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Mardi 29 avril 2008

Ghardaïa et la vallée du Mzab (Algérie) : Atouts touristiques infinis


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GHARDAI
A : La visite de la cité est pédestre, elle s’effectue à pieds, compte tenu de l’étroitesse des rues montant en escaliers. De la vieille place du marché (Souk), spécialisée dans la vente des produits de l’art traditionnel, on y accède à la grande mosquée datant de plusieurs siècles. Le visiteur pourra se diriger vers l’emplacement de la grotte légendaire refuge de Daya, femme mythique qui aurait donné son nom à la ville (Ghar = grotte en Arabe Daya le nom de la femme ) d’où le nom de la ville ’’Ghardaïa’’.
Le musée, situé au centre de la ville, abrite diverses pièces antiques, plus au Nord le long de l’oued M’Zab, se trouve le cimetière AMI SAID et sa mosquée à semi- souterraine.
La palmeraie de Ghardaïa nous fait découvrir son système traditionnel de partage des eaux pour l’irrigation des parcelles cultivées ainsi que le système de lutte contre les crues et les digues construites sur le lit de l’oued M’Zab. Les belvédères surplombant la vallée du M’Zab offre une vue panoramique imprenable sur l’ensemble de la pentapole.

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BENI IZGUEN : La cité dotée d’un rempart entièrement sauvegardé et classé comme patrimoine mondial, renforcé de tours, s’ouvre par deux grandes voies d’accès. Des guides sont à la disposition des touristes pour la visite de la place du marché et sa vente à la criée , la mosquée et le Bordj ( tour ) CHEIKH BELHADJ dit " Bordj BOULILA "... MELIKA : Cité bâtie sur un piton et proche de GHARDAIA. A partir du cimetière Sidi Aissa abritant son célèbre mausolée, une superbe vue panoramique en direction de la ville de GHARDAIA s’offre au visiteur.

BOUNOURA : Bâtie sur un rocher qui surplombe l’Oued M’ZAB, elle est à longueur noyée par un coucher de soleil exceptionnel visible à partir d’une colline environnante. L’architecture de BOUNOURA recèle quelques spécimens intéressants de la construction locale dont une sorte de maisons remparts aux lignes arrondies.

EL-ATTEUF : Cité appelée " TAJNINT " en berbère et tient son nom arabe de sa situation sur les contours d’un méandre de l’oued M’ZAB. C’est la plus ancienne ville de la pentapole. La place du marché et la mosquée de SIDI BRAHIM dont se serait inspiré l’architecte, le CORBUSIER dans l’édification de la chapelle de RONCHAMPS mérite un détour. L’Oasis de Metlili, qui se trouve à 40 Km au Sud de GHARDAIA , constitue une attraction touristique par ses nombreux tombeaux de saints et par son cimetière tout à fait différente de celle du M’ZAB. L’architecture de la mosquée et des maisons contraste avec les villes mozabites. Le vieux Ksar de METLILI est classé monument historique.

ZELFANA : Oasis de verdure située à L’Est de GHARDAIA et de METLILI en bordure de l’Oued M’ZAB se caractérise par l’existence d’une source thermale renommée dans la région.

La ville d’El Meneaa (ex El Goléa), importante Oasis située à plus de 270 Km de la vallée du M’Zab sur la route nationale N°Une reliant Alger a l’extrême sud du pays via Tamanrasset. Elle est fréquentée aussi bien par les touristes individuels que par les touristes en circuits organisés.
Elle est considérée par les touristes, comme une étape très importante vers le grand Sud. Les ruines du vieux Ksar sont classés monument historique.
A travers les dunes de sable, dans les environs du lac salé et pour la visite du village " Nebka " des promenades à cheval et à dos de chameaux peuvent être proposés aux touristes.
Dans les programmes de circuits touristiques sont prévus :

  • La visite de la ville dont le vieux Ksar berbère ;
  • La visite du tombeau du père de Foucault et l’église catholique ;
  • La visite du lac salé avec des promenades dans les dunes de sable ;
  • La visite du village " Nebka ".

Les autres formes de tourisme, qui offre plusieurs type des circuits touristique, dont le tourisme nomade qui serait l’occasion d’entrer en contact avec des populations au rythme de vie assez particulier.
Il permet en outre de suivre la plénitude du dénuement qui, dit - on aurait modulé le caractère calme et généreux de l’homme type du Sahara. Cette forme de tourisme implique des randonnées à dos de chameaux et des nuits dans les tentes nomades.

 

 

Source ariegenews

Le Pèlerin

par Le Pèlerin publié dans : Le Sud Algérien communauté : Toulouse Tamanrassett
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Lundi 21 avril 2008

Une autarcie oasienne de l’ère coloniale

Les premières fractions issue du saccage de la , en novembre 1849 par l’armée d’Afrique, étaient au nombre de sept (7); le clan des Ouled Hamida en fait partie.

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En bonne place dans le tissu urbain de ce qui était encore une bourgade du nom de Bou-Saâda, cette fraction a constitué la ligne de démarcation entre la médina et le quartier dit « européen ». Une première caserne de cavalerie était installée sur les lieux, là où sont érigées actuellement la Banque de Développement Local et la nouvelle mosquée en construction. La poste coloniale et le terminus des attelages ralliant Alger, s’incrustaient dans ce qu’on appelle encore la Ramlaya. Large place publique qui recevait par le passé, les caravanes camelines. C’était la place des négociants et des cafés maures; point de tables ni de chaises, des nattes d’alfa à même le sol en faisaient office. On y trouvait des tailleurs, des barbiers et autres savetiers. La première boulangerie à foyer de bois ouvrait ses portes à l’orée des années cinquante. Quelques boutiques et manufactures d’articles artisanaux y étaient implantées, telles celles que tenaient Lemceyah et Abdalâdim. Sur les éventails en fibre de palmes confectionnés à la main, le chameau et le palmier brodés devenaient les symboles de la cité. L’animal et la plante rappelaient au voyageur qu’il était dans une oasis présaharienne. Le quartier est longé du côté Nord par une ruelle qui part du « Café d’Alger » jusqu’à Harat Echorfa, celle-ci ne compte pas moins de trois hammams, « Lahouel », « Sidi-Ziane » et du « Palmier », et quelques fondouks (gîtes et écuries). Le moulin à grain des Kerfali était à la jonction avec la fraction Zoqom. Il était limité du côté Sud par l’oued et sa palmeraie luxuriante accessible par les gués de Aïn-Bensalem et Araga.

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L’ascétisme religieux de cette communauté fut réduit, avec l’intention délibérée d’humilier les valeurs ancestrales qui ont prévalu, lors de la résistance à l’occupant. Il créait le premier lieu de débauche pour la soldatesque, appelé Tabeg El-Kelb (l’épaule du chien) par péjoration à la fonction du lieu et plus tard Haouch Lihoudi. La première appellation explicite, on ne peut mieux, dans quelle catégorie était placé dans l’imaginaire collectif, ce lieu licencieux. Nullement innocente, cette implantation se faisait entre les deux sanctuaires maraboutiques, de Sidi-Hamida et de Sidi M’hamed Ben Brahim. Le quartier fut contraint de murer sa porte latérale Nord, jusqu’au recouvrement de l’Indépendance.

L’architecture des logis ne dépassait guère l’étage, qu’on appelait « ghorfa ». Le mortier de terre cuite ou le sable chaulé et la pierre, étaient les seuls intrants dans l’édification du bâti. Les « agued » ou poutres de bois tirées du genévrier, suppléaient au soutènement ou au coffrage des plafonds. Constituée de deux ou trois chambres, la maison disposait d’une grande cuisine appelée « dar el yal ». Celle-ci était nécessairement équipée d’un âtre dont le foyer permettait et la cuisson et le chauffage, pour se prémunir des rigueurs de l’hiver. Dans un corridor souvent aveugle, la pièce des convives se trouve toujours à l’entrée. La cour obligatoire, si petite soit-elle, servait d’espace strictement familial, la terrasse discrète, ceinte d’un mur à hauteur d’homme, servait de dortoir lors des torrides nuits d’été. Le quartier était ceint d’un chemin de ronde périphérique, contrôlé par deux portes principales, dont l’une était fermée la nuit tombée. Celle qui débouche sur la palmeraie fut murée, lors de la guerre de libération nationale. L’accès principal était gardé par un tour de garde; le vigile disposait d’une grande caisse en bois, pour se protéger des gelées hivernales.

De forme quadrilatérale, de dimensions presque égales, la « hara » n’avait pas moins de six venelles en cul-de-sac, chacune d’elles abritait une à deux familles, généalogiquement proches. Le quartier est centré par une petite placette, « Rahba », où trônait une fontaine publique même si les foyers disposèrent plus tard de l’eau courante. Cet espace avait ses multiples usages, réunions et fêtes communautaires entre autres. M’Had Tayeb Khatibi et ses Khouane y animaient les soirées religieuses. Elle servait aussi au tirage du tissage avant sa fixation sur le métier et de point giratoire pour les attelages hippomobiles ou les véhicules modernes. Il demeure surprenant qu’aucun des habitants n’a grignoté sur les espaces communs; cet usage a perduré en dépit de règles urbanistiques non écrites.

Cette petite communauté eut un illustre fils. Il s’agit de Chouikh Salah, surnommé « Ghandi », qui avait eu comme maître un érudit venu de sa lointaine île de Brunei qui lui apprenait les préceptes de la Chari’â islamique et la récitation du Coran. Il a été parmi les fondateurs de l’Etoile Nord-Africaine et plus tard du P.P.A. (1). Il y a lieu ici, de rappeler que le jeune Emir Khaled habitait avec sa famille au quartier mitoyen des Ech-Chorfa. Après sa mort, le corps de Salah Ghandi fut rapatrié en 1964, par les soins de son ami parisien Gaston. Son cercueil portait celle simple inscription : « Rahbat - Ouled-Hamida ». Le clan inhumait son enfant prodige dans le strict recueillement d’une humble cérémonie funèbre.

Les anciennes familles, au nombre d’une quinzaine, ont presque toutes quitté les lieux. Les Benaïssa, plus nombreux, sont la descendance de M’Had Ben Aïssa, patriarche résistant, surnommé à tort « Lemtaourène » pour avoir abdiqué après la défaite d’El-Mokrani qui avait de puissants alliés dans le Hodna. Il n’avait pas moins de 25 filles et garçons. Il prenait femme dans plusieurs tribus, pour consacrer des alliances. Deux de ses garçons s’exilaient, l’un en Turquie et l’autre au Nejd d’Arabie Saoudite. A la mort de leurs maris, deux de ses filles, Fatna et Saâdia, transhumaient avec leur « smala ». Fatna l’aînée, surnommée « Hanna », portait botte, ceinturon et fusil en bandoulière, m’a-t-on raconté. Les Lograda, précédemment Khalifa, sont cette autre grande famille qui eut deux érudits en théologie, Hadj Si Mohamed Zerrouk et Si Mohamed Belaïdi. Condisciples de Cheikh Nouaïm Naïmi de l’Association des Ouléma, ils luttaient contre l’obscurantisme et l’illettrisme. Son ancien d’Indochine, Lograda Belgacem, le « lion de Gouaygaâ », mourait dans les monts des Ouled Naïls. Son frère Nacer Eddine qui l’avait précédé au maquis, a, quant à lui, survécu. Les Brahimi étaient scindés par l’état civil colonial en plusieurs branches, dont les Zahi et les Thamri. Les Henni, Boudia, Bella, Zemit, Kaïs, Hadji et Mekhenane font partie du clan. Ce clan eut des hommes remarquables tels que Lamri Brahimi, un ancien de la Seconde Guerre mondiale en Alsace. Il hantait pendant longtemps les immensités désertiques entre Messâad et Touggourt, pour ravitailler avec son camion « Citroën type 45 », l’Armée de Libération Nationale. Il mourait sans reconnaissance de sa qualité de moussebel. Les Zahi, petite branche des Brahimi, consentait deux chouhada, El Hadj Benaïssa dit « chergui » était assassiné à Aflou en 1957, et Ahmed, âgé de 23 ans, mourait en octobre 1961. Les Terfaya, issus de Benyahia le patriarche, sont cette famille d’intellectuels. Abdelhamid, l’aîné, eut une nombreuse descendance dont Ahmed Lamine, lauréat d’une grande école de Strasbourg, qui devenait député et vice-président de l’Assemblée Populaire Nationale. Les Adelatif ou Benhaïdèche eurent d’illustres personnages, tel que Mokhtar, compagnon de Amara Rachid et chahid de la cause nationale. Cheikh, l’un des premiers pharmaciens algériens qui occupa plusieurs fonctions électives, eut pour fils l’un des premiers commandants de bord d’Air Algérie. Les Djoua, dont Ahmed, l’aïeul, aurait été assassiné à Fez lors de la guerre du Rif, avaient eu pour fils Slimane, militant du mouvement national. Les Meftah gardent toujours le « M’chebek », terre ingrate et inhospitalière, fidèle à Lakhdar Ben Tahar leur père, l’homme à la calèche. Leur poète bilingue Bachir est le chantre local incontesté du clan. Les Goutaï, dont l’aîné Amor militait pour la construction de la Médersa libre, offrait son aîné à l’armée des frontières au Maroc. Les Hattab, dont l’aïeul Lakhdar construisait sa propre mosquée, au coeur même du quartier européen, enrôlaient Salem, leur fils, dans les rangs de l’ALN. Il était reconnu comme le T’bib de H’mar undefinedaurateur, et Mustapha, le loueur de cycles du quartier qui gardait les burnous en guise de cautionnement. Saïd Bakraoui, dit Belaïchi, regagnait le maquis à l’âge de 17 ans. Les Tahari, les Chenaf et autres Benrâad, eurent des pédagogues de renom. Si Djelloul et Si Abdelkader, illustres médersiens, faisaient partie de cette communauté. Les Lamara ont eu Ahmed, surnommé « Rafale », en rapport avec sa qualité de résistant. Malki Amar Ben Aïssa, était ce chahid miraculé, qui se jetait d’une jeep de parachutistes français. Les Smaoui, famille commerçante d’El-Atteuf (M’zab) qui a eu plusieurs générations dans le quartier. Messaoud Ben Ziane et Ahmed Ben Ameur, artisans maçons, réussissaient à élever le premier minaret sur près de 18 mètres, sans raidisseurs. Défi technologique, s’il en fut, pour les années quarante. La mosquée avec son minaret octogonal a été pendant longtemps la fierté du quartier et de la ville. Les mouadhines Wahab et Lach’hab malvoyants, étaient sciemment choisis par la Djemaâ, pour l’appel à la prière du haut du minaret. Leur infirmité préservait l’intimité des foyers que le minaret surplombait. Les marches en colimaçon du minaret, donnaient le tournis aux non-initiés. Ce petit lieu du culte disposait d’une terrasse où l’on pratiquait les prières du Maghreb et d’El Icha’a en été. La salle d’ablutions, en sous-sol, était centrée d’un bassin circulaire et d’un banc faïencé de même forme. On puisait l’eau dans le creux de la main pour s’ablutionner. L’intérieur de la salle de prières comportait quatre rangées de colonnes qui sustentaient les arceaux. Le fond clair-obscur, où serait enterré le patriarche des Néchnèch, offrait aux lecteurs un espace de recueillement. Immédiatement au-dessus, une sedda (mezzanine) toute de bois, sert de salle de prières pour les femmes. Celles-ci y accédaient par un accès dérobé, à partir de l’école coranique. Le mihrab et le minbar, étaient sertis de belles ciselures en émail. Cette école coranique gérée par la communauté, eut des maîtres de renom, de cheikh Zerrouk qui y organisait la première médersa mixte et dont huit de ses élèves prirent le maquis de la Révolution, au cheikh El-Moghrabi, venu de son lointain Tafilelt. Le Taleb (maître coranique) était totalement pris en charge par la communauté. Si Belkacem Chemissa et Si Lahrèche Cheikh, l’homme au tricycle, avaient succédé aux premiers nommés, ils excellaient, tous les deux, dans la langue de Molière aussi bien que dans la « falaka ».




On peut accéder à partir du parvis de la mosquée, soit vers l’oued et à la palmeraie qu’on appelle « Jenna », ou à l’esplanade de « Lemsayrah ». Cette aire servait pour longtemps aux randonnées camelines touristiques de Mohamed « El-Guizaoui » et de Benaïssa « El Hemdi ». Deux Européennes, une Suissesse et une Anglaise, y élisaient domicile en épousant deux autochtones.

Où s’arrêtent les Ouled-Hamida ? D’aucuns disent que le quartier va jusqu’à l’hôtel Abdallah Lograda. Ceci est fort probable, du fait de l’appartenance des habitants en contrebas de l’hôtel « Transat ». Il s’agit des Asloun, Brahimi dont Si Ahmed, l’Imam attitré de la communauté, Benraâd et autres. L’hôtel Lograda est en fait une grande demeure à un seul étage. De construction mauresque raffinée, elle dispose d’un jardin suspendu sur sa façade postérieure. Planté sur un espace surélevé par des murs de soutènement fait de moellons de pierre, le jardin était agrémenté de plusieurs essences, dont le citronnier. La Djemaâ se retrouvait toujours après la dernière prière du soir. Elle se regroupait à l’angle de la rue menant à la mosquée et la pénétrante du quartier. Ce point stratégique contrôlait l’entrée principale de la « Hara ». On l’appelait « Dhaouya », en référence à la lampe de l’éclairage public, il y en avait en tout et pour tout, trois points lumineux. Le réseau électrique s’installait dès l’année 1938. Les leaders palabraient de tout. Ils géraient la vie courante de la communauté. A la veille de l’Indépendance, Si Messaoud Ben Ali Ben Slimane (Brahimi) était son dernier chef de fraction. On remarquera que le nom de famille, imposé par la colonisation, n’a pas pu violer le coutumier.

Badredine Mohamed, assassiné à Haouch Naas, était le relais du colonel Ouamrane; il recrutait pour le maquis naissant de Palestro. Les Guéouèche s’enorgueillissent d’avoir généré Boualem l’intrépide, dont l’arme de poing de fidaï, abattait plusieurs collaborateurs et militaires français. Les Ouled Hamida ont eu leurs hôteliers et restaurateurs de renom, Lakhdar « Mirage » et son frère Mohamed, Messaoud Metiche et Belkacem dit Touha. Ce dernier est l’unique survivant de cette belle lignée. Mohamed Rachid, géomètre, Ali Harkat, défenseur de justice, Menadi Makhalet, écrivain public, faisaient la jonction avec l’administration coloniale, pour éviter à leurs congénères les vexations de l’humiliation. Le moulin des Mozabites, tenu par Abdallah Bensaâdoun, pourvoyait la communauté en mouture de grain. Amar Ben Sakhri était le grimpeur de palmier attitré, pour les opérations de pollinisation ou de récolte de dattes. Lors de la campagne, les enfants, amusés, recevaient sur la tête, tels des grêlons, les dattes qui tombent du palmier ébroué avant la taille des régimes. D’où tirait cette autarcie, ses maigres ressources ? L’épandage des eaux de crue au Madher permettait de récolter quelques décalitres (S’aâ) de blé dur. Les jardins offraient les produits maraîchers de subsistance. La tomate, l’abricot et le piment, en surabondance, étaient séchés sur la terrasse, ils serviront dès l’arrière-saison. Les quelques moutons confiés au pasteur, produisaient la laine et le beurre de brebis. La toison fournissait la matière d’oeuvre pour les infatigables tisseuses. La moyenne annuelle de production allait jusqu’à dix burnous et quelques haïks et tapis. La vente en était assurée par Slimane Ghomras et Hama Hadji. Le lait matinal provenait des chèvres domestiques. Conduites par un berger payé au mois, elles paissaient sur le piémont du Kerdada, pour ne revenir que le soir. De retour au bercail, chacune d’elles se détache du troupeau pour donner un coup de tête à la porte familière, annonçant ainsi son retour. Les maisons qui ne disposaient pas du « tout-à-l’égout », faisaient vidanger leurs fosses une fois l’an. Les produits organiques transportés à dos de baudet, faisaient l’objet d’épandage de fertilisation dans la palmeraie. La datte commune, récoltée selon un rituel, constituait l’aliment énergétique de base de la cellule familiale. La poche pleine de dattes sèches, les enfants partaient, tôt le matin, à l’école coranique pour rejoindre ensuite l’école publique.

La Ramlaya recevait le ciné-bus. Le mur du garage des autocars « SATAC » où la communauté avait El-Guerri Ben Amar comme relais, servait d’écran de projection. Cette place a été le théâtre de plusieurs actions de fidaïyine. En représailles à l’une de ces actions, l’armée coloniale y assassinait nuitamment en 1957, cinq (5) détenus, sur lesquels elle faisait passer un half-track. Cette place portera le nom de « La Victoire » et bien plus tard celui de l’Emir Abdelkader. Le chahid Hamida Abdelkader, militant de l’UDMA et compagnon de Ferhat Abbas, y tenait un commerce de « gramophones » et de disques d’ardoise. Mélomane, probablement par nécessité pour dissimuler son activisme, il adulait Mohamed Abdelouahab qu’il rencontrait d’ailleurs au Caire, lors d’un retour de pèlerinage à la Mecque. Cette même place servira au tournage de « Septembre noir », « Silène » et « Décembre » en post-Indépendance. Le syndicat d’initiative de tourisme, abrité dans un minuscule réduit surmonté d’une koubba, était tenu par Dib El-Khadir. A barbe blanche, enturbanné à l’ancienne, pantalon ample et gilet à col d’officier, il était l’archétype sémitique de l’Arabe. On dit que son buste serait exposé au musée de l’Homme à New-York. Ce personnage pittoresque fut pendant longtemps le « clou » de la cité. Il assumait les fonctions de crieur public et faisait précéder ses « Avis » par un roulement de tambour. Il annonçait aussi le programme de l’unique salle de cinéma, appelée « Odéon », tenue par Hadj Ahmed Bensiradj. Le mythique café d’Alger était le point de ralliement de l’intelligentsia autochtone et le point de départ des autocars au nombre de trois (3) qui ralliaient journellement la capitale et vice versa. Les quotidiens « L’ Echo d’Alger » et « La Dépêche de Constantine » étaient livrés à Ali Ben Saïd aux environs de midi. Ce tableau, à la limite de la couleur locale, n’appelle aucun commentaire, sinon de dire : c’est dans l’adversité que germent les grands desseins.


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Source Le Quotidien d’Oran

Le Pèlerin

 

Le Pèlerin

par Le Pèlerin publié dans : Le Sud Algérien communauté : Toulouse Tamanrassett
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Jeudi 17 avril 2008

Le mois du patrimoine débute demain

Le parc de l’Ahaggar sous haute protection





Balisage de pistes pédestres, interdiction des véhicules à certains sites, contrôle des touristes : le plus grand parc d’Algérie fait l’objet de mesures de protection renforcée pour préserver un patrimoine archéologique et biologique plus fragile qu’ailleurs.

 

C’est l’heure où les fauves vont boire. Dans l’air chaud et humide de la fin de journée, des femmes dansent. A quelques mètres, un homme immortalise la scène sur une paroi rocheuse. Il dessine également une girafe, comme celles qu’il croise tous les jours dans la vallée. Nous sommes dans l’Ahaggar, il y a plus de 5000 ans. Notre ancêtre habitait encore une savane verdoyante dont il ne subsiste aujourd’hui que des acacias. Mais ses peintures, elles, n’ont quasiment pas été altérées. A Mertoutek, un petit village du parc national de l’Ahaggar, à 230 km au nord-est de Tamanrasset, Messaouda Benmessaoud, attachée de conservation au parc et préhistorienne, s’extasie à chaque nouvelle visite sur le site. « On ne voit que l’ocre mais peut-être nos ancêtres avaient-ils utilisé d’autres couleurs à base de pigments végétaux, effacées avec le temps ? On ne sait pas non plus avec quel outil il gravait dans la roche ? » En soulevant ces questions, la préhistorienne aborde l’une des problématiques de l’art rupestre du parc national de l’Ahaggar, le plus grand de l’Algérie – 450 000 km2 – et un des plus vastes au monde : pour protéger un patrimoine, il faut d’abord le connaître. Or, à l’heure actuelle, très peu de sites, au regard de la superficie du parc, ont été fouillés et une partie seulement des vestiges et monuments a pu être inventoriée. Il en va de même pour le patrimoine naturel : le comportement de nombreuses espèces, à l’image du barbeau, un des quatre poissons répertoriés dans le désert, reste un mystère. « Dès qu’une sortie est organisée sur le terrain, nous envoyons des spécialistes sur le terrain, et ce, quelle que soit la discipline : géologie ou anthropologie, par exemple, souligne Farid Ighilahriz, directeur de l’Office national du parc de l’Ahaggar. Cet acte scientifique est lié à notre mission de conservation. » Dans ce sens, à Mertoutek, un des sites les plus visités – il est une des voies d’accès vers le massif de la Tefedest – un aménagement est prévu pour préserver le site. « Nous allons concevoir un petit musée de site, un espace où les artisans pourront vendre leurs produits artisanaux mais aussi alimentaires comme les fromages séchés, et un espace d’accueil pour les chercheurs et les étudiants, énumère Farid Ighilahriz. Cette structure qui est également un poste de contrôle et de surveillance sera équipée en énergie solaire. Avec l’accord de la population, nous prévoyons également d’interdire l’accès aux véhicules au-delà du poste de contrôle et envisager un déplacement en âne. » Il en va de la survie de l’oued grâce auquel les quelques habitants du site vivent, via la culture de tomates, d’abricots, de figues, de nèfles ou de raisin.

Miracle

Grâce à un petit cours d’eau sinueux que l’on devine fragile, les parcelles cultivées affichent un vert équatorial à peine croyable sous les plus de 30 degrés de cette sèche matinée d’avril. « Notre parc est une zone hyperaride où toute existence de vie relève du miracle, explique Djazia Ouchen, zoologue et sous-directrice de la zone d’Idelès de l’OPNA. Tous les milieux naturels sont fragiles, mais ceux de l’Ahaggar le sont encore plus. Si une espèce disparaît pour cause de désertification, on n’y peut rien, la nature impose ses lois. Nous devons simplement veiller à ce que la vie suive son cours. En d’autres termes, lutter contre le pillage ou le braconnage et limiter les impacts de la pression anthropique. » De cette pression, les sites de Tit et d’Amekni, à 40 km au nord de Tamanrasset dans la région de l’Aghechoum, en subissent chaque jour les conséquences. Les habitants de la ville de Tamanrasset notamment viennent en pique-nique et on devine le passage de visiteurs tout le long du discret cours d’eau dissimulé au milieu de la Typhaie, au bord duquel on trouve des couches-culottes et des sachets en plastique. L’OPNA a ainsi décidé d’aménager le lieu avant de proposer sa classification en secteur sauvegardé, une sorte de label le mettant définitivement à l’abri de dégradations ou de constructions anarchiques. « C’est un site très riche, insiste Messaouda Benmessaoud. Les gisements préhistoriques attestent d’une présence humaine très ancienne. Le site néolithique abrite également des gravures et peintures de 5000 à 6000 ans et des inscriptions libyco-berbères. On trouve aussi une petite mosquée de la période islamique et une casbah comprenant un silo pour les récoltes. » Les scientifiques pensent que la présence humaine entre Tit et Amekni, à quelques kilomètres, ne s’est pas interrompue. « Les fouilles, qui remontent à 1969, ont permis de mettre au jour des galets aménagés similaires à ceux trouvés en Afrique de l’Est et qui remontent à plus de deux millions d’années… Les céramiques, qui remontent à 10 000 ans, sont quant à elles parmi les plus anciennes au monde. » Un parcours va donc être aménagé, animé par un guide chargé d’informer les visiteurs sur les sites et de les sensibiliser. A Afilal, une guelta cachée au milieu des rochers sur la route, à 60 km au nord de Tamanrasset sur la route menant à l’Assekrem, des mesures plus draconiennes ont été prises pour interdire l’accès des véhicules au point d’eau. « Il y avait beaucoup trop de voitures. Elles perturbaient le lieu, véritable centre de gravité et importante escale pour les oiseaux migrateurs », souligne Djazia. Un abreuvoir salutaire trahi par la végétation de laurier-rose, les libellules qui virevoltent et les croassements de la grenouille verte ou du crapaud de Mauritanie, les deux seuls amphibiens de l’Ahaggar. Pendant les mois de migration, les plus chanceux pourront apercevoir de nombreux canards et de bruyants gangas arrivant en groupe. « La guelta se forme par l’oued qui arrive des hauteurs et alimente les oueds de Tamanrasset, explique la zoologue. Une fois la crue d’hiver terminée, l’eau reste emprisonnée dans la roche et même si le niveau baisse en fonction des saisons, il y a toujours de l’eau. »

Bleu lavande

De quoi faire le bonheur de la végétation. Après les pluies, le sol se couvre du rouge de l’oseille sauvage, du blanc de la fleur de câprier et de la menthe sauvage et du bleu de la lavande. « Nous avons recensé plus de 270 espèces végétales dont une cinquantaine très rares qui n’existent que dans le parc, parmi elles des lichens et des mousses, non identifiées. » Pour que le visiteur comprenne la valeur du milieu dans lequel il évolue, un autre projet est prévu à Tahabort, à 8 km de Tamanrasset, là où se trouve la célèbre source carbonatée. « Cette source d’eau gazeuse, unique dans l’Ahaggar, draine tellement de visiteurs qu’il était urgent d’aménager le site », explique Djazia Ouchen. Toute la difficulté étant d’organiser l’espace autour de la source sans y toucher, car nous ne savons pas d’où elle provient et nous risquerions de la tarir. Et d’imaginer une décoration telle que l’espace se fonde dans son environnement. « Le projet comprend un volet éducatif, avec un musée de site dédié à l’eau, un jardin botanique où seront plantées les espèces locales (acacia, palmier…) et un parc animalier. » On y trouvera des espèces domestiquées par l’homme, des petits perdus ou blessés que nous soignons avant de les redéployer dans leur milieu. Un autre volet, consacré aux loisirs et à la détente, prévoit la conception d’un circuit pédestre, d’une aire de pique-nique et d’un espace pour les produits artisanaux fabriqués dans le parc. Les chercheurs et les étudiants y trouveront enfin des chambres pour séjourner à l’occasion de leurs travaux de recherche. « Accompagner par la sensibilisation est essentiel. Aujourd’hui, la pression de l’homme est telle que l’on considère que les cinq à dix kilomètres dans le périmètre d’un village sont menacés. Depuis des millénaires, l’habitant de l’Ahaggar s’intègre naturellement dans son milieu, relève Mohamed Belghoul, chef de département des études et de développement du patrimoine naturel à l’OPNA. Mais cet équilibre "négocié" entre l’homme et la nature est aujourd’hui bien menacé. »

Source El Watan

Le Pèlerin

 

par Le Pèlerin publié dans : Le Sud Algérien communauté : Toulouse Tamanrassett
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Samedi 12 avril 2008

Berriane (Ghardaïa)

Les dessous d’un conflit


Le calme est revenu dans la ville de Berriane, après deux vagues de violences (du 19 au 21 mars et du 2 au 4 avril) intercommunautaires qui se sont soldées par un mort, une dizaine de blessés et une trentaine de magasins et de maisons pillés, saccagés et brûlés. Les renforts de services de sécurité sont cependant toujours en place.

la Wilaya de Ghardaia




Ces affrontements ont été provoqués par un échange incommode entre un groupe d’adolescents et une famille. Mais ils ont pris une dimension telle qu’ils suscitent moult interrogations. A l’origine : des pétards jetés par un groupe d’adolescents sur une famille de passage à pied sur la RN1 qui « coupe » en deux cette coquette ville de Berriane. Des scènes comme celles-ci sont, ailleurs, anodines, des plus habituelles à l’approche de la fête annuelle du Mouloud (l’anniversaire de la naissance du Prophète Mohamed - QSSSL). A Berriane aussi, comme en témoignent de nombreux habitants. Elles soulèvent, certes, engueulades et bagarres qui font parfois des blessés. Mais jamais une « agression » de ce genre ne s’est transformée en un conflit ethnique, encore moins en un conflit entre rites. Comment toute la ville de Berriane s’est vite enflammée ? Que s’est-il réellement passé ? Quelles sont les causes réelles de ces événements tragiques qui ont défrayé la chronique de ces deux dernières semaines ?

Retour sur les faits

Deux versions existent. La première est celle développée et défendue par la communauté des Mozabites et selon laquelle le jet de pétards sur la famille appartenant à la communauté arabe n’a pas été commis délibérément et que l’agression a été « perpétrée » par la suite non pas par des Mozabites mais par des jeunes de la communauté arabe. « Nous étions menacés. Nous nous sommes défendus », clame Abou Rabia Souleymane, Mozabite. D’ailleurs, explique-t-il, la victime Ali Lassakeur (père de famille) « se trouvait chez sa tante (famille Tabouz) lorsque des cris et des bruits assourdissants envahissaient le quartier ». Selon notre interlocuteur, qui dit être témoin de la scène, un groupe de jeunes Arabes venus des autres quartiers en courant et en criant en pleine nuit au quartier « mixte » Kaf Hammouda, où vivent côte-à-côte Mozabites et Arabes. « Ils ont attaqué des maisons et des magasins de Mozabites. Face à cette agression, nous sommes sortis nous défendre. Ali Lassakeur aussi. Et voilà que le bruit d’un coup de feu provenant d’une maison habitée par une famille arabe retentit. Le tir tue Ali et blesse plusieurs autres Mozabites », soutient-il, affirmant que « le coup de feu a été tiré par un fusil de chasse ». Le frère de la victime, Houari Lassakeur, yeux rouges et larmoyants, confirme cette thèse : « Mon défunt frère était chez ma tante, à l’occasion de la fête du Mouloud. C’est en sortant de sa maison pour essayer de calmer les esprits qu’il a reçu ce coup de feu mortel. » Ces faits ont été corroborés par Taleb Ahmed, un autre Mozabite, un cadre supérieur, qui habite le même quartier et dont la maison a été doublement saccagée et brûlée. Le coup de feu est venu, précise le frère de la victime, du côté où habite Lakhdar Grine, directeur de l’OPGI de Berriane, accusé d’être l’auteur du meurtre et arrêté le lendemain matin et mis en prison en attendant qu’il soit jugé. La communauté arabe, la famille Grine en premier lieu, réfute cette thèse et affirme que les « provocateurs » étaient plutôt des Mozabites. « Des jeunes Mozabites ont jeté des pétards sur une dame accompagnée de sa belle-fille enceinte et d’un jeune de 17 ans. Le jeune et la dame ont protesté. Et le groupe de Mozabites s’en est pris à eux, allant jusqu’à déchirer les vêtements de la femme enceinte. Devant cette scène déshonorante, des jeunes Arabes sont intervenus pour apporter leur aide à cette famille. Et c’est là où tout a commencé », explique Ahmed Grine, cadre à Sonatrach et cousin de l’accusé, précisant que les jeunes Mozabites se sont ainsi fait tabasser. « Tard le soir, un groupe de Mozabites s’est rendu à Kaf Hammouda et a attaqué les maisons et autres biens immobiliers des Arabes. Le défunt Ali Lassakeur figurait parmi ce groupe. Sous l’effet de la panique, quelqu’un a dû se servir de son arme. Rien ne prouve que c’était mon frère Lakhdar qui ne possède pas d’arme », indique Abdelkader, frère du mis en cause, exprimant cependant sa compassion pour la famille du défunt. « Le fusil qu’aurait utilisé Lakhdar, souligne-t-il, appartient à mon père qui habite à 200 mètres de sa maison. Comment aurait-il pu sortir et aller prendre le fusil de la maison de son père sans qu’il ne soit vu par les gens qui étaient à l’extérieur ? » La communauté arabe jure ainsi qu’elle n’a fait que se défendre. Les membres de la famille Grine et d’autres familles dont Nadja et Bekkaïr citent une série d’agressions commises avant et après ces douloureux événements. « Mon fils, marié depuis des années à une Mozabite, a été tabassé le 7 avril jusqu’à la mort. Son visage a été complètement défiguré au point où il a été transféré en urgence à Alger. Les services de sécurité ont voulu me faire croire qu’il s’agissait d’un accident de la route. Je les comprends. Ils ont peur que les affrontements reprennent. Mais les traces de coups sont visibles sur son corps. En plus de cela, mon petit-fils a vu de loin la scène. Ils étaient une vingtaine, tous cagoulés. J’ai déposé une plainte contre X. Mais je suis convaincu que cela n’est nullement étranger aux derniers événements », dit le vieux Tayeb Nadja qui espère que les agresseurs soient rapidement retrouvés et jugés. Les deux communautés se rejettent ainsi la responsabilité dans ces événements. Qui dit vrai ? Difficile de répondre ! Même l’enquête menée par la Gendarmerie nationale n’a pas déterminé avec exactitude les responsabilités des uns et des autres. C’est la parole du Mozabite contre celle de l’Arabe ! Se référant aux premiers résultats de l’enquête, le commandant de la gendarmerie de Ghardaïa, Mokhtar Benguedira, confirme que les affrontements ont été provoqués par cette « histoire » de pétards, sans pouvoir confirmer ou infirmer l’une de ces deux versions. Une chose semble être cependant confirmée, à ses yeux, c’est que le tir ayant tué Ali Lassakeur est bien sorti du fusil de chasse saisi et remis pour analyse balistique au laboratoire scientifique de la Sûreté nationale d’Alger. Le commandant Benguedira explique, par ailleurs, que l’intervention des services de sécurité s’est faite dès l’arrivée des renforts venus de Ghardaïa. Les éléments disponibles au niveau de la brigade de Berriane n’étaient pas suffisants pour opérer une quelconque intervention dans les quartiers théâtre d’affrontements, précise-t-il.

Ressentiment et animosité

Mais au-delà des faits, tout le monde à Berriane, que ce soit du côté des Arabes ou des Mozabites, s’accorde à dire que les derniers événements ne sont que la conséquence logique d’un cumul de ressentiments et d’animosités. Les Beni M’zab rappellent les événements de 1990 provoqués par les résultats des élections locales où la liste du parti dissous FIS (Arabes) se retrouvait en ballottage avec celle des indépendants (Mozabites) avant que cette dernière ne prenne le dessus. Les affrontements ont fait deux morts. « Les deux morts étaient des Mozabites. Le meurtrier a été arrêté, jugé et condamné à 5 ans de prison ferme, mais au bout de sa deuxième année d’incarcération, il a été gracié. Je trouve cela injuste. Il fallait qu’il purge sa peine », dénonce un Mozabite qui a requis l’anonymat. La plaie ne s’est donc pas encore refermée et il a suffi de peu pour qu’éclate l’abcès. Aussi, ils n’apprécient pas qu’ils soient considérés comme des kharidjites, comme cela est mentionné dans le manuel scolaire de l’éducation islamique destiné aux classes de la 5e année primaire. « Les élèves de la 5e année étudient depuis deux ans que les ibadites (Mozabites) sont des kharidjites. Cela est une contrevérité historique », fulmine un groupe de Mozabite