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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 07:20

Ce que dira Ouyahia aux députés

ouyahia-bouteflika.jpg

 

Sans verser dans la polemique, le premier ministre abordera les sujets de la corruption, les dossiers economique et securitaire.

 Jeudi, le premier ministre, ahmed ouyahia, presentera aux deputes la declaration de politique generale. un exercice attendu de pied ferme par les elus et reporte plusieurs fois pour des considerations propres au chef de l’executif. le document compose de 76 pages, elabore par le gouvernement, dont l’expression a obtenu une copie, couvre les realisations de l’annee 2009 et du premier semestre 2010. quelque 18 mois de travail engage, note le document, dans une periode particuliere. citant la crise financiere internationale, l’engagement massif des ressources financieres de l’etat, la fin d’une decennie d’intenses efforts de rattrapage de deficits sociaux, enfin l’autonomie financiere envers l’exterieur.
Un detail important a retenir de l’expose depose hier au bureau de la chambre haute: ouyahia a aborde toutes les questions qui preoccupent l’opinion publique, que ce soit au plan economique, politique ou social sans toutefois verser dans la polemique. au chapitre securitaire, le premier ministre reitere que la menace terroriste sur la securite des citoyens et des biens a tres fortement regresse. grace, note-t-il, «a la courageuse politique de la reconciliation et de la concorde engagee par le president»; le gouvernement a reitere l’engagement a travers ce document, que la main de l’etat demeure tendue a tous les citoyens egares «qui sauront encore se ressaisir pour beneficier de la clemence de leur pays». ainsi, il reaffirme que la lutte contre les derniers residus du terrorisme sera poursuivie avec la meme determination, et aboutira a la disparition totale de ce fleau de notre pays. ce resultat se concretisera encore plus vite dans les regions ou subsistent encore quelques groupes terroristes, «avec une cooperation totale de la population qui est la cible de ces criminels». la securite publique et la preservation de la quietude des citoyens «constituent depuis quelques annees, l’un des plus grands chantiers de l’etat». «cela s’est traduit par le doublement depuis 2005, des effectifs de la surete nationale et de la gendarmerie, la densification des infrastructures de securite publique: 150 structures ont ete mises en service en 2009 et pres de 60 autres les ont renforcees durant le premier semestre de cette annee.» bien evidemment, l’essentiel de la declaration de politique generale est consacre au chapitre economique. si le debut de la decennie a connu un modeste programme de depenses publiques, entre 2005 et 2009 par contre, un volumineux programme d’investissement a ete finance par le budget de l’etat. «la commande publique massive n’a pas debouche sur un accroissement reel de l’investissement productif local», note le rapport, notamment pour les entreprises publiques handicapees par leur situation financiere. par ailleurs, le gouvernement reconnait que l’investissement etranger. n’a pas ete significatif hors du secteur des hydrocarbures. le programme de l’investissement 2010-2014 se distingue par son volume exceptionnel (286 milliards de dollars), «il se distingue surtout par la volonte ferme du president de le valoriser economiquement» vu l’importance des ressources et des enjeux engages, le gouvernement a pris des mesures pour lutter contre la corruption. le document met en exergue, «l’obligation de transparence dans les transactions commerciales par la facturation et la justification des marges, l’obligation de mise a jour fiscale pour acceder au numero d’identification fiscale», mais il y a aussi l’usage obligatoire des instruments de paiement dont le cheque pour toute transaction superieure a 500.000 da afin d’augmenter la transparence des actes economiques. le document revient sur les differentes revisions apportees a la legislation en vigueur en matiere de lutte contre la corruption. «l’agent economique s’est souvent plaint des actes et de pratiques delictueux entravant les entreprises activant dans le respect de la legislation», precise le gouvernement, lequel met en avant l’arsenal legislatif decoulant de la directive presidentielle n°3 de decembre 2009 relative a la prevention et a la repression de la corruption, notamment les revisions apportees aux textes de lois sur la cour des comptes, sur la monnaie et le credit, sur la corruption. mais aussi la consolidation de la legislation sur les mouvements des capitaux. afin d’assurer la bonne execution du prochain programme, une somme de dispositions ont ete mises en place pour rationaliser la depense publique et pour renforcer la prevention contre les atteintes publiques. de ce fait, «nul projet ne peut etre mis en oeuvre si son etude n’est pas achevee et si l’assiette fonciere n’est pas encore disponible». toute reevaluation d’autorisation de programme devra etre precedee par la suppression d’un projet, d’un montant equivalent, de la nomenclature du secteur concerne. en troisieme lieu, dans le but de veiller a la diligence des procedures de marche mais aussi du respect des procedures en matiere de depenses publiques, la commission des marches a ete reorganisee
, le rôle des contrôleurs financiers a été conforté.

Source L’Expression Achira Mammeri

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 07:04

Contestations sociales, Corruption et Football en Algérie

contestation en algerie

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algerie CAN 2010

 

Trois phénomènes majeurs semblent marquer l'année 2010 : le premier a trait aux actions de protestation qui se sont déclarées ici et là. Les citoyens soulèvent la dégradation des conditions de vie, l'emploi, l'enclavement de certaines régions, la couverture sanitaire, les salaires… Bref, une mal vie.
Ces actions se manifestent souvent par des actes de violence, (saccage des édifices publics, obstruction de routes
…). Le mécontentement s'exprime par l'émeute. Le deuxième est la médiatisation des affaires de corruption. Cette fois ci, il s'agit de frasques qui touchent les plus hautes sphères de l'Etat mais aussi de projets (autoroute Est-Ouest) et d'entreprises importantes (Sonatrach) qui structurent toute l'économie nationale. Le troisième phénomène est relatif à la prestation de l'équipe nationale de football.
Ici, après les liesses de la qualification, témoignage de l'attachement des Algériens à un pays qui gagne, la désillusion s'installe, la défaite de l'Algérie est portée par l'entraîneur national. Celui-ci assume et démissionne, ce qui n'est pas la règle en Algérie. Ces trois phénomènes ont été tour à tour largement débattus. Y ont pris part ; des sociologues, des politiciens, des juristes
… ce qui n'a pas empêché l'observateur d'avoir une vision très large de chacun de ces phénomènes. Sur ce point, j'avoue mon incapacité à éclairer davantage le lecteur. Cependant, la question qui reste en suspend est celle de savoir si la conjonction de ces trois phénomènes a un sens. En d'autres termes, y a-t-il une explication à ces trois phénomènes pris ensembles ?
Beaucoup d'efforts ont été consentis pour prendre en charge la demande sociale des populations, particulièrement des couches à faible revenu et des personnes en difficultés.. Des milliers de logements poussent ici et là, des régions enclavées s'ouvrent au reste du pays, l'électricité et le gaz pénètrent les zones jusque là oubliées, écoles, universités, hôpitaux font que l'Algérie présente l'image d'un grand chantier en effervescence. Mais, le reste à faire n'est pas moins important. L'Algérie avec ses 140 milliards de dollars de réserves, ses capacités en ressources humaines (nombres de diplômés) et de fantastiques ressources naturelles, est un pays riche mais vulnérable. Il suffit d'observer certains indicateurs pour mesurer l'ampleur de sa fragilité.
Selon l'Executive Opinion Survey 2006 et l'Arab Competitiveness Report de 2007 qui notent les pays de 1 à 7 (1= courant, 7 = n'arrive jamais), la confiance du public face aux acteurs politiques est de 02,80 alors que le Qatar est de 05, L'indépendance du pouvoir judiciaire est de 3,70, le Qatar et la Tunisie devancent l'Algérie avec respectivement 5,60 et 5,10, le poids de la réglementation gouvernementale est de 3,00 alors que la Tunisie affiche 4,20... Enfin, pour le détournement des fonds publics, la position de l'Algérie est moins reluisante 3,20 contre 5,60 pour le Qatar et 5,20 pour la Tunisie, elle occupe la 92ème sur 182 pays selon Transparency International. Aussi, le rapport élaboré par The Economist Intelligence Unit sur l'index de la démocratie dans le monde a classé l'Algérie au 133eme rang sur un total de 167 pays.
Le Forum économique mondial basé à Genève qui organise entre autres les sommets de Davos, n'a pas fait de cadeau à l'Algérie. Dans son dernier rapport 2009-2010 sur la compétitivité globale des pays, il «case» notre pays à la peu enviable 99ème place sur un classement de 134 pays. Nos statistiques nationales affichent un taux d'inflation de 5% dont 17% pour les fruits et légumes. L'Algérie est un pays malade. Malade de ses hommes, dirions-nous. Cette vulnérabilité est, à l'origine, purement interne. Elle est le résultat de l'essoufflement du système mis en place au lendemain de l'indépendance (Chentouf, 2005). C'est toute la question du rapport de l'Etat à la société qui est sollicitée.
En Algérie, les équipes au pouvoir depuis l'indépendance (H. Rémaoun, 1977), essaient de maintenir la ligne frontiste qui durant la guerre de libération avait permis de façon autoritaire le groupement autour du FLN de catégories sociales diverses ainsi que des courants à la fois progressistes et conservateurs, modernistes et traditionalistes et des lettrés issus de l'école française ou de formation arabisée. L'élite politique qui émerge de ces courants, à la fois pluriels et opposés, n'a pas permis après l'indépendance la production d'une pensée nationale et donc n'a pas été en faveur de la construction de la nation. Cette incapacité à bâtir une nation a été comblée par le nationalisme comme idéologie politique.
Le nationalisme est une représentation idéologique de l'histoire qui a ses caractéristiques, historiques, sociales et culturelles. Si le nationalisme européen du XIXeme siècle s'est ressourcé de la philosophie des lumières, le nationalisme en Algérie a repris la fragmentation idéologique qui existait avant l'indépendance ; on y trouve un dosage entre l'arabisme, l'islamisme, la laïcité, le socialisme
…d'où son incohérence et ses propres contradictions (L. Addi). L'élite intellectuelle est éliminée par l'instrumentalisation idéologique du capital symbolique (la religion, les symboles patriotiques, les valeurs révolutionnaires, etc.). Notre nationalisme est une idéologie collectiviste qui mythifie certains aspects d'une réalité sociale donnée, et qui vise à transformer la réalité pour qu'elle corresponde à ce mythe. Les élites politiques vont, selon les conjonctures, privilégier, telle ou telle parcelle idéologique (arabisme, socialisme…) pour l'imposer à toute la société. Toute opposition est considérée comme une opposition à la communauté nationale. Les voix discordantes seront traitées de réactionnaires, d'impérialistes… D'où l'interdiction des partis d'opposition et le refus de toute alternance politique.
Les événements d'octobre 1988 ont donné naissance à la compétition politique qui sera légalisée un an plus tard par une constitution autorisant la création de partis politiques, d'associations y compris syndicales et l'éclosion d'une presse privée dite indépendante. Le pouvoir nous dit A. El Kenz, se fait « démocratique » non par conviction, mais par contrainte. Les anciens acteurs de la contestation, se transforment en nouveaux acteurs de la vie politique nationale. Cette constitution bien que critiquée sur certains de ses aspects a au moins le mérite d'avoir donné la chance à tous les Algériens de s'exprimer et participer librement aux compétitions électorales. Mais la multiplicité des partis et des associations ne définit pas à elle seule le pluralisme, indispensable pour considérer qu'il s'agit d'un système démocratique.
Cette transition vers la démocratie n'a pas empêché une force politique latente depuis la fin des années 70 de dominer puis éliminer toutes les autres. L'islamisme agit à découvert, il dispose déjà de structures existantes et implantées sur tout le territoire national (les mosquées). L'islamisme a un impact sur les opinions publiques lorsqu'il dénonce au nom de l'islam qui recommande la justice et l'honnêteté, le chômage, la corruption, les inégalités sociales etc. Les prêches virulents contre l'Etat s'approprient le discours populiste du parti unique, Elles canalisent le mécontentement social en promettant l'idéal de l'Etat islamique. La violence qui a accompagné l'arrêt du processus électoral de décembre 1991 a plongé le pays dans une crise profonde. Une nouvelle constitution est votée en 1996, elle interdit les partis politiques dont l'idéologie repose sur une base religieuse, linguistique, raciale, de sexe, corporatiste ou régionale. Ainsi, le législateur semble avoir écarté de manière définitive le projet d'un Etat islamique. La nouvelle constitution sera une occasion pour le pouvoir en place d'affirmer sa domination sur la société sous prétexte qu'elle est incapable de gérer ses affaires et connaître ses intérêts. Le pluralisme politique est utilisé comme instrument de manœuvre pour empêcher toute alternance au pouvoir. Il n'y a aucune place pour les partis politiques qui s'opposent à lui. C'est un multipartisme sans alternance électorale. Les partis politiques au pouvoir servent surtout à relayer le discours du pouvoir et à recruter des clientèles pour les institutions de façade. La leçon est tirée : le peuple n'est qu'une foule avait dit un responsable d'un parti politique. Il (le peuple) n'est sollicité que pour les grands événements (élections
…) à condition de ne pas choisir d'autres dirigeants que ceux en place depuis plusieurs décennies (Addi. L.). Les syndicats autonomes ne sont pas reconnus comme partenaires dans les négociations sociales. L'opposition n'a pas accès aux médias lourds. La presse écrite est sommée de ne pas franchir certaines limites au risque d'être harcelée par la justice. La diversité et les conflits qui traversent la société ne peuvent être représentés s'ils menacent l'ordre établi. L'individu est considéré comme un vassal régit par l'Etat a qui il droit prêter allégeance. Le système politique s'est interdit en laminant toute opposition interne la possibilité de savoir et donc de corriger ses faiblesses internes, il est devenu aveugle. Le pouvoir politique s'érige en clergé pratiquant l'inquisition au nom de l'Etat moderne. Et pendant que les dérives s'approfondissent et s'accumulent, pendant que les mouvements sociaux se font plus denses, plus intenses, le système se renferme derrière sa cuirasse répressive. Au lieu de renforcer les institutions par des règles au-dessus de tous et applicables a tous, la classe dirigeante fut incapable de sceller un nouveau contrat social dans lequel les problèmes de la société, et en particulier d'une jeunesse représentant plus de 70% de la population, seraient pris en charge.
Tout Etat s'organise sous forme de pyramide, il se décompose en plusieurs niveaux d'autorité. La médiation entre le citoyen et son Etat passe par plusieurs intermédiaires. Le gouvernement ne se rapporte pas directement à la population. Devant l'impossibilité de se rapporter immédiatement à la population, il est nécessaire d'introduire des structures intermédiaires entre les citoyens et le sommet de la pyramide. L'État est composé du pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, de la justice (pouvoir judiciaire) et de tout un appareil administratif et coercitif. La séparation des pouvoirs écrivait Montesquieu, permet d'éviter que l'erreur d'un individu, la défaillance d'une institution, n'entraîne la dislocation de toute la collectivité. L'administration comme structure de l'Etat coordonne la gestion quotidienne de la vie collective. Cette bureaucratie (administration) est indispensable à tout Etat. Ses membres sont sélectionnés sur la base de leurs compétences.
En organisant l'Etat, le régime démocratique écarte le principe de l'infaillibilité et de la toute puissance du gouvernement. Toutefois, le législatif et l'exécutif peuvent dans certaines situations, s'entendre sur des mesures allant à l'encontre des intérêts de la société. Dans ce cas, la démocratie moderne a prévu l'introduction, à côté des pouvoirs exécutif et législatif, le pouvoir judiciaire. Ce pouvoir est chargé de dire le droit en fonction de normes juridiques puisées dans la loi fondamentale (constitution). L'indépendance du pouvoir judiciaire est aujourd'hui unanimement considérée comme une condition du régime démocratique. Un Etat moderne n'est qu'un ensemble d'institutions basé sur la compétence et la neutralité et non l'expression d'un discours nationaliste. Là, sont les quelques principes élémentaires d'un Etat moderne. Qu'en est-il de la transition démocratique en Algérie ?
Les réformes engagées à la suite des événements d'octobre 88 suggèrent l'incapacité des élites politiques à libérer le présent de la domination autoritaire du passé. En d'autres termes, l'échec de la transition vers la démocratie n'est que l'échec vers une modernité qui se manifeste dans le comportement social, politique et civilisationnel permettant de diffuser la culture de la justice, de la liberté, de l'égalité et de la citoyenneté. Le pouvoir en place devient appareil d'assujettissement et de mainmise dans les mains de l'élite politique. Cet autoritarisme est un système de contrôle de la société qui fonctionne par l'exclusion politique de ceux qui ne font pas allégeance au pouvoir. Il met en œuvre des institutions sur lesquelles il garde un contrôle strict, dont il limite les prérogatives. Les institutions politiques créées, ont des fonctions politiques de cooptation et d'intégration au sein du régime. L'essentiel est, dans l'architecture du pouvoir, d'isoler le centre de toute possibilité de contestation et de le constituer comme un lieu fermé où on affiche « complet ». C'est la fermeture du champ politique, le retour à la case de départ. En dépit des séparations (fictives) des pouvoirs recommandées par la constitution, le pouvoir reste le lieu de toutes les outrances.
Le parlement va refléter la fermeture du champ politique. En mal de légitimité (plus de 60% d'abstention aux dernières législatives) l'assemblée nationale n'est pas un espace représentatif des conflits qui traversent la société. . L'absence de la légitimité populaire qui ressource la crédibilité du pouvoir législatif, subordonne la volonté populaire à l'Etat. L'Etat s'affranchit de la société et devient irréprochable. L'abstentionnisme ne coïncide pas avec un déclin de l'expression des mécontentements des citoyens (grèves, manifestations...). Ce qui ne veut pas dire qu'il y a démobilisation par rapport à la chose publique. L'abstention n'est pas un acte apolitique. Elle est une déception profonde, une absence de confiance en un Etat discrédité par son incapacité à satisfaire les demandes qui lui sont adressées. Elle est un contre-Etat hors institutions. Le véritable parti d'opposition est constitué de cette masse d'abstentionnistes. C'est « l'exit » comme disent les politologues. Là, le peuple n'est plus une foule qui ne sait pas faire foule comme disait Aimé Césaire. Une assemblée en déficit de légitimité ne peut être l'émanation du peuple et donc ne peut le représenter. Elle ne fait qu'approuver les décisions de l'exécutif qui ne rend pas compte de son activité. Celui-ci s'identifie volontairement à l'Etat. Il présente ses décisions comme émanant de la nation et toujours en conformité avec les impératifs de sa souveraineté, de sa sécurité et de ses intérêts. L'assemblée devient une institution au service du prince. Même si l'article 160 de la Constitution insiste sur le rôle du contrôle parlementaire et oblige le gouvernement à présenter un exposé détaillé des dépenses effectuées durant l'année et l'utilisation du budget, sa fonction de contrôle est entravée par sa composition ainsi que par les procédures mises en place pour limiter cette fonction.
Lorsque le budget de l'Etat est construit sur la base du prix de pétrole à 37 Dollars, les recettes de l'Etat au-delà de ce prix échappent au parlement. Si le baril de pétrole fait aujourd'hui 70 dollars on peut dire que la moitié des ressources de l'Etat (70 dollars
– 37 dollars) ne transite pas le parlement. Dans ce cas, même si le parlement est représentatif il ne contrôle que la moitié du budget de l'Etat. Cette situation particulière ne semble pas déranger ceux qui ont pour devoir de veiller sur les ressources financières de l'Algérie. Encore, faut-il ajouter que les gouvernements qui se sont succédés depuis plusieurs années n'ont pas présenté de bilans des dépenses autorisées par la loi de finances devant les députés (loi du règlement budgétaire). Cette situation autorise l'arrogance de nos responsables. Ils n'ont pas de comptes à rendre. Leur action est divine et nul ne peut la contester. Pourtant nos ministres n'excellent pas par leurs compétences. Qui n'a pas vu le président de la république les sermonner devant la télévision nationale. Le lendemain, tout le monde s'attendait à des démissions en cascades. La suite reste sans suite, mais significative.
Les recettes confortables que procurent les hydrocarbures, permettent à l'Etat de se libérer de la société. La rente est un revenu exogène qui soutient le caractère autoritaire du pouvoir, par le fait qu'il dispose de moyens importants pour financer des institutions coercitives, ou, de manière générale, pour ne pas prendre leurs responsabilités vis-à-vis de la société en ne répondant pas à ses demandes de meilleure gouvernance (F. Talahite, 2005). Sur le plan politique, la rente a pour effets (Banque Mondiale, 2003), de réduire les réponses que l'Etat doit normalement fournir aux demandes des citoyens, en limitant la pression fiscale il limite la représentation. L'Etat ne se reproduit pas par l'impôt collecté auprès des personnes physiques et morales ce qui donne à penser au pouvoir politique que la société lui appartient, parce qu'il la nourrit. L'individu, n'est pas contribuable et donc il n'a pas à demander à l'Etat de rendre des comptes. C'est la société qui dépend de l'Etat et non l'inverse. Cette situation qui autonomise l'Etat donne lieu à toutes les outrances. L'Etat fonctionne comme une propriété privée dont l'usage ouvre la voie à toute forme d'enrichissement illicite. La généralisation de la corruption en est l'aspect le plus caractéristique.
Le pouvoir institutionnalisé est fondé sur le principe de la séparation entre la position de pouvoir et la personne titulaire du pouvoir. Chose publique et chose privée sont distinctes. Le rôle des institutions est de bien tracer la ligne de démarcation entre les intérêts privés et publics entre l'Etat et la société. En l'absence de ces institutions, l'Etat algérien repose sur la patrimonialisation, c'est-à-dire la confusion du public et du privé qui est une forme particulière de «recherche de rente». Il suffit d'occuper une place dans une institution publique pour prétendre à des prébendes. La corruption économique est une conséquence naturelle de la corruption politique c'est-à-dire, une articulation des relations de clientèle à la vie politique. Une relation de clientèle est une relation dans laquelle un individu de statut élevé (responsable hiérarchique, patron) utilise son influence et ses ressources pour fournir de la protection ou des avantages et une personne de statut inférieur (subalterne) appelé client qui offre en contrepartie un soutient ou des services personnels. C'est une relation de dépendance basée sur la réciprocité. Lorsque cette relation investit les domaines politique et administratif, on parlera alors de corruption.
En Algérie la corruption revêt deux formes : l'une structurelle où l'exploitation personnelle d'un poste et la disposition des fonds publics devient une pratique courante (comme de prélever des commissions sur les transactions ou marchés publics). Les scandales que la presse algérienne soulève relèvent de cette forme. L'autre socialisée, est le fait des citoyens qui se voient parfois obligés de recourir au paiement de pots-de-vin (bakchich) pour obtenir des services souvent légaux ou pour éviter de quelconques sanctions de la part de l'administration. Ici est là, cet enrichissement illicite n'est pas le résultat d'un travail et encore moins d'une compétence. Il suffit d'accéder à une parcelle de pouvoir dans une administration publique pour disposer d'une rente. Une simple signature peut signifier la fortune.
Cette fragilité de l'Etat signe la fragilité de ses institutions. Les individus ne se sentant pas protégés trouvent refuge dans la communauté. Les liens communautaires se substituent au lien social. Cet archaïsme fonctionne comme une solution refuge-collectif où les identités individuelles décomposées se dissolvent dans de plus grands ensembles. Ce qui compte ce n'est pas l'individualisme et sa rationalité c'est-à-dire le rêve de vouloir être la personne qu'on veut être, la construction de son propre destin, mais la recherche d'un abri dans un mythe que produit la communauté. Ici, il s'agit de l'équipe nationale, symbole d'un peuple qui a battu le colonialisme. L'équipe nationale est utilisée comme une ressource politique qui elle-même est ressourcée par des moyens financiers importants. L'important est de remporter des victoires, répéter un passé glorieux. Réitérer le passé devient un mythe mobilisateur des énergies individuelles La jeunesse algérienne s'accroche à ce mythe. Les liesses populaires qui déferlent après chaque victoire attirent toutes les catégories sociales. Riches et moins riches, chômeurs et harraga sont de la partie. Ils scandent l'Algérie victorieuse. Depuis la proclamation de l'indépendance, jamais l'Algérie n'a connu des foules aussi compactes. Mais, la réalité finit par rattraper le mythe. On se rend compte de la vulnérabilité de la politique sportive qui n'a pas été capable de former localement une élite sportive à l'image de celle de 1982. Les responsables en charge du secteur n'ont pas pu aligner 11 joueurs locaux sur un terrain de football. On importe des talents comme on importe le reste.
Conclusion
Il est clair que la démocratie ne se fait pas en un seul jour, des sophistes comme Aristote et Platon la revendiquaient avant notre ère. Le principe de l'égalité des citoyens (femmes et esclaves exclus) allait inventer l'Etat démocratique. En -594 Solon (poète, législateur et homme d'Etat grec), impose aux Athéniens la première constitution démocratique dans l'histoire de l'humanité. Athènes petite ville, forte de l'adhésion de ces citoyens résiste aux assauts des formidables troupes de l'Empire Perse (J. Attali, 2006). Rome, héritière des grecs devient Empire. L'imitation du système politique grec lui permet de porter ses valeurs en Europe du nord et aux Balkans. Toute la méditerranée est acquise à Rome. Plusieurs siècles plus tard, en 1689, les princes d'Angleterre accordent au parlement élu par la bourgeoisie, un droit de regard sur les affaires publiques. Elle vote les lois, garantit les libertés individuelles. L'acte de naissance de la première démocratie moderne dans le monde est signé. C'est l'émergence de l'Etat moderne tel que nous le connaissons aujourd'hui. L'Etat moderne est un ensemble d'institutions dirigées par des hommes mus comme tout le monde par leurs propres intérêts. Derrière les institutions se trouvent des acteurs politiques, des groupes qui vont chercher à accroître leur pouvoir. Pour limiter l'influence des penchants personnels dans le fonctionnement des institutions des contres pouvoirs sont nécessaires. Pour fonctionner de manière pacifique tout pouvoir a besoin d'un contre pouvoir. L'Etat démocratique ne peut prétendre à l'approbation de tous les citoyens, l'existence d'une minorité ou opposition reste une dimension constitutive de la démocratie. La démocratie ne peut être possible sans la «dénationalisation» de l'espace public où l'individu retrouve sa liberté politique.

Références:
Voir les réflexions de L. Addi et A. El Kenz sur l'Algérie
Chentouf T., (2005) «Les Etats face à la mondialisation : Le cas de l'Algérie » Communication CODESRIA
Maffesoli, M. (2003) Notes sur la postmodernité. Le lieu fait lien, édition du Félin, Paris
Rémaoun H. (1977), « Ecole, histoire et enjeux institutionnels dans l'Algérie indépendante » in « Elites et questions identitaire », ouvrage collectif, Casbah Editions, Alger
Talahite F.(2005), Le concept de rente appliqué aux économies de la région MENA pertinence et dérives. In http://hal.archivesouvertes.fr/docs/00/15/69/24/PDF/wp2005_07.pdf
Source Le Quotidien d’Oran Abdelatif Kerzabi

Université de Tlemcen

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:58

Quels rôles pour quels acteurs ?

par Dr B. Moussa Boudjemaa

production agricole

 

 

Chaque année, le 16 octobre, la FAO célèbre la Journée mondiale de l'alimentation, qui commémore la date de sa création, en 1945. Le thème de cette année est «Unis contre la faim».
En 2009, le seuil critique d'un milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde a été atteint, en partie à cause de la flambée des prix des denrées alimentaires mais surtout de l'égoïsme des pays développés et de l'incurie des gouvernants de certains pays sous développés. 90% des personnes affectées par la famine se trouvent en Asie et en Afrique subsaharienne. Dans cette dernière partie du monde, 30% de la population souffrent de la famine, soit environ 200 millions d'âmes.
En Algérie, certes, grâce à Dieu, on ne meurt pas encore de faim, mais la sécurité alimentaire n'y est pas pour autant assurée.
Les crises alimentaires, de plus en plus médiatisées, ont fait de la sécurité des aliments une préoccupation politique majeure. Durant les vingt dernières années, l'industrie alimentaire est passée de l'examen traditionnel du produit fini à la gestion de la qualité à travers les procédés de production. Deux expressions clés sont devenues incontournables, à savoir : «HACCP», un acronyme anglais signifiant «Hazard analysis and critical control point», et «de la ferme à la table». Il s'agit, pour la première, d'une démarche de sept étapes mise au point à la fin des années 60 pour lutter contre la contamination microbienne des aliments utilisés dans le programme spatial américain. Quant à la seconde, une stratégie «de la ferme à la table» suppose que la qualité se construit, non seulement au cours du processus de transformation, mais également tout au long de la filière, depuis les premiers stades de production de la matière première jusqu'aux stades finaux de préparation des aliments pour la consommation.
Parmi les tendances récentes, on observe don une orientation vers la normalisation des procédures, en particulier le système HACCP. On observe également un accroissement du rôle des règlements de sécurité sanitaire dans le commerce international et un renforcement des normes. La mise aux normes de sécurité des aliments devient une exigence du marché. Malheureusement, en Algérie, ces normes peinent à se mettre en place. Chez nous, le tissu industriel agroalimentaire est composé essentiellement de petites et moyennes entreprises. La crainte est que l'actuel environnement réglementaire local (peu exigeant) empêche nombre de ces entreprises de relever les défis de la qualité et de l'exportation. Il est vrai que l'installation et le fonctionnement de systèmes de management de la sécurité des aliments sont onéreux mais la qualité finit toujours par payer (cf Le quotidien d'Oran du 14/10/09). Ceci a été vérifié dans le cas d'entreprises qui ont pris la décision de montrer à leurs clients les preuves d'une meilleure maîtrise de la qualité. Le dilemme est que si l'Algérie venait à introduire les mêmes types d'exigences réglementaires européennes pour le marché local, ceci aura pour conséquence de renforcer les avantages des grandes entreprises (dont les multinationales installées en Algérie). Cela c'est déjà passé en Amérique Latine où depuis les années 90, de grandes multinationales américaines et européennes, capables de faire valoir leurs moyens à répondre aux exigences des normes, ont pris de grandes parts de marché notamment dans les grands centres urbains.
Un programme national pour la mise en œuvre du système HACCP devrait être déjà en place en prévision de l'entrée de l'Algérie à l'OMC. Le respect des normes de qualité et de sécurité pourra, peut-être, aider l'industrie agroalimentaire algérienne à endiguer la concurrence étrangère, dont les produits reviendraient certainement moins chers que ceux de la production nationale si des droits de douane venaient à être supprimés.
Dans un tel contexte, le rôle des professionnels et des consommateurs dans la gestion de la sécurité alimentaire reste tributaire du rôle du premier acteur : l'Etat. En fait, l'aide de l'Etat pour l'amélioration de la salubrité des aliments reste indispensable. Plusieurs exemples d'Etats qui ont été les catalyseurs du succès remporté par les programmes d'amélioration de la salubrité des aliments de leurs pays sont cités dans la littérature spécialisée : la Thaïlande pour les produits de la mer, le Costa Rica et le Vietnam pour les fruits et légumes et le Sénégal pour l'arachide. L'aide des Etats à ces programmes, notamment pour le financement de la participation de consultants-qualité, a été décisive. Ces programmes ont créé des marchés pour des aliments plus sains, grâce aux points de vente au détail rattachés aux projets, et aux labels de qualité accordés aux produits. Ces programmes ont permis d'ouvrir la voie à la généralisation de normes de qualité supérieures et obligatoires et donc à des garanties minimales de sécurité.
L'Etat doit déléguer une part de responsabilité aux professionnels du contrôle de qualité de l'industrie et la réglementation doit être plus rationnelle. Il faut passer de la logique actuelle basée sur les contrôles répressifs et les sanctions très peu dissuasives à un système de maîtrise moderne fondé sur des mesures préventives et un dialogue permanent entre les représentants des pouvoirs publics et les professionnels.
Cette approche pourrait offrir une occasion particulière aux directions de commerce -qui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires- d'être plus efficaces dans leurs missions, qu'il s'agisse de leur portée géographique ou de la gamme des produits qu'elles doivent contrôler . Les fonctionnaires de ces directions qui interviennent dans le domaine alimentaire doivent également acquérir de nouvelles qualifications pour être plus efficaces.
Le rôle des consommateurs est double : ils sont d'une part le dernier maillon de la filière et, d'autre part, les défenseurs et les gardiens de la réglementation. La participation de la société civile est indispensable pour compléter le rôle de l'Etat et des professionnels. Les associations de consommateurs doivent être plus actives dans la lutte contre les maladies d'origine alimentaire, malheureusement, la nature des ces associations dans notre pays fait qu'elles sont incapables de mobiliser un nombre suffisant d'adhérents pour influencer la politique.
Par conséquent, les services publics se devenus de fait le moteur d'actions de promotion de la sécurité des aliments et le gouvernement a pris pour lui-même le rôle de protecteur du consommateur qui, théoriquement, devrait être celui de la société civile. A cet égard, il est intéressant par exemple d'observer que l'Algérie a bien légiféré sur les OGM en 1987 déjà et ce sans la moindre mobilisation de l'opinion publique ni pour ni contre les OGM.
Cependant, nous pensons qu'il serait préférable que l'Etat apporte un soutien logistique et financier aux associations de protection des consommateurs afin d'en favoriser le développement. Des nouveaux besoins ont été créés, dans ce domaine, par l'urbanisation et le le changement des habitudes alimentaires. L'éducation sanitaire devient alors essentielle.
S'il est un domaine d'intervention où l'Etat peut être utile pour améliorer la sécurité sanitaire des aliments c'est bien celui de la recherche scientifique. Dans ce domaine, les besoins en recherche sont énormes et couvrent la totalité des activités de management du risque alimentaire, d'amélioration de la sécurité sanitaire des aliments et des méthodes de contrôle de la qualité. Il s'agit -entre autres- de mieux comprendre les dangers relatifs à la consommation des aliments (leurs nature, leur fréquence, leur sévérité) et de voir comment les éliminer ou les réduire. Les moyens d'optimisation des méthodes de détection de prévention et de traitement à faible coût sont autant de thèmes de recherche. Dans cette optique, les programmes de nationaux de recherche (PNR) initiés par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT) peuvent être cités en exemple (du moins en ce qui concerne leur objectif principal). L'objectif principal des PNR est de répondre aux préoccupations de l'environnement socio-économique. Cet objectif est d'autant plus judicieux que dans ce cadre beaucoup de résultats peuvent être obtenus à partir d'expériences éprouvées de certains pays plus avancés dans ces domaines.
Le secteur agro-alimentaire algérien dans sa globalité, ne dispose pas des moyens nécessaires pour réaliser ou financer des travaux de recherche. En effet la plupart de nos PME agro-alimentaires n'ont même pas de carnets de commande d'analyses suffisants pour faire vivre un laboratoire de contrôle de qualité et justement un nouveau contexte s'installe et commence à exercer une pression sur les laboratoires d'analyse impliqués dans la sécurité des aliments, pour les tendre vers l'accréditation. Cette pression est d'ailleurs ressentie également dans les laboratoires de recherche de l'université algérienne. Dans les pays développés, il est exigé que les laboratoires d'analyse et de contrôle soient accrédités. L'accréditation est perçue comme une garantie de la qualité d'analyse : elle est obtenue lorsque sont respectées les conditions d'un cahier de charge spécifique d'accréditation tel que ceux de l'Organisation internationale de normalisation (ISO).  
Pour répondre à cette situation, une collaboration Etat - secteur économique est indispensable pour que des travaux de recherche et/ou de contrôle puissent s'effectuer dans de meilleures conditions. On devrait encourager et accompagner matériellement l'accréditation des laboratoires universitaires pour ensuite les inciter à lancer des programmes de collaboration avec les PME agroalimentaires. Cette collaboration comprendrait la formation aux bonnes pratiques d'hygiène, aux bonnes pratiques de fabrication, au système HACCP, et aux SMSDA. Ces laboratoires prendraient en charge l'analyse des produits alimentaires fabriqués par les entreprises et réaliseraient des expériences in situ au sein des entreprises. Ainsi l'utilisation des données du terrain pour effectuer des travaux de recherche ne serait plus un exercice de haute voltige.
D'autre part, la collaboration entre les équipes de recherche locales et des équipes provenant de pays ayant une plus grande expérience dans les sciences et technologies alimentaires pourrait contribuer à relever le niveau et la qualité de nos laboratoires de recherche et de contrôle. Les laboratoires nationaux de contrôle doivent intégrer des réseaux de laboratoires afin d'en favoriser la viabilité et l'accréditation éventuelle.
Les laboratoires constituent des outils essentiels au sein du système de gestion de la sécurité, ils devraient donc en principe bénéficier de l'aide de l'Etat. A l'évidence, nous n'avons pas des difficultés à trouver les ressources nécessaires. Il s'agit juste de savoir à quel niveau se situe la sécurité des aliments parmi l'ensemble des préoccupations de nos gouvernants ?
En investissant dans la sécurité des aliments, l'Etat investit dans un des facteurs essentiels de santé publique et de développement économique. On peut sauver des vies ou réduire le nombre de jours de maladie, juste en jouant sur le levier de la sécurité des aliments.
Ce que l'Etat investit dans la sécurité des aliments, il le récupérera dans le développement économique. Il est intéressant, ici, de comparer les bénéfices (en termes de maintien de marchés ou d'ouverture de nouveaux marchés) qui découlent des dépenses liées à la sécurité alimentaire (par unité de coût évidemment), aux bénéfices tirés de projets économiques bénéficiant de l'aide de l'Etat (telle la promotion des exportations, développement des investissements industriels ou la construction d'infrastructures.)
Dans ce contexte, nous ne comprenons pas pourquoi, dans le domaine de la sécurité des aliments, l'attention est portée uniquement sur les secteurs à vocation exportatrice. L'Algérien n'a-t-il pas droit lui aussi à une bonne bouffe ? Pourquoi les algériens seraient-ils plus exposés à des produits alimentaires contaminés que les citoyens d'autres pays aussi développés soient-ils ?, En effet, en réponse à la demande des consommateurs pour une alimentation saine, les réglementations des pays développés ont élevé le niveau des obligations que doivent respecter les fournisseurs de produits alimentaires souhaitant vendre sur leurs marchés. Ainsi les normes concernant les pesticides, les résidus de médicaments vétérinaires, les mycotoxines, les allergènes ainsi que les agents de contamination microbienne ont toutes été renforcées.
Les exigences du marché algérien étant moindres, l'aspect de la sécurité alimentaire n'y bénéficie pas de la même priorité. L'urbanisation avec le recours à des aliments préparés hors-domicile a aggravé cette situation. Certes les acquis techniques et managériaux dus aux exportations pourraient favoriser l'émanation d'une culture de la qualité au sein de l'industrie agroalimentaire locale, mais comme il n'existe aucune relation entre les deux types de marchés, cet effet positif espéré pourrait ne jamais devenir réalité. Les effets des améliorations apportées pour les produits à l'exportation peuvent même être néfastes pour le marché local si l'entreprise exportatrice procède à un tri des produits destinés à l'exportation en laissant les autres (de qualité inferieure ou contenant un taux supérieur d'agents de contamination) pour la consommation locale.
Le gouvernement se doit de savoir comment il peut favoriser des relations entre les entreprises performantes exportatrices et les producteurs fournissant le marché local par des activités de formation et autres mécanismes d'appui. C'est l'un des objectifs de l'ex Ministère des PME PMI, (aujourd'hui ayant fusionné avec le ministère de l'Industrie) qui a commencé à encourager les PME agroalimentaires à adopter un programme de mise à niveau.
En Europe, Les autorités ont été sensibles à l'évolution de la notion de contrôle de qualité au sein de l'industrie et sont, en fait, partiellement à l'origine de l'adoption massive de programmes HACCP par le secteur agroalimentaire. Ces autorités accordent de moins en moins d'importance aux règlements concernant les produits finis (niveaux maximaux de tolérance pour les agents de contamination, par exemple) et de plus en plus à ceux visant les procédés de production. Ceci a débouché, logiquement, sur une politique d'adoption obligatoire de l'HACCP, notamment dans certaines filières (produits à haut risque tels que les produits d'origine animale). Les réglementations concernant les procédés font passer la responsabilité principale de la sécurité aux professionnels. Il s'agit de passer d'une approche d'un « juge et partie » unique : l'autorité à une approche faisant répartir les responsabilités entre plusieurs parties : Etat, professionnels et consommateurs.
Nous pensons qu'il faut rechercher dans les approches de gestion de la sécurité des aliments inspirées de la démarche HACCP. Nous ne disons pas qu'il faut introduire des programmes comprenant ce système dans toute sa rigueur (avec la documentation, la tenue des archives et les audits internes, etc..), mais plutôt d'utiliser simplement l'approche HACCP comme guide pour définir des problèmes et des solutions pour améliorer la sécurité des aliments.
L'optique filière doit être privilégiée pour l'identification des dangers compte tenu de la multiplicité des sources de contamination, il est, peut être, préférable de travailler avec les professionnels pour limiter les risques, plutôt que d'imposer des sanctions répondant à des réglementations strictes mais sans rapport avec la réalité de l'environnement.
En résumé, nous pouvons retenir ce qui suit:
Des problèmes éthiques se posent chez nous lors du processus de la mise à la consommation des denrées alimentaires. L'éthique implique qu'une alimentation saine doit être un droit pour tous. La sécurité alimentaire doit être garantie par l'Etat et quel que soit le coût de cette garantie, il doit être supporté par la société.
L'amélioration de la sécurité sanitaire des produits destinés à l'exportation pourrait avoir des retombées positives, en boostant les marchés locaux.
L'adoption du système HACCP ne peut être que rentable. Cette rentabilité s'entend tant en termes d'amélioration de la sécurité que sur le plan financier.
L'Etat doit jouer le rôle qui lui est approprié : celui d'acteur majeur mais partageant la responsabilité avec les autres acteurs.
Le niveau de priorité qui doit être accordé à la sécurité des aliments par l'Etat doit être revu à la hausse parce que dans ce domaine, Il ne s'agit pas de choix individuels, mais de contraintes individuelles, ceci milite en faveur de garanties publiques des normes de sécurité.
Des pays voisins ont réussi leur transition complète aux méthodes HACCP, l'un pour son marché local, l'autre pour son marché à l'exportation. Pourquoi pas nous ?
Source Le Quotidien d’Oran Dr B. Moussa Boudjemaa

Directeur du LAMAABE Université Aboubekr Belkaïd Tlemcen
Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:55

Les conséquences de la déroute centrafricaine !

Abdelhak Benchikha

 

Passés la débâcle contre la république centrafricaine et le remue-ménage qui s’ensuivit, l’heure est au bilan et surtout à la réflexion pour trouver rapidement, mais sereinement, les meilleures solutions afin de remettre l’équipe nationale de football sur les rails.
Au moment où des voix s’élèvent parmi les joueurs de l’EN pour faire leur mea-culpa, d’autres parmi notamment les techniciens exhortent le staff de l’EN à renoncer à la politique du “tout-professionnel” et donner la chance aux locaux, histoire de provoquer un meilleur équilibre salvateur. Pendant ce temps, la FAF est à la recherche d’un renfort pour le staff technique des verts avec l’arrivée imminente, nous dit-on, d’un “conseiller-assistant” étranger pour le coach Benchikha. Analyse donc dans ce dossier des retombées de la déroute centrafricaine.

Source Liberté Farid Belgacem
Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:50

L’insécurité alimentaire plane sur l’Algérie

moisson

 

Même si aucun bilan n’est encore établi, le Plan national de développement agricole et rural a été, dans sa globalité, un échec. Hormis quelques wilayas qui ont goûté à ce programme ambitieux, le reste est à reconsidérer. L’implication immédiate des agro-industriels est plus que jamais d’actualité pour sauver le secteur et, du coup, réduire la facture des importations.

Si l’Algérie ne s’aligne pas sur les modèles agricoles de référence, comme le Brésil, la Chine ou encore l’Inde, on s’acheminera droit vers une situation catastrophique, synonyme d’une insécurité alimentaire gravissime et de retombées sociales dramatiques. C’est que cette insécurité plane d’ores et déjà sur l’Algérie. Pour preuve, les bourses font face à la flambée, parfois, inexpliquée des prix sur le marché et une instabilité productive criante. Il est vrai que le secteur a fait sa mue depuis l’arrivée de l’actuel ministre de l’Agriculture et du Développement rural, fin connaisseur de la chose, mais les indices de croissance mondiaux sont là pour menacer notre pays. Certes, ces mêmes indices ont été revus à la hausse, contrairement aux années 2007, 2008 et 2009 quand la terre était sous-exploitée à cause des modèles entrepris, mais le désinvestissement dans le secteur et l’absence d’une stratégie de long terme ont conduit l’Algérie à s’aligner sur les pays importateurs. Inutile de se réjouir de l’embellie céréalière de l’année 2009, car, après tout, les importations de produits alimentaires, notamment de première nécessité, représentent une dépense annuelle avoisinant les 4,5 à 5 milliards de dollars, dont plus de 200 000 millions de dollars en légumes secs.
D’ailleurs, la croissance mondiale ne dépasse guère les 2 %. Et ce n’est pas tout : la crise de la filière laitière vient se greffer à ces indices inquiétants, pour ne pas dire désespérants. La spéculation sur la poudre de lait, d’une part, et l’augmentation annoncée du même produit sur le marché mondial, d’autre part, ne semblent pas inquiéter nos autorités qui laissent nos producteurs et collecteurs livrés à eux-mêmes. Hier, sur les ondes de la Radio nationale, le directeur de l’Institut national des études agronomiques (INRA), Fouad Chehat, a très bien développé les paramètres qui ont conduit le pays à cette situation patente, par ailleurs annonciatrice d’une crise latente. Aux yeux de M. Chehat, le désinvestissement constaté, notamment par le manque de gros moyens, a frappé de plein fouet le secteur de l’agriculture qui peine à trouver une stratégie de choc et durable à même de parer, à court et moyen terme, à l’insuffisance alimentaire. Il plaidera d’emblée l’implication plus que jamais urgente des agro-industriels qui, selon ses propos, pourraient apporter une plus-value pour manager un secteur qui patine. Fini le bricolage et fini le populisme, l’Algérie devra adopter un plan plus rigoureux en injectant les capitaux nécessaires dans les technologies et les filières utiles, mais surtout pourvoyeuses de productivité et d’emplois. Pour le moment, dira-t-il, les prévisions sont déjà faites sur cinquante ans, prenant compte des conditions évolutives du secteur dans le monde. Autrefois, facteur aggravant de cette crise, les ressources en eau sont, pourtant, aujourd’hui suffisantes pour faire face aux besoins des irrigations, nonobstant certaines zones où les professionnels devaient puiser l’eau des ressources souterraines. Face à l’instabilité de l’offre mondiale, on assiste impuissants à l’augmentation des prix du lait, des huiles, des céréales, pour ne citer que ces trois produits de base.
Combien coûtent les engrais, l’eau, l’électricité et les matériels agricoles et que fait l’État pour venir en aide à ces agriculteurs qui croulent sur le poids des dettes ? Combien d’agriculteurs n’arrivent pas à rembourser leurs crédits bancaires et quels en sont les impacts sur la productivité et la qualité ? Jusqu’à quand les bourses supporteront les répercussions des politiques quinquennales alors que “la terre est une culture continue” ? Sujet à débat et non à polémique, l’insécurité alimentaire plane sur l’Algérie et seule une politique courageuse pourrait amenuiser cette crise. Ce jour-là, on comprendra aisément que “tout ce qu’on mange vient de la terre”.

Source Liberté Farid Belgacem
Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:40

Des démocraties sur mode monarchique

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Toutes les monarchies du Moyen-âge et de la Renaissance en Europe partageaient le même principe en ce qui concerne la gestion du pouvoir.

Au Moyen âge, le roi recevait son pouvoir de Dieu lors du sacre. Son royaume était beaucoup plus vaste que les terres dont il était le seigneur et qui formaient le «Domaine royal». Dans le reste du royaume, grâce à ses fonctionnaires, baillis et sénéchaux, il exigeait l'hommage des principaux seigneurs. Son pouvoir était donc peu étendu. Indéboulonable du fait de sa descendance par le sang, il nommait tous les acteurs de la vie politique, ministres ou Premiers ministres ou bien les désignait en fonction des charges qu’ils avaient auparavant occultées.
En effet, dans ce système politique gagnant-gagnant et qui ne manquait pas de bon sens, au lieu de lever les impôts à travers tout le pays et de mobiliser par conséquent des milliers de fonctionnaires et parfois des hommes de troupes, les monarques vendaient tout simplement cette charge à un receveur principal du royaume qui prenait sa commission au passage. Le pouvoir, pourtant absolu à l’époque, n’éprouvait aucun complexe à sous-traiter ses attributs.
Il ne viendrait à l’esprit de personne d’acheter aujourd’hui une charge d’inspecteur des impôts. Les temps ont changé ! Cette fonction s’arrache au mérite par voie de concours et ses postulants sont rétribués en fonction d’une grille nationale des salaires. Les impôts sont décrétés par ordonnance et sont versés directement dans les caisses du Trésor.
Les choses sont claires et bien délimitées et rien ni personne ne peut empiéter sur les prérogatives de l’Etat. Et pourtant, sans toucher aux fondements qu’ils président, les pouvoirs en place ont tendance depuis ces deux dernières décennies à pervertir la fonction de la magistrature supérieure.
Ce glissement de la charge présidentielle, applaudie par un suffrage universel, vers sa confiscation pure et simple au profit des proches est non seulement dangereux pour la démocratie, mais n’augure rien de bon pour sa pérennité.
Usés par un pouvoir dont ils ne se sont jamais lassés, des présidents en exercice ont fini peu à peu par en faire un domaine privé exclusivement réservé à leurs familles. Des chefs d’Etat ont légué leurs pouvoirs, après une «mascarade» électorale où les dés étaient pipés, à leurs enfants, frères et épouses dans certains cas. Les exemples ne manquent pas et ils touchent tous les continents, pays développés et émergents confondus.
Non systématique, le phénomène gagne pourtant du terrain.
Il est à parier qu’il fera partie un jour des mœurs politiques sans que cela choque personne.

Ces clones de président

Héritage n Dans de nombreux pays émergents ou en voie de développement, la fonction élective de président est en voie d’être héréditaire si elle ne l’est déjà.

De nombreux chefs d’Etat en Afrique ne se contentent plus de finir leur mandat ou de le renouveler. Ils préparent aussi le terrain pour leur progéniture. Comme si le fauteuil présidentiel était devenu un bien familial qui appartiendrait à la tribu... Cette «entorse» aux règles de la démocratie qui met en péril ses fondements mêmes est en train de s’installer insidieusement dans les mœurs politiques. Et les exemples se suivent et se ressemblent... À peine deux heures après le décès du président Gnassingbé Éyadema, le 5 février 2005, l'armée togolaise confie le pouvoir à son héritier désigné, son fils Faure Gnassingbé, à peine âgé de 38 ans. Au Gabon, Bongo fils a succédé au terme d’un incroyable forcing électoral à son père. Au lendemain de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, en janvier 2001, son fils, Joseph, seulement âgé de 29 ans, est propulsé à la tête de la République démocratique du Congo (RDC) par la garde rapprochée de son père, qui veut éviter un renversement du pouvoir. Le Liban que l’on qualifie généralement d’Etat responsable et foncièrement démocratique, ne fait pas mieux dans le partage familial du pouvoir. En effet, Hariri a allègrement remplacé au poste de Premier ministre son père assassiné à Beyrouth dans un attentat à la voiture piégée. En Syrie, le président Hafed El Assad a tout simplement passé les rênes du pouvoir à son fils Bachar. La transition avait alors été réglée comme du papier à musique.
A tel point que l’histoire des Assad semble avoir inspiré nombre de chefs d’Etat. Le président Moubarak, 81 ans mais bon pied bon œil… ne verrait certainement pas d’un mauvais… œil son fils Alaâ diriger l’Egypte. Il s’en défend d’ailleurs à peine ! Les Egyptiens, eux, expriment leur ras-le-bol d’un clan qui s’agrippe désespérément au pouvoir, et ce, sans alternative de changement.
El Baradei pourrait peut-être remettre les pendules à l’heure et inviter les enfants du Nil à partager un pouvoir confisqué par «les clones» de... Pharaon.
Le plus étonnant est que dans le milieu des partis politiques, on rencontre la même tendance. On voit de plus en plus des fils accéder aux charges de leurs pères par la seule vertu du nom qu’ils portent. Des noms qui apparemment tétanisent les foules...
Joumblatt n’a-t-il pas remplacé son père, tué lui aussi par on ne sait quelle main étrangère ?

Le génie, ça ne se transmet pas !
En art comme en politique, des stars internationales ont bien tenté de placer leurs enfants sur orbite de la planète showbiz, en vue de les faire profiter de leur notoriété et de leur assurer succès et gloire. C’était peine perdue ! Le «génie» d’un homme, contrairement au pouvoir, ne se transmet pas à sa descendance. Frank Fernandel, par exemple, a fait un flop à son premier long métrage. Deriassa fils n’a pas réussi à chanter comme son père. Iglesias fils, non plus. Leurs pères respectifs ont pourtant lourdement investi pour les mettre sur la voie...

Eva, une icône et fille du peuple argentin
Combat n Evita Perron, une des cinq filles qu'une cuisinière a eues d'un riche éleveur, Juan Duarte, deviendra une figure emblématique de l’Argentine.

Le phénomène de la «tribu» au pouvoir fera tache d’huile et l’Amérique latine fera partie du lot de pays où la charge présidentielle se transmet pratiquement au sein de la famille. Pour preuve, pour des raisons de santé, le leader maximo, Fidel Castro - appelé ainsi par ses détracteurs anticastristes qui le considèrent comme un dictateur qui a le maximum de pouvoirs -, après presque cinquante ans de règne sans partage sur l’île de Cuba, a passé le relais..., officieusement, à son propre frère, devenu ainsi «presidente Raoul Castro», dirigeant ce maillon du Pacifique avec la même énergie qu’un chef élu au suffrage des urnes et veillant à ne rien changer au système.
Un système qui se perpétue en effet grâce au clan Castro et à sa volonté de se maintenir au pouvoir.
Sans porter un quelconque jugement sur les affaires intérieures de Cuba, pays qui nous a par ailleurs toujours manifesté une amitié sans faille et souvent dans les moments les plus difficiles, c’est la dimension de ce phénomène d’«héritage de la présidence» qui attire notre attention, du fait qu’il touche actuellement toutes les démocraties.
Encore que dans le cas de Cuba, la passation du relais s’explique dans la mesure où, par essence, la flamme de la Révolution ne doit jamais s’éteindre et qui mieux que ceux qui l’ont allumée peuvent la maintenir ?
Toujours en Amérique latine, l’Argentine a vu deux Perron se succéder à la charge suprême du pays : le général Perron et plus tard sa femme Evita , portés au pouvoir l’un comme l’autre par un immense élan populaire, car incarnant les espoirs et les ambitions des masses les plus démunies. Le général Perron a combattu très courageusement pour venir à bout de la pauvreté dans les campagnes et dans les milieux défavorisés. Sans démagogie, il a su parler vrai, parler juste, à un peuple qu’il a refusé de flatter et pour lequel il s’est donné sans mesure et sans le crier sur tous les toits.
L’immense amour que vouent les Argentins à leur général a carrément catapulté sa femme au pouvoir, alors qu’elle n’y était même pas préparée, ou peu, du vivant de son mari.
Evita, qui était une femme de tête et pour certaines mauvaises langues une femme d’affaires, répondra tout de suite à leur attente. Au point que la moindre de ses sorties en public tournait presque à l’émeute. Elle sera tellement adulée que son enterrement posera, aux autorités en place à l’époque, un problème de sécurité nationale. La solution trouvée alors pour éviter débordements et dépassements parmi les foules sera de faire croire aux Argentins que leur icône a été enterrée en Suisse.
En fait, personne ne sait aujourd’hui où repose exactement la défunte Evita, danseuse, fille du peuple et présidente de tous les Argentins.

L’Occident ne fait pas exception
Descendance n Contrairement aux idées reçues, les démocraties occidentales ne sont pas des modèles de vertu dans cette veine.

L'appétit pour le pouvoir ne disparaît pas avec la fiction égalitaire ; les sociétés développées ont conçu des techniques artificielles d'élévation sociale. Désormais, posséder les moyens revient à posséder la fin. L’exemple de la famille Bush est en cela parlant. En effet, Bush père, 41e président des Etats-Unis d’Amérique, a soigneusement, durant son mandat, balisé à son fils l’entrée à la Maison-Blanche. Bush Junior deviendra le 43e président des USA investi par un suffrage plus que litigieux... Le fils a remplacé le père sans aucun complexe.
Le général de Gaulle, lui, en son temps, voulait éviter à son fils Philippe, aujourd’hui amiral à la retraite, une fonction politique, mais cela ne l’a pas empêché de l’aider à gravir quatre à quatre les échelons de la marine nationale.
Sarkozy, non plus, ne crache pas dans la soupe. Lui aussi a tenté à sa manière de placer son fils, 22 ans à peine, sur la rampe de lancement du pouvoir, alors qu’il n’a même pas fini ses études de droit. Néanmoins, grâce aux bons soins du paternel, Sarkozy fils a été élu à la mairie de Clichy, en plein 16e arrondissement, et aurait même présidé le plus grand centre d’affaires d’Ile-de-France, n’étaient la médiatisation de l’affaire et les réunions qu’elle a provoquées.
Le continent asiatique n’est pas exempt de ces dérives. Bien au contraire.
Kim Il Sung, leader de la Corée du Nord, qui a dirigé son pays d’une main de fer, a légué à sa mort le pouvoir absolu à son fils sous la forme de donation notariée. Quoi de plus normal, quand depuis 1952, plus d’un demi-siècle, le pays est dirigé par une seule et même famille, les Il Sung.
Et l’Inde ne déroge pas à cette règle. A la mort de Indira Gandhi, c’est son fils Rajiv qui lui succédera à la tête de l’Etat grâce à un jeu subtil des partis politiques de la majorité.
Lorsque le président Butho a été assassiné en Indonésie, c’est sa fille tout naturellement qui prendra les rênes du parti et du pouvoir.
Avec beaucoup plus de talent et de charisme que son père, il faut bien l’avouer,
Benazir Butho est devenue en quelques années l’idole des foules à Djakarta et même dans le monde musulman.
Son exil forcé à Londres, sa ténacité et son combat pour libérer son peuple lui ont valu l’estime et l’admiration du monde entier.
Lorsqu’elle sera assassinée à son tour au cours d’un meeting qui a rassemblé des milliers de militants, c’est son mari tout naturellement qui sera désigné pour lui succéder à la tête du parti.
Comme on le voit, le pouvoir et la manière de le gérer sont restés dans ce pays une affaire de famille et de filiation. A Haïti, les Duvalier, père et fils, ont mené chacun à son tour et à sa manière l’île vers sa perte, le premier en tant que dictateur et le second en tant que... tyran.

Source Infosoir Imaad Zoheir

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:36

Algérie - Cinq ordonnances adoptées hier par le Conseil de la nation : Tayeb Belaiz : «Nous resserrerons davantage l’étau sur les corrompus»

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M. Tayeb Belaiz  dira devant les sénateurs que ce texte vient renforcer l’arsenal juridique mis en place à cet effet par le gouvernement dans le souci de lutter efficacement contre ce phénomène ravageur à multiples facettes. Selon lui, il n’est de secret pour personne que le problème de la corruption constitue une menace redoutable pour grand nombre d’Etats, étant donné qu’il constitue «un frein» au développement national. L’Algérie, réaffirme M. Belaiz, est «l’un des premiers Etats ayant adopté la convention internationale de lutte et de protection contre la corruption et comme elle a décidé de relever le défi de l’éradiquer par tous les moyens juridiques». Le texte en question plaide, indique le ministre, pour la consécration de la probité dans tous les domaines notamment en ce qui concerne la gestion des deniers publics. Au titre des nouveautés, l’ordonnance stipule la mise en place prochaine d’un office central de lutte et de répression des crimes de la corruption. Il aura pour rôle de faire un travail de recherche et de prospection, en s’appuyant sur une police judiciaire spécialisée dans ce domaine. La compétence des officiers de la police, quant à elle, sera étendue à tout le territoire national de façon à contourner et cerner cette menace qui se fait de plus en plus sentir. Entre autres dispositions élaborées en vertu de ce texte, le ministre cite l’établissement à partir d’aujourd’hui du principe de «la déclaration de l’intégrité» qui s’imposera dès à présent à tous les contractuels souhaitant décrocher des marchés publics. De l’avis du ministre, notre pays vient de bénéficier d’un texte d’une grande importance durant cette législature, dans le cadre de la consolidation du cadre législatif de lutte contre les phénomènes dangereux. A noter que le Conseil de la nation a adopté, par ailleurs, l’ordonnance concernant la loi de finances complémentaire de 2010, celle relative à la lutte contre les mouvements des capitaux vers l’étranger, l’ordonnance sur la monnaie et le crédit et la mise en place du Conseil de la comptabilité.
M. Mahmoud Khedri, ministre chargé des Relations avec le Parlement a présenté les quatre ordonnances aux sénateurs, en l’absence de Karim Djoudi, premier argentier du pays pris par d’autres engagements gouvernementaux.

Source Horizons Karima Alloun.

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:31

Elus locaux sans pouvoir

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Les réunions de l’Assemblée communale, ses délibérations, l’exclusion d’un élu… sont toutes soumises à l’approbation du wali, selon le projet du nouveau code communal.

On a voulu renforcer les prérogatives des maires, on a fini par les rétrécir davantage», ironise un P/APC à qui nous avons demandé de donner son avis sur le projet du nouveau code communal transféré à l’Assemblée populaire nationale (APN) pour débat et adoption. Ce texte composé de 225 articles, dont nous avons obtenu une copie, renforce encore davantage l’emprise de l’administration sur les assemblées communales élues au suffrage universel.                
Le wali est, à la faveur de ce texte, «la colonne vertébrale» de la gestion des collectivités locales. Il a le droit de regard sur tout le fonctionnement de la commune, de l’élection du président d’APC à la gestion des affaires de cette dernière. Aucune nouveauté n’a été apportée à ce sujet. Pis encore, le contrôle du premier magistrat de la wilaya est plus renforcé.
Les prérogatives du maire tombent à chaque intervention du wali. «En cas de carence avérée, dans l’intérêt de la commune et du citoyen, le wali peut, après mise en demeure, se substituer au président de l’Assemblée populaire communale, dans le cas où celui-ci refuserait d’exécuter tout acte prescrit par les lois et règlements, comme l’adoption du budget ou l’exécution de décisions nécessaires, en matière de sauvegarde de la salubrité et la tranquillité publique», explique-t-on dans l’introduction de ce texte. Les réunions de l’assemblée communale, ses délibérations, l’exclusion d’un élu… sont toutes soumises à l’approbation du wali, comme il a été souligné dans le 1er chapitre de ce code. Le strict contrôle de l’administration sur les élus locaux est confirmé aussi dans ce texte.

Après avoir soumis les déplacements des élus locaux à l’étranger à une autorisation préalable du ministère de l’Intérieur, le jumelage des communes avec d’autres communes étrangères doit être avalisé par le ministère de l’Intérieur. «Le jumelage d’une commune avec une commune ou toute autre collectivité territoriale étrangère est soumis à l’accord préalable du ministère chargé de l’Intérieur, après avis du ministère des Affaires étrangères», stipule l’article 111 du projet en question. Les autorités reculent, en revanche, sur le rôle confié aux secrétaires généraux des APC. Dotés de super-pouvoirs dans la mouture initiale du texte, les secrétaires généraux des communes sont placés, à la faveur de ce projet, sous l’autorité du maire. «Il (le SG) reçoit la délégation de signature du président de l’Assemblée populaire communale, à l’effet de signer l’ensemble des documents relatifs à la gestion administrative et technique de la commune, à l’exception des arrêtés», lit-on dans l’article 134 de ce projet. A ce sujet, la critique de l’opposition ne s’est pas faite attendre. Le FFS voit en ce projet «une nouvelle manœuvre visant à renforcer l’emprise du pouvoir sur la société». «A travers le nouveau code communal qui réduit davantage les prérogatives des élus, le pouvoir veut faire des communes ses postes avancés au sein de la société et ce, dans le cadre d’une politique plus globale qui vise à faire de l’Algérie un vaste commissariat», dénonce le premier secrétaire du FFS dans une récente déclaration.

Pour sa part, le président du RCD, Saïd Sadi, le qualifie «de code pénal bis pour les élus locaux». «Le nouveau code communal réduit les élus à des fonctionnaires subalternes du chef de daïra», fustige-t-il. Selon ce parti, cette nouvelle mouture «achève de vider de sa substance la notion même de mandat de l’élu local». «Ce dernier sera désormais assimilé à un sous-fonctionnaire», estime le parti de Saïd Sadi.
En effet, les élus locaux, en particulier les maires, sont surchargés de missions. Mais ils n’obtiennent en retour que peu de prérogatives et de droits. Sur ce plan, la révision du code communal, comme l’ont affirmé même des maires du FLN, «est ratée». Car l’objectif principal de cette révision est, de l’avis même des membres du gouvernement, de renforcer les prérogatives des élus locaux «pour une meilleure gestion des collectivités locales».

Source El Watan Madjiid Makedhi

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:25

Zidane : "Pourquoi pas entraîneur ?"

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Présent dans les tribunes du Vélodrome pour suivre Marseille-Nancy, Zinédine Zidane a évoqué les Bleus de Laurent Blanc, l’OM mais aussi sa volonté de se rapprocher du terrain. Et pourquoi pas, à terme, devenir entraîneur. A Marseille ? Qui sait...

Zinedine Zidane, vous êtes conseiller du président madrilène Florentino Perez. On parle aussi de vous pour travailler avec José Mourinho. Qu’en est-il ?

Z.Z : Florentino Perez en a parlé. Ça sera le cas dans les semaines à venir. Je suis content. Sans parler de banc de touche ou de quoi que ce soit, c’est vraiment la volonté de se rapprocher de l’équipe première et du terrain. Car je me sens plus à l’aise sur le terrain que dans les bureaux. Etre le lien entre l’équipe première et le président. Car je reste toujours conseiller du président.

Et puis vous souhaitez travailler avec Mourinho…

Z.Z : Il a démontré qu'il était un grand entraîneur. Il faut juste qu’il gagne avec le Real Madrid. C’est ce que l’on lui demande. Il en est capable. Le Real avait besoin de quelqu’un comme lui, charismatique et qui amène encore plus de discipline dans le groupe.

Devenir entraîneur, ça vous tente ?

Z.Z : Tout m’intéresse. Pourquoi pas (rires). Il y a trois ans si vous m’aviez posé la question, j’aurais dit non. Mais aujourd’hui, je dis peut-être. Je souhaite me rapprocher davantage du terrain.

Pensez-vous avoir arrêté votre carrière trop tôt ?

Z.Z : Le terrain ne me manque pas. J’ai pris ma décision d’arrêter peut-être un peu tôt. A 34 ans, j’aurais peut-être dû jouer un ou deux années de plus. Mais il faut tout de même être logique avec soi-même. Et puis je préférais que ça vienne de moi. Je ne souhaitais pas que l’on pousse à la retraite.

Concernant l’équipe de France, Laurent Blanc a-t-il réussi son pari de changer les Bleus ?

Z.Z : Oui, c’est une certitude. On assiste à un vrai changement depuis que Laurent est arrivé. Je pense que c’est dû à son vécu et à l’expérience qu’il représente. Il est écouté, tout simplement. Mais cette équipe a aussi de bons jeunes. Il suffit peut-être d’un peu plus de discipline et la dynamique reviendra. Même si la France a joué des adversaires à sa portée, ça passe par là. C’est en gagnant des matches que l’on arrive à réaliser de grandes choses dans le football. C’est bien d’avoir commencé comme ça. Laurent Blanc, c’était l’homme de la situation. Il le démontre. J’espère que l’on reverra une équipe de France qui fait plaisir à tous les supporters et les vrais fans de foot.

Quel meneur de jeu choisiriez-vous entre Samir Nasri et Yoann Gourcuff ?

Z.Z : Il y a beaucoup de joueurs qui peuvent évoluer à ce poste. Nasri et Gourcuff ont montré pas mal de choses, notamment qu’ils pouvaient jouer tous les deux. C’est très important même s’ils n’ont pas eu beaucoup de temps de jeu ensemble. Ils peuvent apporter beaucoup à l’équipe de France. Mais il ne faut pas pour autant chercher un leader en particulier. Le mieux, c’est d’en avoir plusieurs. Laurent Blanc cherche d’ailleurs encore son capitaine. Ça lui permet de choisir sur période plus longue.

Les Bleus sont-ils encore fragiles ?

Z.Z : Fragilité, je ne pense pas. C’est une équipe en reconstruction. Elle peut mieux faire. On en est tous convaincu. Mais pour le moment ils sont premiers du classement. Ils vont pouvoir changer un part importante de leur structure maintenant et monter quelque chose autour de certains joueurs et des leaders. Petit à petit, cette équipe va se former. Il faut la laisser faire doucement. Elle est sur le bon chemin pour le moment.

Un mot sur l’OM ?

Z.Z : Pour le moment, je vis en Espagne (rires). Et à l’OM, pour l’instant, ça fonctionne bien. Il se passe des choses. Marseille, ce fut à un moment donné un regret. Car j’avais envie de venir à l’OM quand j’étais jeune. Plus tard, ça ne s’est pas fait. C’était volontaire de ma part. Mais pourquoi pas un jour ? A chaque fois que je suis à Marseille, je suis en tout cas de content de revenir au Vélodrome. J’ai grandi ici. J’ai d’énormes souvenirs dans ce stade

Source Eurosport

Le Pèlerin

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 04:15

Algérie - Michèle Alliot-Marie « La France est prête à des avancées »

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Michèle Alliot-Marie. Ministre française de la Justice et garde des Sceaux entame aujourd’hui une visite en Algérie. Dans un entretien à El Watan, elle déclare, sur le dossier en litige de la circulation des personnes, que son pays «souhaite que l’Algérie continue de bénéficier d’un régime spécial, plus favorable».

- Vous êtes venue en Algérie en tant que ministre de la Défense, puis de l’Intérieur et aujourd’hui comme ministre de la Justice. Ceci renforce votre maîtrise du dossier de la coopération bilatérale. A ce titre, quel regard portez-vous sur les relations actuelles entre les deux pays ?

La relation entre la France et l’Algérie est sur le point d’entrer dans un nouveau rythme. La venue du président Bouteflika au sommet Afrique-France de Nice était un geste d’amitié qui a été très apprécié.

Les deux visites, cette année en Algérie, du secrétaire général de l’Elysée, et les contacts entre ministres français et algériens ont aussi permis d’établir un haut niveau d’ambition pour notre relation.

Je suis très attachée à la coopération franco-algérienne.

Ce sera d’ailleurs ma troisième visite sur ce thème à Alger, où je suis, en effet, venue comme ministre de la Défense, puis comme ministre de l’Intérieur. Notre coopération doit être au service du développement économique, du partenariat politique dans un monde multipolaire en pleine mutation et surtout de la relation humaine à nulle autre pareille entre nos deux pays. La coopération dans le domaine de la justice y contribue.

- Quel est l’état de la coopération judiciaire entre la France et l’Algérie ? Existe-t-il des chantiers nouveaux que vous souhaiteriez ouvrir au cours de votre actuelle visite ?

Depuis 2005, la coopération est dense et active. Elle a été renforcée par la nomination de magistrats de liaison entre nos deux pays. Elle comprend deux volets : la coopération judiciaire et l’entraide judiciaire. La coopération judiciaire, c’est surtout la formation. Elle a pris la forme de jumelages de cours d’appel françaises et algériennes. Ils ont atteint une ampleur unique au monde. Elle concerne également les écoles nationales de formation.

L’entraide judiciaire, elle, permet de régler des difficultés que connaissent les citoyens et les entreprises des deux pays lors de leurs relations avec l’autre pays. Je souhaite encore l’accentuer. Ainsi, on peut envisager des jumelages entre parquets, des rencontres entre les juridictions spécialisées créées dans les deux pays pour lutter contre la délinquance transnationale, et d’autres types d’échange de magistrats.

Je souhaite aussi que la France et l’Algérie soient les moteurs d’une coopération élargie à d’autres partenaires à l’exemple du réseau euro-arabe de formation judiciaire nouvellement créé.

- Un diplomate algérien, Mohamed Ziane Hasseni, a été inculpé de complicité d’assassinat de l’opposant algérien Ali Mecili, puis a obtenu la relaxe. Une inculpation qui avait provoqué le courroux de l’Etat algérien et jeté un froid dans les relations bilatérales

-La famille de la victime évoque, quant à elle, le poids de la raison d’Etat qui influence le cours de la justice. La justice française a-t-elle la ferme volonté d’aller jusqu’au bout dans cette affaire et réclamer l’assassin de Ali André Mecili

Un juge d’instruction, magistrat indépendant, a été saisi. Il a mené une enquête. Dans ce cadre, ce juge avait mis en examen M. Hasseni. Des investigations complémentaires ont été menées qui ont conduit la cour d’appel à considérer qu’il n’y avait pas de charges suffisantes contre lui. Pour autant, l’enquête se poursuit sur d’autres pistes

- Une autre enquête judiciaire suscite la polémique, celle de l’assassinat des moines de Tibhirine. Le président Sarkozy a déclassifié des dossiers afin de déterminer les causes et les circonstances de l’assassinat des moines trappistes en Algérie en 1996. Que pensez-vous de la tournure prise par cette affaire ? Et pourquoi la justice française a-t-elle attendu 13 ans pour ouvrir le dossier ?

Un juge d’instruction est saisi depuis 2004. Il mène son enquête conformément aux règles du droit français. De nombreuses investigations ont été menées depuis cette date. Les autorités algériennes coopèrent avec les magistrats français dans le cadre de commissions rogatoires internationales. Il ne m’appartient pas de vous en dire plus, car la règle veut que le ministre de la Justice ne commente pas les affaires en cours ni les décisions de justice.

- Les justices française et algérienne réclament l’extradition de l’homme d’affaires algérien Abdelmoumen Khalifa se trouvant à Londres. La France gardera-t-elle le dossier Khalifa ouvert même s’il est extradé et jugé en Algérie ?

Il revient au juge britannique de décider s’il accorde l’extradition de M. Khalifa et en ce cas vers lequel de nos pays. En tout état de cause, je suis persuadée de notre volonté commune qu’il soit jugé pour les faits qui lui sont reprochés.

- Beaucoup de cas de non-respect du droit de garde d’enfants nés de couples mixtes séparés sont recensés. Les conventions bilatérales engageant les deux pays ne sont-elles pas suffisantes pour éviter des injustices qui pénalisent les droits des uns et des autres

Vous évoquez là un véritable drame humain et je comprends la grande douleur des personnes concernées. Nous recensons une quarantaine de cas d’enfants déplacés dans le pays de l’un des parents et qui n’ont pas la possibilité de voir l’autre parent. Nous devons résoudre ces affaires dans l’intérêt supérieur des enfants concernés.

Le cadre conventionnel en vigueur n’est manifestement pas satisfaisant, car il ne prend pas suffisamment en compte les réalités du présent. Il mérite d’être revu sur certains points. Nous devons nous pencher sur ce problème avec beaucoup d’attention et d’humanité.

- La révision des Accords de 1968 relatifs à la circulation des personnes est au centre d’un désaccord entre les deux pays. On parle de pressions françaises pour mener à une révision contestée par l’Algérie, notamment à travers la non-régularisation des sans-papiers algériens, l’annulation des avantages de l’Autorisation provisoire de séjour pour les Algériens et de pression pour la reconnaissance du droit de propriété pour les Français en Algérie. En tant que ministre de la Justice, pensez-vous qu’il est possible d’arriver à un terrain d’entente sur ce dossier, surtout que les négociations semblent traîner depuis plusieurs mois ?

L’accord conclu en 1968 entre la France et l’Algérie a déjà été amendé à trois reprises. Il prévoit pour les Algériens des avantages par rapport au droit commun. Or, le droit commun a tellement progressé que, sur certains points, le droit applicable aux Algériens, qui devait être plus avantageux, est en réalité moins favorable. Nous souhaitons que l’Algérie continue à bénéficier d’un régime spécial, plus favorable. La France est prête à ces avancées. Elle a aussi des attentes, par exemple en matière de lutte contre l’immigration illégale, dont les migrants légaux sont les premières victimes. Elle souhaite également assurer une véritable réciprocité entre le régime applicable aux citoyens algériens en France et celui applicable aux citoyens français en Algérie. C’est sur ces points que discutent depuis plusieurs mois les services concernés des deux pays, notamment pour la France ceux de mon collègue Eric Besson.

Source algerie 360.com Nadjia Bouaricha

Le Pèlerin

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