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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 02:28

La jeune fille et les singes

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Il était une fois une jeune fille qui, plusieurs fois par jour, s'installait devant le miroir et lui demandait : « O miroir ! Dis-moi ! Comment me trouves-tu ? » Et le miroir, devinant les paroles qu'attendait de lui notre héroïne, chargeait sa voix de tristesse et répondait :

« Oh ! que c'est pénible, que c'est épouvantable et attristant que je sois condamné à te répondre avec des mots usés, des mots souillés par des millions de bouches, puant la salive, des mots vermoulus et poussiéreux, qui sonnent creux ! Ah si j'avais des pattes ou des ailes ! J'irais alors parcourir le monde à la recherche de mots nouveaux qui n'ont jamais été prononcés jusqu'à maintenant, jolis et parfumés comme des roses, pour décrire ce que je vois lorsque tu t'assieds en face de moi. »

Ayant dit ces paroles, le miroir se taisait et poussait plusieurs soupirs, tristes et longs, pour faire comprendre à la jeune fille combien il était désolé d'être obligé d'employer les mots de tous les jours pour répondre à sa question. Après quoi, remplissant sa voix d'émerveillement, il s'exclamait : « Tu es ravissante ! Ah ! Si j'étais un mâle, je t'aurais déjà montré combien tu es belle, combien tu es désirable ! J'aurais mis en morceaux cette robe rouge qui habille ton corps, j'aurais défait tes cheveux noirs et soyeux, et j'aurais couvert ta chair de baisers et de morsures ! Avec mes dents, j'aurais brisé toutes les chaînes qui t'entravent, et délivrée, et frémissante, tu aurais crié comme une folle les paroles que pousse une femme libre quand elle est prisonnière entre les bras d'un mâle : « Tu es mon maître et je suis ton esclave ! Maltraite-moi ! C'est un ordre ! Nous aimons être maltraitées ainsi ! »... Je t'aurais révélé les trésors fabuleux que tu renfermes et que trahit cette lumière douce qui coule doucement de tes yeux langoureux ! J'aurais laissé les lianes souples et douces de ton corps m'enlacer, et moi aussi j'aurais crié comme un fou les paroles que pousse un homme quand il est prisonnier entre les bras d'une femelle : « Tu es ma maîtresse et je suis ton esclave ! Avale-moi ! C'est un ordre ! Nous aimons être avalés ainsi ! » Le miroir s'interrompait un instant et observait la jeune fille pour mesurer l'effet de son discours. S'ensuivait toujours la même scène : embrasée, haletante, notre héroïne ôtait ses vêtements, dénouaient ses cheveux, et, approchant du miroir des lèvres entrouvertes et frémissantes, elle gémissait : « Dis-moi encore des choses comme celles que tu viens de me dire ! Donne-moi du plaisir ! Ah ! Si j'avais le pouvoir de te métamorphoser en homme !... » Satisfait, vibrant de plaisir, le miroir reprenait le fil de ses flatteries.

Il disait : « Bientôt, un étranger viendra frapper à la porte, beau comme le soleil, riche comme un roi ! Toutes les filles s'échapperont des maisons et, la raison saccagée par ses yeux ravissants, elles se rouleront à ses pieds, elles le supplieront. Mais il ne posera son regard sur aucune, indifférent, méprisant. « C'est elle que je désire ! s'écriera-t-il en te désignant du doigt. C'est à elle que j'appartiens ! Eloignez-vous de moi ! » Et elles retourneront chez elles en se griffant le visage, en se frappant les cuisses, laissant derrière elles des traces humides et visqueuses puant l'humiliation... Et quelques jours après, des centaines de magnifiques voitures, brillantes et spacieuses, garnies de fleurs, t'emmèneront vers une maison comme un palais ; et sur un lit digne d'une reine, tu goûteras aux délices de la chair ; et ivre de plaisir, tu ramperas devant le corps de ton amant, tu te traîneras à ses pieds pour le remercier... Un bonheur étincelant et savoureux t'attend... » Quand le miroir s'arrêtait de parler, la jeune fille, reconnaissante, ceignait ses hanches nues d'un foulard noir et se mettait à danser en face de lui, ondulant comme un serpent, doucement, voluptueusement, les yeux voilés ; et son imagination le transformant en homme, elle le fascinait puis l'avalait, la bouche largement ouverte, humide et vorace...

Mais les prétendants qui commencèrent un jour à se présenter pour demander sa main n'avaient rien à voir avec le prince charmant que lui prédisait le miroir. Habitant dans les environs, ils étaient plutôt ordinaires et humbles, semblables à tous ceux qu'elle avait l'habitude de voir autour d'elle. Elle les refusait. Quand ses amies et ses cousines mariées lui reprochaient ce comportement, elle rétorquait, ironique : « Je ne veux pas me marier avec un homme dont je me mettrais à détester l'odeur quelques jours après la nuit de noces ! Je n'ai pas envie de vomir chaque fois qu'il poserait la main sur ma chair ! »

Parmi ces malheureux prétendants, il y avait un jeune homme qui couvait depuis longtemps un amour ravageur pour notre héroïne. Pas du tout découragé par les refus qu'il essuyait jour après jour, il continuait d'envoyer sa mère lui demander la main de la jeune fille. Mais cette dernière n'accepta jamais de devenir sa femme. Pourtant, selon beaucoup de gens, il était bien fait de sa personne, était sérieux et travailleur, et aurait été un bon époux. Alors, le cœur blessé profondément, ne pouvant plus vivre dans les environs de sa bien-aimée, il s'acheta un âne, des moutons et des chèvres, et accompagné de trois chiens, il quitta les lieux pour aller vivre à la campagne... Beaucoup de temps s'écoula, doucement, imperceptiblement, entraînant les êtres et les choses vers le pourrissement. Un beau jour, la jeune fille remarqua qu'il y avait des mois que personne n'était venu demander sa main. Une panique douloureuse empoigna violemment son cœur, et, tremblante, elle courut vers le miroir et lui posa la question qu'elle lui avait posée des milliers de fois auparavant : « O miroir ! Dis-moi ! Comment me trouves-tu ? » Mais cette fois-là, le miroir lui répondit : « Tu t'es un peu enlaidi ! Comme des chiures de mouches, des points noirs piquent ton visage maintenant. Tes cheveux commencent à se dessécher. Au coin de tes yeux et de tes lèvres, naissent doucement des rides qui frétillent comme des vers. Ta chair est en train de perdre de sa fermeté, bientôt elle s'affaissera. Tes seins ne sont plus dressés vers le ciel, fiers et provocateurs. Une fatigue les entraîne de plus en plus vers le bas, la chiffonne... » Mais la jeune fille ne le laissa pas continuer. Folle de rage, les yeux en larmes, elle le brisa en mille morceaux. « Sale menteur ! cria-t-elle vers les débris de glace qui jonchaient le sol. Affreux objet ! Tu l'auras voulu ! Le poison de la jalousie a réussi à te déformer, à te détraquer ! Pourri d'envie, tu me défigures, tu m'attribues des laideurs fabriquées par ton imagination ! Non, je suis encore plus belle qu'avant ! Je suis radieuse ! Je suis ravissante ! »

Cependant, les terribles paroles du miroir se mirent à tourmenter notre héroïne, la harcelant jour et nuit. Maintenant, il lui arrivait souvent de pleurer pendant des heures. Elle s'enfermait et ne voulait voir personne. Elle pensait. Et un beau matin, elle se réveilla aux premières lueurs de l'aube, et un balluchon dans la main, elle se dirigea vers la campagne, en cachette. Elle avait décidé d'aller à la recherche de l'amoureux qui, écorché par ses refus de devenir son épouse, s'était converti en berger.

Quelques jours après son départ, un vieil homme vivant dans une cabane isolée, lui indiqua le chemin qu'elle devait prendre pour rencontrer l'homme qu'elle cherchait. Et en effet, environ deux heures plus tard, elle vit trois baraques dressées sur une colline au milieu d'une haie circulaire. Alors, en dépit de la fatigue qui ruinait ses jambes, heureuse, elle marcha vers la clôture. Des aboiements féroces lui parvinrent. Puis, elle entendit une voix grave ordonner aux animaux de se taire, et levant la tête, notre héroïne vit surgir de la haie un homme, le visage mangé par une barbe touffue. Elle interrompit sa marche et, épuisée, elle s'assit pour se reposer.

Elle vit l'homme disparaître derrière la haie, puis réapparaître un instant plus tard, tenant dans chaque main un récipient. Il s'approcha d'elle, suivi par toute une meute de chiens. Il l'avait reconnue. Il se laissa tomber lui aussi sur l'herbe épaisse qui couvrait le sol, et sans prononcer un mot, il posa devant elle les deux récipients. C'était de la nourriture et du lait. Elle mangea avec appétit.

Une fois sa faim et sa soif apaisées, elle leva les yeux vers l'homme et dit : « Dieu te récompensera pour la nourriture et le lait que tu m'as offerts, mon frère. Maintenant, il faut que je te dise pourquoi je suis venue vers ta demeure. D'abord, je te demande pardon d'avoir si méchamment piétiné ton cœur. Aujourd'hui, je me rends bien compte du mal que je t'ai fait en rejetant ton amour. Mais je pense qu'il n'est pas trop tard. C'est la raison pour laquelle j'ai fait ce long et pénible voyage. En vérité, je suis venue te dire que si tu me veux encore, je serais ravie de t'appartenir. Je suis prête à vivre ici, avec toi, jusqu'à la fin de ma vie... »

Mais la jeune fille fut interrompue par un bêlement si aigu qu'il lui donna des frissons dans le dos. C'était une jolie chèvre blanche qui venait de crier ainsi. Elle se tenait à portée de sa main, fixant sur elle des yeux qui exprimaient une irritation méprisante. Cela dura quelques secondes, puis la bête tendit son museau vers le berger, et se mit à lui lécher le visage avec une langue rose et douce. Ensuite, elle lui écarta les jambes et se blottit contre sa poitrine, caressante... L'homme baissa la tête, toujours muet... Comprenant la scène, la jeune fille se leva hâtivement, et sans dire un mot, elle s'éloigna, le cœur broyé. Elle marchait vite, les yeux fixés droit devant elle, lorsqu'un craquement attira son attention. Elle se retourna vers le lieu du bruit. C'était un bouc. Elle devina qu'il appartenait au berger et qu'il l'avait suivie en cachette. Alors, envahie par une tendresse subite, émue jusqu'aux larmes, elle s'agenouilla, ouvrit ses bras et appela l'animal : « Viens ! Approche ! N'aie pas peur ! » Et le bouc s'approcha d'elle, et elle le serra dans ses bras, le couvrant de baisers ; et brusquement elle le vit se métamorphoser en un homme beau comme le soleil, fort et grand, comme celui qui avait peuplé ses rêves pendant des années et des années. « Viens mon prince adoré, lui dit-elle. Nous allons maintenant rentrer chez nous. »

Quelques jours plus tard, ils arrivèrent au village. Avertis depuis longtemps, les habitants s'étaient répandus dans la rue principale que devait emprunter notre héroïne pour atteindre sa maison. Dès que la jeune fille et son accompagnateur apparurent, un immense éclat de rire et des moqueries acides jaillirent de toutes les bouches. Marchant à quatre pattes, les enfants se mirent à imiter le cri des chèvres. Quelqu'un s'écria à plusieurs reprises : « Oh ! Qu’il est beau le prince poilu qu'elle nous a ramené de son long voyage ! Oh ! Qu’il sent bon ! Oh ! Qu’il est joli avec ses deux cornes et sa barbiche ! Ecartez-vous la populace ! Laissez passer les amoureux ! » Mais notre héroïne continuait de marcher, imperturbable, la tête dressée fièrement vers le ciel, murmurant: «Pardonne-leur, mon prince adoré ! C'est le poison de la jalousie qui envenime ainsi leur langue ! Ces singes hurleurs et grimaçants ne doivent pas nous troubler ! Avançons, mon prince ! »

Source Le Quotidien d’Oran Boudaoud Mohamed

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 23:56

Humour – Sélection pour entrer à la CIA

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La CIA décide de recruter un tueur à gages. Apres toute une série de sélections, d'entretiens et d'essais, il ne reste que trois finalistes, deux hommes et une femme. Pour le choix final, les agents de la CIA mettent l'un des hommes  devant une grande porte métallique et

luI remettent un pistolet.

- " Nous devons être surs que vous suivrez nos instructions, quelles que  soient les circonstances.

Derrière cette porte, vous trouverez votre femme assise sur une chaise, vous devrez la tuer ! "

L'homme dit, - " Vous n'êtes pas sérieux ? Je ne pourrai jamais tuer ma femme. "

L'agent dit, " Alors vous n’êtes  pas l'homme fait pour ce travail. "

On donne au deuxième homme les mêmes instructions. Il prend l'arme et entre dans la salle. Tout est calme pendant environ cinq minutes, puis

l'homme revient, les larmes aux yeux. - " J'ai essaye, mais je ne peux pas tuer ma femme. "

L'agent dit, " Vous n'êtes pas fait pour le job…Emmenez votre femme et rentrez a la maison. "

Enfin, c'est le tour de la femme. On lui donne encore une fois les mêmes ordres, en lui indiquant qu'elle doit tuer son mari. Elle prend le pistolet et entre dans la salle. On entend des tirs, un coup après l'autre.

Puis on entend des cris, des coups sur les murs, des meubles qui se brisent. Apres quelques minutes, tout redevient calme...  La porte s'ouvre

Lentement et la femme sort. Elle s'essuie la sueur du front et dit :

" Vous auriez pu me dire que le pistolet était charge a blanc !

J'ai du le battre à mort avec la chaise ..."

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 23:55

Humour - Alarme de voiture !

bmw_serie3-cabriolet.jpg

 BMW Série 3 Compact: revue et bien corrigée

Un gars se réveille en pleine nuit à 3 heures du mat. C'est une alarme de voiture qui vient de se déclencher dans la rue.

Le gars va voir à la fenêtre dans le noir et aperçoit un gars qui essaie d'entrer dans la BMW du voisin. Aussitôt, le gars descend dans son garage, empoigne un démonte-pneu et sort dans la rue à toute vitesse. Il parvient derrière le voleur, l'attrape par l'épaule et le tire en arrière…

Le voleur sur le coup de la surprise lui dit :

- Pitié, n-n-n-n-on, ne me frappez pas !

Alors le gars le pousse de côté et balance un grand coup de démonte-pneu dans la vitre de la voiture en disant :

- Voilà, ça devrait vous simplifier le travail. Tirez-vous vite fait maintenant ! C'est la troisième fois cette semaine que cette alarme de voiture me réveille !

Le Pèlerin

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 07:25

Les 100 importateurs devant les juges

Corruption et justice

 

La pièce de rechange est le produit favori des importateurs indélicats. Police, gendarmerie et douanes s’avèrent impuissants devant ce trafic.

Les contrebandiers redoublent d’ingéniosité pour contrecarrer les méthodes de lutte contre la contrefaçon appliquées par les Douanes. C’est Fadila Ghodbane, sous-directrice de la lutte contre la contrefaçon aux Douanes, qui a fait hier cette déclaration à L’Expression.
C’était en marge d’un séminaire sur la propriété industrielle organisé à Alger par le ministère de l’Industrie. La même responsable s’est abstenue d’avancer un quelconque chiffre sur le manque à gagner pour les recettes des Douanes suite à l’importation des produits de contrefaçon, secteur échappant par définition à toute emprise des institutions officielles. Même le ministre de l’Industrie, Mohamed Benmeradi, n’a pas été en mesure de quantifier les effets de la contrefaçon et de la piraterie sur l’économie de l’Algérie. Le ministre avait organisé un point de presse en marge de cette rencontre pour expliquer que le pays ne cesse de renforcer sa législation et ses moyens matériels pour lutter contre ce phénomène. Il a exclu toute ambition d’en venir à bout.
La représentante des Douanes a, quant à elle, clairement pointé du doigt la Chine et les Emirats arabes unis comme lieux de provenance des produits contrefaits. Les médicaments, les produits alimentaires, l’électroménager et les cosmétiques sont les produits les plus prisés par les trafiquants à côté des pièces de rechange. Ils constituent un grand danger pour les consommateurs, a ajouté Fadila Ghodbane.
Les détenteurs de marques ont déposé plusieurs plaintes auprès de la justice, même si la démarche n’est pas appliquée par toutes les victimes des fraudes: les délais étant longs avant d’obtenir un jugement. Pour preuve, il est constaté que 100 affaires sont toujours devant les tribunaux depuis 2008 et sont en attente de jugement. D’autres affaires ont, par contre, vu leur dénouement au sein de cette instance.
Le fait qu’un jugement mette entre trois à quatre ans pour être prononcé n’est pas sans poser quelques problèmes aux Douanes. Qui paie les frais d’emmagasinage et de destruction? s’interroge notre source. Faut-il que les Douanes ou le Trésor public se chargent de cette dépense? Une quête est lancée auprès du ministère de la Justice pour tenter d’accélérer les procédures de jugement mais cette démarche n’a pas encore abouti.
Des conteneurs entiers sont alors déposés dans les dépôts des Douanes situés à Sidi Moussa dans la wilaya de Blida. Leur contenu est en attente de destruction ou de vente aux enchères publiques. Des difficultés d’une autre nature entravent l’action des Douanes. Dès qu’il y a une alerte sur l’importation d’un produit contrefait comme la pièce détachée, les importateurs se donnent le mot pour se rabattre sur d’autres marchandises où la surveillance est moindre. Cette quasi-impuissance à juguler le phénomène de la contrefaçon et de la piraterie est renforcée par l’attitude des consommateurs qui n’hésitent pas à acquérir des produits bas de gamme. D’ailleurs, ce ne sont pas toujours les moins chers.
Des produits contrefaits peuvent être cédés à des tarifs similaires aux produits d’origine, ce qui contribue à tromper davantage le consommateur qui est pénalisé deux fois: la première sur l’authenticité du produit et la seconde sur le prix. S’agissant des moyens matériels et humains dont disposent les Douanes pour s’acquitter de leur tâche notre interlocutrice souligne que les analyses des échantillons sur lesquels existe un doute de contrefaçon sont effectués par des laboratoires à l’étranger à l’initiative des détenteurs des marques.
Pour donner la mesure des difficultés de faire front à ce phénomène, Fadila Ghodbane dit que l’Algérie s’y prend avec les moyens du bord, qui sont forcément moins sophistiqués que ceux des pays du Nord. Sans l’aide du scanner ou la fouille des douaniers, il n’y a aucun autre moyen d’empêcher les conteneurs de produits contrefaits de franchir la frontière. Et ces contrôles sont loin d’être systématiques, ce qui s’oppose à la quantification du phénomène.
Les prérogatives des Douanes sont pourtant renforcées depuis la loi de finances 2008. Mais pas jusqu’au point de leur conférer le droit de juger si un produit est contrefait ou non.
Pour cela, c’est la justice qui doit statuer. Pendant ce temps, il est constaté que l’Algérie est la proie de la contrefaçon.
Rien que pour les logiciels, 80% d’entre eux sont piratés.

Source L’Expression Liberté Ahmed Mesbah

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 07:20

Ce que dira Ouyahia aux députés

ouyahia-bouteflika.jpg

 

Sans verser dans la polemique, le premier ministre abordera les sujets de la corruption, les dossiers economique et securitaire.

 Jeudi, le premier ministre, ahmed ouyahia, presentera aux deputes la declaration de politique generale. un exercice attendu de pied ferme par les elus et reporte plusieurs fois pour des considerations propres au chef de l’executif. le document compose de 76 pages, elabore par le gouvernement, dont l’expression a obtenu une copie, couvre les realisations de l’annee 2009 et du premier semestre 2010. quelque 18 mois de travail engage, note le document, dans une periode particuliere. citant la crise financiere internationale, l’engagement massif des ressources financieres de l’etat, la fin d’une decennie d’intenses efforts de rattrapage de deficits sociaux, enfin l’autonomie financiere envers l’exterieur.
Un detail important a retenir de l’expose depose hier au bureau de la chambre haute: ouyahia a aborde toutes les questions qui preoccupent l’opinion publique, que ce soit au plan economique, politique ou social sans toutefois verser dans la polemique. au chapitre securitaire, le premier ministre reitere que la menace terroriste sur la securite des citoyens et des biens a tres fortement regresse. grace, note-t-il, «a la courageuse politique de la reconciliation et de la concorde engagee par le president»; le gouvernement a reitere l’engagement a travers ce document, que la main de l’etat demeure tendue a tous les citoyens egares «qui sauront encore se ressaisir pour beneficier de la clemence de leur pays». ainsi, il reaffirme que la lutte contre les derniers residus du terrorisme sera poursuivie avec la meme determination, et aboutira a la disparition totale de ce fleau de notre pays. ce resultat se concretisera encore plus vite dans les regions ou subsistent encore quelques groupes terroristes, «avec une cooperation totale de la population qui est la cible de ces criminels». la securite publique et la preservation de la quietude des citoyens «constituent depuis quelques annees, l’un des plus grands chantiers de l’etat». «cela s’est traduit par le doublement depuis 2005, des effectifs de la surete nationale et de la gendarmerie, la densification des infrastructures de securite publique: 150 structures ont ete mises en service en 2009 et pres de 60 autres les ont renforcees durant le premier semestre de cette annee.» bien evidemment, l’essentiel de la declaration de politique generale est consacre au chapitre economique. si le debut de la decennie a connu un modeste programme de depenses publiques, entre 2005 et 2009 par contre, un volumineux programme d’investissement a ete finance par le budget de l’etat. «la commande publique massive n’a pas debouche sur un accroissement reel de l’investissement productif local», note le rapport, notamment pour les entreprises publiques handicapees par leur situation financiere. par ailleurs, le gouvernement reconnait que l’investissement etranger. n’a pas ete significatif hors du secteur des hydrocarbures. le programme de l’investissement 2010-2014 se distingue par son volume exceptionnel (286 milliards de dollars), «il se distingue surtout par la volonte ferme du president de le valoriser economiquement» vu l’importance des ressources et des enjeux engages, le gouvernement a pris des mesures pour lutter contre la corruption. le document met en exergue, «l’obligation de transparence dans les transactions commerciales par la facturation et la justification des marges, l’obligation de mise a jour fiscale pour acceder au numero d’identification fiscale», mais il y a aussi l’usage obligatoire des instruments de paiement dont le cheque pour toute transaction superieure a 500.000 da afin d’augmenter la transparence des actes economiques. le document revient sur les differentes revisions apportees a la legislation en vigueur en matiere de lutte contre la corruption. «l’agent economique s’est souvent plaint des actes et de pratiques delictueux entravant les entreprises activant dans le respect de la legislation», precise le gouvernement, lequel met en avant l’arsenal legislatif decoulant de la directive presidentielle n°3 de decembre 2009 relative a la prevention et a la repression de la corruption, notamment les revisions apportees aux textes de lois sur la cour des comptes, sur la monnaie et le credit, sur la corruption. mais aussi la consolidation de la legislation sur les mouvements des capitaux. afin d’assurer la bonne execution du prochain programme, une somme de dispositions ont ete mises en place pour rationaliser la depense publique et pour renforcer la prevention contre les atteintes publiques. de ce fait, «nul projet ne peut etre mis en oeuvre si son etude n’est pas achevee et si l’assiette fonciere n’est pas encore disponible». toute reevaluation d’autorisation de programme devra etre precedee par la suppression d’un projet, d’un montant equivalent, de la nomenclature du secteur concerne. en troisieme lieu, dans le but de veiller a la diligence des procedures de marche mais aussi du respect des procedures en matiere de depenses publiques, la commission des marches a ete reorganisee
, le rôle des contrôleurs financiers a été conforté.

Source L’Expression Achira Mammeri

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 07:04

Contestations sociales, Corruption et Football en Algérie

contestation en algerie

 corruption-algerie.jpg

algerie CAN 2010

 

Trois phénomènes majeurs semblent marquer l'année 2010 : le premier a trait aux actions de protestation qui se sont déclarées ici et là. Les citoyens soulèvent la dégradation des conditions de vie, l'emploi, l'enclavement de certaines régions, la couverture sanitaire, les salaires… Bref, une mal vie.
Ces actions se manifestent souvent par des actes de violence, (saccage des édifices publics, obstruction de routes
…). Le mécontentement s'exprime par l'émeute. Le deuxième est la médiatisation des affaires de corruption. Cette fois ci, il s'agit de frasques qui touchent les plus hautes sphères de l'Etat mais aussi de projets (autoroute Est-Ouest) et d'entreprises importantes (Sonatrach) qui structurent toute l'économie nationale. Le troisième phénomène est relatif à la prestation de l'équipe nationale de football.
Ici, après les liesses de la qualification, témoignage de l'attachement des Algériens à un pays qui gagne, la désillusion s'installe, la défaite de l'Algérie est portée par l'entraîneur national. Celui-ci assume et démissionne, ce qui n'est pas la règle en Algérie. Ces trois phénomènes ont été tour à tour largement débattus. Y ont pris part ; des sociologues, des politiciens, des juristes
… ce qui n'a pas empêché l'observateur d'avoir une vision très large de chacun de ces phénomènes. Sur ce point, j'avoue mon incapacité à éclairer davantage le lecteur. Cependant, la question qui reste en suspend est celle de savoir si la conjonction de ces trois phénomènes a un sens. En d'autres termes, y a-t-il une explication à ces trois phénomènes pris ensembles ?
Beaucoup d'efforts ont été consentis pour prendre en charge la demande sociale des populations, particulièrement des couches à faible revenu et des personnes en difficultés.. Des milliers de logements poussent ici et là, des régions enclavées s'ouvrent au reste du pays, l'électricité et le gaz pénètrent les zones jusque là oubliées, écoles, universités, hôpitaux font que l'Algérie présente l'image d'un grand chantier en effervescence. Mais, le reste à faire n'est pas moins important. L'Algérie avec ses 140 milliards de dollars de réserves, ses capacités en ressources humaines (nombres de diplômés) et de fantastiques ressources naturelles, est un pays riche mais vulnérable. Il suffit d'observer certains indicateurs pour mesurer l'ampleur de sa fragilité.
Selon l'Executive Opinion Survey 2006 et l'Arab Competitiveness Report de 2007 qui notent les pays de 1 à 7 (1= courant, 7 = n'arrive jamais), la confiance du public face aux acteurs politiques est de 02,80 alors que le Qatar est de 05, L'indépendance du pouvoir judiciaire est de 3,70, le Qatar et la Tunisie devancent l'Algérie avec respectivement 5,60 et 5,10, le poids de la réglementation gouvernementale est de 3,00 alors que la Tunisie affiche 4,20... Enfin, pour le détournement des fonds publics, la position de l'Algérie est moins reluisante 3,20 contre 5,60 pour le Qatar et 5,20 pour la Tunisie, elle occupe la 92ème sur 182 pays selon Transparency International. Aussi, le rapport élaboré par The Economist Intelligence Unit sur l'index de la démocratie dans le monde a classé l'Algérie au 133eme rang sur un total de 167 pays.
Le Forum économique mondial basé à Genève qui organise entre autres les sommets de Davos, n'a pas fait de cadeau à l'Algérie. Dans son dernier rapport 2009-2010 sur la compétitivité globale des pays, il «case» notre pays à la peu enviable 99ème place sur un classement de 134 pays. Nos statistiques nationales affichent un taux d'inflation de 5% dont 17% pour les fruits et légumes. L'Algérie est un pays malade. Malade de ses hommes, dirions-nous. Cette vulnérabilité est, à l'origine, purement interne. Elle est le résultat de l'essoufflement du système mis en place au lendemain de l'indépendance (Chentouf, 2005). C'est toute la question du rapport de l'Etat à la société qui est sollicitée.
En Algérie, les équipes au pouvoir depuis l'indépendance (H. Rémaoun, 1977), essaient de maintenir la ligne frontiste qui durant la guerre de libération avait permis de façon autoritaire le groupement autour du FLN de catégories sociales diverses ainsi que des courants à la fois progressistes et conservateurs, modernistes et traditionalistes et des lettrés issus de l'école française ou de formation arabisée. L'élite politique qui émerge de ces courants, à la fois pluriels et opposés, n'a pas permis après l'indépendance la production d'une pensée nationale et donc n'a pas été en faveur de la construction de la nation. Cette incapacité à bâtir une nation a été comblée par le nationalisme comme idéologie politique.
Le nationalisme est une représentation idéologique de l'histoire qui a ses caractéristiques, historiques, sociales et culturelles. Si le nationalisme européen du XIXeme siècle s'est ressourcé de la philosophie des lumières, le nationalisme en Algérie a repris la fragmentation idéologique qui existait avant l'indépendance ; on y trouve un dosage entre l'arabisme, l'islamisme, la laïcité, le socialisme
…d'où son incohérence et ses propres contradictions (L. Addi). L'élite intellectuelle est éliminée par l'instrumentalisation idéologique du capital symbolique (la religion, les symboles patriotiques, les valeurs révolutionnaires, etc.). Notre nationalisme est une idéologie collectiviste qui mythifie certains aspects d'une réalité sociale donnée, et qui vise à transformer la réalité pour qu'elle corresponde à ce mythe. Les élites politiques vont, selon les conjonctures, privilégier, telle ou telle parcelle idéologique (arabisme, socialisme…) pour l'imposer à toute la société. Toute opposition est considérée comme une opposition à la communauté nationale. Les voix discordantes seront traitées de réactionnaires, d'impérialistes… D'où l'interdiction des partis d'opposition et le refus de toute alternance politique.
Les événements d'octobre 1988 ont donné naissance à la compétition politique qui sera légalisée un an plus tard par une constitution autorisant la création de partis politiques, d'associations y compris syndicales et l'éclosion d'une presse privée dite indépendante. Le pouvoir nous dit A. El Kenz, se fait « démocratique » non par conviction, mais par contrainte. Les anciens acteurs de la contestation, se transforment en nouveaux acteurs de la vie politique nationale. Cette constitution bien que critiquée sur certains de ses aspects a au moins le mérite d'avoir donné la chance à tous les Algériens de s'exprimer et participer librement aux compétitions électorales. Mais la multiplicité des partis et des associations ne définit pas à elle seule le pluralisme, indispensable pour considérer qu'il s'agit d'un système démocratique.
Cette transition vers la démocratie n'a pas empêché une force politique latente depuis la fin des années 70 de dominer puis éliminer toutes les autres. L'islamisme agit à découvert, il dispose déjà de structures existantes et implantées sur tout le territoire national (les mosquées). L'islamisme a un impact sur les opinions publiques lorsqu'il dénonce au nom de l'islam qui recommande la justice et l'honnêteté, le chômage, la corruption, les inégalités sociales etc. Les prêches virulents contre l'Etat s'approprient le discours populiste du parti unique, Elles canalisent le mécontentement social en promettant l'idéal de l'Etat islamique. La violence qui a accompagné l'arrêt du processus électoral de décembre 1991 a plongé le pays dans une crise profonde. Une nouvelle constitution est votée en 1996, elle interdit les partis politiques dont l'idéologie repose sur une base religieuse, linguistique, raciale, de sexe, corporatiste ou régionale. Ainsi, le législateur semble avoir écarté de manière définitive le projet d'un Etat islamique. La nouvelle constitution sera une occasion pour le pouvoir en place d'affirmer sa domination sur la société sous prétexte qu'elle est incapable de gérer ses affaires et connaître ses intérêts. Le pluralisme politique est utilisé comme instrument de manœuvre pour empêcher toute alternance au pouvoir. Il n'y a aucune place pour les partis politiques qui s'opposent à lui. C'est un multipartisme sans alternance électorale. Les partis politiques au pouvoir servent surtout à relayer le discours du pouvoir et à recruter des clientèles pour les institutions de façade. La leçon est tirée : le peuple n'est qu'une foule avait dit un responsable d'un parti politique. Il (le peuple) n'est sollicité que pour les grands événements (élections
…) à condition de ne pas choisir d'autres dirigeants que ceux en place depuis plusieurs décennies (Addi. L.). Les syndicats autonomes ne sont pas reconnus comme partenaires dans les négociations sociales. L'opposition n'a pas accès aux médias lourds. La presse écrite est sommée de ne pas franchir certaines limites au risque d'être harcelée par la justice. La diversité et les conflits qui traversent la société ne peuvent être représentés s'ils menacent l'ordre établi. L'individu est considéré comme un vassal régit par l'Etat a qui il droit prêter allégeance. Le système politique s'est interdit en laminant toute opposition interne la possibilité de savoir et donc de corriger ses faiblesses internes, il est devenu aveugle. Le pouvoir politique s'érige en clergé pratiquant l'inquisition au nom de l'Etat moderne. Et pendant que les dérives s'approfondissent et s'accumulent, pendant que les mouvements sociaux se font plus denses, plus intenses, le système se renferme derrière sa cuirasse répressive. Au lieu de renforcer les institutions par des règles au-dessus de tous et applicables a tous, la classe dirigeante fut incapable de sceller un nouveau contrat social dans lequel les problèmes de la société, et en particulier d'une jeunesse représentant plus de 70% de la population, seraient pris en charge.
Tout Etat s'organise sous forme de pyramide, il se décompose en plusieurs niveaux d'autorité. La médiation entre le citoyen et son Etat passe par plusieurs intermédiaires. Le gouvernement ne se rapporte pas directement à la population. Devant l'impossibilité de se rapporter immédiatement à la population, il est nécessaire d'introduire des structures intermédiaires entre les citoyens et le sommet de la pyramide. L'État est composé du pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, de la justice (pouvoir judiciaire) et de tout un appareil administratif et coercitif. La séparation des pouvoirs écrivait Montesquieu, permet d'éviter que l'erreur d'un individu, la défaillance d'une institution, n'entraîne la dislocation de toute la collectivité. L'administration comme structure de l'Etat coordonne la gestion quotidienne de la vie collective. Cette bureaucratie (administration) est indispensable à tout Etat. Ses membres sont sélectionnés sur la base de leurs compétences.
En organisant l'Etat, le régime démocratique écarte le principe de l'infaillibilité et de la toute puissance du gouvernement. Toutefois, le législatif et l'exécutif peuvent dans certaines situations, s'entendre sur des mesures allant à l'encontre des intérêts de la société. Dans ce cas, la démocratie moderne a prévu l'introduction, à côté des pouvoirs exécutif et législatif, le pouvoir judiciaire. Ce pouvoir est chargé de dire le droit en fonction de normes juridiques puisées dans la loi fondamentale (constitution). L'indépendance du pouvoir judiciaire est aujourd'hui unanimement considérée comme une condition du régime démocratique. Un Etat moderne n'est qu'un ensemble d'institutions basé sur la compétence et la neutralité et non l'expression d'un discours nationaliste. Là, sont les quelques principes élémentaires d'un Etat moderne. Qu'en est-il de la transition démocratique en Algérie ?
Les réformes engagées à la suite des événements d'octobre 88 suggèrent l'incapacité des élites politiques à libérer le présent de la domination autoritaire du passé. En d'autres termes, l'échec de la transition vers la démocratie n'est que l'échec vers une modernité qui se manifeste dans le comportement social, politique et civilisationnel permettant de diffuser la culture de la justice, de la liberté, de l'égalité et de la citoyenneté. Le pouvoir en place devient appareil d'assujettissement et de mainmise dans les mains de l'élite politique. Cet autoritarisme est un système de contrôle de la société qui fonctionne par l'exclusion politique de ceux qui ne font pas allégeance au pouvoir. Il met en œuvre des institutions sur lesquelles il garde un contrôle strict, dont il limite les prérogatives. Les institutions politiques créées, ont des fonctions politiques de cooptation et d'intégration au sein du régime. L'essentiel est, dans l'architecture du pouvoir, d'isoler le centre de toute possibilité de contestation et de le constituer comme un lieu fermé où on affiche « complet ». C'est la fermeture du champ politique, le retour à la case de départ. En dépit des séparations (fictives) des pouvoirs recommandées par la constitution, le pouvoir reste le lieu de toutes les outrances.
Le parlement va refléter la fermeture du champ politique. En mal de légitimité (plus de 60% d'abstention aux dernières législatives) l'assemblée nationale n'est pas un espace représentatif des conflits qui traversent la société. . L'absence de la légitimité populaire qui ressource la crédibilité du pouvoir législatif, subordonne la volonté populaire à l'Etat. L'Etat s'affranchit de la société et devient irréprochable. L'abstentionnisme ne coïncide pas avec un déclin de l'expression des mécontentements des citoyens (grèves, manifestations...). Ce qui ne veut pas dire qu'il y a démobilisation par rapport à la chose publique. L'abstention n'est pas un acte apolitique. Elle est une déception profonde, une absence de confiance en un Etat discrédité par son incapacité à satisfaire les demandes qui lui sont adressées. Elle est un contre-Etat hors institutions. Le véritable parti d'opposition est constitué de cette masse d'abstentionnistes. C'est « l'exit » comme disent les politologues. Là, le peuple n'est plus une foule qui ne sait pas faire foule comme disait Aimé Césaire. Une assemblée en déficit de légitimité ne peut être l'émanation du peuple et donc ne peut le représenter. Elle ne fait qu'approuver les décisions de l'exécutif qui ne rend pas compte de son activité. Celui-ci s'identifie volontairement à l'Etat. Il présente ses décisions comme émanant de la nation et toujours en conformité avec les impératifs de sa souveraineté, de sa sécurité et de ses intérêts. L'assemblée devient une institution au service du prince. Même si l'article 160 de la Constitution insiste sur le rôle du contrôle parlementaire et oblige le gouvernement à présenter un exposé détaillé des dépenses effectuées durant l'année et l'utilisation du budget, sa fonction de contrôle est entravée par sa composition ainsi que par les procédures mises en place pour limiter cette fonction.
Lorsque le budget de l'Etat est construit sur la base du prix de pétrole à 37 Dollars, les recettes de l'Etat au-delà de ce prix échappent au parlement. Si le baril de pétrole fait aujourd'hui 70 dollars on peut dire que la moitié des ressources de l'Etat (70 dollars
– 37 dollars) ne transite pas le parlement. Dans ce cas, même si le parlement est représentatif il ne contrôle que la moitié du budget de l'Etat. Cette situation particulière ne semble pas déranger ceux qui ont pour devoir de veiller sur les ressources financières de l'Algérie. Encore, faut-il ajouter que les gouvernements qui se sont succédés depuis plusieurs années n'ont pas présenté de bilans des dépenses autorisées par la loi de finances devant les députés (loi du règlement budgétaire). Cette situation autorise l'arrogance de nos responsables. Ils n'ont pas de comptes à rendre. Leur action est divine et nul ne peut la contester. Pourtant nos ministres n'excellent pas par leurs compétences. Qui n'a pas vu le président de la république les sermonner devant la télévision nationale. Le lendemain, tout le monde s'attendait à des démissions en cascades. La suite reste sans suite, mais significative.
Les recettes confortables que procurent les hydrocarbures, permettent à l'Etat de se libérer de la société. La rente est un revenu exogène qui soutient le caractère autoritaire du pouvoir, par le fait qu'il dispose de moyens importants pour financer des institutions coercitives, ou, de manière générale, pour ne pas prendre leurs responsabilités vis-à-vis de la société en ne répondant pas à ses demandes de meilleure gouvernance (F. Talahite, 2005). Sur le plan politique, la rente a pour effets (Banque Mondiale, 2003), de réduire les réponses que l'Etat doit normalement fournir aux demandes des citoyens, en limitant la pression fiscale il limite la représentation. L'Etat ne se reproduit pas par l'impôt collecté auprès des personnes physiques et morales ce qui donne à penser au pouvoir politique que la société lui appartient, parce qu'il la nourrit. L'individu, n'est pas contribuable et donc il n'a pas à demander à l'Etat de rendre des comptes. C'est la société qui dépend de l'Etat et non l'inverse. Cette situation qui autonomise l'Etat donne lieu à toutes les outrances. L'Etat fonctionne comme une propriété privée dont l'usage ouvre la voie à toute forme d'enrichissement illicite. La généralisation de la corruption en est l'aspect le plus caractéristique.
Le pouvoir institutionnalisé est fondé sur le principe de la séparation entre la position de pouvoir et la personne titulaire du pouvoir. Chose publique et chose privée sont distinctes. Le rôle des institutions est de bien tracer la ligne de démarcation entre les intérêts privés et publics entre l'Etat et la société. En l'absence de ces institutions, l'Etat algérien repose sur la patrimonialisation, c'est-à-dire la confusion du public et du privé qui est une forme particulière de «recherche de rente». Il suffit d'occuper une place dans une institution publique pour prétendre à des prébendes. La corruption économique est une conséquence naturelle de la corruption politique c'est-à-dire, une articulation des relations de clientèle à la vie politique. Une relation de clientèle est une relation dans laquelle un individu de statut élevé (responsable hiérarchique, patron) utilise son influence et ses ressources pour fournir de la protection ou des avantages et une personne de statut inférieur (subalterne) appelé client qui offre en contrepartie un soutient ou des services personnels. C'est une relation de dépendance basée sur la réciprocité. Lorsque cette relation investit les domaines politique et administratif, on parlera alors de corruption.
En Algérie la corruption revêt deux formes : l'une structurelle où l'exploitation personnelle d'un poste et la disposition des fonds publics devient une pratique courante (comme de prélever des commissions sur les transactions ou marchés publics). Les scandales que la presse algérienne soulève relèvent de cette forme. L'autre socialisée, est le fait des citoyens qui se voient parfois obligés de recourir au paiement de pots-de-vin (bakchich) pour obtenir des services souvent légaux ou pour éviter de quelconques sanctions de la part de l'administration. Ici est là, cet enrichissement illicite n'est pas le résultat d'un travail et encore moins d'une compétence. Il suffit d'accéder à une parcelle de pouvoir dans une administration publique pour disposer d'une rente. Une simple signature peut signifier la fortune.
Cette fragilité de l'Etat signe la fragilité de ses institutions. Les individus ne se sentant pas protégés trouvent refuge dans la communauté. Les liens communautaires se substituent au lien social. Cet archaïsme fonctionne comme une solution refuge-collectif où les identités individuelles décomposées se dissolvent dans de plus grands ensembles. Ce qui compte ce n'est pas l'individualisme et sa rationalité c'est-à-dire le rêve de vouloir être la personne qu'on veut être, la construction de son propre destin, mais la recherche d'un abri dans un mythe que produit la communauté. Ici, il s'agit de l'équipe nationale, symbole d'un peuple qui a battu le colonialisme. L'équipe nationale est utilisée comme une ressource politique qui elle-même est ressourcée par des moyens financiers importants. L'important est de remporter des victoires, répéter un passé glorieux. Réitérer le passé devient un mythe mobilisateur des énergies individuelles La jeunesse algérienne s'accroche à ce mythe. Les liesses populaires qui déferlent après chaque victoire attirent toutes les catégories sociales. Riches et moins riches, chômeurs et harraga sont de la partie. Ils scandent l'Algérie victorieuse. Depuis la proclamation de l'indépendance, jamais l'Algérie n'a connu des foules aussi compactes. Mais, la réalité finit par rattraper le mythe. On se rend compte de la vulnérabilité de la politique sportive qui n'a pas été capable de former localement une élite sportive à l'image de celle de 1982. Les responsables en charge du secteur n'ont pas pu aligner 11 joueurs locaux sur un terrain de football. On importe des talents comme on importe le reste.
Conclusion
Il est clair que la démocratie ne se fait pas en un seul jour, des sophistes comme Aristote et Platon la revendiquaient avant notre ère. Le principe de l'égalité des citoyens (femmes et esclaves exclus) allait inventer l'Etat démocratique. En -594 Solon (poète, législateur et homme d'Etat grec), impose aux Athéniens la première constitution démocratique dans l'histoire de l'humanité. Athènes petite ville, forte de l'adhésion de ces citoyens résiste aux assauts des formidables troupes de l'Empire Perse (J. Attali, 2006). Rome, héritière des grecs devient Empire. L'imitation du système politique grec lui permet de porter ses valeurs en Europe du nord et aux Balkans. Toute la méditerranée est acquise à Rome. Plusieurs siècles plus tard, en 1689, les princes d'Angleterre accordent au parlement élu par la bourgeoisie, un droit de regard sur les affaires publiques. Elle vote les lois, garantit les libertés individuelles. L'acte de naissance de la première démocratie moderne dans le monde est signé. C'est l'émergence de l'Etat moderne tel que nous le connaissons aujourd'hui. L'Etat moderne est un ensemble d'institutions dirigées par des hommes mus comme tout le monde par leurs propres intérêts. Derrière les institutions se trouvent des acteurs politiques, des groupes qui vont chercher à accroître leur pouvoir. Pour limiter l'influence des penchants personnels dans le fonctionnement des institutions des contres pouvoirs sont nécessaires. Pour fonctionner de manière pacifique tout pouvoir a besoin d'un contre pouvoir. L'Etat démocratique ne peut prétendre à l'approbation de tous les citoyens, l'existence d'une minorité ou opposition reste une dimension constitutive de la démocratie. La démocratie ne peut être possible sans la «dénationalisation» de l'espace public où l'individu retrouve sa liberté politique.

Références:
Voir les réflexions de L. Addi et A. El Kenz sur l'Algérie
Chentouf T., (2005) «Les Etats face à la mondialisation : Le cas de l'Algérie » Communication CODESRIA
Maffesoli, M. (2003) Notes sur la postmodernité. Le lieu fait lien, édition du Félin, Paris
Rémaoun H. (1977), « Ecole, histoire et enjeux institutionnels dans l'Algérie indépendante » in « Elites et questions identitaire », ouvrage collectif, Casbah Editions, Alger
Talahite F.(2005), Le concept de rente appliqué aux économies de la région MENA pertinence et dérives. In http://hal.archivesouvertes.fr/docs/00/15/69/24/PDF/wp2005_07.pdf
Source Le Quotidien d’Oran Abdelatif Kerzabi

Université de Tlemcen

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:58

Quels rôles pour quels acteurs ?

par Dr B. Moussa Boudjemaa

production agricole

 

 

Chaque année, le 16 octobre, la FAO célèbre la Journée mondiale de l'alimentation, qui commémore la date de sa création, en 1945. Le thème de cette année est «Unis contre la faim».
En 2009, le seuil critique d'un milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde a été atteint, en partie à cause de la flambée des prix des denrées alimentaires mais surtout de l'égoïsme des pays développés et de l'incurie des gouvernants de certains pays sous développés. 90% des personnes affectées par la famine se trouvent en Asie et en Afrique subsaharienne. Dans cette dernière partie du monde, 30% de la population souffrent de la famine, soit environ 200 millions d'âmes.
En Algérie, certes, grâce à Dieu, on ne meurt pas encore de faim, mais la sécurité alimentaire n'y est pas pour autant assurée.
Les crises alimentaires, de plus en plus médiatisées, ont fait de la sécurité des aliments une préoccupation politique majeure. Durant les vingt dernières années, l'industrie alimentaire est passée de l'examen traditionnel du produit fini à la gestion de la qualité à travers les procédés de production. Deux expressions clés sont devenues incontournables, à savoir : «HACCP», un acronyme anglais signifiant «Hazard analysis and critical control point», et «de la ferme à la table». Il s'agit, pour la première, d'une démarche de sept étapes mise au point à la fin des années 60 pour lutter contre la contamination microbienne des aliments utilisés dans le programme spatial américain. Quant à la seconde, une stratégie «de la ferme à la table» suppose que la qualité se construit, non seulement au cours du processus de transformation, mais également tout au long de la filière, depuis les premiers stades de production de la matière première jusqu'aux stades finaux de préparation des aliments pour la consommation.
Parmi les tendances récentes, on observe don une orientation vers la normalisation des procédures, en particulier le système HACCP. On observe également un accroissement du rôle des règlements de sécurité sanitaire dans le commerce international et un renforcement des normes. La mise aux normes de sécurité des aliments devient une exigence du marché. Malheureusement, en Algérie, ces normes peinent à se mettre en place. Chez nous, le tissu industriel agroalimentaire est composé essentiellement de petites et moyennes entreprises. La crainte est que l'actuel environnement réglementaire local (peu exigeant) empêche nombre de ces entreprises de relever les défis de la qualité et de l'exportation. Il est vrai que l'installation et le fonctionnement de systèmes de management de la sécurité des aliments sont onéreux mais la qualité finit toujours par payer (cf Le quotidien d'Oran du 14/10/09). Ceci a été vérifié dans le cas d'entreprises qui ont pris la décision de montrer à leurs clients les preuves d'une meilleure maîtrise de la qualité. Le dilemme est que si l'Algérie venait à introduire les mêmes types d'exigences réglementaires européennes pour le marché local, ceci aura pour conséquence de renforcer les avantages des grandes entreprises (dont les multinationales installées en Algérie). Cela c'est déjà passé en Amérique Latine où depuis les années 90, de grandes multinationales américaines et européennes, capables de faire valoir leurs moyens à répondre aux exigences des normes, ont pris de grandes parts de marché notamment dans les grands centres urbains.
Un programme national pour la mise en œuvre du système HACCP devrait être déjà en place en prévision de l'entrée de l'Algérie à l'OMC. Le respect des normes de qualité et de sécurité pourra, peut-être, aider l'industrie agroalimentaire algérienne à endiguer la concurrence étrangère, dont les produits reviendraient certainement moins chers que ceux de la production nationale si des droits de douane venaient à être supprimés.
Dans un tel contexte, le rôle des professionnels et des consommateurs dans la gestion de la sécurité alimentaire reste tributaire du rôle du premier acteur : l'Etat. En fait, l'aide de l'Etat pour l'amélioration de la salubrité des aliments reste indispensable. Plusieurs exemples d'Etats qui ont été les catalyseurs du succès remporté par les programmes d'amélioration de la salubrité des aliments de leurs pays sont cités dans la littérature spécialisée : la Thaïlande pour les produits de la mer, le Costa Rica et le Vietnam pour les fruits et légumes et le Sénégal pour l'arachide. L'aide des Etats à ces programmes, notamment pour le financement de la participation de consultants-qualité, a été décisive. Ces programmes ont créé des marchés pour des aliments plus sains, grâce aux points de vente au détail rattachés aux projets, et aux labels de qualité accordés aux produits. Ces programmes ont permis d'ouvrir la voie à la généralisation de normes de qualité supérieures et obligatoires et donc à des garanties minimales de sécurité.
L'Etat doit déléguer une part de responsabilité aux professionnels du contrôle de qualité de l'industrie et la réglementation doit être plus rationnelle. Il faut passer de la logique actuelle basée sur les contrôles répressifs et les sanctions très peu dissuasives à un système de maîtrise moderne fondé sur des mesures préventives et un dialogue permanent entre les représentants des pouvoirs publics et les professionnels.
Cette approche pourrait offrir une occasion particulière aux directions de commerce -qui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires- d'être plus efficaces dans leurs missions, qu'il s'agisse de leur portée géographique ou de la gamme des produits qu'elles doivent contrôler . Les fonctionnaires de ces directions qui interviennent dans le domaine alimentaire doivent également acquérir de nouvelles qualifications pour être plus efficaces.
Le rôle des consommateurs est double : ils sont d'une part le dernier maillon de la filière et, d'autre part, les défenseurs et les gardiens de la réglementation. La participation de la société civile est indispensable pour compléter le rôle de l'Etat et des professionnels. Les associations de consommateurs doivent être plus actives dans la lutte contre les maladies d'origine alimentaire, malheureusement, la nature des ces associations dans notre pays fait qu'elles sont incapables de mobiliser un nombre suffisant d'adhérents pour influencer la politique.
Par conséquent, les services publics se devenus de fait le moteur d'actions de promotion de la sécurité des aliments et le gouvernement a pris pour lui-même le rôle de protecteur du consommateur qui, théoriquement, devrait être celui de la société civile. A cet égard, il est intéressant par exemple d'observer que l'Algérie a bien légiféré sur les OGM en 1987 déjà et ce sans la moindre mobilisation de l'opinion publique ni pour ni contre les OGM.
Cependant, nous pensons qu'il serait préférable que l'Etat apporte un soutien logistique et financier aux associations de protection des consommateurs afin d'en favoriser le développement. Des nouveaux besoins ont été créés, dans ce domaine, par l'urbanisation et le le changement des habitudes alimentaires. L'éducation sanitaire devient alors essentielle.
S'il est un domaine d'intervention où l'Etat peut être utile pour améliorer la sécurité sanitaire des aliments c'est bien celui de la recherche scientifique. Dans ce domaine, les besoins en recherche sont énormes et couvrent la totalité des activités de management du risque alimentaire, d'amélioration de la sécurité sanitaire des aliments et des méthodes de contrôle de la qualité. Il s'agit -entre autres- de mieux comprendre les dangers relatifs à la consommation des aliments (leurs nature, leur fréquence, leur sévérité) et de voir comment les éliminer ou les réduire. Les moyens d'optimisation des méthodes de détection de prévention et de traitement à faible coût sont autant de thèmes de recherche. Dans cette optique, les programmes de nationaux de recherche (PNR) initiés par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT) peuvent être cités en exemple (du moins en ce qui concerne leur objectif principal). L'objectif principal des PNR est de répondre aux préoccupations de l'environnement socio-économique. Cet objectif est d'autant plus judicieux que dans ce cadre beaucoup de résultats peuvent être obtenus à partir d'expériences éprouvées de certains pays plus avancés dans ces domaines.
Le secteur agro-alimentaire algérien dans sa globalité, ne dispose pas des moyens nécessaires pour réaliser ou financer des travaux de recherche. En effet la plupart de nos PME agro-alimentaires n'ont même pas de carnets de commande d'analyses suffisants pour faire vivre un laboratoire de contrôle de qualité et justement un nouveau contexte s'installe et commence à exercer une pression sur les laboratoires d'analyse impliqués dans la sécurité des aliments, pour les tendre vers l'accréditation. Cette pression est d'ailleurs ressentie également dans les laboratoires de recherche de l'université algérienne. Dans les pays développés, il est exigé que les laboratoires d'analyse et de contrôle soient accrédités. L'accréditation est perçue comme une garantie de la qualité d'analyse : elle est obtenue lorsque sont respectées les conditions d'un cahier de charge spécifique d'accréditation tel que ceux de l'Organisation internationale de normalisation (ISO).  
Pour répondre à cette situation, une collaboration Etat - secteur économique est indispensable pour que des travaux de recherche et/ou de contrôle puissent s'effectuer dans de meilleures conditions. On devrait encourager et accompagner matériellement l'accréditation des laboratoires universitaires pour ensuite les inciter à lancer des programmes de collaboration avec les PME agroalimentaires. Cette collaboration comprendrait la formation aux bonnes pratiques d'hygiène, aux bonnes pratiques de fabrication, au système HACCP, et aux SMSDA. Ces laboratoires prendraient en charge l'analyse des produits alimentaires fabriqués par les entreprises et réaliseraient des expériences in situ au sein des entreprises. Ainsi l'utilisation des données du terrain pour effectuer des travaux de recherche ne serait plus un exercice de haute voltige.
D'autre part, la collaboration entre les équipes de recherche locales et des équipes provenant de pays ayant une plus grande expérience dans les sciences et technologies alimentaires pourrait contribuer à relever le niveau et la qualité de nos laboratoires de recherche et de contrôle. Les laboratoires nationaux de contrôle doivent intégrer des réseaux de laboratoires afin d'en favoriser la viabilité et l'accréditation éventuelle.
Les laboratoires constituent des outils essentiels au sein du système de gestion de la sécurité, ils devraient donc en principe bénéficier de l'aide de l'Etat. A l'évidence, nous n'avons pas des difficultés à trouver les ressources nécessaires. Il s'agit juste de savoir à quel niveau se situe la sécurité des aliments parmi l'ensemble des préoccupations de nos gouvernants ?
En investissant dans la sécurité des aliments, l'Etat investit dans un des facteurs essentiels de santé publique et de développement économique. On peut sauver des vies ou réduire le nombre de jours de maladie, juste en jouant sur le levier de la sécurité des aliments.
Ce que l'Etat investit dans la sécurité des aliments, il le récupérera dans le développement économique. Il est intéressant, ici, de comparer les bénéfices (en termes de maintien de marchés ou d'ouverture de nouveaux marchés) qui découlent des dépenses liées à la sécurité alimentaire (par unité de coût évidemment), aux bénéfices tirés de projets économiques bénéficiant de l'aide de l'Etat (telle la promotion des exportations, développement des investissements industriels ou la construction d'infrastructures.)
Dans ce contexte, nous ne comprenons pas pourquoi, dans le domaine de la sécurité des aliments, l'attention est portée uniquement sur les secteurs à vocation exportatrice. L'Algérien n'a-t-il pas droit lui aussi à une bonne bouffe ? Pourquoi les algériens seraient-ils plus exposés à des produits alimentaires contaminés que les citoyens d'autres pays aussi développés soient-ils ?, En effet, en réponse à la demande des consommateurs pour une alimentation saine, les réglementations des pays développés ont élevé le niveau des obligations que doivent respecter les fournisseurs de produits alimentaires souhaitant vendre sur leurs marchés. Ainsi les normes concernant les pesticides, les résidus de médicaments vétérinaires, les mycotoxines, les allergènes ainsi que les agents de contamination microbienne ont toutes été renforcées.
Les exigences du marché algérien étant moindres, l'aspect de la sécurité alimentaire n'y bénéficie pas de la même priorité. L'urbanisation avec le recours à des aliments préparés hors-domicile a aggravé cette situation. Certes les acquis techniques et managériaux dus aux exportations pourraient favoriser l'émanation d'une culture de la qualité au sein de l'industrie agroalimentaire locale, mais comme il n'existe aucune relation entre les deux types de marchés, cet effet positif espéré pourrait ne jamais devenir réalité. Les effets des améliorations apportées pour les produits à l'exportation peuvent même être néfastes pour le marché local si l'entreprise exportatrice procède à un tri des produits destinés à l'exportation en laissant les autres (de qualité inferieure ou contenant un taux supérieur d'agents de contamination) pour la consommation locale.
Le gouvernement se doit de savoir comment il peut favoriser des relations entre les entreprises performantes exportatrices et les producteurs fournissant le marché local par des activités de formation et autres mécanismes d'appui. C'est l'un des objectifs de l'ex Ministère des PME PMI, (aujourd'hui ayant fusionné avec le ministère de l'Industrie) qui a commencé à encourager les PME agroalimentaires à adopter un programme de mise à niveau.
En Europe, Les autorités ont été sensibles à l'évolution de la notion de contrôle de qualité au sein de l'industrie et sont, en fait, partiellement à l'origine de l'adoption massive de programmes HACCP par le secteur agroalimentaire. Ces autorités accordent de moins en moins d'importance aux règlements concernant les produits finis (niveaux maximaux de tolérance pour les agents de contamination, par exemple) et de plus en plus à ceux visant les procédés de production. Ceci a débouché, logiquement, sur une politique d'adoption obligatoire de l'HACCP, notamment dans certaines filières (produits à haut risque tels que les produits d'origine animale). Les réglementations concernant les procédés font passer la responsabilité principale de la sécurité aux professionnels. Il s'agit de passer d'une approche d'un « juge et partie » unique : l'autorité à une approche faisant répartir les responsabilités entre plusieurs parties : Etat, professionnels et consommateurs.
Nous pensons qu'il faut rechercher dans les approches de gestion de la sécurité des aliments inspirées de la démarche HACCP. Nous ne disons pas qu'il faut introduire des programmes comprenant ce système dans toute sa rigueur (avec la documentation, la tenue des archives et les audits internes, etc..), mais plutôt d'utiliser simplement l'approche HACCP comme guide pour définir des problèmes et des solutions pour améliorer la sécurité des aliments.
L'optique filière doit être privilégiée pour l'identification des dangers compte tenu de la multiplicité des sources de contamination, il est, peut être, préférable de travailler avec les professionnels pour limiter les risques, plutôt que d'imposer des sanctions répondant à des réglementations strictes mais sans rapport avec la réalité de l'environnement.
En résumé, nous pouvons retenir ce qui suit:
Des problèmes éthiques se posent chez nous lors du processus de la mise à la consommation des denrées alimentaires. L'éthique implique qu'une alimentation saine doit être un droit pour tous. La sécurité alimentaire doit être garantie par l'Etat et quel que soit le coût de cette garantie, il doit être supporté par la société.
L'amélioration de la sécurité sanitaire des produits destinés à l'exportation pourrait avoir des retombées positives, en boostant les marchés locaux.
L'adoption du système HACCP ne peut être que rentable. Cette rentabilité s'entend tant en termes d'amélioration de la sécurité que sur le plan financier.
L'Etat doit jouer le rôle qui lui est approprié : celui d'acteur majeur mais partageant la responsabilité avec les autres acteurs.
Le niveau de priorité qui doit être accordé à la sécurité des aliments par l'Etat doit être revu à la hausse parce que dans ce domaine, Il ne s'agit pas de choix individuels, mais de contraintes individuelles, ceci milite en faveur de garanties publiques des normes de sécurité.
Des pays voisins ont réussi leur transition complète aux méthodes HACCP, l'un pour son marché local, l'autre pour son marché à l'exportation. Pourquoi pas nous ?
Source Le Quotidien d’Oran Dr B. Moussa Boudjemaa

Directeur du LAMAABE Université Aboubekr Belkaïd Tlemcen
Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:55

Les conséquences de la déroute centrafricaine !

Abdelhak Benchikha

 

Passés la débâcle contre la république centrafricaine et le remue-ménage qui s’ensuivit, l’heure est au bilan et surtout à la réflexion pour trouver rapidement, mais sereinement, les meilleures solutions afin de remettre l’équipe nationale de football sur les rails.
Au moment où des voix s’élèvent parmi les joueurs de l’EN pour faire leur mea-culpa, d’autres parmi notamment les techniciens exhortent le staff de l’EN à renoncer à la politique du “tout-professionnel” et donner la chance aux locaux, histoire de provoquer un meilleur équilibre salvateur. Pendant ce temps, la FAF est à la recherche d’un renfort pour le staff technique des verts avec l’arrivée imminente, nous dit-on, d’un “conseiller-assistant” étranger pour le coach Benchikha. Analyse donc dans ce dossier des retombées de la déroute centrafricaine.

Source Liberté Farid Belgacem
Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:50

L’insécurité alimentaire plane sur l’Algérie

moisson

 

Même si aucun bilan n’est encore établi, le Plan national de développement agricole et rural a été, dans sa globalité, un échec. Hormis quelques wilayas qui ont goûté à ce programme ambitieux, le reste est à reconsidérer. L’implication immédiate des agro-industriels est plus que jamais d’actualité pour sauver le secteur et, du coup, réduire la facture des importations.

Si l’Algérie ne s’aligne pas sur les modèles agricoles de référence, comme le Brésil, la Chine ou encore l’Inde, on s’acheminera droit vers une situation catastrophique, synonyme d’une insécurité alimentaire gravissime et de retombées sociales dramatiques. C’est que cette insécurité plane d’ores et déjà sur l’Algérie. Pour preuve, les bourses font face à la flambée, parfois, inexpliquée des prix sur le marché et une instabilité productive criante. Il est vrai que le secteur a fait sa mue depuis l’arrivée de l’actuel ministre de l’Agriculture et du Développement rural, fin connaisseur de la chose, mais les indices de croissance mondiaux sont là pour menacer notre pays. Certes, ces mêmes indices ont été revus à la hausse, contrairement aux années 2007, 2008 et 2009 quand la terre était sous-exploitée à cause des modèles entrepris, mais le désinvestissement dans le secteur et l’absence d’une stratégie de long terme ont conduit l’Algérie à s’aligner sur les pays importateurs. Inutile de se réjouir de l’embellie céréalière de l’année 2009, car, après tout, les importations de produits alimentaires, notamment de première nécessité, représentent une dépense annuelle avoisinant les 4,5 à 5 milliards de dollars, dont plus de 200 000 millions de dollars en légumes secs.
D’ailleurs, la croissance mondiale ne dépasse guère les 2 %. Et ce n’est pas tout : la crise de la filière laitière vient se greffer à ces indices inquiétants, pour ne pas dire désespérants. La spéculation sur la poudre de lait, d’une part, et l’augmentation annoncée du même produit sur le marché mondial, d’autre part, ne semblent pas inquiéter nos autorités qui laissent nos producteurs et collecteurs livrés à eux-mêmes. Hier, sur les ondes de la Radio nationale, le directeur de l’Institut national des études agronomiques (INRA), Fouad Chehat, a très bien développé les paramètres qui ont conduit le pays à cette situation patente, par ailleurs annonciatrice d’une crise latente. Aux yeux de M. Chehat, le désinvestissement constaté, notamment par le manque de gros moyens, a frappé de plein fouet le secteur de l’agriculture qui peine à trouver une stratégie de choc et durable à même de parer, à court et moyen terme, à l’insuffisance alimentaire. Il plaidera d’emblée l’implication plus que jamais urgente des agro-industriels qui, selon ses propos, pourraient apporter une plus-value pour manager un secteur qui patine. Fini le bricolage et fini le populisme, l’Algérie devra adopter un plan plus rigoureux en injectant les capitaux nécessaires dans les technologies et les filières utiles, mais surtout pourvoyeuses de productivité et d’emplois. Pour le moment, dira-t-il, les prévisions sont déjà faites sur cinquante ans, prenant compte des conditions évolutives du secteur dans le monde. Autrefois, facteur aggravant de cette crise, les ressources en eau sont, pourtant, aujourd’hui suffisantes pour faire face aux besoins des irrigations, nonobstant certaines zones où les professionnels devaient puiser l’eau des ressources souterraines. Face à l’instabilité de l’offre mondiale, on assiste impuissants à l’augmentation des prix du lait, des huiles, des céréales, pour ne citer que ces trois produits de base.
Combien coûtent les engrais, l’eau, l’électricité et les matériels agricoles et que fait l’État pour venir en aide à ces agriculteurs qui croulent sur le poids des dettes ? Combien d’agriculteurs n’arrivent pas à rembourser leurs crédits bancaires et quels en sont les impacts sur la productivité et la qualité ? Jusqu’à quand les bourses supporteront les répercussions des politiques quinquennales alors que “la terre est une culture continue” ? Sujet à débat et non à polémique, l’insécurité alimentaire plane sur l’Algérie et seule une politique courageuse pourrait amenuiser cette crise. Ce jour-là, on comprendra aisément que “tout ce qu’on mange vient de la terre”.

Source Liberté Farid Belgacem
Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:40

Des démocraties sur mode monarchique

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Toutes les monarchies du Moyen-âge et de la Renaissance en Europe partageaient le même principe en ce qui concerne la gestion du pouvoir.

Au Moyen âge, le roi recevait son pouvoir de Dieu lors du sacre. Son royaume était beaucoup plus vaste que les terres dont il était le seigneur et qui formaient le «Domaine royal». Dans le reste du royaume, grâce à ses fonctionnaires, baillis et sénéchaux, il exigeait l'hommage des principaux seigneurs. Son pouvoir était donc peu étendu. Indéboulonable du fait de sa descendance par le sang, il nommait tous les acteurs de la vie politique, ministres ou Premiers ministres ou bien les désignait en fonction des charges qu’ils avaient auparavant occultées.
En effet, dans ce système politique gagnant-gagnant et qui ne manquait pas de bon sens, au lieu de lever les impôts à travers tout le pays et de mobiliser par conséquent des milliers de fonctionnaires et parfois des hommes de troupes, les monarques vendaient tout simplement cette charge à un receveur principal du royaume qui prenait sa commission au passage. Le pouvoir, pourtant absolu à l’époque, n’éprouvait aucun complexe à sous-traiter ses attributs.
Il ne viendrait à l’esprit de personne d’acheter aujourd’hui une charge d’inspecteur des impôts. Les temps ont changé ! Cette fonction s’arrache au mérite par voie de concours et ses postulants sont rétribués en fonction d’une grille nationale des salaires. Les impôts sont décrétés par ordonnance et sont versés directement dans les caisses du Trésor.
Les choses sont claires et bien délimitées et rien ni personne ne peut empiéter sur les prérogatives de l’Etat. Et pourtant, sans toucher aux fondements qu’ils président, les pouvoirs en place ont tendance depuis ces deux dernières décennies à pervertir la fonction de la magistrature supérieure.
Ce glissement de la charge présidentielle, applaudie par un suffrage universel, vers sa confiscation pure et simple au profit des proches est non seulement dangereux pour la démocratie, mais n’augure rien de bon pour sa pérennité.
Usés par un pouvoir dont ils ne se sont jamais lassés, des présidents en exercice ont fini peu à peu par en faire un domaine privé exclusivement réservé à leurs familles. Des chefs d’Etat ont légué leurs pouvoirs, après une «mascarade» électorale où les dés étaient pipés, à leurs enfants, frères et épouses dans certains cas. Les exemples ne manquent pas et ils touchent tous les continents, pays développés et émergents confondus.
Non systématique, le phénomène gagne pourtant du terrain.
Il est à parier qu’il fera partie un jour des mœurs politiques sans que cela choque personne.

Ces clones de président

Héritage n Dans de nombreux pays émergents ou en voie de développement, la fonction élective de président est en voie d’être héréditaire si elle ne l’est déjà.

De nombreux chefs d’Etat en Afrique ne se contentent plus de finir leur mandat ou de le renouveler. Ils préparent aussi le terrain pour leur progéniture. Comme si le fauteuil présidentiel était devenu un bien familial qui appartiendrait à la tribu... Cette «entorse» aux règles de la démocratie qui met en péril ses fondements mêmes est en train de s’installer insidieusement dans les mœurs politiques. Et les exemples se suivent et se ressemblent... À peine deux heures après le décès du président Gnassingbé Éyadema, le 5 février 2005, l'armée togolaise confie le pouvoir à son héritier désigné, son fils Faure Gnassingbé, à peine âgé de 38 ans. Au Gabon, Bongo fils a succédé au terme d’un incroyable forcing électoral à son père. Au lendemain de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, en janvier 2001, son fils, Joseph, seulement âgé de 29 ans, est propulsé à la tête de la République démocratique du Congo (RDC) par la garde rapprochée de son père, qui veut éviter un renversement du pouvoir. Le Liban que l’on qualifie généralement d’Etat responsable et foncièrement démocratique, ne fait pas mieux dans le partage familial du pouvoir. En effet, Hariri a allègrement remplacé au poste de Premier ministre son père assassiné à Beyrouth dans un attentat à la voiture piégée. En Syrie, le président Hafed El Assad a tout simplement passé les rênes du pouvoir à son fils Bachar. La transition avait alors été réglée comme du papier à musique.
A tel point que l’histoire des Assad semble avoir inspiré nombre de chefs d’Etat. Le président Moubarak, 81 ans mais bon pied bon œil… ne verrait certainement pas d’un mauvais… œil son fils Alaâ diriger l’Egypte. Il s’en défend d’ailleurs à peine ! Les Egyptiens, eux, expriment leur ras-le-bol d’un clan qui s’agrippe désespérément au pouvoir, et ce, sans alternative de changement.
El Baradei pourrait peut-être remettre les pendules à l’heure et inviter les enfants du Nil à partager un pouvoir confisqué par «les clones» de... Pharaon.
Le plus étonnant est que dans le milieu des partis politiques, on rencontre la même tendance. On voit de plus en plus des fils accéder aux charges de leurs pères par la seule vertu du nom qu’ils portent. Des noms qui apparemment tétanisent les foules...
Joumblatt n’a-t-il pas remplacé son père, tué lui aussi par on ne sait quelle main étrangère ?

Le génie, ça ne se transmet pas !
En art comme en politique, des stars internationales ont bien tenté de placer leurs enfants sur orbite de la planète showbiz, en vue de les faire profiter de leur notoriété et de leur assurer succès et gloire. C’était peine perdue ! Le «génie» d’un homme, contrairement au pouvoir, ne se transmet pas à sa descendance. Frank Fernandel, par exemple, a fait un flop à son premier long métrage. Deriassa fils n’a pas réussi à chanter comme son père. Iglesias fils, non plus. Leurs pères respectifs ont pourtant lourdement investi pour les mettre sur la voie...

Eva, une icône et fille du peuple argentin
Combat n Evita Perron, une des cinq filles qu'une cuisinière a eues d'un riche éleveur, Juan Duarte, deviendra une figure emblématique de l’Argentine.

Le phénomène de la «tribu» au pouvoir fera tache d’huile et l’Amérique latine fera partie du lot de pays où la charge présidentielle se transmet pratiquement au sein de la famille. Pour preuve, pour des raisons de santé, le leader maximo, Fidel Castro - appelé ainsi par ses détracteurs anticastristes qui le considèrent comme un dictateur qui a le maximum de pouvoirs -, après presque cinquante ans de règne sans partage sur l’île de Cuba, a passé le relais..., officieusement, à son propre frère, devenu ainsi «presidente Raoul Castro», dirigeant ce maillon du Pacifique avec la même énergie qu’un chef élu au suffrage des urnes et veillant à ne rien changer au système.
Un système qui se perpétue en effet grâce au clan Castro et à sa volonté de se maintenir au pouvoir.
Sans porter un quelconque jugement sur les affaires intérieures de Cuba, pays qui nous a par ailleurs toujours manifesté une amitié sans faille et souvent dans les moments les plus difficiles, c’est la dimension de ce phénomène d’«héritage de la présidence» qui attire notre attention, du fait qu’il touche actuellement toutes les démocraties.
Encore que dans le cas de Cuba, la passation du relais s’explique dans la mesure où, par essence, la flamme de la Révolution ne doit jamais s’éteindre et qui mieux que ceux qui l’ont allumée peuvent la maintenir ?
Toujours en Amérique latine, l’Argentine a vu deux Perron se succéder à la charge suprême du pays : le général Perron et plus tard sa femme Evita , portés au pouvoir l’un comme l’autre par un immense élan populaire, car incarnant les espoirs et les ambitions des masses les plus démunies. Le général Perron a combattu très courageusement pour venir à bout de la pauvreté dans les campagnes et dans les milieux défavorisés. Sans démagogie, il a su parler vrai, parler juste, à un peuple qu’il a refusé de flatter et pour lequel il s’est donné sans mesure et sans le crier sur tous les toits.
L’immense amour que vouent les Argentins à leur général a carrément catapulté sa femme au pouvoir, alors qu’elle n’y était même pas préparée, ou peu, du vivant de son mari.
Evita, qui était une femme de tête et pour certaines mauvaises langues une femme d’affaires, répondra tout de suite à leur attente. Au point que la moindre de ses sorties en public tournait presque à l’émeute. Elle sera tellement adulée que son enterrement posera, aux autorités en place à l’époque, un problème de sécurité nationale. La solution trouvée alors pour éviter débordements et dépassements parmi les foules sera de faire croire aux Argentins que leur icône a été enterrée en Suisse.
En fait, personne ne sait aujourd’hui où repose exactement la défunte Evita, danseuse, fille du peuple et présidente de tous les Argentins.

L’Occident ne fait pas exception
Descendance n Contrairement aux idées reçues, les démocraties occidentales ne sont pas des modèles de vertu dans cette veine.

L'appétit pour le pouvoir ne disparaît pas avec la fiction égalitaire ; les sociétés développées ont conçu des techniques artificielles d'élévation sociale. Désormais, posséder les moyens revient à posséder la fin. L’exemple de la famille Bush est en cela parlant. En effet, Bush père, 41e président des Etats-Unis d’Amérique, a soigneusement, durant son mandat, balisé à son fils l’entrée à la Maison-Blanche. Bush Junior deviendra le 43e président des USA investi par un suffrage plus que litigieux... Le fils a remplacé le père sans aucun complexe.
Le général de Gaulle, lui, en son temps, voulait éviter à son fils Philippe, aujourd’hui amiral à la retraite, une fonction politique, mais cela ne l’a pas empêché de l’aider à gravir quatre à quatre les échelons de la marine nationale.
Sarkozy, non plus, ne crache pas dans la soupe. Lui aussi a tenté à sa manière de placer son fils, 22 ans à peine, sur la rampe de lancement du pouvoir, alors qu’il n’a même pas fini ses études de droit. Néanmoins, grâce aux bons soins du paternel, Sarkozy fils a été élu à la mairie de Clichy, en plein 16e arrondissement, et aurait même présidé le plus grand centre d’affaires d’Ile-de-France, n’étaient la médiatisation de l’affaire et les réunions qu’elle a provoquées.
Le continent asiatique n’est pas exempt de ces dérives. Bien au contraire.
Kim Il Sung, leader de la Corée du Nord, qui a dirigé son pays d’une main de fer, a légué à sa mort le pouvoir absolu à son fils sous la forme de donation notariée. Quoi de plus normal, quand depuis 1952, plus d’un demi-siècle, le pays est dirigé par une seule et même famille, les Il Sung.
Et l’Inde ne déroge pas à cette règle. A la mort de Indira Gandhi, c’est son fils Rajiv qui lui succédera à la tête de l’Etat grâce à un jeu subtil des partis politiques de la majorité.
Lorsque le président Butho a été assassiné en Indonésie, c’est sa fille tout naturellement qui prendra les rênes du parti et du pouvoir.
Avec beaucoup plus de talent et de charisme que son père, il faut bien l’avouer,
Benazir Butho est devenue en quelques années l’idole des foules à Djakarta et même dans le monde musulman.
Son exil forcé à Londres, sa ténacité et son combat pour libérer son peuple lui ont valu l’estime et l’admiration du monde entier.
Lorsqu’elle sera assassinée à son tour au cours d’un meeting qui a rassemblé des milliers de militants, c’est son mari tout naturellement qui sera désigné pour lui succéder à la tête du parti.
Comme on le voit, le pouvoir et la manière de le gérer sont restés dans ce pays une affaire de famille et de filiation. A Haïti, les Duvalier, père et fils, ont mené chacun à son tour et à sa manière l’île vers sa perte, le premier en tant que dictateur et le second en tant que... tyran.

Source Infosoir Imaad Zoheir

Le Pèlerin

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