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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 11:11

La mercuriale des bêlements dans tous ses états

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Si El Bayadh était un État, le mouton y serait ce qu’est le cèdre est au Liban ou la feuille d’érable au Canada.

À partir de Bougtob, distante d’une centaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya, on entre de plain-pied dans le territoire du mouton. Le “land of sheep” s’annonce en premier lieu sur les plaques de signalisation qui accompagnent, en une haie d’honneur de fortune, les quatre roues qui rompent le silence d’une contrée semi-désertique.

Comme chaque année et à l’approche des fêtes religieuses du sacrifice, la sempiternelle interrogation qui revient sur toutes les lèvres concerne la mercuriale du bêlement.

Le mouton sera-t-il plus abordable ? Le marché plus clément ? Les revendeurs plus humains ? Des points d’interrogation dont les premiers éléments de réponse sont à chercher plus précisément dans ces marchés à bestiaux où tout se décide. À première vue.

Pourtant, et malgré les tarifs rencontrés et la relative accalmie des prix remarquée chez les éleveurs, tous sont unanimes à prédire un Aïd encore plus cher que ses prédécesseurs. “Le mouton sera encore plus cher cette année”, plus qu’une prédiction, une promesse chez ces ruraux, éleveurs de père en fils. La raison de cette fièvre est, à les en croire, indépendante de leur volonté puisque la principale cause dans la montée des prix puise sa source dans l’alimentation du bétail.

Un bouc émissaire tout désigné, montré du doigt et du verbe, pour se dédouaner vis-à-vis d’une population qui supporte, à son corps défendant, l’incongruité des prix et l’absence de logique dans un marché qui obéit à tout sauf au sacro-saint principe de l’offre et de la demande.

Néanmoins, ces explications sont adoubées par des observateurs avertis puisque, selon M. Mekhloufi, le secrétaire général de la Chambre d’agriculture d’El Bayadh, la consommation en aliment concentré, spécialement l’orge, acheté sur le circuit informel entre 2400 et 2700 DA le quintal génère la réduction de l’engraissement, qui devient ainsi le facteur responsable de la cherté du mouton que l’éleveur brade souvent au profit des spéculateurs.

Un chaînon fort dans l’évolution des prix. “Le marché d’El Bayadh est régi par plusieurs paramètres, les conditions climatiques, l’état du couvert végétal, les maladies du cheptel, entre autres, qui influent directement sur les prix à la vente”, nous expliquera Bounif Abdelkader, ingénieur vacataire depuis trois ans à la représentation locale au Haut-Commissariat au développement de la steppe. Ainsi, et selon une première lecture de la mercuriale du marché, on remarque des courbes représentatives de l’évolution des prix lors des trois derniers trimestres de l’année en cours.

Du 28 janvier au 25 février, le marché à bestiaux d’El-Bayadh a connu une hausse significative des prix expliquée par les précipitations enregistrées dans la région et la baisse des prix des aliments du bétail.

Du 25 février au 11 mars, c’est le phénomène inverse qui se produit à cause de la sécheresse ambiante, de l’augmentation de l’aliment du bétail et la dégradation du couvert végétal. Une troisième étape clôt le premier trimestre avec une stabilité toute relative du marché des aliments, une forte demande sur certaines espèces ovines pour l’engraissement qui traduisent un retour des prix sur le terrain.

Le peuple du marché à bestiaux

Quant à la période s’étalant d’avril jusqu’à fin juin, les prix connaissent une baisse sensible concernant l’ensemble du cheptel ovin, de la brebis à la gestante en passant par la rakhla, une chute qui touche également les chèvres et les bovins malgré la stabilité des prix des aliments du bétail.

Cette conjoncture est expliquée par les professionnels comme étant la conséquence directe de la dégradation du couvert végétal, les températures extrêmes et principalement l’annonce de l’importation de la viande rouge du Soudan ce qui a fortement déprimé le marché. À ces paramètres, il faut ajouter la location des parcours pour la transhumance et l’apparition de certaines maladies dont la blue tongue.

En parallèle, le mouton, quant à lui, a connu une hausse justifiée par la forte demande des maquignons venus de l’est du pays et ceux de la région pour l’engraissement.

Une tendance qui va se généraliser, graduellement, à toutes les espèces du cheptel et plus particulièrement à celles destinées à l’abattage à cause de la période des moissons dans les wilayas du Nord et la proximité du Ramadhan et des fêtes ainsi que l’annulation de l’importation de la viande soudanaise qui a eu pour effet de booster le marché.

Concernant le troisième trimestre, et avec l’événement de l’Aïd, la chute des pluies sur les régions du sud-ouest et la forte demande des maquignons pour l’engraissement, les prix ont connu une stabilité dans leur progression et on s’attend à ce que le marché s’emballe dans moins de dix jours. Loin de ces données techniques, de ces schémas explicatifs et de ces explications toutes scientifiques, le marché à bestiaux d’El-Bayadh continue de vivre à son propre rythme. Se tenant tous les jeudis, il est réputé être parmi les mieux cotés sur le territoire, normal du moment qu’on sait que la wilaya est classée, avec ses deux millions de têtes de cheptel, sur le podium national.

Un marché, à trois kilomètres à la sortie ouest de la ville, fraîchement ouvert, il y a deux ans de cela, mais qui ne fait pas l’unanimité chez ses clients. “L’ancien, sur la route de Tiaret, à l’est d’El-Bayadh, était plus vaste et plus accessible”, nous dira Raïmes Omar, lui aussi ingénieur agronome, collègue de Abdelkader dans la même structure. Les abords et l’intérieur même de l’enceinte sont surveillés par les uniformes de la Gendarmerie nationale et plusieurs barrages parsèment le tronçon séparant le marché de l’entrée de la ville.

Tout respire le mouton et l’air est saturé de cette odeur propre au cheptel, un mélange de paille, de laine et d’excréments. Même si on est relativement loin de l’Aïd, les troupeaux poussés par les éleveurs, aidés par de jeunes bergers, convoquent à prix fort le moment du sacrifice.

À perte de vue, des moutons, des agneaux, quelques boucs. “Il y a des jeudis où ce marché, qui reçoit toutes les wilayas, rassemble plus de 50 000 têtes”, nous assure Omar lequel, en compagnie de Abdelkader, seront nos guides de circonstance. Les éleveurs côtoient les maquignons lesquels jouent des coudes avec les bouchers sous l’œil inquisiteur de citoyens s’empressant de flairer la bonne affaire et profitant des derniers instants où les prix restent, pour les bourses moyennes, encore assez abordables. Mais pour les profanes, le peuple du marché se ressemble, fait ses affaires, emmitouflé dans sa djellaba marron, véritable habit emblème de toute une région dédiée à l’élevage.

La “finition” pour achever les consommateurs

À l’évocation de notre identité, certains éleveurs sont frappés d’amnésie, ne se souvenant même pas des prix de l’an dernier. “Je ne m’en rappelle pas”, nous affirmera cet éleveur d’El-Bayadh en guise de fin de discussion. Ses prix varient, quant à eux, de 12 600 à 19 000DA, pouvant atteindre les 34 000 et 42 000 DA pour les béliers.

Une fourchette qu’on retrouvera tout au long de nos questions. Pourtant, d’autres éleveurs seront plus prolixes pour expliquer l’évolution des prix à la verticale. Pour Abdelkader, venu de Ghassoul, à une cinquantaine de kilomètres d’El-Bayadh, et qui propose son troupeau à 23 500 DA en gros, le responsable de cette hausse des prix est l’État qui ne fait rien pour les aider et pour les alimenter suffisamment en orge et son. “Ils sont cédés à 1500 DA le quintal à la Coopérative des céréales et légumes secs mais ils ne nous sont pas destinés”, s’emporte-t-il avant de nous prendre en témoin sur sa situation.

“Dites à l’État de nous aider, on n’a rien gagné et nos enfants ont perdu leur avenir dans les pâturages, à faire les bergers.” Pour le SG de la Chambre d’agriculture locale, “le volet de l’élevage est loin d’être reluisant”. Il ajoutera plus loin que “malgré les efforts de la Chambre à amener les éleveurs à se constituer en groupements professionnels ou associations et coopératives d’élevage, l’individualisme reste le maître des lieux”.

Le marché à bestiaux d’El-Bayadh est aussi l’une des mecques des maquignons de l’Est qui arrivent par dizaines de camions à deux étages pour y entasser plus de trente têtes sur leur Isuzu, Hyundai ou encore Toyota. Ces intermédiaires sont, selon toute vraisemblance, responsables en grande partie de l’inflation des prix.

Sur une tête, l’intermédiaire peut avoir une marge différentielle pouvant atteindre les 10 000 DA et un bénéfice net, après déduction du transport et de l’alimentation, de 5 à 6000 DA en la vendant dans un marché du Tell, l’autre appellation des wilayas septentrionales.

Cependant ici, l’élevage et le maquignonnage ne sont séparés que par une frontière ténue puisqu’ils sont tous les deux faces d’une même pièce. Cette concomitance sur le fil du rasoir installe presque l’éleveur dans une semi-clandestinité qui l’empêche de se structurer pour mieux faire face à la présence des intermédiaires pouvant polluer le marché du bétail. “La majorité des éleveurs s’approvisionnent au marché parallèle.

Les raisons sont multiples, à commencer par la centralisation des ventes. D’autre part, malgré les prix excessifs pratiqués, l’éleveur préfère cette situation pour éviter l’identification de tout son cheptel surtout que la vente au niveau du centre du CCLS se trouve subordonnée à la présentation de certificats de vaccination du cheptel”, expliquera M. Mekhloufi. À l’extérieur du marché, plusieurs rangées de camions dédiés à l’aliment du bétail font le pied de grue

Généralement de Tiaret et Relizane, les revendeurs informels proposent leurs cargaisons avec une plus-value significative et on enregistre même une hausse par rapport à la semaine précédente. Ainsi, l’avoine en graminée est à 5000 DA le quintal, le son net à 2400 DA, le son mélangé au maïs ou à la farine 2600 DA alors qu’en septembre dernier, il était cédé à 1400 DA. L’autre filière existant dans ce marché est celle de l’engraissement où des commerçants font le plein d’agneaux qui seront engraissés pour la revente. Pourtant, et selon Raïmes Omar, une pratique, somme toute douteuse, s’installe insidieusement dans le milieu des éleveurs avec la pratique de l’alimentation dite de finition.

Ces agneaux sont engraissés à l’aliment destiné au poulet de chair mais le danger avec cette méthode réside dans la qualité de la viande, à forte teneur en graisse, de ces bêtes, qui peut au bout de quelques jours entièrement se putréfier. Selon les spécialistes, le mouton engraissé à la finition se reconnaît facilement à la couleur blanche et claire de sa laine au contraire de celle d’un mouton correctement alimenté, qui est jaunâtre.

Mais ce que le consommateur devrait savoir, c’est que cet aliment considéré comme un organoleptique incommode fatalement l’odorat et le goût du consommateur jusqu’à donner à cette viande un relent de poulet qui avant ou après cuisson, dégage une odeur désagréable et est peu tendre et sans saveur.

La consommation d’une viande ovine issue d’un cheptel nourri à la “finition”, développe un mauvais cholestérol, assurent des vétérinaires de la région qui précisent que, quant au risque de développer un cancer suite à la consommation d’une viande issue d’un engraissement à la finition, la question reste toujours posée.

Au marché de Sougueur, à 25 km de Tiaret, les mêmes prix sont affichés et le même argumentaire est développé pour expliquer pourquoi l’Aïd sera encore plus cher cette année. Pour Zaïda Benaouda, de la Sarl Jumeaux Zaïda, qui propose 700 têtes à la vente, “la bouffetance du troupeau est la principale raison de sa cherté”. Mais dans tout ce circuit et dans toutes ces explications des uns et des autres, aucun mot n’est pipé sur le consommateur, le grand et l’éternel oublié de ce souk.

Source Liberté Saïd Oussad

Le Pèlerin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 11:10

Algérie - Résorption du chômage - Les suggestions du FMI

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Afin de renforcer les perspectives de croissance à moyen terme pour réduire le chômage et améliorer le niveau de vie des populations, l’Algérie devra veiller dans ses réformes sur l’efficacité ainsi que sur l’amélioration du climat des affaires. Tel est le constat fait jeudi par Joël Toujas-Bernaté, chef de la mission du Fonds monétaire international (FMI), lors d’une conférence de presse. «Le chômage chez les jeunes avoisine les 25%, et pour le résorber il faut que les réformes structurelles soient approfondies pour permettre au secteur privé de se développer», a déclaré Toujas-Bernaté. Selon le chef de la mission du FMI, le secteur privé n’est pas encore en mesure de jouer le rôle moteur en termes de croissance et de création d’emplois. «Il est trop fragmenté, il s’agit donc de trouver à la fois des mécanismes de financement appropriés pour le tissu productif algérien ainsi que des réformes pour améliorer le climat des affaires afin que toutes les initiatives privées puissent justement s’exprimer pleinement en Algérie», a-t-il expliqué. Le représentant du FMI suggère que les autorités aient pour objectif la diversification de l’économie pour répondre au défi du chômage en développant le secteur hors hydrocarbures. Abordant le secteur financier, source de financement des entreprises, et par ricochet source de l’emploi, le conférencier estime que le problème réside dans le tissu des entreprises algériennes qui est encore faible. Il a besoin, d’après lui, d’être renforcé avant de faire appel au financement des banques. «Pour que les banques puissent prêter, il faut qu’il y ait des projets d’entreprises bancables», soutient-il. Par ailleurs, il faut, a-t-il souligné, procéder à la modernisation du secteur bancaire effectivement, pour qu’il puisse jouer son rôle d’intermédiation. Autrement dit, le secteur bancaire doit, explique-t-il, améliorer sa capacité d’analyse des risques et moderniser les systèmes de payement afin de pouvoir mieux financer en particulier les PME.

Source Infosoir Djamal Djenane

Le Pèlerin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 11:02

Patrick Poivre d’Arvor, célèbre journaliste et écrivain : «Je suis agréablement surpris par la diversité des lignes éditoriales en Algérie»

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Patrick Poivre d’Arvor est un intellectuel très attachant et surtout un journaliste qui ne tardera pas à se hisser sur le podium des stars. Il témoigne de la compétence, du sérieux et surtout de l’ambition. Ce célèbre animateur que l’on surnomme « PPDA », est nourri d’une longue expérience. Rencontre avec un homme de culture hors pair, un écrivain aux textes forts, puissants et envoûtants, qui jette un regard lucide sur le monde moderne.

Votre particularité, c’est votre éclectisme. Il existe peu d’animateurs qui peuvent concilier journalisme et littérature. C’est quoi votre secret ?

Il n’y a pas vraiment un secret pour réussir dans la vie. Pour ma part, j’estime qu’il faut aimer le métier que l’on exerce. Le succès de ma carrière n’a été que le début d’un long et enrichissant parcours. Il m’a offert d’autres perspectives. Je ne me suis pas arrêté là car je voulais  perdurer, et renforcer mes convictions. Aujourd’hui, mon œuvre a pris, Dieu merci forme et a dépassé les frontières  pour être accueillie par de nombreux publics de différentes cultures. 

Comment imaginez-vous la télévision idéale ?

Une télé plus objective, plus réaliste, plus libre. N’est-ce pas le propre d’une culture de se mélanger pour avancer ? Oui, la nature n’aime pas l’immobilisme, tout est toujours en mouvement. Une culture qui veut avancer doit forcément s’ouvrir au monde et à d’autres richesses culturelles.

C’est quoi le plus important pour vous, écrire des ouvrages, échanger les savoirs et les expériences  où  transmettre des messages ?

Ces missions vont de pair, car à mon sens, un intellectuel doit saisir l’opportunité de la visibilité qui lui est conférée pour l’impliquer dans  la promotion des valeurs de  la société où il vit ou celle des valeurs humaines universelles. Cependant, cet engagement doit rester naturel.

Vous avez passé deux nuits à Alger, vous avez certainement jeté un coup d’œil sur la presse algérienne. Un commentaire ?

J’étais très agréablement surpris dans la diversité des lignes éditoriales de vos quotidiens. Chaque première page des journaux est variée, annonçant des informations que ce journal sélectionne lui même. Du point de vue professionnel, je trouve que les journalistes algériens s’imposent dans le style que dans le contenu. Sur le plan humain, je trouve ces journalistes très attachants parce qu’ils aiment leur métiers et savent communiquer avec les gens quel que soit leur rang dans la société.

N’y a-t-il pas, paradoxalement plus de vérité dans l’écriture d’un roman que dans l’animation de la télévision ?

Pour ma part, je trouve refuge dans l’écriture. Cette dernière me permet de m’évader de la réalité, d’un quotidien parfois trop astreignant.

Accepteriez-vous de revenir à TF1 si on vous sollicite ?

Une question à laquelle il m’est difficile de répondre vu que mon départ n’a pas été fortuit. Aujourd’hui, je m’occupe d’autres facettes de ma vie.

Des projets en vue ?

Je participe prochainement à un film pour le compte de la télévision française, d’après un livre d’un auteur que j’aime beaucoup.

Source Horizons

Le Pèlerin Entretien réalisé par Samira Sidhoum

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 10:55

Bouabdallah évoque des pressions à la veille de la réunion du 10 novembre à Bruxelles

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On nous sort une vieille information à la veille de notre audition à Bruxelles. Je ne comprends pas pourquoi, sinon l’intention de mettre la pression sur Air Algérie”, nous a déclaré, hier, le président-directeur général de la compagnie nationale de navigation aérienne, Wahid Bouabdallah

“Air Algérie échappe de peu à la liste noire européenne. Les consultations de Bruxelles avec les autorités algériennes se sont multipliées avant la réunion du comité de la sécurité aérienne cette semaine qui vient de statuer sur une éventuelle entrée en liste noire, mais donne un nouveau délai à la compagnie nationale algérienne, selon les informations du Point.fr.

L’Union européenne maintient une très forte pression sur la compagnie qui doit se mettre en conformité avec les normes de sécurité. Un premier ultimatum avait été lancé le 5 juillet, dont on pouvait lire les attendus dans le Journal officiel de l’Union européenne.

Depuis janvier 2009, les contrôles dits Safa, effectués par des inspecteurs des aviations civiles européennes lors des escales dans les aéroports, montrent des manquements dans les domaines de la sécurité du transport de marchandises, de la navigabilité et de l’exploitation des appareils et des licences du personnel navigant. L’inscription sur la liste noire aurait signifié l’arrêt des vols vers Europe, ce qui représente les trois quarts de l’activité de la flotte nationale algérienne.” C’est la dernière information qui a fait, hier, le tour sur le Web et que nous reprenons fidèlement.

Mais qu’en est-il exactement de la teneur d’une telle information, sinon l’intention de mettre la pression sur une compagnie qui n’a même pas été auditionnée par l’Union européenne ? Qui veut encore empoisonner une situation qui, selon le patron d’Air Algérie, “a connu une nette amélioration” ? Contacté par téléphone par Liberté, le P-DG d’Air Algérie, Wahid Bouabdallah a répondu tout de go : “Il n’y a pas le feu ! Depuis que les médias ont commencé à mettre la pression sur Air Algérie, même les compagnies des assurances se sont mêlées pour augmenter les tarifs sur les vols de notre compagnie ! Moi, je répondrai aux seuls objectifs d’Air Algérie.

Je vous informe que nous serons auditionnés le 10 novembre prochain à Bruxelles, d’où l’information du journal Le Point qui n’est qu’une reprise d’une ancienne. En second lieu, j’informe l’opinion publique qu’un audit européen s’est déplacé à Alger et a visité tous les magasins de maintenance de notre compagnie

. Des rapports ont été faits sur la base d’informations recueillies sur place et en toute objectivité. Mieux, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lors de son dernier passage à l’APN, a confirmé qu’Air Algérie n’est pas inscrite sur la liste noire. Et enfin, je rassure tout le monde, il n’existe aucun danger sur nos appareils. Il y a des lacunes certes, mais de là à discréditer Air Algérie et à mener une telle campagne, il y a de quoi s’interroger sur les arrière-pensées et non sur la véracité et la teneur de l’information en elle-même !” Et le journal Le Point ne s’arrêtera pas là : il relèvera que la menace qui pèse sur Air Algérie intervient au moment où “les relations entre l’Algérie et la France s’améliorent”.

Comme si le classement de notre compagnie ne relève pas de Bruxelles, mais de Paris ! D’où la manipulation et l’orientation de cette information qui se veut une campagne contre Air Algérie en Europe. Mais les responsables d’Air Algérie n’ont pas encore dit leur dernier mot, d’où la mise en avant de tous les résultats techniques, jusque-là positifs, et qui seront discutés point par point le 10 novembre prochain à Bruxelles.

Sauf si le journal Le Point voulait déterrer de vieilles histoires syndico-syndicalistes qui remuent ciel et terre pour déstabiliser Air Algérie. Du reste, le patron d’Air Algérie s’engage à défendre sa compagnie contre toutes les attaques qui font de cette menace un credo pour émerger. Car, après tout,

M. Bouabdallah assume pleinement qu’il ne plane aucune menace réelle de suspension, encore moins de mettre Air Algérie sur la liste noire. Rendez-vous le 10 novembre à Bruxelles…

Source Liberté Farid Belkacem

Le Pèlerin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 10:40

Transport aérien - L’Egypte L’Algérie sur une liste noire

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L’Algérie est dans une nouvelle «liste noire», égyptienne cette fois-ci, en rapport avec la vague d’alertes aux colis piégés enregistrée ces derniers jours. Les Algériens qui se rendent en Egypte seront sous observation permanente des services égyptiens.

Alors que partout en Europe des mesures sont prises pour faire face à la menace de colis piégés, l’Egypte, qui cherche à sauver son tourisme, a annoncé par la voix de son ministre des Finances, Boutrous Ghali, avoir déjoué l’entrée de colis piégés dans le pays. Selon le ministre en question, l’affaire a été éventée grâce à la collaboration entre les services de renseignements égyptiens et «internationaux».

Le ministre égyptien qui intervenait dans un congrès international des douanes a indiqué que les colis avaient été traités avant leur arrivée en Egypte. Cette affaire des colis ainsi que des menaces visant les Coptes égyptiens ont créé un état d’alerte sécuritaire important en Egypte.

Le ministre a annoncé qu’un nouveau système a été mis en place pour l’inspection des colis postaux à destination de l’Egypte. La mise en place d’une «liste noire» est attribuée aux autorités de l’aéroport du Caire. Celles- ci ont décidé d’y inscrire cinq pays arabes dont l’Algérie dont les courriers, colis ainsi que les citoyens subiront un traitement particulier.

L’Algérie, pour rappel, a mal réagi à son inscription, au début de l’année, par les Etats-Unis et la France dans une liste noire en compagnie de 13 autres pays: Afghanistan, Liban, Libye, Irak, Nigeria, Pakistan, Arabie Saoudite, Somalie, Yémen, Iran, Soudan, Syrie et Cuba, seul pays non musulman de la liste.

Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères, avait indiqué qu’il avait adressé une lettre officielle à son homologue français Bernard Kouchner «pour protester et pour souligner que la décision de classer l’Algérie parmi les pays à risques est une humiliation».

Suivis et surveillés

En avril dernier, les Etats-Unis ont abandonné, officiellement, cette «black-list» au profit d’un examen des profils des passagers arrivant aux Etats-Unis et une adaptation des contrôles selon les menaces éventuelles. Un responsable à l’ambassade des Etats- Unis à Alger a indiqué que ces mesures «seront appliquées à tous les passagers venus de différents pays, de la même manière».

La France qui a suivi de manière mécanique les Etats-Unis dans l’imposition de la «black-list» avait également exigé que les compagnies aériennes lui fournissent toutes les données sur les passagers se rendant dans l’hexagone, dès la réservation du billet

Dans la black-list égyptienne, l’Algérie se retrouve en compagnie du Yémen, pays présumé source des colis piégés, de l’Irak, de la Somalie et de la Mauritanie. D’autres médias égyptiens ajoutent l’Arabie Saoudite à cette «black-list égyptienne».

Selon une «source informée», cité par la presse du Caire, ces pays figurent dans cette black-list en raison de l’existence, chez eux, d’une branche d’Al-Qaïda.

Concrètement, les Algériens qui voyageront vers l’Egypte subiront des contrôles plus sévères: leurs passeports seront minutieusement examinés et les «suspects» seront suivis jusqu’à ce qu’il y ait l’assurance qu’ils n’ont aucun lien avec l’organisation d’Al-Qaïda.

Certains journaux indiquent que le contrôle des citoyens en provenance de ces pays ne se limitera pas à un sévère examen au moment de leur arrivée à l’aéroport. «Les mesures de sécurité vis-à-vis des citoyens de ces pays comportent, outre un examen minutieux de l’aéroport, un suivi et une surveillance durant leur séjour en Egypte», lit-on dans un article. Avis donc aux amateurs.

Source Le Quotidien d’Oran Salem Ferdi

Le Pèlerin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 10:30

Algérie - Allocation touristique, frais pour soins à l’étranger : Les députés veulent un relèvement des montants

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Les députés demandent au gouvernement un relèvement de l’allocation touristique  ainsi que l’allocation pour études et soins à l’étranger, c’est ce que propose  dans son  rapport introductif sur la loi de Finances 2010, la commission des  Finances et Budget de l’APN.

En effet, la commission, au nom des députés appelle le gouvernement  à  «réfléchir à des mécanismes pouvant aider  certains  citoyens, à prendre en charge leurs frais d’études à l’étranger  et d’autres pour des  soins à l’étranger,  probablement des cas de maladies graves qu’on ne peut prendre en charge localement. Il est difficile de croire que la commission qui travaille habituellement en étroite collaboration avec les représentants du gouvernement dans l’enrichissement d’un tel  projet de loi n’ait pas eu l’aval de l’exécutif. Et ce n’est pas la seule. La Commission a fait beaucoup de propositions similaires  telles que «la facilitation de l’octroi de médicaments pour les malades chroniques»  et d’autres aides sociales en faveur des enfants scolarisés par exemple. Mais  cette idée de relever le niveau des transferts est une première. La première  fois que le gouvernement a pensé à une pareille mesure remonte aux années 80 où les Algériens se contentaient des 330 FF  pour se rendre à l’étranger  et  l’on pouvait en plus payer son billet de train, ici en Algérie et en dinars.

L’allocation a fini par passer à l’équivalent de 15 000 DA à transférer, soit 150 dollars. Un pécule qui ne suffirait à couvrir qu’un jour de frais, alors que l’on évalue un séjour minimum de trois jours, en terre étrangère, à 1000 euros. Avec les restrictions liées à l’obtention du visa, peu d’Algériens  se posaient la question de savoir si ce montant était à même de couvrir  leurs frais inhérents, non pas au tourisme mais au voyage.

La réglementation prévoit quatre cas de transfert

La possibilité de disposer d’un compte en devises qui sera alimenté par des opérations de change au noir a ajouté à leur indifférence. Pour le commun des mortels, on ne  comprend pas pourquoi des pays  comme la Tunisie, le Maroc et la Libye pouvaient se permettre «  un pécule qui fait dix fois le nôtre», nous dit un voyagiste qui exclut que ce relèvement puisse constituer «un manque à gagner ou une hémorragie pour nos devises». La cagnotte «est assez conséquente» et les Algériens seront de moins en moins candidats aux voyages  avec «les conditions draconiennes qu’on imagine,  aujourd’hui, dans l’obtention d’un passeport biométrique», ajoute-t-il. La commission de l’APN n’a pas fixé un seuil  mais on peut souhaiter qu’elle (la proposition)  «prenne en  compte ce qui se fait chez nos voisins», nous dit-on. A titre de comparaison, le Marocain a droit à une allocation de change de 1350 euros, le Tunisien à 2.400, celle-ci est passée du simple au double en quelques années seulement.

De plus,  nos voisins ont même la faculté «de cumuler ce montant en deux ans ou de le fractionner pour plusieurs sorties», ajoute notre voyagiste. La réglementation algérienne en matière de change prévoit quatre cas de transfert au profit des  particuliers. Il s’agit de l’allocation touristique, 15 000 DA par an (environ 150 euros), soins sous conditions à l’étranger, allocations études pour les non boursiers ainsi que les frais de rapatriement de corps, 100 000 DA (environ 1 000 euros). En 1996,  la Banque d’Algérie avait institué un droit de change au profit des nationaux résidents poursuivant une scolarité à l’étranger. Le montant a été  fixé à 7.500 dinars maximum par mois pour une période maximale de dix  mois s’écoulant entre le 1er septembre et le 30 juin.

Une autre instruction de la Banque d’Algérie avait, la même année, institué un droit de change  pour soins à l’étranger  fixé à la contre-valeur en devises d’un montant maximum de 120.000 dinars par année civile «sous réserve que les soins suivis à l’étranger ne soient pas couverts par une prise en charge délivrée par un organisme algérien de sécurité sociale», précise le texte.

Source Horizons K. Daghefli.

Le Pèlerin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 10:29

Algérie - L'aéroport d'Alger, deuxième meilleur aéroport en Afrique. Tamanrasset, le pire aéroport du continent

aeroport alger

 

Comme chaque année, le site spécialisé « sleepinginairports.net »publie son classement des meilleurs aéroports dans le Monde après avoir enquêté auprès de millions de passagers dans le monde entier. Et en Afrique, l'aéroport international Houari Boumedienne d'Alger s'en sort plutôt bien puisqu'il est classé à la deuxième position juste derrière l'aéroport de Carthage de Tunis considéré, lui, comme le meilleur aéroport en Afrique. 

En prenant en compte la propreté, la rénovation, l'entretien et la sécurité, ce classement mondial a permis de dévoiler que les voyageurs en transit à l'aéroport d'Alger sont globalement satisfaits de la qualité des services et des installations de cette infrastructure aéroportuaire.

L'aéroport d'Alger se retrouve, d'ailleurs, beaucoup mieux noté par les voyageurs que les aéroports de Johannesburg, le Cap et Addis Abéba, qui sont pourtant des aéroports beaucoup plus fréquentés. 

Ceci dit, si Alger s'en sort bien, il n'en demeure pas moins que l'aéroport le plus mauvais en Afrique est celui de Tamanrasset, selon ce classement établi par sleepinginairports.net. L'aéroport de Tamanrasset préside ainsi la liste des aéroports les plus mal classés en Afrique. Cette liste comprend les aéroports suivants : Lagos, Dakar, Luanda, Douala, Abuja, Freetown, Casablanca, Marrakech et Khartoum. 

Ces aéroports sont tous déconseillés par des voyageurs qui reprochent à ces installations de manquer cruellement de WiFi, de salles d'internet, de salles de prière, de bons restaurants ou de zone sieste de transit. 

Cette enquête prouve enfin que le réseau aéroportuaire Algérien doit se renforcer en modernité et commodités notamment à l'intérieur du pays où les infrastructures aéroportuaires sont souvent délabrées et abandonnées à leur triste sort. Aujourd'hui, il parait urgent de ne plus investir uniquement dans la Capitale pour délaisser ensuite les autres régions du pays. 

Source El Watan Abderrahmane Semmar

Le Pèlerin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 10:25

Algérie - Enquête sur la corruption : les vraies raisons d’un refus

corruption 2

 

La polémique autour de la demande de commission d’enquête parlementaire sur la corruption formulée par 25 députés de diverses tendances a rebondi à la suite d’une mise au point solennelle du président de l’APN, lors du  débat sur la déclaration de politique générale du gouvernement, le 25 octobre dernier. 

Selon M. Ziari, l’échec de notre démarche est dû à notre méconnaissance des modalités juridiques de la procédure de commission d’enquête.

Celles-ci m’ont, selon lui, été clairement  notifiées dans le texte de la lettre de rejet qu’il m’a adressée en septembre dernier, lettre dont il a ordonné à ses services de remettre une copie à chaque député, séance tenante. Examinons donc de près la pertinence juridique de l’argumentaire de cette fameuse lettre.

Ce courrier, qui m’a été transmis le 7 septembre, précise que c’est «le bureau de l’APN réuni le 1er  septembre qui a délibéré sur ma demande et qui a considéré que son contenu n’est pas conforme aux  dispositions constitutionnelles et législatives relatives aux commissions d’enquête, notamment les articles 161 de la Constitution et 76 de la loi organique 99-02». Que disent donc ces articles ? Le 161 stipule que «chacune des deux chambres peut, dans le cadre de ses prérogatives, instituer à tout moment des commissions d’enquête sur des affaires d’intérêt général».

Le 76 confirme encore : «Conformément aux dispositions de l’art. 161 de la Constitution, l’Assemblée populaire nationale et le Conseil de la nation peuvent dans le cadre de leurs compétences instituer à tout moment des commissions d’enquête sur des affaires d’intérêt général.»

M. Ziari ajoute dans sa  lettre : «Conformément à ces deux dispositions, il faut que l’objet de la demande se rapporte à une affaire précise contrairement à votre demande qui revêt un caractère général ne désignant pas un secteur ou une instance déterminés, chose  de nature à empêcher la commission d’accomplir son travail et d’arriver à des résultats objectifs.»

Faut-il croire qu’il suffirait de reformuler la demande en tenant compte de ses critiques pour qu’elle soit acceptée ?

Rien de moins sûr, sachant la manière hermétique avec laquelle il a géré l’APN jusqu’ici.

Le plus cocasse, mais aussi scandaleux, c’est que ce sont exactement les deux articles que nous avons  invoqués pour fonder juridiquement notre demande de commission d’enquête qui nous sont opposés pour nous la refuser. Seraient-ils donc confus et n’y aurait-il entre nous qu’une divergence d’interprétation ? Voyons cela.

L’intérêt général, premier critère légal

Il y a un seul cas où  le dispositif identique des articles 171 et 76 suscités peut être invoqué pour refuser une commission d’enquête : celui où l’objet de la demande  n’a pas un caractère d’intérêt général. Quelqu’un peut-il affirmer que la corruption n’est pas un dossier d’intérêt général, particulièrement en Algérie où ce fléau à ciel ouvert grève la sécurité nationale, bloque la démocratisation et hypothèque l’avenir des générations futures ? Si tel était le cas, l’ONU n’aurait pas, par ailleurs, parrainé, en 2003, une Convention internationale contre cette forme de criminalité.

Ce critère a-t-il été débattu dans la réunion du bureau de l’APN ? Je ne le sais pas.

Les deux autres conditions

Le deuxième cas possible de rejet d’une  demande d’enquête parlementaire est une condition  de forme. L’art. 77 de la loi organique 99-02 exige de mobiliser 20 signatures de députés. En la matière, et malgré les difficultés de la tâche, nous en avons réuni 25.

La troisième et dernière condition de recevabilité interdit (art. 79) d’interférer avec le pouvoir judiciaire sur des affaires en cours d’examen à son niveau.

C’est pour parer à l’avance à ce genre de riposte que nous écrivions dans l’exposé des motifs de notre demande de commission d’enquête:  «… Qu’il soit bien entendu donc que nous ne prétendons aucunement enquêter sur les cas d’espèce actuellement sous procédure judiciaire.»

Hormis ces trois conditions, tous les autres articles relatifs à la commission d’enquête – du 78 au 86 – ainsi que l’art. 69 du règlement intérieur de l’APN ont trait aux étapes suivantes de la procédure, c’est-à-dire à la composition de la commission et au déroulement de l’enquête proprement dite jusqu’à la possibilité (art. 86) d’organiser un débat général sur le rapport final de la commission d’enquête.

Les critères  abusifs du bureau de l’APN

S’agissant de la prétendue obligation de désigner un secteur ou une instance pour l’enquête parlementaire sur la corruption, chacun constatera aussi qu’il n’y a, dans les articles 161 et 76 sur lesquels s’appuie M. Ziari, nulle trace – explicite ou implicite – d’une quelconque exigence de  «particulariser» ou de «généraliser» ou dimensionner de quelque manière que ce soit l’objet à soumettre à enquête parlementaire.

Ce sont là des conditionnalités nouvelles – donc sans aucun fondement légal – exigées arbitrairement de nous par le bureau de l’APN. Celui-ci étant, pour l’essentiel, une structure de coordination et de  représentation de groupes politiques présents à l’Assemblée, a-t-il la prérogative de créer la loi en lieu et place de la plénière sur des questions qui en relèvent? Ce n’est bien entendu pas le cas.

Mais admettons que le bureau de l’APN possède une marge de prérogatives qui lui permette de remodeler à sa guise l’objet d’une demande de commission d’enquête et examinons son argumentaire.

Manœuvres et méconnaissance des rôles

Notons d’abord que la lettre du 2 septembre ne nous invite pas explicitement à reformuler notre demande en la conformant aux critiques du bureau. La demande est rejetée telle que présentée et c’est tout. Pour la jurisprudence, lorsque j’ai déposé, en décembre 2008, une proposition de loi pour l’abolition de la peine de mort, les remarques de forme qui m’ont été faites m’ont été notifiées par la direction des affaires législatives de l’APN et n’ont jamais donné lieu à un courrier de rejet au nom du bureau de l’APN comme c’est le cas dans le présent dossier.

L’exposé des motifs de notre demande d’enquête a décrit la prolifération du phénomène de la corruption dans le but de souligner la gravité de sa généralisation. Le bureau de l’APN a sauté dessus pour arguer qu’on lui demande une enquête trop vaste pour être entreprise efficacement, non sans avoir ainsi avoué tacitement être convaincu de l’ampleur du fléau.

Il prouve, ce faisant, au minimum sa mauvaise foi et au pire sa méconnaissance, feinte ou réelle, de la problématique de la corruption, ainsi que des rôles du député et subséquemment du Parlement aussi.

Quant à la suggestion indirecte de nous faire cibler un secteur ou une instance précis pour y enquêter sur la corruption, elle  pèche par sa visée manipulatoire et – plus grave – par son ignorance, simulée ou sincère, des missions respectives des divers acteurs institutionnels

Député, commissaire, procureur et juge

Quel peut  donc être l’objectif essentiel d’une enquête parlementaire sur la corruption ? S’agit-il, au sens policier, de découvrir des actes de corruption et d’identifier leurs coupables ou plutôt d’enquêter sur les conditions et les moyens juridiques, économiques, sociaux, politiques et culturels qui rendent possible l’acte de corruption, de connaître aussi son ampleur, le traitement qui lui est réservé par les organes de l’Etat qui ont mission de le combattre ? S’agit-il de transformer le député en commissaire aux comptes, officier de police judiciaire, procureur ou juge ou de lui donner la possibilité permanente de contrôler  individuellement et collectivement la gestion des deniers de la nation, l’application de la législation, l’évolution des pratiques et phénomènes sociaux afin d’y conformer la loi et de préserver les intérêts nationaux ?

Pour ma part, je refuse de me substituer à l’appareil judiciaire.

Lorsque je viendrai à connaître ou soupçonner une ou des affaires de corruption dans un secteur ou une institution, je ne m’échinerai pas à réunir vingt signatures de députés pour y regarder de plus près. J’irai droit voir la brigade économique ou le procureur du coin et s’ils ne font rien, j’irai voir leurs échelons supérieurs. Ce n’est qu’en dernier ressort que je ferais intervenir le Parlement et ce sera pour lui faire jouer son rôle de contrôle des institutions de l’Etat qui n’auront pas assumé correctement leurs missions en la matière.

Parlement, commissariat et tribunal

Notre demande ne visait pas à faire enquêter le Parlement pour prouver en soi l’existence ou l’absence de corruption. Cette information est un secret de polichinelle que la presse et les annales judiciaires algériennes, même modestes, révèlent quotidiennement avec force détails.

Il ne s’agit pas non plus de procéder – comme le fait la douane pour les containers au port –  à des sondages sectoriels pour proposer des solutions spéciales. La corruption n’est spécifique à aucun secteur, elle est la même partout. Le «caractère général» ou plutôt généralisé de la corruption ne modifie en rien sa nature juridique unique, celle d’un délit pénal.

Loin de commander de l’aborder secteur par secteur comme le suggère le bureau de l’APN, sa généralisation appelle, aux niveaux politique et législatif, un traitement efficient et global. En l’occurrence, c’est exactement ce que nous avons visé lorsque nous avions demandé à enquêter.

Faut-il rappeler que nous avons précisé dans notre demande d’enquête vouloir «connaître du phénomène de la corruption en général, de ses causes et de la pertinence et perfectibilité des moyens et dispositifs divers qui lui sont opposés.

Plus précisément, il s’agit d’enquêter sur l’ampleur, les sources, les méthodes et les niveaux de responsabilité de la corruption en Algérie puis de proposer les correctifs juridiques et institutionnels susceptibles de mettre un terme à l’hémorragie qui saigne les ressources de la Nation».

L’instrumentalisation du contrôle judiciaire

La suggestion tacite de rediriger notre demande d’enquête sur un secteur ou une instance précis cache également un piège juridique cousu de fil blanc.

M. Ziari et le bureau de l’APN savent très bien que l’art. 79 de la loi organique 99-02 interdit de créer une commission d’enquête parlementaire sur des affaires en cours devant la justice, la justice recouvrant y compris les commissariats de police, les brigades de gendarmerie et les services du DRS.

Dans les vraies démocraties, cette règle a pour noble et légitime but de faire respecter le principe fondamental de la séparation des pouvoirs. Contre l’investigation du Parlement tout comme l’arrêt de renvoi, dans l’affaire Khalifa, a rétréci le champ d’action du juge.

En l’état actuel de la confusion des pouvoirs et de leur soumission à tous – en particulier le judiciaire – à l’Exécutif, le député ne possède aucun moyen sérieux de vérifier si une affaire est véritablement ou non sous contrôle judiciaire. Chaque fois qu’il le voudra, le gouvernement aura tout le loisir de soustraire un secteur, une instance, une institution, une affaire ou un individu ou groupe d’individus au regard d’une commission d’enquête parlementaire.

En vérité et pour clore la polémique sur cette argutie, le subterfuge de «généralité» opposée à notre initiative par le bureau de l’APN n’est pas sérieux, pour la simple raison qu’une commission d’enquête légalement constituée est souveraine pour délimiter et dimensionner l’objet de ses investigations et organiser efficacement son action.

La propension au blocage des initiatives

En réalité, depuis qu’il est à la tête de l’Assemblée, M. Ziari a drivé et/ou adoubé l’avortement de quatre ou cinq demandes de commissions d’enquête, confondant sa mission avec celle de vouer au silence ou à la stérilité toute une  législature. Comment croire à son souci du droit, lui qui refuse de déférer devant la commission juridique une proposition de loi – celle criminalisant le colonialisme – que je n’ai, par ailleurs, pas signée moi-même, qui a réuni plus de cent signatures ?

La brusque découverte du droit par le président de l’APN peut-elle faire oublier son interview à la Chaîne III de la Radio nationale où il disait en substance qu’une commission d’enquête est trop sérieuse pour être confiée à l’Assemblée nationale, oubliant qu’il en est le président ?

Le rejet – signé par le troisième personnage de l’Etat – revient donc à nous dire : nous vous refusons le droit que vous reconnaissent la Constitution et la loi organique. Y a-t-il déni plus franc et surtout plus brutal et contraire au droit ?

C’est un refus assumé de s’incliner devant la Constitution et la loi. Juriste de formation, je n’ai personnellement jamais rencontré un tel argumentaire juridique, hormis lors de situation de coup d’Etat dont l’auteur déclare suspendues Constitution et lois au profit du droit de la force.

Les vrais motifs politiques du rejet

Comme on le constate, le refus opposé par le bureau de l’APN à notre demande ne repose sur aucun argument juridique valable mais regorge de leçons politiques.

Cette affaire confirme de nouveau l’omnipotence de l’Exécutif et l’allégeance inconsidérée de l’instance parlementaire.

C’est un  nouvel épisode de la gestion d’une institution que l’on a décidé de bâillonner après l’avoir délégitimée par la fraude électorale pour en faire le souffre-douleur volontaire et visible d’un système inique et essentiellement occulte.

Cela laisse également comprendre que même avec une majorité écrasante docile, le Parlement est l’enfant mal aimé du système qui étouffe le pays.

Un député de la coalition présidentielle m’expliquait pourquoi une commission d’enquête fait peur même lorsqu’elle se compose uniquement de députés de la «majorité» en disant «rien ni personne n’est sûr». Cette donnée souligne à la fois la fragilité politique et institutionnelle actuelle du pouvoir et la gravité de la situation dans le domaine de la gestion des deniers publics.

L’économie nationale souffre de l’absence de volonté officielle de lutter contre le fléau qui la mine. Créé par la loi en 2006, l’organe central de prévention et de lutte contre la corruption est  mis sous le boisseau malgré le décret 06-143 du 22 novembre 2006 qui en fixe l’organisation et le fonctionnement.

Venue pour avorter la demande de commission d’enquête parlementaire, la création par voie d’ordonnance, en septembre dernier, d’un Office central de répression de la corruption géré par des officiers de police judiciaire – une police de plus – est trop balbutiante et incomplète pour être crédible.

Que de tergiversations significatives !

S’agissant d’un dossier aussi déterminant que celui de la corruption, force est de conclure que comme dans celui dit de la tragédie nationale, celui de la mise en veilleuse, durant longtemps, de la Cour des comptes et de l’IGF… les réponses du Pouvoir participent d’une stratégie de neutralisation des appareils de l’Etat et des forces vives de la Nation. Un jour, nous en connaîtrons, peut-être, l’ardoise exacte mais il risque d’être trop tard.

L’autre leçon collatérale, aussi douloureuse que choquante, est le consentement ou au minimum le silence des représentants de l’opposition lors de la réunion du bureau de l’APN qui a bloqué notre initiative, à plus forte raison sur un dossier qui fait partie de leurs argumentaires officiels face au Pouvoir.

C’était là une occasion pour eux de prouver que des opposants (à plus forte raison des démocrates qui se revendiquent comme tels), même brouillés, peuvent s’élever au dessus de leurs personnes et de leurs chapelles lorsqu’il s’agit de défendre des convictions réputées être communes.

Une chose est sûre : tout comme nous avons élargi le cercle des partisans de la levée de l’état d’urgence au sein de l’hémicycle, notre initiative contre la corruption a libéré la parole, même parmi la coalition dite présidentielle. L’enjeu est de se réapproprier la dignité et l’autorité de la fonction et surtout de maintenir vivantes dans la société les questions susceptibles de structurer le chemin vers la conquête de la citoyenneté et de la démocratie.

Source El Watan Ali Brahimi. Député de Bouira

Le Pèlerin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 10:20

Airbus - L'A 400M décolle enfin

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...Avec le Président d'EADS Louis Gallois? Ils ont annoncé hier un pas important vers le décollage du programme A400M : la conclusion de l'accord de financement des 5,2 milliards d'euros de surcoût entre les 7 pays clients et Airbus Military.

Enthousiaste, Hervé Morin a parlé de « grand jour pour l'industrie européenne de défense. L'A400M a définitivement décollé ».

Louis Gallois, président d'EADS, a parlé « d'efforts équilibrés » tout en rappelant que son groupe avait provisionné au total 4 milliards au titre de l'A400M depuis le début du programme.

Hervé Morin a rappelé que le programme A400M était entré dans une « crise majeure à la fin 2008 avec l'annonce de trois à quatre ans de retard ».

Les contretemps en série (mise au point du moteur, report répété du premier vol etc.) et les dépassements financiers ont rendu indispensable de renégocier le contrat initial.

Malgré l'enjeu de 12 000 emplois en France et de 40 000 en Europe, il a fallu une année de psychodrame à rebondissements pour aboutir à l'accord de principe de mars, et encore huit mois pour le « finaliser ».

« Les États ont renoncé à réclamer des pénalités à l'industriel et ont accepté une hausse du prix unitaire de 11 millions par avion », a déclaré le ministre.

La France prendra livraison de son premier A400M début 2013, puis de sept exemplaires en 2014. La France dépensera 8,4 milliards d'euros pour une commande totale de 50 appareils.

Jean-Jacques Mirassou, sénateur de Haute-Garonne, a réagi à la bonne nouvelle : « Je me réjouis de cet accord

[…] . Ce sont plusieurs milliers d'emplois à terme qui sont concernés par ce projet, et la Haute-Garonne en sera largement bénéficiaire. Un bémol toutefois, car rien dans les déclarations du ministre ne permet d'évaluer le montant, sur les 5,2 milliards d'euros de surcoût, qui sera affecté à la France. »

Source La dépêche du Midi

Le Pèlerin

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 10:10

Un livre noir publié hier par le réseau Wassila pour dire halte à l’impunité vient d’être édité afin d’éradiquer les violences conjugales en Algérie.

Reseau Wassila

 

En trois ans, 1855 femmes violentées ont contacté les centres d’écoute du réseau Wassila. Parmi elles 556, soit 30%, sont victimes de violences conjugales, dont 20% ont un niveau universitaire. C’est la réalité tragique mise en évidence par le livre noir sur les violences conjugales en Algérie.

Pour marquer son dixième anniversaire et à la veille du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violence à l’égard des femmes, le réseau Wassila a rendu public, hier, son livre noir sur les violences conjugales en Algérie, réalisé à «la mémoire (...) de chacune des femmes que les violences conjugales ont fini par tuer. En souvenir de toutes ces victimes de crimes impunis, dont la tragédie secrète a été ensevelie dans l’anonymat et l’indifférence, avec la complicité de tous. En marque de solidarité avec les innombrables femmes interdites de parole et qui continuent à vivre l’intolérable. En hommage à celles qui ont le courage de briser le silence, de réagir’ (…)». Son but : dire «halte à l’impunité» et «plaidoyer pour la criminalisation de la violence conjugale mais aussi la mise en place de dispositifs pour la protection des femmes victimes».

Coordonné par Dalila Imarene-Djerbal, en collaboration avec Louisa Aït Hamou, Dr Malika Amrouche, Leïla Benabderrahmane, Pr Fadhila Chitour, Nadia Hamza, Fatma-Zohra Mokrane et Dr Rekia Nacer, le livre retrace les témoignages de nombreuses victimes de violence, «afin de rendre visible et palpable cette douloureuse réalité qu’est la violence conjugale» et de faire entendre «la voix étouffée de toutes les victimes qui restent, en secret, enfermées dans la honte, l’isolement, le silence, la peur». Qu’ils soient directs ou indirects, ces récits révèlent la gravité des violences, confortée d’ailleurs par l’analyse du bilan des activités des centres de prises en charge du réseau Wassila et de ses centres d’écoute, durant la période comprise entre 2006 et août 2009. Les chiffres même alarmants restent en deçà de la réalité, puisqu’il ne s’agit que de la violence déclarée par celles qui ont osé parler. Ainsi, le bilan des centres d’appel, établi entre février 2007 et août  2009, fait état de 1855 victimes à avoir appelé au moins une fois dont 559 sont mariées, soit 30% des appelantes. Parmi ces dernières, 336 (60%) sont victimes de violences conjugales, 32% des victimes ont un niveau secondaire, 33, soit 20%, sont universitaires, 30, soit 18%, ont un niveau moyen et 18, soit 18%, ne dépassent pas le niveau du cycle primaire.

L’écoute montre que les femmes subissent différentes formes de violence à la fois, physique, sexuelle, économique et psychologique, c’est-à-dire qu’en même temps qu’elles sont battues, elles sont dévalorisées, insultées, diminuées, séquestrées, expulsées du domicile. Sur 205 femmes victimes de violences conjugales, 136 ont été suivies sur une période plus ou moins longue. Le système de permanence hebdomadaire, instauré entre 2006 et 2009 dans les centres d’accueil, a permis d’enregistrer 350 victimes, dont 73 souffrent de violences conjugales, avec un pic de 27 cas en 2007, et 21 en 2008. Agées entre 25 et 65 ans, avec une prépondérance pour la catégorie des 35-45, les victimes ont dans leur majorité une moyenne de 2 à 4 enfants, et quatre seulement n’en ont pas. Le plus grand nombre de ces femmes ne travaillent pas en dépit du diplôme dont disposent certaines. Trente-cinq d’entre elles sont mariées, seize divorcées et quatre célibataires. Pour la plupart, la raison principale du divorce, de la demande de divorce ou de la séparation, est la violence répétée de l’époux.

Les femmes plus sujettes aux violences physiques

Les agressions les plus utilisées par le mari sont l’abandon du domicile conjugal avec 18 cas, l’abandon de famille avec 11 cas, la répudiation un cas et le remariage hors consentement avec 5 cas. Néanmoins, les violences les plus récurrentes sont celles physiques : 65% des femmes sont victimes de violences diverses par «armes naturelles» – telles que les gifles, coups de poing, coups de pied – ou à l’aide d’objets : table de nuit, ventilateur, marteau, bouteille de verre, barre de fer, balai, eau chaude, cigarette allumée. Ce type de violence entraîne dans la majorité des cas des ecchymoses en diverses parties du corps, plusieurs fractures au niveau des membres. Six femmes ont subi des blessures par arme (couteau). Quatre ont été menacées avec des armes (couteau, arme à feu) et trois ont été menacées de mort. Mais les coups et blessures volontaires viennent en premier avec 38 cas sur 73. Parmi elles, 3 victimes ont été battues à coups de hache, une à coups de couteau et une (enceinte) a reçu des coups au ventre.

Deux victimes ont eu une fracture au bras et à l’épaule, une autre a été torturée avec des décharges électriques ou des brûlures avec des mégots. Au niveau des centres d’écoute, sur les 336 femmes qui ont appelé entre février 2007 et août 2009, 205 ont été victimes de coups et blessures volontaires (dont six étaient enceintes), trois d’avortement forcé, 37 d’insultes et d’humiliation, 15 de violences sexuelles, six de menaces avec une arme, trois de menaces de mort, quatre ont fait état d’inceste sur enfants, 15 ont été victimes d’ extorsion de salaire, biens, bijoux, voiture, héritage, 29 ont été abandonnées, 30 menacées d’une mise à la rue, de répudiation ou de divorce, cinq dont l’époux s’est remarié, huit ont été menacées de remariage, 13 ont évoqué les relations extraconjugales, 18 de privation de ressources, 13  victimes de séquestration et de réclusion, 12 d’interdiction de travailler et trois de refus de soins ou de médicaments.

Les violences psychologiques et économiques, moins évoquées

Les violences psychologiques sont citées par 37 femmes sur 336 prises en charge dans les centres. Il s’agit de victimes âgées ayant subi des violences physiques plus tôt dans leur vie conjugale, mais qui continuent à être insultées ou menacées de répudiation. Humiliées, déconsidérées, 13 cas des femmes ont déclaré être enfermées, ou est interdit pour elles d’aller travailler à la condition de remettre leur salaire. D’autres interdits, comme celui de travailler, ont été soulevés par 12 femmes. Les violences économiques sont dénoncées par 15 femmes et se définissent par l’extorsion du salaire, parfois par ponction directe sur le compte postal, l’époux signant et encaissant les chèques avec la complicité d’agents administratifs, vol de la pension ou de l’aide des parents, des revenus du travail à domicile, de biens divers comme voiture, de l’héritage, des bijoux. Dix-huit femmes sont laissées sans entretien ni nourriture, elles et leurs enfants, 29 femmes ont été abandonnées, 30 ont été expulsées de la maison conjugale, 11 ont été menacées d’être mises dehors ou répudiées, 13 femmes ont été victimes d’adultère tandis que cinq femmes ont vu le remariage de l’époux.

Sur 205 femmes victimes de violences conjugales, 136 ont été suivies sur une période plus ou moins longue. Pour mieux rehausser l’enquête, des témoignages poignants font de ce livre noir un réel «un cri d’alarme». «La plupart des récits contiennent une telle douleur que la violence conjugale mérite de sortir définitivement de la banalisation et du laxisme. Il est inacceptable aussi qu’elle demeure encore un sujet tabou alors qu’elle casse, rend malade, tue parfois et détruit un nombre de femmes qui restera toujours impossible à évaluer parce qu’en réalité il sera, quoi qu’on fasse, toujours bien supérieur à ce que les meilleures statistiques quantifieront.» A ce titre, il est important qu’elle soit qualifiée de «violence spécifique et non pas noyée dans le chapitre des violences en général, des coups et blessures volontaires (CBV) ou accidentels (…) Elle permettrait d’introduire un facteur aggravant lié à l’identification de l’agresseur : l’époux …»

Source El Watan Salima Tlemçani

Le Pèlerin

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