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Mercredi 26 mars 2008

La Flambelle

 laflambelle.jpg

 


Une femme présida certainement à la créa­tion de La Flambelle... Ce domaine qui fut exploité méthodiquement devint, au XXe siècle, une pépinière fort réputée. Maintenant la pro­priété a été presque entièrement urbanisée. Seuls rescapés des temps anciens demeurent Vélégant château et le pigeonnier. Le jardin a été égale­ment conservé et offre un espace très prisé au cœur de ce nouveau quartier de Toulouse.


A l'origine de La Flambelle, il fallait rechercher le nom d'une femme : Na-Flambella - na diminutif de dona. Or, d'après le notaire Peyronis, une certaine Austrugue Flambelle vivait à Toulouse aux envi­rons de 1440. Ce fut elle qui eût pu donner son nom à ce domaine d'Ardenne haute. Au XVe siècle, un épicier de Toulouse, Bernard Dupuy, possédait ce vaste terroir de cent trois arpents comprenant deux bordes : Là Flambelle - quatre-vingts arpents - et Antioque - vingt-trois arpents. Pour sa propriété, Bernard Dupuy payait de bonne grâce les quarante sous d'oblie au prieur de la Daurade. Ses héritiers, son fils Jean Dupuy et sa fille Philippie, mariée à messire Barthélémy Ynard, refusaient d'un commun accord de s'acquitter de cette dette. La mort de Jean interrompit ce qui eût pu donner lieu à un long procès, car Philippe consentit à une nouvelle reconnaissance féodale au bénéfice d'Amaury de Senergues, prieur de la Daurade. Ce dernier, pour montrer sa bonne volonté réduisit confortablement la somme exigée...

Morcelé, le domaine vendu à la fin du XVe siècle fut acquis par Jear. Bulle, nobles Eustache et Barthélémy Ynard, nobles Jacques e: Raymond-Arnaud de Beauvoir. Le 18 mars 1502, Jean Bulle jeune, vendit à noble Bernard de Bassabat, seigneur de Pordéac en Arma­gnac, cinquante-sept arpents de terre confrontant avec le chemin qu: va du château Saint-Michel à Saint-Simon en passant par la fontaine sur le grand chemin de Toulouse à Colomiers. François Doulhon, fiU de Géraud Doulhon, capitoul en 1547-1548, était propriétaire du domaine avant 1571 : les héritiers de feu Me François Doulhon tiennes: une borde, maison, champs, bois et vigne, en tout 110 arpents. Cette famille réunit, en une exploitation unique, les terres des Bassabat et des Beau­voir. Entrée par son mariage dans une illustre famille de parlemen­taires toulousains - les Potier, seigneurs de la Terrasse, près de Carboi de Saint-Élix et de Castelnouvel -, Bourguine de Doulhon, fille de François, hérita du domaine paternel. Jean de Potier fit rebâtir le man de La Flambelle.

 

Son époux étant mort en 1669, la veuve de Jean de Potier décida de vendre le domaine à Jean de Roger, un riche marchand de Tou­louse, qui le légua ensuite à sa femme Bertrande d'Abadie. Le cadastre dressé en 1680 nous renseignait : une méttairie appelée Laflambelle ait: maison, jardin, pred, terres et bois, tailhis appelé Vamphithéâtre, ayan chemin de service passant entre ces terres, en tout 63 arpents.

Le 1er mars 1715, noble Jean-Gabriel Guy acheta le domaine noble Jean de Lagauzie, vice-sénéchal d'Armagnac. Le prix avait été fixé à la somme de seize mille neuf cents livres. Un mois et demi après son acquisition, Jean-Gabriel Guy affermait les terres de son domaine, par un contrat à demi fruits, à Antoine Rodoulès, laboureur de Cas-selardit. Celui-ci s'engageait à habiter La Flambelle et y faire le travail nécessaire, savoir : six voltes de labour aux terres, le curage des fossés et le nettoyage des contre-ornières, aller à Eouconne chercher dix bûchers de bois it à Laramet le brouc, c'est-à-dire la bruyère nécessaire pour couvrir les paroits de terre qui fermaient le jardin.. .(3) Jean-Gabriel Guy qui habi­tait à Toulouse, rue du Secourieu, fut porté à la charge capitulaire en 1722. Cette même année, il renouvela la reconnaissance de son fief de La Flambelle au prieur de la Daurade, son seigneur direct. Le domaine comprenait cent dix arpents dont quarante-sept cédés à bail emphytéotique à seize particuliers parmi lesquels Thomas Lasserre, docteur en médecine et Guillaume Lacan, marchand.

Depuis qu'il avait été capitoul, Jean-Gabriel Guy ajoutait le nom de son fief au sien et signait désormais : Jean-Gabriel Guy de La Flambelle. Il mourut le 27 novembre 1737 après avoir institué sa femme héritière de ses biens. Elle avait la charge de transmettre l'hé­rédité de feu son mari à son neveu Jean-Pierre Guy - fils de son frère -ou à Jean Roux - fils de sa sœur -, entendu que La Flambelle ne pouvait en aucun cas être vendue ni aliénée, mais léguée à un mâle habile à trans­mettre et si Jean Roux était choisi, il l'obligerait à porter son nom et ses armes^ Effectivement ce dernier devint l'héritier et, selon le désir avunculaire, prit le nom de Jean Roux-Guy de La Flambelle. Le 28 avril 1739, il épousa demoiselle Perrette Darolles de Souléry, pleinement conscient de la volonté de son oncle défunt qui avait voulu que La Flambelle fut donnée à « un mâle habile à transmettre »...

Jean Roux-Guy de La Flambelle désirait que le vieux manoir pût être remplacé par un bâtiment plus à son goût. Il voulait en effet séjourner le plus souvent possible au cœur de son domaine qui com­prenait : maison, cour, jardin, pigeonnier, verger et métairie, sol et pacage... soit 42 arpents, 3pugnères, 4 boisseaux. Le château qu'il fit élever était de plan rectangulaire. Le corps central de la façade principale dispo­sait d'un rez-de-chaussée et d'un étage coiffé d'une balustrade. Les ouvertures de ces deux niveaux étaient percées de portes-fenêtres enca­drées de pilastres doriques. Les autres fenêtres de la façade furent sur­montées, à l'étage, de terres cuites. Jean Roux-Guy de La Flambelle put apprécier sa belle demeure jusqu'au moment de la Révolution...

Au début du xixe siècle, Jean Sarrus aîné, qui avait déjà acquis le château de Saint Michel du Touch - voir Ancely -, acheta La Flambelle. Mais, en 1825, il s'en sépara au profit de M. Ramel. Le cadastre établi en 1829 mentionnait que le domaine appartenait à la baronne Leroy qui possédait : maison et cour, sol, bâtiment rural, pigeon­nier, jardin potager, vigne, terres.^ Jusqu'au départ de Charles Sans-Leroy, député de l'Ariège, La Flambelle demeura au sein d'une même famille un siècle durant.

Les Pourailly se rendirent acquéreur de La Flambelle en 1928. Dans un domaine plus ou moins laissé à l'abandon, cette famille fit planter seize hectares de vergers. Les nouveaux propriétaires orientèrent d'abord leur activité vers les plans d'arbres fruitiers avant de surtout se consacrer aux plantes d'ornement. Leur production était connue et réputée bien au-delà de Toulouse. Une célèbre affiche publicitaire représentait le pigeonnier rond « transformé » en moulin par l'adjonction d'ailes en bois... Les pépinières cessèrent pourtant d'être exploitées en 1987.

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Une grande partie du domaine de la famille Pourailly fut alors vendue pour permettre la réalisation d'un ambitieux projet immobi­lier. Le programme comprenait des logements, des bureaux, deux hôtels - quatre-vingt-cinq et cinquante-trois chambres -, des com­merces. Un lieu de culte, l'église Sainte-Marguerite, a même été édifié et s'ouvre en bordure de l'avenue des arènes romaines, sur les terres des anciennes pépinières. Devant le château, les jardins et le parc - classé tc - servent aujourd'hui d'espace public aux nouveaux habi­tants de petits immeubles collectifs construits en lisière. Satisfaites ces populations allogènes savourent, auprès des buis, le plaisir de se pro­mener au cœur d'aimables perspectives.

 

Source : Les Châteaux de Toulouse

 

Le Pèlerin

par Le Pèlerin publié dans : Toulouse - Les Arènes Romaines
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Lundi 24 mars 2008

La Flambelle

 laflambelle.jpg

 


Une femme présida certainement à la créa­tion de La Flambelle... Ce domaine qui fut exploité méthodiquement devint, au XXe siècle, une pépinière fort réputée. Maintenant la pro­priété a été presque entièrement urbanisée. Seuls rescapés des temps anciens demeurent Vélégant château et le pigeonnier. Le jardin a été égale­ment conservé et offre un espace très prisé au cœur de ce nouveau quartier de Toulouse.


A l'origine de La Flambelle, il fallait rechercher le nom d'une femme : Na-Flambella - na diminutif de dona. Or, d'après le notaire Peyronis, une certaine Austrugue Flambelle vivait à Toulouse aux envi­rons de 1440. Ce fut elle qui eût pu donner son nom à ce domaine d'Ardenne haute. Au XVe siècle, un épicier de Toulouse, Bernard Dupuy, possédait ce vaste terroir de cent trois arpents comprenant deux bordes : Là Flambelle - quatre-vingts arpents - et Antioque - vingt-trois arpents. Pour sa propriété, Bernard Dupuy payait de bonne grâce les quarante sous d'oblie au prieur de la Daurade. Ses héritiers, son fils Jean Dupuy et sa fille Philippie, mariée à messire Barthélémy Ynard, refusaient d'un commun accord de s'acquitter de cette dette. La mort de Jean interrompit ce qui eût pu donner lieu à un long procès, car Philippe consentit à une nouvelle reconnaissance féodale au bénéfice d'Amaury de Senergues, prieur de la Daurade. Ce dernier, pour montrer sa bonne volonté réduisit confortablement la somme exigée...

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Morcelé, le domaine vendu à la fin du XVe siècle fut acquis par Jear. Bulle, nobles Eustache et Barthélémy Ynard, nobles Jacques e: Raymond-Arnaud de Beauvoir. Le 18 mars 1502, Jean Bulle jeune, vendit à noble Bernard de Bassabat, seigneur de Pordéac en Arma­gnac, cinquante-sept arpents de terre confrontant avec le chemin qu: va du château Saint-Michel à Saint-Simon en passant par la fontaine sur le grand chemin de Toulouse à Colomiers. François Doulhon, fiU de Géraud Doulhon, capitoul en 1547-1548, était propriétaire du domaine avant 1571 : les héritiers de feu Me François Doulhon tiennes: une borde, maison, champs, bois et vigne, en tout 110 arpents. Cette famille réunit, en une exploitation unique, les terres des Bassabat et des Beau­voir. Entrée par son mariage dans une illustre famille de parlemen­taires toulousains - les Potier, seigneurs de la Terrasse, près de Carboi de Saint-Élix et de Castelnouvel -, Bourguine de Doulhon, fille de François, hérita du domaine paternel. Jean de Potier fit rebâtir le man de La Flambelle.

Son époux étant mort en 1669, la veuve de Jean de Potier décida de vendre le domaine à Jean de Roger, un riche marchand de Tou­louse, qui le légua ensuite à sa femme Bertrande d'Abadie. Le cadastre dressé en 1680 nous renseignait : une méttairie appelée Laflambelle ait: maison, jardin, pred, terres et bois, tailhis appelé Vamphithéâtre, ayan chemin de service passant entre ces terres, en tout 63 arpents.

Le 1er mars 1715, noble Jean-Gabriel Guy acheta le domaine noble Jean de Lagauzie, vice-sénéchal d'Armagnac. Le prix avait été fixé à la somme de seize mille neuf cents livres. Un mois et demi après son acquisition, Jean-Gabriel Guy affermait les terres de son domaine, par un contrat à demi fruits, à Antoine Rodoulès, laboureur de Cas-selardit. Celui-ci s'engageait à habiter La Flambelle et y faire le travail nécessaire, savoir : six voltes de labour aux terres, le curage des fossés et le nettoyage des contre-ornières, aller à Eouconne chercher dix bûchers de bois it à Laramet le brouc, c'est-à-dire la bruyère nécessaire pour couvrir les paroits de terre qui fermaient le jardin.. .(3) Jean-Gabriel Guy qui habi­tait à Toulouse, rue du Secourieu, fut porté à la charge capitulaire en 1722. Cette même année, il renouvela la reconnaissance de son fief de La Flambelle au prieur de la Daurade, son seigneur direct. Le domaine comprenait cent dix arpents dont quarante-sept cédés à bail emphytéotique à seize particuliers parmi lesquels Thomas Lasserre, docteur en médecine et Guillaume Lacan, marchand.

Depuis qu'il avait été capitoul, Jean-Gabriel Guy ajoutait le nom de son fief au sien et signait désormais : Jean-Gabriel Guy de La Flambelle. Il mourut le 27 novembre 1737 après avoir institué sa femme héritière de ses biens. Elle avait la charge de transmettre l'hé­rédité de feu son mari à son neveu Jean-Pierre Guy - fils de son frère -ou à Jean Roux - fils de sa sœur -, entendu que La Flambelle ne pouvait en aucun cas être vendue ni aliénée, mais léguée à un mâle habile à trans­mettre et si Jean Roux était choisi, il l'obligerait à porter son nom et ses armes^ Effectivement ce dernier devint l'héritier et, selon le désir avunculaire, prit le nom de Jean Roux-Guy de La Flambelle. Le 28 avril 1739, il épousa demoiselle Perrette Darolles de Souléry, pleinement conscient de la volonté de son oncle défunt qui avait voulu que La Flambelle fut donnée à « un mâle habile à transmettre »...

Jean Roux-Guy de La Flambelle désirait que le vieux manoir pût être remplacé par un bâtiment plus à son goût. Il voulait en effet séjourner le plus souvent possible au cœur de son domaine qui com­prenait : maison, cour, jardin, pigeonnier, verger et métairie, sol et pacage... soit 42 arpents, 3pugnères, 4 boisseaux. Le château qu'il fit élever était de plan rectangulaire. Le corps central de la façade principale dispo­sait d'un rez-de-chaussée et d'un étage coiffé d'une balustrade. Les ouvertures de ces deux niveaux étaient percées de portes-fenêtres enca­drées de pilastres doriques. Les autres fenêtres de la façade furent sur­montées, à l'étage, de terres cuites. Jean Roux-Guy de La Flambelle put apprécier sa belle demeure jusqu'au moment de la Révolution...

Au début du xixe siècle, Jean Sarrus aîné, qui avait déjà acquis le château de Saint Michel du Touch - voir Ancely -, acheta La Flambelle. Mais, en 1825, il s'en sépara au profit de M. Ramel. Le cadastre établi en 1829 mentionnait que le domaine appartenait à la baronne Leroy qui possédait : maison et cour, sol, bâtiment rural, pigeon­nier, jardin potager, vigne, terres.^ Jusqu'au départ de Charles Sans-Leroy, député de l'Ariège, La Flambelle demeura au sein d'une même famille un siècle durant.

Les Pourailly se rendirent acquéreur de La Flambelle en 1928. Dans un domaine plus ou moins laissé à l'abandon, cette famille fit planter seize hectares de vergers. Les nouveaux propriétaires orientèrent d'abord leur activité vers les plans d'arbres fruitiers avant de surtout se consacrer aux plantes d'ornement. Leur production était connue et réputée bien au-delà de Toulouse. Une célèbre affiche publicitaire représentait le pigeonnier rond « transformé » en moulin par l'adjonction d'ailes en bois... Les pépinières cessèrent pourtant d'être exploitées en 1987.

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Une grande partie du domaine de la famille Pourailly fut alors vendue pour permettre la réalisation d'un ambitieux projet immobi­lier. Le programme comprenait des logements, des bureaux, deux hôtels - quatre-vingt-cinq et cinquante-trois chambres -, des com­merces. Un lieu de culte, l'église Sainte-Marguerite, a même été édifié et s'ouvre en bordure de l'avenue des arènes romaines, sur les terres des anciennes pépinières. Devant le château, les jardins et le parc - classé tc - servent aujourd'hui d'espace public aux nouveaux habi­tants de petits immeubles collectifs construits en lisière. Satisfaites ces populations allogènes savourent, auprès des buis, le plaisir de se pro­mener au cœur d'aimables perspectives.

 

Source : Les Châteaux de Toulouse

 

Le Pèlerin

par Le Pèlerin publié dans : Toulouse - Les Arènes Romaines communauté : Bien à Toulouse
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Mardi 18 mars 2008

Le Château d’Ancely

 

Dans cette partie de Toulouse habitée depuis des temps forts reculés, les bénédictins firent bâtir un château. Après la Révolution il fut remplacé, à quelque distance, par un autre castel Celui-ci, à son tour, fut démoli pour laisser place à un nouveau quartier nommé Ancely...

 chateauancely.jpg

Ancely. Une demeure due à Urbain Vitry (Collection de l'auteur).

 

 

Impétueux dans ses derniers méandres, le Touch quitte son lit pour se fondre dans la Garonne en aval de Toulouse. Un escarpement entre fleuve et rivière témoigne depuis des siècles de ce mélange sans cesse renouvelé. C'est là, sur cet éperon, que les Romains édifièrent un temple présidant au mariage mystique des eaux. Dans l'Antiquité, le point de confluence de l'élément aqueux était privilégié et considéré comme favorable aux divinités salutaires. Mais, avant les Romains, ce site qui ne s'appela Ancely qu'à partir de la fin du XIXème siècle, avait donné asile à diverses populations. Les premiers habitants apparte­naient à une civilisation néolithique de type chasséen. Les archéo­logues ont retrouvé divers gisements : fonds de cabanes, fosses palissades et tombes. Il existe aussi des traces d'une occupation plus récente remontant à la protohistoire. C'est le cas pour l'âge du bronze dont une structure funéraire fut découverte au niveau de l'actuelle piscine d'An­cely. La civilisation qui la première aménagea le site de façon straté­gique fut celle de Tène. Deux grands fossés en forme d'arcs de cercle furent creusés sur ce promontoire. Datant de cette même époque, de nombreux fours de potiers disséminés sur le plateau semblent indi­quer une importante activité artisanale.

 

Bien après les Romains, ce furent les bénédictins de la Daurade qui, en 1241, prirent possession du site nommé Saint-Michel-du-Touch. Au sommet de la motte, le prieur fit édifier une maison for­tifiée. Ce château servait aux moines de but de promenade, au prieur de résidence d'été, aux habitants voisins de lieu de refuge et rappelait aux Toulousains les droits que revendiquaient les bénédictins sur la Garonne... En 1359, le comte de Poitiers s'y arrêta et attendit au château de Saint Michel le Chastel les Tooulouse les renseignements sur la marche des Anglais

Au XVIe siècle, le castel menaçait ruine. Sa reconstruction fut entreprise par Antoine d'Auriole, prieur de la Daurade qui n'hésita pas à faire piller l'amphithéâtre romain tout proche pour obtenir un matériau prêt à l'emploi ! Le nouveau château, de forme carrée était défendu à chaque angle par des tours rondes. Contre sa façade sud, s'ap­puyait la vieille église Saint-Michel-du-Touch. Détail savoureux, le château fut occupé en 1589 par des soldats plus bandits, filous et cor­rompus que chevaleresques. Les bénédictins firent appel aux capitouls pour les déloger et mettre à la place une garnison aux mœurs moins douteuses. À la fin des guerres de Religion, le bâtiment avait besoin d'une importante restauration. Elle fut menée grâce aux libéralités du cardinal de Joyeuse, archevêque de Toulouse et prieur commendataire de la Daurade.

Le château dressé sur son éperon au confluent du Touch et de la Garonne, avait fière allure. Mais les bases de cet escarpement n'étaient pas très solides et restaient soumises à l'érosion permanente des eaux de la rivière qui venaient les frapper perpendiculairement. Par acte du 27 février 1606, le prieur Jean Daffis, évêque de Lombez, fit rebâtir les murs d'enceinte du château avec leurs courtines et leurs créneaux. L'église paroissiale, dans le même temps, profita de réparations urgentes. Au fil des ans, la sévère bâtisse continuait à subir les affres de l'érosion. Dans les premières années du XVème siècle, des experts examinèrent la demeure et rendirent leurs conclusions : Les deux corps de logis sur le Touch et vers Blagnac ne peuvent se réparer et doivent être abattus. La belle façade qui regarde la Garonne et qui fait la beauté du château peut servir à former une nouvelle habitation avec quatre appartements prenant vue sur Toulouse. Les matériaux provenant de la démolition suffiront pour faire la réparation et construire sur le Touch une chaussée qui détournera les eaux et empêchera les éboulements ; ce qui sera inutilisé sera vendu pour payer les ouvriers. Ce rapport fut adopté par le Parlement qui rendit un arrêt favorable le 12 septembre 1722.

Saisi comme bien d'Eglise au moment de la Révolution, le domaine fut vendu aux enchères le 27 janvier 1791 au profit du citoyen Marmond. Le contrat de vente stipulait : Premièrement une maison de campagne connue sous le nom de château Saint-Michel de Toulouse, flan­quée de deux tours, dont jouissaient cy devant les P. Bénédictins de Tou­louse, construit en briques depuis peu d'années, très près de Véglise paroissiale de Saint-Michel ; bâtiments de métairie, grenier, fournial, chai et pigeon­nier ; trois petits jardins... sur deux de ses jardins sont 700 arbres fruitiers et 200 sur le troisième... une pièce de terre labourable, un pré, 6 cuves vinaires, 6 cuvats, 102 rusq-barriques, un pressoir, une paire de mules et un cheval de 11 ans, un troupeau de 60 brebis et 17 agneaux, deux char­rettes ferrées, etc, le tout pour la somme de quarante et un mille cent livres.

Deux ans plus tard, le 15 mai 1793, Marmond céda son domaine à Jean Sarrus aîné, pour la somme de quarante et un mille cent livres. L'acte fut signé par-devant Me Vidal, notaire. Au sud de l'escarpe­ment, non loin de l'ancien castel, Jean Sarrus fit édifier un nouveau château(4) « au goût du jour » qui allait être, quelques décennies plus tard, appelé « d'Ancely ». D'époque restauration, le bâtiment était pourvu d'un rez-de-chaussée, et surmonté d'un étage dans sa partie cen­trale. Au levant, deux tours s'élevaient face à la Garonne. Au cou­chant, la porte principale, encadrée d'une paire de colonnes de style dorique, s'ouvrait entre deux ailes en saillie. Les briques apparentes alternaient avec les surfaces des murs revêtus d'enduits. Les parties hautes étaient coiffées de balustres. Pour accéder à la demeure, il fallait emprunter une longue allée plantée de pins parasols.

A la mort de Jean Sarrus, en 1820, le domaine passa à son épouse née Jeanne Négrier. Quand survint son décès, en 1825, on apprit qu'elle avait fait don de ses nombreux biens aux hospices de Toulouse. Ses héritiers naturels ne l'entendirent pas de cette oreille et un retentissant procès fut intenté. La même année, le domaine vendu par décision judiciaire fut adjugé pour la somme de quarante mille vingt-cinq francs à M. Pages, avoué, qui agissait pour le compte de Jean-Pierre Sarrus, négociant à Toulouse. L'héritier qui avait gagné son procès, put goûter à la sérénité de sa belle propriété entre le Touch et la Garonne. Le 2 juillet 1848, sa fille Mathilde, mariée à Frédéric Lambert d'Adhémar, hérita du vaste domaine paternel. À son tour, elle transmit ce bien à son fils Elisabeth Lambert d'Adhémar après son décès survenu à Montpellier le 6 juin 1864. Mais l'héritier songeait à se séparer de son bien. Le 13 juin 1878 M. Lambert d'Adhémar vendit la proprié­té à Georges Ancely, grand négociant toulousain.

Georges Ancely savait goûter à la beauté et au charme de son domaine dont il aimait raconter la riche histoire. Aux beaux jours on pouvait le voir se promener dans le vaste parc, contempler la volière ou le petit édicule de pierre et de brique au fond duquel affleurait une source. De là, il pouvait à loisir admirer l'escarpement où se dressait l’ancien château Saint-Michel-du-Touch et regarder couler en contre­bas la petite rivière gasconne juste avant qu'elle ne se fondît dans la Garonne. En 1899, lorsque des ouvriers déracinèrent un arbre, au pied du château, Georges Ancely eut la joie de découvrir un petit buste de Jupiter Sérapis en marbre blanc. Cette trouvaille préluda à l'exhu­mation de briques, de restes de nature marmoréenne, de mosaïques, céramiques et divers objets tels des anneaux en bronze de type gaulois, des perles d'ambre et un gladiateur en fonte.

Le domaine de Georges Ancely passa ensuite à sa fille, mariée au professeur Garipuy. Cette famille, la dernière à occuper le château, songeait à vendre la propriété. Cette offre intéressa la ville de Tou­louse qui espérait voir s'installer en ces lieux la nouvelle école vétéri­naire qui devait remplacer celle située en haut des allées Jean Jaurès. Le maire Raymond Badiou fit la proposition suivante : Un emplace­ment répondant aux conditions générales nécessaires a été déterminé. Il s'agit de la propriété Garipuy située dans le quartier de Purpan... La ville de Toulouse sollicite la déclaration d'utilité publique de l'acquisition par ses soins en vue de rétrocession à l'Etat, soit à l'amiable, soit par voie d'ex­propriation de la propriété Garipuy, pour servir à l'installation de la nou­velle école vétérinaire".

Le domaine fut estimé à la somme de quinze millions de francs. Le maire de Toulouse ajouta : Par ailleurs il y a un dossier constitué, car cette propriété Garipuy a fait l'objet d'une pro­cédure d'acquisition de la part du ministère de l'Agriculture, il y a deux ans. L'acquisition par l'Etat n'avait échoué que par la suite d'une opposi­tion qui s'était produite, sur l'intervention de M. Garipuy père, aujourd'hui décédé, à la Commission centrale des contrôles des opérations immobilières...

En fin de compte, la municipalité de Toulouse allait revoir sa copie et la nouvelle école vétérinaire fut installée à l'emplacement du château Griffoulet - voir ce nom. Sur le domaine d'Ancely, la place était libre pour de nouveaux projets. Ce fut en fait un programme immobilier qui remporta l'adhésion. En 1960 la propriété fut acquise aux héritiers Garipuy par la société coopérative HLM de la Haute-Garonne qui, sur une superficie de dix-sept hectares, voulait édifier un ensemble comprenant huit cent cinquante logements environ...

Dès le mois de juin 1964 les archéologues occupèrent le terrain. Les fouilles furent poursuivies jusqu'en 1970. Pour conserver sur place le fruit de leurs découvertes, les chercheurs créèrent un musée sous l'immeuble « O » de l'allée d'Ancely. L'abbé Baccrabère publia un ouvrage sur l'étude menée in situ.

Le château élevé au début du XIXème siècle par Jean Sarrus ne fut pas conservé par le projet de la société coopérative HLM.  Sa masse harmonieuse disparut au cours du mois de mars 1965. Seules quelques pierres et les deux colonnes qui enca­draient la porte d'entrée furent préservées. Ces éléments lapidaires ont trouvé une nouvelle affectation et décorent désormais les abords de la piscine d'Ancely, créée pour la plus grande joie des habitants du quartier, à proximité de la « natatio » ou des anciens thermes romains !

 

Source : Les Châteaux de Toulouse

 

Le Pèlerin

 

par Le Pèlerin publié dans : Toulouse - Les Arènes Romaines communauté : Bien à Toulouse
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Dimanche 16 mars 2008

Le Château de Purpan

 

La famille du Barry, au XVIIT siècle,, s'ins­talla en trois lieux, toulousains remarquables pour leur maison et leur jardin. Guillaume fit édifier Reynerie, Jean-Baptiste l'hôtel de la place Saint-Sernin, Claire-Françoise etjeanne-Marie-Berthefirent construire Purpan. Chacun des frères et sœurs voulut éblouir Vautre par la richesse de la décoration de leurs demeures res­pectives. Malheureusement celle de Purpan a entièrement disparu...

galleriepurpandisparue.jpg

 Galerie de Purpan, aujourd'hui disparue

 

Léonard Rolland possédait, en 1487, un vaste domaine appelé alors Lavelanet. Ses héritiers en prirent possession dès 1502 mais, vendirent leur bien vers 1533 au conseiller au Parlement, Mariet d'Angilbaud, seigneur de Saint-Simon. Le nouvel acquéreur, devant messire Jean de Narbonne, abbé de Moissac et prieur de la Daurade, se déclara prêt à payer les quatre livres tournois d'oblie qu'il devait pour arrérages, à condition qu'on lui montrât les titres authentiques des anciennes reconnaissances. Lors de rétablissement du cadastre de 1571, Lave lanet, fort de quatre-vingt-dix arpents appartenait à Béranger de Caylon, officier subalterne au greffe du Parlement. Sa fille hérita du domaine qu'elle vendit un peu plus tard à la famille de Gargas.

Au début du xviie siècle, le fief de Lavelanet passa aux Purpan - étymologiquement le pain pur. Cette famille, lors de son accession à la noblesse, blasonna ses armes en y plaçant une main tenant des épis de blé. « Parpan », quelquefois employé pour désigner cette pro­priété, procède d'une erreur étymologique... Le 29 juillet 1608, Bour-guine de Forés, veuve du conseiller au Parlement, François de Gargas, vendit au maître chirurgien François de Purpan sa métairie de Lar­denne haute avec ses édifices et quatre-vingt-dix arpents de terre. Le 30 octobre 1621, à sa mort, le domaine revint à son fils aîné Pons François de Purpan. Marié à Peyronne de Cocural qui lui donna neuf enfants, il allait être le doyen de la faculté de médecine puis de l'uni­versité. Il fut l'auteur d'une Pharmacopée toulousaine dédiée à Jean de Berthier-Monrabe, premier président au Parlement. Le domaine resta entre leurs mains jusqu'au mois de juin 1696.

Pour rembourser certaines dettes de famille, l'avocat au Parlement, Pierre de Purpan, seigneur de Vendine, vendit la propriété à noble Pierre de Colomès, ancien capitoul. Son fils aîné, Jean-Pierre de Colomès, qui avait succédé à la charge paternelle de receveur général des finances dans la généralité de Toulouse, hérita du domaine le 15 octobre 1712 : une maison à haut et bas étage, avec ses offices et autres bâtiments, sol, jardin, bois et vigne, tout en un tenant, de contenance en tout de 72 arpents, 2pugnères, 2 boisseaux, à ce compris 18 arpents de vigne tenus par divers particuliers en locatairie perpétuelle du dit sieur de Colomès, sous la forme de censive pour tout de 4 sols tolzas valant 10 livres... un grand enclos dans lequel est une fontaine ou vivier avec un pigeonnier, le tout au-devant de la dite maison, le chemin étant entre deux qui était là ou on a mis la chapelle..

Marié à Marie-Anne du Breuil, Jean-Pierre de Colomès eut huit enfants. L'aîné, baptisé Jean-Pierre comme son père, hérita de Purpan qui passa ensuite à ses deux fils Joseph et Hugues. Le 22 janvier 1768, Joseph de Colomès testa en faveur d'Isidore de Poulhariès, conseiller au Parlement. Mais la mauvaise gestion de sa fortune et ses perpé­tuelles difficultés financières conduisirent le Parlement à prendre un arrêt sévère. En effet, le 27 avril 1784, il attribua Purpan à Claire-Françoise du Barry, dite Chon, et à sa cadette Jeanne-Marie-Marthe, dite Bischi. C'étaient les sœurs de Guillaume et de Jean-Baptiste du Barry dit le Roué, et les belles sœurs de Mme du Barry la favorite de Louis XV. Elles consacrèrent d'importantes sommes d'argent pour élever un magnifique château là où n'était qu'un rustique manoir : Les demoiselles considèrent Purpan comme leur ouvrage, aussi devient-il pour elles un lieu de telle prédilection que, si on en juge par les travaux d'embel­lissements exécutés jusqu'à la Révolution, aucun sacrifice d'argent ne leur semble trop lourd pour en augmenter l'agrément. Elles s'y amusent à jouer aux fermières ; elles plantent de la vigne et sont bientôtfières d'avoir comme cliente leur propre belle-sœur Madame du Barry qui envoie, de sa main, à Chon un reçu pour fourniture de vin.(2}

Sur la terrasse qui domine Lardenne basse, au milieu de prairies qu'ombrageaient des frondaisons multiples, le château se compose de deux ailes se faisant face, reliées entre elles par une galerie. Dans l'un de ces bâtiments, les sœurs firent aménager les appartements de récep­tion, salons et boudoirs au rez-de-chaussée, les chambres à l'étage. La galerie du levant, formant le salon d'été, conduisait à la seconde aile qui abritait la salle à manger, les cuisines et les communs. Cette demeure à l'architecture typique de la fin du règne de Louis XVI s'inscrivait dans cette période de transition qui annonçait le Directoire. Sa seule ornementation consistait en d'élégantes terres cuites : frises de pal-mettes et rinceaux, couronnes civiques, tympans de fenêtres en éven­tail, lions et sphinges.

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Purpan Sphinge en terre cuite dominant la cour d’honneur

 
 

Chon et Bischi quittaient à la belle saison leur hôtel de la rue Saint-Rome pour s'installer à Purpan. À mesure que passaient les années, leurs vies apparaissaient de plus en plus austères. Devenues très pieuses, elles se montraient secourables envers les pauvres de leur quartier. Au moment de la Révolution, leur simplicité n'amadoua cependant pas les représentants du peuple. Le 12 octobre 1793, des per­quisitions furent effectuées à Purpan où leur jardinier, Jacques Clerc, avait été nommé séquestre. Les deux sœurs furent arrêtées le 9 novembre 1793 et incarcérées à la maison de Saint-Sernin. Dans le registre d'écrou, Chon et Bischi apparaissaient comme d'un caractère suspect et immoral^ ayant manifesté des sentiments inciviques, regrettant fort l'An­cien Régime.^ Entre temps, le 9 juin 1794, le bail de la ferme de Purpan fut adjugé pour trois ans au citoyen Robert, moyennant six mille sept cents livres. Le 18 juin, Jean Bach commissaire délégué par le bureau de la sûreté générale se rendit au château pour dresser l'inventaire du mobilier. Il demanda au citoyen Clerc, le jardinier gardien du séquestre, de le guider à travers la vaste demeure. Mais, sur intervention d'un officier municipal, les demoiselles du Barry furent remises en liberté le 26 frimaire de l'an III par le représentant Mallarmé. Vieillies, dimi­nuées, appauvries, elles retrouvèrent cependant Purpan : La Chon et la iy les confidentes de la favorite ; les familières des petits cabinets de Versailles, s'étaient transformées en deux vieilles, austères, revêches, très dignes, auxquelles leurs rares intimes ne pouvaient reprocher qu'une sévé­rité un peu hautaine et une pruderie trop susceptible.^

Après la mort des sœurs du Barry, Purpan revint à leur nièce Albanie Guillemette Madeleine Dubarry-Conty d'Hargicourt. Elle était la fille unique du marquis Dubarry d'Hargicourt marié en secondes noces à Rosalie de Chalvet. A son tour, l'héritière épousa le marquis Jean-Jacques de Narbonne-Lara, vicomte de Saint-Girons. Le 12 mars 1846, ce dernier ouvrit toutes grandes les portes du château pour accueillir quatre-vingts convives célébrant le succès remporté par Jasmin(5) à L'Athénée. Le chroniqueur du Journal'de Toulouse nota : Une demoiselle a placé sur le front du poète une couronne d'immortelles et de pensées unies par un ruban terminé en tresse d'or sur lequel était tracée aussi en lettres d'or cette devise : Vos pensées sont immortelles.^ Les Narbon­ne-Lara avaient une fille, Ernestine-Hortense -Marie, à qui revint la propriété. Le 2 septembre 1849, elle épousa Henri Brunet de Castel-pers, vicomte et marquis de Panât.

Le château, en 1870, était transformé en ambulance. En effet un camp de volontaires, placé sous la responsabilité d'Armand Dupor-tal(7), fut créé en contrebas de Purpan dans le cadre d'un décret du 12 novembre qui prévoyait la mise sur pied d'un corps d'armée du Midi. Les Catelpers vendirent leur propriété aux banquiers Courtois de Viçose. Cette famille le garda au-delà de la guerre de 1914-1918. Mais l'extension de la cartoucherie avait fait disparaître une partie du domaine et certaines de ses essences. Les nouveaux acquéreurs étaient des marchands de biens dont la société parisienne avait pignon sur rue au n° 7 de la rue de Londres. En un an, MM. Roux et Bringer, hommes sans scrupule, firent procéder à un abattage d'arbre en coupe réglée. Ayant réussi en peu de temps à exploiter Purpan pour en retirer le maximum de revenus, ils décidèrent de le revendre.

Pendant la Première Guerre mondiale, des propriétaires terriens du Sud-Ouest, sous l'inspiration d'un jésuite le père Dubruel, avaient cherché les moyens d'assurer à la jeunesse paysanne de la région un minimum de formation technique, humaine et chrétienne. Le besoin s'était fait sentir d'un centre permanent pour assurer une structure et une base matérielle à leurs désirs. Dès 1919, sous l'instigation du père Dubruel et d'Henri Théron de Montaugé - voir Gramont -, s'ouvrit à l'institut catholique de Toulouse une section agricole dirigée par le père Boule. Un an plus tard, le 8 décembre 1920, elle s'installa sur le domaine que venaient d'acquérir à dessein le marquis de Villeneuve, MM. Satgé, Dubois, Ambroise-Rendu, de Fraisse. Ce fut la naissance de l'école supérieure d'agriculture de Purpan. Les débuts déjà difficiles de la maison furent stoppés par la guerre en 1939. Le « retour à la Terre », préconi­sé plus tard, favorisa un regain de l'établissement dont l'activité allait connaître désormais une courbe ascendante. À partir de 1947, une classe préparatoire à Purpan fut même installée au château du Mirail - voir ce nom. Depuis 1964, l'école était reconnue comme établissement d'en­seignement supérieur par le ministère de l'Agriculture et donnait, après cinq années d'études, le titre d'ingénieur en agriculture.

Les élèves de cette école et leurs professeurs occupèrent tout naturellement le château dont l'intérieur devait subir de profondes transformations dans la seconde moitié des années 1960 : disparition des colonnes aux extrémités de la grande galerie, restructuration de certaines salles. Toutes ces pièces perdirent leur décor d'origine au profit de la fonctionnalité. À l'issue d'une visite les Toulousains de Toulouse et Amis du vieux Toulouse constatèrent : La dernière restau­ration du château a fait disparaître les colonnes (fausses en vérité, et ne jouant qu'un rôle de décor, comme à l'Hôtel Dubarry, place Saint Sernin). Les volumes des trois pièces visitées par nous en 1965 (vestibule, salle à manger, salon) ont été modifiés pour les adapter aux fonctions actuelles, et à peu près plus rien ri y apparaît de leur structure d'autrefois^ Purpan n'en était pourtant qu'au début de ses meurtrissures...

Dès 1969, la profonde saignée de la rocade ouest vint séparer le château de ses bâtiments agricoles. Une passerelle en béton, lancée sur le trafic automobile, fut chargée de rétablir la liaison entre les deux parties... Grâce à l'indemnité reçue, les jésuites firent édifier un ensemble fonctionnel à l'architecture de contraste ! Le nouvel édifice qui comprenait de nombreuses salles de cours, vint s'adosser contre la façade sud de la demeure des du Barry. Plus tard, un grand hôtel - Novotel-Purpan -, fut construit au début de l'ancienne allée du domaine, là où s'étalaient jadis les vignes de Chon et de Bischi... Non loin se dessinaient les artistiques volutes de la grille en fer forgé, du portail principal, qui fut volée au cours d'une nuit. Dans la décennie 1970, la ville de Toulouse traça une nouvelle rue, la voie du toec, en contrebas de la propriété, puis réalisa en bordure un vaste espace vert ouvert au public : les Jardins du Barry.

Le domaine de Purpan offre quelques curiosités : un étang tra­versé d'un pont de fer datant du xvme siècle ; un magnolia considéré comme le plus grand d'Europe. On ne saurait oublier la massive fon­taine qui, après celle de la place Saint-Etienne, est la plus ancienne de Toulouse, édifiée par décision capitulaire en 1745. L'édicule carré en brique et en pierre s'achève en dôme à quatre pans. Chacune des faces présente une niche formant coquille à sa partie supérieure. Dans le bas, le précieux liquide jaillissait d'un mascaron et se répandait dans un bassin rectangulaire. L'eau de Purpan était célèbre à Toulouse et réputée excellente. En 1769, un particulier avait même obtenu des capitouls de la vendre sur la place Rouaix et celle du Capitole - place Royale. Aujourd'hui un écriteau « Eau non potable » met en garde les éventuels amateurs.

 

Source : Les Châteaux de Toulouse

 

Le Pèlerin

 

 

 

 

 

par Le Pèlerin publié dans : Toulouse - Les Arènes Romaines communauté : Bien à Toulouse
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