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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 07:41

Poésie – De qui s’agit-il ?

Que peut-il ? Tout.
Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie
eût changé la face de la France,
de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France
et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;
ne pouvant créer, il décrète ; il cherche
à donner le change sur sa nullité ; c'est
le mouvement perpétuel ; mais, hélas !
cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise du pouvoir
a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit
et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme,
il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,

lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé.
Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit Réédité chez Actes Sud
Avouez que vous pensiez à un autre...
Le Pèlerin

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 07:40

Les mesures de la LFC 2010 sont “peu propices”

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Les récentes mesures prises pour limiter les importations pèsent sur la consommation des ménages et sur l’activité du secteur privé, selon le dernier panorama des risques établi par la Coface.

“En 2010, la reprise est portée par le rebond de la production d’hydrocarbures qui s’ajuste à une demande extérieure en hausse progressive et aux quotas décidés par l’Opep. L’économie pourrait, cependant, pâtir d’une demande européenne de gaz plus faible que prévu. Hors hydrocarbures, l’activité devrait continuer à progresser à un rythme honorable, soutenue par les dépenses publiques.” C’est ce que relève la Coface dans son dernier panorama des risques publié le 3 octobre dernier. La Coface précise que depuis décembre 2005, l’Algérie est accréditée de la note A4. La note pays (@rating) indique dans quelle mesure un engagement financier d'une entreprise est influencé par les perspectives économiques, financières et politiques du pays concerné. Concernant l’Algérie, du point de vue de la Coface, les perspectives politiques et économiques peuvent être marquées par quelques fragilités. Une relative volatilité de l'environnement des affaires est susceptible d'affecter les comportements de paiement, la probabilité moyenne que cela conduise à un défaut de paiement restant acceptable. Le document indique que “les revenus pétroliers mis en réserve au cours des années précédentes dans le Fonds de régulation des recettes (FRR) permettent de poursuivre un vaste programme d’investissements publics (infrastructures et habitat)”. En revanche, souligne-t-on, les récentes mesures prises pour limiter les importations pèsent sur la consommation des ménages et sur l’activité du secteur privé.

“Baisse des revenus pétroliers et politique expansionniste ont fait apparaître un déficit public en 2009, qui devrait perdurer en 2010, malgré la remontée des cours du baril. Les réserves du FRR (60 milliards de dollars) sont, néanmoins, suffisantes pour financer ces déficits. Le pays a, en outre, un très faible endettement public, ce qui lui fournit une marge de manœuvre  certaine”, indique la Coface. “Par ailleurs, avec le rebond des exportations, la situation financière extérieure solide doit être confortée par d’imposantes réserves de changes. De plus, une politique active de désendettement extérieur, par le remboursement anticipé de la dette rééchelonnée et l’interdiction faite aux entreprises d’emprunter à l’étranger, a ramené les ratios afférents à des niveaux très faibles”, ajoute le document.

La Coface rappelle que des mesures de protectionnisme visant les importations et les investissements étrangers ont été introduites fin juillet 2009, dans le cadre de la loi de finances complémentaire (LFC). “La LFC de fin août 2010 a légèrement assoupli certaines de ces mesures, tout en introduisant de nouvelles dispositions contraignantes”, relève le panorama. Pour la Coface, “ces restrictions sont peu propices, à court terme, à une amélioration de l’environnement des affaires et, à plus long terme, au développement de l’économie”.

Dans un panorama des risques, publié le 19 juillet dernier, l’assureur-crédit à l’exportation français, tout en maintenant la note risque pays A4, avait annoncé avoir mis sous surveillance négative la note B, environnement des affaires de l’Algérie.  La Coface indique que “les politiques restrictives à l’égard des importations et des investissements directs étrangers justifient la mise sous surveillance négative de la note B, environnement des affaires”, relevant une dégradation du climat des affaires depuis 2009. La note B veut dire que l’environnement des affaires est moyen. La fiabilité et la disponibilité des bilans d’entreprise sont très variables. Le recouvrement de créances est parfois difficile. Les institutions présentent certaines fragilités. Les entreprises évoluent dans un cadre instable ou peu performant. C’est un facteur de risques à prendre en compte pour les transactions interentreprises.  Pour la Coface, les mesures prises pour limiter les importations et les sorties de capitaux pénalisent les opérateurs, en renchérissant et en retardant leurs approvisionnements. Elles ont, en outre, accru le poids d’une bureaucratie déjà trop important. Le climat des affaires pâtit également, indique la Coface, des restrictions s’appliquant aux investissements étrangers, qui rend le pays de moins en moins attractif alors que l’économie en a le plus grand besoin pour créer des emplois et de la croissance. 

Source Liberté Meziane Rabhi

Le Pèlerin

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 07:26

Algérie – France - Dieu, les hommes et les hors la loi

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L’apaisement entre l’Algérie et la France est-il encore possible?

«Il faut relever ce peuple, il faut cesser de le parquer dans son Coran (..) il faut que la France lui donne, je me trompe, lui laisse donner l’Evangile, ou qu’elle le chasse dans les déserts, loin du monde civilisé....Hors de là, tout sera un palliatif insuffisant et impuissant». Cardinal Lavigerie

«Imaginons quatre millions d’Allemands ou de Russes établis en France par le droit du plus fort et mettant en coupe réglée un pays exsangue, se ménageant un revenu moyen vingt fois supérieur au nôtre et tous les privilèges d’une caste supérieure. Imaginons l’indigénat, les élections truquées, l’arbitraire policier, la ségrégation raciale, Imaginons la misère noire, la famine et la maladie, la brutalité des rapports humains, l’analphabétisme, la haine. La révolte éclatera. On s’apercevra alors que les victimes des révoltés sont les victimes de la France,». R. Bonnaud.Revue Esprit: Juin1957

Voilà en quelques phrases, résumés 132 ans de déni de dignité, de massacres et de racisme mais aussi de prosélytisme débridé. Le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb résume jusqu’à la caricature le déni de dignité. Le film est articulé autour de trois faits: la dépossession de la terre vers 1926 (la loi Warnier date de plus de cinquante ans plus tôt). Le deuxième évènement est le déroulement des massacres du 8 Mai 1945. Pour rappel, selon les sources françaises il y aura 10.000 à 15.000 morts du côté algérien et 106 morts parmi les Européens. Selon les sources algériennes, il y aura plus de 45.000 morts dans les jours qui vont suivre. L’enquête du général Tubert, le 16 mai, confirme les chiffres de quelques milliers de morts avancés par le général Duval le «bourreau de la ville» de Sétif. Par ailleurs, des arrestations massives vont être opérées dont celles des principaux dirigeants nationalistes. La répression judiciaire est confiée à des cours martiales, elle aboutit à 4560 arrestations, 1307 condamnations, dont 99 à mort et 64 aux travaux forcés à perpetuité. Certains, déportés à Cayenne, et qui ont fait souche dans ce pays, reviendront en Algérie après l’Indépendance.

Ces «Français» d’ailleurs

Qu’a-t-on reproché à ce film? De n’avoir pas parlé de la centaine de morts européens? Il est curieux de constater que les détracteurs du film sont les plus grands laudateurs du mythe de l’Algérie française et sont en fait des émigrés de la première, de la deuxième ou de la troisième génération. Rachid Bouchareb décrit en six minutes sur deux heures les prémisses de la Guerre d’Algérie par les massacres de Sétif. (1)

Qui en est le porte-drapeau? Il y a d’abord Hubert Falco, le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants dont les ascendants sont italiens. Il fait examiner le film de Bouchareb pour voir s’il est conforme aux «faits historiques» à la demande d’un deuxième émigré de la deuxième génération, le député Lionel Luca, fils d’un émigré roumain qui s’engagera dans la Légion étrangère. Lionel Luca est de ceux ayant âprement défendu l’article 4 de la loi du 23 février 2005. Il y a enfin le beur (l’arabe chrétien) le député Elie Aboud né le 12 octobre 1959 à Beyrouth (Liban) et qui en rajoute selon le fameux principe. «Etre plus royaliste que le roi». Elie Aboud, qui a fait sa carrière en caressant les pulsions revanchardes de l’électorat nostalgique, Rachid Bouchareb a beau rappeler que le film est un film de fiction, une saga qui raconte l’histoire de trois frères algériens et de leur mère sur une période de plus de trente-cinq ans, du milieu des années trente à l’indépendance de l’Algérie en 1962. Hors-la-loi est une fiction. On n’a jamais reproché à Francis Ford Coppola, le réalisateur d’Apocalypse Now, de n’avoir pas filmé la guerre du Vietnam dans l’ordre où elle devait être racontée.´´» (1)

L’historien Gilles Manceron a relevé quelques inexactitudes historiques de la part du réalisateur. Pour lui: «Cette polémique témoigne d’un phénomène qu’on connaît déjà, c’est-à-dire l’existence de milieux nostalgiques de la colonisation qui sont portés par l’extrême droite, mais qui sont aussi représentés au sein même de la majorité politique actuelle en France (...). Il y a un discours selon lequel il faut que la France regarde son passé, y compris les pages sombres de ce passé, et les reconnaisse, notamment tout ce qui renvoie à l’histoire coloniale et à l’histoire franco-algérienne; et puis il y a l’idée selon laquelle il n’y a rien à regretter du point de vue de ce passé colonial qui serait une oeuvre positive. A mon avis, la reconnaissance est inévitable, la France ne pourra que le faire parce que c’est intenable d’être dans la dénégation.» (2)

Le troisième repère est celui du 17 Octobre 1961. Il me semble que le film a pris trop de liberté avec la réalité, le titre lui-même ne parle pas de la guerre en Algérie, mais en France où on ne parle pas de hors la loi. De plus, l’idéologue ne correspond pas avec une figure connue et reconnue de la Fédération de France qui a porté à bout de bras le combat du FLN en France à la fois contre le MNA (symbolisé d’une façon rapide par un cafetier étranglé) et contre le pouvoir français (on ne voit que l’assassinat du commissaire). Par contre, l’épisode qui consiste à faire rentrer les armes est digne de Dillinger. Brutalement après cela, deux des trois frères meurent et le film se termine par l’indépendance de l’Algérie. Au-delà de l’effort fait pour présenter une fiction qui décrit une partie du calvaire algérien, on peut se demander quel est le degré de fidélité a ce film par rapport à la réalité de ceux qui l’ont vécu. Bouchareb dit s’être entretenu avec des militants qui ont vécu les évènements. A-t-il lu, aussi, deux ouvrages de référence: La 7e Wilaya de Maître Ali Haroun et l’ouvrage de Omar Boudaoud qui fut pendant cinq ans à la tête de la Fédération de France? Les deux ouvrages sont parus aux éditions Casbah. Pas un mot des réseaux de Francis Jeanson, Hubert Curiel, et des «porteurs de valises» réduits à des personnes anonymes comptant des billets de banque. Pas un mot des religieux qui aidèrent la révolution. Ces dialogues auraient pu donner une dimension humaine au film pour faire paraître la justesse de la lutte pour l’indépendance comme une cause naturelle qui a des défenseurs même chez les citoyens français. En toute honnêteté, ce film n’a pas la densité de La Bataille d’Alger ou mieux encore de Chronique des années de braise et de L’Opium et le bâton voire plus simplement du premier film de Bouchareb Indigènes.

Le film Hors-la-loi est sorti concomitamment avec le film Des Hommes et des Dieux mais est-ce un hasard? Ou une manoeuvre pour contrecarrer l’éventuelle consécration du film Hors-la-loi? Nous avons voulu comprendre en dehors de toute manipulation que nous ne pouvons pas exclure- continuer à entretenir la vision d’une Algérie à feu et à sang qui s’en prend à de paisibles religieux- le fond du film. En dehors de l’unanimité de façade, il y a quelque chose qui remue dans ce film. Le film Des Hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois, évoque les trois dernières années de la vie des moines trappistes du monastère de Tibhirine, jusqu’à leur assassinat en 1996, et relance les nombreuses questions autour de ce massacre, qui avait suscité une forte émotion à l’époque et qui reste entouré de mystère. Fondé en 1938, le monastère trappiste de Tibhirine est situé au cœur des montagnes de l’Atlas, dans la région de Médéa. Très intégrés et proches de la population à laquelle ils apportent notamment une aide médicale, les moines se consacrent à la prière et vivent du travail de la terre. Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, à 1h15, une vingtaine de personnes pénètrent de force dans l’enceinte du monastère, où ils enlèvent sept moines. L’enlèvement des religieux français est revendiqué le 18 avril par Djamel Zitouni, chef du Groupe islamique armé (GIA). Le 21 mai, un communiqué attribué au GIA annonce la mort des moines.(3)

Catholiques ou non, les comédiens ont, à la demande de Xavier Beauvois, fait précéder le tournage d’une retraite dans une abbaye. Plus exactement à l’abbaye de Tamié (Savoie), où, au début de l’été 2009, il traîne ses comédiens pour une retraite de quelques jours. Là-bas, on ne parle pas. Jamais. On écoute. Ainsi, quand l’équipe débarque, à l’automne 2009, au monastère bénédictin de Tioumliline, au Maroc, les acteurs, sont véritablement devenus des moines. Il règne une étrange ambiance. Sérénité et recueillement. L’armée marocaine, elle, se plie aux exigences du cinéaste. Il a ainsi pu dresser un mât avec le drapeau algérien et coller des stickers de l’armée algérienne sur leurs hélicoptères. Ovationné et récompensé à Cannes, plébiscité par la presse, le film célèbre, à travers la mémoire des moines disparus, l’homme et la vie. Le film de Xavier Beauvois ne traite pas de la foi ou de la religion, mais de l’engagement. Et l’athée comme le croyant et le footballeur, y trouveront source de réflexion et l’écho de leur propre existence.

Une scène poignante

Parmi les moines de Tibhirine il y a avait

2 anciens militaires qui ont fait la guerre d’Algérie: Christian de Chergé, le Père prieur supérieur du monastère qui fut sous-lieutenant appelé dans un régiment de cavalerie qui a sévi dans l’Ouest algérien de 1959 à 1961 et le «frère Jean-Pierre» qui servait au 8e Rpima à peu près à la même époque. Le thème du sacrifice, voire du martyre, devient peu à peu majeur. La fiction épouse alors l’histoire, avec la lecture, en voix off, d’extraits de la lettre-testament du prieur des moines de Tibhirine, Christian de Chergé, qui aborde cette éventualité d’une mort violente qu’il n’aurait pas recherchée. Sans montrer le dénouement de l’histoire, la mort des moines et les conditions dans lesquelles elle s’est produite, Xavier Beauvois montre l’essentiel: le choix difficile, fait en conscience par ces hommes, de rester au monastère et dans cette région, quels que soient les risques encourus Ce thème du sacrifice culmine dans une séquence évoquant la dernière Cène: la caméra, dans une émouvante série de travellings, dépeint le visage des moines, lors d’un repas qui suit leur décision de ne pas partir. Accompagnée par la musique du Lac des Cygnes, de Tchaïkovski, cette scène est considérée, par plusieurs observateurs, comme l’une des plus poignantes du film.

Nous avons voulu connaître le cheminement du Père supérieur, Christian de Chergé (1937-1996), religieux français trappiste. On apprend que Christian de Chergé a passé une partie de son enfance à Alger où son père est commandant au 67e Régiment d’artillerie d’Afrique.

Il revient en Algérie en 1959 comme jeune officier, et il se souviendra toujours d’avoir eu la vie sauve au cours d’une embuscade grâce à un Algérien qui risqua sa vie pour le sauver: Mohamed, un musulman garde champêtre, père de dix enfants.

À Christian qui lui avait promis de prier pour lui, Mohamed avait répondu: «Je sais que tu prieras pour moi. Mais vois-tu, les chrétiens ne savent pas prier!» «Dans le sang de cet ami, j’ai su que mon appel à suivre le Christ devrait trouver à se vivre, tôt ou tard, dans le pays même où m’avait été donné le gage de l’amour le plus grand.» Après la guerre, il est ordonné prêtre en l’église Saint-Sulpice de Paris en 1964. En 1984, l’Abbaye Notre-Dame de l’Atlas devient un simple prieuré. Il en est élu, en 1984, prieur titulaire. Il avait une connaissance approfondie et une grande estime pour l’Islam et la culture arabe, et connaissait en plus de la langue arabe plusieurs autres langues, dont le latin, le grec et l’hébreu (4).»

Sa vie durant, il n’aura de cesse d’approfondir cette foi dans une unité entre les deux religions. Il étudiera et méditera les sourates du Coran relatives à «Jésus, fils de Marie», aux «Gens du Livre» et aux chrétiens, comparera les termes des deux religions, les concepts, comme celui de la Miséricorde et du «Miséricordieux», «Ar Rahman», et «Rahma» Miséricorde (bonté)). Il travaillera sur un des principaux noms d’Allah, le Dhikr et sur la parabole des Vierges folles et des Vierges sages. Il cherchera à percer la clef du mystère de la place de l’Islam dans le «Mystère du Salut», il aimait commenter cette sourate du Coran: «Ceux qui sont les plus disposés à sympathiser avec les musulmans sont les hommes qui disent: «Nous sommes des chrétiens.» Cela tient à ce que ces derniers ont parmi eux des prêtres et des moines et à ce qu’ils ne font pas montre d’orgueil.» (Coran, 5, 82). (4)

Nous sommes troublés en découvrant cette importante dimension mystique de ces moines qui ont fait vœu de pauvreté, de compassion devant la détresse humaine et qui, d’une certaine façon, ont voulu se repentir devant Dieu de la faute de ces conquérants imbus de la certitude qu’ils appartiennent à la race supérieure. Les deux films décrivent les deux faces d’un engagement, celui de l’intellectuel du film Hors-la-loi pour qui la conduite de la révolution devait primer sur les parcours de chacun, et celui du religieux qui se place dans une dimension de sacrifice individuel pour expier une faute celle de la France coloniale mais aussi une rédemption personnelle qui fait qu’au-delà des parcours religieux de chacun il y a certainement de la place pour un lien «une ribat as salem», «un lien de paix» qu’avait appelé de ses vœux Christian de Chergé. La relation algéro française est «prise en otage» par ceux qui trouvent leur compte dans ce flou où chacun y trouve son compte. En France, ce sera les nostalgériques du «bon temps des colonies» qui arrivent encore à mobiliser et à être un électorat sur lequel la droite comme la gauche compte... En Algérie, nous sommes encore englués dans une vision monolithique et dans l’attente d’une écriture sereine de l’Histoire trois fois millénaire du pays et dont la partie concernant le huitième envahisseur qu’a été l’invasion coloniale attend aussi d’être écrite. C’est à cette condition que l’on pourra parler de relations apaisées entre l’Algérie et la France.

1. C.E. Chitour: Hors la loi «coloniale»: Brève histoire d’un passé qui ne passe pas L’Expression mai 2010

2. Nadjia Bouzeghrane - Gilles Manceron:

«Le film est dénigré pour de mauvaises raisons» El Watan 5 mai 2010

3 Treize ans après, le massacre de Tibhirine suscite toujours le trouble. Le Monde.fr 11 09 2010

4. Père Christian de Chergé: Encyclopédie libre Wikipédia

Source L’Expression Pr Chems Eddine Chitour

Le Pèlerin

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 07:25

Plus de 3,1 millions de tonnes déjà acheminées vers l’Algérie

moisson

 

Les pays du Maghreb consomment chaque année plus de 17 millions de tonnes de blé, et la consommation par habitant est l’une des plus élevées au monde, selon les statistiques de France Export Céréales, présentées hier à Alger à l’occasion des Rencontres franco-algériennes des céréales. Pour 2010, l’Algérie, qui représente le plus gros marché du Maghreb, a déjà importé plus de 3,1 millions de tonnes de France, le traditionnel fournisseur de la région.

Se référant aux statistiques du Centre international des céréales, la même source a affirmé que «plus de 60 % des quantités consommées dans les pays du Maghreb proviennent des importations en raison des conditions climatiques de ces pays qui resteront structurellement importateurs dans les années à venir». Le blé dur au Maghreb est destiné à la production des semoules, pâtes, pains et pâtisseries.

La France, qui est le cinquième producteur mondial de blé avec 35,5 millions de tonnes de blé tendre et deux millions de tonnes de blé dur en 2010, demeure le principal fournisseur des pays de la région, notamment l’Algérie, qui a importé 3,7 millions de tonnes de blé tendre français en 2009, selon le président de France Export Céréales, Jean-Pierre Langlois-Berthelot.

Pour l’année en cours, le représentant du Syndicat français du commerce extérieur des céréales, Frédéric Guillemin, a indiqué que la France dispose d’une quantité importante de 11,50 millions de tonnes à exporter vers le Maghreb, dont 3,1 millions de tonnes ont déjà été acheminée vers le marché algérien.

Expliquant le recours fréquent des pays maghrébins à la France, M. Guillemin a souligné que «la proximité géographique de la France donne un avantage logistique indéniable par rapport à d’autres pays producteurs tels les Etats-Unis, le Canada et l’Argentine».

Dans le même ordre d’idées, le représentant de l’Institut du végétal, Arvalis, Jean-Philippe Leygue, a confirmé que le bassin méditerranéen est la principale destination des exportations françaises de céréales d’autant que la France est le premier pays exportateur céréalier de l’Union européenne.

Dans cette région, l’Algérie représente l’un des plus gros marchés puisqu’elle absorbe 10 % des exportations françaises dans le pourtour méditerranéen, presque le même taux que celui de l’Espagne et de la Belgique (13 %), contrairement au Maroc (5 %) et l’Egypte (3%). L’orateur a précisé que la plus grande partie de la production française est destinée au marché extérieur. En effet, sur les 35 millions de tonnes de blé tendre, une tonne sur deux est exportée.

Par ailleurs, sur les deux millions de tonnes de blé dur produites, deux quarts sont destinés à l’export, soit 1,5 million de tonnes. Pour la récolte céréalière 2009-2010, la France a produit 35,5 million de tonnes de blé tendre dont 27 millions de tonnes exportées, confirmant sa place d’important producteur et de fournisseur sur les marchés internationaux. Par ailleurs, l’absence de la Russie sur le marché mondial en raison de la sécheresse qui a endommagé sa récolte, laisse le champ libre à la France et à d’autre pays exportateurs comme les Etats-Unis.

Source Le jeune indépendant Z.M.

Le Pèlerin

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 07:10

Algérie - Classements mondiaux des universités  Pourquoi l’Algérie est-elle parmi les derniers de la classe ?

universite algerie

 

Pourquoi les universités algériennes sont-elles si mauvaises dans les classements mondiaux, à l’image du prestigieux et très influent palmarès pékinois Shanghai ?
«Il est impératif de s’adapter aux critères d’évaluation et de classement universels», a plaidé, la semaine dernière, le professeur Hamouli de la direction de la recherche scientifique, qui analysait les causes de nos mauvais classements.
Ce responsable, qui animait une communication lors des assises nationales de mathématiques qu’a abrité l’université de Béjaïa, a affirmé que «ce classement de Shanghai était, certes, critiquable, mais puisqu’on ne pouvait changer les indicateurs, il valait mieux nous adapter».
L’université algérienne doit se conformer aux standards internationaux pour pouvoir gagner des places. Pour ce faire, nos universités devront désormais améliorer leurs performances sous tous leurs aspects pour pouvoir gagner des places sur le classement Shanghai. Le classement établi, depuis 2003, par l’université chinoise de Jiao-Tong de Shanghai se base sur des critères tels le nombre de publications dans deux revues scientifiques et le nombre de prix Nobel attribués aux étudiants et aux équipes pédagogiques.
«La nouvelle stratégie vise désormais à accroître la visibilité du travail de nos universités et chercheurs», prône M. Sellami, directeur de la programmation de la recherche, de l’évaluation et de la prospective au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Aux yeux de ce responsable, «beaucoup de travaux de nos chercheurs et universitaires ne sont pas visibles». Cap donc sur la mise en place d’instruments de communication efficaces. Pour ce faire, un portail web est en projet pour y mettre toute la production. Aussi, pour améliorer la communication, une cyber-infrastructure sera mise en place à travers le réseau ARN. «L’Algérie compte 880 laboratoires de recherche qui comptabilisent, en 2010, 23 119 publications internationales», se félicite le professeur Hafid Aourag, directeur de la recherche scientifique et du développement technologique.
Mais ce que ne précise pas le professeur Aourag – et c’est ce qui compte le plus dans le classement Shanghai – c’est le nombre de publications éditées dans une revue britannique, notamment Nature, ou américaine, Science Magazine. Aucune mention non plus sur le nombre d’articles indexés dans l’analyse bibliométrique de la base de downnées internationale Scopus de Elsevier.
La première faculté algérienne à figurer dans le classement Shanghai d’août 2010 est l’université Aboubakr Belkaïd de Tlemcen, qui vient au 3509e rang.
L’Algérie loin derrière l’Égypte et le Maroc
Elle est loin derrière la première université américaine du Caire (Egypte), qui occupe la 466e place. L’université de Tlemcen arrive aussi derrière la marocaine Cadi Ayyad University, classée 1359e. 23 universités algériennes (sur 46) viennent avant leurs homologues tunisiennes. L’université de Sousse, la première en Tunisie, arrive à la… 6719e place. L’Algérie peut donc se targuer de faire mieux que la Tunisie, mais est-ce suffisant ? Loin s’en faut. Il ne suffit pas de publier, encore faut-il le faire sur des canaux reconnus mondialement.
Premier critère d’adaptation : mieux vaut publier en anglais. «Les universités anglophones seraient favorisées.
Les revues francophones ne seraient pas mieux prises en compte», observe M. Hamouli. Même s’il est devenu souhaitable, dans certains secteurs scientifiques, de publier dans une revue britannique ou américaine, la promotion de travaux se fait également lors de conférences ou dans des revues non anglo-saxonnes, et ce, pour des raisons multiples (coût, accessibilité, pertinence, impact, etc.).
Il faut donc vite s’adapter à ce classement chinois. «L’Arabie Saoudite alloue jusqu’à 70 000 dollars de prime d’encouragement à tout chercheur saoudien qui publierait dans le Web Of science», révèle M. Hamouli, comme pour montrer un bon exemple d’encouragement.
Autre inconvénient : la recherche en Algérie se fait davantage dans les instituts de recherche que dans les universités et/ou lorsqu’elle se fait au sein d’unités mixtes (et complexes pour les outils de recherche) associant une université à plusieurs instituts de recherche, la paternité des publications qui en sont issues n’est pas toujours mise en avant de façon clairement reconnaissable. On peut donc raisonnablement penser que le nombre de citations prises en compte pour chacune de nos universités est très faible. D’où le scepticisme de certains à voir le projet du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de faire émerger 12 pôles d’excellence pour pouvoir améliorer les possibilités de glaner des places au palmarès.
Le classement Shanghai ne favorise pas les universités, centres de recherche ou écoles travaillant en réseau, comme c’est l’objectif escompté à travers la création de pôles d’excellence. Il y a donc un gros travail de communication à faire pour rendre visibles les travaux qui seront menés dans le cadre des projets prévus par les 34 programmes nationaux de recherche et autres programmes de coopération internationale. Autre point à améliorer : l’attractivité de nos universités. Pour cela, des bourses sont prévues pour attirer les chercheurs et thésards algériens établis à l’étranger. Aussi, la direction de la recherche scientifique annonce un plan visant à «recruter 3000 chercheurs d’ici à 2012». «L’objectif du secteur de la recherche, qui est doté de 100 milliards de dinars de budget quinquennal, vise l’implication de plus de 28 000 enseignants-chercheurs aux côtés de 4500 chercheurs permanents à l’horizon 2012», s’enthousiasme la direction de la recherche.
Le financement est conséquent, l’élément humain sera renforcé, mais est-ce pour autant que la qualité y sera ? Pas si sûr. M. Sellami prône, en tout cas, la promotion «d’un label de qualité scientifique universellement reconnu». Il est vrai que l’entrée pour tous à l’université a fait des dégâts. Parce que la sélection qui ne se fait pas à l’entrée doit se faire bien après. Le rapport nombre d’entrées/nombre de doctorants pénalise considérablement l’université algérienne. La permission donnée à un très grand nombre d’élèves d’entrer à l’université quand autant en sort sans diplôme et sans emploi a montré ses limites.
Source El Watan Cherif Lahdiri

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 23:58

Algérie - Tissu industriel et grands projets d’avenir

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Il reste à l’Algérie une quinzaine d’années pour devenir un pays dit émergent. C’est une période très courte, alors que les défis économiques, sociaux, industriels et culturels sont colossaux. Dans 15 ans, l’Algérie ne sera plus un pays exportateur de pétrole et sa population sera de l’ordre de 50 millions d’habitants, dont 35 à 38 vivront sur une bande côtière d’à peine 150 km de profondeur à partir de la mer. Certes, les gouvernants algériens ont pris les décisions opportunes en injectant environ 600 milliards de dinars dans la réhabilitation des structures économiques et sociales, le développement de l’économie de l’immatériel (dont les Ntic ne sont qu’une des composantes). Même si l’Ecole algérienne se débat et continuera à se débattre dans de grandes difficultés (le ministre en charge du secteur ne doit pas se poser en victime d’un mauvais procès instruit contre lui; il a hérité en 1993 d’une situation passablement calamiteuse), la création de lycées préparatoires aux grandes écoles, l’instauration d’un numerus clausus a minima à l’entrée de l’Université, le partenariat que les grandes Ecoles algériennes seront nécessairement conduites à nouer avec les plus prestigieuses universités du monde; tout cela autorise à garder un espoir raisonnable dans les chances de redressement du système éducatif algérien. Tous les pays comparables sont engagés aujourd’hui dans une compétition mondiale pour la suprématie technologique. La compétition en est de plus en plus âpre. Les entreprises multinationales évoluent avec une rapidité qui n’a pas de précédent dans l’histoire, cependant que la demande de matières premières explose littéralement. Il est évidemment anormal qu’entre 1999 et 2010, il n’ait pas été proposé l’ombre d’une stratégie industrielle au pays, situation qui apparaît rétrospectivement d’autant plus choquante qu’un état des lieux exhaustif des forces et faiblesses de l’industrie algérienne avait été dressé en 1998. L’opinion publique attend du ministre actuel de l’Industrie et de l’Investissement, grand commis de l’Etat, qu’il s’exprime sur ce sujet, au moment où l’Afrique du Sud et la Turquie et bientôt le Maroc et la Tunisie ne se contentent plus de fabriquer des produits conçus par d’autres mais cherchent à innover dans les domaines de haute technologie et se lancent dans des productions à haute valeur ajoutée. Comment rattraper 12 années de retard venues s’ajouter à 20 ans d’impérities économiques et industrielles voulues par les successeurs de Houari Boumediène qui ont précipité ce pays dans un ravin.

Priorité à la recherche et à l’innovation

Seul un effort massif dans la recherche et l’innovation, à l’instar de ce qu’entreprennent sans désemparer les Etats émergents que l’Algérie a vocation à rejoindre (pour peu que nos concitoyens le veuillent vraiment et pas seulement le gouvernement), permettra à l’Algérie d’accélérer sa croissance et de garantir la pérennité de son modèle social, aujourd’hui financé exclusivement par la fiscalité pétrolière. Seule une culture de l’excellence, des scientifiques de grande valeur dans l’ensemble des domaines (y compris dans les sciences sociales et humaines afin que les Algériens comprennent enfin le monde dans lequel ils vivent et ses évolutions prévisibles), des ingénieurs réputés, un tissu d’entreprises utilisant de hautes technologies et un système éducatif en pointe (à l’école, au collège et au lycée) habiliteront notre pays à rompre véritablement avec la logique rentière dans laquelle l’Algérie s’est embourbée, depuis le début des années 1980, sans pouvoir jamais annuler ou seulement réduire son retard. Mais point de nouvelle politique industrielle sans recherche fondamentale. Le défi qui est posé à nos gouvernants (Cf. les mises en garde régulières depuis un an du Pr Chitour dans ces colonnes) est de créer des emplois hautement qualifiés, afin que des entreprises comme Snvi, Sonatrach, Sonelgaz, Cosider, Air Algérie, etc. ne soient pas happées par la mondialisation galopante (personne ne peut, a priori, exclure une OPA étrangère inamicale sur telle ou telle de nos grandes entreprises) ou leur rentabilité à ce point affectée, que l’Etat lui-même reconsidèrerait son rôle d’actionnaire unique. L’ensemble des pouvoirs publics ne doivent pas être obnubilés par le nombre de PME/PMI à créer d’ici 2014, ou obsédés par le niveau de participation du capital local à la réalisation des marchés publics, surtout si l’objectif de l’efficacité est perdu de vue. Il faudra surtout se préoccuper de la mise à niveau de toutes les entreprises algériennes sans exception (y compris celles qui ont noué des partenariats avec des entreprises étrangères), dès lors que, adhésion prochaine de l’Algérie à l’OMC ou pas, l’ouverture de notre économie est déjà une réalité depuis au moins 15 ans. Aucune évaluation objective n’a encore été entreprise de la mise à niveau de nos entreprises. Qu’entend-on par mise à niveau? La capacité de nos entreprises à satisfaire en biens et services une demande globale interne qui se porte prioritairement sur les produits étrangers? La capacité de nos entrepreneurs à exporter? Le montant des exportations hors hydrocarbures qui devait atteindre deux (2) milliards de dollars en 2000, sera de moins de 700 millions de dollars en 2010, alors qu’il aurait dû dépasser les 10 milliards de dollars au regard de tous les ajustements, restructurations, mises à niveau, privatisations, cessions partielles d’actifs, privatisations engagés depuis 1995. Certes, les gouvernements successifs depuis 1999 n’endossent pas toute la responsabilité de cette situation, mais le moment est largement venu de mobiliser tout le pays (y compris la migration très hautement qualifiée qui a exprimé mille fois sa disponibilité à servir son pays) pour faire face aux défis de demain. En 2015, il sera trop tard. Chaque Algérien doit en avoir conscience, car aucun magicien ne sera au rendez-vous de ce moment-là pour sauver l’Algérie.

Quelle politique industrielle?

Si l’Algérie avait des traditions industrielles ancrées, l’Etat n’aurait pas à décider à la place des industriels des produits à développer, des alliances à nouer ou des marchés à conquérir. Il aurait seulement la responsabilité de créer un environnement propice au développement de grands projets industriels. Et sa stratégie se fût limitée à énoncer un nombre déterminé de programmes, d’une taille significative (dans une perspective de rentabilité) et de se prononcer sur les technologies à adopter. Il n’en est malheureusement rien et sur les secteurs prioritaires comme l’énergie, la santé, les TIC, les transports non polluants et sécurisés, l’Algérie dispose d’atouts mineurs. Quelques questions viennent à l’esprit; elles n’épuisent pas cependant le spectre des incertitudes liées au devenir économique du pays.

1. Faut-il créer une Agence spécialement dédiée au développement industriel et confiée à des experts algériens à la compétence avérée (il en existe au minimum un millier sur l’ensemble du territoire national et quelques milliers à l’étranger) disposant de tous les moyens pour élaborer et suivre une stratégie industrielle véritable, en rupture avec le bricolage qui a prévalu jusqu’ici?

2. L’Algérie peut-elle d’ores et déjà orienter le tissu industriel national vers les secteurs à haute intensité technologique, sachant que ce sont eux qui créeront les emplois de demain (les dispositifs Ansej, Anjem et Cnac s’avèreront très vite inadaptés et sont déjà budgétivores).

3. L’Etat algérien peut-il se donner les moyens de lancer de grands projets d’avenir ainsi que des programmes dont l’horizon dépasserait la capacité nationale de projection de nos finances publiques?

4. Si le partenariat euro-méditerranéen a une raison d’être, c’est bien dans le développement des programmes pour répondre aux défis de l’environnement et des changements climatiques (pile à combustibles, énergie solaire, voiture propre). D’autres pistes peuvent également être explorées comme le perfectionnement de moteurs de recherche multimédias sur Internet, la téléphonie mobile, les terminaux multimédias, les équipements d’imagerie de nouvelle génération pour identifier et traiter des maladies dont l’étiologie reste encore mystérieuse.
En résumé, toutes les institutions de recherche algériennes et les grandes entreprises doivent nouer des partenariats stratégiques avec les pôles industriels et de recherche non seulement de pays européens mais aussi du Maroc, de la Tunisie, de l’Egypte et de la Turquie. Il revient à l’Etat algérien de faire du territoire national, un espace d’attraction pour les investissements étrangers stratégiques, par-delà la nécessité des ajustements dont la LFC pour 2010 sera le siège. Il n’y a plus une seconde à perdre.

Source L’Expression Ali Mebroukine

alimebroukine@yahoo.com

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 23:38

  Santé - En finir avec le mal de dos

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Santé. 8 français sur 10 souffrent de problèmes de dos. Parmi ces derniers une grande majorité de maladies professionnelles. La cram lance une campagne de prévention pour gérer l'un des plus grands maux des français.

  «Tiens-toi droit ». Le conseil de papa ou de grand-papa enjoignant les enfants à se redresser surtout à table ne sont plus de mise. Dommage pour le dos agressé dès l'enfance par un ennemi de poids : le cartable. Aujourd'hui le sac de 10 kilos que les enfants de sixième transportent sur leurs épaules d'un cours à l'autre toute la journée n'arrange pas le dos de ces pauvres mômes. À quelques jours des vacances de Pâques, ils en ont vraiment plein le dos

 « Tiens-toi droit ». Voici que face à l'ordinateur la lithanie ancestrale a soudain un pouvoir magique. Mais le mal est souvent déjà fait. Cervivalgies, syndrome de la coiffe des rotateurs, lombalgies etc. La liste des - TMS - troubles musculosquelettiques du membre supérieur est longue. La CRAM (Caisse régionale d'assurance maladie) qui participe toute la semaine à la semaine prévention des TMS s'est fixée pour objectif de sensibiliser les entreprises sur la démarche de prévention. Guy Hourriez chargé du projet de prévention des TMS dans la région Midi-Pyrénées explique : « Les troubles musculosquelettiques du membre supérieur représentent 70 % des maladies professionnelles et les troubles musculosquelettiques du dos 75 %. Ils représentent 93 % des jours d'arrêt de travail soit 7 millions de jours d'arrêt de travail sur une année..»

Aux maladies professionnelles, s'ajoutent les (mauvais) gestes répétitifs d'une maman portant ses enfants, les mauvaises postures pour bricoler ou jardiner etc.Les cabinets de médecins sont remplis de pathologies musculosquelettiques. Plus de 80 % des Français en souffrent. Quelques conseils pour avoir bon dos.

Comment gérer les situations à risqu 

Jardiner et bricoler.

Les conseils de Jérôme Goust qui assure la rubrique « jardinage » le jeudi pour jardiner sans mal de dos. Respectez quelques règles simples : changez souvent de position. Alternez les activités au ras du sol et debout. Ne gardez pas longtemps la même posture. Travaillez de face, le corps et les membres en position moyenne, en semi-flexion. Évitez les positions extrêmes : ni en extension, ni en flexion, ni en torsion.

Côté outils, un bon manche doit être adapté à votre taille.

Après une bonne séance de jardinage ou de bricolage (ces conseils s'adressent aussi aux bricoleurs) il est temps de reposer son dos. La meilleure position est de s'allonger sur une surface plane et rigide avec un petit coussin sous la nuque.

Se coucher.

Éviter les matelas mous et les traversins classiques . Adapter de préférence un sommier tapissier et un matelas dur, sinon interposer entre le matelas et le sommier une planche. Pour la tête, choisir un petit oreiller individuel et moelleux de 50 cm de long sur 30 cm de large.

S'asseoir.

Evitez les sièges trop mous, trop bas, sans appuis lombaires. Un bon siège doit avoir un dossier perpendiculaire.

Ramasser un objet.

Fléchir les membres inférieurs, la colonne vertébrale doit rester droite. Ce sont les jambes qui travaillent.

Conduire

Évitez de conduire bras tendus. L'assise doit être ferme tout le rachis doit appuyer contre le dossier. Utilisez des sièges à suspension adaptée, réglés et entretenus. Ne roulez pas plus de 2 heures sans quelques minutes d'arrêt pour vous étirer, bouger ou marcher.

Travailler devant un ordinateur.

Une souris et un clavier trop éloignés présentent des risques pour le canal carpien. Un écran placé en dessous ou en dessus de l'axe de vision provoque une contrainte cervicale. Bougez et étirez-vous de temps en temps.

Pour travailler sur ordinateur, l'idéal est d'avoir un accessoire qui supporte les bras. D’autres paramètres sont à prendre en compte bien entendu, mais il ne faut pas oublier que les membres supérieurs soulevés en avant sont maintenus par la colonne vertébrale. Il faut compenser cela à

 l'aide d'un support : siège équipé d’appuis coudes, accessoire à installer sur son bureau, etc...

Téléphoner

En cas d'antécédents cervicaux, le médecin du travail peut demander pour vous une oreillette ou un casque. Ainsi, vous éviterez de coincer le téléphone entre votre oreille et votre épaule, pour prendre des notes.

Faire La Vaisselle

Avoir les jambes un peu écartées devant l'évier pour se balancer simplement d'un pied sur l'autre si vous avez besoin d'attraper un plat.

Faire l'amour.

C'est une activité physique comme une autre qui permet donc de libérer des endorphines toujours apaisantes. Mais n'oubliez pas que le dos aime travailler dans son axe. Une femme qui a mal au dos choisira la position du missionnaire à plat dos, ou la levrette. Un homme qui a mal au dos préférera que sa partenaire adopte la position de la cavalière, plus confortable pour lui…

Source La Dépêche du Midi

Le Pèlerin

 

 

 

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 23:25

La liberté de pensée

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C’est le titre d’une célèbre chanson de Florent Pagny, c’est aussi le titre d’un traité philosophique de Voltaire en 1760, mais en ce qui me concerne, je la situe dans le contexte universitaire dans lequel j’évolue.

Pascal nous dit que la pensée fait la grandeur de l’homme, car elle lui permet de se représenter ce qu’il est, de se représenter le réel par concepts. Conjuguée à la liberté, elle repousse les limites de notre cerveau à produire de l’intellect. Le processus de mondialisation qui accélère les changements économiques et sociaux devrait s’accompagner de celui du renouvellement des ressources intellectuelles puisées dans les gisements naturels des laboratoires de recherche, des vagues successives de diplômés universitaires, des nouvelles idées qui émanent de débats contradictoires à travers les associations apolitiques et civiles, des découvertes scientifiques et technologiques qui ont un impact réel et positif sur le bien-être de la population. La formation de l’esprit critique doit commencer dès le plus jeune âge, cependant, le but de mon article est de montrer que ce n’est malheureusement pas dans ce sens que l’on le dirige.

Subordonner l’aspect scientifique aux contraintes et procédures administratives caractérisées par la rigidité, la lourdeur bureaucratique, l’arbitraire (parfois) et le manque d’ouverture spirituelle est de nature à briser les élans et les velléités progressistes et prospectives. Il est difficile d’imaginer l’avenir de l’université si la gestion, telle que conçue par certains, laisse peu de latitude aux sous-responsables qui peuvent être évincés plus pour des raisons d’indocilité que d’incompétence, si on n’arrive pas à dissocier le phénomène de valorisation de la recherche de celui des méthodes et balises qui y conduisent, si ceux qui ont à cœur de nous faire sortir de cette inertie n’ont pas droit (ou plutôt voix) au chapitre, et si le flou persiste pour savoir qui est au service de quoi. Dans les pays communistes, les intellectuels sont poursuivis pour leurs opinions bourgeoises dès qu’elles s’écartent de la doctrine du parti et de la propagande officielle, la liberté de penser est réduite par la censure du pouvoir en Iran où la presse est soigneusement muselée. Les pays préfèrent rechercher le profit à court terme en culminant les compétences utiles et rapides à fabriquer, ils renoncent imprudemment à l’investissement à long terme qu’est celui de la formation de base et de la curiosité scientifique nourrie par la capacité d’exercer « librement » son esprit critique, de pouvoir comparer avant de choisir sur la base de critères viables.

Ne pas sortir des sentiers battus semble être le maître mot que cela soit au niveau pédagogique, scientifique ou managérial. En effet, l’université demeurée au fil des siècles parmi les rares endroits à l’abri des expressions de force, un lieu où des discours qui professent paradoxalement l’ouverture, est en train de glisser vers un mode à la caserne, où le chef, le professeur, l’agent… ont toujours raison, vers une mise au pas (à l’instar de celle de la société) qui fait craindre des lendemains peu reluisants. Les outils aussi bien que les démarches sont de plus en plus imposés, et par conséquent de plus en plus contestés (les protestations font tache d’huile), réduisant la liberté de pensée, et par ricochet, celle d’agir aux plus simples expressions. Privant les jeunes cadres de réaliser des projets novateurs, marginalisant les compétences qui se dressent en opposition, ce dirigisme fatal est en contradiction avec l’ouverture du savoir et l’objectif de produire des citoyens démocrates ; sans conviction, l’aspect exécutoire prime sur le rationnel. Ce système, une fois mis en place, est autoréplicatif, il se reproduit telle une épidémie à tous les niveaux.

L’étudiant se voit disposer d’une série de faits sans avoir la perspicacité de juger, on assiste à des cours magistraux ternes qui n’intéressent plus, on n’y assiste qu’occasionnellement, où les paradoxes peuvent passer sans soulever le moindre étonnement, sans feed-back, sans participation active, et sans questions-réponses. Ceux qui s’aventurent à comprendre ou s’expriment correctement en français sont tels des extraterrestres, taxés de phénomènes étranges, pointés du doigt s’ils ne sont pas carrément écartés. Par leur soif de percer les mystères de la nature, ils dérangent la quiétude des gardiens du temple du conservatisme nationalo-linguistique. Au niveau pédagogique, l’étudiant, une fois ses modules acquis et par la rareté des explorations académiques hors période de travail (avez-vous vu un jeune bouquiner pendant les vacances ?), il a déjà tout oublié ; à la prochaine rentrée universitaire, il aura entre temps « formaté » son cerveau et suivi une cure d’apprentissage à l’envers. Il n’y a pas de mécanisme de construction des connaissances et d’apprentissage qui facilite leur assimilation par couches, ni leur mémorisation à long terme. Le gestionnaire tétanisé se doit d’appliquer à la lettre les instructions venant d’en haut, et l’enseignant, apeuré par un excès de prudence dans l’exercice de ses pensées, est astreint d’appliquer un contenu peu adapté pour ne pas dire caduque dont il n’est pas imprégné et dont il ne fait souvent pas l’effort d’actualiser.

Les copies, les travaux pratiques, les langages de programmation doivent être conformes à ce que veut l’enseignant. Le contenu des programmes a sacrifié les aspects qui stimulaient l’esprit critique au profit de ce qui aide à avoir des bonnes notes, c’est-à-dire des modèles façonnés et des prototypes prêts à l’emploi, et les sujets d’examen deviennent impossibles à traiter dès que les exercices ne sont pas des reproductions - où on a pris le soin de changer les données - des fiches de travaux dirigés. L’absence cruelle d’imagination commence à l’école par la rédaction ou bien l’expression écrite qui est souvent une simple réorganisation des phrases dans le bon ordre. Dans un marasme durable, tout est objet finalement ; pour tout un chacun et parce qu’on lui dit qu’il n’a pas la maturité pour le faire, il se trouve que l’on a décidé pour lui, réfléchi à sa place et résolu son problème sans considération de cette dimension humaine qui fait la différence pour qualifier ses porteurs d’intelligents. Le résultat est désolant : au lieu d’apprendre à convaincre, nous avons appris à être convaincus ! Nos capés, au contact des autres civilisations, ont du mal à avouer leur ignorance, ou pire encore, s’exprimer correctement dans une langue.

L’étudiant algérien (ce n’était pas le cas il y a quelques années) parti poursuivre ses études à l’étranger, a-t-il les prédispositions nécessaires lorsqu’il se retrouve pantois dans un système impitoyable ayant peu de choses communes avec celui qui l’a formé ? Dépourvu de l’essentiel, c’est-à-dire du sens de l’analyse et celui des responsabilités, il aura tardivement et à ses dépens, à travers la vacuité de ses connaissances pratiques et l’impuissance de son argumentation, compris que réussir n’est pas seulement avoir un diplôme. Cette déficience l’empêche ici en Algérie d’intégrer facilement le milieu professionnel pour lequel il est destiné. Avoir un diplôme - prenez l’exemple du bac cette année - ne lui aura pas servi à grand-chose, pas même à avoir un niveau intellectuel correct, quant aux entreprises, elles éprouvent le manque d’initiatives de ses managers comme un sérieux handicap.

Mon père, n’ayant même pas réussi sa sixième du temps de la France, savait quand même rédiger une lettre. Je revois son image des heures durant, plongé dans son journal avec ses grosses lunettes de presbyte, manifestant de temps à autre des signes de désolation. En lisant une de mes étudiantes un jour, les fautes de français qui ont bourré sa copie donnaient à sourire. Le fou rire passé, je me suis dit que ce n’est pas de sa faute ; enfin pas toute à fait. Est-ce la fierté du système éducatif de nous fournir des bacheliers en quantité ne sachant pas trop quoi en faire ? Comment avec des élèves ayant poireauté des mois aux portes des lycées, une dernière place dans les olympiades des mathématiques, et des librairies transformées en pizzerias (le dernier exemple est celui de l’espace Noûn à Alger), interpréter et être fier de ce chiffre de 61% de réussite au bac ? (la rumeur circule déjà que l’an prochain, il sera encore meilleur). Je viens de lire que pour accéder en pharmacie, il faut avoir 15.94 de moyenne, j’ai alors imaginé un amphi plein à craquer de mention « très bien ». C’est très bien, diriez-vous, une situation que nous envierait n’importe quelle université étrangère ! Quelle aubaine pour les profs de pharmacie ! Par quel miracle s’est réveillé le génie qui est en nous ? Les parents ne sont pas dupes, il n’y a pas de quoi s’enorgueillir, ils savent que ce satisfecit est un leurre et qu’on ne fait que retarder l’échéance fatidique. Arrêtons de nous voiler la face !

Comment dans un système où la fraude tente à s’institutionnaliser, où un accès aux formations spécialisées (genre post-graduations) arrive à contourner sans scrupules l’égalité des chances, pouvoir assurer une intégrité et une crédibilité d’un diplôme ? Heureusement, il se trouve toujours quelques brillants étudiants qui s’accrochent aussi bien ici qu’à l’étranger, grâce également au milieu familial duquel ils sont issus, et qui a su préserver leur attachement à la modernité. C’est d’ailleurs pour ce noyau d’étudiants dont la vigilance objectera toujours aux pratiques qui nous font reculer qu’on a plaisir à travailler. Même les productions scientifiques ne sont pas épargnées. Censées apporter du sang neuf dans les perspectives et les retombées de la recherche, elles sont souvent redondantes et peuvent échapper à la logique ou à la rigueur scientifique. En quantité au détriment de la qualité, objets de business, écrites souvent dans le but de soutenir une thèse, elles ne collent pas avec les préoccupations majeures des entreprises économiques, ou les aspirations réelles de la société. Elles ne sont plus l’aboutissement du travail de recherche, elles en deviennent le but. Pourtant dans l’histoire des sciences, beaucoup d’exemples montrent que c’est en réfutant les thèses et les préjugés du moment fussent-ils écrits par les maîtres, que les grandes découvertes ont eu lieu ; ennemis de l’imprimature, les scientifiques refusaient d’admettre une vérité comme étant définitivement absolue. « Ce n’est pas en cherchant à améliorer la bougie qu’on a inventé l’ampoule électrique », écrit E. Brezin. A l’image de la société où la peur et la résignation ont déjà neutralisé la mobilisation citoyenne et syndicale, la disparition de cet esprit « socratique » ayant presque été constatée à toutes les échelles de la formation, l’université plus que jamais fragilisée dans sa vocation universaliste ne récolte que le produit du système.

Elle laisse ainsi la place à la médiocrité qui ne se fait pas prier pour s’installer car elle suggère désormais l’étouffement des voix discordantes, la place à un immobilisme routinier qui plombe le quotidien et bloque l’horloge du développement. Le divorce entre savoir et culture est patent, il ne faut pas s’attendre - sauf si un sursaut révolutionnaire changera notre mode de perception et nos mentalités - à l’émergence d’une génération mue par la volonté d’innover et capable d’accepter la diversité ou discuter les opinions d’autrui. Cloîtrés (dans le sens hermétiques), habitués à la fainéantise et assommés par la langue de bois, - néanmoins bien perméables aux idées noires ou d’un autre âge -, arrivera un jour où nous renoncerons de penser librement même si la démocratie nous sera offerte ! La période du terrorisme nous a suffisamment indiqué pourquoi il est si facile de manier les esprits crédules pour en faire des machines à tuer. Les populations ont dû subir le diktat des émirs autoproclamés. Niant simplement la valeur de la vie, des centaines (ou des milliers) d’adolescents étaient prêts à l’endoctrinement car n’ayant pas cette aptitude de discernement entre le bien et le mal, stigmatisant les effets et les produits du modernisme comme une matérialisation satanique. Afin d’étayer mes propos, voici un extrait typique d’un écrivain contemporain : « Le reste du monde peut faire de la science, et nous musulmans pouvant la découvrir de nouveau dans le Coran ». Au lieu de nous démontrer que les visions modernistes résonnent harmonieusement avec les crédos islamistes d’une approche réformiste qui nous pousse à travailler, on nous dit que rien ne sert de se creuser les méninges, tout a été prévu.

Sous prétexte parfois qu’il y a risque pour la croyance et pour la stabilité du système à investir les lacunes des connaissances scientifiques, cette léthargie généralisée a tué l’imagination créatrice et figé le moule de la réflexion, ainsi elle affecte la régénération des systèmes de pensée, de raisonnement et de preuve logique. Sans vouloir verser dans l’alarmisme, ceux qui malheureusement règnent en force, ce sont les adeptes de « la nature a horreur du changement ». Pour admettre qu’il est difficile de rompre avec les méthodes du passé, il n’a pas bougé depuis trente ans, pourquoi l’APN est grippée, pourquoi on maintient telle personne à son poste, sur quelle base telle autre est primée, ou alors ce qui se passe pour notre équipe de football, comment sélectionner un sélectionneur ; au lieu d’avoir des objectifs plus ambitieux d’aller de l’avant (celui de marquer des buts), on reste sur la défensive. Après tout cela, on se demande pourquoi le pays, avec toutes ses potentialités, n’avance pas ?

Plus grave encore, la prétendue croyance est une autre chape de plomb, un quitus pour accéder à certains privilèges ; ce prurit de vertu enveloppé dans du wahabisme sectaire est servi pour justifier la non -raison. Ne pouvant s’affranchir d’idéologie sous jacente ni éviter de sombrer dans une démonstration mystique ou fondamentaliste, se sont libérés au contraire tous les effluves du rejet qui nourrit la rancune, l’extrémisme et la haine ; le dogme de la pensée unique continue d’inspirer pas mal de décideurs zélés qui sentent le danger d’une dé-pérennisation. Ne pouvant résister à l’ambiance rentière, les autres qui passent leur temps à graviter autour du système clanique en attendant leur désignation portent la responsabilité de former ou gérer l’élite de la nation. « La science n’est pas un tas de faits, comme une maison n’est pas un tas de briques », disait Poincarré ; elle n’est pas un processus mécanique, elle repose sur des intuitions individuelles et des consensus ensemblistes, ce n’est donc pas fortuit si la pensée créative s’est appliquée d’abord à la pensée scientifique avant de s’étendre au domaine artistique.

Quand j’étais jeune, je jouais au legos, ce jeu danois qui stimule la réorganisation des pièces afin de construire et de donner libre cours à son imagination. A quoi jouent nos enfants aujourd’hui ? Au pistolet, au gendarme, aux jeux vidéo interdits pour leurs scènes de violence, des heures à surfer ou chatter sur internet sans la moindre utilité ou enrichissement des connaissances… tout ce qui peut abêtir les jeunes de notre époque est l’unique moyen de se défouler. Il faut rechercher peut-être parmi les causes des accidents, cette attitude de défouloir sur les routes comme l’effet d’une des frustrations vécues par les nouveaux permis notamment les plus jeunes, assimilés à des permis de tuer. Dénués de cet exercice intellectuel indépendant de toute forme de pression, celui à même de provoquer leur esprit et d’éveiller leur potentialité en matière d’intelligence, combien jouent aux échecs et aux mots croisés ? La ferveur autour des discussions ou réunions enrichissantes avec des personnalités du domaine (verrouillage médiatique aidant) décline de manière inexorable, et la jeunesse laquelle aucun ordre ne pouvait satisfaire, a perdu beaucoup de terrain, elle a perdu cette spontanéité, cette confiance en soi, et ce caractère rebelle qui a toujours fait sa personnalité. Aux rares appels à l’ouverture dans toutes ses formes, le système dans une totale indifférence lui répond par une surdité nonchalante.

Il y a des propositions de supprimer des programmes tout ce qui est jugé « superflu » : c’est-à-dire l’histoire, la géographie, la philosophie, le français,… Le raisonnement est tout simple : « Répétez après moi, répetez… » Puisqu’il s’agit d’apprendre sans comprendre, autant s’en passer. Dans cette logique, on n’a pas besoin de savoir compter puisqu’il y a la calculatrice, nos enfants vont à l’école plus pour nous faire plaisir car l’ingéniosité (ou la qafza) se mesure par la capacité d’user de la fraude pour gravir les échelons ou s’enrichir de manière illicite par des subterfuges qui violent la loi, ils établissent que les normes de la réussite sociale sont presque inversement proportionnels au nombre d’années d’études. Dans un souci d’aller vite en besogne afin d’accroitre le PIB, il faut une élite technologique, avec des connaissances très pointues, des « robots » téléguidés incapables de sortir de la sphère dans laquelle ils ont été conçus. Cela pour dire que le développement ne se résume pas uniquement en l’acquisition et la consommation des produits technologiques, clés en main, s’il nous manque le savoir-vivre, le sens de l’observation, les principes d’éthique, le civisme et le mode d’emploi. De quoi sont faits les cours d’éducation civile ou le contenu des prêches religieux ? Ont-ils une conséquence positive sur l’éducation de nos enfants et nos adultes ?

Axées sur l’enseignement civique et la culture générale en adéquation avec la réalité de l’environnement, au contraire des approches pragmatiques mettent plus l’accent sur l’instruction des relations et la mobilisation des concepts que sur les notions enseignées. Que ce soit en chimie ou dans la théorie des systèmes, les liaisons ont plus de valeur que les composants. Le diamant est fait d’atomes de carbones. La maitrise des liens entre concepts est le seul moyen d’assurer une grande stabilité, d’en intégrer de nouveaux sans faire appel uniquement à la mémoire et au « par-coeurisme » béat. Entre deux étudiants, l’un ayant récité texto sa leçon, et l’autre tenté d’en exprimer le sens, je vous laisse deviner à qui on donne présentement la meilleure note ? « L’imagination est plus importante que les connaissances », dixit A.Einstein. Les priorités de développement évoluant sans cesse, nous avons toujours essayé de les calquer sur les pays européens alors que ni nos besoins ni nos moyens humains et matériels ne sont les mêmes. Cela témoigne du fait que nous avons tendance à tout importer (ou télécharger) : les schémas stéréotypés élaborés ailleurs, les programmes de licence et master, la bureaucratie, l’obscurantisme de certains illuminés véhiculé par des livres subversifs… du bon, du mauvais avec plus de mauvais que de bon.

Des efforts démesurés sont consacrés à cette adaptation (système LMD) de modèles « standards », phénomène de mode oblige, sans une évaluation objective de tous les paramètres, sans y associer tous les acteurs et sans vision à long terme sur le plan socio-économique et des filières sont supprimées sans faire de bilan. Est-ce que nos enseignants, tous paliers confondus sont en mesure d’inculquer aux jeunes générations les bases du véritable progrès ? Avant de le transmettre aux autres, il faut d’abord le discuter, adhérer à ses principes ! Le progrès ne se décrète pas par simple auto satisfaction en dopant les chiffres si choisir n’est qu’une illusion. Les projets louables de promotion de la recherche ne trouveront des échos que si leur finalité devient la quête de qualité, l’exploitation optimale des richesses et vaincre notre isolement scientifique et culturel. A-t-on aujourd’hui, avec tous les moyens qu’on met à la disposition, des laboratoires censés être le vivier de la matière grise, un cadre adéquat et un objectif pour une mentalité de la recherche ? Quel type de chercheur pourrait bâtir l’Algérie de demain si des dispositifs liberticides jalonnent son parcours ? C’est en encourageant en premier lieu le chercheur que l’on saura assoir une politique viable et efficace de la recherche. En somme, orienter le modèle de la pensée qui se retrouve assujettie à un canevas tout dessiné, ou restreindre les déplacements à l’étranger comme vient de le prôner cette nouvelle mesure du ministère constituent des entraves à cette liberté (sujet du thème de cet article) et confortent la thèse d’un autoritarisme gangrénant.

Il ne faut cependant pas confondre liberté et anarchie ; les enseignants sauront faire la part des choses entre une organisation structurée et devant obéir à une charte, et un abus qui s’érige en monopole (même scientifique) et qui va à l’encontre de la mondialisation. Les étudiants sauront faire la distinction entre indiscipline et liberté en respectant les règlements internes et l’avis des autres, différent soit-il. Il est possible, dans la légalité, d’oser bousculer l’ordre établi, de dénoncer sans braver l’interdit, de reconstruire cette solidarité dissoute. Le Coran, loi divine et suprême, utilisé à bon escient, tout en insistant sur le respect de la chose immuable, n’exhorte-t-il pas les croyants à étudier la nature en utilisant un beau privilège spécifique à l’humanité : « la raison » ? C’est par cette même raison, et non en usant de la force qu’il faut convaincre. Contrairement à se réfugier dans le repli et sombrer dans la désuétude, c’est la démarche d’une perpétuelle investigation qui a fait la prospérité des sciences durant l’âge d’or islamique. « Beyt el hikma » ou maison de la sagesse du temps des Abbassides était une sacrée bibliothèque à une époque où les savants étaient estimés à leur juste valeur dans la société. Tout est possible, il suffit de croire au changement afin d’être un de ses artisans. Alors que nous, on veut y retourner, plusieurs pays sont sortis de leur sous-développement grâce à un déclic : « Il ne faut compter que sur soi-même ! ». Le salut c’est d’abord de se donner un but à son existence, et avant de partir le chercher ailleurs, il faut le définir. L’espoir est dans cette jeunesse qui possède cette volonté de relever le défi, j’en suis certain.

Dialogue rompu, et s’étant rendu compte qu’elle n’a rien à attendre d’en « haut », que son avenir a déjà été hypothéqué par une faillite programmée du système économique, endettée jusqu’au cou et malgré elle, elle est obligée rapidement - car le temps qui passe joue en sa défaveur - par une sorte de conscience collective, de se prendre en charge, de se regrouper autour des idéaux républicains, de refuser de se plier aux exigences parce que ceux sont des exigences dictées, de se débarrasser de cette stagnation qui a été longtemps un frein pour son émancipation - en l’occurrence de l’archaïsme et de la négation de l’autre -, de ne plus attendre aux portes de l’histoire mais d’y entrer quitte à le faire sans frapper, de créer des espaces ouverts de communication afin de promouvoir les idées, de chercher à comprendre, d’aller surfer sur les « bons sites » en prenant internet comme plateforme de libre échange intercommunautaire, de zapper sur les « bonnes » émissions TV en écoutant lorsqu’il y a un débat, de ressusciter cet amour pour la lecture que l’école a fait fuir, d’essayer des casses têtes mathématiques et les mots fléchés, de bannir ce copier-coller, de se poser des questions même si on n’a pas encore de réponses, de demander des explications parce qu’il doit y en avoir, d’avoir le courage de dire « non » lorsque tout le monde a dit « oui » (ou le contraire), de redécouvrir que le véritable patriotisme n’est pas seulement de saluer l’hymne ou le drapeau national, de réapprendre les ABC de la démocratie et surtout se sentir libre à développer ses pensées.

(*)Source El Watan Haffaf Hafid

Professeur en informatique. Université d’Oran

Le Pèlerin

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 23:15

Méfiez-vous des secrétaires !

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Trois jeunes secrétaires discutent à la pause des tours qu'elles ont déjà joué à leur patron.
- Moi, dit la première, j'ai découpé toutes les photos dans son Play-boy, il n'a jamais trouvé qui avait fait le coup...
- Ha! Ha! Ha! Moi, dit la deuxième, il y a quinze jours, j'ai trouvé des préservatifs dans son tiroir, et je les ai tous percés avec une épingle...
La troisième, elle, s'évanouit...

Le Pèlerin

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 13:30

Chili : sorti de la mine, sa femme et sa maîtresse se le disputent

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Le retour à la surface de Yonni Barrios a mis fin mercredi à l'un des plus grands suspenses entourant la sortie des 33 mineurs, depuis que sa femme et son amante se sont battues pour ses beaux yeux sur le camp Espoir, au bord de la mine San José.

C'est finalement la maîtresse, Susana Valenzuela, qui est venu accueillir cet électricien de 50 ans, 21e mineur à retrouver l'air libre après une ascension de 622 m dans une étroite nacelle de secours.

Susana Valenzuela et Marta Salinas, l'épouse légale de Barrios depuis 28 ans, en étaient venus aux poings il y a des semaines, car elles affirmaient toutes les deux être la véritable compagne du mineur.

Au final, Marta Salinas a décliné l'invitation de Barrios a venir assister aux côtés de Susana Valenzuela à la fin de son calvaire souterrain de 69 jours, rapportent les médias chiliens.

Selon eux, Barrio et Marta Salinas sont toujours techniquement mari et femme, mais ils sont séparés depuis des années et le mineur vit en couple avec Susana Valenzuela.

"Je suis heureuse qu'il aille bien, c'est un miracle de Dieu. Mais je ne vais pas regarder le sauvetage. Il m'a demandé, mais il semble qu'il a demandé aussi à l'autre dame et j'ai ma dignité. Une chose est claire: c'est elle ou moi", a déclaré l'épouse au quotidien El Espectador.

Barrios a servi d'infirmier sous terre car il avait des rudiments de connaissances médicales.

L'angoisse des familles à l'idée d'un retour des 33 à la mine

Un mineur lors des opérations de secours dans la mine de San José le 27 août 2010 à Copiapo Ariel Marinkovic

Le cauchemar est terminé pour les familles des mineurs libérés après 69 jours sous terre au Chili, mais beaucoup angoissent déjà à l'idée d'un retour, sans doute inéluctable, des "33" à la mine.

"Comme père, je leur dirais de changer de travail, qu'ils ne travaillent plus à la mine. Mais c'est eux qui vont décider et s'ils décident de continuer à travailler à la mine, peut-être que je ne dormirai pas bien à cause de ce qui s'est passé," avoue Alfonso Avalos, père de Florencio et Renan Avalos, deux des mineurs secourus mercredi après 69 jours passés à plus de 600 m sous terre.

Dans ce secteur où la sécurité dépend souvent de la taille de la mine, "le mineur ne sait jamais s'il va rentrer chez lui", résumait Jimmy Cardona, parent d'un des mineurs, au lendemain de l'éboulement qui les a piégés le 5 août.

Mais pour les "33", l'avenir est incertain. Huit ont plus de 50 ans, le groupe San Esteban gérant la mine San Jose est au bord de la faillite et ils ont pour seule garantie de toucher leurs arriérés de salaire de septembre et un solde de tout compte, après l'intervention de l'Etat, qui avait fait geler les biens du groupe.

Ils pourraient également toucher des indemnités en justice, puisque leurs familles réclament 12 millions de dollars (8,7 millions d'euros) de compensation aux propriétaires de la mine. Ils vont aussi toucher 2.000 dollars chacun (1.450 euros) d'un entrepreneur anonyme et 10.000 dollars d'un millionnaire excentrique, Leonardo Farkas.

Mais même avec d'éventuels droits d'auteur sur les projets de films ou de livres sur leur épopée, la plupart n'ont pas de quoi prendre leur retraite, surtout les plus jeunes. Et la seule proposition de travail concrète qu'ils ont reçue jusqu'à présent est celle de travailler dans une des mines de Farkas dans la région de Copiapo (nord), où se trouve le site de San José.

Certains ont déjà dit à leurs proches qu'ils pensaient retourner à la mine, où les salaires relativement élevés (1.000 dollars par mois à San José, soit trois fois le salaire minimum) compensent en partie les risques encourus. "Il m'a dit +je suis mineur et je vais mourir mineur+", raconte Silvia Segovia, soeur de Victor Segovia, qui aimerait pourtant que son frère "ne retourne jamais à la mine".

D'autres n'ont pas encore arrêté leur décision, mais leurs familles souhaiteraient aussi qu'ils changent de profession.

"Moi je ne veux plus qu'il travaille à la mine, j'ai peur car les mines souterraines ne sont pas sûres, aucun travail n'est sûr mais généralement les mines souterraines sont très compliquées, un éboulement, une avalanche... Et moi je dis que c'est bon, on a assez souffert", explique Omar Reygadas, fils d'un autre des 33, Omar Reygadas.

Après l'éboulement survenu au fond de la mine de cuivre et d'or de San José le 5 août, leurs proches sont en effet restés 17 jours sans nouvelles des "33". Certains proches, eux-mêmes mineurs, ont cependant parfois un discours différent.

"Je n'ai pas peur", assure Alejandro Contreras, demi-frère de Victor Zamora et mécanicien dans une mine. "Il peut mourir à la mine, mais il peut aussi mourir en dehors. Chacun doit faire ce qu'il lui plaît", relativise aussi son autre demi-frère Cristian Contreras, mineur lui aussi.

Le sauvetage des mineurs chiliens a captivé le monde entier

Des journalistes sur le site de la mine de San José, le 12 octobre 2010

La remontée à l'air libre des mineurs chiliens a été suivie mercredi minute par minute par des millions de personnes à travers le monde, l'événement suscitant un immense intérêt humain et bénéficiant d'une couverture médiatique sans précédent.

La sortie, avant l'aube mercredi matin, dans l'air froid du désert d'Atacama, de Florencio Avalos, premier des 33 mineurs à sortir après avoir été bloqué depuis 69 jours à plus de 600 mètres sous terre, a été retransmise en direct sur les grands réseaux dans le monde.

Le sauvetage des mineurs chiliens était à la Une de toute la presse américaine mercredi, le New York Times et le Washington Post ayant semble-t-il retardé leur heure de bouclage pour publier des photos du premier rescapé.

Les opérations de secours ont été suivies en continu notamment par CNN international, BBC World, Sky News en Grande-Bretagne, iTele et BFM en France, Euronews en Europe, et les principales chaînes japonaises.

"Je devais prendre ma journée et je prévoyais de rattraper des lectures en retard mais je suis resté scotché à mon écran d'ordinateur pour suivre en direct les opérations de secours", a déclaré Tetsuro Umeji, professeur d'anglais à Kudamatsu, au Japon, cité par la BBC.

"C'est absolument incroyable! Félicitations au Chili! Je croise les doigts jusqu'à ce que le dernier des 33 mineurs soit sorti!", a-t-il ajouté.

A Washington, le président Barack Obama a assuré avoir été captivé lui aussi par l'aventure de ces 33 hommes, qui ont établi un nouveau record de survie sous terre.

"Nos pensées et nos prières vont aux courageux mineurs, leurs familles ainsi qu'aux hommes et aux femmes qui ont travaillé dur pour les sauver", a-t-il dit dans un communiqué diffusé par la Maison blanche.

Dans le monde hispanique, le sauvetage des mineurs a totalement dominé les journaux d'information diffusés sur les radios et télévisions et les sites internet.

L'agence de presse et la télévision publique de la République populaire de Chine étaient également sur place tandis que les portails d'information sur internet Sohu et Sina diffusaient des pages spéciales avec tous les détails sur les opérations de sauvetage.

Des internautes ont cependant réagi avec amertume en Chine, où les mines sont considérées comme les plus dangereuses au monde. "Bienheureux ceux qui sont nés au Chili. S'il s'était agi de nous, sans aucun doute nous serions morts enterrés vivants", estimait un contributeur sur sohu.com.

"L'opération de secours au Chili a humilié la Chine. Il suffit de considérer le nombre de mineurs chinois tués dans les catastrophes minières", jugeait un autre internaute dans un message en ligne.

Partout en Asie du Sud-Est, à Singapour, en Corée du Sud, en Thaïlande ou au Vietnam, la nouvelle de la libération des premiers mineurs a été accueillie avec enthousiasme.

En Australie, les opérations ont été également suivies en continu par les stations de radio, les chaînes de télévision et les sites web.

Au Qatar, la chaîne satellitaire en anglais Al-Jazira avait un correspondant sur place qui détaillait les dernières opérations sur la plate-forme mondiale de microblogs Twitter.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a également utilisé Twitter pour exprimer sa satisfaction et saluer les mineurs et leurs sauveteurs. "Nous sommes avec le Chili! Que Dieu soit avec vous!", a-t-il écrit.

En Autriche et aux Pays-Bas, le sauvetage des mineurs chiliens fait la Une de la plupart des grands journaux. La télévision autrichienne y a consacré une émission spéciale avec un suivi en direct des opérations, ce qui est rare pour des événements à l'étranger.

Sur le site de la mine de San José, les autorités se sont trouvées à court de badges à distribuer aux médias et ont dû se résoudre à donner des cartes d'accréditation écrites à la main aux journalistes qui ont afflué de très nombreux pays.

Les mineurs sortent renforcés ou fragilisés, mais changés à jamais

Un sauveteur en conversation vidéo avec les mineurs le 4 septembre 2010 à Copiapo

Après l'épreuve de 68 jours confinés à 700 m sous terre, dont 17 jours livrés à eux-mêmes, les 33 mineurs de la mine chilienne de San Jose vont émerger plus forts pour certains, plus fragiles pour d'autres, mais changés à jamais, estiment les psychologues.

Et le suivi psychologique qui leur sera offert par les autorités, pendant six mois au moins, sera à la merci de toutes sortes d'interférences, entre proches, médias, et célébrité nouvelle, sans doute éphémère.

"Leur vie d'+avant+ est déjà finie", affirme Enrique Chia, psychologue de l'Université catholique du Chili, pour qui les mineurs seront confrontés à un grand défi de réadaptation dans une période post-traumatique "pleine de risques".

"Quand on te change soudainement toutes les conditions de vie, il faut se réadapter et découvrir des aptitudes qui t'aident" à faire face.

"Une personne qui a été placée face à la mort a réfléchi à sa situation personnelle (...) à ce qu'elle a fait de sa vie et ce qu'elle n'a pas fait, et en cela aussi il faut les accompagner", souligne Margarita Loubat, psychologue de l'Université du Chili.

Les 33 mineurs ont remarquablement géré leur calvaire jusqu'à la délivrance, aux premières heures de mercredi pour les premiers d'entre eux.

Les risques de lésions oculaires au contact de la lumière de soleil, les problèmes cutanés, les maux de dents, sont identifiés et seront suivis. Les premiers mineurs libérés ont été hospitalisés dès leur sortie, pour 48 heures d'examens médicaux approfondis.

Ces étapes ont été "convenues avec eux, ce n'est pas un caprice", a assuré le ministre de la Santé Jaime Manalich.

"Certains d'entre eux pourraient dire: je me sens si bien que je veux rentrer dans ma famille", mais ce refus "hypothèquerait tout le dispositif légal de protection, d'invalidité, de pension, auquel ils ont droit".

Et le gouvernement ne saurait abandonner des hommes devenus des héros nationaux. Il leur offrira "un appui pyschologique professionnel minimum de six mois, pendant lesquels ils pourraient avoir des moments de tristesse, de dépression", a précisé le ministre. Le stress post-traumatique "peut durer plusieurs semaines ou plusieurs mois", rappelle-t-il.

La "partie la plus compliquée" à gérer sera sans doute l'extérieur, estime M. Chia. "La famille, leur routine, la réalité nationale, tout aura changé".

Des experts de la NASA, venus en septembre conseiller les opérations ont mis en garde contre les effets "de leur forte notoriété dans le pays, de la pression des médias et de la société".

"Les médias vont les oppresser. Nombre d'entre eux se verront bombardés d'offres de télévision, pourraient même y faire carrière. Mais cela va durer quelques mois, d'ici mars ce sera un souvenir", estime René Rios, sociologue de l'Université Catholique. "S'il vous plait, ne nous traitez pas comme des artistes", demandait mercredi à sa sortie Mario Sepulveda, deuxième mineur secouru, mais premier à s'exprimer dans un bref monologue diffusé par la télévision publique.

Pour Enrique Chia, "ils vont réaliser que la célébrité est limitée, qu'il faut capitaliser, puis commencer un nouveau projet de vie". Or une expérience comme la leur "peut te renforcer ou t'affaiblir, mais ne te laisse jamais le même". D'où un risque de refuge dans les médicaments, l'alcool.

Et comme s'ils sentaient les périls au dehors, les 33 exprimaient dans leurs derniers jours de confinement une "grande préoccupation: rester unis, alors qu'ils viennent de zones différentes du Chili. Ils veulent rester unis après le sauvetage", expliquait Alejandro Pino, membre de l'équipe de suivi.

Source La Dépêche du Midi

Le Pèlerin

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