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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 10:14

Sur 300 femmes, victimes de violences en une année, seulement 5 déposent plainte.

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A partir de ce constat, il est aisé d’imaginer l’ampleur du drame qu’abritent nombre de foyers algériens. Les femmes victimes de violences ne portent généralement pas plainte quand leurs agresseurs sont des proches parents. Elles n’évoquent leurs souffrances que dans l’anonymat en se confiant au téléphone à des membres d’associations.

Ce chiffre a été communiqué ce matin par Mme Dalila Djerbal, sociologue et membre du réseau Wassila, qui précise que 30% des appels sont liés à la demande juridique, dont la moitié est liée aux problèmes de violences physiques. Aux yeux de la sociologue, le bilan présenté par la Dgsn faisant état de 2 000 femmes victimes de violences durant le 1er trimestre de l’année 2010, ne représente que la face visible de l’iceberg. «C’est seulement celles qui ont été soutenues par leurs familles et des proches et qui ont osé déposer plaintes, les violences qui se produisent dans la famille ne sont généralement pas dénoncées par les femmes», a-t-elle souligné sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale. L’auteure du livre noir sur la violence conjugale, intitulé ‘Halte à l’impunité’ , estime que la situation est alarmante affirmant que les appels téléphoniques reçus au niveau du réseau Wassila sont la manifestation la plus forte de cette violence diffuse qui existe dans notre société. Sur 300 femmes victimes de violence par exemple en une année, seulement 5 déposent plaintes. La sociologue explique que les violences familiales sont les plus fréquentes. «Les femmes parlent peu de la violence au niveau du centre d’accueil. Elles parlent de leurs difficultés sociales ou de celles de leurs enfants mais peu de ce qu’elles vivent elles-mêmes, en revanche à travers les appels téléphoniques elles sont prêtes à parler de ce qu’elles vivent, et là c’est l’horreur», a-t-elle déploré. «Vous voyez que cette violence n’a pu s’exprimer que parce que les appels étaient anonymes», a-t-elle ajouté. En outre, elle affirme qu’il est plus facile de déposer plainte contre un étranger que de le faire contre quelqu’un de la famille. La sociologue estime que le problème réside dans le code pénal, car dans l’article 264, est punie toute agression verbale ou physique, or cette loi est trop généraliste, à savoir qu’elle ne fait pas la différence entre les violences qui se pratiquent dans l’espace public et dans l’espace privé. «A l’origine, cette loi prend seulement en considération les violences sur les places publiques pour combattre la criminalité tandis que tout ce qui se passe dans l’espace privé est en dehors de la loi. Or cet espace représente un espace de non-droit, de non-protection pour les femmes», a-t-elle expliqué. Dans le même sillage, l’intervenante regrette que la police n’intervienne pas au moment des violences et là, aussi la loi est en cause, parce que la police n’intervient que sur réquisition de la justice. «Nous demandons qu’il y ait des dispositifs pour que cette loi soit réelle, à savoir que la police intervienne au moment des violences et que la violence conjugale soit définie et inscrite dans le code pénal», a-t-elle lancé

Source Infosoir M.M.

Le Pèlerin

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 10:10

Algérie - Polémique entre le RCD et Ouyahia Les partis refusent de commenter

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La polémique qui enfle entre le Premier ministre et le RCD n’inspire aucun commentaire aux autres partis politiques. Qu’ils soient de l’Alliance présidentielle ou pas, ils ont refusé de donner un avis sur l’échange d’«amabilités» entre Ouyahia et le RCD. Contactés hier, les responsables du FLN et du MSP semblaient s’être donné le mot.

«Nous n’avons pas pour habitude de commenter les positions des uns et des autres. Nous n’allons pas entrer dans ce jeu et commenter les déclarations des uns et des autres», répondait un responsable du MSP. Même son de cloche au FLN. Les responsables du reste des partis ont semblé déconcertés par la question qui leur était posée, estimant «n’avoir pas l’intention de s’inviter dans un débat qui ne les regarde pas». Pour rappel, dimanche dernier, le Premier ministre du haut de la tribune de l’APN répondait aux attaques du groupe parlementaire du RCD. Prenant à témoin l’opinion publique, Ouyahia s’en est pris au RCD, l’accusant de prendre en otages les populations de la Kabylie. La réponse du RCD ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué au vitriol, le parti de Saïd Sadi a riposté et n’a pas hésité à accuser Ouyahia de mercenariat politique. Un échange d’une rare virulence qui laisse de marbre la classe politique.

Source Le Soir d’Algérie N.I.

Le Pèlerin

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 10:03

Algérie - Tipasa : Les coulées de boue obstruent la route

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Bou Haroun l'an dernier

Route coupée, inondations de caves de bâtiments, accidents de la circulation, tels sont les dégâts engendrés par les pluies torrentielles qui s’étaient abattues les deux derniers jours à travers la wilaya de Tipasa. Hier, dans la matinée, les services de l’APC de Bouharoun et les équipes de la DTP étaient toujours à pied d’œuvre pour dégager les derniers mètres cubes des coulées de boues qui se sont déversées la veille sur différents points du tronçon de la RN11 traversant la ville. La circulation sur cet axe, n’a pas été, certes, coupée mais sensiblement ralentie. «Je suis arrivé difficilement à traverser Bouharoun en voiture.

A l’entrée Est de la ville, au niveau du centre- ville ainsi qu’à la sortie vers Khemisti, les traces de coulées de boue sont encore visibles», affirme Mourad un habitant de Ain Tagourait. L’épisode d’avant-hier a ravivé chez les habitants de Bouharoun la crainte de revivre le cauchemar de l’année dernière lorsque les inondations et des milliers de tonnes de boue ont envahi les quartiers du port de la ville. «Les averses de ces deux derniers jours nous ont fait craindre le pire. Durant toute la nuit d’hier (lundi à mardi) nous avons prié  pour nous épargner de la catastrophe de l’année dernière», confie un habitant de Bouharoun. La route à Bou-Ismail, notamment au niveau du siège de la daira a été coupée à la circulation.

«Les équipes de nos unités de Bou-Ismail, Bouharoun et Koléa ont procédé, hier (dimanche) à 19h00 et en coordination avec les services des APC et de la DTP au déblayement des tronçons routiers obstrués par les boues et les inondations à Bouharoun et à Bou-Ismail. Les points coupés à la circulation au niveau de ce tronçon de la RN11 ont été pratiquement tous ouverts à partir de 20h30, soit moins de deux heures après l’intervention sur le terrain», affirme le capitaine Chaab El Ain de la Protection civile de Tipasa. Les interventions des pompiers suite aux averses enregistrées dans la wilaya ne se sont pas limitées au déblayement de la route. Selon le même officier, ils ont aussi pris part à des opérations d’évacuation des eaux pluviales, notamment dans les caves de bâtiments à Koléa, Attatba, Hadjout, Maham (Cherchell) et au niveau du quartier nord de la ville de Chenoua. «Ces deux derniers jours (dimanche et lundi) on a enregistré 13 accidents de la route qui ont fait 12 blessés. Sur ces 13 accidents, quatre se sont produits suite aux précipitations pluviales», ajoute encore le capitaine Chaab El Ain. « Pour lutter contre ce type de catastrophe (les inondations) une cellule de veille a été installée au niveau du secrétariat général de la wilaya.

Le rôle de cette structure est justement de coordonner les interventions des services concernés sur le terrain afin d’optimiser leur efficacité», souligne le même officier. Concernant les dégâts occasionnés dans le périmètre agricole de la wilaya, un exploitant de Hadjout affirme que pour le moment, aucun dégât notable n’a été enregistré.

Source Horizons Amirouche Lebbal.

Le Pèlerin

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 10:52

Algérie - Quelques leçons du Printemps amazigh 1980

printemps berbere

 

Autant j’ai été indigné par les deux précédentes interventions où figurait la signature d’Arab Aknine, autant j’apprécie l’esprit qui a présidé à sa contribution du 25 octobre 2010 dans le Soir d’Algérie. Je n’alimenterai donc pas la polémique.

Sur le plan factuel, le récit qu’il fait des événements peut être enrichi en rappelant en particulier l’interpellation de Mustapha Bacha (durant toute une journée) au cours de la grève du premier semestre. Il était un des principaux animateurs des comités autonomes de l’Institut des sciences économiques d’Alger et de la cité universitaire de Ben Aknoun, et venait à Tizi-Ouzou dans la cadre de la concertation-coordination avec les animateurs étudiants de la «délégation» du centre universitaire. Mon intervention va porter sur les enjeux du débat. Avril 1980 constitue, en effet, une expérience démocratique exceptionnelle dans l’histoire de l’Algérie contemporaine. Arab Aknine serait d’accord pour dire que cette expérience mérite mieux que d’être le fonds de commerce de X ou de Y. Elle peut nous aider à mieux appréhender l’avenir. Je vais tenter, pour ma part, de préciser le point de vue à partir duquel j’interviens. Nous commémorerons dans quelques jours l’anniversaire du 1er Novembre 1954, et il est sain de s’interroger sur le devenir de la formidable promesse que représente cette date symbolique. Cela fait quelques années que je m’essaie à comprendre l’évolution de l’Algérie contemporaine en m’appuyant sur la théorie de la régulation (Michel Aglietta…). Cela m’a conduit à la conviction forte que notre pays va connaître dans un avenir prévisible (20 à 30 ans maximum) une crise économique, sociale et politique grave, susceptible d’hypothéquer jusqu’à son existence et d’engendrer de grandes souffrances à nos populations. En effet, à partir de 1962, la vie sociale a été progressivement réorganisée autour de la redistribution de la rente pétrolière, un revenu non produit. L’activité économique, politique et culturelle, les valeurs collectives, en un mot, tout le système de normalisation (qui dit ce qu’il convient de faire pour que les choses continuent de fonctionner normalement) en est gravement affecté. Cette «normalité algérienne», telle un monstre dévoreur, a besoin d’une rente de plus en plus importante pour se maintenir. Son effondrement inéluctable, par épuisement ou dépassement des hydrocarbures, fera monter les conflits et rivalités sociales (constitutives de notre société comme de tout autre) à des niveaux jamais égalés. Il en résultera un déferlement généralisé de la violence dont les acteurs revêtiront des couvertures idéologiques et politiques diverses. Sans excuser de leurs crimes le pouvoir néo- FLN et les islamistes, la décennie dite rouge (années 1990), avec son cortège de morts, destructions et souffrances, est une «répétition générale» qui donne un avant-goût de ce qui nous attend. Je rappelle que c’est l’effondrement des cours du pétrole qui l’a déclenchée et c’est la remontée des cours qui nous en a sortis (si l’on peut dire !). Pour sauvegarder l’Algérie, il est impérieux d’opérer le passage d’une société dominée par la rente, le populisme et l’inculture, à une société fondée sur le travail, la démocratie et la science. Cette transition demande du temps et de la détermination ; le pays a déjà perdu trop de temps à se chercher un cap, et il ne l’a pas encore trouvé. Loin d’être exhaustives, ces pistes de réflexion demandent à être considérées : Le débat «capitalisme-socialisme » ou «libéralisme-étatisme » est dépassé. Il n’y a pas de modèle pertinent hors de la société qui l’a inventé. L’Algérie doit trouver sa propre mixité entre marché et régulation. Le premier libère et mobilise les énergies, mais son excès détruit les cohérences économiques et la cohésion sociale. Ces dernières sont la raison d’être de l’État, mais l’étatisme engendre inertie, gaspillage des ressources et finalement grande injustice. La réforme de l’État est une des dimensions de la mutation qu’appelle la sauvegarde de l’Algérie. Au niveau infra-étatique, la formation d’ensembles régionaux homogènes, à la fois autonomes et solidaires, donnera au pays un cadre plus solide pour mobiliser les énergies sans détruire le lien entre les individus et les institutions. Cette question ne doit pas diviser ceux qui se reconnaissent dans la promesse de Novembre 1954 mais, au contraire, les rassembler. Au niveau supranational, l’unification du Maghreb est incontournable. Le produit national total de Tamazgha représente moins de 10% de celui de la France. Cette dernière estime qu’elle n’a pas la taille pour résister à la vague concurrentielle qu'induit la mondialisation sans s’unir aux autres pays de l’Europe. Nous devons nous unir entre nous, et établir une alliance stratégique avec la communauté européenne. En particulier, le Maroc ne doit pas être appréhendé comme un rival mais comme une des profondeurs stratégiques vitales de l’Algérie. À chaque fois que notre pays a traversé une turbulence politique, les détenteurs du pouvoir d’État n’ont pas hésité à recourir aux langues populaires (arabe algérien et tamazight) pour communiquer avec nos populations. Ils savent en effet qu’elles sont, et resteront, un ciment précieux de l’Algérie réelle. Les défis à venir commandent de redonner à ces langues leur place centrale dans les institutions, une place qu’elles occupent déjà dans la vie de tous les jours. Pour réaliser la transition vers la société de la démocratie, du travail et de la science, le pays a besoin d’un large front patriotique à même d'en faire partager la nécessité à la population. Une population où l’intérêt individuel incite les éléments les plus dynamiques vers des pratiques destinées à capter une part de la rente, confortant ainsi les logiques parasitaires et prédatrices. Tel est, de mon point de vue, «le meilleur combat» pour reprendre le titre d'un livre écrit par Amar Ouzeggane, un grand patriote aujourd'hui disparu. L’intérêt principal d’un débat sur le printemps 1980 est d’y rechercher les enseignements à même d’éclairer l’action face à ces grands défis qui nous interpellent. Que voyons-nous ? L’espace politique algérien actuel est caractérisé par un émiettement extrême des forces patriotiques et démocratiques, en même temps que par une pauvreté préjudiciable des débats sur les questions de fond, celles dont dépendra l’avenir du pays. Par ailleurs, nous assistons impuissants à la multiplication de luttes populaires prenant le plus souvent la forme de jacqueries sans lendemain. Elles sont plus le signe d’un désarroi généralisé que de la montée d’un mouvement d’émancipation des populations. Or, si le pays a connu des révoltes d’une ampleur et d’une intensité dramatiques beaucoup plus importantes (octobre 1988, le Printemps noir…), Avril 1980 reste une source incomparable d’enseignements, car il fut un mouvement pacifique, qui a permis l’alliance de segments différents de la famille démocratique algérienne et a réalisé une jonction précieuse avec la population, le tout expliquant son dénouement heureux. Les déchirements et la perte progressive de crédibilité qu’a connus le MCB par la suite soulignent a contrario l’exception d’Avril 1980. Plutôt que d’aborder la question en termes «c’était moi hier, donc suivez-moi aujourd’hui», n’est-il pas plus judicieux de rechercher ce qui a donné sa force au mouvement et ce qui a pu le fragiliser, et ce, afin d’éclairer les chemins de l’union ô combien nécessaire pour les temps à venir ? L’action en commun d’acteurs aux parcours militants différents a été en effet le moteur du mouvement d’Avril 1980. Leur rencontre ne s’est pas faite dans un salon mais «sur le terrain». Une initiative en apparence aussi anodine que l’invitation d’un grand écrivain national a pu déboucher sur une avancée démocratique significative. Encore aujourd’hui, la prise d’initiative dans l’esprit d’ouverture aux autres demeure une excellente recette pour qui veut «semer l’espoir», pour utiliser un qualificatif utilisé en son temps par Mohamed Harbi, à propos du Printemps amazigh. Pour se transformer en un engagement unitaire durable, la convergence sur le terrain demande un accord sur le cap à suivre. Après beaucoup de discussions, nous avions débouché en 1980 sur trois axes (langues populaires, démocratie, justice sociale) qui restent d’actualité mais demandent à être actualisés à la lumière de débats, hélas, encore insuffisants sur les défis de l’heure. Par ailleurs, l’accord sur les orientations générales doit avoir une traduction concrète : la plateforme de revendications que nous avions adoptée en 1980 a été un facteur puissant de mobilisation et de rassemblement «qui parle aux gens». Ce programme commun délimite le champ de l’action collective, favorise les convergences et réduit les rivalités intestines. Beaucoup des points de la plateforme de 1980 sont aujourd’hui acquis et nous changeons d’échelle si notre but est de favoriser les convergences au niveau national. À titre indicatif, quelques objectifs, partagés par différents segments de la mouvance démocratique, peuvent être, en plus de l’instauration d’un débat permanent sur les défis qui se posent : l’officialisation des langues populaires, l’autonomie-solidarité des grandes régions du pays, l’information et le contrôle démocratique sur la rente, la lutte contre la corruption, l’instauration d’une saine concurrence dans les branches de l’économie nationale, la protection sociale, la liberté d’organisation syndicale et politique, l’interdiction de l’utilisation de la religion en politique… Les patriotes et démocrates algériens ont besoin d’une plateforme nationale et d’innombrables plateformes locales pour se rassembler. Enfin, il y a la mise en place d’un cadre organisationnel qui assure la régulation du mouvement en disant la norme : ces institutions démocratiques recueillent nos points de vue différents lors des débats et les transforment en orientations et consignes auxquelles chacun de nous accepte volontiers de soumettre ses comportements, car il se reconnaît en elles, il les considère légitimes. Ce faisant, elles instaurent la cohésion qui nous fait exister comme être collectif. La mise en place d’institutions démocratiques et le respect de leurs décisions est indispensable à la continuité de toute action collective qu’elle soit au niveau national ou local. À l’université de Tizi-Ouzou, cette organisation a évolué de p comité contrôlé par le pouvoir à délégation autonome, coordination étudiants-enseignants, comité anti-répression, coordination du CUTO, et a culminé en comité de coordination populaire. Il n’est d’ailleurs pas anodin de rappeler que la décision de briser le mouvement a été prise par les autorités juste après la mise en place du comité coordonnant l’université, les lycées, les unités de production et autres établissements de la région. Au total, je crois que les principales orientations politiques expliquant l’exception démocratique du Printemps 1980 sont :

- l’unité d’action sur le terrain ;

- l’accord sur le cap à suivre, les grandes orientations ;

- la définition d’une plateforme concrète pour l’action et la revendication ;

- la mise en place et le respect des formes organisationnelles de régulation démocratique.

Ces orientations nous indiquent des axes à mon sens importants pour rassembler et agir avec succès pour concrétiser les objectifs patriotiques et démocratiques hier comme aujourd’hui. Les insuffisances du mouvement dans sa globalité et de chacun des acteurs peuvent être mesurées à l’aune de cette grille de lecture. À chacun d’en tirer ou non les enseignements pour s’améliorer. De fait, hier comme aujourd’hui, en plus du contexte et de l’action des forces négatives externes, le principal obstacle à l’édification de mouvements démocratiques et pacifiques puissants est dans le faible enracinement de la culture moderne chez nos élites politiques et de la culture scientifique dans l’appréhension des problèmes qui se posent à la société. En particulier, l’existence de courants politiques différents est une réalité irréductible, elle fait la richesse et la force de notre société. Pour en surmonter les inconvénients, il est temps d’explorer les voies du rassemblement dans le respect de nos différences. En ce sens, le Printemps amazigh demeure une source d’enseignement incomparable. En retenant cet éclairage, ce qu’il y a de plus important à retenir à propos de la nuit du 19 au 20 avril 1980 est l’iniquité et la violence de la répression dont nous fûmes les victimes, indépendamment du segment démocratique auquel nous nous rattachions. Je ne sais si quelqu’un en a déjà fait le récit, mais pour ce qui me concerne, voici ce qui s’était passé : nous nous sommes séparés à l’aube, entre deux ou trois heures du matin. Dans ma chambre du bâtiment G, réservé aux salariés, il y avait deux camarades, dont Aziz Tari. Je dormais quand la porte s’ouvrit brusquement avec un bruit effroyable. Je me souviens qu’Aziz avait dit «Ramdane, qu'est-ce qui se passe ?» Des hommes encagoulés, en tenue «cosmonaute», se ruaient sur nous. Je reçu un grand coup sur la tête, le sang gicla sur le mur. J’ai vécu le reste des événements comme dans un rêve : je voyais ce qui se passait mais c’était comme si j’en étais spectateur. Je n'avais plus revu Aziz jusqu'à notre première visite à Berrouaghia. Les encagoulés qui attaquaient les chambres et ceux qui se trouvaient dans les couloirs nous contraignaient à sortir du bâtiment, mais d’autres qui se trouvaient à l’entrée nous empêchaient de sortir. Toujours sous les coups, nous fumes rassemblés à l'entrée du bâtiment. Nous nous bousculions pour nous rapprocher du mur et mettre le plus de distance entre nous et les coups qui pleuvaient. À un moment j’ai regardé celui avec qui me bousculait, c’était mon ami Boudjema Houfel. J’ai eu le temps de penser : c’est ridicule tout ça ! À l’extérieur, nous étions encerclés par deux rangées au moins de militaires. Un étudiant a tenté de fuir, un militaire lui lança quelque chose entre les jambes et il tomba. Ils se ruèrent sur lui et le ramenèrent, avec de grands coups, dans le groupe. On nous rassembla sur le talus situé face à la bibliothèque et au rectorat. Il y avait des tas de fumier déposés là avant l’occupation pour une plantation d’arbres en vue d’une visite (finalement reportée) du président Chadli à Tizi-Ouzou. Là, des militaires situés en haut du talus nous tapaient pour nous contraindre à descendre, et d’autres positionnés en bas nous obligeaient à remonter. Nous étions entre 100 et 200 étudiants et salariés. La vague montait puis descendait puis remontait et ainsi de suite. Nous étions, pour beaucoup d'entre nous, couverts de sang, n'avions pas mis de chaussures, une grande partie était torse nu. Au bout d’un temps interminable, toujours sous les coups, on nous fit entrer en rangs par l’arrière dans le bâtiment face à la bibliothèque. Il y avait des «civils», en fait des policiers qui remplissaient un formulaire d'identification pour chacun de nous. L'un d'eux, qu’Arab Aknine dit qu’il s’appellerait Khellaf, désignait effectivement les individus. Trois escogriffes me prirent par le bras et me firent monter l’escalier jusqu’au premier palier. Là, ils se mirent à taper. Je me souviens qu’ils me demandaient tout le temps en arabe : «Qu’a dit Chadli dans son discours ?» A ce jour, je ne sais pas ce qu’a dit Chadli dans son discours. Ils me frappèrent jusqu’à ce que je tombe et m’évanouisse. Ils me donnèrent des coups de pied pour me réveiller puis me firent rejoindre la file qui sortait du bâtiment. Si mes souvenirs sont bons, les policiers qui nous prirent en charge alors ne nous ont plus frappés. Ils nous firent monter dans des bus ramenés pour l’occasion, disant que nous allions être transférés au Sahara, que nous serions fusillés… Nous étions abattus. Les bus démarraient quand le courage nous revint et nous commençâmes à crier des slogans. Remontant la côte qui mène vers le stade et la ville, nous rencontrâmes les femmes de ménage venues comme à l'accoutumée effectuer leur travail. Elles comprirent immédiatement ce qui se passait et se mirent à pousser des youyous pour nous soutenir. Nous fûmes transportés à l'hôpital où nous reçûmes les premiers soins par un personnel compatissant. Ma blessure à la tête fut cousue avec du fil, on me mit un bandage autour de la main, on me donna un cachet d'aspirine... et un lit mobile pour me reposer au milieu du couloir. J’avais une douleur aux côtes qui resta plus d’une année après. Bientôt la population de la ville commença à affluer vers l'hôpital. Après conciliabules, les «décideurs» choisirent de se débarrasser de nous au plus vite, avant que les «émeutiers» n'envahissent l'établissement. Ils nous remirent dans les bus, sans que nous sachions où ils nous emmenaient. En fait, ils nous renvoyaient dans nos villages. Avec les salariés et étudiants du bus où je me trouvais, nous fûmes déposés à Boghni et dûmes rentrer à pied chez nous. Arrivé à Mechtras, je n'avais pas besoin d'expliquer quoi que ce soit aux jeunes et aux moins jeunes. Spontanément, ils venaient à moi m'exprimer leur soutien. Nous formâmes rapidement un groupe qui, à la nuit tombée, s'était retrouvé dans une mansarde abandonnée à une centaine de mètres de chez moi. Nous y avions confectionné des banderoles et préparé la manifestation du lendemain. Ce fut la première manifestation populaire antigouvernementale depuis l'indépendance à Mechtras ; le gardechampêtre Messaoudi, père d'un héros local qui donna du fil à retordre à l'armée coloniale, ôta son chapeau et s'inclina devant le cortège de manifestants. Le lendemain, je reçus la visite d'Ali Zamoum que je ne connaissais que de réputation. Il avait été contacté par Kateb Yacine qui s'inquiétait pour moi. Ce fut le début d'une longue amitié. Avec son aide, je pus reprendre contact avec quelques collègues et amis encore en liberté. Partout ailleurs, l'arrivée des blessés de l'université avait suscité la même indignation qu'à Mechtras. De partout les jeunes commencèrent à affluer vers Tizi-Ouzou. Mais ça, c'est connu de tous. A la réouverture de l'université, j'ai retrouvé notamment Arab Aknine, et nous organisâmes ensemble le formidable mouvement pour la libération des détenus. Durant tous ces moments, la couleur politique des uns et des autres était le dernier de nos soucis. Je ne terminerais pas sans revenir sur une bêtise que j’ai écrite à propos de l’arrestation de Saïd Sadi. De la réponse d'Arab Aknine, je comprends qu’il ne faisait pas partie des militants qui avaient provisoirement échappé à la répression le matin du 20 Avril et s’étaient réfugiés dans les hauteurs de Tiziouzou. J’en prends acte et exprime publiquement mes plates excuses au docteur.

Le blog de l’auteur: Algérie en Questions

Source Le Soir d’Algérie Ramdane Hakem

Le Pèlerin

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 10:40

Une ferme photovoltaïque

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Une vue aérienne, assez saisissante, de la ferme de Saint-Amadou

 

En février 2011, le premier parc photovoltaïque ariégeois, installé sur la commune de Saint -Amadou, produira ses premiers kilowatts -heures d'énergie électrique.

La pose du 100 000e module solaire dans le parc photovoltaïque de Sabaranis, sur la commune de Saint- Amadou, était l'occasion pour son créateur et exploitant, la société Juwi EnR, d'inviter tous ceux qui ont soutenu leur projet et leur montrer son état d'avancement. C'est ainsi que vendredi, Yannick Bauer, directeur de Juwy France, et ses collaborateurs servaient de guide dans le dédale des capteurs aux nombreux élus et habitants du secteur découvrant un nouveau type d'exploitation dans le paysage rural ariégeois. Une visite au cours de laquelle quelques élus sacrifiaient de bonne grâce à l'exercice pratique qui s'imposait : la pose d'un de ces milliers de panneaux qui captant l'énergie solaire produiront du courant électrique continu. Transformé via un poste onduleur, en courant alternatif ce dernier sera acheminé par le biais d'un câble enterré vers le réseau national d'électricité. « Il aura fallu un peu plus de trois ans pour mener à bien ce projet, se réjouissait Yannick Bauer. D'habitude pour une telle réalisation il faut compter 4 à 5 ans ».

En 2011

Ce parc, une fois terminé, s'étendra sur 24 ha et produira chaque année l'équivalent de la consommation domestique annuelle de 4 900 habitants. Sa mise en service est prévue pour février 2011 et son exploitation pour au moins vingt ans, soit la durée du bail signé entre les propriétaires des terres occupées et la société Juwy EnR.

« Mais, ajoute son directeur, on peut imaginer la prolonger 15 années de plus, techniquement ce sera possible. »

À noter qu'un deuxième projet, agri-solaire celui-là, est en cours à La Tour-du-Crieu : « Il se développera sur 7,5 ha, cinq réservés à un parc photovoltaïque et 2 à des cultures maraîchères avec comme objectif à terme l'installation d'un(e) jeune maraîcher(e). Ce projet est mené en partenariat avec le CFPPA Ariège Couserans ».

Soucieux de l'environnement, les élus ont toujours soutenu ce projet. Mais en accueillant une nouvelle entreprise sur le territoire des collectivités qu'ils ont en charge, ils espéraient aussi récupérer de la taxe professionnelle… Cette dernière étant désormais menacée de disparition, certains, dans les rangs de panneaux solaires, ne cachaient pas leur inquiétude.

Des terres en friche qui ne présentaient pas d'enjeux agricoles

Pourquoi implanter ce parc photovoltaïque à Sabaranis ? « D'une part ce site en friche ne présentait pas d'enjeux notamment agricoles qui auraient pu générer un conflit d'intérêt ; d'autre part il est situé en Ariège, un des départements les plus ensoleillés de France ».

Le chiffre : 11,4 millions de kilowattheures seront produits annuellement à Sabaranis. Soit 20 % de la consommation domestique annuelle des habitants de la communauté de communes de Pamiers.

« Nous nous approvisionnons auprès d'une entreprise qui adhère au programme PV Cycle, ce qui nous assure de leur recyclage. » Yannick Bauer, directeur de Juwy France

Source La Dépêche du Midi

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 10:31

Algérie - «Construire la plus grande mosquée d'Afrique ou le plus grand pays d'Afrique?»

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Le chroniqueur a déjà posé la question : «Faut-il construire la plus grande mosquée d'Afrique ou le plus grand pays d'Afrique ?», surtout avec plus de 7 milliards de dollars qui vont être dégagés dans quelques mois. C'est quoi en effet le but d'une nation : la vie avant la mort ou la vie après la mort ? Quand vous offrez une cité LSP à des Algériens, ils n'y cotisent pas pour une crèche, une librairie, un arrêt de bus contre la pluie ou le soleil, un espace vert ou une aire de jeux. Non. Ils cotisent d'abord pour la mort : la tente et la centaine de chaises qui seront stockées et utilisées à chaque décès. Les fêtes de mariages se fêtent dans les salles de fêtes. Les deuils, sous la tente achetée à frais communs. Pour la mort, les Algériens sont solidaires. Le but est de bien mourir, dans l'ordre, l'organisation, la cotisation et la solidarité. A la fin, l'Etat fait comme le peuple : arrivé à un certain âge, il se retourne vers l'invisible, impose l'appel à la prière à l'ENTV, prie au lieu de travailler et lance le chantier de la plus grande mosquée du pays. C'est ce que font les Algériens dans les villages, les quartiers, les villes : ils ramassent de l'argent pour bien trépasser. C'est ce que font certains riches du libéralisme contrôlé : dès qu'ils deviennent riches, ils vont à la Mecque puis donnent de l'argent pour payer, se payer une mosquée qui ne porte pas leurs noms mais leur signature. Pourquoi autant de zèle pour la prière et si peu d'effort pour l'effort ? Abîme des réponses, amour du trépas, culte du thanatos, reflux vers l'invisible. Les Algériens veulent bien mourir. C'est un bon moyen pour être martyr, ancien moujahid ou pour se consoler. Chacun veut son lot de terrain au Paradis puisque chacun ne peut pas l'avoir avec une agence foncière. On demande à la religion ce que l'indépendance n'a pas assuré ni apporté. Le programme national est donc d'avoir un pays après la mort puisqu'on ne l'a pas eu avant. Du coup, c'en est devenu un projet national : le paradis est aujourd'hui un programme soutenu par l'Etat et entre dans la loi de finances.

C'est devenu même une hérésie que de demander un espace vert à la place d'une mosquée. Que nos enfants jouent dans la rue, au bas des immeubles, que l'arbre soit inutile et l'ablution obligatoire, est vu comme secondaire : il n'est pas essentiel que les enfants aient où jouer mais il est urgent que les vieux aient où prier. Le chroniqueur l'a aussi écrit une fois : l'Etat n'a pas réussi à faire rajeunir le Pouvoir mais a réussi à faire vieillir le peuple. On a tous le même âge d'ailleurs face à la joie ou à l'appel de la vie : l'âge du haussement d'épaule et du soupir avec dentier. Qui est jeune dans ce pays ? Celui qui a réussi à partir. Pour les autres, il vaut mieux vieillir vite et rapidement si on ne veut pas rater sa vie. Prier le plus possible pour que le temps passe le plus vite possible avant qu'il ne se transforme en éternité. Première question : qu'avons-nous à nous faire pardonner, collectivement, pour être poussés si collectivement vers la prière et pas vers la vie ? 2ème question : planter un arbre est-il moins louable que cotiser pour une mosquée ? Acheter des livres ou des lunettes ou des fleurs est-il moins bien vu par Dieu ? On en doute mais ceux qui construisent beaucoup de mosquées ne demandent pas son avis à Dieu mais seulement à leur culpabilité. A la fin ? Imaginons : que faire quand on aura construit la plus grande mosquée, encore plus grande que le pays qui la porte ? On sera encore vivants et encore obligés d'assumer ce que Dieu a donné pour qu'on l'assume et pas pour qu'on lui tourne le dos : la vie, son immense poids absurde et resplendissant. Selon le mythe des fondations, Dieu a créé Adam pour en faire un délégué sur terre. Que dire de quelqu'un qui, au lieu d'assumer la délégation, essaye de la contourner et d'attendre la fin des heures de travail de sa mission ? On dit que c'est un tricheur. Dieu n'a pas donné la vie aux hommes pour qu'ils soient tous maçons de mosquée. Il nous aurait faits tous Chinois avec une Méditerranée de béton armé et du carrelage qui tombe du ciel. Ce n'est pas le cas et donc, il y a erreur : d'ailleurs, si l'Islam avait commencé à l'époque avec la construction des mosquées au lieu de coloniser le reste du monde, El Madina aurait fini comme daïra de Koreich et pas comme centre d'un empire. Et quand on se consacre, peuple et Etat, à construire seulement des aires de prières, c'est qu'on insulte la notion de l'effort, la responsabilité de la vie et le poids de l'âme réduite à un lustre de mosquée. Avec l'argent fou qui va être dépensé pour la grande mosquée d'Alger, on aurait pu creuser un canal de Hydra vers Timimoun ou marcher sur la Lune ou relancer l'emploi ou créer des universités réelles. On ne l'a pas fait : on voulait la plus grande mosquée d'Afrique à la mesure du plus grand sentiment de culpabilité collectif. Une belle tradition musulmane : «Si le glas sonne pour la fin du monde et que vous êtes en train de planter un arbre, continuez…». On retiendra le mot «arbre», pas «mosquée». C'est-à-dire quelque chose qui participe de la vie et du respect de la vie et pas de l'attente de mort.

On accuse la mythique Koreich d'avoir sculpté ses dieux dans de la pierre. Là, nous sculptons Dieu dans des murs.

Source Le Quotidien d’Oran Kamel Daoud

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 10:30

Algérie - Les milliardaires algériens investissent dans les franchises commerciales

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La franchise commerciale avance à grands pas en Algérie à la faveur du lancement des grands centres commerciaux. Dans le lot, le luxe grandit plus vite. Vu les tarifs à l'entrée, tout le monde ne peut pas en être. Des milliardaires qui ont construit leur prospérité dans d'autres métiers ont choisi de venir sur ce créneau. Galerie de profils dans un nouveau paysage d'affaires où l'enjeu est de transformer les franchises commerciales en fabrications locales.

Hakim Cherfaoui, du groupe Blanky a tenté d'oublier l'échec dans le développement de la chaîne de supermarchés Promy. Spécialiste du négoce, il est actionnaire dans la société Odyssée qui représente Z, du groupe Zannier, l'un des plus grands dans le monde dans la confection de vêtements pour enfants. Sa boutique au centre commerce et de loisirs de Bab Ezzouar ouvrira vers la mi- novembre. Issad Rebrab, le patron du plus grand groupe privé algérien, lui, a un programme plus ambitieux. Il veut développer une chaîne d'hypermarchés à l'enseigne locale Uno répartis à travers les grandes villes du pays. Après un premier, situé à Garidi, un second, plus important, a ouvert au centre commercial et de loisirs de Bab Ezzouar. Manel et Salim Benmiloud développent quatre franchises toutes présentes au sein de ce grand espace commercial à travers la société Mansel Distribution. Carré Blanc a déjà ouvert au sein de ce grand espace implanté dans le quartier d'affaires d'Alger. Les boutiques Alain Aflelou (lunettes), Geneviène Lethu et Guy Degrenne (Arts de la table) le seront avant la fin de l'année. Slim Othmani, le PDG de NCA, numéro 1 dans la production de jus en Algérie (Rouiba), est lui pour sa part partenaire de Lacoste. Il est actionnaire de la société Oméga qui distribue les produits de la grande marque en Algérie. Sa première boutique a ouvert au centre commercial et de loisirs de Baz Ezzouar. Un second point de vente est prévu à Oran. La société Playmode, détenu par de jeunes milliardaires algériens est actionnaire dans la société Oméga. Elle représente également les marques Nike et Geox. Une boutique Nike a déjà ouvert au centre commercial et de loisirs de Bab Ezzouar. Playmode compte déjà 19 boutiques implantées principalement dans la capitale. La famille Hasnaoui, connue pour distribuer Nissan en Algérie, est également présente à travers la marque Sony.

Une demande montante pour les produits de marque

Mais pourquoi ce nouveau penchant pour le commerce du luxe en Algérie ? Une demande existe. Elle est reflétée par l'émergence d'une classe moyenne à revenus élevés. Elle correspond en un mot aux cadres algériens employés dans les sociétés étrangères implantés en Algérie et/ou de grands privés locaux. Il y'a eu également une augmentation de revenus pour les hauts fonctionnaires et les cadres supérieurs de l'Etat. Cela pèse dans la balance. " Les Algériens sont à la recherche de qualité, de la traçabilité des produits. Ce n'est pas forcément destiné à des consommateurs riches. Des ménages sont prêts à se sacrifier pour leurs enfants, des articles de plus longue durée (que des produits bas de gamme) qui sont lavés et relavés et qui restent intacts pendant des années", explique Hind Benmiloud, avocate d'affaires et promotrice du développement de la franchise en Algérie. Le lieu d'implantation du centre commercial et de loisirs n'est pas fortuit. L'espace fait partie du futur quartier d'affaires de la capitale. Non loin du centre s'érigent déjà les sièges de la société française CMA CGM et d'Algérie Poste. Les travaux concernant le siège de Bnp Paribas ont démarré. C'est également le cas d'un complexe immobilier incluant des hôtels cinq étoiles. Un projet de groupe bahreini, La Trust, les hôtels Mercure et Ibis font partie également de l'environnement. Il s'agit là d'une clientèle potentielle à pouvoir d'achat élevé. Ces arguments ont sûrement influé dans la décision d'Ooxoo de s'implanter en Algérie via une boutique au centre commercial ouverte par la société Godache importation. Cette grande marque est présente dans cinq pays : quatre européens et, pour l'heure, seulement l'Algérie au Maghreb.

Le pari du passage à la fabrication

Tous ces facteurs ont favorisé la décision d'investir dans le créneau. Les chances de succès restent importantes. La notoriété des marques, le transfert de savoir-faire dans le commercial, en particulier le marketing vont jouer. " Les produits de marque étaient pendant longtemps absents du marché algérien. On enregistre un besoin de produits de grandes marques qui ne sont pas falsifiés. Cela crée de l'emploi, une valeur ajoutée (de gros bénéfices) pour les franchisés qui savent commercer ", observe Mustapha Nia, un distributeur de produits textiles. Mais la question est de savoir si cette propension pour le commerce des franchises va se muer en fabrications locales. Nous serions alors, avec la floraison des franchises, dans un scénario d'étape préindustrielle. Premier bémol, aucune marque algérienne issue d'une production locale ne figure dans ce lot de grandes enseignes. Le reflet reconnaissable d'une économie foncièrement rentière. L'autre enjeu, non des moindres, demeure de maintenir dans la durée la commercialisation de produits à 100% d'origine.

Source Le Quotidien d’Oran Salim Dali

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 10:22

Algérie – les données élémentaires du dossier Djezzy

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L'action d'Orascom Telecom Holding, le groupe du milliardaire Naguib Sawiris, est au plus bas depuis 19 mois, traînant dans son sillage la Bourse égyptienne. En cause, son problème «Djezzy», sa filiale la plus rentable sur laquelle le gouvernement algérien a annoncé qu'il exercera son droit de préemption.

Les efforts de communications de Sawiris et sa tentative, jugée «habile», d'implication des Russes de VimpleCom dans les négociations avec Alger, se heurtent à une fermeté non démentie du gouvernement algérien. Des analystes, à l'évidence trop crédules, ont vite décrété que les autorités algériennes étaient en «difficulté» avec l'irruption des Russes dans le débat. Comme si le Kremlin allait accepter de risquer des relations avec l'Algérie, déjà fructueuses et qui peuvent l'être encore davantage, pour les beaux yeux des dirigeants de VimpleCom et de Sawiris. Dans ce feuilleton Sawiris-Algérie qui passionne beaucoup d'observateurs, ceux qui ont quasiment décrété la victoire du «milliardaire égyptien» dégainant son «arme russe» ont oublié un important épisode. Celui de la mise en garde, par des voies diplomatiques et par voie directe, adressée par Alger au groupe sud-africain MTN : Djezzy, la filiale la plus rentable d'Orascom, ne fera pas partie du lot. Ni VimpleCom ni le gouvernement russe n'ignoraient cet avertissement adressé à une entreprise d'un pays qui entretient des relations chaleureuses avec l'Algérie. Personne n'aurait d'ailleurs compris que l'Algérie puisse accepter qu'une entreprise russe rentre là où une entreprise sud-africaine a été dissuadée. De ce point de vue, Sawiris, censé avoir acquis suffisamment de «connaissance» de ses vis-à-vis algériens, a été aussi plutôt malhabile. L'arme russe est inopérante. Et d'ailleurs, devant la fermeté de l'Etat algérien, ce sont les autres actionnaires qui émettent des doutes et des réserves sur l'opportunité de mener à son terme la transaction avec Orascom Telecom. Il y a bien sûr des batailles juridiques qui peuvent être menées par l'opérateur égyptien, mais choisir d'engager le bras de fer avec un Etat est très risqué. Les gains médiatiques obtenus à travers l'instauration de l'image d'un entrepreneur qui «réussit» et qui serait «brimé» et «jalousé» par un Etat n'empêchent pas une dépréciation de la valeur de l'action. Et une méfiance très claire des investisseurs à l'égard d'Orascom Telecom. Ceux-là raisonnent en fonction de leur intérêt et non en termes de sympathie ou d'antipathie pour l'un ou l'autre des protagonistes et font des constats simples.

Dans le bras de fer entre l'Etat algérien et Sawiris, le premier n'est pas démuni. Il peut – ce qu'il fait d'ailleurs réviser de manière scrupuleuse les comptes de Djezzy et lui exiger de se mettre en conformité avec la loi et le fisc. Mais surtout, un Etat peut se donner un temps qui n'est pas celui d'une entreprise. A trop manœuvrer, Naguib Sawiris a oublié des données élémentaires. Que les investisseurs n'oublient pas. Au demeurant, les «malheurs» présumés de Naguib Sawiris, qui n'a rien d'un ange et qui est plus un spéculateur qu'un investisseur, n'inspirent aucune compassion. Ce que l'on regretterait plutôt est que la rigueur de la loi et du fisc ne s'applique à lui qu'après le coup des cimenteries.

Source Le Quotidien d’Oran M. Saâdoune

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 10:17

Algérie - Loi de finances 2011 : Le texte devant les députés

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Le projet de loi de finances pour l’année 2011 sera aujourd’hui au centre d’une séance plénière à l’Assemblée populaire nationale.

Il est question de passer en revue les budgets sectoriels fixés par cet important texte, intervenant dans une conjoncture marquée, faut-il le signaler, par la promulgation prochaine de la loi de règlement budgétaire déjà sur le bureau de la Chambre basse.
Les ministres qui passeront tour à tour devant les députés sont ceux de l’Intérieur et des Collectivités locales, des Ressources en eau, de l’Agriculture  et du Développement rural, de l’Habitat et de la Santé. Pour rappel, le dernier Conseil des ministres avait approuvé ce texte qui a proposé comme référence un taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) à 4% et à 6% hors du secteur des hydrocarbures, ainsi qu’une inflation projetée à 3,5%.

Le projet de budget de l’Etat affiche 2992 milliards de dinars en recettes et 6605 milliards DA en dépenses. Le déficit budgétaire sera partiellement financé par le Fonds de régulation des recettes (FRR). Avec une dotation de 3434 milliards DA, le projet de budget de fonctionnement enregistre une augmentation de plus de 600 milliards DA par rapport aux crédits initialement votés pour l’exercice 2010. Cette hausse résulte de l’amélioration des rémunérations des fonctionnaires à la faveur de la mise en œuvre de leurs nouveaux statuts et régimes indemnitaires, ainsi que d’un accroissement de leurs effectifs de près de 50.000 postes en 2011, pour encadrer de nouvelles réalisations d’infrastructures publiques. Le budget de fonctionnement reflète la politique sociale du pays, à travers, notamment les transferts sociaux qui atteindront plus de 1200 milliards DA en 2011, soit 18% du budget général de l’Etat et plus de 10% du PIB. Le projet de budget d’équipement affiche, quant à lui, 2463 milliards DA en autorisation de programme et 3171 milliards DA en crédits de paiement.

Par ailleurs, le projet de loi de finances 2011 ne prévoit aucune charge fiscale supplémentaire.

Il faut noter que la Commission des finances et du budget de l’APN a tenu, jeudi dernier, une réunion consacrée à l’exposé du ministre des Finances, Karim Djoudi sur la loi en question.

Ce dernier avait indiqué à propos des nouvelles dispositions législatives contenues dans ledit texte, qu’elles consistaient en la réduction de la pression fiscale, l’encouragement de l’investissement, la simplification des mesures fiscales, l’appui des garanties des personnes en charge de l’impôt ainsi que la lutte contre la fraude fiscale, l’appui des mesures de recouvrement de l’impôt, le renforcement de la préservation de l’environnement et le renforcement du système des informations économiques nationales.

Source Horizons Karima Alloun.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 10:15

Jean Ziegler et la haine de l’Occident

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Les soubresauts et les mouvements que connaît l’hémisphère sud s’expliquent, selon Jean Ziegler, par la haine de l’Occident. D’où d’ailleurs le titre de son dernier livre, La haine de l’Occident, une haine raisonnée, positive qui est bien loin de la haine pathologique, criminelle qui donne naissance au terrorisme et au crime organisé.

L’ancien député suisse précise que son concept de haine raisonnée “vient de la mémoire blessée et est une volonté de rupture et de renaissance identitaire”. “C’est une force de progrès”, a affirmé l’invité du Sila qui ne cache pas son admiration pour la formidable prise de conscience et les mouvements tendant vers la construction des États souverains, en Amérique latine particulièrement, afin, a-t-il souligné, de se rendre capable de rompre avec “cet ordre cannibale du monde”. Une posture qui donne par la suite la force de négocier à égalité avec les maîtres du monde. Maîtres qui sont les oligarques, multinationales (500) qui concentrent 58% des richesses dans le monde. “Il y a un monopole incroyable des richesses par les oligarques occidentaux”, dit-il en mettant l’accent sur les différentes méthodes utilisées, particulièrement la force, pour maintenir leur hégémonie. Le vice-président du Comité consultatif du conseil des droits de l’Homme de l’ONU — il a occupé le poste de rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation — fait un constat amer de la situation dans le monde, surtout du côté des dominés, au point de qualifier de crimes les effets pervers du système capitaliste globalisé qu’il désigne par ailleurs par la dictature mondiale. “Toutes les secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim dans le monde. Plus de 1 milliard de personnes sont sous-alimentées et, selon la FAO, 3 700 personnes meurent chaque jour dans le monde” alors que la production agricole mondiale est capable de fournir les 2 700 calories/jour pour l’équivalent de 12 milliards de personnes ; constat sans appel sur les flagrantes inégalités qui sont l’objet de son combat. Et Ziegler ne croit pas à la fatalité. “Un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné”, est sa sentence, tout en relevant des indices d’espoir à travers d’une part “le formidable réveil et de l’expérience, comme en Amérique latine, de la renaissance des États souverains et cette nouvelle société née au cœur du monde dominant”. Il s’agit, selon lui, de ces voix, de cette opposition radicale qui s’expriment à travers des forums, les organisations sociales qui proposent la rupture, des alternatives à la dictature et portent la “revendication” au sein de la société occidentale.

Le même combat est porté du moins dans son discours par la mouvance écologiste. Ziegler n’y croit pas. Car c’est une nouvelle droite humaniste. Sans plus.  Interrogé par ailleurs sur le choix du livre comme instrument de combat au détriment de la parole, des tribunes dont il bénéficie dans ses fonctions, l’universitaire aux publications “explosives et fracassantes” a expliqué qu’il mène le même combat mais avec des armes différentes. Tout en continuant ses “plaidoiries” dans les différentes tribunes où il intervient, il a indiqué avoir une préférence pour le livre. “Le livre est l’arme principale”, dit-il. Quant au risque d’incompatibilité entre ses fonctions dans une institution de l’ONU et son combat “révolutionnaire”, il a rétorqué qu’il profite de tous les espaces qui s’offrent à lui, mais en privilégiant le livre dont il est certain de l’impact positif. Évidemment, la rencontre avec Ziegler passe inévitablement par tous les conflits qui minent le monde, les injustices, les fléaux, toutes “ces maladies” inventées par l’homme pour dominer son semblable, allant de la famine à Gaza en passant par l’Afghanistan pour conclure sur une note d’espoir qu’il cultive avec forte conviction.

Source Liberté Djilali Benyoub

Le Pèlerin

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