien qu'elle appartienne à la bonne société par sa mère Nancy, née Colladon.

Heureusement, l'école n'est pas tout. L'adolescent met ses forces dans l'instruction religieuse. On le voit souvent aux sermons du pasteur Louis Gaussen, à la chapelle de l'Oratoire, où il se nourrit littéralement du «Réveil» de l'église protestante.[2] Il s'initie aux mystères des Prophéties et de l'Apocalypse. Il apprend à consulter la Bible à chaque instant. Et, c'est le plus important, il prend l'habitude de mettre en pratique, dans sa vie quotidienne, les commandements de charité et d'amour chrétiens : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même».

D'ailleurs, ses parents lui montrent l'exemple. Sa mère en recevant des orphelines dans leur propriété de La Monnaie, à Montbrillant. Son père en consacrant de son temps au Bureau de bienfaisance où l'on aide les pauvres à trouver nourriture et logement. En effet, dans la Genève des années 1840, la misère, la famine sévissent encore.

Ses prix de piété ne sont pas que des mots creux ; en digne fils, Henry s'engage aussi dans la philanthropie. Lui, il se propose de visiter les plus misérables des misérables : les prisonniers. Probablement à la prison de l'Evêché (entre le collège et la cathédrale Saint-Pierre), il leur lit la Bible, le dimanche, ainsi que des récits de voyage. Peut-être pour leur permettre de s'évader par le rêve… A cette époque, la vie des prisonniers est très dure. Ni journaux, ni – bien sûr – radio ou télévision. Cellules non chauffées, même en hiver. Coupés du monde, les détenus ressemblent trop souvent à des enterrés vivants. Quel réconfort ont dû leur apporter les visites de ce jeune homme bien mis, enthousiaste et chaleureux ! Quel courage, mais aussi quelle expérience enrichissante pour ce fils de bonne famille.

Sa vie en Algérie

 

Il entre en apprentissage dans une banque genevoise. Plus tard à l'âge de 25 ans, il part en Algérie pour y prendre la direction de la colonie suisse de Sétif (ville algérienne). Il se lance dans la construction d'un moulin à blé, mais n'obtient pas la concession de territoire indispensable pour le faire fonctionner.

Il décide alors de rencontrer Napoléon III pour acquérir les documents nécessaires à ses affaires. Pour cela il doit se rendre au nord de l'Italie dans la ville de Solferino où l'empereur est à la tête des armées franco-sardes qui se battent contre les forces autrichiennes.

 

C'est une bataille extrêmement meurtrière. Des milliers de blessés agonisent faute de soins. Des appels aux secours restent sans réponse. C'est la vue de cette bataille, qui de retour à Genève, lui fera écrire " Un souvenir de Solferino" où il formule un double vœu : d'une part que se constitue en temps de paix des sociétés de secours formées par des volontaires qui en cas de conflits, donneraient soins aux blessés ; d'autre part que ces volontaires chargés d'assister les services sanitaires des armées, soient reconnus et neutralisés par un accord international. Les deux années qui suivent la sortie de son livre voient la concrétisation des projets de Dunant. En 1863, le comité des cinq est créé, il deviendra plus tard : le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

 

Il meurt dans la chambre d'un hospice de Heiden, où il passe dans l'oubli et l'indifférence les 18 dernières années de sa vie.

Le Prix Nobel de la Paix

Le 10 décembre 1901 Henry Dunant se voit décerner le premier prix Nobel de la paix, fondateur de la Croix-Rouge, il voit ainsi ses efforts récompensés.

Son livre,"Souvenir de Solférino" trouve un écho partout, dans les cours européennes, dans les ministères et les rédactions : les félicitations pleuvent sur Henry Dunant. Cependant seul un homme saura véritablement entendre l'appel de Dunant, c'est Gustave Moynier, président de la Société genevoise d'utilité publique. Grâce à son soutien, le "Comité international et permanent de secours aux miliaires blessés en temps de guerre", composé du Général Dufour comme président, du Dr. Louis Appia, du Dr. Théodore Maunoir, de Gustave Moynier et de Henry Dunant comme secrétaire, voit le jour en février 1863. Ce Comité deviendra en 1875 le fameux "Comité International de la Croix-Rouge" (CICR).

 

 

 

Sources diverses Internet

 

 

 

Le Pèlerin

 

par henrithoa publié dans : Les Acteurs de la Paix
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Lundi 22 janvier 2007

L'Abbé Pierre est décédé 

Je vous avais fait part des difficultés que connaissait l’abbé Pierre et vous avais fait part le 17 janvier de son hospitalisation. Je craignais en effet le pire..et le pire estr arrivé.   

En hommage à ce grand home je vous avais fait parvenir une biographie de sa personne. 

Il laisse un grand vide… 

Un hommage solennel lui sera rendu Vendredi 26 en Notre Dame de Paris. 

L'abbé Pierre, fondateur des compagnons d'Emmaüs, est décédé lundi 22 janvier à 05H25 à l'hôpital du Val de grâce .

L'Abbé Pierre, fondateur des compagnons d'Emmaüs, résistant et ancien député, est décédé lundi à l'âge de 94 ans à l'hôpital parisien du Val de grâce où il était hospitalisé depuis une semaine. 

"L'abbé Pierre est mort cette nuit à 5H25 au Val de Grâce entouré de quelques proches", a indiqué Martin Hirsch. "L'infection pulmonaire pour laquelle il avait été hospitalisé après une amélioration tout au long de la semaine l'a finalement emporté".

L'abbé Pierre, de son nom Henri Grouès, était hospitalisé depuis le 14 janvier.
Il avait fondé la première communauté Emmaüs en 1949. En février 1954, il lança un appel resté célèbre sur les ondes de Radio Luxembourg en faveur des sans-abri. Il fut longtemps la personnalité préférée des Français.
Le président Jacques Chirac s'est dit lundi matin "bouleversé d'apprendre le décès de l'abbé Pierre", ajoutant que "c'est toute la France qui est touchée au coeur". "Le président de la République est bouleversé d'apprendre le décès de l'Abbé Pierre, pour lequel il éprouvait un immense respect et une profonde affection", a indiqué l'Elysée dans un communiqué.
L'abbé Pierre, de santé fragile du fait de ses 94 ans, vivait à Alfortville (Val-de-Marne) et faisait des contrôles de santé de plus en plus fréquemment.
"Il était prévu que l'abbé Pierre soit hospitalisé pour un bilan de santé" mais son admission le 14 janvier au Val de Grâce avait été anticipée du fait d'"une petite infection", avait alors déclaré Martin Hirsch. 

L'Abbé Pierre infatigable Pèlerin des sans-toit
Fondateur des compagnons d'Emmaus, résistant et ancien député, l'Abbé Pierre, avait consacré sa vie aux déshérités. 

Le curé des pauvres, de son vrai nom Henri Grouès, restera dans le souvenir de ses contemporains cette frêle silhouette drapée dans sa soutane ou son long manteau noir, portant béret, canne et godillots. Le visage émacié à la barbe grise, il frappait par son regard brûlant, son espièglerie et sa véhémence convaincante.
Mystique, il choisit dès l'enfance son destin et son combat : la lutte contre la pauvreté. A 18 ans, il distribue son patrimoine hérité d'un père "soyeux" lyonnais à des oeuvres charitables et rejoint les Capucins, le plus pauvre des ordres mendiants.
Résistant actif sous l'Occupation - où il adopte son pseudonyme - il choisit la politique à la Libération et est élu député chrétien-démocrate (MRP) de Meurthe-et-Moselle, jusqu'à sa démission en 1951. Il consacre ses indemnités parlementaires au financement des premières cités d'urgence.
En 1949, il a l'idée de génie de créer la communauté Emmaüs fondée sur le principe de demander aux exclus de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins en récoltant les surplus des nantis, rompant ainsi avec la charité traditionnelle.
Hiver 1954 : Une femme meurt de froid dans la rue. L'abbé lance un appel pathétique en faveur des sans-abri sur les ondes de Radio Luxembourg qui suscite un gigantesque élan de solidarité. Le religieux comprend alors le poids des médias.
Sa vie n'est que fidélité à son action contre "le chancre de la pauvreté" et à sa méthode, les "coups de gueule" par voie de presse.
"Les médias existent, il serait idiot de ne pas les utiliser", dit-il un jour avec candeur. Il aurait pu tenir le même raisonnement à propos des hommes politiques, qu'il bousculait, de quelque bord qu'ils soient, refusant toute récupération.
Revenu sur le devant la scène dans les années 80, il soutient Coluche et ses "Restaurants du coeur", martelant qu'"avoir faim à Paris est intolérable".
En 1994, quarante ans après son premier cri pour les sans-logis, l'abbé lance un nouvel appel, dirigeant sa colère non plus sur l'Etat, mais sur les maires des grandes villes, coupables d'impéritie en matière de logement des plus démunis. Tenace, il recommence en 2004.
Toujours "sur le terrain", l'abbé soutient les occupations d'immeubles vides par les militant de l'association Droit au logement (DAL) ou par les Africains expulsés de l'église Saint-Ambroise à Paris en 1996.
Promu Grand officier de la Légion d'Honneur en 1992, il repousse cette distinction avec fracas - il ne l'acceptera qu'en 2001 - pour protester contre le refus du gouvernement d'attribuer des logements vides aux sans-logis, coup d'éclat qui contribue à faire appliquer la loi de réquisition.
Aucune souffrance ne le laissait indifférent : en 1993, il écrit au président Mitterrand pour réclamer une intervention militaire en Bosnie-Herzégovine, où, dit-il, "les limites du crime sont dépassées".
Trois ans plus tard, il provoque le désarroi chez ses proches en apportant son soutien au philosophe Roger Garaudy, auteur d'un livre révisionniste. Puis il s'explique et se repent.
Au soir de sa vie, le prêtre chiffonnier évoquait la mort comme "une impatience" : "La mort, c'est la sortie de l'ombre. J'en ai envie. Toute ma vie, j'ai souhaité mourir". 

"Mes amis, au secours !" 

"Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures": c'est ainsi que commençait l'abbé Pierre, le 1er février 1954, en lançant, sur les ondes de Radio-Luxembourg, un appel pour les sans-abri qui devait devenir le symbole de son combat pour le droit au logement.

"Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures", dit le jeune prêtre au regard brûlant, "sur le trottoir du boulevard de Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel avant-hier on l'avait expulsée. Chaque nuit, ils sont plus de 2.000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu".

"Devant tant d'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent (...) Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait une couverture, paille, soupe, et où on lise sous ce titre "Centre fraternel de dépannage" ces quelques mots: +toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprend espoir, ici on t'aime+".

"La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l'hiver, que ces centres subsistent. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes: la volonté de rendre impossible que cela dure."

"Il nous faut pour ce soir et, au plus tard pour demain, 5.000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques".

"Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou les quais de Paris. Merci!"

A la suite de cet appel, le gouvernement élabore en toute hâte un "plan d'urgence" pour la construction de 12.000 logements de première nécessité.

Quarante ans plus tard, sur les mêmes ondes de RTL, c'est un vieil homme à la barbe blanche, mais le regard toujours de braise, qui demandait une fois de plus aux Français de "se réveiller" et de "faire la guerre contre la misère". Il s'en prenait cette fois directement aux municipalités : "vous les élus, il est temps d'agir pour que tout le monde ait un logement" (...) "La France doit bâtir, elle en a les moyens". 

Source FR2 , information relayée par :  

 

Le Pèlerin

par henrithoa publié dans : Les Acteurs de la Paix
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Mercredi 17 janvier 2007

Henri Grouès, dit Abbé Pierre (né en 1912)

Biographie de l'abbé Pierre

 

 

 

J’apprends ce jour, que l’Abbé  Pierre est hospitalisé au Val de grâce par un communication de la «Dépêche du Midi» suivante:

Début de citation 

« Nous n'avions pas l'intention de faire état de cette hospitalisation mais comme il y a eu des indiscrétions, nous préférons rendre publique la nouvelle. » Martin Hirsch, président d'Emmaus France a révélé hier que l'abbé Pierre, fondateur de la communauté des chiffonniers d'Emmaus  en 1949 avait été admis dimanche à l'hôpital du Val de Grâce à Paris. « II était prévu que l'abbé Pierre soit hospitalisé pour un bilan de santé mais, comme