Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
  • Contact

De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

Recherche

16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 00:02

Fellag et le mécano du vendredi

fellag-copie-1.jpg

Fellag, plus qu’un nom, un antidépresseur que la Sécurité sociale doit rembourser.

Son dernier livre, Le mécano du vendredi, se lit avec les oreilles. Et tentez une mission impossible : ne pas rire. Cela commence par un sourire timide, complice, qui s’élargit au fil des phrases, avant de devenir un rire sonore, bruyant à déranger les locataires permanents du Palais du gouvernement. Et n’allez surtout pas croire que c’est un écrivain du dimanche, heu… du vendredi. Quand on aime, on écrit juste. Fellag est un éternel amoureux. L’Algérie, il l’a chevillée au cœur. Pas n’importe quelle Algérie, celle des petites gens. Celle qu’on ne voit pas d’El Mouradia, même avec des jumelles. Le télescope Hubble n’y peut rien.

Alors, le talent et la tendresse pallient cette cécité. Et parce qu’il faut sortir la littérature de son vase, Fellag a pris sa Renault 4, en «guewriya» 4L, cette petite voiture sabot que tout chauffeur algérien répare lui-même, «hchouma» (la honte) d’aller chez le garagiste, pour nous raconter une histoire, multitudes d’histoires, qui désacralisent et l’Algérie officielle et l’écriture prétentieuse, car creuse. Non, Fellag n’est pas un artiste, un écrivain subventionné. Le mécano du vendredi est une formidable description de l’Algérie, des Algéries. Avec des mots simples, mais tournés d’une façon magistrale, il nous narre avec un humour salvateur une société éclatée, schizophrénique, où les marionnettistes ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

S’il convoque le passé, c’est pour mieux dire le présent. Réconciliation, Fellag nous réconcilie avec nous-mêmes, allant jusqu’à piocher un peu d’amour en nous. Bon, c’est l’histoire d’un mec… Non, d’un amour impossible entre le personnage et Zoubida, sa voiture. Un amour impossible, capricieux. Tout dépend de la batterie, Sonelec, mon amour. «Nbghik même b’shour», pourvu que tu fonctionnes. «Walou», rien de rien. Tous les amours ne finissent pas mal en général, sauf si le delco te lâche ou que tu embrasses un camion. L’absurde rattrape le quotidien, ou le contraire, et l’auteur s’amuse à se perdre dans les dédales de l’Algérie des années 1980. La débrouille élevée en art de vivre. Euphorisant.

Donc, c’est l’histoire d’un mec, Youcef, remercié par la Télévision nationale (pas publique, hein) à cause de son talent et de ses idées louches, même pas capable de suivre les orientations officielles, qui passe sa vie à lui courir derrière. Et ce n’est pas sa 4L qui lui permettra de la rattraper. Plus il pousse, plus il fait du surplace. Avec un rare talent de narration, Fellag déconstruit le récit et crée son propre style. Derrière l’ironie, l’humour se cache un cœur tendre. Une ode à Alger. Et pour mieux savourer ce récit à la Buster Keaton, Jacques Ferrandez, l’auteur notamment des Carnets d’Orient, apporte son crayon tout au long du livre. A abuser sans modération. Ce n’est pas du cinéma, enfin si, courez à la première librairie. Laissez votre 4L, prenez les transports. C’est plus sûr.

Source El Watan Remi Yacine

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 11:00

Algérie - Mouton de l’Aïd -Un «sacrifice» chèrement payé

mouton-aid-.jpg

 

Des éleveurs sont arrivés dans différentes localités d’Alger depuis deux semaines afin d’exposer leurs moutons aux abords des grands axes routiers. Certains automobilistes s’arrêtent juste pour s’enquérir des prix, d’autres viennent pour acheter.

Mais le choix s’avère difficile, au vu du grand nombre de moutons proposés et aussi la petite différence dans les prix appliqués. Au Hamiz, Pas moins de vingt éleveurs occupent les deux côtés de l’autoroute. Une place stratégique, car il y a suffisamment d’espace pour le stationnement des automobilistes. A dix heures du matin déjà les clients avaient envahi cet espace improvisé pour la vente des moutons. Ils font des va-et-vient entre les vendeurs, cherchant à «dénicher» la bonne affaire : acheter un bon mouton à un prix raisonnable. Mais les vendeurs restent intransigeants. Un mouton dont le poids ne peut dépasser les 30 kilos coûte entre 28 000 et 32 000 dinars. «Depuis près d’une heure, je suis à la recherche d’un petit mouton à 25 000 dinars, en vain. Je ne peux dépenser plus que cette somme, d’autant plus que je vis seulement avec ma femme et mes deux petits enfants. Mais ces vendeurs sont intraitables.

Je vais changer de place, espérant trouver des prix raisonnables», regrette, chagriné, un jeune père de famille. Notre interlocuteur n’est pas le seul à revenir bredouille. De leur côté, les éleveurs affirment qu’ils ne peuvent pas baisser les prix.

«Les clients ignorent le coût réel de l’élevage d’un mouton. C’est un travail de plusieurs mois, le prix de l’orge a plus que doublé en plus du coût du transport et de la location de garages.

Nous sommes là pour vendre et non pour négocier avec les clients», tranche un éleveur venu de la commune steppique de Djendel, wilaya de M’sila. «Si vous étiez à notre place, vous auriez exigé plus que ce prix. Essayez de comprendre notre situation», a-t-il lancé à un citoyen qui demandait une remise de 2 000 dinars sur un mouton. A Bab Ezzouar, l’ambiance est la même : des citoyens veulent acquérir des moutons selon leurs moyens financiers et les éleveurs refusent toute baisse. «Croyez-moi, je préférerais retourner chez moi avec ce cheptel plutôt que de vendre à des prix bas. J’ai loué un garage à 40 000 dinars pour 25 jours, 20 000 dinars pour le transport du cheptel, en sus de la grande quantité d’orge que j’ai payée à 2 700 dinars/ le quintal», affirme un éleveur venu de la région de Hassi Bahbah, wilaya de Djelfa. «Les moutons ne sont pas chers. Ils se vendent à leur juste prix», insiste-t-il. Si la majeure partie des citoyens fait demi-tour, certains, en revanche achètent sans la moindre hésitation. Ces derniers demandent simplement aux vendeurs de choisir le meilleur mouton, le mettent dans le véhicule et payent sans se soucier du prix. «Il y a heureusement des gens qui comprennent la difficulté de notre métier.

Ils nous offrent même des pourboires et nous remercient pour la bonne qualité des moutons», se réjouit un éleveur, qui venait juste d’écouler trois moutons à 45 000 dinars chacun en moyenne.

«Une question de dignité»

Devant la cherté des moutons et la faiblesse du pouvoir d’achat de la majeure partie des pères de familles, observer la Sunna d’Abraham constitue un vrai «sacrifice».

De simples employés ne pouvant joindre les deux bouts se trouvent encore une fois devant une fête trop coûteuse. Certains n’hésitent pas à s’endetter pour acheter le mouton car il s’agit avant tout de procurer la joie et le bonheur aux enfants. «Je ne peux admettre que mes enfants restent à l’écart alors que ceux des voisins s’amusent avec le mouton. Mon salaire me permet à peine de pallier les besoins vitaux. Je m’endette pour acheter un mouton, et après l’Aïd je rembourse graduellement», témoigne A.S, quinquagénaire, simple fonctionnaire dans une administration locale à Alger.

Selon lui, une grande partie de ses collègues de travail recourent à la même solution et se retrouvent dans l’obligation de serrer la ceinture afin de pouvoir payer leur dette.
«Il est vrai que le goût de l’Aïd n’y est plus en raison de la cherté de la vie et la dégradation du pouvoir d’achat, mais nous devons observer ce rite. Nous faisons cela pour ne pas être considérés comme pauvres et recevoir l’aumône des voisins.

C’est une question de dignité», ajoute notre interlocuteur. Il faut dire aussi que d’autres pères de familles, et ils sont nombreux, font l’impasse sur l’achat de mouton depuis quelques années déjà, expliquant à leurs enfants qu’ils en sont incapables à cause de la cherté de la vie.

Cohabitation pratique

En dépit de la cherté des moutons, certaines familles tiennent à observer le rite selon leurs moyens. Elles ne veulent pas se priver de l’ambiance particulière de l’Aïd El Ad’ha. Une solution intelligente est alors trouvée : deux familles voisines achètent un mouton ensemble, surtout lorsqu’il s’agit de deux frères ou cousins. Cela existe aussi bien dans les grandes villes que dans les petits villages. D’une part, c’est l’esprit de solidarité, de fraternité et de bon voisinage qui règne à cette occasion, et d’autre part éviter de dépenser toute la somme qu’on possède. «Depuis plus de cinq ans, moi et mon frère aîné, nous achetons un seul mouton. Nous vivons dans la même maison et nous nous entendons bien. Au lieu de payer chacun 30 000 dinars ou plus, nous préférons partager la somme», témoigne Mohamed, la quarantaine, fonctionnaire. Devant la cherté des moutons, le partage est incontournable pour des milliers de citoyens. «Je sais que du côté religieux, chaque père de famille est appelé à égorger un mouton, conformément à la Sunna d’Abraham, mais ce n’est pas toujours possible. Je suis certain que le Bon Dieu comprendra notre situation», soupire Aâmi Amar, retraité. A chacun, ses moyens…

Un métier occasionnel

A l’approche de l’Aïd, plusieurs citoyens se transforment en revendeurs de moutons, un business aux bénéfices garantis.

A Alger, les maquignons occasionnels se déplacent dans les régions connues pour l’élevage, s’approvisionnent en une quantité conséquente de moutons qu’ils proposent à la vente dans différents quartiers des grandes villes. A Soustara, Belcourt, El-Hamma, Bazita, des garages sont transformés en lieux de vente. «Nous nous sommes déplacés à Tiaret, il y a plus de vingt jours, pour acheter une centaine de moutons. Nous avons loué ce garage et acheté une quantité suffisante d’orge pour les nourrir.

Nous faisons cela depuis cinq ans», affirment deux jeunes à El-Hamma (Belcourt). Une grande plaque est placée à quelques mètres du garage annonçant «Vente de moutons». Une semaine avant le jour du sacrifice, la quasi-totalité des moutons a déjà été vendue.

«Il ne nous reste que ces cinq moutons. Nous rendons également service aux citoyens en gardant leurs moutons ici jusqu’à la veille de l’Aïd», expliquent-ils. Devenir maquignon à l’occasion de l’Aïd est un commerce juteux. Il y a même ceux qui suspendent leur activité habituelle pour se consacrer à ce business. C’est le cas d’un agent de sécurité dans une entreprise publique à Blida qui prend un long congé de maladie à l’approche de l’Aïd pour devenir «revendeur» de moutons. Mais lui ne procède pas à l’achat d’un grand nombre, ni à la location d’un garage. Il achète et revend dans les marchés. «J’arrive au marché très tôt dans la matinée, je cible les bons moutons et je les achète à un bon prix.

Deux ou trois moutons. Et puis je les propose de nouveau à la vente. Etant un bon connaisseur, je gagne jusqu’à 2 000 dinars par mouton», affirme-t-il. «Je ne perds jamais dans ce commerce. Cela ne nécessite pas d’avoir une grande somme d’argent, mais les gains sont importants. Ce qui est certain c’est que je gagne mieux que ceux qui proposent des moutons dans les garages car je ne dépense rien. Je ne suis pas obligé d’acheter de l’orge ou de louer un espace de vente», se félicite notre interlocuteur. Et ce n’est pas seulement dans les grandes villes que des citoyens profitent de l’Aïd pour engranger des bénéfices substantiels. Ceux qui vivent dans les régions montagneuses, ayant l’espace nécessaire et les aliments, achètent de petits moutons quelques mois avant l’Aïd, les élèvent pour ensuite les proposer à la vente.

C’est le cas notamment des retraités qui se convertissent en éleveurs. «Je ne fais pas cela seulement pour l’argent. Ça me permet d’avoir une bonne occupation, lorsque je passe mon temps avec des moutons dans les champs», témoigne Aâmi Tahar, septuagénaire. Dans la région de Makouda (Tizi Ouzou), plusieurs retraités pratiquent ce métier qui leur permet, d’une part, de trouver une bonne compagnie, et d’autre part, de gagner de l’argent.

Pour ces derniers, les clients sont garantis d’avance, puisqu’ils vendent généralement à des connaissances où à des membres de la grande famille. L’Aïd est aussi une course pour le gain matériel…

Le cheptel en bonne santé

Le ministère de l’Agriculture rassure les citoyens sur la bonne santé du cheptel ovin.

Des rumeurs ont circulé ces derniers jours concernant la santé du cheptel ovin national. Certains organes de la presse nationale ont fait état de son atteinte de maladie, appelant les citoyens à faire preuve de vigilance avant l’achat de moutons à sacrifier le jour de l’Aïd. Une rumeur qui a mis les citoyens dans une situation de confusion totale et a poussé certains à prendre la décision de boycotter les marchés de bétail. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a réagi lundi dernier, rassurant que le cheptel ovin est en bonne santé. «Notre cheptel se porte bien, et ce, depuis quelques années déjà, c'est-à-dire depuis la dernière épizootie de la fièvre aphteuse enregistrée en 1999», a indiqué Karim Boughanem, directeur de la santé animale au ministère. Cette maladie a disparu selon lui grâce à un vaste programme national de vaccination très rigoureux mis en place par les services vétérinaires.

Cela permet d’ailleurs à l'Algérie «d'obtenir le statut d'officiellement indemne de cette pathologie auprès de l'organisation mondiale de la santé animale», s’est-il félicité. Le même responsable a affirmé que le cheptel national (celui déclaré à travers les campagnes de vaccination) a atteint cette année 22,5 millions de têtes contre 21 millions en 2009 et la moyenne qui est sacrifiée chaque année tourne autour de 5 millions de têtes. Un chiffre concernant uniquement les bêtes tuées au niveau des abattoirs, ce qui est loin de représenter le chiffre réel, sachant que la majeure partie des citoyens sacrifient les moutons chez eux. A l'approche de l'Aïd El-Adha, la direction des services vétérinaires relance l'opération «Aïd sans kyste», qui allie une large sensibilisation de la population aux mesures d'hygiène, un renforcement de contrôle du mouvement du cheptel à travers le territoire national et une mise en place des points de contrôle des moyens de transport interwilayas du cheptel en exigeant des certificats de bonne santé des animaux délivrés par les services vétérinaires.

Le contrôle sanitaire des carcasses et organes d'animaux sacrifiés sera donc intensifié d'autant plus que l'abattage rituel s'effectue en général en dehors des abattoirs et dans des emplacements non autorisés par les autorités locales. Afin d’optimiser l'encadrement sanitaire, des mesures ont été prises par les pouvoirs publics dont la fixation au préalable, par arrêté de wilaya, des différents lieux de rassemblement et de vente d'animaux et l'organisation d'émissions radiophoniques et télévisées, en incluant les radios locales, pour diffuser des messages de sensibilisation. Des permanences effectuées par les services vétérinaires de wilaya et des autres services concernés par cette opération seront mises en place au niveau des APC et des lieux d'abattage et de rassemblement des animaux.

Source Horizons Ahmed Haniche

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:50

Les quatre vérités de Hannachi

M.-Hannachi.jpg

Les quatre vérités de Hannachi

 

Les graves révélations du président de la JSK, selon lesquelles le patron de la FAF, Mohamed Raouraoua, lui aurait demandé d’arranger le match contre Al Ahly, ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Hier, un communiqué – non signé – publié sur le site Internet de la Fédération, a qualifié les déclarations de Hannachi de «mensongères», «diffamatoires» et «tapageuses». La FAF souligne que ces nouvelles déclarations feront l’objet «d’un examen par les instances du football concernées».

- La FAF a rendu public, hier, un communiqué dans lequel elle qualifie vos déclarations de «mensongères» et de «grotesques». Quelle est votre réaction, M. Hannachi ?

Tout d’abord, je tiens à souligner que ce fameux communiqué dont vous parlez n’est pas signé. Pour moi, Raouraoua, que j’ai personnellement accusé, n’a pas répondu. C’est peut-être un membre de la fédération qui a fait ce communiqué, puisque le concerné est à La Mecque. Donc pour moi, Raouraoua n’a rien écrit et je maintiens toujours mes propos. S’il croit qu’il va me faire peur avec la justice, il se trompe lourdement.

- Le communiqué de la FAF rejette vos accusations en faisant remarquer que même les dirigeants d’Al Ahly avaient accusé M. Raouraoua d’avoir été derrière la défaite de leur club face à la JSK et l’ES Tunis…

Non, ça n’a rien à voir. Ils l’ont accusé quand ils ont perdu contre l’ES Tunis parce que Raouraoua était présent sur le plateau de Nessma TV, alors qu’il n’est jamais venu à Tizi Ouzou.

 - Certains observateurs pensent que votre passe d’armes avec Raouraoua traduit peut-être un affrontement entre deux clans au pouvoir, du fait que vous soyez tous deux des poids lourds du football national…

Non, non. Moi je n’ai rien à voir avec aucun clan du pouvoir. Je suis à Tizi, en Kabylie, et je dirige la JSK tant que ça marche. Et si les choses n’évoluent pas comme il se doit, je laisserai ma place à une autre personne. Maintenant que nous avons créé la SPA, j’ai déclaré avant la conférence de presse que celui qui ramène de l’argent, pourra rejoindra évidemment les structures dirigeantes du club. Que voulez-vous de plus ?

 - Le communiqué évoque que des investisseurs «crédibles» se sont proposés à la FAF d’investir «massivement» dans le capital social de la JSK. Pourquoi avez-vous refusé ces apports ?

Mais qui sont ces gens-là ? Qu’ils donnent les noms de ces investisseurs. Je vous fais remarquer que nous avons envoyé le 27 mai 2010 une lettre au PDG de l’ETRHB, M. Haddad, (copie reçue par El Watan) dans laquelle nous lui demandions de rejoindre la JSK en tant qu’actionnaire majoritaire et de prendre le club.

C’est vous dire que les allusions de la fédération sont farfelues. En plus, pourquoi ces «investisseurs» sont-ils allés voir la FAF et non pas les dirigeants de la JSK ? C’est vraiment le monde à l’envers ! Alors chiche ! qu’ils nous disent qui sont ces industriels qui veulent investir à la JSK ! Je considère ces propos comme une insulte à tous les membres de l’assemblée générale de notre club; comme si la JSK n’a personne pour parler en son nom.

 - Revenons un peu à vos accusations contre Raouraoua. Avez-vous des témoins qui pourraient confirmer vos dires. Comment cela s’est réellement passé ?

Oui, j’en ai même beaucoup ! J’étais dans le bureau du président de la FAF à Dély Brahim quand une personnalité est entrée au moment même où M. Raouraoua me demanda expressément de laisser Al Ahly gagner le match contre la JSK. Cette personnalité me lança alors ceci : «Hannachi, jamais… il faut gagner ce match !»  

 - C’est qui ce témoin ? S’agit-il d’un membre du bureau fédéral ou d’un dirigeant de la JSK ?

 Je ne peux pas révéler son identité. Je préciserai seulement que c’est un homme très important, c’est un haut responsable du pays. Quant aux dirigeants de la JSK, cela s’est passé au Caire. Raouraoua ne leur a pas demandé de lever le pied, mais il les a mis en garde contre une agression des Egyptiens, du genre : «Faites attention, ils vont vous agresser.» Or il n’y avait aucune tension, mieux encore, notre délégation a été accueillie avec des fleurs.

 - Mais vous conviendrez que votre accusation contre Raouraoua est d’une extrême gravité... Oui, je le sais et je la maintiens. D’ailleurs, j’ai même informé le responsable de la fédération qui a accompagné la JSK au Caire de la «proposition» de Raouraoua.

 - Mais pourquoi alors avez-vous mis près de trois mois pour faire de telles révélations

Ecoutez, il y a trois personnes qui m’ont demandé de ne pas ébruiter l’affaire. Il y a le PDG de Nedjma, Joseph Gad, le directeur d’Echourouk, Ali Fodil, et le consul général d’Algérie en France, Abderrahmane Meziane Chérif. Ils m’ont prié de ne rien faire. Je leur ai dit d’accord je ne fais rien, mais s’il y a quelque chose je vais bouger...

 - Pouvez-vous, M. Hannachi, nous dire pourquoi M. Raouraoua voulait faire gagner Al Ahly comme vous l’accusez ?

 Eh bien, vous savez qu’il brigue le poste de président de la CAF. Il veut donc rendre service aux Egyptiens pour qu’il obtienne leur soutien lors des prochaines élections. J’ajouterai que M. Raouraoua est associé avec le groupe égyptien Arab Contractors. Et le siège de la FAF qui  est-ce qui l’a construit ? C’est évidemment Arab Contractors. C’est aussi le même groupe égyptien qui a construit la fameuse tour de Bab Ezzouar. Il y a encore d’autres affaires que je pourrais divulguer en temps opportun. Malheureusement, Raouraoua n’a pas répondu à mes accusations et son communiqué n’est qu’un tissu de généralités qui plus est, n’est même pas signé.

La FAF répond à Hannachi

«Des propos mensongers et grotesques»

Le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua, a fini par réagir aux accusations gravissimes du premier responsable de la JS Kabylie, Moh-Chérif Hannachi.

Sans se prononcer en personne, Raouraoua s’est contenté d’un communiqué rendu public hier sur le site officiel de la Fédération, dans lequel il rejette les révélations de Hannachi selon lesquelles il lui aurait demandé d’arranger le résultat du match retour face au Ahly du Caire en faveur des Egyptiens. «Les dernières élucubrations de Mohand Chérif Hannachi, qui accuse le président de la Fédération algérienne de football de vouloir nuire à la JSK, ne sauraient tromper longtemps l’opinion publique sportive. Les propos outranciers par lesquels il présente le président de la FAF comme un fervent avocat du Ahly du Caire sont, en plus d’êtres mensongers, tout simplement grotesques. D’autant que la position ferme du président de la FAF vis-à-vis des dirigeants du Ahly du Caire est largement connue. Ces derniers, relayés par la presse égyptienne, ont en effet imputé au président de la FAF leur défaite à Tizi Ouzou ainsi que leur élimination par l’ES Tunis en demi-finale de la Ligue des champions d’Afrique», indique le communiqué de la FAF, qui intervient 48 heures après les accusations faites par Hannachi lors d’une conférence de presse, vendredi dernier à Tizi Ouzou.

La FAF chargera également le président de la JSK, l’accusant d’avoir barré la route devant les investisseurs désirant participer dans le capital social du club kabyle : «Sans nul doute que les motivations qui ont entraîné cette fuite en avant sont à rechercher dans la panique qui a saisi le président de la JSK à la suite de la mise en place du professionnalisme en Algérie, dans lequel il ne pourra trouver sa place. D’autant que pour le bonheur de la JSK, ce grand club, qui mérite beaucoup mieux que le million de dinars de capital social et que M. Hannachi s’est approprié pour 500 000 DA, des investisseurs crédibles se sont faits connaître auprès de la FAF pour investir massivement dans le capital social de la JSK qui mérite largement un investissement, à la hauteur de son histoire et de son prestigieux palmarès», accuse la FAF à travers son communiqué. Et de poursuivre : «L’arrivée du professionnalisme marque la fin d’une époque où le sieur Hannachi, par l’intimidation et des pratiques d’un autre âge, œuvrait à la déstabilisation des assemblées générales de la FAF. Cette époque est à jamais révolue ! Depuis la refondation du football algérien, seuls les lois et règlements ont droit de cité dans la gestion du football national.»

La Fédération annonce, par ailleurs, sa décision d’intenter une action en justice contre Hannachi car elle ne saurait rester les bras croisés devant «des déclarations mensongères, diffamatoires et tapageuses».

C’est la deuxième action en justice menée, rappelle-t-on, par la Fédération contre le président kabyle qui a tenu, depuis plusieurs semaines, des propos diffamatoires à l’encontre Raouraoua. «Ces nouvelles déclarations feront l’objet d’un examen par les instances du football concernées qui appliqueront de manière stricte les règlements en vigueur en la matière», lit-on dans le communiqué de la FAF, qui laisse ainsi entendre que Hannachi risque la radiation à vie du mouvement sportif national. Une proposition aurait été déjà faite dans ce sens auprès le ministère de la Jeunesse et des Sports, a-t-on appris.

Source El Watan Hassan Moali

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:42

Cérémonie de fin des travaux le 13 décembre

Notre-Dame-d-Afrique.jpg

 

La cérémonie marquant la fin des travaux de confortement de la basilique Notre-Dame d’Afrique sera organisée le 13 décembre.

«Cette cérémonie verra la présence de plusieurs responsables tels les ministres de la Culture, du Tourisme et de la Formation professionnelle. Elle est placée sous le patronage du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui pourrait, éventuellement, nous honorer de sa présence», nous a révélé Dominique Henry, chef du projet de restauration. L’aspect de «Madame l’Afrique», comme aiment à l’appeler les riverains, a complètement changé : les façades désormais de couleur blanche se découpent sur le ciel bleu. Confiés à l’architecte qui a pris en charge la restauration de Notre-Dame de la Garde à Marseille, les travaux répartis en deux phases ont été entamés en juillet 2007. La première phase a concerné la partie nord de la basilique.

La deuxième, qui a touché le grand dôme et le campanile, plus au sud, a débuté fin 2008 et s’est achevée en 2009. La réception technique s’est faite le 21 juillet 2010. «En plus des travaux visibles de l’extérieur, d’autres qui ne sont pas apparents ont été entrepris comme le renforcement de l’intérieur du dôme», précise M. Henry, qui assure que les vitraux, pris en charge par un maître verrier, ont, eux aussi, été changés. Un chantier école a également été mis en place. «Une quarantaine de stagiaires du centre de formation professionnelle ont été initiés aux métiers de la restauration du patrimoine au contact des ouvriers professionnels», indique le chef de projet.

Les travaux ont nécessité une enveloppe de 520 millions dinars ; la wilaya d’Alger, qui a participé au montage financier mis en place avec plusieurs institutions, a dégagé 56 millions de dinars. oeuvre de Mgr Pavy, évêque d’Alger, la basilique a été construite en 14 ans,  du 2 février 1858 jusqu’en 1872. Les plans de style byzantin ont été conçus par l’architecte Fromageau, nommé en 1859 par le ministère des colonies, architecte en chef des édifices diocésains d’Algérie. La basilique est construite sur les hauteurs d’Alger, sur le plateau de Bouzaréah dominant la baie d’Alger, du haut de ses 120 m d’altitude

Source El Watan Nadir Idir

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:37

Échec en demi-teinte du G20 - La guerre des monnaies continuera

opposition USA Chine

 

«Le dollar est notre monnaie et votre problème.» John Connally s’adressant aux Européens en 1973

Les 11 et 12 novembre a eu lieu la réunion du G20 institué en 2008 suite à la faillite de banques américaines dont la fameuse Lehmann Brothers. Cette nouvelle réunion s’est achevée sur un consensus mou; chacun est d’accord sur le bout des lèvres avec naturellement beaucoup de non-dits. «Entre-temps, écrit Julie de la Brosse, quatre G20 se sont tenus pour changer les règles de l’économie mondiale. Avec un succès mitigé...Pour limiter la spéculation sur les changes ou les matières premières, certains Etats ont aussi relancé l’idée d’une taxe sur les transactions financières. Mais ils se sont heurtés aux mêmes difficultés: celles de parvenir à un consensus global, sans lequel le système mis en place est inefficace. Autre sujet se heurtant aux égos nationaux des géants du G20, la guerre des monnaies qui concentre actuellement toutes les inquiétudes. Aujourd’hui, de nombreux économistes mettent en garde les grandes puissances du G20 contre la renaissance du protectionnisme (746 mesures qui nuisent aux échanges internationaux auraient été prises depuis le premier G20 selon les économistes de Global Trade Alert).»(1)

Les Américains à la peine

Pascal Riché nous explique brièvement les enjeux du sommet de Séoul: depuis quelques jours, on ne parle que de cette «guerre des monnaies» dont le G20 (les vingt pays qui représentent 90% de l’économie mondiale) serait le champ d’opérations. Qu’appelle-t-on la «guerre des monnaies»? Cette guerre-là n’est pas très nouvelle. Les grands pays industrialisés «s’affrontent» à coups de dévaluations compétitives: plus leur monnaie baisse, plus cela dope les exportations et, sur leur marché, plus cela freine les importations de produits étrangers au profit de produits concurrentiels nationaux. Dans cette «guerre», les Européens ne vont pas vraiment vers la victoire: depuis juin, l’euro a grimpé de 13% par rapport au dollar et de 10% par rapport au yuan chinois. Les Américains peinent à relancer leur machine, dont le moteur est la consommation et l’investissement intérieurs (les exportations étant un moteur accessoire). La Réserve fédérale décide donc de déverser des liquidités pour soutenir l’économie. Elle a ainsi décidé de racheter pour 600 milliards de dollars de bons du trésor. S’il y a plus de monnaie, sa valeur baisse, la valeur du dollar baisse donc face aux autres monnaies. Les monnaies asiatiques, à commencer par le yuan, évoluent dans le sillage du dollar: quand il baisse, les autorités monétaires chinoises baissent aussi leur monnaie, pour ne pas subir de conséquences fâcheuses sur leurs exportations. Elles vendent donc du yuan contre des dollars pour maintenir la parité entre les devises des deux pays. L’euro, lui, trinque. Il grimpe contre toutes les autres monnaies. L’euro est géré avec une philosophie allemande: on ne joue pas avec la monnaie. Le seul objectif de la Banque centrale européenne est de maintenir un bas taux d’inflation. Voilà comment l’Europe se transforme en dindon de la farce. Les Américains, eux, suivent une politique qui leur est chère, le «benign neglect» (douce insouciance): ils se satisfont de la baisse du dollar, qui est bonne pour leur économie. La réserve fédérale américaine a pour objectif officiel de poursuivre une politique monétaire aboutissant au plein emploi. La Banque centrale européenne de juguler l’inflation. Il me semble que chacun essaie d’atteindre ses objectifs respectifs. Outre la parité monétaire, la Chine est surtout détentrice massive de dollars. Elle n’a donc aucun intérêt à voir sa valeur baisser, d’autant qu’elle a manifesté une relative bienveillance à l’égard des États-Unis en rachetant tout aussi massivement ses bons du trésor.(2)

Pour Jean Matouk, la guerre des monnaies a de tout temps existé: «Les guerres de monnaies se sont succédé dans l’Histoire soit pour dominer la circulation, soit pour dominer le commerce, et ce dès l’Antiquité. Aux temps modernes, même si cette recherche de la primauté de circulation - livre au XIXe siècle, dollar au XXe - est restée un enjeu, les valeurs des monnaies sont devenues surtout des armes dans une guerre économique pour la croissance et l’emploi. Dès septembre 1931, pour réduire l’impact de la crise déclenchée en 1929, la Grande-Bretagne sort de l’étalon or et dévalue la livre de 40%, engageant une première phase «guerrière» de dévaluations compétitives et obligeant les autres pays à dévaluer à leur tour.

En 1944, à Bretton Woods, on construit le système de l’«étalon de change or». Seul le dollar est lié à l’or et est inattaquable. Les autres monnaies sont liées au dollar et, entre elles, par des taux de change fixes. Mais «sous» ce dollar-roi, les guerres «seigneuriales» entre monnaies européennes se poursuivent. La livre est contrainte d’être dévaluée en 1967, sous la pression de ceux que le Premier ministre britannique appelle alors les «gnomes de Zurich», aujourd’hui appelés traders. Le franc se dévalue très régulièrement par rapport au mark, au florin, et aux monnaies des pays du Nord. Entre 1949 et 1989, il perd 280% de sa valeur par rapport au mark. Ce constat montre, au passage, l’inanité des propositions de sortir de l’euro pour reprendre le cycle inutile des dévaluations compétitives. Ce système de l’étalon dollar favorise hautement les Etats-Unis, permettant à leur banque centrale, la Federal réserve system, une création monétaire totalement libre grâce à laquelle ils peuvent développer leurs entreprises dans le monde entier et consolider leur «impérialisme» économique.(3)

En 1971 puis 1973, parce que maintenir le lien fixe entre dollar et or devient gênant pour les Etats-Unis, Nixon décide, en deux étapes, de supprimer tout lien avec l’or. C’est l’époque où John Connally s’adressant aux Européens: «Le dollar est notre monnaie et votre problème.» On ne saurait mieux définir l’impérialisme monétaire.» Les changes deviennent flottants dans le monde entier, et les Etats-Unis utilisent largement l’arme monétaire: en laissant le dollar se dévaluer - jusqu’à 3,99 francs pour un dollar - fin 1979, les Américains favorisent leurs exportations, en particulier agricoles; en le laissant se réévaluer, à partir de Reagan, jusqu’à 10 francs pour un dollar, ils réduisirent le coût de leurs importations, notamment pétrolières, et facilitent une nouvelle extension de leurs multinationales. Les accords du Plazza de 1985, à Paris, visent, apparemment, de manière consensuelle, à ramener le dollar vers un taux de change plus raisonnable. En fait, les fermiers américains et certains milieux industriels ne supportent plus le dollar à 10 francs. Les Etats-Unis signent alors l’accord. Succès apparent: le dollar baisse rapidement. Tant et si bien qu’on tente, par les Accords du Louvre, en 1987, d’enrayer sa baisse. Peine perdue! Le dollar est alors en guerre contre les monnaies des autres pays développés pour la croissance de l’économie américaine avec moins d’importations et plus d’exportations. Entre 1972 et 1988, il baisse de 350 yens à 150, et de 4 à 1,7 mark, soit une dévaluation de 58% «contre» les deux champions de l’export». (3) «Certains pays d’Europe, dont la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne créent le «serpent» monétaire (1972), puis le Système monétaire européen (1979).Dans cette nouvelle phase, ce ne sont plus les Etats qui décident brusquement de dévaluer ou de réévaluer. Ce sont «les marchés» qui, en vendant massivement la monnaie d’un pays, le mettent en demeure soit de changer sa politique, soit d’accepter la dévalorisation progressive ou, carrément, une sortie du système fixe. Rappelons comment Georges Soros a fait chuter la livre. Finalement, en 1993, sous l’effet d’une spéculation intense, les marges de fluctuations sont élargies à 15%, signant la mort du SME. La guerre des monnaies continue aujourd’hui, et depuis plusieurs années, entre dollar, yen, et deux nouveaux partenaires, l’euro et le yuan chinois. Guerre «froide» entre yuan et dollar, puisque les Chinois maintiennent depuis 1994 un cours fixe entre leur monnaie et le dollar, avec une légère réévaluation en 2008. (..)Pour accepter que le taux de change du yuan favorise moins ses exportations, la Chine doit substituer de la demande intérieure de consommation à des exportations, dans la formation de son PIB. Elle le souhaite, mais une telle transformation prend plusieurs années. Elle va donc procéder à des ajustements de change comme elle vient d’ailleurs de l’annoncer, en acceptant officiellement de lier sa monnaie non plus exclusivement au dollar mais à un «panier» de monnaies. Mais la réévaluation du yuan se fera à son rythme, pas au nôtre.»(3)

Comme l’écrit Alexandrine Bouilhet: «Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis ont empêché tout accord contraignant sur les devises. Le dossier des déséquilibres du commerce international restera à traiter par la présidence française du G20. Après douze heures d’âpres négociations, le G20 de Séoul a accouché d’un compromis a minima sur les monnaies, reflet des tensions très fortes entre Américains et Chinois sur le yuan et le dollar. Le G20 appelle à «renforcer la flexibilité des taux de change», afin qu’ils «respectent mieux les fondamentaux économiques». Rien ne forcera donc Pékin à apprécier plus franchement sa monnaie, sous évaluée de 40% face au dollar, d’après certains experts».(4) Les dirigeants des pays du G20 ont renouvelé à Séoul leur engagement à travailler ensemble à la prospérité de la planète. Le vaste déséquilibre entre les pays émergents à forte croissance et les pays développés peinant à sortir de la crise, est pointé comme étant à la source de tous les problèmes. D’autant plus que les seconds s’endettent auprès des premiers. Le G20 va donc mettre en place des «lignes directrices» composées d’une «série d’indicateurs» pour aider à identifier les grands déséquilibres commerciaux qui «nécessitent des actions préventives et correctives». Les pays du G20 ont réitéré l’engagement d’ «aller vers des systèmes de taux de change déterminés par le marché». Ils le feront en «augmentant la flexibilité des taux de change pour refléter les fondamentaux économiques sous-jacents et en s’abstenant de dévaluations compétitives de leurs monnaies. Le président chinois, Hu Jintao s’est engagé à continuer sur la voie d’une réévaluation du yuan. Mais, a-t-il averti, cela ne pourra se faire que dans un «environnement extérieur favorable» et de manière progressive. Les pays membres affirment qu’ils vont «s’opposer au protectionnisme sous toutes ses formes». Les nations du G20 ont renouvelé leur promesse de venir en aide aux pays à faibles revenus par des approches taillées sur mesure pour chaque pays receveur. Le but est de les mettre sur la voie d’une «croissance durable». Ils réaffirment leur engagement à combattre le changement climatique et «n’épargneront aucun effort pour parvenir à un résultat équilibré et couronné de succès à Cancun» qui commence fin novembre.(5)

Voilà comment les grands de ce monde comptent aider les pays en développement et s’occuper du climat. «On attendait [les chefs d’Etat Ndlr] d’eux, écrit Alain Faujas, qu’ils mettent un terme à la «guerre des monnaies» en obligeant les protagonistes à cesser de mettre la pagaille dans l’économie mondiale, la Chine en inondant le monde de ses exportations grâce à un yuan sous-évalué et les Etats-Unis en arrosant de liquidités leur économie pour faire repartir leur consommation au risque de creuser leur déficit et de faire s’effondrer le dollar. Au lieu de fixer des objectifs et des dates pour un retour à l’équilibre, le sommet s’est contenté de charger le FMI d’élaborer, pour le printemps 2011, des indicateurs acceptables par tous et destinés à déterminer à partir de quel niveau d’excédents ou de déficits un pays devient «dangereux» pour les autres. Le FMI sera ensuite chargé de persuader les «déviants» de revenir dans les clous. L’impression de semi-échec, qui demeure, tient au fait que le G20 n’est plus porté par l’urgence comme à Washington, il est entré dans l’après-crise.(6)»

Une réforme indispensable

A sa façon, le site Attac résume les vrais problèmes et les solutions proposées On lit: «La guerre des monnaies fait rage et menace de dégénérer en crise financière et géopolitique. La Chine protège ses gigantesques excédents commerciaux en conservant une monnaie sous-évaluée. Les États-Unis créent 600 milliards de dollars pour faire baisser leur devise. L’Allemagne étouffe la zone euro par sa politique d’exportation agressive basée sur le dumping social. Que propose le G20 pour dissiper les nuages noirs qui s’amoncellent à l’horizon? Le G20 n’engage pas la moindre action contre l’hégémonie de la finance: aucun élément sur la taxe sur les transactions financières, qui aurait un effet direct sur la spéculation, aucun effort pour entraver l’évasion fiscale, aucune proposition pour séparer les activités bancaires de dépôt de celles uniquement dévolues à la spéculation, ce qui serait la meilleure solution aux banques «too big too fail». Mais on retiendra surtout la consternante détermination du G20 d’aller vers «un système monétaire international où les taux de change sont davantage déterminés par le marché». Alors qu’aucune mesure n’a été prise pour limiter la spéculation sur le marché des changes, qui représente 3000 milliards de dollars par jour; alors que cette spéculation provoque d’incessants mouvements de yo-yo entre les devises, sans aucun rapport avec les fondamentaux des économies nationales; (...) la réforme du système monétaire international est plus que jamais indispensable. Il faut dans l’immédiat taxer et réglementer drastiquement la spéculation sur les devises, mais aussi sur les matières premières, les dettes souveraines...À terme, il faut viser le remplacement du dollar par une monnaie commune mondiale.(7)» Cette guerre des monnaies qui ne dit pas son nom aura des répercussions fâcheuses sur les petits pays. Un pays comme l’Algérie suit les Etats-Unis et les errements du dollar pour les bons de Trésor. Il faut bien que l’on nous explique pourquoi l’Algérie n’a pas fait comme l’Inde qui a acheté 200 tonnes d’or au FMI en 2009? Pourquoi garder des dollars qui s’effritent et qui rapportent moins que l’inflation au lieu d’être injectés dans l’investissement productif? Plus largement, qu’avons-nous à faire de ces masses d’argent pour des hydrocarbures bradés alors que le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), du 4 novembre annonce la fin inexorable du pétrole qui sera de plus en plus cher. Pourquoi extraire des hydrocarbures plus que nous pouvons absorber? Qu’allons-nous laisser à la prochaine génération quand la rente aura disparu et que nous n’aurons pas procédé à temps, aux mutations nécessaires pour sortir de la malédiction du pétrole et ren-trer dans l’économie de la connaissance, seule ceinture de sureté pérenne. Cette question est posée à ceux qui ont le difficile privilège d’amener cette Algérie à bon port.

1.Julie de la Brosse: Deux ans de G20 pour rien?L’Expansion 10/11/2010
2.Pascal Riché: La «guerre des monnaies» expliquée aux nuls Rue89 10/11/2010
3.Jean Matouk: L’imminente «guerre monétaire» sévit depuis l’Antiquité Rue 89 02/11/2010
4.Alexandrine Bouilhet:G20: compromis a minima sur les monnaies Le Figaro 12/11/2010
5.Ce qui a été décidé au G20 L’Expansion.com 12/11/2010
6.Alain Faujas:Un G20 mi-figue mi-raisin Le Monde.fr 12.11.10
7.G20 de Séoul: vive le marché libre!.Attac France 12 novembre 2010
http://www.france.attac.org/spip.php?article11875

Source L’Expression Pr Chems Eddine Chitour

Ecole nationale polytechnique

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:29
 Du trafic pour devenir Français

 

 

 

 

 

algerie-etat-civil.jpg

 

Quand l’administration française continue de souffrir de la corruption et du laisser-aller qui règnent au sein de l’administration algérienne.

C’est ce que vient de démontrer le tribunal correctionnel de Meaux, une petite ville située à 40 km de Paris, dans le département de la Seine-et-Marne, en examinant, vendredi dernier, le dossier d’un Algérien qui a falsifié son état civil dans le but d’obtenir la nationalité française. Le quotidien Le Parisien, qui a publié l’information, a estimé, par ailleurs que près d’un millier de personnes, originaires majoritairement de la Kabylie, auraient utilisé la même escroquerie pour devenir des citoyens français.

Ainsi, pour obtenir la nationalité française, les faussaires ne sont pas allés par mille chemins. Ils ont poussé leur malhonnêteté jusqu’à modifier leur généalogie, afin de se faire passer pour des enfants ou des petits-enfants de parents algériens possédant légalement la nationalité française.

Le tout s’est fait, bien entendu, avec la complicité du chef de l’état civil de la commune du faussaire qui valide sans vergogne le fameux document, en contrepartie de quelques milliers de dinars. Or, si le geste paraît banal de l’autre côté de la Méditerranée, en France il crée une multitude de problèmes. A commencer par un sentiment de doute sur tous les dossiers de naturalisation déposés au niveau des préfectures par les Algériens. Selon des associations de défense des étrangers, la course à la nationalité française par de faux certificats et faux extraits de naissance a fini par créer chez les autorités françaises de véritables incertitudes quant à la véracité et la légalité des documents présentés.

Ce qui prolonge la durée consacrée à l’étude des dossiers déposés au niveau et amène l’administration à ne pas donner de suite favorable à de nombreuses demandes, notamment celles émanant d’Algériens. Pour Bruno Leroux, député socialiste de Seine-Saint-Denis, le phénomène des faux documents est plus important qu’on ne le croit. Il a indiqué avoir saisi par deux fois les ministres de la Justice de l’époque, sans pour autant que des enquêtes ne soient ouvertes pour débusquer les faussaires et les tricheurs. 

«J’ai l’impression qu’il y a un phénomène connu sur lequel personne n’a voulu mettre le doigt», a-t-il expliqué au Parisien. Pour rappel, il y a quelques années, le village d’Aït Khellili, en Haute Kabylie, a été le théâtre d’une vaste opération de falsification de papiers d’identité et d’extraits de naissance. Plusieurs faussaires ont été arrêtés par la police depuis 2005 dans ce petit village paisible. Les escrocs auraient aidé près de mille personnes à acquérir la nationalité française. Mais force est de constater que l’escroquerie ne concerne pas uniquement la commune de Aït Khellili. A Tizi Ouzou, à Oran et dans plusieurs régions du pays, il suffit juste de soudoyer le préposé à l’état civil pour obtenir touts types de papiers.

Mais il n’y a pas que ceux qui désirent acquérir la nationalité française qui s’adonnent à ce genre de trafic, d’autres le font juste pour continuer à percevoir les pensions de leurs parents. La technique consiste à envoyer, par courrier, aux caisses françaises d’assurances, de faux certificats de vie, alors que lesdits parents ne sont plus de ce monde.

Il n’y a qu’en Algérie où l’on peut même délivrer un certificat de vie pour un mort et un titre de moudjahid pour une personne née après l’indépendance.

Source El Watan Yacine Farah

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:27

Algérie - Le marché de l’Aïd, marché de la piété

mouton-aid.jpg

Un débat prenant nous tourmente depuis de longs jours. Il occupe la société : “égorger” l’agneau ou acheter sa viande ; emprunter ou acheter à crédit ; où trouver le cash en ces temps de disette fiduciaire ; défier le patron et faire “le pont” ou assurer ses arrières en se contentant des deux jours fériés… Il occupe aussi l’État : libérer la voie publique au marché de moutons ou organiser la vente dans des parkings ; fermer les yeux sur les “ponts”, ou mettre en garde contre les longues “passerelles” qui tentent les fonctionnaires.

C’est un État très sensible au bon déroulement des rites religieux que le nôtre, si l’on en juge par la série de mesures prises pour faciliter le sacrifice. Tout a été prévu : les espaces réservés dans les villes au négoce de l’ovin ; la mise en garde des boulangers qui, chaque année, gâchent nos pieuses agapes en fermant leur commerce les jours de l’Aïd ; une mobilisation accrue contre la fuite des moutons aux frontières…

Mais l’on a fait mieux en relançant la promotion du paiement par facilité du mouton. On a tendance à croire que le logement reste seul à profiter du crédit à la consommation ; on s’aperçoit que le culte aussi, même si dans cette offrande généralement autoconsommée, est, depuis longtemps, plus motivé par l’appétit que par la piété. Les médias publics se sont employés à encourager ce sacrifice à crédit la chaîne “une” de la radio nationale a même ouvert le micro à un imam de Boussaâda pour nous encourager à nous endetter pour sacrifier le mouton en déclarant la formule “halal”.

C’est donc épuisés par nos interrogations si peu métaphysiques et nos sacrifices budgétaires que nous parviendrons demain au terme de cette éprouvante semaine d’avant-Aïd. Juste après la prière de ce jour saint, le sang du mouton coulera à flots dans les abattoirs et sur les terrains vagues, mais aussi dans les siphons de baignoires et dans les regards de drainage des eaux de pluie. La télévision viendra interroger les enfants sur le ravissement que leur a inspiré le spectacle du mouton que le père a égorgé. Puis s’allumera partout l’immense barbecue national. Repus, il ne nous restera, pour bon nombre d’entre nous, qu’un dernier problème à résoudre : faut-il sacrifier le jeudi ? Quand on festoie à crédit, la facture mérite quelque attention et une telle question devient cruciale. Il paraît qu’on peut financer aussi son pèlerinage par facilité. Une véritable économie de la piété s’est déployée, avec le concours fervent des institutions. L’un des rares secteurs économiques à connaître une réelle prospérité. Et pas seulement parce que le manuel religieux a supplanté les autres genres littéraires dans nos salons, librairies et bibliothèques ; malgré les couacs répétés, l’essentiel du Touring d’exportation est constitué des produits de hadj et de omra.

Alors que le salut de notre âme demande plus de sacrifices financiers, l’État ne semble pas avoir le souci d’adapter l’organisation du rite aux réalités sociales de ses administrés. Il semble plutôt se préoccuper d’accompagner une ferveur dépensière qui profite d’abord au monde de la spéculation opportuniste de tout genre.

Source Mustapha Hammouche

musthammouche@yahoo.fr

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:23

Alstom et Ferrovial créent une usine d’assemblage de tramways en Algérie

Tramway.jpg

 

Attendu de longue date, le contrat de partenariat entre l’entreprise publique Ferrovial et le groupe français Alstom a été signé ce dimanche 14 novembre à Alger. Cet accord, signé en présence du ministre des Transports Amar Tou, concerne la création d’une entreprise mixte algéro-française d’assemblage, d’entretien et de maintenance de tramways à Annaba.

Dotée d'un capital de 2,1 milliards de dinars (23 millions d’euros), cette société sera détenue conjointement par l’Etat algérien et la société Alstom. La répartition du capital de la future entité se fera conformément aux dispositions de la nouvelle loi sur les investissements étrangers : 49% pour Alstom, 41% iront à Ferrovial et 10% à l’Entreprise du métro d’Alger (EMA).

La création de cette société mixte « nous fait passer d'une situation de consommateur de technologies et d'équipements à une participation à des niveaux progressifs en matière de montage et de fabrication », s'est félicité le ministre des Transports. « L'usine de montage sera opérationnelle fin 2013 et verra la première rame sortir de cette usine », a-t-il ajouté.

L'unité d'assemblage sera aménagée sur un site de fabrication déjà existant appartenant à Ferrovial à Annaba. Le montant de l’investissement et le nombre d'emplois qui seront créés n’ont pas été précisés. Les kits seront fabriqués en France sous le label Alstom puis envoyés à Annaba pour assemblage. Les Algériens seront également formés pour assurer la maintenance de ce matériel.

Grâce à ce contrat, Alstom se positionne sur le marché algérien des chemins de fer et des tramways. Il devrait bénéficier d’une part importante des 20 milliards de dollars engagés par l’Etat pour le secteur des transports dans le cadre du programme quinquennal 2010/2014, selon nos sources. Celui-ci concerne notamment le développement du secteur ferroviaire national avec la réalisation de 10.400 kilomètres de rail, la réhabilitation de 3.500 autres km de voies ferrées et l’électrification graduelle de l’ensemble du réseau ferroviaire algérien. Alstom sera également sollicité pour la réalisation de tramways dans dix régions du pays.

Selon le nouveau code des marchés publics, les groupes étrangers qui investissent en Algérie seront favorisés dans l’attribution des contrats publics.

Source TSA

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:20

Les Egyptiens ne peuvent outrepasser la justice algérienne, a assuré le ministre.

djezzy-algerie

 

Le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Moussa Benhamadi, a déclaré, hier, en marge de la présentation du rapport complémentaire du projet de loi de finances complémentaire, que la justice algérienne à son mot à dire dans l’affaire Orascom-Telecom Algérie (OTA, filière d’OT Holding). «Les responsables d’OTH ne peuvent outrepasser la justice algérienne en sollicitant l’arbitrage international», a-t-il assuré.

Claire, nette et précise, cette déclaration sonne comme une réplique aux menaces de Naguib Sawiris, le patron égyptien d’OTH, de solliciter les instances internationales dans cette affaire. «Ces déclarations sont destinées à tranquilliser ses propres actionnaires. Elles ne peuvent en aucun cas ébranler notre position», a indiqué le ministre. Ce dernier a réaffirmé, encore une fois, la détermination de l’Algérie à racheter OTA.

«Notre position n’a pas changé et elle ne sera pas modifiée», a-t-il tranché. Les déclarations de M.Benhamadi confirment que le processus de nationalisation se poursuivra selon les modalités et le rythme choisis par le gouvernement algérien.

Le département de M.Benhamadi entend ainsi, faire valoir la souveraineté de la position algérienne dans cette affaire.

M.Benhamadi répondait à une question sur les dernières déclarations de Naguib Sawiris. Ce dernier avait brandi la menace de recourir à l’arbitrage international «sans préavis». Le ministre a éstimé que cette déclaration du patron égyptien était prévisible et «normale de la part d’un responsable d’une firme internationale». Naguib Sawiris avait soutenu que OTH ira en arbitrage international si aucune solution à l’amiable n’est trouvée au dossier Djezzy.

C’est en ces termes qu’il a exprimé sa position sur cette question le 9 novembre, lors d’une conférence publique à Dubaï (Emirats arabes unis). Il confirmait ainsi, les menaces contenues dans sa lettre adressée le 2 novembre dernier au Premier ministre Ahmed Ouyahia. Naguib Sawiris donnait au gouvernement deux choix.

Le premier consistait à payer 7,8 milliards de dollars pour entrer en possession de Djezzy au nom du droit de préemption. Le second est celui d’aller devant un tribunal d’arbitrage international pour définir le prix d’une «expropriation», selon ses propos.M.Sawiris s’est dit prêt à négocier avec le gouvernement algérien, sans préciser sur quels éléments. Il a expliqué que l’arbitrage international constituait un «ultime recours». Cela dit, il a précisé que Djezzy ne sera pas vendu au-dessous de 7,8 milliards de dollars. «Vous pensez que vous allez baisser la valeur et vous emparer de (Djezzy). Cela ne se produira pas», a-t-il dit en conférence. Seulement, le gouvernement algérien ne l’entend pas de cette oreille.

Selon les estimations de M.Benhamadi, le processus de rachat de Djezzy devrait être conclu au premier semestre de l’année 2011. Un délai jugé trop long par les actionnaires d’OTH.

Le bras de fer entre les deux parties devient de plus en plus ardu.

Source L’Expression Mohamed Sadek Loucif

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:14

Les biens mal acquis des dictateurs africains feront l’objet d’une enquête judiciaire

corruption 2

 

C'est une «porte ouverte» pour les associations anticorruption. La décision historique du 9 novembre de la Cour de cassation en France de juger recevable la plainte de l'ONG Transparency France visant le patrimoine de chefs d'Etat africains est susceptible d'ouvrir la voie à des actions en justice menées par d'autres associations anticorruption. «Cette jurisprudence risque d'entraîner une inflation des plaintes avec constitution de partie civile d'un certain nombre d'associations», met en garde l'avocat du président gabonais Ali Bongo, Me Patrick Maisonneuve, qui craint que celles-ci ne cherchent à «instrumentaliser la procédure pénale».

La justice française avait en effet considéré jusqu'à présent que des associations anticorruption ne pouvaient à elles seules être à l'origine de poursuites judiciaires, n'ayant pas «d'intérêt à agir» et n'ayant pas subi de préjudice direct de délits éventuels. L'opportunité d'engager des poursuites dans ce type de dossier n'était censée revenir qu'au parquet. La décision de la Cour de cassation, qui a estimé que Transparency France avait bien subi «un préjudice direct et personnel», remet en cause cette doctrine et pourrait entraîner de nouvelles procédures. L'association française de lutte contre la corruption, Anticor, dont le président d'honneur est le juge Éric Halphen, est ainsi tentée de relancer des actions en justice. «L'arrêt est tout à fait intéressant et nous ouvre l'horizon pour la recevabilité de nos futures actions», a déclaré l'ancien juge d'instruction. Le parquet de Paris a classé sans suite depuis un an plusieurs plaintes d'Anticor. La décision rendue mardi 9 novembre par la plus haute autorité judiciaire est «conforme à toute l'évolution du droit positif quant à l'action collective des associations et devrait ainsi permettre à l'avenir de surmonter l'inertie du parquet dans certaines affaires politico-financières», a estimé la branche française de Transparency International. L'organisation rappelle d'ailleurs que la Cour de cassation a déjà admis depuis plusieurs années «la recevabilité des constitutions de partie civile d'associations lorsque l'infraction dénoncée porte atteinte aux intérêts collectifs que celles-ci ont statutairement pour mission de défendre». Les associations de déportés, de lutte contre le tabagisme ou plus récemment certains défenseurs de l'environnement en ont ainsi bénéficié.

Faire la lumière sur des détournements massifs

La justice française cherchera finalement à faire toute la lumière sur la manière dont trois chefs d'État africains ont acquis, en territoire hexagonal, des biens de luxe d'une valeur de plusieurs dizaines de millions d'euros. La Cour de cassation, plus haute juridiction du pays, a donc ordonné la désignation d'un juge d'instruction pour enquêter sur l'affaire des «biens mal acquis», renversant une décision contraire rendue fin 2009 par la Cour d'appel de Paris. Le parquet, aux ordres du ministère de la Justice, s'était opposé à la demande de la section française de Transparency International (TI), qui avait porté plainte avec d'autres ONG pour «recel de détournement de fonds publics» contre les dirigeants du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale. La Cour de cassation a conclu que les détournements de fonds commis par des chefs d'État constituent un préjudice pour les ONG luttant contre la corruption et qu'elles sont habilitées à ce titre à réclamer l'ouverture d'une information judiciaire. Transparency International y voit une décision «historique» qui va permettre de lutter contre l'impunité quoi qu'en pense le gouvernement en place. «C'est très important, puisqu'on a vu récemment en France que le pouvoir exécutif n'hésite pas à faire ce qu'il peut pour limiter les enquêtes sur des affaires sensibles», note en entrevue Julien Coll, délégué général de la section française de l'organisation. M. Coll pense que la cause sur les biens mal acquis pourrait mener à des révélations potentiellement embarrassantes pour la France. «Il y a un passé chargé entre notre pays et certaines ex-colonies où la corruption est omniprésente», souligne-t-il. L'organisation Survie, qui critique aussi les liens opaques de Paris avec ses anciennes colonies, espère que l'information judiciaire permettra d'évaluer précisément l'ampleur des détournements de fonds et mènera à une remise en cause durable des relations existantes avec des «chefs d'États prédateurs». Bien que la décision crée un précédent important pour les ONG, M. Coll ne prévoit pas une multiplication tous azimuts des causes de même type dans un avenir rapproché. «On ne va pas le faire à la légère», note le porte-parole qui insiste sur l'importance des ressources humaines et matérielles requises pour étoffer des dossiers de détournement de fonds. L'intervention de la Cour de cassation soulève des espoirs considérables en Afrique, où plusieurs médias se réjouissent de la perspective de voir les dirigeants corrompus mis à l'épreuve. «On s'achemine peut-être vers la fin de l'époque où bien des chefs d'État africains, à l'image du roi Crésus, faisaient la pluie et le beau temps, sous le regard envieux et impuissant de leur peuple.»

Les chefs d'État ciblés ? Gabon. Omar Bongo et son fils.

Omar Bongo, qui a toujours entretenu des liens étroits avec la France, a mené le pays sans discontinuer de 1967 jusqu'à sa mort en juin 2009. Il a été remplacé quelques mois plus tard par son fils, Ali Bongo, à l'issue d'un scrutin décrit par l'opposition comme un «coup d'État constitutionnel».Ses détracteurs lui reprochent d'avoir longtemps géré le pays comme s'il s'agissait d'une propriété privée. Une enquête préliminaire menée il y a quelques années dans le cadre de l'affaire des biens mal acquis a déterminé que le président gabonais et ses proches détiennent en France 39 propriétés, 70 comptes de banque et une dizaine de véhicules de luxe

Congo-Brazzaville. Denis Sassou-Nguesso.

Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou- Nguesso, est arrivé au pouvoir pour la première fois il y a une trentaine d'années. Bien que le pays soit l'un des principaux producteurs de pétrole de l'Afrique subsaharienne, la vaste majorité de la population vit dans la pauvreté. L'enquête préliminaire déjà menée dans le cadre de l'affaire des biens mal acquis a démontré que le chef d'État et ses proches détiennent 18 propriétés, plus d'une centaine de comptes bancaires ainsi qu'une voiture de luxe. Le dirigeant africain a décrit il y a quelques années les plaignants comme des «bourgeois» qui n'ont «peut-être jamais mis les pieds au Congo».

Guinée équatoriale. Teodoro Obiang. Le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, est arrivé au pouvoir par les armes à la fin des années 70. Il est régulièrement montré du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme, qui lui reprochent de réprimer avec brutalité toute opposition et de détourner les richesses pétrolières du pays. L'enquête préliminaire menée en France dans l'affaire des biens mal acquis indique qu'il détient une propriété de luxe ainsi qu'une dizaine de voitures d'une valeur de près de quatre millions de dollars. Son fils Téodorino est dans le collimateur d'ONG américaines qui l'accusent d'avoir acheté avec des fonds détournés une propriété de luxe à Malibu ainsi qu'un jet privé.

Une première juridique d'importance considérable

Cette décision de la Cour de cassation constitue une première juridique considérable, qui va au delà d'ailleurs des «biens mal acquis». Car si les plaintes de ce type sont désormais recevables, cela va permettre de surmonter l'inertie du parquet dans certaines affaires politico-financières sensibles. C'est pour cela que William Bourdon, le célèbre avocat des droits de l'homme, parle de «brèche judiciaire ». Concrètement, dans l'affaire des «biens mal acquis», une information judiciaire va pouvoir être ouverte et un juge d'instruction saisi. Ce juge indépendant va devoir déterminer dans quelles conditions le patrimoine français des présidents gabonais, congolais et guinéen a été acquis. Cette enquête devrait aussi permettre de faire toute la lumière sur le rôle joué par certains intermédiaires qui auraient pu faciliter la réalisation de ces acquisitions. On peut penser notamment aux établissements bancaires déjà identifiés par la première enquête de police réalisée en 2007. Aujourd'hui, le juge d'instruction va devoir vérifier si ces banques ont bien respectées la loi anti-blanchiment. Il n'est pas impossible, et c'est ce qu'espère Transparency France, qu'au final, l'instruction débouche sur la mise en œuvre effective du droit à restitution : les biens seraient rendus aux pays concernés. Le travail du juge d'instruction va être à présent de rechercher comment ces biens ont été acquis, puisque ces trois dirigeants africains exposent qu'ils ont des revenus modestes.

Colère des avocats de la défense

Les présidents du Gabon, de Guinée équatoriale et du Congo-Brazzaville soutiennent que ce patrimoine détenu en France a été acquis le plus légalement du monde et ils mettent au défi l'ONG Transparency France de prouver qu'il s'agit de biens mal acquis. Olivier Pardo, l'avocat de Teodoro Obiang, le président de Guinée équatoriale, est particulièrement remonté, il parle d'instrumentalisation. Cet avocat a d'ailleurs déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse. Pour cet avocat, l'action de l'ONG anti-corruption relève surtout du coup médiatique. Olivier Pardo soutient que l'ONG a procédé par amalgame en mélangeant tout, et, ajoute-t-il, cette association, qui n'a de transparent que son nom, «s'érige dans une sorte de néocolonialisme arrogant et insupportable». Vous l'avez compris, la bataille dans les prétoires sera âpre... Pour Olivier Pardo, avocat du président Obiang, «maintenant, il va falloir démontrer preuve à l'appui que ce qu'ils disent est vrai ; leurs intentions ne sont que médiatiques et non judiciaires...»

Un patrimoine considérable

Le patrimoine le plus important c'est celui du clan Bongo. Si l'avocat d'Ali Bongo assure qu'il ne possède rien en France, la police a recensé 39 propriétés luxueuses, 70 comptes bancaires et une dizaine de véhicules de luxe, dont certains payés avec des chèques du Trésor public gabonais. Le patrimoine du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, est également bien fourni : 24 propriétés selon la police et 112 comptes bancaires. Terminons cet inventaire par le patrimoine du président de la Guinée équatoriale : un seul logement recensé mais par contre de nombreux véhicules de luxe, deux Ferrari, deux Bugatti, deux Maserati, une Rolls-Royce et quelques Mercedes.

Crises diplomatiques en perspective...

Les tensions pourraient rapidement apparaître et pourraient déboucher sur une véritable brouille diplomatique entre Paris et ses trois partenaires africains, à l'image de ce qui s'est produit avec l'Angola lorsque la justice française a poursuivi son ambassadeur Pierre Falcone pour trafic d’armes. Et il ne faut pas perdre de vue non plus que ces trois pays sont des partenaires économiques importants. Ce genre d'affaire pourrait pousser le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo-Brazzaville à tourner le dos à la France. Or, ces trois pays sont parmi les plus gros producteurs de pétrole d'Afrique subsaharien

Source Le soir d’Algérie

Le Pèlerin

Partager cet article
Repost0