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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 00:07

Paris à la campagne… !

poulets.jpg 

Un Parisien de toujours en eut soudain assez de la vie de citadin. Il décida de déménager pour la campagne pour élever des poulets.

Il trouve une jolie fermette à vendre pour pas trop cher. Il saute sur l'occasion et l'achète. Quelques jours plus tard, il reçoit la visite de son voisin immédiat, qui est, lui aussi éleveur de poulet.

Le voisin lui dit :

- Elever des poulets, de nos jours, ce n'est pas une mince affaire. Par solidarité, je vais te prêter 1000 poulets pour t'aider à démarrer, sais-tu. Tu me les rendras quand t'auras assez de sous devant toi.

Après l'avoir remercié, l'apprenti aviculteur rentre chez lui avec les poulets.

Deux semaines plus tard, le voisin vient voir à quel stade en sont ses poulets.

- Oh, c'est pas terrible. Tous les poulets sont morts!

Le voisin n'y croit pas :

- Je n'ai jamais eu autant de perte sur mes poulets. Ils ont du avoir un coup de chaleur. Allez, je vais t'en prêter 1000 autres.

Deux nouvelles semaines passent. Le voisin affable vient à nouveau aux nouvelles :

- Je ne sais pas si je dois te le dire, mais tes 1000 poulets sont morts encore une fois. Il n'en reste plus un seul de vivant...

Mais qu'est-ce qui s'est passé? Comment tu expliques qu'ils soient tous morts?

- Ben je ne suis pas encore sûr... Ou bien c'est parce que je les plante trop profond, ou bien c'est parce que je les plante trop serrés.

Le Pèlerin

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 09:14

Les lièvres, les courtisans et les jeunes loups

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Une pré campagne tardive, à quelques mois de la date butoir d’avril 2014, et l’expectative qui fige les positions des uns et des autres. Toute la classe politique est suspendue, en ce début d’année, à la décision de Bouteflika de briguer ou non un nouveau mandat après 15 années à la tête de la magistrature suprême, le plus long règne d’un président algérien.

Bien malin celui qui peut prédire de quoi sera fait l’après avril 2014 tant le pouvoir en Algérie échappe aux schémas classiques d’analyse. Quelques candidats habitués à ces joutes électorales et des nouveaux sont déjà partants. De nouvelles têtes sont attendues. La carte politique est de prime abord coupée en deux : il y a ceux qui se réclament de l’opposition — ils sont beaucoup — le quartet ou coalition gouvernementale et les courtisans tout aussi nombreux. Mais il se trouve que les lignes de démarcation entre les «partis à disposition» non officiellement acquis au pouvoir sont ténues. Pourtant, le compte à rebours pour le renouvellement de l’instance dirigeante suprême a commencé sinon dans les faits, du moins dans l’état d’esprit dominant aussi bien chez les décideurs que dans l’opinion publique.

Et pour ne pas faillir à la tradition, chaque élection présidentielle s’inscrit dans un contexte spécifique. Dans le cas présent, il s’agit de l’hypothèse d’un 4e mandat confrontée à l’incapacité physique (l’on parle même d’un autre type de séquelle) du premier prétendant.

Le boum des recettes financières générées par les hydrocarbures ces dernières années, qui attisent bien des convoitises, est une donnée qu’il faut prendre en compte. La course pour la présidentielle 2014 ne peut occulter cette donnée. Les acteurs de la scène politique ne l’ignorent pas.

Le pays pris en otage ?

Mais cette compétition électorale risque de prendre en otage un pays qui a besoin de bien plus que de discours aussi pompeux soient-ils. «Que ceux qui se portent candidats comprennent qu’il s’agit du sort d’un pays en danger à plusieurs niveaux», nous dit le professeur Zoubir Arous de l’université de Bouzaréah. Pour lui, «il règne un climat désolant autour du scrutin présidentiel qui porte plus sur la critique du président actuel, sur sa personne que sur un projet politique. C’est tout à fait improductif d’autant plus que ce type de discours porte atteinte à la crédibilité de la fonction de président de la République et la dévalorise». Visiblement, nous ne sommes pas encore entrés dans la confrontation des programmes des uns et des autres.

Pour certains partis, le programme électoral est en cours d’élaboration tandis que pour d’autres, notamment les indépendants, il s’agit beaucoup plus d’une somme d’idées et de lignes politiques générales. Bien évidemment, les anciens partis peuvent se targuer de ne pas accuser ce déficit, mais les principaux, en l’occurrence le FLN et le RND, en crise ne voient pas le bout du tunnel.

Acquis au pouvoir sans aucune condition, le MPA de Amara Benyounès et Taj de Amar Ghoul rivalisent de zèle quant à leur fidélité au programme du président. Cette allégeance qui défie la pudeur contraste toutefois avec une réalité économique et sociale morose. Le décollage qui ferait de l’Algérie un pays émergent et qui rejoindrait les BRICS n’est pas pour demain. Qui des politiques s’en s’offusquent ? Les mises en garde répétées, parfois pathétiques restent sans écho.

En attendant le déclic salutaire ?

Cette panne d’imagination est ainsi fort préjudiciable à une population majoritairement jeune et pleine de fougue et aux redoutables défis que représentent le logement, le chômage et l’indigence d’un enseignement qui n’arrive pas à sortir de l’ornière de la médiocrité, situation qui va en s’aggravant avec l’explosion démographique dans les campus.

Réalité nouvelle, le chômage des diplômés de l’université se greffe sur celui des autres catégories de jeunes sans formation. La crise de l’emploi se pose dans toute son ampleur provoquant des tensions sociales récurrentes. En effet, 50 000 jeunes diplômés arrivent sur le marché de l’emploi chaque année et ne trouvent pas de débouchés.

Le taux de chômage de 12% de la population active frappe de plein fouet la jeunesse (70%). Cela s’explique par une pyramide des âges où prédominent les moins de 20 ans (taux de natalité à 20%) et sa conséquence logique la pression sur le logement que nous connaissons car étant à moyen terme demandeurs. Et nous serons 42 millions en 2020 dans une dynamique d’urbanisation accélérée qui atteint 60% du territoire.

Il apparaît donc, compte tenu des politiques de logement suivies jusque-là, 2 millions de logements à réaliser par an, c’est vraisemblablement une gageure.

Dos au mur, le gouvernement se contente de gérer une pression sur le logement avec la même démarche qui prévaut depuis des décennies à défaut de proposer une rupture dans l’occupation de l’espace et donc des terres agricoles en grave diminution d’où l’insoutenable facture alimentaire en nette progression.

Malgré une politique volontariste et des investissements massifs, les céréales avec 128,8% (semoule et farine) sont en augmentation continue pour atteindre 278,42 millions de dollars. Quant aux produits laitiers très sensibles, compte tenu de notre modèle de consommation les achats ont également enregistré une hausse de 1,89% et cela représente 111,66 millions de dollars toujours selon le Cnis. En conséquence, la démarche des gouvernements successifs s’apparente beaucoup plus au souci d’acheter la paix sociale à n’importe quel prix. Si l’on assure que les équilibres macroéconomiques se portent plutôt bien, il n’en demeure pas moins que le recours sans retenue à la rente pétrolière crée une pression accentuée sur la production des hydrocarbures d’où le recours à leur surexploitation, une façon de faire que dénoncent nombre de spécialistes et d’acteurs de la scène politique. En effet, indexer la paix sociale à la pompe pétrolière comporte des risques que signale déjà un récent rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur les perspectives économiques de l’Algérie jugées modestes par rapport aux attentes en développement économique et sociale et la compétitivité espérée de son outil de production.

Les données économiques pour l’année 2013 incitent à plus de prudence en matières de dépenses et donc de gestion des revenus pétroliers afin de parer à un choc né d’une dépression dans les pays qui sont la locomotive de l’économie mondiale. Après une période faste, les premiers signes d’un essoufflement de nos exportations de pétrole et de gaz affichent une baisse du volume des ventes tandis que le prix du baril n’est pas épargné par les fluctuations du marché mondial.

«Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse», dit un adage. Voici donc planté le décor de la présidentielle de 2014 dans lequel il faudra introduire d’autres pressions encore plus dangereuses relatives aux tensions à nos frontières — toutes nos frontières. Les dépenses en ressources humaines et matérielles sont énormes et nous entraînent dans un engrenage duquel on n’est pas prêts d’en sortir.

Selon certaines sources, depuis mai 2013, 80 points de contrôle ont été installés sur les 956 kilomètres de frontières communes, 20 zones militaires fermées ont été créées et 60 000 hommes déployés depuis mai 2013. Dès 2011, l'Algérie avait défensivement positionné 7 000 gendarmes, des GGF (gendarmes gardes-frontières), sur la frontière avec la Libye, et 20 000 hommes dans les 4e et 6e Régions militaires (respectivement Ouargla et Tamanrasset). Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Abdelaziz Rahabi, ancien ministre, souligne : «Nous partageons près de 7 000 km avec sept Etats dont la plupart connaissent de sérieux problèmes de stabilité interne. Un conflit armé chez un voisin, comme le cas du Mali ou de la Libye implique une mobilisation coûteuse en hommes et en moyens qui nous mettent dans une sorte de guerre d’usure qui peut affaiblir le pays qui a également d’autres défis socioéconomiques internes à relever».

Pressions aux frontières, tensions récurrentes sur le front social

Les candidats en course, qui s’engagent dans la prochaine élection présidentielle, ont l’obligation majeure de ne pas occulter ces multiples défis en basant leur démarche sur le discours idéologique ou à référence religieuse. Nous ne sommes plus dans l’Algérie des années 1990, et celle d’aujourd’hui veut se projeter dans l’avenir. Présents à chaque compétition électorale, certains partis donnent la fâcheuse impression d’être dans la même configuration d’il y a quelques années.

Leur rhétorique et leur diatribe stérile anti-pouvoir ne projettent pas la société dans une dynamique de rupture par rapport au système à tel enseigne qu’ils détonnent par leur archaïsme.

C’est le cas des islamistes qui ne sont guère trop éloignés des partis conservateurs, à l’image du FLN, du RND ou du Taj de Amar Ghoul. Création artificielle, le MPA de Amara Benyounès est bien plus un parti faire-valoir parce que censé représenter la Kabylie en l’absence du RCD (qui le qualifie de renégat) ou du FFS qui eux peuvent au moins se prévaloir d’un encrage populaire.

Plutôt dans la forme que dans le fond, cette présidentielle peut mettre au-devant de la scène des têtes nouvelles, à l’image de l’économiste Kamel Benkoussa, 41 ans, qui revendique une «alternative radicalement différente du système actuel, un nouveau projet de société à travers une réforme des institutions et une refonte radicale du fonctionnement de l’Etat». Nombre de quadragénaires expatriés lui emboitent le pas. Il en est ainsi de Rachid Nekkaz qui déclame : «La cible numéro un de ma campagne électorale ce sont les jeunes», dit-il. «L’essentiel de mon programme est axé sur les problèmes de la jeunesse à tous les niveaux, que ce soit l’emploi, l’éducation, le logement, le service militaire ou la santé.» Il ne dit pas avec qui et comment.
D’autres personnalités tout aussi inconnues se posent comme candidats déclarés, et parfois leur profil peut sembler insolite.

L’écrivain Yasmina Khadra (Mohamed Moulessehoul, un ancien officier de l’armée à la retraite) est de ceux-là. Il met dans la balance son prestige d’écrivain. Il ne s’offusque pas pour autant que les gens ne comprennent pas sa décision de se porter candidat, mais il y croit dur comme fer, et dit : «Je suis Algérien, je n’ai qu’une seule patrie et je voudrais y vivre dans les meilleures conditions possibles.» Tout un programme !
Autre candidat inattendu, Chaâbane Boudemagh, ex-officier du DRS. La présidentielle de 2014 portera-t-elle le sceau d’une diversité de candidatures issues de la communauté émigrée en même temps que d’autres sur le plan interne ? Mais ils devront alors franchir l’obstacle des 75 000 signatures dans au moins 46 wilayas ainsi que leur officialisation par le Conseil constitutionnel. Pléthore de candidats ou pas, pour Moussa Touati, chaque Algérien a le droit de postuler à la présidence au nom du multipartisme, tandis que Kassa Aïssa, ex-membre du bureau politique du Fln et porte-parole y voit une manifestation d’un «folklore de mauvais goût». Cette présidentielle introduit-elle par ailleurs l’hypothèse d’un changement de génération ? Zoubir Arous se dit «prudent par rapport à une rupture par l’âge, le système a généré justement une relève jeune qui lui assure sa pérennité. Prenez le cas de Sellal, il en est un».

La rupture viendra d’un président «qui rompt avec les anciennes pratiques à tous les niveaux, qu’il soit à l’écoute des préoccupations des citoyens pas uniquement matérielles, qu’il ait un discours qui mette à nue nos faiblesses, un président qu’il ne caresse pas dans le sens du poil».

«Ghalbouna»

En vieux routier de la politique, le président du FNA, qui concourt pour la troisième fois, voit quant à lui cette élection sous un autre angle, celui du scepticisme : «On n’a jamais eu un président issu du suffrage populaire.» Dans les cercles diplomatiques à Alger, 4 noms reviennent : Ali Benflis, Mouloud Hamrouche, Ahmed Ouyahia et enfin Abdelmalek Sellal

Pour Rachid Grim, politologue : «Le possible candidat le plus proche de ce profil est sans conteste l’actuel Premier ministre, Abdelmalek Sellal, dont l’activisme délirant depuis sa nomination au poste ne répond qu’à cet unique objectif : se donner une image d’homme d’Etat, sérieux, travailleur, à l’écoute du peuple et… généreux.» Passé maître dans l’art de sorties médiatiques tapageuses, Moussa Touati n’hésite pas à brocarder certaines officines étrangères sans la «tezkia» (plébiscite) desquelles aucun candidat ne pourra gravir les marches du Palais d’El Mouradia. Il se fait véhément à l’endroit de la France qui, «depuis Ben Bella, a toujours décidé celui qui sera notre président». Dans le clair obscure et le calme de son siège sise à la rue Tanger, il rappelle l’épisode d’une rivalité entre les Etats-Unis et la France de Chirac lorsque l’Algérie a acheté pour 102 milliards de dollars en bons de Trésor à 2% d’intérêts. Selon lui, c’est Bouteflika qui a fait le voyage à Paris pour remettre 48 milliards de dollars à la France en crise et rentrer ainsi dans ses bonnes faveurs.

«Ghalbouna», lâche-t-il dans un souffle et nous dit ne pas croire à un 4e mandat de Bouteflika. «Tout le tapage fait autour de cette question sert à détourner l’attention des médias et des citoyens pour permettre au groupe d’intérêt de préparer quelqu’un d’autre», affirme-t-il. Le président du FNA en appelle à une 3e République ! Il s’explique : «Nous sommes passés de la légitimité révolutionnaire à la légitimité militaire et administrative ; aujourd’hui, nous allons vers un pourvoir financier où l’enjeu est l’argent sale.»

Il fut pourtant le premier à faire payer ses militants pour les inscrire sur les listes électorales ouvrant la voie à la «ch’kara» pratiquée depuis à grande échelle, plus grave au vu et au su de tous ! Le sociologue Zoubir Arous lui aussi partage cet avis : «Beaucoup veulent prendre une part de l’argent sale qui s’empare des hautes sphères.»

Cette dérive a tôt été dénoncée par l’impopulaire Ahmed Ouyahia, encore en poste, parlant des pressions de la maffia financière. «L’argent maffieux gouverne le pays», disait-il en juin 2012. Et d’ajouter : «Je dérange ceux qui n’apprécient pas que je ne sois pas un homme à compromissions dans ma gestion des affaires publiques.» C’était dans le contexte de la fameuse affaire des transactions obligatoires de plus de 500 000 DA par chèque, une recommandation abandonnée depuis !

Fantasmes…

A défaut d’affûter leurs armes, nombre de prétendants au fauteuil présidentiel nourrissent leurs fantasmes. Kassa Aïssa n’y va pas avec le dos de la cuillère, et va jusqu’à s’insurger sur cette «pléthore» de candidatures qui n’ont pas lieu d’être, selon lui, et cela renseigne sur l’état d’esprit de cadre du plus vieux parti du pays. «Ils sont tous mus par des intérêts immédiats ou se faire un nom.» Pour lui, Ali Bounouari, 62 ans (installé depuis 27 ans en Suisse, et cerise sur le gâteau, il est membre du Parti radical suisse), est de ceux-là. Comble des candidats, Ali Zeghdoud du Rassemblement algérien qui ne se manifeste qu’à la faveur d’élections.
Il y a aussi les partis clés en main, à l’image du Taj, selon notre interlocuteur. Bref, cette présidentielle nous réservera encore bien des surprises. Sur ce chapitre des motivations des uns et des autres, il y a beaucoup à dire. «Surenchère» est sans doute l’appréciation qui revient le plus. Pour compenser le déficit de légitimité au sein de leur formation politique ou à défaut d’une assise populaire, certains chefs de parti y ont recours. Bien que étant d’un tout autre gabarit, Ahmed Benbitour, 67 ans, plusieurs fois ministre, ancien chef de gouvernement, intrigue par son engagement : il est le premier à se porter candidat.

Ce général sans armée compte pour fait d’arme son désaccord avec Bouteflika dans une lettre de démission rendue publique, alors, chose inhabituelle dans les us et coutumes de politique algérienne.

A la recherche de soutiens, il fait cause commune dans l’opposition au président sortant. On ne connaît pas vraiment ses motivations, car il reste très secret sur cette question. Cela n’est pas le cas pour Soufiane Djilali, également candidat, qui nous confie : «En 1990, j’ai abandonné mon laboratoire de biologie en France pour rentrer au pays. Je voulais faire quelque chose dans mon pays.»

Il serait fastidieux de revenir sur le profil de tous les candidats dont le nombre ressemblerait à une liste de signataires d’une pétition !

Il est visible que l’élection prochaine portera la marque de la diversité dans les motivations. Jeunes loups (Jil Jadid), lièvres (Louisa Hanoune, Moussa Touati, Fawzi Rebaïne pour ne citer que ceux-là) ou courtisans zélés (FLN toutes tendances confondues, RND, Taj et bien sûr MPA).
Toutefois, il reste la question de fond : qui émergera dans ce magma ? Quatre tendances se dégageraient : les conservateurs, les démocrates, les islamistes et les indépendants ? Un consensus autour d’un candidat jouissant d’une autorité morale serait la meilleure porte de sortie de crise, dit-on.

Pour Rachid Grim : «Tous ceux - et ils sont nombreux - qui croient que la présidentielle d’avril 2014 sera différente des autres ; qu’elle sera honnête et transparente ; qu’elle mettra en concurrence des candidats de poids appartenant à des courants politiques différents et représentatif du champ social ; tous ceux-là comprendront qu’une fois encore, ils auront été les victimes de leur naïveté politique».
A suivre absolument…

Président, quel profil ?

Rachid Grim, politologue

En premier lieu, il devra s’agir d’un fidèle parmi les fidèles, ayant fait ses preuves au service de l’actuel président et du clan qu’il dirige. Il devra être «jeune» (autour de la soixantaine) et en bonne santé pour pouvoir rester en poste pendant un quinquennat. Il ne devra pas avoir d’ennemis irréductibles au sein du Clan et des autres composantes du pouvoir — armée et services. Il ne devra pas être directement ou indirectement impliqué dans des affaires de corruption. Et il devra être «populaire» et «apprécié» par une majorité de citoyens
Soufiane Djilali, candidat, président de Jil Jadid
J’ai l’intime conviction que j’ai des choses à offrir à mon pays. Pour agir, il faut avoir un instrument, soit un parti politique. Il faut avoir des cadres autour de soi, c’est ce que j’essaye de faire en formant. Il faut médiatiser son message : je m’astreins à faire ce travail même s’il m’en coûte.
Abdelaziz Rahabi, ancien ministre
Dans la réalité du monde actuel, un 4e mandat donnera de l’Algérie l’image d’un pays archaïque, figé dans le temps et dans celui des hommes.

Moussa Touati

«Ghalbouna», mais on ne s’avoue pas vaincus, le peuple algérien est fatigué de leurs mensonges et a compris que ce sont les intérêts des étrangers qui priment sur les siens.

Mouloud Lounaouci, ex-militant RCD

Les charges présidentielles supposent donc un profil particulier.

La forme physique et mentale est à ce titre déterminante. En aucun cas le président ne doit avoir plus de 70 ans en fin de mandat. Il y a également un âge minimum requis car la fonction présidentielle requiert une expérience de vie. La fourchette qui devrait être exigée idéalement au moment de la candidature serait donc entre 40 et 60 ans. Président de tous les Algériens, il doit se situer au-dessus des partis, des clans et autres groupes de pression.

Kassa Aïssa, ex-menbre du bureau politique du FLN

«Sellekna ya sellak ou sellekna ya Sellal.»

Si Bouteflika ne se représente pas l’on cherchera quelqu’un d’autre. S’il se représente, la plupart des candidats se retireront.

Zoubir Arous, sociologue

Nous avons besoin d’un président qui a les faveurs du peuple et non des décideurs, un président qui a un langage de vérité.

Arezki Dahmani, enseignent-chercheur (France)

Pourquoi pas une «femme» comme future présidente de l’Algérie — surtout pour une société dite musulmane. Y aurait-il mieux qu'une femme pour apaiser les rancœurs, pacifier le pays pour le lancer dans une dynamique d’un Etat de droit ?

Une femme serait un choix de cœur et de courage du peuple algérien. Seule une femme sera capable d’engager les réformes économiques, politiques et sociétales nécessaires à la modernisation de l’Algérie. Première femme à gouverner un pays de culture et/ou de transition musulmane serait le déclic nécessaire pour réveiller le peuple algérien et moderniser l’islam.

Source Le Soir d’Algérie

Une enquête de Brahim Taouchichet

taouchichetbrahim@ymail.com

Le Pèlerin

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 09:07

La facture s'est emballée en 2013

cereales francaises 

Le consommateur algérien est particulièrement friand de blé, avec une moyenne annuelle de 231 kg/habitant/an.

L'Algérie confirme de plus belle son statut de gros importateur de blé tendre. Les chiffres communiqués conjointement par le Centre des statistiques des Douanes et l'Oaic l'attestent. Cette dépendance vis-à-vis de l'étranger pour satisfaire la demande nationale en blé est étayée par la sensible hausse de la facture des importations algériennes des céréales. Cette dernière a augmenté de 3,03% durant les 11 premiers mois de 2013, par rapport à la même période de 2012..Cette facture est principalement tirée par les importations de blé, notamment tendre, et de l'orge.
Un comparatif statistique que les importations des céréales (blé, orge et maïs) ont totalisé 2,92 milliards de dollars en 2013, contre 2,83 milliards de dollars à la même période en 2012.

En volume, les importations de blé ont atteint 5,79 millions de tonnes de janvier à novembre 2013, contre 5,75 millions de tonnes à la même période de comparaison de 2012, enregistrant une légère hausse de près de 0,7%, selon les chiffres provisoires du Cnis.

Les achats de blé tendre ont atteint 1,54 milliard de dollars pour une quantité de 4,70 millions de tonnes, contre 1,31 milliard de dollars et 4,32 millions de tonnes à la même période de référence.

Les importations de blé tendre continuent ainsi à alourdir la facture céréalière de l'Algérie, qui produit de plus en plus de blé dur et d'orge, dont les récoltes s'améliorent d'année en année, selon l'Office algérien interprofessionnel des céréales (Oaic). Pour le blé dur, l'Algérie a importé durant les 11 premiers mois 2013 pour 427,54 millions de dollars (1,07 million de tonnes), contre près de 594,26 millions de dollars pour l'achat de 1,43 million de tonnes à la même période de 2012.

Ces chiffres sont communiqués dans un contexte de production nationale moins performant par rapport aux années précédentes.

La production céréalière de la saison agricole 2012-2013 a atteint 49,1 millions de quintaux au niveau national, en baisse de 900.000 quintaux par rapport à la saison précédente, selon les chiffres du ministère de l'Agriculture. Ce recul est dû essentiellement à la sécheresse qui a touché durant cette saison cinq wilayas de l'est du pays, d'où provient le gros de la récolte nationale céréalière fait-on savoir.
L'Algérie a produit 49 millions de tonnes de céréales durant la saison 2012-2013 contre 51,2 millions de tonnes lors de la campagne 2011-2012, 42,4 millions de tonnes en 2010-2011 et 45 millions de tonnes en 2009-2010, alors qu'une production record de 61,2 millions de tonnes avait été enregistrée en 2008-2009.
Les besoins de l'Algérie en céréales sont estimés à environ 8 millions de tonnes par an. Notre pays demeure l'un des premiers importateurs de blé au monde et la demande locale reste importante. Elle est induite par le mode de consommation bien algérien.
Le consommateur algérien est particulièrement friand de blé, avec une moyenne annuelle de 231 kg/habitant/an.

Le blé (dur et tendre) constitue 60% de l'apport calorique de sa ration alimentaire et représente 70% de l'apport protéique et 88% de l'apport protéique végétal, précise l'universitaire spécialisé en agriculture, Abdelmalek Tacherift, cité par un confrère

Source L’Expression Salim Benalia

Le Pèlerin

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 09:00

La fin d'un calvaire

Abdelmalek Sellal

 

Qui veut mettre le feu dans cette citadelle réputée pour sa tolérance, son sens de la solidarité et son patriotisme et surtout son organisation sociale enviable?

Il était grand temps d'agir pour tourner définitivement la page de cette crise mozabite qui a transformé la verte Vallée du M'zab en poudrière politique. Des sources proches du Premier ministère rapportent que Abdelmalek Sellal recevra, aujourd'hui, une délégation venue du M'zab et constituée de notables et de représentants de la société civile. En plus du Premier ministre, le ministre de l'Intérieur ou des représentants de son département ainsi que des responsables des services de sécurité assisteront à ce conclave d'Alger. C'est ce qui a été annoncé comme l'initiative du Premier ministre «pour mettre fin aux échauffourées entre jeunes dans certains quartiers de la ville de Ghardaïa». Le conclave d'Alger intervient près de 48h après les instructions du chef de l'Etat lors de la réunion du Conseil des ministres de lundi dernier. Pour la première fois, la crise mozabite a été évoquée en très haut lieu. Ce qui explique à quel point le mal est très profond pour le circonscrire dans une bénigne poussée de fièvre d'une région mécontente suite à la mauvaise distribution de logements. Les Mozabites savent construire les leurs. Evoquant ces événements, le président de la République a souligné en Conseil des ministres, la nécessité de faire prévaloir les valeurs de tolérance, de concorde et de dialogue «que prône notre religion», ainsi que «les vertus séculaires de solidarité et d'unité qui constituent le fondement de notre société». Le président de la République a instruit le gouvernement «de poursuivre la démarche en cours à l'effet d'apporter les solutions appropriées auxquelles aspirent les citoyens de cette wilaya pour ramener la sérénité et la quiétude, afin de préserver son développement harmonieux sur les plans économique, social et culturel». Avant-hier, c'est le Conseil du Cheikh Ba Abderrahmane Al Kerthi (la plus haute instance des notables des tribus de la vallée du M'zab) qui a appelé les pouvoirs publics à ouvrir une enquête sur les récents événements enregistrés dans la wilaya de Ghardaïa et à identifier et sanctionner les auteurs, «en consécration des principes de citoyenneté et d'égalité devant la loi». «Les dépassements qui ont marqué ces graves évènements ne doivent pas être utilisés pour déstabiliser le pays et discréditer les institutions de l'Etat. Il faut ouvrir une enquête transparente et approfondie pour identifier les auteurs et leur infliger les sanctions les plus sévères, conformément aux principes de la République et en consécration des principes de citoyenneté et d'égalité devant la loi», a indiqué un communiqué du Conseil du Cheikh Ba Abderrahmane Al Kerthi. C'est chose faite. L'Etat se penchera plus sérieusement sur ce problème qui dure depuis...tenez vous bien 1975!
Voilà des siècles que cette communauté cultive ses différences dans la verte Vallée du M'zab. Mais par quelle malédiction les Mozabites ont-ils été condamnés à la persécution? Ironie de l'histoire, Ghardaïa a été fondée en 1048 par les Berbères harcelés par leurs congénères, car convertis au rite ibadite. Ils font face aujourd'hui à une autre forme de harcèlement qui ne dit pas son nom. La première salve de ces affrontements communautaires a été donnée en 1975 à Béni Izguen. Ghradaïa a connu ensuite d'autres tensions qui ont fait des victimes en 1985, en 1990, et une dernière fois en 2004. Le summum a été atteint en 2008, quand des cris de détresse ont été lancés mais restés sans échos. Depuis cette date, les deux communautés se regardent en chiens de faïence, se livrant épisodiquement à une vendetta. En toute impunité, des bandes de voyous organisées s'attaquent systématiquement aux commerces mozabites, et seulement mozabites. Ces faits ont été vérifiés dans les quartiers de Mermed et de Béni Merzoug. Les Mozabites se sont organisés pour assurer leur défense et sécuriser leurs biens. Mais rien ne justifie cette situation. Nous sommes dans une République qui a tous les moyens de défendre ses citoyens. Il était temps donc que les pouvoirs publics agissent pour protéger cette minorité. C'est le rôle et le devoir de l'Etat.

Source L’Expression

Le Pèlerin

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 08:55

Réserves de changes de l’Algérie Près de 192 milliards de dollars à fin septembre 2013

reserves de change en dollars

 

Les réserves de changes de l’Algérie ont atteint 191,866 milliards de dollars à fin septembre dernier, a annoncé, aujourd'hui à Alger, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci.

« Les réserves de changes ont ainsi repris leur évolution positive après le solde négatif enregistré en juin 2013 à 189,768 milliards de dollars contre 190,66 milliards en décembre 2012 », a indiqué à l’APS, Laksaci lors de la présentation des tendances monétaires et financières des neuf premiers mois de 2013.

Lors de son passage, jeudi dernier devant l’APN, concernant la présentation du rapport annuel sur l’évolution économique et monétaire de l’Algérie en 2012, Mohamed Laksaci avait indiqué que le placement des réserves de change se fait actuellement à travers des dépôts auprès des banques centrales à raison de 6% de leur total, tandis que 94% restant s’opère à travers des obligations, des bons du trésor et des actifs bénéficiant d’une bonne notation auprès des agences internationales (AAA).

Selon lui, les dépôts auprès des banques centrales étrangères sont dominés par un panier de devises étrangères à leur tête le dollar américain (61%) et l’euro (28%), tandis que les obligations et bons du trésor sont répartis sur plusieurs instruments dont les fonds souverains, à hauteur de 65%, les établissements gouvernementaux (12,9%), les agences d’établissements supranationaux et internationaux (14,2%) et la banque des règlements internationaux (BRI, 6%).

La répartition par portefeuilles de ces dépôts montre que les établissements supranationaux détiennent 21,8% des dépôts, les Etats-Unis détiennent 20,7% sous forme de bons du trésor, l’Allemagne (15,2%) la France (12,4%), les Pays-Bas (9,6%) et le Royaume-uni (8,2%). Le panier des devises étrangères est composé du dollar américain (52%), l’euro (37%) et la livre sterling (9,6%).

Le Fonds monétaire international (FMI) a classé l’Algérie, en 2012, deuxième pays grand détenteur de réserves de change dans la région MENA juste derrière l’Arabie Saoudite et prévoit un matelas de devises de l’ordre de 224,1 milliards de dollars au titre des prévisions de clôture de l’année 2013.

Source Leconews

Le Pèlerin

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 08:39

Algérie - Il y a une politique d’Etat programmée pour effacer l’identité mozabite

ghardaia

 

Ghardaïa

D’abord, qu’est-ce qui a déclenché, selon vous, ces événements qui ont ébranlé Ghardaïa ?

Je note d’emblée que les gens ne cherchent que le sensationnel. «Combien y a-t-il eu de morts ?» ; «Combien de blessés ?» ; «Comment cela a commencé ?» ; «Le wali s’est réuni avec les imams et les notables»… C’est un scénario vraiment périmé qu’on nous sort à chaque fois. Cela n’a aucun sens de s’interroger sur la manière dont les événements ont commencé, parce que cela va se répéter. Depuis 1962, c’est la même histoire qui recommence. Ça ne s’est jamais arrêté. C’est un film d’horreur qu’on est en train de vivre, avec différents épisodes. Il y a une volonté politique, une politique d’Etat affirmée et confirmée pour détruire l’identité d’un groupe, et cela s’appelle un ethnocide. Pourtant, c’est une identité qui ne devrait déranger personne. On est chez nous, on est dans les terres de nos parents, je parle une langue différente, on a une pratique un peu différente de la religion. Voilà tout.

Mais le pouvoir essaie depuis l’indépendance de casser cette société qui est très structurée à la base. Il ne faut pas oublier que les Mozabites ont vécu durant des siècles dans le désert. Il n’y avait pas d’Etat central. Ils étaient obligés de compter sur eux-mêmes, de se structurer à travers des institutions qui gèrent tous les aspects de la vie : religieux, social, économique, et même le côté défense. Et heureusement d’ailleurs, sinon il n’y aurait plus de Mozabites depuis des lustres. Ni les Ottomans ni les autres dynasties n’ont mis les pieds ici. Ce n’est qu’après l’invasion française qu’un étranger a pu dominer cette région. Après l’indépendance, il y a eu une politique d’Etat programmée pour effacer l’identité mozabite. Cette identité est composée de deux volets : sur le plan ethnique, elle fait partie des sept composantes de l’identité amazighe. L’autre volet, c’est l’ibadisme qui est une école religieuse islamique modérée, pacifique et qui s’appuie sur la logique. Il y a les Moatazilites qui sont très proches de l’école ibadite et qui prônent le rationalisme.

L’ibadisme s’inspire aussi de la philosophie grecque. L’Ibadite privilégie toujours l’argumentation rationnelle et s’attache à donner l’exemple en toute circonstance. Jamais un Ibadite n’a levé le sabre pour obliger quelqu’un à devenir musulman. Et c’est tout cela qui fait la spécificité de l’identité mozabite. On est tranquilles, on n’a de problème avec personne. Après, il y a eu ces gens de Oujda qui voulaient imposer une culture hégémonique. Rappelez-vous l’époque du panarabisme de Jamel Abdennasser. Il y avait une volonté de dominer culturellement les peuples d’Afrique du Nord. Et pour notre malheur, nous avons été colonisés par les Français et leur Etat jacobin. Aujourd’hui, nos jeunes ne connaissent pas l’ibadisme, ne connaissent pas tamazight, ne connaissent rien du tout à cause de cette politique d’Etat de détruire cette identité. Le Mozabite est tué culturellement. Et le moyen le plus vicieux qu’ait utilisé l’Etat à cet effet, c’est la peur. Il terrorise les Mozabites. Le citoyen mozabite se sentait très diminué et se devait de baisser la tête en disant «l’essentiel lahna» comme dans les années 1990. Les gens avaient tellement peur qu’ils disaient : «L’essentiel lahna.» On veut juste la paix. On vous impose des choix en titillant un instinct naturel qui est la peur. Au début, c’était avec le parti unique. Les pouvoirs publics obligeaient les anciens à soutenir le FLN. Mais on n’est pas un peuple occupé ! On a colporté des rumeurs comme quoi les Mozabites n’ont pas fait la Révolution, les Mozabites sont des commerçants, des bourgeois. Boumediène présentait les Mozabites comme des profiteurs, et c’est encore ancré dans la tête de beaucoup d’Algériens. Le Mozabite est toujours considéré comme un sous-citoyen qui doit céder ses droits. Quand les commerçants recevaient la visite de contrôleurs véreux, ils payaient en silence, et ces petits fonctionnaires corrompus vivaient à leurs crochets. Après, les gens ont compris. Je suis un citoyen, je suis un être humain, je n’accepte plus ces pratiques. Les commerçants ont fini par se soulever en 2004. Les pouvoirs publics étaient devenus fous. Ils disaient : «Comment ça, vous êtes Mozabite et vous fermez la route ?» Comme quoi, tu restes toujours un sous-citoyen à leurs yeux. Un béni-oui-oui. Le wali disait : «Je n’accepte pas le FFS à Ghardaïa ! Vous, les Mozabites, vous devez rester sous la tutelle des ‘‘âyane’’ (notables) désignés par nos soins.»

- Est-ce à dire qu’il y aurait une sorte de «racisme d’Etat» à l’égard des Mozabites ?

C’est du racisme d’Etat déclaré. Et comme les Mozabites sont une minorité, ils sont environs 300 000 dans les sept villes du M’zab, ils ont été écrasés. Au début, les Arabes sont venus de Metlili, puis des autres régions, et après l’indépendance, beaucoup d’autres ont migré vers Ghardaïa. Ils ont trouvé du travail, la paix, et avec le temps, le parti unique les a favorisés, leur a accordé des avantages. Il faut citer aussi la spoliation des terres des Mozabites. Maintenant, des quartiers arabes entiers sont construits sur des terres mozabites. Il y a des terrains appartenant à un ami, Allah yerhamou, à peu près 50 000 m2 en plein centre de Ghardaïa, qui lui ont été confisqués. Ils ont été nationalisés sans indemnisation, après, ils ont construit des bâtiments sur ces terrains pour y loger des Arabes venus de loin. Les Mozabites, eux, n’ont rien eu. Ses propres enfants n’ont pas bénéficié de ces logements. Cela dit, on n’a pas de problème avec les Arabes. On a un problème avec un pouvoir qui utilise sa police et met en avant les Arabes pour s’attaquer aux Mozabites. Il y a un problème d’agression du pouvoir algérien contre les Mozabites.

Il ne s’agit donc pas d’un conflit tribal ou intercommunautaire ?

On veut montrer que ces gens sont en retard, que cette tribu des Beni M’zab ne s’entend pas avec la tribu des Chaâmbas. Et le journaliste sort cette histoire, il est content, son journal se vend bien. Mais tout ça est faux ! Le problème n’est pas l’Arabe. Prenez Alger : vous avez un match entre l’USMA et l’USMH. Si vous ne mettez pas en place un service d’ordre, qu’est-ce qui se passera ? Ils vont s’entretuer. Eh bien, c’est la même chose. Pourquoi la police ne fait pas son travail ? Vous avez quelqu’un qui agresse un autre. On le traduit en justice et on n’en parle plus, ce qui n’est pas le cas ici. Ils le font exprès pour que la psychose continue. Pour que le Mozabite ait peur.

- Vous parliez des notabilités locales. Comment analysez-vous leur rôle durant ce conflit ?

On est en 2013, on n’est pas au Moyen-âge. Ils nous parlent de «aâyane» (notables) qui se sont réunis, etc. Ils se moquent de nous ! Ces notables n’ont aucune prérogative. Ils n’ont aucun pouvoir. Tout ça, c’est du folklore. Ils font partie de la justification de l’injustice qui sévit. Ces gens sont soit de vieux imams qui ne peuvent rien et qui voient l’Etat comme un ogre qui va les bouffer, soit de petits «samasar» (courtiers), des «beznassia» qui ont des intérêts à défendre. De petits arrivistes qui ne pensent qu’à obtenir leur part de la rente pétrolière. C’est ça «el aâyane». Ce sont les porte-parole du pouvoir algérien à l’intérieur de notre société. Ils sont là pour casser eux aussi ces revendications identitaires dans notre société. C’est leur rôle.

- Et qu’en est-il de la classe politique ? Peut-elle contribuer à régler cette crise ?

Je n’attends rien d’eux. J’ai été moi-même un élu APC. En Algérie, l’élu n’a aucun pouvoir. Aucune prérogative. On vit dans un état dictatorial, corrompu, qui ne reconnaît aucun droit, sauf s’il est acculé. Les partis à Ghardaïa ne peuvent pas bouger. C’est une clientèle qui se rencontre sur différents registres du commerce. Ils attendent tous les cinq ans leur quota et c’est tout.

Vous avez dénoncé des actes de torture et d’agression sexuelle lors des événements de Guerrara qui auraient été commis par la police…

Oui, il y a eu des cas d’agression sexuelle et de viol à Guerrara. Des gens qui avaient été arrêtés en 1985 ont dit qu’ils avaient subis la même chose, mais ils avaient eu honte de l’avouer. Il n’y avait pas de médias pour en parler. Il y a deux mois, à Ghardaïa, des policiers ont arrêté un jeune et ont essayé de le violer dans leur fourgon. Les policiers ont un comportement de colonisateur. Le policier a carte blanche pour faire ce qu’il veut. Et on sait bien qu’un policier sous la dictature ou un gendarme ou un militaire n’est pas libre de sa pensée. Il applique les ordres. Quand le policier commet des actes de torture ou de viol à l’intérieur du commissariat, c’est qu’il a reçu des ordres. Je le dis et je le répète : c’est une guerre qui prend des formes différentes du pouvoir algérien contre la société mozabite.

- En tant que militant des droits de l’homme, envisagez-vous d’engager une procédure judiciaire contre les auteurs de ces dépassements ?

La justice algérienne, c’est l’autre visage de l’injustice exercée contre les Mozabites. On a le cas d’un jeune, Mohamed Baba Nedjar, qui a été condamné à mort puis à perpète. Ils lui ont collé une grave accusation de meurtre, sans preuve. On lui a dit : «Si tu dis que c’est Kamel Fekhar qui t’a donné l’ordre, on te relâche.» Il a refusé. C’est de la manipulation. Les Mozabites de service disaient aux jeunes : «Regardez le sort de celui qui fait de la politique, vous voulez qu’il vous arrive ce qui est arrivé à Baba Nedjar ?»

Moi-même, j’ai été l’objet de fausses accusations. Dernièrement, lorsqu’on a organisé un sit-in le 26 mars 2013 par solidarité avec les chômeurs de Metlili qui, soit dit en passant, sont Arabes, en moins d’une demi-heure, la police est intervenue et nous a matraqués. Il y a eu 18 arrestations, tous des Mozabites, dont 15 militants des droits de l’homme. On a fait une semaine de prison. On a été tabassés, torturés, puis condamnés. Pourtant, on n’a pas fermé la route. Eux, ils sont en train de casser, de piller, de voler sous leurs yeux et ils jouissent de l’impunité la plus totale.

- Le gouvernement vient d’annoncer une initiative pour Ghardaïa. Un commentaire

C’est de la poudre aux yeux ! C’est du «khorti» ! C’est pour endormir les gens. Le vrai problème, c’est la police. Il y a des lois, il faut les appliquer. On parle de créer une commission comme s’il n’y avait pas d’Etat. Ils font des choses avec ces soi-disant «aâyane» qui n’ont aucune prérogative. Ce sont des suppôts du pouvoir, comment négocier avec eux ? La source du problème est connue : c’est la police. Si la police avait fait correctement son travail à Guerrara et Ghardaïa, on n’en serait pas là. Cette police qui reçoit ses ordres de Belaïz et consorts…
- Si on vous sollicitait pour prendre part à ce processus de dialogue, seriez-vous disposé à y participer ?

Non, jamais ! Cela ne m’intéresse pas. Je ne veux pas servir d’instrument de légitimation à leur politique. Tout cela, c’est du pipeau !
Source El Watan Kamel Eddine Fekhar

Militant des droits de l’homme à Ghardaïa

Le Pèlerin

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 07:33

20 milliards de dollars pour la défense et l’intérieur

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Le jackpot ! Le gros lot de fin d’année : 19,9 milliards de dollars en espèces sonnantes et trébuchantes. Fabuleuse cagnotte - équivalent à 9,6% du produit intérieur brut — que devront payer en cette année 2014 les Algériens à leur défense et sécurité. La rançon de la paranoïa d’Etat.

Qu’importe le déficit «retrouvé», le premier depuis plusieurs années, de la balance des paiements (rapport du gouverneur de la Banque d’Algérie) où les besoins sociaux sont énormes, les départements régaliens de la Défense et de l’Intérieur voient exploser leurs budgets de fonctionnement : 12,7 milliards de dollars pour la Défense nationale, 7,2 milliards de dollars pour l’Intérieur.

A eux seuls, ces deux budgets cumulés captent plus de 36% des fonds alloués au fonctionnement des ministères de la République. Quid du contrôle de cette manne fabuleuse ? Cache-t-elle une course à l’armement ou est-ce le budget extensible de la professionnalisation de l’armée, «rattrapage» pour les années d’«embargo» ? Tentative d’éclairage.

Ce que l’armée veut…

Bal des offusqués à l’APN. Mercredi, 30 octobre. Débats à quelques années-lumière des derniers Parlements démocratiques de part le monde, tatillons sur le petit sous dépensé par l’armée. Répliques d’anthologies entendues ce jour-là à l’Assemblée nationale : «Personne n’a le droit d’émettre une quelconque critique sur les dépenses de l’armée. Car quel que soit le volume de ses dépenses, celles-ci ne seront pas vaines.» «L’armée a le droit de prendre l’argent qu’elle veut (…) parce que l’armée rend d’énormes services à la nation», etc.

La paire Miloud Chorfi-Tahar Khaoua, chefs des groupes parlementaires du Rassemblent National Démocratique et du Front de Libération Nationale, sait d’instinct se mettre au garde-à-vous, sonner la charge violente contre tous ceux qui osent chatouiller la «grande muette» ou évoquer son budget exponentiel.

Mercredi 30 octobre. Crime de lèse-majesté dans l’hémicycle Zighout Younès, siège de l’Assemblée nationale. Dans un silence de cathédrale, de gêne perceptible, le chef du groupe parlementaire du Front des forces socialistes, Chafaâ Bouaïche, égraine son long chapelet de griefs contre le projet de loi de finances 2014 appelé a étre adopté par un «Parlement qui ne dispose pas des moyens pour exécuter sa mission de contrôle de l’Exécutif». «Que dire d’une loi de finances dont le budget de la Défense a triplé depuis 2009 ?

Et sans qu’aucune raison ou justification ne soient avancées.» «Cette course à l’armement prendra-t-elle fin ?» s’interroge Bouaïche. «12,7 milliards de dollars de budget de fonctionnement, qu’en est-il du budget d’équipement ?» Malaise dans les travées. Les visages crispent à l’évocation du sujet «tabou».

Car, ici, au temple portant le nom du héros Zighout Youcef, gît le contrôle parlementaire : tout ou presque est sujet à débat sauf les corps constitués et leurs budgets. «20 milliards de dollars pour la Défense et l’Intérieur, c’est le budget de la moitié des Etats du continents africain», observe Abdelghani Boudebouz pour qui la sécurité et stabilité des pays ne se construisent pas avec des «dépenses excessives».

Défense et sécurité, un duo «incontrôlable»

Mardi 3 décembre. Maintenant que la loi de finances 2014 est entérinée par l’Assemblée croupion, la Cour des comptes peut rendre public son rapport d’appréciation sur l’exécution du budget 2011. Un rapport noir, illustrant comme les précédents le degré d’incurie, la déliquescence de l’Etat mais dont les 170 pages rageuses de ce rapport ne pipent mot sur les budgets XXL de la Défense et de l’intérieur. Les comptes et dépenses des deux ministères prétoriens échappent aussi bien au contrôle parlementaire qu’à la Cour des comptes (CC).

Haute juridiction constitutionnelle, chargée du «contrôle a posteriori des finances de l’État, des collectivités territoriales et des services publics», la Cour des comptes est pieds et poings liés, sans attribution quant il s’agit de contrôler deux des plus gros budgets de l’Etat. Dans le hall de l’APN, Lakhdar Benkhelef, député islamiste de El Adala (justice) enchaîne les interviews.

Ses charges homériques à l’hémicycle contre la corruption et l’impunité, et ses «initiatives parlementaires» pour juger les Khelil and Coe font de lui un bon client des médias. Nuées de caméramans et de journalistes attendant chacun l’occasion de l’interviewer. Contrôler le budget de la Défense ou de l’Intérieur ? «Impensable», juge le parlementaire. «Les députés ne contrôlent même pas le budget de leur propre Assemblée, dit-t-il en rires.

«Et s’il y a bien des ministres qui ne descendent jamais à l’Assemblée et à qui il est interdit de poser des questions, orales et écrites, ce sont bien les ministres de la Défense et celui des Affaires étrangères.» Lakhdar Benkhelef présume l’existence de répliques de Chakib Khelil dans tous les secteurs. «Or, l’armée, que nous plaçons, ajoute-t-il au-dessus de nos têtes, n’est pas faite d’anges mais d’humains.»

Le général Gaïd Salah chez les «amis» russes

Moscou. Mardi 22 octobre. Le patron de l’armé en guest star chez les «amis» russes, dont le pays trône depuis un demi-siècle sur nos marchés d’armes. La Russie est de loin le fournisseur historique de l’Algérie. Une «coopération-business» cinquantenaire –dont le volume ne cesse de s’accroître – avec le grand fabricant et exportateur d’armes de la planète.

Une visite de… quatre jours (la deuxième du chef d’état-major de l’ANP en Russie après celle de mai 2005 qui, elle, a duré six jours !) qui n’a rien d’une balade de santé pour les membres de la délégation de l’armée algérienne qui, en plus du vice-ministre de la Défense, chef d’état-major, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, comportait les commandants de forces concernées par les achats, et le général-major Akroum, directeur central du matériel.

C’est qu’il s’agit, d’après Akram Kharief, journaliste spécialiste des questions de défense, d’un contrat qui sera «probablement de l’ordre des précédents accords signés en 2007 avec la Russie évalué à 7 milliards de dollars, ou celui signé en 2010 avec l’Allemagne : 10 milliards de dollars».

Passionné, Akram Karief traque, suit à la trace les dernières acquisitions de l’ANP. Trois jours après la visite, il donne le «carnet de commandes» de l’ANP : «Des S400 et des Tor pour la défense aérienne du territoire, sachant que l’Algérie, unique pays arabe possédant les S300PMU2, avait exprimé sa volonté d’augmenter le nombre de ses brigades Tor qui serviront à protéger à la fois les sites sensibles et les systèmes de DCA.»

Les forces aériennes connaîtront aussi une «petite révolution avec la probable commande de deux à quatre escadrons de bombardiers tactiques à long rayon d’action Su32 (version export du Su34) et l’introduction de trois escadrons d’hélicoptères d’attaque lourds Mi 28. Véritable char volant, il permettra de renforcer la flotte vieillissante de Mi24MKII et s’occupera de la chasse aux terroristes dans le grand Sud algérien» (Le Soir d’Algérie du 28 octobre).

La conclusion présumée de ce nouveau «gros» contrat, et son montant astronomique (entre 7 et 10 milliards de dollars) n’ont fait l’objet d’aucun commentaire ou communication de la part du ministère de la Défense nationale. Au 3e jour de sa visite, le général Gaïd Salah dira, en s’adressant au nouveau ministre de la Défense, Sergueï Choigou, (successeur d’Anatoli Serdioukov, limogé par le président Poutine en novembre 2012 suite à un scandale de corruption), toute sa «satisfaction que les programmes d’équipement, modernisation et maintenance de notre potentiel de combat conclus avec les firmes du complexe militaro-industriel s’exécute avec une cadence régulière hormis quelques difficultés ponctuelles que nous avons pu dépasser (…)».

Allusion sans doute faite aux 34 avions de chasse MIG-29 défectueux et low-coast refourgués à l’Algérie avant leur renvoi à l’expéditeur pour leur remplacement par des Soukhoï SU-30 MKA. Un contrat de 1,3 milliard de dollars. « Bonne volonté, disponibilité et engagement. Ce sont les maîtres-mots qui guident notre relation avec nos amis russes», soulignait le général Gaïd Salah.

Un quart de siècle après la chute du bloc de l’Est, Moscou, capitale de l’ex-empire soviétique, garde intact son potentiel de fascination sur les dirigeants de l’armée algérienne formés pour nombre d’entre eux dans les académies de guerre de l’ex-URSS travaillés par le mythe de l’Armée rouge.

A 74 ans, le plus vieux soldat de l’ANP en exercice, vétéran de la guerre d’indépendance et de la guerre arabo-israélienne (1973), le général Gaïd Salah ne déroge pas à la règle. Diplômé de l’académie d’artillerie de l’Armée rouge de Vystrel dans l’Oral où il a séjourné entre 1969 à 1971, les penchants «russes» de Gaïd Salah irritent les capitales et chancelleries occidentales car «exclues» des gros marchés de l’ANP.

Comme l’illustre ce câble diplomatique révélé par WikiLeaks (In El Pais, 16 décembre 2010) dont l’auteur n’est autre que l’ancien ambassadeur américain à Alger, Robert Ford. Rapportant les confidences de «cheikh Djabellah et d’autres sources», Ford le présente dans ce télégramme envoyé à sa hiérarchie le 19 décembre 2007) : «(…) As perhaps the most corrupt official in the military apparatus», autrement «l’officier le plus corrompu de l’institution militaire».

Ils ont dit…

Akram Kharief, journaliste spécialiste des questions de défense :

«Le budget de la défense ne sera pas reconduit éternellement»

«Le budget de la défense ne sera pas reconduit éternellement. Je pense qu’en2019-2020, il diminuera drastiquement. Il correspond au renouvellement des équipements qui a pris dix ans de retard à cause de l’embargo des années90 et de l’arrêt de l’industrie russe. L’investissement consenti ces années va paradoxalement a peine au niveau quantitatif de1988. Par contre la qualité a grandement augmenté.

Concernant la doctrine ma conviction est que l’Algérie a opté pour une sorte de défense avancée. Avec la possibilité de frapper loin des frontières tout en sanctuarisant le territoire. Mais l’ANP reste a 100% défensive. Aucun investissement dans les équipements d’opex (opération militaire) de longue durée.

Samir Larabi, délégué du Comité national pour la défense des droits des chômeurs :

«... De l’argent pour lutter contre la pauvreté, le chômage, industrialiser le pays…»

Le discours officiel est contradictoire. D’un côté, le gouvernement et les institutions financières internationale comme le FMI prêchent la rigueur budgétaire quand il s’agit des salaires et le fonctionnement des services publiques, de l’autre, ils se font généreux et magnanimes quand c’est l’armement qu’il faudrait doter de gros budgets.

Je trouve que c’est irrationnel de dépenser autant d’argent pour des avions de guerre , des frégates ou des chars pour soi-disant combattre une guérilla d’islamistes radicaux. Or, cette lutte contre le terrorisme doit être menée par d’autres moyens, par le renseignement, pas avec des avions de chasse. Nous avons besoin de cet argent pour lutter contre la pauvreté, le chômage, industrialiser le pays, construire des écoles et des hôpitaux,etc.

Abdelatif Benachenhou, ancien ministre des Finances :

«La sécurité de l’Etat n’est pas qu’une affaire de la défense nationale»

La défense nationale, c’est plus large. Je ne discuterais pas les chiffres (les budgets de la Défense et de l’Intérieur, ndlr) parce que je ne les connais pas dans les détails. Ce que j’ai essayé de dire dans ma conférence («Bilans économique et social du printemps arabe», Ecole de Sciences Po, Alger, ndlr), c’est que la sécurité de l’Etat inclut l’armée et les services de sécurité mais pas que ceux-là. Exemple : la sécurité alimentaire et sanitaire font partie de la défense nationale au sens large du terme.

La lutte anti-cancer, qui paraît loin de la défense nationale, en fait partie. Parce que cela fait partie du consensus. Un pays qui soigne correctement sa population aura une plus forte adhésion à ses valeurs et il accroît sa capacité de défense nationale. Je ne rentre pas dans les détails. Je vois bien votre question : puisque les autres Etats sans sous risque, l’Etat algérien consolide sa défense nationale.

Bien sûr. Ça me paraît tout a fait normal. Je répète que la défense nationale inclut l’effort militaire, de sécurité mais ne se limite pas exclusivement à ça. C’est ma conviction. Je reviens au consensus : il est impératif que chacun des hommes politiques qui veulent le bien à ce pays protège le consensus nationale. Je répète la phrase célèbre de Mao Tse Tong : les éléments externes n’agissent que par l’intermédiaire de causes internes.»

Lakhdar Benkhelef, député MJD, Adala ou Tanmia :

«L’Etat choisit d’investir dans les armes plutôt que dans la ressource humaine»

C’est clair. Ces budgets dénotent du choix fait par le gouvernement de ne pas investir dans la ressource humaine alors que les défis sont majeurs. Dans la santé, l’éducation, les besoins sont énormes en moyens pédagogiques, en encadrement, pas de chauffage dans les écoles, des classes de plus de 50 élèves… Un budget de la Défense qui augmente, on peut toujours l’expliquer par ce qui se passe autour de nous, à nos frontières. Expliquer aussi les gros contrats conclus comme celui avec la Russie avec un montant, je crois, de 15 milliards de dollars pour l’achat d’avions.

On le voit aujourd’hui, pour ce contrat par exemple, et aux dernières nouvelles, l’Algérie a été amenée, du fait de la baisse de ses ressources financières, à négocier un échéancier de paiement. Par contre, le budget de l’Intérieur, ce n’est pas justifié. On aurait aimé que des budgets de ce type soient affectés aux projets de développement dans le Sud, par exemple, régler les problèmes des jeunes de cette région, leur donner du travail. Mais, sur ces dépenses, les députés ne disposent d’aucun droit de regard.

Source El Watan Mohand Aziri

Le Pèlerin

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 00:58

Complainte amoureuse

Rose pour Madame 

Oui dès l’instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l’amour qu’en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes


Ah ! Fallait-il que vous me plussiez
Qu’ingénument je vous le dise
Qu’avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse


Que vous me désespérassiez
Et qu’enfin je m’opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez

 

Alphonse Allais (1854-1905)

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 00:57

Sud algérien – Tamanrasset - Communauté européenne

Une idylle recherchée

touareg

 

La nouvelle circule comme une traînée de poudre dans des milieux féminins dans plusieurs pays de la Communauté européenne. De bouche à oreille, il est dit que la région du Hoggar est un gisement d’hommes libres.

Les Touareg sont réputés vigoureux, peu exigeants, fidèles amoureux et non corrompus par les temps modernes. Des mecs d’une rare épaisseur humaine… Et toutes ces qualités se perdent chez l’homme moderne. Ces discrètes confidences qui relèvent du renseignement sont prises au sérieux par de nombreuses femmes à la recherche de l’Amour avec un grand « A » dans les bras vigoureux d’un homme bleu à saisir dans cette immensité désertique du Sahara. La jeune Corinne qui travaille dans une agence parisienne de tourisme gère près de 5000 passagers par an aux deux destinations de Tamanrasset et Djanet, à raison de deux vols hebdomadaires. Les débuts de cette entreprise étaient modestes. Mais depuis la béatification du père de Foucault, Tamanrasset devient une destinée de tourisme religieux. Les pèlerins arpentent à pieds la côte de l’Assekrem et les amoureux de la nature découvrent « le plus grand musée du monde à ciel ouvert » dans le parc de Djanet. Dans cette masse de touristes, il y a de nombreuses candidates au mariage qui viennent de Hollande, de Suisse, d’Allemagne, de France et surtout de Belgique. Le nombre de ces femmes est significatif pour justifier un regard particulier et une prise en charge adaptée. Corinne se défend d’être une agence matrimoniale déguisée pour le rapt d’innocents Touareg. Elle précise que les candidates au mariage se recrutent majoritairement dans les professions libérales. Courageuses jusqu’à la témérité, elles bravent les tempêtes de sable, les distances et par-dessus tout, elles affrontent avec une certaine audace l’administration pointilleuse de nos consulats pour la délivrance du visa. C’est l’exemple de cette jeune Franco-Japonaise qui a convolé en justes noces avec un Targui. Elle a trouvé son bonheur dans l’austérité de la vie de nomade et transhume désormais entre le Niger et l’Algérie. Son sage mari qui préfère sa vie de nomade ne veut pas quitter son immense paradis. La jeune femme qui a su montrer de réelles qualités d’intégration, partage sa vie entre l’Europe où elle exerce son métier de journaliste et le Sahara où elle vit la sensation de l’absolu et aide son mari dans le commerce des chameaux. Il paraît que l’amour rend fou. Pour ce qui est de la folie, un Targui en a payé la rançon en région parisienne. Depuis son mariage et son « transfert » en France, il lui était interdit par sa femme de quitter le domicile. Il s’est retrouvé séquestré dans un F3. Jalouse, sa belle Joséphine ne pouvait consentir à le laisser libre et livré au danger des regards d’autres femmes… Son beau Targui, elle le voulait sans partage. Jusqu’au jour où des amis sont venus à son secours. Délivré, enfin, il est retourné dans le Hoggar. Celui-là n’est pas prêt à repartir en Europe.

Source El Watan

Le Pèlerin

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 00:56
Osez les mots coquins !
relations homme femme
Il y a les "mots bleus", "les mots qu'on dit avec les yeux", comme le chantait Christophe.
Pour raviver la flamme, osez les "mots verts" !
Au lit, essayez les mots crus !
Votre couple est un modèle pour votre entourage : accueillants, drôles, affectueux, fiables, vous faites l'admiration autour de vous. Mais les jolies images sont rassurantes, trop peut-être pour alimenter le désir sexuel qui, par nature, est casse-cou. Inventez vous un côté "pile", réservé à vos ébats intimes.
Là, jouez à vous surprendre mutuellement avec des mots "crus", ceux qui vous feraient habituellement rougir. En "joignant la parole au geste", vous vous mettrez encore plus à nu. Femme de mauvaise vie ou nymphomane, brute épaisse ou vilain pervers... prenez-vous pour un(e) autre ! Comme une caresse, plus ou moins appuyée, titillez l'ouïe de votre partenaire pendant l'amour. Chuchotés ou criés, ces mots feront plus d'effet qu'un déshabillé de soie
Mais où allez-vous chercher tout ça ?
Soyons francs, certain(e)s ont plus de dispositions que d'autres pour ce type de joutes oratoires. Si ce n'est pas votre cas, rabattez-vous sur le commentaire de l'action en cours, c'est un bon début : "j'aime que tu me fasses ça", "je vais te faire ça"... Petit à petit, porté par les réponses de votre partenaire, vous allez vous encanailler ! Et puis les hommes, qui ont spontanément un vocabulaire très cru, entre eux, pour parler des femmes, ont vite fait de retrouver des mots plus ou moins osés, voire tabous qui sont, dans ce contexte, les meilleurs ("nichons", "b...", "ch....", etc., vous voyez ce qu'on veut dire ?). Laissez-vous entraîner. Vous vous surprendrez d'ailleurs à avoir une voix plus rauque dans ce registre...
Dans quel cas s'abstenir ?
Comme tous les jeux amoureux, il faut être deux pour en profiter ! Gardez toujours en tête que :
- ça ne convient pas à tout le monde : L'histoire sexuelle de certaines personnes comporte des épisodes douloureux. Et ce qui peut être un jeu pour certains est la répétition d'un cauchemar pour d'autres. D'où l'intérêt de ne jamais insister, et de ne pas se forcer dans ces excès verbaux.
- ça ne convient pas tout le temps : Même si vous prenez plaisir à ce "déguisement", n'en faites pas une (autre) routine. Le jour où votre partenaire vous confie des ennuis au travail, il a peut-être plus besoin de retrouver la femme qui l'aime et le comprend et non la maîtresse bavarde et débridée que vous savez être (et vice-versa). Donc, choisissez votre moment
Plus facile pour eux que pour elles
De nombreux témoignages le prouvent : les hommes sont plus à l'aise que les femmes avec le vocabulaire vert ou coquin. On l'a vu, les mots leur viennent sans peine et ils en redemandent. Ils ont besoin de prendre symboliquement une distance d'avec la bonne épouse, mère de leurs enfants. D'où leur goût douteux pour la lingerie clinquante, les ongles écarlates, les talons qui font des déhanchés lascifs... et le registre lexical cru.
Les femmes, au contraire, dissocient rarement l'amour et le désir. Leur stimulant à elles, c'est plutôt le compliment, le cadeau, la déclaration d'amour, en un mot l'assurance d'être aimées. Jusqu'au jour où un homme rencontre sous la couette sa s... de femme qui veut se faire m....par son étalon de mari... Essayez, vous verrez !
Source Femmes Plus Emma Parago
Le Pèlerin
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