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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 23:10

Santé - L’huile d’olive prévient l’Alzheimer

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On sait que l’huile d’olive est excellente pour la santé : elle prévient les maladies cardio-vasculaires, neutralise les radicaux libres responsables du cancer, renforce les os et réduit les inflammations. Des chercheurs américains estiment aujourd’hui qu'elle pourrait permettre de trouver un traitement contre la maladie d’Alzheimer, indique une étude publiée dans le Journal Of Toxicology and Applied Pharmacology.
Des chercheurs ont identifié un élément naturel de l’huile d’olive vierge extra qui prévient la dégradation des cellules, qui provoque la démence des personnes atteintes d’Alzheimer. Cet antioxydant, l’oléocanthal, qui donne sa saveur poivrée à l’huile d’olive, empêche la destruction des synapses dans l’hippocampe, la zone du cerveau responsable de l’apprentissage et de la mémoire, la première à être touchée par la maladie. Les chercheurs n’ont pas établi clairement si une consommation accrue d’huile d’olive protégeait de la maladie d’Alzheimer, mais les résultats de l’étude pourraient déboucher sur de nouveaux médicaments pour prévenir et traiter la maladie d’Alzheimer, soulignent les scientifiques.

Source Le Soir d’Algérie 

Le Pèlerin

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 07:30

«Rien ne va en Algérie»

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Selon la LADDH, la situation des droits de l’homme va de mal en pis. Les libertés citoyennes et individuelles sont menacées et les espaces d’expression sont quasi inexistants, la justice est instrumentalisée. La situation actuelle fait peur. «Censés sécuriser les routes, ces barrages implantés partout bloquent la circulation. On a des files d’automobiles de deux à trois kilomètres sur l’autoroute. On ne fouille pas les Algériens mais on les torture ! Et cela ne se passe dans aucun autre pays au monde, même pas au Liban ou en Irak !» a déclaré hier Me Bouchachi Mustapha, président de la LADDH, lors d’un point de presse qu’il a tenu, avec quelques membres de l’organisation, au siège de celle-ci à Alger.
«Des décisions importantes sont prises sans que les citoyens ne soient consultés. Chaque année, une loi de finances est adoptée, elle gère l’argent du peuple et on n’est pas en mesure de demander des comptes, de savoir comment cet argent est géré ! On ne nous considère pas comme des citoyens mais comme des ressortissants qui doivent obéir à un système politique. Ceux qui disent que l’Algérie progresse en matière des droits de l’homme ne disent pas la vérité. Les droits régressent et les jours qui passent sont meilleurs que ceux qui viennent». Très critique et exaspéré pas la situation actuelle, Me Bouchachi Mustapha a dressé un tableau noir du pays : des jeunes qui se suicident en prenant clandestinement la mer, un chômage croissant, un état d’urgence qui veille toujours à empêcher la société civile de s’organiser et de s’exprimer, une justice instrumentalisée, une corruption qui gangrène le système, la liberté de culte qui n’est plus garantie, les minorités religieuses qui ne sont plus protégées et respectées. «Le danger ne provient pas uniquement du pouvoir mais également de certains citoyens. Ils sont nombreux à ne pas accepter les chiites et les chrétiens ou d’autres confessions.» Le président de la LADDH a expliqué encore que la loi anticorruption adoptée en 2006 a réduit les peines des personnes jugées pour corruption. «Aujourd’hui, un corrompu ne risque que dix ans de prison même s’il a volé tout le pays alors qu’auparavant, c’était la perpétuité. Tout cela ne fait qu’encourager la corruption. » Prenant la parole à son tour, Ali- Yahia Abdenour a estimé que la situation est grave et qu’il est extrêmement difficile pour les militants du mouvement associatif et des droits de l’homme de militer. Il a abordé la situation sociale avec beaucoup de pessimisme. L’inégalité des salaires, l’inflation, la grève des syndicats autonomes, tous secteurs confondus, l’interdiction des manifestations même pacifiques… «Les jeunes sont l’avenir de ce pays, ils sont aussi l’explosion à venir. Le champ politique est lourd comme un orage qui n’a pas éclaté. La présidence est fermé depuis 11 ans et demi, elle doit ouvrir ses portes», a-t-il dit. Maître Boumerdassi a évoqué le volet justice, «une justice aux ordres» qui ne peut assurer des «procès équitables» à tous les Algériens. «Même s’ils n’ont rien commis et ont toutes les preuves, les Algériens se présentent aux tribunaux la peur au ventre. Ils n’ont pas confiance en la justice de leur pays ! La jurisprudence n’est pas uniforme. C’est grave ! Ce n’est pas normal !» «Malgré le discours officiel et les différents amendements, la justice n’a pas du tout progressé ! En Algérie, ce n’est pas un régime de séparation des pouvoirs, mais de confusion de pouvoirs. La justice est l’instrument du pouvoir, on ne peut pas aller de l’avant comme ça», a-t-elle affirmé, citant, à titre d’exemple, la détention préventive.

Source Le Soir d’Algérie  Irane Belkhedim

Le Pèlerin

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 04:21

L’image de l’Algérie a été ternie

dilem chretiens en Algerie

 

Selon le président de la Laddh, «ce genre d’affaire nuit non seulement à l’ image du régime politique en Algérie mais à celle de l’Islam qui apparaît ainsi comme une religion dénuée de tolérance».

Le conséquences du procès intenté contre deux personnes, de confession chrétienne, pour ne pas avoir observé le jeûne pendant le Ramadhan ont été fâcheuses pour l’image de l’Algérie. «Ce genre d’affaire nuit non seulement à l’image du régime politique en Algérie mais à celle de l’Islam qui apparaît ainsi comme une religion dénuée de tolérance», a estimé, hier,

Me Ali Yahia Abdenour épingle Ksentini

Les militants de la Ligue algérienne des droits de l’homme (Laddh) ne sont pas aussi optimistes que ne l’était, il y a quelques jours, Farouk Ksentini, sur la situation des droits de l’homme en Algérie. Maître Ali Yahia Abdenour a pris le soin de préciser lors de son intervention: «Quand on est dans l’Etat, on ne peut être militant des droits de l’homme.» Pour lui, M.Ksentini, président de la Cncppdh, ne serait qu’ «un chargé de l’administration auprès des droits de l’homme».
Par ailleurs, Me Ali Yahia Abdenour a appelé les différents militants de droits de l’homme qui agissent individuellement, à s’unir. «On ne peut agir seul avec un fax et des communiqués», a-t-il fait noter.
Mustapha Bouchachi, président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (Laddh). «Je me demande si ces poursuites judiciaires sont le fait de certains procureurs qui réagissent en référence à leurs propres croyances personnelles ou c’est le système politique qui vise à restreindre cette liberté qui, pourtant, est consacrée dans la Constitution algérienne», s’interroge Me Bouchachi, qui s’exprimait dans une conférence de presse, organisée hier au siège de la Ligue à Alger. Cette affaire des deux «non-jeûneurs» de Aïn Hammam, qui ont été récemment relaxés par la justice, remonte au mois de septembre dernier. Le tort de ces deux ouvriers, Hocine Hocini et Salem Fellaka, était d’avoir mangé sur leur lieu de travail pendant le Ramadhan. Ils seront arrêtés pour atteinte aux préceptes de l’Islam. Le 21 septembre, le procureur a requis trois ans de prison contre ces deux prévenus. Pourtant, ils n’ont pas manqué de préciser par la suite qu’ils sont de confession chrétienne.
Pour ces défenseurs de droits de l’homme, cette affaire est très représentative des restrictions faites à la liberté de culte en Algérie. Mustapha Bouchachi a indiqué que dans tous les cas, l’Etat doit se porter garant de cette liberté. Toujours dans le chapitre des libertés, les conférenciers n’ont pas manqué de dénoncer le maintien de l’état d’urgence qui, selon eux, procède de cette même «volonté de bâillonner le peuple».

Source: L’Expression Hadjer Guenanfa

Le Pèlerin

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 04:11

La décolonisation chère aux chouhada n’a pas eu lieu

vie algerienne

 

«Il est très dangereux de dire ce que l’on pense, très pénible de ne pas le dire et très pernicieux de dire le contraire.»
(Saint Augustin de son nom berbère Aourègh n’Aferfan)
Ils étaient, assurément, dans la vérité sublime, tous ceux qui croyaient sincèrement qu’une action de décolonisation, pour être en phase véritable avec les aspirations du peuple, doit œuvrer à reconstruire l’homme dans la plénitude de sa dignité et s’appliquer à restituer aux citoyens leurs droits fondamentaux et leurs valeurs essentielles, tous ces droits et valeurs, longtemps outragés par une succession de dominations étrangères aussi dévastatrices et aussi âpres les unes que les autres. Dans un des documents adoptés par le Congrès de la Soummam rapporté par Khalfa Mameri, dans son livre consacré à Abane Ramdane, il est écrit : «La révolution algérienne veut conquérir l’indépendance nationale pour installer une république démocratique et sociale garantissant une véritable égalité entre tous les citoyens d’une même patrie sans discrimination.» Cette décolonisation, indépendantiste et révolutionnaire, dans ses principes et ses desseins déclarés, n’a, malheureusement, pas eu lieu. Elle était pourtant un rêve fusionnel de tout un peuple mobilisé, elle était l’idéal sacralisé pour lequel des centaines de milliers d’Algériens ont consenti le sacrifice de leur vie.
Les martyrs d’une Algérie libre, morale, juste et égalitaire
Il est des moments privilégiés de très forte densité socio-historique, où l’histoire impose à un peuple des impératifs existentiels et lui révèle des hommes exceptionnels, plus doués que d’autres à s’élever à la hauteur du destin national. Ces hommes lucides et courageux savaient et disaient, qu’on ne fonde pas une nation viable, sûre et durable sur la seule notion d’une indépendance même très chèrement conquise. Ils savaient aussi et surtout, que le sentiment de liberté ne pouvait être qu’une simple et volatile exaltation de l’esprit, dans tous les cas où les valeurs de justice, de morale et d’égalité ne lui donnent pas une essence et un sens. Les peuples, qui ne savent pas ou ne veulent pas cultiver la mémoire des hommes d’exception, que l’histoire, en général, révèle parcimonieusement, sont des peuples, qui contribuent eux-mêmes, probablement sans en avoir conscience, à la déconstruction de leur propre histoire et à l’annihilation de leur propre génie. Abane, Amirouche, Ben Boulaïd, Ben M’hidi, Didouche, Haouès, Lotfi, Zighoud dominent l’histoire du mouvement de Libération nationale. Je les cite par ordre alphabétique, afin de ne pas paraître les hiérarchiser. Je suis intimement convaincu que sans leur disparition tragique et prématurée, le destin de l’Algérie indépendante n’aurait pas été aussi hasardeux.
Aux historiens le devoir de vérité, non le droit au monopole
Les historiens s’assignent à eux-mêmes la mission de rechercher la vérité historique et le devoir de l’enseigner et de la transmettre en toute honnêteté et en toute objectivité. Encore faut-il convenir d’une définition consensuelle du concept d’objectivité en histoire, des critères, du champ et des limites de sa démonstration. Nulle part il n’est écrit que les historiens s’octroient le droit de monopole de l’histoire, de son étude et/ou de son écriture. Ils n’ont jamais revendiqué l’exclusivité de ce droit. Les historiens, gens de culture et de disponibilité intellectuelle, savent mieux que d’autres, que l’histoire est la mémoire collective de tous les hommes, de ce fait sa connaissance et sa diffusion n’appartiennent à personne en particulier ; quand bien même, l’enseignement universitaire, l’érige, pour des raisons didactiques et pédagogiques, en une discipline scientifique spécifique dévolue aux historiens. Ceci étant, quiconque détient un segment de vérité historique et qui possède le talent de l’écriture ou le don de la narration orale, possède le droit, voire le devoir de témoigner. L’histoire événementielle n’est pas toute l’histoire, aussi scrupuleusement fidèle au déroulement des faits historiques soit-elle, tant qu’elle est mutilée des valeurs idéologiques et morales, qui la sous-tendent et l’animent. L’histoire du mouvement national algérien, telle qu’elle nous est présentée à la lecture, amputée de ses dimensions essentielles et particulièrement dégradée par l’anecdotique au détriment de l’historique, n’a pas le pouvoir scientifique ni la qualité éthique de nous convier à cultiver une considération positive des acteurs de l’histoire algérienne. En effet, l’histoire algérienne est, très souvent pour ne pas dire toujours, réduite à de malencontreuses narrations anecdotiques où l’ambition suicidaire des uns le dispute sans cesse à la vanité démesurée des autres, dans des luttes fratricides, où l’égoïsme l’emporte souvent sur l’intérêt général. Tout n’est que conspirations et intrigues sur fond de sectarisme et de tribalisme. Les divergences d’opinion et l’affrontement des idées, ailleurs développées comme forces dynamiques de l’évolution des peuples, sont présentées dans l’histoire de l’Algérie comme d’irréductibles tribulations dues au choc des motivations subjectives et à l’incompatibilité caractérielle des acteurs de l’histoire nationale. L’histoire de l’Algérie, en général, celle du mouvement national algérien et de la guerre de Libération nationale, en particulier, sont écrites pour se lire comme un roman historique de facture ordinaire. Il est inimaginable pour un esprit sain d’accepter que l’histoire d’un peuple puisse être à ce point rendue insignifiante. C’est de l’enseignement de l’histoire qu’un peuple tire les raisons et la force de croire en son passé, en ses aînés et se donne la confiance en soi, les motivations positives et la volonté de se construire un présent fait de dignité et un avenir fait d’espoir. C’est certainement parce que les Algériens aspirent à cet idéal, qu’il y a en Algérie un immense besoin de l’histoire, la grande et vraie histoire, n’ont point de simples narrations des faits divers de la toute petite histoire.
A propos du témoignage de Sadi consacré aux colonels Amirouche et Haouès Je tiens à souligner qu’il n’est pas dans mes intentions de raviver inopportunément et tardivement un débat à propos duquel je ne détiens, par-devers moi, aucune donnée historique inédite. La publication du témoignage de Saïd Sadi consacré au colonel Amirouche a suscité, j’aime à le dire, plus d’enthousiasme, qu’il n’a provoqué de désapprobation. Les dénigreurs de l’ouvrage ont fait à son auteur de nombreux griefs, dont je ne retiens que quatre d’entre eux : - Le grief fait à Saïd Sadi pour «exercice illégal d’écriture de l’histoire » est d’une aberration évidente. J’ai fait, plus haut, allusion à l’inanité du droit de monopole de l’histoire que certains, par ruse inavouée, concèdent aux seuls historiens patentés, lesquels, il faut le reconnaître, n’ont pas été dupes et n’ont pas, à ma connaissance, surenchéri dans ce sens. - D’aucuns, tout en débitant des flots ininterrompus d’éloges exaltés à l’adresse de quelques personnages politiques de leur choix ont indécemment reproché à Saïd Sadi d’avoir, davantage, fait l’apologie du colonel Amirouche, que de lui avoir consacré un témoignage historique objectif. Etrange posture intellectuelle et morale que celle qui consiste à s’octroyer complaisamment le droit et la latitude de louanger en toute liberté, tout en s’évertuant à les proscrire à autrui. - D’autres ont fait à Saïd Sadi le reproche d’avoir élaboré sa version des circonstances de la mort des colonels Amirouche et Haouès à partir de données exposées sans preuves de leur véracité historique. Curieux reproche, quand on sait que ces contradicteurs n’ont fourni, ce faisant, aucune preuve tangible à l’appui de leur contre-version des mêmes faits historiques. Il ne faut point se leurrer, les circonstances de la disparition des colonels Amirouche et Haouès ne sont pas de celles dont on laisse le secret au hasard des investigations indiscrètes. Très certainement, les preuves existent, consignées quelque part, dans les archives de l’armée coloniale française. - Ceux qui ont reproché à Saïd Sadi d’avoir manqué d’objectivité et de neutralité feignent d’ignorer que l’écriture de l’histoire n’est pas vraiment le lieu de prédilection pour une démonstration idéale de l’esprit d’objectivité et de neutralité. Cette observation d’ordre purement théorique relève, à vrai dire, de la compétence académique à n’aborder qu’avec circonspection. Il faut que la sagesse et la raison triomphent et que le débat retrouve sa juste mesure. Saïd Sadi n’a pas, que je sache, produit ou voulu produire un manuel d’histoire de grande ambition savante. Il a tout juste rendu un hommage particulier à une figure emblématique de la guerre de Libération nationale. Amirouche mérite bien plus que cet humble hommage et Saïd n’a pas démérité à le lui rendre. Le reproche majeur à faire éventuellement à Sadi, s’il en est un, ne peut se rapporter qu’à la véridicité de la trame historique du témoignage. Or, ceux habilités à lui faire ce reproche de vérité, à savoir ceux qui ont combattu en Wilaya III, qui mieux que d’autres connaissent son histoire et ses hommes n’ont, à ce jour, produit aucune réserve de nature à déconsidérer le témoignage de Sadi.
La séquestration des dépouilles de Amirouche et Haouès est une abomination
La séquestration des corps des colonels Amirouche et Haouès, durant plus de vingt ans, dans une cave d’une institution militaire algérienne, est un acte sacrilège d’une très grande abomination. Un acte aussi démentiel ne pouvait être que l’œuvre d’une conscience morbide en proie aux affres de sa propre malédiction. Face à une si profonde déchéance humaine, la raison, les sentiments et la morale perdent toute leur signification ; on est, comme l’écrivait Nietzsche, le philosophe allemand, «au-delà du bien et du mal», on est dans l’anéantissement de toutes les valeurs morales et mentales. Certains contradicteurs du témoignage de Sadi, par déficit d’arguments et/ou par stratagèmes intellectuels, renvoient tout prosaïquement les circonstances de la mort des colonels Amirouche et Haouès aux avatars et aux vicissitudes d’une histoire, dont chacun propose une lecture et une interprétation propres à lui. L’énigme de la très longue séquestration des corps des deux illustres colonels, par deux fois martyrs, me dissuade de croire tout bonnement à la véracité de cette antithèse faite d’une infâme banalité. Deux questions essentielles se posent : - Pourquoi les protagonistes, au plus haut sommet du pouvoir, n’avaient-ils pas, respectant en cela, les traditions officielles établies par eux, érigé une stèle commémorative à l’époque même où fut découvert le lieu où sont tombés – morts pour la patrie – Amirouche et Haouès ? - Pourquoi avoir séquestré plus d’une vingtaine d’années leurs dépouilles dans une cave— ô comble de l’horreur ! — avant de leur offrir des sépultures décentes? Ceux qui savent, quoiqu’approximativement, répondre à cette double question, sont très peu nombreux et ils se taisent honteusement ; ceux qui ignorent tout de la question sont une véritable légion et ils épiloguent à profusion. Le silence insondable des uns et le vacarme assourdissant des autres ne peuvent pas occulter la monstrueuse réalité des faits historiques cachés.
L’Algérie aujourd’hui dans l’incertitude de demain
L’Algérie est entrée malencontreusement dans la configuration de la tourmente et de l’incertitude au lendemain même de la proclamation de sa décolonisation officielle et de la célébration populaire de son indépendance et de sa souveraineté recouvrée. Les Algériens exultaient, ils croyaient fortement que leurs rêves, forgés dans les dures épreuves plusieurs fois séculaires, allaient enfin se réaliser. Désorientés par le déferlement d’une violence surgie de là où personne ne l’attendait, le peuple impuissant, déçu et frustré, ne pouvait ou ne savait que réclamer la paix en scandant le seul mot d’ordre «Sept ans, ça suffit !», dont il avait encore le droit de jouissance. Dans leur grand désenchantement, les Algériens, les uns optimistes, par tempérament, d’autres par fatalisme, tous croyaient avec sincérité que dans une Algérie algérienne enfin gouvernée par des Algériens, la raison et la fraternité allaient naturellement triompher de l’adversité, de l’égoïsme et des haines. Ils ne tarderont pas à apprendre, à leurs dépens, que les hommes — natifs du pays ou venus d’ailleurs – qui par ambitions équivoques ou par intérêts matériels sordides s’emparent d’un pouvoir absolu par la violence l’exerceront toujours par l’usage de la force et de l’arbitraire. A proprement parler, il n’y a aucune différence dans les motivations psychologiques et les conduites politiques des uns et des autres, de nature à leur réserver des appréciations distinctives ; quand deux malfaisances sont d’un même genre et se manifestent selon une même intensité, le bon sens moral élémentaire exige qu’on les réprouve avec la même rigueur. Remonter aux conflits fratricides pour la prise du pouvoir survenus durant l’été fatidique de 1962, à la recherche de l’origine première du système politique, qui prévaut en Algérie depuis l’indépendance et des causes fondamentales du désastre national, est une démarche intellectuelle, qui ne convainc plus personne de nos jours. Non pas que cette démarche manque de pertinence ou de sens des réalités, peu s’en faut, mais parce que l’opportunisme politique est moins hasardeux que la rigueur intellectuelle. En un peu moins d’un demi-siècle de règne absolu et arbitraire, ce pouvoir politique et les hommes qui le composent ont donné la pleine mesure de leur nuisance morale et de leur insuffisance intellectuelle. Dans leur déchéance inexorable, ils ont précipité la nation algérienne dans la déshérence et la morosité et l’ont impitoyablement fourvoyée dans une impasse inextricable. Dans une contribution — intitulée Lettre à la nation algérienne, parue dans Le Soir d’Algérie des 18, 19, 20 et 21 novembre 2007 –, j’avais ébauché un état des lieux des réalités socioculturelles, économiques et politiques de l’Algérie, le constat globalement négatif et particulièrement alarmant s’est, on ne peut, aggravé depuis lors. Force est de constater que trois années après, les processus de dégradation et de régression ne font qu’empirer et s’accélérer à un rythme de plus en plus inquiétant. Nul besoin d’être un économiste émérite pour constater que les gouvernants algériens – puisque, c’est d’eux qu’il s’agit – n’ont jamais opté sérieusement pour un modèle économique définissable, cohérent et clair. Ils ont toujours excellé dans l’art facile et dangereux de la bricole, obéissant chaque fois à leurs pulsions démagogiques. La vérité historique et politique atteste que ce sont les mêmes hommes issus directement ou par filiation du coup de force de 1962, qui pérennisent le même système et règnent en maîtres sur l’Algérie d’aujourd’hui. Autrefois, ils étaient de fiers militants de l’idéal socialiste ; hier, à la stupéfaction nationale, ils se proclamaient adeptes convaincus des bienfaits de l’économie de marché ; aujourd’hui, ils s’apprêtent à professer les vertus salvatrices du patriotisme économique. C’est vrai que, pour un certain temps, la manne pétrolière leur permettra encore de se livrer impunément, hélas, à leurs agissements dilatoires. En un demi-siècle de gestion calamiteuse de l’Algérie, le délabrement économique, ou de ce qui tient lieu d’économie nationale, inscrit dans la durée, a provoqué un marasme social généralisé et un mal-être sérieux de l’homme et de la société. Ce qui est advenu aux Algériens, en ce laps de temps historique, est tout aussi singulier que vraiment consternant ; ils ont déconstruit le sanctuaire des valeurs essentielles que des générations d’anciens ont mis des siècles à construire. L’hécatombe tient de l’hallucination : déliquescence des liens sociaux, perversion des valeurs individuelles et sociales, une effarante vacuité morale, des symboles de la nation mutilés et un martyrologe profané. Le peuple algérien est, probablement pour l’une des rares fois de son histoire, confronté à lui-même, face à des horizons obstrués et à un avenir incertain. Assurément, le pire reste à craindre, car, en dépit de leur faillibilité prouvée et de leur âge bien avancé, ces gouvernants, étrangement inconscients des nuisances commises, s’obstinent ostensiblement à ne pas vouloir quitter le pouvoir et surtout la caverne d’Ali Baba.
Quelle prospective et quel avenir pour l’Algérie ?
Tenter une prospective positive et optimiste, dans ce contexte national marqué par une chienlit permanente et un désarroi généralisé, est un défi immense à la raison, et pour cause : - un peuple, qui ne crée aucune richesse significative, qui ne produit que fort peu de ce qu’il consomme, qui ne survit péniblement que par la grâce d’une rente fossile, ne saurait prétendre à un avenir fiable ; - une nation, qui a perdu ses repères essentiels, le sens élémentaire de civisme et de civilité, qui ne cultive plus les sentiments de la justice et de la solidarité, est une nation qui s’est notablement départie de tout génie d’imaginer un destin décent et de toute volonté apte à le construire ; - un peuple, qui privilégie, à toute entreprise productrice de richesses, la pratique du simple mercantilisme, source d’enrichissement rapide et d’immoralité féconde, qui importe tout ce qu’il commercialise, qui n’exporte que les hydrocarbures en raréfaction accélérée, ce peuple n’a aucune force d’affronter les rigueurs d’un Sahara en expansion mais sans gaz ni pétrole ; - une nation, dont les gouvernants inamovibles et arrogants, entretiennent la culture mortifère de la haine, de l’ostracisme et de l’intolérance, et qui, dans l’impunité totale, pratiquent avec cynisme la corruption débridée et la subordination éhontée, n’est pas une nation moralement armée pour se forger un avenir de grandeur. La passivité psychologique peu ordinaire avec laquelle le peuple endure l’agressivité virulente de ces méfaits socio-politiques, qui, de jour en jour, s’exacerbent, laisse présager que le très proche avenir algérien sera indubitablement théocratique et obscurantiste ou ne sera rien de bien définissable. Quel genre de sortilèges a-t-on jeté au peuple algérien, lui qui a démontré une longue histoire de bravoure et d’honneur, pour qu’aujourd’hui, il exhibe, au monde qui l’observe et s’étonne, une image confuse d’un peuple soumis aux lubies meurtrières d’une caste de malfrats ? En vérité, il est impossible de comprendre, qu’un peuple, hier encore valeureux et d’un attachement légendaire à sa dignité, puisse, aujourd’hui, tolérer, outre mesure, de semblables dérives et d’aussi monstrueuses forfaitures, qui, plus est, toujours commises par les mêmes gouvernants aux commandes du pays, un demi-siècle durant.
Aux anthropologues : le mot de la conclusion
Après l’histoire, la sociologie et la politique, j’en appelle à présent à l’anthropologie culturelle, non point pour conclure, mais plutôt pour m’autoriser l’occurrence de hasarder une réflexion par laquelle j’aurais dû introduire ce texte. Ceci étant, c’est probablement judicieux ainsi, car très souvent, les lecteurs retiennent mieux d’un texte les termes de sa conclusion que les énoncés de son introduction. Science de l’homme par excellence, l’anthropologie développe l’intelligence d’appréhender globalement les phénomènes humains dans l’interactivité de leurs dimensions matérielles et immatérielles. Aussi enseigne-t-elle que les peuples ne se différencient les uns des autres et ne se singularisent que par l’originalité de leur culture et de leur histoire. Les anthropologues connaisseurs avisés des peuples berbères savent que les Algériens, en dépit des apports et des influences culturels, plus ou moins contrariants ou plus ou moins significatifs, sont demeurés des hommes particulièrement épris de liberté et profondément attachés aux valeurs de justice, de solidarité sociale et de démocratie politique. Ces anthropologues savent aussi que ces valeurs supérieures ont, de tout temps, constitué le substrat éthique et le socle culturel des sociétés berbères. Par ce mot de la conclusion, je tiens à rappeler quelques vérités situées aux confins de l’anthropologie culturelle et de l’histoire de l’Algérie berbère. Pour ce faire, je me limite à ne citer très brièvement que trois témoignages d’une grande autorité : - le premier attribué à Aristote et rapporté par Eugène Guernier, dans son ouvrage ( L’Apport de l’Afrique à la pensée humaine) considérait l’organisation sociale et politique des Berbères comme «la meilleure Constitution pour éviter les excès de pouvoir, les dictatures et les révoltes populaires» ; - le second, nous le devons à Justin, historien romain, qui dans ses œuvres consacrées à l’histoire universelle, écrivait : «Des textes réglementant l’exercice du pouvoir populaire, fort ancien en Berberie, existaient bien avant le Ve siècle de notre ère.» ; - le troisième est tiré de l’ouvrage ci-dessus mentionné d’Eugène Guernier : «Il est impossible de ne pas reconnaître chez les Berbères un sens politique très avisé, une notion exacte de la pensée démocratique et un penchant vers le social, qui constituent les assises intéressantes d’une société moderne. Les civilisations, aussi bien carthaginoise que romaine, n’ont pas altéré ce caractère démocratique et social du Berbère.» N’était la fascination du pouvoir, pour les privilèges et les honneurs, qu’il prodigue ; n’étaient la vanité outrancière et l’attrait ignominieux du lucre et de la luxure exercés sur les Algériens, qui, à l’époque, détenaient la puissance armée de la décision, le peuple algérien aurait pu faire de l’instant de la décolonisation une opportunité idéale, d’une puissante densité symbolique, pour se réapproprier ces valeurs essentielles et engager une extraordinaire entreprise de renouveau national et fonder une nation viable et apaisée, juste, égalitaire et démocratique. Un peuple ne rate jamais impunément le rendez-vous majeur de son histoire, moment et lieu sanctifiés entre tous, en dehors desquels rien de grand ni de viable jamais ne se conçoit. Ainsi, subrepticement dévié de sa trajectoire naturelle de prédilection, dépossédé brutalement de sa victoire suprême remportée sur le mauvais sort plusieurs fois séculaire, frustré de ses rêves les plus chers, outragé impudiquement, le peuple algérien s’est trouvé, depuis lors, dangereusement exposé aux pires tribulations. Les Algériens, qui dédaignent tout à la fois les enseignements de l’anthropologie culturelle et de l’histoire générale et qui demeurent au stade de l’effarouchement réactionnel, se contentant de s’étonner, de vitupérer et de condamner les conduites psychosociales qui altèrent sensiblement la société et mettent en grave péril son harmonie et son équilibre, ces Algériens, par l’incomplétude de leur posture moralisante, sans réels efforts d’investigation circonstanciée des causes premières et sans volonté sérieuse d’y remédier, vouent, peut-être sans en avoir pleinement conscience, l’Algérie à une régression certaine. En beaucoup moins d’un siècle, les gouvernants algériens, par leur gabegie et leur égoïsme intempérant, auront épuisé une richesse fossile et non renouvelable, que la nature avait mis plusieurs millions d’années à produire. Un tour de force stupéfiant et une forfaiture révoltante, au regard des larges couches de la population demeurées dans un état d’extrême pauvreté. Quoi qu’il en soit, il n’est pas nécessaire d’être devin pour deviner que, dans l’état actuel de grande misère morale où nous sommes, l’épuisement imminent et drastique de la manne pétrolière n’augure, d’ores et déjà, d’aucun avenir rassurant.
Source Le Soir d’Algérie  Ahcène Bouaouiche.

Psychologue à Constantine

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 04:10

Les propos de Seddik Chihab annoncent-ils une décantation politique qui s’étendra à d’autres questions encore?

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Le RND veut défoncer la camisole dans laquelle sont enfermées les relations algéro-françaises. Seddik Chihab, l’un des membres les plus influents du bureau national du parti de Ahmed Ouyahia, a donné un avant-goût de ce que sera désormais le débat sur la question de la mémoire. «Nous avons chassé la puissance coloniale d’Algérie, nous sommes les vainqueurs et de ce fait, on n’a besoin ni du pardon de la France ni de sa repentance. Ce dont nous avons besoin, c’est de regarder vers l’avenir», a déclaré hier, M.Chihab sur les onde de la Radio nationale Chaîne III.
«La France nous demandera pardon et après...?», s’est interrogé Seddik Chihab qui est également vice-président de l’APN. Il explique que même les moudjahidine qui avaient pris les armes, eux-mêmes n’ont pas besoin d’exiger le pardon de la France. «Laissons cette question du pardon à la conscience de la société française qui la mûrira et la prendra parfaitement en charge», a ajouté ce responsable qui a suggéré une vision plus pragmatique basée sur l’intérêt et le partenariat «au lieu de palabrer et faire de cette question un fonds de commerce». Des déclarations qui font table rase avec la langue de bois sur une question qui allait devenir un tabou au sein de la classe politique nationale. Les propos de Seddik Chihab, qui sont ni plus ni moins, la position officielle du RND, annoncent-ils alors une décantation politique qui s’étendra à d’autres questions encore? L’intrusion du RND dans ce débat en question risque de mettre mal à l’aise le FLN qui a toujours fait de la question de la «mémoire» son cheval de bataille. En tout cas, il est maintenant clair que le traitement réservé au dossier des relations algéro-françaises ne fait pas consensus, du moins au niveau de l’Alliance présidentielle. A chaque occasion, le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, ne manque pas de réitérer le principe de son parti d’exiger de la France «des excuses officielles» pour ses crimes commis durant l’occupation coloniale depuis 1830. Il l’a toujours brandi comme «préalable» à toute normalisation des relations entre les deux pays. En plus du FLN, de nombreuses personnalités politiques algériennes estiment que l’obstacle majeur qui empêche un fonctionnement normal des relations algéro-françaises est directement lié à la question de la «mémoire» et le refus de la France officielle de reconnaître les crimes commis en Algérie. Ce n’est pas la vision du RND et M.Ouyahia l’a fait savoir soulignant que «l’Algérie a des intérêts avec la France et nous devons bâtir une plate-forme basée sur le respect mutuel si nous voulons aboutir à des relations d’exception», marquant ainsi sa différence d’approche avec M.Belkhadem sur cette question. Mais il aurait, selon certaines indiscrétions, longuement abordé le sujet, lors de la réception qu’il a accordée, en juin dernier, au secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, et au conseiller diplomate du président Sarkozy, Jean-David Levitte.
Par la déclaration de Seddik Chihab, le RND propose de regarder vers l’avenir car les dégâts sont déjà énormes. Il y a comme une déception entre les deux rives qui n’ont pas su reconstruire le paradis de l’après-guerre entre les deux pays. Pourtant, ce ne sont pas les exemples qui manquent. La France de De Gaulle a su faire la paix avec l’Allemagne 13 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et le Vietnam est devenu le premier partenaire des Etats-Unis malgré les stigmates, d’une guerre récente. Entre le côté passionnel et la réalité du terrain, il existe tant de choses qui rythment Alger et Paris. Il n’y a jamais eu autant de mariages entre Algériens et Français depuis ces dix dernières années, jamais eu autant d’échanges commerciaux, de rapports économiques et de circulation de personnes. En d’autres termes, jamais le couple Algérie-France n’a fonctionné aussi bien. Mais les hommes politiques semblent incapables de saisir et de comprendre les sensibilités du moment. On n’a pas suffisamment de recul pour regarder ces événements de manière calme et tranquille pour respecter les avis des uns et des autres. Quand des groupuscules d’ultras menacent d’empêcher la projection dans des salles de cinémas français d’une oeuvre artistique par le simple fait que cette oeuvre porte un regard différent sur l’Histoire (Hors-la-loi, Ndlr), il n’y a pas de doute, cela s’appelle du fanatisme. En définitive, la question a fini par glisser vers un débat d’intolérance.

Source: L’Expression Brahim Takheroubt

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 04:00

«Un seul touriste d’enlevé et on n’entendra plus parler du tourisme saharien»

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De nombreux sites touristiques ont été fermés aux étrangers pour des raisons sécuritaires. L’argument ne semble pas convaincre les agences de tourisme. Qu’en pensez-vous ?

La sécurité des touristes est capitale pour nous. Si les services de sécurité ont estimé que ces sites peuvent constituer un danger pour les touristes, c’est que la menace est réelle. Il n’est pas question de jouer avec la vie des gens. Même la France a classé le désert algérien zone orange, qu’elle a déconseillé à ses ressortissants pour des raisons de sécurité. Il faut donc prendre au sérieux le problème. Si depuis 2003 à ce jour il n’y pas eu d’incident sur le territoire algérien, c’est bien grâce aux efforts des services de sécurité. Ils sont les plus habilités à décider d’ouvrir ou de fermer une zone.

- Mais les professionnels craignent que ces fermetures tuent toutes leurs activités dans la région de Tamanrasset…

Il n’y a pas que le Hoggar et le Tassili à Tamanrasset. Il y a d’autres sites, comme la boucle de l’Ahaggar et d’Ahnit, qui sont aussi exceptionnels et riches que ceux fermés provisoirement. Nous avons demandé aux agences de faire la promotion de ces wsites pour éviter la saison blanche. Nous sommes certains que les touristes vont vraiment apprécier ces produits méconnus. Pour l’instant, il y a des risques dans les autres sites et ils sont tous au courant, à partir du moment que certains de leurs représentants avaient pris part à la réunion de la commission de sécurité, présidée par le wali.

- Pourtant, les professionnels affirment ne pas avoir été associés à ces prises de décision, ni avoir été mis au courant…

Ce n’est pas vrai. Nous les avons de tout temps informés. Ils pouvaient ne pas être au courant lorsque les services de sécurité avaient, en plein milieu de la saison écoulée, pris la décision de fermer la route Djanet-Tamanrasset et certains sites, mais pour cette saison, ils sont tous informés et devaient normalement préparer leurs programmes en prenant en compte cette nouvelle donne.

- Certains groupes de touristes ont eu leurs visas après avoir présenté leurs itinéraires qui passaient par les sites fermés. Mieux, certains devaient arriver par Tamanrasset et repartir par Djanet, mais une fois sur place, ils se sont retrouvés bloqués et de ce fait, ils se sont retournés contre le tour-operator. N’y a-t-il pas de coordination entre les services de l’administration pour éviter de tels désagréments ?

C’est aux agences de prendre les dispositions nécessaires pour éviter ce genre de situation. Ils savaient depuis février dernier que la route entre Djanet et Tamanrasset était fermée. Ils pouvaient prévoir des vols par exemple, mais ils ont maintenu leur programme tel quel. Ce qui a provoqué quelques incidents. Un seul touriste enlevé dans la région et on entendra plus jamais parler du tourisme saharien. Vous savez très bien ce qui se passe au sud de la wilaya, et le dernier rapt des sept employés d’Areva, au nord du Niger, s’est passé non loin de la frontière algérienne. Comme nous le savons, au Sahara, les frontières n’existent pas. Alors, il faut juste patienter, le temps de sécuriser certaines régions difficiles d’accès. Ce n’est qu’une crise passagère que nous surmonterons inéluctablement

Doyen des guides, El Mouden craint pour son gagne-pain

Située à une trentaine de kilomètres de la ville de Tamanrasset, Izernane est le plus proche regroupement de Touareg nomades, fixé depuis quelques années seulement.

La route qui relie cette agglomération au chef-lieu de wilaya est une piste difficilement praticable. Pour y arriver, il faut au moins trois heures en 4x4. Sa population est composée surtout de chameliers. Quelques huttes en roseaux, vestiges des anciennes maisons, entourent encore quelques maisons en dur, électrifiées. L’école fait le plein à chaque rentrée, mais le seul dispensaire du village est dépourvu du minimum nécessaire. Les urgences sont la hantise des habitants, obligés de transférer leurs malades à Tamanrasset.
A Izernane, depuis que le tourisme a repris son envol, début 2000, la population vit des chameaux. Une seule bête, louée à des touristes, fait vivre jusqu’à cinq personnes par famille. Une aubaine pour éviter les opérations d’abattage, décidées juste avant, à cause de la misère. Dans ce village, comme dans beaucoup d’autres aux alentours, il n’y a point d’activité, à part le tourisme. Responsable d’une famille d’une quinzaine de personnes, El Mouden est le doyen des guides de la région.

Cela fait plus de 40 ans qu’il fait ce métier. Il nous invite dans sa modeste maison pour nous faire part de ses craintes : «Le tourisme est notre gagne-pain. Mes enfants ne savent faire que ça. Maintenant, tout est à l’arrêt. Nous ne savons plus quoi faire ni comment vivre. J’ai mes sœurs, ses enfants, les miens et ceux de mon cousin à nourrir. Heureusement qu’il a plu cette année et que nous pourrons faire paître de nos chèvres et nos chameaux, sinon on aurait été obligés de les sacrifier faute de pouvoir les nourrir.» Trois des enfants de ce guide aguerri rejoignent la discussion. Eux aussi ont peur de l’avenir. L’oisiveté les tue, depuis le début raté de la saison. «Nous ne savons rien faire à part le tourisme. Ils ont fermé des circuits pour des raisons de sécurité et oublient que nous sommes les yeux et les oreilles de cette région. Nous savons tout ce qui se passe ici et nous pouvons retrouver les traces de n’importe quel étranger. Nous avons d’ailleurs aidé l’armée à localiser les otages de 2003 et, aujourd’hui, je peux être formel : il n’y a rien ici. Les terroristes sont au-delà de nos frontières. Il faudrait qu’ils reviennent sur leurs décisions pour nous laisser travailler. Nous ne demandons rien à l’Etat, qu’il nous laisse juste gagner notre vie au lieu d’aller voler», souligne un des fils d’El Mouden, âgé d’une trentaine d’années.                

Sommet des chefs d’État du Sahel en Libye - Un sommet et des interrogations

Rien n’a filtré sur le mini-sommet des chefs des Etats sahélo-sahariens qui s’est tenu, dimanche dernier à Syrte, en Libye,
après la clôture du 2e sommet afro-arabe.

Cette réunion, dite de «concertation sur le Sahel», a regroupé, faut-il le rappeler, le président Abdelaziz Bouteflika, le guide de la Révolution libyenne, le colonel Mouammar El Gueddafi, les chefs d’Etat de Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz, du Mali, Amadou Toumani Touré, et du Tchad,  Idriss Deby Itno. Mais on ne sait toujours rien sur les détails des discussions entre ces derniers. Pour de nombreux observateurs, il est clair que cette réunion intervient dans un contexte très particulier marqué non seulement par le trafic de cocaïne colombienne, mais également par la recrudescence des activités terroristes. L’Algérie avait convoqué, au mois de mars dernier à Alger, une réunion des ministres des Affaires étrangères de sept pays de la région, suivie d’une autre ayant regroupé les chefs d’état-major des armées du Mali, du Niger, de Mauritanie et d’Algérie, dans le but de coordonner les efforts et multiplier la coopération régionale, en matière de lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel. Un commandement militaire commun entre ces armées a été créé et installé à Tamanrasset, alors qu’un centre de renseignement sur le Sahel a été mis en place à Alger il y a quelques jours.

Complicité des autochtones

Sur le terrain, la facilité avec laquelle a eu lieu l’enlèvement de sept travailleurs d’Areva de leurs domiciles à Arlit, au nord du Niger, et la rapidité avec laquelle ces derniers ont été transférés au nord du Mali pour négocier leur libération, montrent que les phalanges d’Al Qaîda au Sahel ont gagné en nombre et en logistique grâce non seulement aux fortes rançons que les Etats leur versent, mais aussi aux complicités qu’ils achètent auprès des notables de la région de Tombouctou, Gao et Kidal, au nord du Mali.
En effet, dès l’arrivée des sept otages (employés d’Areva) à Timetrine, au nord du Mali, les négociateurs «attitrés» du palais présidentiel ont ouvert les habituels canaux de communication avec les terroristes. Hier, ils ont alerté l’AFP sur l’état de santé de la seule femme otage, qui, selon eux, a «un besoin urgent de se faire soigner d’un cancer». «Les ravisseurs d’Aqmi sont ouverts à toute négociation.» «Je reviens de chez les ravisseurs, dans le désert, où j’ai rencontré deux représentants du groupe qui les détient ; l’otage française est malade et ne peut plus rester longtemps sans soins.» Le médiateur malien a ajouté : «La femme française est malade. On nous a dit qu’elle a été soignée peu de temps avant son enlèvement, mais elle nécessite un suivi.» A en croire ces négociateurs, les ravisseurs «feront bientôt connaître leurs revendications».
Certainement une somme encore plus importante que celle payée par le gouvernement espagnol et la libération de certains de leurs acolytes détenus au Mali, en Mauritanie ou au Niger.

Mohamed Rouani. Président de l’Union nationale des associations des agences de tourisme alternatives - «Il y a une volonté de tuer dans l’œuf le tourisme saharien»

Pourquoi, selon vous, le décret régissant l’activité des agences de tourisme et de voyages et promulgué au mois de juillet dernier porte-t-il atteinte aux activités des professionnels du tourisme saharien ?

Les dispositions de ce décret sont mortelles pour le tourisme saharien. Elles ne répondent pas au mode d’exploitation, à l’éthique et à la mentalité de la culture locale. Nous activons dans une région spécifique, qui diffère totalement des régions du Nord ou des Hauts-Plateaux. Ses guides n’ont rien à voir avec ceux qui activent ailleurs.
Ce sont des locaux qui, en dépit du fait qu’ils ne sont pas instruits, connaissent comme leur poche tous les coins du désert, sa faune, sa flore et son histoire. Ils n’ont pas de diplôme, mais sont excellents dans leur métier de guide qu’ils ont appris sur le terrain. Comment peut-on leur exiger un titre, alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds à l’école ? Il y a quelques années, nous avions demandé aux autorités de leur dispenser une formation orale, mais cela n’a pas été pris en compte. Le tourisme saharien n’a rien à voir avec le tourisme de masse. C’est une activité très particulière et le décret qui vient d’être promulgué ne peut être appliqué. Si les pouvoirs publics avaient impliqué les professionnels du tourisme dans l’élaboration de ce texte, il ne serait pas dans sa version actuelle. Ce décret prévoit le retrait de la licence si une agence ne travaille pas durant une période de six mois. Or, au Sud, la saison touristique s’étale du mois d’octobre au mois d’avril. Les autres six mois, il n’y a rien du fait du climat. Allons-nous tous nous retrouver sans licence ? Plus grave, ceux qui ont rédigé ce texte n’ont prévu comme sanction que le retrait définitif de licences quelle que soit la faute. De plus, ces licences ne sont même pas transmissibles aux enfants, alors que dans la région, l’activité est plus familiale qu’individuelle. Nous apprenons à nos enfants le métier et les connaissances y afférentes, pour qu’ils les prennent en charge une fois que nous ne seront plus de ce monde.

- En tant que professionnels du tourisme, avez-vous été impliqués dans l’élaboration de ce décret ?

Jamais. A aucun moment nous n’avons été sollicités. Sa promulgation a été une grande surprise pour nous. C’est toute l’activité qui est en danger. De toute façon, nous sommes en pleine saison blanche.

- La saison s’annonce-t-elle blanche à cause de ce décret ou à cause de la situation sécuritaire ?

Il est vrai que la fermeture inexpliquée de nombreux sites du Hoggar et du Tassili, le cœur même du tourisme à Tamanrasset, a porté un sérieux coup à l’activité. L’argument sécuritaire n’est pas convaincant, d’autant que depuis 2003, il n’y a jamais eu d’incident dans la région.
 Nous aussi sommes responsables de la sécurité de nos invités. Nous ne pouvons risquer leur vie. Nous savons que des décisions de ce genre ne pouvaient être prises sans l’avis des professionnels des agences de tourisme, dont l’activité fait vivre tout un pan de la société. Cela n’a pas été le cas et nous avons subi de plein fouet les réactions brusques des services de sécurité qui ont transféré des groupes de touristes par hélicoptère des sites touristiques à la ville, sans aucune explication, et ont fermé carrément la route reliant Djanet à Tamanrasset. Il y a comme une volonté de tuer dans l’œuf le développement du tourisme saharien. C’est une catastrophe pour la région et plus de 120 agences de Ghardaïa, Tamanrasset et Djanet vont mettre les clés sous le paillasson

- Qu’allez-vous faire maintenant que ce texte est promulgué et que dans un délai de trois mois, toutes les agences doivent être conformes aux nouvelles dispositions ?

Nous effectuons actuellementdes démarches pour exposer nos préoccupations aux plus hautes autorités, à commencer par le ministre du Tourisme, puisque c’est sur rapport de ce dernier que le texte a été élaboré.
Une concertation avec les associations de Tamanrasset, Djanet et Ghardaïa est en train de se faire pour présenter un rapport commun aux autorités. Nous pensons que celles-ci vont être attentives et répondront favorablement à nos préoccupations pour sauver la saison qui s’annonce morte après les annulations de certains tour-operators, suite à la prise d’otages de Arlit, au nord du Niger.

 Source: El Watan  Salima Tlemçani

Le Pèlerin

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 03:57

Algérie - Chakib Khelil met en vente son appartement à Alger, pas ses villas aux States

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Où est donc passé Chakib Khelil ? Depuis son éviction du gouvernement le 28 mai 2010, l'ex-ministre de l'Energie et des Mines fait l'objet de diverses spéculations. On le dit en résidence surveillée en Algérie, ou bien parti aux Etats-Unis où il possède des biens immobiliers notamment dans le l'Etat Maryland.
On dit encore qu'il est privé de son passeport... Chakib Khelil se trouve toujours en Algérie, libre de ses mouvements. L’ex-ministre s’est rendu récemment à Oran par route (probablement pour éviter de croiser des gens à l'aéroport) pour rendre visite à des proches. Par ailleurs, Khelil a mis en vente son appartement de 400 m2, avec ascenseur privé, propriété qu’il a acquise auprès de Sonatrach à la résidence Chaabani, non loin du siège du ministère de l’Energie. Des informations déjà parues - jamais démenties par l'intéressé - dés juillet 2008 indiquaient que cet appartement avait été acquis pour la somme de 1,8 millions de dinars. Soit une bouchée de pain.
L'ex-ministre de l'Energie possède également plusieurs propriétés aux Etats-Unis, mais se s'est jamais expliqué sur la manière et avec quel argent il les avait acquises. D'autant plus que ces acquisitions ne sont pas antérieures à sa nomination comme ministre en décembre 1999, mais elles ont intervenues huit ans plus tard. En effet, le 24 juillet 2007, Chakib Khelil, son épouse, Najat Arafat Khelil et un entrepreneur privé, Omar Habour (cité dans le scandale de BCIA) ont acquis une propriété dans le Maryland, aux Etats-Unis, pour un montant de 1,56 millions de dollars.
Le couple a également acquis moins d'une année plus tard, le 30 juin 2008, une maison mitoyenne pour 302 000 dollars ainsi que d’une autre propriété sise en face pour cette fois-ci un montant de 300 000 dollars. En somme, l'ex-ministre et son épouse auront acquis en une année trois propriétés pour un montant total de 2,1 millions de dollars.
La législation algérienne, loi n° 06-01 du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, fait obligation aux responsables de déclarer leur patrimoine un mois après leur prise de fonction ainsi qu'à la fin du mandat ou à la cessation d'activité. Le texte stipule que «toute personne qui détient un mandat législatif, exécutif, administratif, judiciaire, ou au niveau d’une assemblée populaire locale élue, qu’elle soit nommée ou élue, à titre permanent ou temporaire, qu’elle soit rémunérée ou non, et quel que soit son niveau hiérarchique ou son ancienneté (...) toute autre personne investie d’une fonction ou d’un mandat, même temporaires, rémunérée ou non et concourt, à ce titre, au service d’un organisme public ou d’une entreprise publique, ou de toute autre entreprise dans laquelle l’Etat détient tout ou partie de son capital, ou tout autre entreprise qui assure un service public» (...) «toute autre personne définie comme agent public ou qui y est assimilée conformément à la législation et à la réglementation en vigueur» est dans l'obligation de faire une déclaration de patrimoine.
Or, Chakib Khelil, débarqué du gouvernement en mai 2010, ne s'est pas astreint à cette obligation. L'a-t-il faite en catimini? S'est-il abstenu de se conformer à la législation en vigueur?
Le texte de loi du 20 février 2006 relatif à la déclaration de patrimoine

Source DNA

Le Pèlerin

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 03:52

La région de Tamanrasset sous haute pression

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Depuis février dernier, les services de sécurité sont en état d’alerte maximum à Tamanrasset, la ville frontalière du  nord du  Mali et du Niger, deux régions en proie à une forte activité de terroristes, contrebandiers et narcotrafiquants.
Si les services de sécurité maintiennent toujours la pression, les professionnels du tourisme, les plus touchés par la situation, ne comprennent pas cette inquiétude et vont jusqu’à douter d’une quelconque menace sur la région.
Pourtant, celle-ci est bel et bien réelle, si l’on se réfère aux propos d’un officier de la région : «Des informations ont fait état d’un projet d’enlèvement de touristes au Tassili. Ces données étaient crédibles, puisque nous avions arrêté des personnes chargées de la logistique.» Notre interlocuteur précise que l’attentat a été déjoué à la dernière minute grâce à la vigilance des forces de sécurité : «L’endroit ciblé est très fréquenté par les touristes. Nous avons été obligés de les évacuer pour ne prendre aucun risque, en attendant d’arrêter tous les éléments du groupe.» Mais chez les professionnels du tourisme, cette intervention a néanmoins suscité l’incompréhension, voire la colère : «Pourquoi des mesures aussi importantes et brutales ont-elles été prises sans que nous soyons informés ? Sommes-nous aussi fous pour mettre en péril la vie des touristes ?

Nous connaissons parfaitement la région et si nous avions ressenti la moindre menace, nous aurions nous-mêmes refusé d’aller sur les sites à risque.  En 1993, lorsque la situation a commencé à se détériorer, nous avons nous-mêmes pris la décision de ne plus ramener de touristes, jusqu’en 2000», déclare M. Hamdaoui, président de l’Association des agences de tourisme de Tamanrasset. Entouré d’une vingtaine de représentants des agences locales, il explique pendant des heures les «conditions très difficiles» dans lesquelles les professionnels du tourisme exercent à Tamanrasset.
«Des touristes en bivouac ont été embarqués à bord d’hélicoptères militaires pour être acheminés vers la ville ; d’autres ont été interdits d’accès à de nombreux sites et certains ont été sommés de rebrousser chemin, sur la route Tamanrasset-Djanet, pour des raisons sécuritaires. Nous n’avons jamais été destinataires d’un quelconque document officiel notifiant ces mesures», déclare M. Hamdaoui.  
Une réaction que l’officier des services de sécurité «ne comprend pas». Pour lui, les événements qui secouent le nord du Mali et du Niger «sont suffisants pour mettre tout le monde en état d’alerte. Vous savez très bien qu’avec les rançons, les terroristes sont suffisamment riches pour offrir des sommes alléchantes à certains employés d’agences en contrepartie d’une quelconque information sur la localisation de touristes pour en faire des otages».

État d'alèrte

Il rappelle que les mesures restrictives, décidées en février dernier, avaient été  prises alors qu’un Français, M. Germaneau,  venait d’être enlevé et exécuté par ses ravisseurs, quelque temps après, à la suite de l’opération militaire mauritano-française au nord du Mali. «Le dispositif mis en place et le démantèlement des réseaux de soutien ont poussé les terroristes à agir là où l’on s’y attendait pas. Ils ont attaqué, en juillet dernier, une unité de gardes-frontières en patrouille à proximité de la bande frontalière avec le Mali, dans la région de Tinzaouatine, faisant onze victimes», indique notre interlocuteur. Ce qui a justifié le maintien des mesures «draconiennes» et «le refus catégorique» de rouvrir les sites touristiques et la route Djanet-Tamanrasset fermés aux touristes. Mieux, dès l’enlèvement des sept employés d’Areva à Arlit, au nord du Niger, la frontière avec ce pays a été carrément fermée, et ce, pendant une semaine, avant d’être rouverte «mais au compte-gouttes et uniquement aux ressortissants des deux pays», nous dit-on. «La tension est montée d’un cran à la suite de ce rapt et les militaires ont mis la pression sur les agences, dont les employés sont désormais surveillés. La suspicion et les restrictions imposées ont compromis la saison touristique et l’annulation des vols charters du tour-operator français Point Afrique a été comme un coup de grâce porté au tourisme balbutiant», souligne Mohamed, un cadre de l’administration locale. Il regrette que la commission de sécurité, présidée par le wali, n’associe pas les représentants des agences de tourisme de la région «pour plus de transparence», car, ajoute-t-il, la sécurité concerne tous les citoyens et non pas uniquement les militaires, les gendarmes et les policiers. Avis que partagent de nombreux notables touareg avec lesquels nous nous sommes entretenus.

Ces derniers ne voient pas d’un bon œil l’installation, à Tamanrasset, d’un comité commun des chefs d’état-major des armées de la Mauritanie, du Mali et du Niger, même si au fond, ils ne croient pas à des résultats probants sur le terrain. «Le terrorisme s’est installé dans la région grâce à l’argent et ne pourra en être chassé que par l’argent. Il faut que les Etats, y compris le nôtre, comprennent que la misère et la situation d’abandon que subissent les populations locales sont le terreau qui nourrit le recrutement au sein des groupes terroristes. Pour renverser la situation, il faut donner aux jeunes les chances d’une vie meilleure», déclare un  notable d’une tribu targuie. Entouré de plusieurs membres de sa communauté, il exprime son inquiétude de voir ce qui se passe au nord du Mali et du Niger contaminer les régions sud du pays, notamment Tamanrasset qui, selon lui, s’est transformée ces dernières années en un véritable eldorado pour le blanchiment de l’argent de la drogue et de la contrebande, fléaux qui évoluent dans le sillage du terrorisme dont ils profitent pour assurer la sécurité du produit du crime.
Tam, eldorado du blanchiment de l’argent de la contrebande et de la drogue
La situation d’insécurité dans la région n’a fait que multiplier les gains de plus en plus énormes de personnes qui, il y a quelques années seulement, étaient à la limite de la pauvreté.
Ces nouveaux riches sont reconnaissables aux nombreuses somptueuses villas qui poussent comme des champignons, çà et là, sans éveiller les soupçons des services du fisc. Une virée au quartier Sersou Ferraille, au centre de Tamanrasset, permet de constater de visu qu’une multitude de constructions à étages dénotent d’un goût assez porté sur un luxe d’un autre genre. De l’extérieur, certaines maisons ne paient pas de mine, mais il suffit que les lourds portails métalliques s’ouvrent pour qu’apparaissent les signes de richesse. De la faïence d’importation sur les murs, des colonnes et des dalles de sol en marbre, des climatiseurs de dernière génération dans chaque coin des pièces, des lustres en cristal, des meubles venus certainement d’Europe… bref tout pour garnir un espace sans être regardant sur les prix.

Trafic en tout genre

Dès la nuit tombée, des voitures de luxe et des 4x4 des plus puissants et récents stationnent dans les ruelles étroites qui séparent les pâtés de maison. «Le soir, le quartier devient un lieu de rencontre des fraudeurs et des ripoux en tout genre. Ils négocient les affaires, les prix, la drogue, etc. Vous voyez cette Corolla blanche ? C’est celle d’un militaire. Et l’autre, un 4x4 Toyota, appartient à un ancien élu. L’homme qui est assis à côté du chauffeur est un policier. Vous voyez, je vous ai dit qu’il y a de tout et, parfois, il est même dangereux de s’y aventurer. Jamais les services de sécurité n’ont osé faire des descentes dans le quartier, alors qu’ils savent que toutes ces richesses sont le fruit de la drogue, de la contrebande et du trafic d’armes. Certains propriétaires  n’avaient aucun sou il y a à peine cinq ou six ans. D’où ont-ils eu tout cela ?», lance Saâd, notre accompagnateur. Il a très peur. Il panique à chaque fois que des hommes enturbannés nous fixent du regard. Saâd semble connaître bon nombre d’entre eux. Il a servi de chauffeur à un contrebandier qui, une fois devenu trop riche, s’est installé à Oran où il a ouvert une société d’importation. «Je suis certain que cette société est une couverture. L’argent qu’il s’est fait ici avec la fraude lui permet de vivre et de faire vivre ses enfants sur plusieurs générations. Il a même fait dans le trafic d’armes et de drogue. Devant lui, Hadj Bettou est un enfant de chœur.  Aujourd’hui, il est devenu un hadj auquel  beaucoup vouent respect et abnégation dans l’Oranie», note Saâd.
Il nous fait faire le tour de Tam, une ville qui croule sous les ordures que broutent des troupeaux de chèvres. «La saleté prend du terrain chaque jour sans que les autorités ne lèvent le doigt. La fraude est devenue le seul secteur d’activité qui ne s’est jamais arrêté. La drogue dure se vend comme des petits pains dans chaque coin de rue. Les services de sécurité sont concentrés sur la lutte antiterroriste laissant la ville entre les mains des trafiquants», déclare Saâd d’une voix éteinte. La température en cette journée dépasse exceptionnellement les 36 degrés.

L’avenir compromis

 Saâd ne veut plus nous accompagner à In Guezzam : «Vous allez faire plus de 400 km pour rien. Les services de sécurité ne vous laisseront pas poursuivre la route vers le Niger. Ils l’ont fermée juste après l’enlèvement des sept étrangers au nord du Niger. Ils ne laissent passer que quelques ressortissants nigériens et algériens qui justifient leur déplacement. J’ai moi-même accompagné quelqu’un qui a dû rebrousser chemin», précise Saâd. Cette situation ne le réjouit pas. Il voit son avenir compromis, lui qui travaille pour une agence de voyages comme chauffeur. Depuis que les militaires ont interdit aux touristes l’accès  à de nombreux sites et que Point Afrique, le tour-operator français, a annulé ses charters sur le Sud, Saâd a très peur. «Habituellement, à cette période, je ne m’arrête pas. Mais là, je n’ai pas eu un seul travail. Je me roule les pouces et l’agence risque même de fermer», lance-t-il tristement. Le pessimisme de Saâd est légitime. Le tourisme saharien est en train de subir les dommages collatéraux du terrorisme et des décisions unilatérales prises par les autorités pour réglementer un secteur qui vient juste de reprendre son souffle. Le décret du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, régissant l’activité des agences de voyages et de tourisme, est senti par l’ensemble des professionnels de la région du Sud comme un coup de grâce : «Pour nous, ce texte est venu casser l’élan d’une activité d’un secteur pourvoyeur d’emplois. Ici, les gens sont pauvres. Ils vivent la misère. Le tourisme constitue, pour eux, une bouffée d’oxygène qui nourrit leurs enfants et leur permet de se fixer et de préserver leur cheptel. Qu’allons-nous leur offrir une fois que le tourisme sera fermé ? Ils seront obligés de faire ce que certains habitants du nord du Mali et du Niger ont fait : s’allier aux terroristes ou aux trafiquants de drogue. Nous ne voulons pas rééditer le scénario des jeunes de Djanet, qui ont pris les armes et attaqué un avion militaire. Il a fallu l’intervention des notables de la région pour les faire revenir à la raison et se rendre. Fort heureusement, ils ont écouté leurs aînés, mais allons-nous être écoutés cette fois-ci ? Je ne le pense pas. Les jeunes de Tamanrasset se sentent totalement marginalisés. Il y a un quartier qui a pour nom Kandahar, et Dieu seul sait ce qui s’y passe de jour comme de nuit. Si nous avons pu retenir tout un pan de ces jeunes à l’écart, c’est parce que le tourisme est pour eux une fenêtre sur le monde. Vous la leur fermez, ils réagiront de la manière la plus violente», lance M. Labir, président de l’APW de Tamanrasset et responsable de l’agence Dromadaire. «Nous avons de tout temps attiré l’attention du wali sur ces questions, mais il n’y avait pas de répondant. Nous pouvons reprendre la situation en main pour peu que les autorités apprennent à associer les représentants locaux lorsqu’il s’agit de décider de l’avenir de la collectivité», conclut l’élu. En dépit des propos inquiétants des uns et des réponses rassurantes des autres, Tamanrasset donne l’image d’une ville que se disputent des trafiquants en tout genre qui blanchissent le produit de leurs crimes, et des terroristes qui n’attendent que l’occasion pour faire parler d’eux et isoler davantage la région.

Source: El Watan  Salima Tlemçani

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 03:47

Mme Alliot-Marie aujourd’hui à Alger

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La ministre française de la Justice, Michèle Alliot-Marie, est attendue à Alger aujourd’hui pour une visite de travail de deux jours axée sur la coopération juridique et judiciaire, a annoncé hier le ministère algérien de la Justice, Tayeb Belaïz. Mme Alliot-Marie, accompagnée d’une importante délégation, rencontrera son homologue Tayeb Belaïz pour des discussions “sur l’évaluation de la coopération juridique et judiciaire et les possibilités de son développement et de son élargissement ainsi que sur le renforcement des relations entre les deux pays”, précise le ministère algérien dans un communiqué. Dans une déclaration à l’Assemblée nationale algérienne jeudi et rapportée samedi par le quotidien officiel El Moudjahid, M. Belaïz déclarait que “la coopération judiciaire et juridique entre Alger et Paris a donné des résultats probants”. Il l’a qualifiée d’“excellente”, notamment dans son volet de formation des magistrats. Interrogé par les députés sur la signature éventuelle de nouvelles conventions entre Alger et Paris, le garde des Sceaux algérien avait jugé que cela “n’avait pas d’utilité” puisque les conventions existantes “ont donné les résultats escomptés”. Des observateurs estiment que le non-lieu décrété le 31 août pour le diplomate Mohamed Ziane Hasseni dans l’affaire de l’assassinat de l’opposant algérien Ali Mécili “a très certainement participé à vite ouvrir les portes d’Alger à la garde des Sceaux française”. Parmi les sujets délicats et en suspens entre les deux pays, il y a aussi l’enquête sur l’assassinat des moines trappistes de Tibhirine en 1996 et l’inscription par Paris de l’Algérie sur la liste des pays à haut risque terroriste. Deux sujets qui seraient abordés lors du séjour de Mme Alliot-Marie à Alger.
La visite de Mme Alliot-Marie intervient après la visite à Alger de la secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, le 19 septembre dernier, qui avait évoqué une “nouvelle étape” dans les relations algéro-françaises, et avant la venue, fin novembre prochain, de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, chargé de faciliter et de développer les investissements bilatéraux.

Algérie-France Michèle Alliot-Marie | La brouille entre Alger et Paris se dissipe petit à petit au gré du vent favorable que souffle la sacro-sainte préservation de l’intérêt des Etats.

Michèle Alliot-Marie

La reprise de langue entre les hauts responsables du pays, depuis la venue à Alger du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, en juin dernier, a déroulé le tapis au ballet diplomatique qui a pris en premier lieu un caractère purement économique.
En effet, la visite de M. Guéant a été suivie en septembre dernier par celle de Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat française chargée du Commerce extérieur, qui avait adopté un ton plus conciliant et compréhensif envers les nouvelles orientations économiques de l’Algérie qui avaient, à un certain moment, irrité les patrons d’entreprises français.
Après la réconciliation commerciale, place à la coopération judiciaire. La très charismatique Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat, garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés, est annoncée pour une visite à Alger les 17 et 18 octobre en cours. Au menu de cette visite de deux jours figure en premier lieu la densification de la coopération judiciaire. Nul doute aussi que cette visite participe au réchauffement des relations bilatérales, sujettes depuis quelques années à des frictions et des coups de froid. La coopération judiciaire étant un volet important des échanges entre Etats, il est utile de souligner le caractère politique de cette visite, visant assurément à assainir les dossiers qui enrhument les rapports bilatéraux.
La récente relaxe du diplomate Hasseni dans l’affaire de l’assassinat de l’opposant algérien Ali Mecili a très certainement participé à vite ouvrir les portes d’Alger à la garde des Sceaux française. L’affaire Mecili n’est pas pour autant classée, l’assassinat de l’opposant algérien demeure l’otage de la raison de deux Etats et la justice française réclame toujours l’assassin de Mecili. L’autre dossier sur lequel la justice française planche aussi est celui de l’assassinat des moines trappistes de Tibhirine. Une autre affaire judiciaire qui lie les deux pays et continue à être au cœur des bouderies entre eux.
Est-ce que ces deux affaires figureront au menu des discussions de Mme Alliot-Marie avec ses interlocuteurs algériens ou bien choisira-t-elle d’éluder les questions qui fâchent pour laisser place à la pragmatique préservation des intérêts communs ? Le contentieux entre Alger et Paris ne se limite toutefois pas à ces deux affaires puisqu’il concerne aussi l’inscription de l’Algérie sur la liste des pays à haut risque terroriste et, à un moindre degré, la suspension de la révision des accords de l968 sur l’immigration.
Est-ce que Mme Alliot-Marie, qui est pressentie pour succéder au Premier ministre français, François Fillon, dépassera le cadre de ses compétences de ministre de la Justice pour évoquer toutes les questions qui restent en suspens entre Alger et Paris ? Etant passée dans le gouvernement Fillon par le ministère de la Défense et celui de l’Intérieur, pour s’occuper aujourd’hui de la Justice, Mme Alliot-Marie semble bien placée pour renouer le dialogue avec les responsables algériens sur nombre de questions, notamment sur celle de la lutte contre le terrorisme. A noter que Mme Alliot-Marie sera accompagnée, lors de sa visite à Alger, d’une forte délégation du département de la Justice ainsi que par des journalistes.

El Watan

 Source: Liberté

Le Pèlerin

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 03:45

Dans notre société, le célibat est comme le tabagisme. Il est plus critiqué au féminin qu’au masculin.

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Effarant! «41% des femmes âgées entre 25 à 49 ans ne sont pas encore mariées. Les zones rurales sont les plus touchées par le phénomène du célibat».
C’est par ce chiffre et constat alarmant qu’a entamé Dalila Iamarène-Djarbel, sociologue et membre du réseau Wassila, son intervention à l’émission «Femme et avenir», diffusée hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. Tradition oblige, les femmes issues de ces régions ont du mal à trouver un compagnon. Entre problème de logement, chômage, la priorité aux études supérieures et la vie professionnelle au détriment de la vie en couple...le mariage a de plus en plus de quoi justifier son retard.
Les universités et lycées regorgent de filles. L’invitée de la radio argue mordicus que le célibat féminin n’est pas un «phénomène spécifique à l’Algérie».
A l’exception de la Palestine, où la moyenne d’âge du mariage des filles est à 26 ans, tous les pays arabes sont concernés. A la question de savoir sur quels critères se base actuellement le mariage, Mme Djarbel a affirmé que souvent «c’est la famille qui décide». Et d’ajouter: «Les jeunes filles et garçons sont exclus de la décision». Ce choix à contre-coeur se solde parfois par un divorce prématuré. C’est le déchirement, pour l’un comme pour l’autre. Abondant dans ce sens, le membre du réseau Wassila appuie sa réponse en affirmant: «La conception de la relation entre la femme et l’homme est actuellement basée sur le principe de perpétuer les liens familiaux.»
Un chemin qui, selon ses dires, est parsemé d’épines. Dans une autre optique, la sociologue a longtemps insisté sur le fait que le mariage ne doit pas être le seul destin de la femme. Etayant ses propos, elle affirme qu’actuellement «la femme est assignée à la famille.» Dans notre société, le célibat est comme le tabagisme. Il est plus critiqué au féminin qu’au masculin. Certaines filles admettent leur situation tandis que d’autres endurent le martyre.
Des témoignages? Linda, dont les propos sont rapportés par la radio, estime qu’être célibataire est devenu un fait courant. «Trouver un bon mari de nos jours est rarissime», dit-elle. Son futur époux, poursuit la jeune fille, doit accepter ses conditions. Lesquelles? «Je veux vivre dans mon propre appartement et garder l’argent pour mon compte». N’est-elle pas très exigeante? «Je préfère vivre seule que mal accompagnée», rétorque-t-elle. La sociologue estime que ces propos illustrent fort pertinemment la situation d’une fille qui travaille. «Cette fille a d’autres objectifs qui précédent le mariage. Elle veut être heureuse», explique la spécialiste. Et de dénoncer: «Contrairement à l’homme, on n’arrive pas à donner un statut à la femme célibataire». Dans son intervention, Mme Djarbel appelle les filles «à ne plus attendre l’homme qui frappe à leur porte pour demander leur main. Il faut que ça change, les filles doivent être les initiatrices d’une éventuelle relation».
Est-ce possible dans une société aussi réservée que la nôtre? Peu probable. Quant au recours de certaines filles à des charlatans dans le but de mettre fin à leur célibat, l’invitée de la radio trouve cette pratique comme «une arme des faibles». En termes de statistiques, on rappelle que la proportion des femmes non mariées, dont la tranche d’âge est comprise entre 25 et 33 ans, représente plus de 52%.

Source: L’Expression Fouad Irnatene

Le Pèlerin

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