Boeing retarde une troisième fois les premières
livraisons du 787
WASHINGTON (AFP) - L'avionneur américain Boeing
(NYSE: BA - actualité) a annoncé mercredi qu'il repoussait au troisième trimestre
2009 les premières livraisons de son nouvel appareil long-courrier 787 ("Dreamliner"), portant à près d'un an et demi le retard total du programme par rapport aux prévisions
initiales.
Il s'agit du troisième report admis par Boeing, après les annonces d'octobre 2007 et de janvier 2008.
Outre les difficultés rencontrées pour travailler
avec des sous-traitants répartis dans le monde entier, déjà évoquées en janvier, le constructeur aéronautique a justifié ce nouveau retard par des "modifications
inattendues".
"Nous avons dû prendre un ensemble de décisions
difficiles", a commenté le PDG de la division aviation commerciale Scott Carson, lors d'une conférence téléphonique.
Boeing avait admis, fin mars, devoir procéder à
des améliorations sur le caisson central, une pièce majeure du 787.
L'avionneur table désormais sur 25 livraisons en
2009, contre 109 initialement.
Boeing estime désormais baser ses estimations "sur
un plan de production plus conservateur" et a "réintroduit du temps pour faire face aux imprévus que peuvent révéler les tests avant le premier vol et pendant le programme
d'essais".
"Je suis très confiant dans notre capacité à
respecter ce plan", a affirmé le directeur général en charge du programme 787, Pat Shanahan.
M. Shanahan a expliqué qu'une attention
particulière serait portée à "la capacité des sous-traitants" à respecter le programme de livraison, en réponse à une question sur les incertitudes susceptibles d'affecter encore le
programme.
"A mesure qu'ils apprennent et s'améliorent, le
système produira de plus en plus d'appareils", a-t-il ajouté.
Ce nouveau report,
qualifié de "très contrariant" par M. Carson, expose encore davantage Boeing au risque de pénalités de retard. Le constructeur a indiqué avoir contacté ses clients "pour en atténuer les
effets".
M. Shanahan a refusé de dire si le constructeur
avait déjà passé des provisions pour faire face à ces pénalités éventuelles.
Le 787, qui se veut particulièrement économique à
l'usage, est un très grand succès commercial, avec 857 commandes fermes à mi-février, alors que le programme n'a été lancé qu'en août 2004.
M. Carson a refusé mercredi de chiffrer l'impact
que pourrait avoir les retards sur les résultats du groupe. Boeing s'est contenté de parler d'une "croissance forte du bénéfice par action en 2009", et a confirmé ses objectifs de résultat pour 2008.
Malgré l'annonce de ces nouveaux retards, le
marché réagissait favorablement, l'action prenant 5,53% à 79,17 dollars vers 16H05 GMT à
la Bourse de New York. Une hausse notamment attribuée au fait qu'"aucune commande n'a été annulée" sur le programme 787, selon les analystes de Briefing.com.
Le titre avait toutefois été chahuté depuis la
première annonce de retards, abandonnant 30% entre début octobre et la clôture de mardi.
Le premier vol d'essai du Dreamliner avait été
prévu à l'origine en août 2007 et les premières livraisons en mai 2008.
Malgré ce nouveau retard, le 787 devrait toutefois
être livré avec plus de trois ans d'avance sur le modèle concurrent du rival Airbus (Paris: NL0000235190 - actualité) , la nouvelle version de l'A350 (baptisée XWB), prévue pour 2013.
Lancé en 2005 pour contrer le 787 de Boeing,
l'A350, dérivé de l'A330, avait dû revenir sur la planche à dessin après des critiques de clients, qui réclamaient un appareil plus grand et moins gourmand en carburant.
Le grand rival de Boeing a dû faire face à un
retard de 18 mois sur un autre programme, l'A380, la livraison du premier exemplaire intervenant finalement mi-octobre 2007.
Source Yahoo Finance
Le Pèlerin
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