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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 11:53

Prises d’otages au Sahel : la difficile position d’Alger

touaregs.jpg

 

Juan Pablo de Laiglesia, Secrétaire d’Etat espagnol aux affaires étrangères en charge de l’Amérique Latine, est arrivé jeudi 16 septembre à Alger où il a été accueilli à l’aéroport Houari Boumediène par Abdelkader Messahel, ministre délégué en charge des Affaires africaines. Pour sa première visite en Algérie, M. Laiglesia, qui a pris ses fonctions en juillet dernier, arrive dans un contexte difficile entre Alger et Madrid. Les Algériens reprochent aux Espagnols d’avoir accepté de payer des rançons aux groupes armés d’Al-Qaïda (Aqmi) pour obtenir la libération de leurs otages kidnappés dans la région du Sahel.
L'Espagne est le pays qui a le plus dépensé pour libérer ses ressortissants retenus par la branche maghrébine d'Al-Qaïda. Selon Kamel Rezag Bara, Conseiller de la présidence de République pour les questions de sécurité, Madrid a dépensé un total de 8 millions d'euros pour les libérations de ces trois Espagnols, en mars puis en août. Ce montant place l'Espagne devant l'Italie, qui aurait versé 3,6 millions pour la libération de deux otages aux mains d'Aqmi en mai, et l'Autriche, qui aurait versé 2,5 millions pour la libération de deux otages en avril 2009, selon la même source.
Or, pour Alger, payer des rançons aux groupes armés est une façon de financer le terrorisme et de rendre Aqmi plus puissante. Mais les Algériens n’ont pas non plus apprécié l’opération franco-mauritanienne contre Aqmi, le 22 juillet dernier pour libérer l'otage français Michel Germaneau. Alger n’a pas exprimé publiquement son désaccord avec l’utilisation de la force mais il l’a fait savoir.
Pour les Occidentaux directement concernés par les prises d’otages, la position d’Alger est difficilement tenable. « Il est tout à fait légitime que l’Algérie ne souhaite pas que Aqmi soit renforcé à travers les rançons. Mais il est difficile de contester à la fois le versement de rançons et l’utilisation de la force pour libérer les otages », explique un diplomate français. « C’est un sujet difficile sur lequel nous discutons actuellement avec nos amis Algériens. Pour nous, le non-paiement de rançons est unerègle que nous nous efforcerons de respecter », ajoute-t-il. Comprendre : si le paiement d’une rançon pouvait sauver un otage français, Paris réfléchirait à l’option.
En fait, l’Algérie voudrait se voir confier la gestion des prises d’otages occidentaux dans le Sahel. L’échec du raid franco-mauritanien contre Aqmi, avec l’exécution de l’otage Michel Germaneau, lui a donné en partie raison concernant les limites de l’option militaire. Mais cet échec a aussi renforcé en parallèle les partisans d’un paiement de rançon en échange de la vie des otages. Plus inquiétant, pour les pays occidentaux notamment la France, le problème du terrorisme au Sahel ne doit pas être traité de la seule question des prises d’otages. Mais plus globalement : celui d’une région qui va de la Somalie jusqu’au nord du Mali en passant par le nord du Niger et le sud de l’Algérie, échappant à tout contrôle.
Source TSA

Le Pèlerin

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 23:58

Humour québécois - Identification à la morgue...

fruit étrange une pomme 

Charlie est mort dans un feu et son corps était pratiquement calciné.

À la morgue, on avait besoin de quelqu'un pour identifier le corps. On a donc demandé à John et Bob, les meilleurs amis de Charlie. Les trois hommes étaient toujours ensemble. Ils étaient inséparables.

John arriva à la morgue en premier. Lorsque le médecin enleva le drap qui recouvrait le corps, John le vit et dit:

- « ouin, sa face est pas mal brûlé, r'vire le don de bord ».

Le médecin tourna le corps du défunt et John dit :

- « Ah bin non, c'est pas lui pantoute! » Le médecin trouva cela très étrange.

Il demanda donc à Bob de venir confirmer l'identité du corps.

Bob regarda le corps et dit :

- « ouin, yé pas mal brûlé lui là! Revire le don de bord pour vouaire ».

Le médecin tourna le corps et Bob dit alors:

- « Non … non, c'est pas Charlie ça. C'est pas lui pantoute ».

Le médecin ne comprenait toujours pas comment ses deux types pouvaient dire avec certitude que ce n'était pas Charlie en lui regardant le dos.

Le médecin demanda donc à Bob :

- « Mais dites moi, en êtes-vous absolument certain?»

Bob lui dit alors:

- « Ah oui monsieur le docteur, chu certain que c'est pas lui parce que Charlie lui, y'avait deux trous de cul ».

- « Quoi? Deux trous de cul? » demanda le médecin.

- « En plein ça docteur. Bin, on les a jamais vus mais le monde disait tout le temps : Tiens, v'là Charlie avec les deux trous de cul! »

Le Pèlerin

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 23:54

Société - Une brosse à dent révolutionnaire

brosse-dents-electrique.jpg

Des scientifiques japonais travaillent avec une entreprise de produits de santé à la création d'une brosse à dents révolutionnaire qui utilise l'électricité pour nettoyer la dentition, et ne nécessite pas de dentifrice.

D'abord imaginée il y a quinze ans par le Dr Kunio Komiyama, aujourd'hui professeur de santé dentaire à l'université canadienne du Saskatchewan, la brosse Soladey-J3X est dotée d'un panneau solaire en son extrémité, qui nécessite très peu de lumière pour transmettre des électrons à la tête de la brosse, via des semi-conducteurs au dioxyde de titane insérés dans son manche.

Une fois dans la bouche, les électrons réagissent avec l'acide naturel de la cavité buccale, ce qui provoque une réaction chimique qui détruit la plaque dentaire et les bactéries, selon le Dr Komiyama et son collègue, le Dr Gerry Uswak, doyen de l'école dentaire de l'université.

Des prototypes de l'appareil ont été développés par l'entreprise Shiken, dont le nom se traduit par «santé dentaire», basée à Osaka.

 Aujourd'hui, selon Shiken, des tests menés dans des cultures de bactéries à l'origine de parodontites ont montré que le processus menait à «la destruction complète des cellules bactériennes», et supprimait la plaque dentaire.

Une étude est actuellement menée sur 120 adolescents, pour savoir comment ils la notent, par rapport à une brosse à dents classique.

L'appareil a déjà été salué par l'industrie de la santé buccale, en remportant le premier prix lors du récent congrès FDI World Dental Conference à Dubaï, contre 170 autres dossiers.

La brosse a déjà été brevetée dans neuf pays, dont le Japon. Elle ne devrait néanmoins pas sortir sur le marché avant début 2011. Elle devrait coûter environ 40 euros (4300 yens).

http://www.cyberpresse.ca/vivre/sante/201009/07/01-4313275-une-brosse-a-dents-revolutionnaire.php

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 23:23

Algérie - Loi sur la protection des personnes âgées - Désormais, abandonner ses parents mènera en prison

retraites-algeriens.jpg

 Les Algériens vivent de plus en plus longtemps avec une espérance de vie estimée à 76,6 ans en 2008 alors qu’elle n’était que de 48 ans à l’indépendance. A la même année 2008, les personnes âgées ayant plus de 65 ans ont atteint le nombre de 2,7 millions sur une population de 35 millions d’Algériens. Ce gigantesque progrès ne reste néanmoins pas sans conséquences, parfois fâcheuses, au plan social.
- Alger (Le Soir) - De nouvelles mœurs, jusqu’à tout récemment étranges pour la société algérienne, font leur apparition, tel ce phénomène, de plus en plus répandu qu’est l’abandon des parents par leurs enfants dont certains n’hésitent plus à les «confier» à des structures de vieillesse appartenant à l’Etat. Un comportement scandaleux que rien, pas même les pressions de la vie quotidienne, ne pourra justifier. En 2008, Abdelaziz Bouteflika, outré par les statistiques, est pris d’une grosse colère en plein Conseil des ministres et ordonne, sur-le-champ au ministre de la Solidarité nationale de l’époque, Djamel Ould Abbès, de préparer une loi prévoyant de lourdes sanctions, notamment pénales, contre les enfants abandonnant leurs parents. Ce sera donc «le projet de loi relatif à la protection des personnes âgées». A travers ce texte de loi, le législateur tente d’humaniser ce recourt excessif à ces établissements. Ainsi, l’article 25 prévient-il que «Le placement dans un établissement spécialisé ou structure d’accueil est réservé, notamment, aux personnes démunies et/ ou sans attache familiale. Les personnes âgées ne peuvent être admises ou maintenues dans les établissements spécialisés ou structures d’accueil qu’en cas de nécessité ou en l’absence de solution de substitution.» Outre les centres spécialisés, les «personnes âgées en difficulté et/ou sans attache familiale peuvent être placées chez une famille d’accueil, dans un établissement spécialisé ou une structure d’accueil de jour» (article 24), alors que ces mêmes «familles d’accueil et les personnes de droit privé peuvent bénéficier en contrepartie de la prise en charge des personnes âgées démunies et / ou sans attache familiale, du soutien de l’Etat en matière de suivi médical, paramédical, psychologique et social. Les prestations et le placement des personnes âgées font l’objet de conventions entre les services chargés de l’action sociale territorialement compétents et les prestataires de services concernés». Ceci pour les cas extrêmes. Dans les situations ordinaires, la nouvelle loi est très claire : la famille, en l’occurrence les descendants, a obligation de prendre en charge la personne âgée. Article 4 : «La famille doit préserver la cohésion et la solidarité familiales entre tous ses membres quel que soit leur état physique, mental ou social.» Aussi «la famille, notamment les descendants, doit assurer la prise en charge et la protection de ses membres âgés et subvenir à leurs besoins» (article 5). «Les personnes en charge des personnes âgées doivent, lorsqu’elles disposent de moyens suffisants pour le faire, assurer la prise en charge et la protection de leurs ascendants, notamment lorsqu’ils se trouvent dans un état de vulnérabilité en raison de leur âge ou de leur état physique et/ou mental avec respect, dévouement et considération » (article 7 ). De même que «les descendants en charge des personnes âgées qui ne disposent pas de moyens matériels et financiers suffisants pour prendre en charge leurs ascendants peuvent prétendre à une aide de l’Etat.» Toute loi ne valant rien sans les sanctions inhérentes, celle présente prévoit en l’occurrence de lourdes sanctions pénales à l’encontre des contrevenants. Outre des sanctions renvoyant au code pénal «article 31», l’article 32 sanctionne «d’une peine d’emprisonnement de 6 à 18 mois et d’une amende de 20 000 à 200 000 DA toute personne qui contrevient aux dispositions des articles 7 et 8 de la présente loi». L’exploitation, la suppression ou la modification d’un établissement d’accueil sans autorisation préalable de l’autorité compétente sont considérées comme un délit que l’article 32 sanctionne par une peine d’emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 50 000 à 500 000 DA. Quasiment la même sanction est prévue à l’encontre d’indus bénéficiaires ou toute personne ayant «aidé ou favorisé la perception des prestations et aides sociales prévues par la présente loi par des indus bénéficiaires ».
Source Le Soir d’Algérie Kamel Amarni

Le Pèlerin

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 23:16
Les boursiers harragas

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La scolarité de chaque boursier dans les universités britanniques coûte environ 30 000 livres sterling par an au Trésor public. Mais beaucoup d’étudiants préfèrent ne pas retourner en Algérie à la fin de leurs études. En réponse à cette désertion, le président Bouteflika décidait, en 2005, que plus aucun lauréat du bac ne sera envoyé sur les campus étrangers aux frais de l’État. Au Royaume-Uni, aujourd’hui, un peu plus d’une centaine compose l’ultime contingent de ces privilégiés qui ont donné des ailes à leurs neurones.

Combien d’étudiants boursiers à l’étranger rentrent-ils en Algérie à la fin de leur cursus universitaire ? Très peu, évidemment. En Grande-Bretagne, pays où l’affluence des prodiges est conséquente, la tendance générale n’échappe pas à la règle. En sa qualité de consul adjoint à Londres, chargée du dossier des boursiers, Nadhera Hadidi a rarement eu l’occasion de recevoir dans son bureau un candidat au retour. “Pas plus de dix depuis quatre ans”, révèle la diplomate. Face à la fuite de ses jeunes cerveaux, l’État algérien a pris une décision radicale consistant à arrêter de financer le parcours universitaire des bacheliers les plus méritants dans des établissements étrangers. Au Royaume-Uni, les derniers arrivants remontent à 2005.
D’ultime promotion, il s’agit en réalité de trois lauréats du baccalauréat contre une moyenne de 70, les années précédentes. Ce trio clôture une liste de 138 étudiants déjà sur place. En graduation, le nombre des inscrits se rétrécit comme peau de chagrin. Pour l’année scolaire 2008/09, ils ne sont pas plus de 35. Ce chiffre correspond au tiers de la totalité des étudiants en postgraduation. 26 préparent un mastère, 80 le doctorat.

À la fin de cette année, 46 doctorants devraient achever la réalisation de leur thèse. Courtisés par les laboratoires de recherche et les grands groupes industriels, les plus nostalgiques sont détournés de leur intention de rentrer au bercail. “C’est humain”, illustre Mme Hadidi avec compréhension. Des carrières brillantes assorties d’un train de vie confortable sont des arguments infaillibles, poussant le plus grand nombre à prolonger leur séjour sur les bords de la Tamise. L’indulgence exprimée à leur égard par les autorités algériennes les incite davantage à reporter leur retour. Au chapitre des représailles, le consul adjoint relate l’exemple de l’Égypte où les pouvoirs publics obligent les parents à signer une hypothèque sur leur maison pour obliger leurs enfants à rentrer. Dans d’autres pays, dit-elle, les boursiers défectibles sont poursuivis en justice. En Algérie, le décret n 87-209 du 8 septembre 1987 portant organisation de la planification et de la gestion de la formation et du perfectionnement à l’étranger prévient de sanctions administratives les diplômés qui ne répondent pas à l’appel et ne rejoignent pas leur poste d’affectation à l’issue de leur formation. Mais la menace n’a jamais été mise en application.

Optant pour la politique de la carotte, le gouvernement a tenté une opération de séduction à l’égard des réfractaires au retour. En 2007, une mission de cadres du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique s’est rendue à Londres dans le cadre d’une conférence, conçue pour convaincre les boursiers que l’Algérie recèle de nouvelles opportunités devant les encourager à faire leurs valises. Ayant pris part à cette rencontre, le consul adjoint évoque la levée d’une contrainte qui, jusque-là, forçait les diplômés à se vouer exclusivement à une carrière universitaire. La nouvelle formule consiste à leur demander de dispenser quelques cours, tout en explorant d’autres perspectives professionnelles. “Cela concerne surtout les diplômés du secteur de la finance qui ne souhaitent pas se cantonner dans une carrière académique”, explique Mme Hadidi. Mais force est de constater que le stimulus du MESRS n’a pas suscité l’effet escompté. Sans doute parce qu’il est insuffisant. L’absence de laboratoires de recherche dignes de ce nom, la précarité du statut des enseignants universitaires, la démission entre l’université et le monde de l’entreprise, les tribulations politiques et le mal-vivre sont autant de raisons ayant entraîné l’exode de la matière grise algérienne vers des horizons plus enchanteurs. En Grande-Bretagne, deux milliers de cadres universitaires d’origine algérienne essaiment leurs connaissances à travers le pays.

Évidemment, le choix des boursiers de demeurer sur leur terre d’accueil ne ravit pas tout le monde. Certains considèrent qu’ils sont coupables d’ingratitude et ont violé le contrat moral qui les lie à leur pays. Sur le plan pécuniaire, on estime que l’État a dépensé pour eux des sommes colossales qu’ils ont le devoir de rembourser en mettant leur savoir au service de leurs compatriotes. Mme Hadidi rappelle que l’Algérie est encore l’un des rares pays qui octroie des bourses d’études à l’étranger pour ses jeunes ressortissants. La prise en charge financière couvre les frais d’inscription dans les établissements universitaires britanniques, qui s’élèvent à 20 000 livres (30 000 euros) annuellement, les billets d’avion lors des vacances annuelles en Algérie, une couverture médicale ainsi que la bourse mensuelle de l’ordre de 795 livres pour les étudiants en graduation et 990 pour leurs camarades en postgraduation. Ces allocations permettent aux étudiants de payer leur loyer — les chambres universitaires n’étant pas toujours disponibles — ainsi que les autres frais communs comme le transport. Compte tenu de la cherté de la vie, les étudiants recourent souvent à la colocation. Beaucoup font des petits boulots pour arrondir leurs fins de mois. La scolarité des boursiers s’étale globalement sur 9 ans (4 pour la graduation, 1 pour le mastère et 4 pour le PHD). “Nous ne connaissons pas d’échec”, assure le consul adjoint.

Cette dernière ne tarit pas d’éloges sur ses jeunes protégés, les décrivant comme des étudiants exemplaires et brillants. Quand ils arrivent au Royaume-Uni, ils sont encore adolescents. Beaucoup n’ont jamais eu l’occasion de quitter l’Algérie auparavant. Pour principal bagage, les bacheliers ont des attestations, frappées d’augustes mentions. Mais avant de les faire valoir auprès des universités, tous doivent se familiariser avec la langue de Shakespeare qu’ils étudient pendant une année.

Souvent, les boursiers qui choisissent les universités britanniques sont les produits de l’arabisation de l’enseignement en Algérie. Au Royaume-Uni, ils se fondent dans l’univers cosmopolite de campus prestigieux comme Imperial Collège, LSE (London School of Economy) et Oxford, des temples du savoir où les étudiants sont des demi-dieux.

Ils révèlent leur parcours et leurs aspirations - Paroles de prodiges

Ils s’appellent Imad et Ibtissem. Le premier n’envisage pas de rentrer en Algérie, du moins dans l’immédiat. La seconde est impatiente de retrouver les siens à Annaba. Témoignages

Imad paraît beaucoup plus jeune que son âge. Il a 32 ans et séjourne à Londres depuis 7 ans. Il est venu en Grande-Bretagne grâce à une bourse d’État qu’il a obtenue en sa qualité de major de promotion à l’École supérieure de commerce d’Alger. À l’origine, le choix de Imad s’est porté sur les États-Unis. Mais les attentats du 11 septembre 2001 ont rendu les conditions d’entrée dans ce pays très compliquées. À la place, l’étudiant a mis le cap sur la Grande-Bretagne où il a de la famille. À la question de savoir pourquoi n’a-t-il pas opté comme de nombreux étudiants pour la France, il répond qu’il a “toujours été plus proche des Anglo-Saxons”. Imad reconnaît, par exemple, au Royaume-Uni la qualité d’avoir favorisé l’émancipation intellectuelle des populations de son ancien empire colonial. “Les pays qui ont été colonisés par la France ne sont pas aussi développés que ceux qui étaient sous la domination britannique”, constate-t-il. Fils d’un professeur d’université et d’une directrice de lycée, le garçon porte un regard critique sur le système d’enseignement en Algérie. Sans vouloir le dénigrer, il lui reproche de se livrer à “du bourrage de crâne” qui ne permet pas aux étudiants de mettre en pratique leurs connaissances. “On nous enseignait des théories. Mais dans la plupart des cas, on ne nous montrait pas comment les appliquer”, résume Imad. En revanche, Il constate qu’au Royaume-Uni, les universités constituent les antichambres des entreprises. “On nous apprend à monter des projets. En arrivant dans le monde du travail, les diplômés savent déjà certaines choses comme préparer des rapports, par exemple”, relate l’étudiant. Après avoir obtenu un mastère à l’université de Westminster à Londres, il a opté pour Greenwich, un établissement du sud de la capitale britannique qui capte les étudiants étrangers et où il a choisi de réaliser une thèse de doctorat sur “la contribution de l’investissement direct à l’économie algérienne”, en puisant des exemples dans les domaines de l’énergie et des télécoms. Pour les besoins de ses explorations, l’université lui attribue une allocation, provenant d’un fonds de recherche (research found) pour les doctorants. Il y travaille également en qualité d’enseignant et dispense des cours à des étudiants en graduation que l’administration paye 25 livres de l’heure. Avant de toucher un salaire et d’obtenir une prime de recherche, Imad percevait une bourse. Mais son montant (un peu moins de 1 000 livres) était un peu juste. Du coup, il s’est plié aux usages locaux, entraînant les étudiants à prendre des petits boulots pour survivre. Si dans son cas, cette rentrée d’argent devait satisfaire des dépenses secondaires comme l’achat des livres, pour ses camarades britanniques, elle est essentielle dans la mesure où elle leur permet de financer leurs études. En Grande-Bretagne, les frais d’inscription sont onéreux — 20 000 livres par an — et des étudiants n’hésitent pas à contracter des prêts bancaires qu’ils passent plusieurs années de leur vie professionnelle à rembourser. Conscient de sa chance, Imad est totalement reconnaissant à l’Algérie de lui avoir permis d’obtenir une place dans des établissements prestigieux gratuitement. Cependant, il se résout encore mal à voir son avenir au pays, du moins dans l’immédiat. “Je ne suis pas ingrat. J’ai envie d’être chez moi, avec mes parents”, confie-t-il déchiré. Pour illustrer le contenu de ses réserves, Imad utilise une parabole. Il s’imagine ainsi que ses autres camarades boursiers comme une machine dont l’État algérien a financé le montage mais qu’il ne sait pas rentabiliser. Plus explicite, il relate le cas d’une connaissance, revenue des États-Unis avec un gros diplôme et qui a été envoyée enseigner à l’université de Blida pour un salaire de misère. Citant l’exemple du Maroc, Imad affirme que dans ce pays, le statut des enseignants universitaires est régi directement par le palais royal et que leurs salaires sont alignés sur ceux de leurs collègues en Europe. Il y a quelque temps, le jeune homme assistait à une rencontre organisée a Londres par le ministère de l’Enseignement supérieur et le consulat, en vue de convaincre les boursiers de rentrer au pays, en les rassurant sur leur avenir. Visiblement, le discours tenu n’a pas vaincu ses réticences. Après l’expiration de son visa d’étudiant, Imad sollicitera un permis de travail que les autorités britanniques s’empresseront de lui fournir. “Du moment où on a besoin de vous, on ne vous lâche pas”, dit-il, conscient qu’il est une cible parfaite pour les chercheurs de têtes qui officient à la nouvelle politique migratoire britannique. Ibtissem, de son côté, ne semble guère encline à succomber à l’envie de rester en Grande-Bretagne. D’une voix calme mais décidée, elle affirme qu’elle rentrera en Algérie, une fois qu’elle aura obtenu son PHD. Mais elle ne sait pas encore ce qu’elle fera comme métier. Originaire d’Annaba, cette doctorante de 25 ans est arrivée en Grande-Bretagne il y a 7 ans. Elle était accompagnée de 69 lycéens qui comme elles avaient obtenu de prestigieuses mentions à l’examen du baccalauréat. “Je me suis retrouvée à Londres, une si grande ville. C’est la première fois que je voyageais sans mes parents”, raconte Ibtissem. Ses camarades et elles sont attendus à l’aéroport de Heathrow par des représentants du Consulat d’Algérie, puis conduits vers leurs lieux de résidence. Ibtissem atterrit dans une chambre d’une cité universitaire à Hampstead (nord- ouest de la capitale).
Sa première année est consacrée à l’apprentissage de l’anglais. Des cours lui sont dispensés à King’s College. En dépit du handicap linguistique, la boursière n’a pas hésité à choisir la Grande-Bretagne comme destination. “C’est un pays que je ne connaissais pas. Je voulais le découvrir”, confie-t-elle. Après Londres, Ibtissem s’envole pour l’Écosse où elle s’inscrit à l’université et obtient une licence en Génie génétique. Ce nouvel exil ne lui fait pas peur. “Les Écossais sont plus accueillants. Je me suis fait beaucoup d’amis”, dit-elle enthousiaste. Son séjour dans cette région du nord du Royaume-Uni s’avère également plus économique. De retour à la capitale pour la préparation de son PHD, la jeune fille se résout à la colocation pour ne pas dilapider sa bourse. Dans une année, elle devra achever la rédaction d’une thèse en pharmacie. Cette spécialité est la première choisie par les boursiers algériens inscrits dans les universités britanniques. Elle est suivie de l’informatique et du business & management.

Les universités britanniques font la chasse aux étudiants étrangers

Quand des établissements se muent en rabatteurs

Certaines universités doivent leur existence à la présence massive d’étudiants étrangers qui constituent une source de financement inestimable en matière de frais d’inscription.

Environ 300 000 étudiants étrangers poursuivent un cursus universitaire au Royaume-Uni. De grande renommée internationale, des établissements comme Cambridge ou Oxford font la notoriété de l’enseignement supérieur britannique et lui apportent la fortune. Environ 5 milliards de livres rentrent dans les caisses de ces institutions sous forme de frais d’inscription-en moyenne 20 000 livres par an et par individu- et d’autres dépenses scolaires que les étudiants étrangers versent. Certains campus à Londres comme City university, l’Institut des études africaines et orientales (School for Africain and oriental studies) et l’institut des sciences économiques (School of economics) doivent en grande partie leur pérennité à l’afflux des apprenants non britanniques. Jusqu'à un quart de leurs revenus proviennent de cette manne. Conscients de son importance, certains établissements se muent en rabatteurs pour attirer dans leurs amphithéâtres le plus grand nombre d’étudiants étrangers. Leur stratégie consiste à tisser des liens avec des entremetteurs locaux (des instituts d’enseignement associés ou des agences pourvoyeuses de facilités en matière de visas). En mars dernier, l’arrestation d’une douzaine d’étudiants pakistanais, accusés d’implication dans la préparation d’attentats terroristes à Manchester a dévoilé l’étendue de cette pratique. Tous doivent leur inscription dans l’une des universites de la ville à des intermédiaires qui se sont chargés des procédures d’inscription et de visas, monnayant des commissions substantielles. Un intermédiaire de Karachi a révélé à la BBC que son bureau est inondé de brochures publicitaires provenant d’universités britanniques. Ces dernières ont d’ailleurs très mal accueilli la décision du gouvernement de durcir les procédures de délivrances des visas aux étudiants étrangers. En mars dernier, alors que le complot de Manchester n’était pas encore découvert par la police, les services de l’immigration dévoilaient des mesures drastiques. La première consiste a fixer à 4 ans la durée du visa étudiant. Au-delà de ce délai, les étudiants qui n’ont pas achevé leur cursus doivent introduire une demande d’extension de leur titre de séjour. Pour des raisons de sécurité, il leur est demandé de s’identifier auprès du commissariat de leur quartier. De leur côté, tous les établissements doivent passer un test d’éligibilité avant d’accueillir des étudiants étrangers. Sur 14 000 institutions, 2 100 ont été, a ce jour, agréées. 400 autres ont été recalées. Russel Group, une association représentant 50 établissements de recherche a saisi le gouvernement, lui demandant de revoir sa nouvelle politique de visas. Selon cet organisme, les restrictions sont de nature à décourager les étudiants étrangers et réduire leur affluence au Royaume-Uni. Ils citent en exemple, l’expérience des universités américaines qui ont été lourdement pénalisées par les verrous mis en place après les attentats du 11 septembre 2001, en vue de contrôler l’arrivée des étrangers. En Écosse, les universités locales prévoient des pertes à hauteur de 50 millions de livres, si le nombre des étudiants non britanniques venait à diminuer. Outre l’impératif sécuritaire, la décision prise il y a quelques semaines d’imposer une taxe d’entrée sur le territoire britannique aux travailleurs et aux apprenants originaires des pays se trouvant hors de l’Union européenne, devrait agir comme un frein supplémentaire.
Source: Liberté

Le Pèlerin

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 18:00

France-Algerie -  Paris veut tourner la page

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La France souhaite mettre un terme définitif à la période de tension qui caractérise, depuis deux années, ses relations avec l’Algérie. C’est le message essentiel qu’a souhaité faire passer, hier, l’ambassadeur français à Alger à l’occasion d’une rencontre avec la presse. La participation de Bouteflika au sommet de Nice, la rencontre Ouyahia- Guéan, le non-lieu dans l’affaire Hasseni et la nomination de Jean-Pierre Raffarin sont, selon Xavier Driencourt, autant «d’éléments positifs» qui plaident pour une redynamisation des relations entre les deux pays. Néanmoins, il reste encore de nombreux dossiers sensibles en suspens.

En choisissant de passer par le canal des médias, l’ambassadeur de France à Alger semble vouloir prendre à témoin les opinions publiques des deux pays. Pour Xavier Driencourt, il est aujourd’hui temps d’en finir avec la période de «crispation» entre Paris et Alger. Ainsi, le premier semestre 2010 aurait été marqué par quatre «éléments positifs». «Il est temps d’insuffler un nouveau rythme, un nouveau cours aux relations algéro-françaises. Nous devons sortir de cette période de crispation. L’échange entre Ahmed Ouyahia, le Premier ministre algérien, et Claude Guéan, le secrétaire général de l’Elysée, la participation du président Abdelaziz Bouteflika au Sommet de Nice ont été les premières étapes. Elles ont été suivies du non-lieu dont a bénéficié Mohamed-Ziane Hasseni et de la désignation récente de Jean-Pierre Raffarin. Ce sont autant d’éléments positifs qu’il faut exploiter. Nous devons donc aller de l’avant après cette période difficile», a souligné, hier, l’ambassadeur de France à Alger à l’occasion d’une rencontre avec les représentants de six journaux.
Raffarin en facilitateur
Le diplomate est longuement revenu sur la mission dont a été récemment chargé l’ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin. «Il faut être très précis, j’ai lu dans la presse que M. Raffarin a été nommé «Monsieur Algérie» et qu’il aurait beaucoup de sujets à traiter : question de visas, émigration, questions relatives à la mémoire, etc. Ce n’est pas la réalité. La réalité, c’est que lors de la réunion entre le secrétaire général de l’Elysée et le Premier ministre algérien, M. Guéan a eu l’idée de proposer de nommer deux personnalités, une algérienne et une française, afin de coordonner les différents projets économiques de part et d’autre. On s’aperçoit que les entreprises françaises sont ici depuis longtemps et qu’en termes d’interlocuteurs il y a plusieurs ministères. Elles ont tendance à avancer en ordre dispersé, et l’idée était de nommer quelqu’un pour essayer de coordonner et de fédérer les différents projets français. Donc, c’est une mission à caractère économique. La lettre de mission de M. Raffarin, signée par le président Sarkozy, est précise. Elle consiste à ordonner la coopération économique franco-algérienne ainsi que le développement des investissements français en Algérie et algériens en France. Il a le rôle de facilitateur», a précisé l’ambassadeur. Une mission, donc, plus axée vers l’économie que la politique. Sauf que Xavier Driencourt reconnaît que les relations économiques entre les deux pays sont fortement marquées par le contexte politique. «La relation entre la France et l’Algérie est un contexte très politique. Quand le contexte va mieux, l’économie va mieux.» Raffarin devrait entreprendre sa première visite à Alger, en qualité de «facilitateur», au cours des prochains mois. Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État française chargée du commerce extérieur, est attendue dimanche prochain pour déblayer le terrain.
Investissements français et LFC 2010
Xavier Driencourt n’hésite pas à évoquer l’existence de «difficultés et de blocages» qui tendent à freiner les activités des entreprises françaises en Algérie. «Il y a un nombre de projets français en Algérie qui datent déjà d’un certain temps et s’ils ne se sont pas réalisés, c’est qu’il y a des difficultés. Des obstacles qui peuvent être de natures différentes. Les chefs d’entreprise n’ont pas toujours accès aux ministres algériens et vous connaissez les procédures du côté algérien avec la commission nationale des investissements ». Le diplomate laisse également entendre que les mesures introduites dans les deux lois de finances complémentaires 2009 et 2010 laissent peu de champ d’action aux entreprises étrangères. «J’ai lu les articles qui se rapportent à la loi de finances complémentaire 2010. Je dois dire que cette LFC est compliquée. J’ai constaté qu’il y a un certain
nombre d’aménagements sur le crédit documentaire. En fait, tout ceci se situe dans le prolongement de la LFC 2009. Il n’y a pas de bouleversement complet. Les entreprises, qu’elles soient françaises, allemandes, américaines canadiennes ou autres, préféreraient, je suppose, travailler dans un cadre juridique entièrement libéral. Pour ce qui est des entreprises françaises, elles sont conscientes qu’elles travaillent dans ce cadre et qu’il faut s’y adapter (…) Les entreprises françaises sont là sur le long terme sinon elles seraient découragées depuis longtemps. Le marché algérien est un marché important et les entreprises françaises s’inscrivent en Algérie dans le long terme quelles que soient les étapes», dira-til. Pour ce qui est de l’obligation d’investissement en partenariat avec un opérateur algérien pour toute entreprise étrangère ayant obtenu un marché, l’ambassadeur a estimé que cette mesure devrait être difficilement applicable. La cause ? Le manque de partenaires algériens. «Cette disposition générale devrait concerner tous les secteurs d’activité. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec le ministre de l’Energie. C’est une disposition qui, pour être mise en œuvre, nécessite la présence de partenaires algériens. C’est là la principale source de gage. Mais ce n’est pas évident. Il n’y a pas une multiplicité d’entreprises algériennes prêtes à investir. Le tissu industriel n’est pas très développé en Algérie».
Problématique rançon
L’ambassadeur de France s’est montré quelque peu embarrassé en évoquant la libération de Pierre Camatte, l’otage français au Mali, par les terroristes d’Al Qaïda Maghreb. «La France n’a pas payé de rançon», a répété à plusieurs reprises le diplomate. Comment expliquer la libération de Camatte? «C’est le Mali qui a décidé…», dira vaguement Xavier Driencourt. Il reconnaîtra les préoccupations du gouvernement algérien à propos du phénomène dangereux que représente le paiement de rançons aux groupes terroristes. «L’Algérie est préoccupée par les rançons. Elle a déposé à l’ONU un projet visant à criminaliser ces actes». A ce titre, le représentant de la France a soulevé quelques réserves sur cette initiative et, surtout, sur son application. «C’est une initiative politique de la part de l’Algérie. Mais ce n’est parce qu’on vote un texte qu’il est systématiquement appliqué. Ce n’est qu’une résolution de l’ONU. Mais c’est une initiative politique intéressante à suivre. L’Algérie a choisi un certain nombre de pays avec qui elle souhaite travailler, notamment la Grande-Bretagne. Nous sommes pour le principe mais nous ne sommes pas d’accord sur toutes les modalités.» Il reviendra brièvement sur la récente opération franco-mauritanienne dont l’objectif était de libérer un second otage, Michel Germaneau. «Cette opération mauritanienne aidée par la France a été présentée par la presse comme un échec. C’est un échec dans la mesure où M. Germaneau a été exécuté, mais cette opération militaire a démontré que la France est très préoccupée par la prolifération de zones de non-droit dans la région du Sahel. D’un autre côté, nous reconnaissons les efforts que fait l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme, notamment dans cette région. Nous connaissons parfaitement le rôle actif et le leadership que doit avoir l’Algérie. Le président Sarkozy a pris note des efforts et des initiatives visant à regrouper les Etats de la région. Nous sommes conscients qu’il faut conjuguer les efforts pour parvenir à une meilleure situation dans cette zone.»
Gare à l’escalade
Dans le registre des sujets qui fâchent, l’ambassadeur a fait part de ses craintes quant aux effets que provoquerait l’adoption de la proposition de loi visant à criminaliser les faits commis durant la colonisation de l’Algérie. «Nous ne sommes pas franchement pour cette proposition de loi criminalisant la colonisation française. Nous suivons la procédure législative algérienne. Pour l’instant, d’après ce que je comprends, ce projet est bloqué. C’est une procédure algérienne et nous respectons le Parlement algérien qui est libre de voter ou de ne pas voter ce texte. Il est vrai que si ce texte venait à être voté, cela ne faciliterait pas les choses dans les relations bilatérales. Comme vous le savez, il y a un certain nombre de personnes en France qui sont très attentives à cela. Souvenez-vous quand le Parlement français avait adopté la loi du 23 février. Il y a eu un certain nombre de conséquences en chaîne. Il est donc vraisemblable qu’une loi de ce type aurait des conséquences en chaîne. Des réactions individuelles ou de groupes divers qui sont actifs dans le sud de la France. Ce n’est pas le meilleur moyen de mettre de l’huile dans les rouages.»
No comment
Au cours de cette rencontre avec la presse, l’ambassadeur de France a évité d’aborder certains sujets. Le plus souvent pour ne pas commenter des affaires actuellement pendantes devant la justice. C’est le cas notamment des sanctions infligées par la Banque d’Algérie à certaines banques françaises, de l’affaire des moines de Tibhirine et même du cas du chanteur Cheb Mami (Xavier Driencourt avouera ne rien savoir sur ce sujet). Par contre, il mettra en avant le principe d’obligation de réserve pour éviter de commenter les propos tenus par son ministre, Bernard Kouchner, qui avait évoqué, en février dernier, la présence de la «génération de Novembre» aux plus hauts postes de l’Etat algérien. Les journalistes n’en sauront pas plus également à propos de la vente de frégates françaises à la marine algérienne. «C’est un dossier de très long terme, j’en entends parler depuis plusieurs années.» Idem pour la visite d’Etat en France de Abdelaziz Bouteflika. «On n’en a plus jamais reparlé. Elle aura lieu quand le président de la République algérienne décidera de se rendre en France.»

Source Le Soir d’Algérie Tarek Hafid

Le Pèlerin

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:14

Algérie – Alger - Suite au retrait du Français Keolis, confusion autour de la gestion du tramway d’Alger

Metro Alger

 

Keolis, l’entreprise française qui avait remporté le marché de l’exploitation du futur tramway d’Alger, s’est finalement retirée. Un départ qui reste aujourd’hui encore inexpliqué mais qui relèverait «de la souveraineté du ministère des Transports». Pour faire face aux impératifs de mise en service du tramway, l’Entreprise du métro d’Alger a dû relancer un avis d’appel d’offres pour la sélection d’un nouvel opérateur.
L’expérience algérienne de Keolis aura duré moins d’une année. L’entreprise française, qui devait exploiter la ligne 1 du tramway d’Alger, a quitté l’Algérie voilà près de cinq mois. Mais les raisons de ce départ restent inexpliquées. Contacté mardi, le directeur des projets tramway et transports par câbles à l’Entreprise du métro d’Alger (EMA) a commenté du bout des lèvres la situation. «Keolis est bien partie. Mais je ne sais pas pourquoi. Cela relève de la souveraineté du ministère des Transports», s’est contenté de dire Amar Khalouia, avant de lâcher : «Tout ceci me dépasse !» Il est curieux de constater que les deux parties tiennent quasiment le même type de discours. Un responsable de l’entreprise française, joint au téléphone, s’est montré tout aussi évasif. «Au jour d’aujourd’hui, Keolis n’est plus en Algérie. Ce qui s’est passé n’est pas de notre faute. En tout cas, tout ça m’a l’air très compliqué », a expliqué notre interlocuteur qui a souhaité garder l’anonymat. Ce dernier donnera juste un petit indice en révélant l’existence «de problèmes d’ordre juridique». En fait, le départ de Keolis était un secret de Polichinelle dans le secteur des transports. Selon une source proche du département de Amar Tou, cette situation serait à mettre sur le compte de deux points principaux : le dossier administratif «incomplet» qu’aurait présenté l’opérateur français aux autorités algériennes et les retards importants qu’accuse le groupement chargé de réaliser le tramway d’Alger. «Il est utile de rappeler que la relation entre Keolis et l’Entreprise du métro d’Alger n’a pas dépassé le stade de l’annonce d’attribution du marché d’exploitation. Rien de plus. Le contrat, d’une valeur de 50 millions d’euros sur 10 ans, n’a jamais été signé entre les deux parties. Et en présentant un dossier incomplet, les responsables de Keolis en Algérie n’ont même pas réussi à obtenir leur registre de commerce», a précisé une source proche du ministère des Transports. Il semblerait que ce qui a été perçu par les autorités algériennes comme des «tergiversations» serait à mettre sur le compte de blocages dans la réalisation du projet. Les deux facteurs seraient intimement liés. Mais le retrait de l’opérateur français a causé un sérieux problème à l’Entreprise du métro d’Alger. «Le tramway d’Alger nécessite l’intervention d’une entreprise expérimentée en matière d’exploitation. Le départ de Keolis a provoqué un vide. Au niveau de l’EMA, certains responsables ont proposé d’attribuer ce marché à l’Etablissement de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa). Mais cette proposition a vite été rejetée, l’ex-RSTA étant totalement inexpérimentée au vu de la complexité du système et de la technologie utilisée», a indiqué notre source. Face à l’absence de solution fiable, l’Entreprise du métro d’Alger a donc été dans l’obligation de lancer un nouvel avis d’appel d’offres. Une publication qui a eu lieu lundi dernier par voie de presse. Reste à savoir si ce marché intéressera d’autres opérateurs. Voire même Keolis qui, selon les dires de son représentant, n’est pas prête à quitter définitivement le marché algérien. «Actuellement, nous ne sommes plus en Algérie. Mais il n’est pas dit que nous n’y retournerons plus.»
Source Le Soir d’Algérie Tarek Hafid

Le Pèlerin

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:00

Toulouse Restaurant au Capitole 

Menu à moins de 10€ "Au Gascon"

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À l'issue des vacances d'été, le porte-monnaie des Toulousains semble bien léger. Nous avons donc testé pour vous des restaurants qui offrent des menus à des prix abordables (moins de 10 €). Cette semaine au banc d'essai : « Au Gascon », 9 rue des Jacobins.

Le cadre. Situé dans l'hyper-centre de Toulouse, « Au Gascon », comme son nom l'indique, respire l'Occitanie. Des briques rouges ornent les murs de l'établissement et lui donnent un cachet propre à la Ville rose.

Les clients, des ouvriers comme des employés de banque, s'y pressent le midi. On y mange cependant dans une atmosphère paisible.

Le menu. Une salade au foie de volaille en entrée, des légumes farcis en plat principal et du flan maison en dessert.

Le tout pour 8,40 € (9,70 € avec le café) ! La farce, parfaitement assaisonnée, accompagne les légumes (tomate et courgette) qui semblent sortir tout droit du jardin. L'entrée, bien que modeste, met les clients en appétit.

Et le dessert fond dans la bouche. Autre point positif : le pain.

Pas de baguette industrielle, du pain de campagne avec sa croûte croustillante. Seul bémol : peu de recherche quant à la présentation des assiettes.

Le service. Une organisation bien huilée permet au client d'ingurgiter le menu en moins de trente minutes.

Malgré une activité intense, les serveurs conservent le sourire. Et le client aussi lorsqu'arrive l'addition.

« Au Gascon » au banc d'essai, 9 rue des Jacobins à Toulouse. Réservations au 0561 21 67 16. Menu à 8,40 € disponible le midi, du lundi au vendredi. Métro Capitole Ligne A

Chaque mercredi, retrouvez la « critique gastronomique » de notre rédaction. À suivre sans modération !

À partir d'aujourd'hui, « La Dépêche du Midi » vous propose une nouvelle série : les journalistes testent des restaurants toulousains qui affichent des menus ne dépassant pas les 10€.

Cherchez un restaurant sur Toulouse cliquez ici

Source La Dépêche du Midi

Le Pèlerin

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 11:51

“Il n'y a aucune différence entre ceux qui jouent ici et ceux qui évoluent à l'étranger”

Abdelhak Benchikha

 

Le nouvel entraîneur national, M. Abdelhak Benchikha, 47 ans, a tenu hier à la salle de conférences de l’OCO du complexe Mohamed-Boudiaf, une conférence de presse au cours de laquelle il a abordé tous les points inhérents à sa nouvelle nomination à la tête des Verts. Il était accompagné de M. Abdelkader Berdja, directeur de communication à la FAF, mais point de Zoheir Djelloul, pourtant maintenu dans le staff technique de l’équipe, une absence qui a été différemment interprétée par les présents.
D’emblée, le nouveau sélectionneur de l'équipe algérienne a tenu à rendre hommage à Rabah Saâdane et à ceux qui l’ont nommé à ce poste. “Je tiens à rendre un vibrant hommage à Rabah Saâdane pour tout ce qu’il a fait de bon pour le football et l’équipe national. Il a beaucoup donné, on doit lui être reconnaissant, tout en lui souhaitant la réussite dans ses futures fonctions. Je tiens aussi à remercier tous les gens qui m’ont fait confiance, je les rassure que je ferai tout pour honorer mon engagement, je respecte aussi ceux qui étaient contre ma nomination, c’est ça la vie, on ne peut pas faire l’unanimité chez tout le monde, l’essentiel, c’est que je suis là. Je prône la stabilité. Je ne veux pas chambouler les choses, c’est la raison pour laquelle, on a maintenu le staff qui était avec Saâdane. J’ajouterai autre chose, je n’ai jamais posé de conditions avant ma nomination à la tête des Verts, car j’estime que travailler pour mon pays n’a pas de valeur, il n’y a pas lieu de spéculer là-dessus, je travaillerai gratuitement pour les couleurs de l’Algérie, lorsqu’on m’a demandé de venir travailler pour le pays, je n’ai pas hésité à répondre présent à cet appel, comment voulez-vous qu’aujourd’hui je pose des conditions. Les gens disent et écrivent n’importe quoi, comme cette histoire d’interview imaginaire, je le dis devant vous, je n’ai accordé aucune interview, je suis étonné de voir aujourd’hui, des interviews sur certains organes, c’est une pure invention de leurs auteurs, par correction à tout le monde, j’ai fermé mon portable pour ne pas froisser certains au détriment d’autres”, dira-t-il avec une profonde conviction.

“Il y aura une concurrence loyale dans l’équipe”
Abordant le challenge sportif qu’il attend avec cette équipe en nette perte de vitesse depuis son retour du Mondial, l’ex-driver du Club Africain se veut rassurant. “Le prochain match face à la République centrafricaine est certes important, mais pas décisif, on ira là-bas pour ramener la victoire, on va mettre tous les moyens pour réussir ce challenge, le plus important pour moi actuellement est de bien préparer l'équipe pour gagner ce match. L'objectif reste de se relancer dans ces éliminatoires”. Benchikha dira, en outre, qu’il reste un homme de défi et qu’il ne craint rien, même si la responsabilité est lourde, il est prêt à l’assumer et atteindre les objectifs qui lui sont assignés par la tutelle. “Mon objectif est de qualifier l'Algérie pour la prochaine Coupe d'Afrique  des nations 2012. Je suis quelqu'un qui n'a pas peur de son travail, là où j’étais, j’ai fais mon boulot comme il se doit, j’aime les grands défis, c’est une motivation pour moi les défis, je suis sévère dans ma vie privée et mon travail, je refuse le qualificatif de général, même si c’est amical, je veux faire les choses dans les règle de l’art, je ne suis pas un gendarme, j’insiste sur le respect mutuel entre les joueurs et moi”. À la question de savoir si les joueurs locaux auront leur place avec lui dans cette équipe, le sélectionneur national était catégorique sur ce sujet qui a captivé l’assistance. “Vous savez, en ce moment, j'ai besoin de joueurs qui sont prêts à 100%. J'aime les stars qui font le feu et pas ceux qui font la fumée, avec moi, il y aura de la concurrence loyale, le plus en forme sera maintenu, on a une bonne équipe composée d'excellents joueurs qui évoluent dans le haut niveau.
Le joueur local qui mérite sa place sera convoqué, il n’y a personne qui ne connaît mieux que moi le joueur local, donc je sais ce que je dois faire. Il est vrai qu'il y a des imperfections  dans certains compartiments, mais j'ai besoin de temps pour pallier ces insuffisances. Quand j'ai pris en mai la sélection A', j'ai dit qu'il faudra revaloriser le joueur local, ils ont réussi à relever le défi après leur qualification pour le CHAN-2011. Pour moi, il n'y a aucune différence entre ceux qui jouent ici et ceux qui évoluent à l'étranger. Comme je l'ai dit auparavant, l'urgence est de gagner face à la Centrafrique coûte que coûte, ensuite on procédera aux correctifs nécessaires. Ce sont pratiquement les mêmes joueurs qui seront convoqués pour le prochain stage. Le temps presse, et je n'ai aucunement l'intention de faire une révolution au sein de l'effectif, surtout que le match face à la Centrafrique approche à grands pas. S'il y aura du changement, ça sera après cette rencontre. Toutefois, je dois vous préciser que seuls les plus en forme feront partie de l'équipe nationale, sans tenir compte de leur statut, professionnel ou local”.

“J’ai ma petite touche personnelle à introduire sur le plan tactique”
La stérilité de la ligne offensive a été au centre du débat, Benchikha se veut plus subtile et rassurant en même temps. “Ce problème existe depuis quelques matches, j’ai ma petite touche personnelle à introduire sur le plan tactique et psychologique pour débloquer la situation. Je dois impérativement retrouver la confiance quelque peu perdue ces derniers temps. Il faut que je discute d’abord avec les joueurs, je vais faire un état des lieux pour ensuite arrêter le mesures à entreprendre, je vais mettre les joueurs dans les meilleures dispositions, lorsque je vivrais avec les joueurs durant le prochain stage, j’aurais une idée plus précise sur eux, je refuse de porter des préjugées sur quelqu’un que je n’ai pas côtoyé. À ce titre-là, j’ai réussi des garanties de tous les joueurs qui m’ont assuré de leur présence au prochain stage d’Alger. Je vais leur dire carrément que je veux réussir avec vous, comme je l’ai déjà dit aux joueurs du Club Africain lorsque je suis arrivé à Tunis. Je vais tout d'abord remobiliser la troupe ensuite, on verra plus clair”. Sur le renforcement du staff technique dans le futur, Benchikha prône pour l’arrivée d’un grand technicien qui sera très utile pour le football national.
“Le football ne cesse d'évoluer. Dans les meilleures équipes du monde, le staff technique est élargi à plusieurs personnes dans le but de faire un travail complet et efficace. Dans cette optique, il y aura un renfort au sein de l’équipe nationale à l’avenir”.
À une question de Liberté à propos de son avenir avec l’équipe nationale A’, le conférencier a tenu à préciser que cela ne le dérangera nulle part. “Il y aura la CHAN en janvier 2012, ce n’est pas un problème pour moi, on fera cette Coupe d’Afrique des nations qui reste aussi un challenge intéressant, ensuite on verra”. Il a clôturé sa conférence sur le contrat avec la FAF.  “Jusqu’à maintenant, je n’ai signé aucun contrat à la FAF, qu’on soit clair là-dessus, dès qu’on m’a proposé le poste, j’ai accepté les yeux fermés, ce n’est pas du tout un problème pour moi”.

Source Liberté Rachid Abbad

Le Pèlerin

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 11:33

L’ambassadeur de France admet que l’affaire Hasseni était un facteur de blocage

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Le diplomate français estime que “les trois derniers mois, il y a eu un certain nombre d’étapes importantes” qui font qu’aujourd’hui, l’on peut “espérer qu’il y ait un nouveau rythme dans les relations algéro-françaises”.

Les relations entre l’Algérie et la France pourraient connaître une nouvelle impulsion après plus de deux années de crispation. C’est du moins ce qu’a laissé entendre, hier, l’ambassadeur de France à Alger, M. Xavier Driencourt, lors d’un petit-déjeuner avec quelques journalistes. La visite du secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, reçu par le premier ministre, puis par le président de la république, la visite du chef de l’État à Nice, le non-lieu dans l’affaire du diplomate Mohamed-Ziane Hasseni et récemment la désignation de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin pour coordonner les questions économiques semblent avoir apaisé les tensions entre les deux pays. “Aujourd’hui, ont peut dire, on peut souhaiter, on peut espérer qu’il y ait une nouvelle étape dans les relations algéro-françaises”, a indiqué l’ambassadeur. Le diplomate français estime que “les trois derniers mois, il y a eu un certain nombre d’étapes importantes” qui font qu’aujourd’hui, l’on “peut espérer qu’il y ait un nouveau développement, un nouveau rythme dans les relations algéro-françaises”. Dans cette dynamique de détente,
M. Xavier Driencourt annonce la visite de la secrétaire d'État français chargée du Commerce extérieur, mme Anne-Marie Idrac, dès la fin de la semaine. Mme Anne-Marie Idrac, qui sera accompagnée d’une délégation d’hommes d’affaires, viendra aussi préparer la venue, avant la fin de l’année, en Algérie, de Jean-Pierre Raffarin. L’ambassadeur de France a évoqué, aussi, la visite, la semaine prochaine, de Jean-Pierre Chevènement, “un ami de l’Algérie”. M. Chevènement animera deux conférences autour du thème “République, laïcité et religions”, à Oran et à Alger. “Il faut retrouver un nouveau rythme dans nos relations bilatérales”, a souhaité l’ambassadeur de France. Le non-lieu de Hasseni est un élément important de ce nouveau rythme.

Précisons sur la mission de M. Jean-Pierre Raffarin.
M. Jean-Pierre Raffarin n’est pas “monsieur Algérie” ; sa mission est de “coordonner les relations économiques franco-algériennes ainsi que le développement des investissements français en Algérie et algériens en France”, a précisé l’ambassadeur de France à Alger. M. Xavier Driencourt a indiqué que, lors de la rencontre entre le premier ministre, Ahmed Ouyahia, et le secrétaire général de l’Élysée, “a eu l’idée de dire que peut-être ce serait bien si du côté français, et peut-être du côté algérien, on pouvait nommer une personnalité chargée de coordonner les différents projets économiques de part et d’autre”. L’ambassadeur a indiqué que la rencontre entre Ouyahia et Claude Guéant a “beaucoup porté sur les questions économiques”. “Je pense que c’est une priorité du premier ministre. Ils ont parlé de projets de développement français en Algérie, de la loi de finances…”, a relevé M. Xavier Driencourt. Ils se sont accordés sur l’opportunité de confier de part et d’autre le suivi de ces relations à une personnalité de haut niveau, dont le rôle serait notamment de coordonner la coopération économique franco-algérienne ainsi que le développement des investissements français en Algérie et algériens en France. “C’est une mission à caractère économique. La presse a dit que
M. Raffarin va être chargée de relancer les relations franco-algériennes, d’être Monsieur Algérie. Ce n’est pas cela qui est dans l’esprit français et dans l’esprit des algériens”, a souligné l’ambassadeur. “Pour relancer les relations algéro-françaises, vous avez un ambassadeur à Paris et on a un ambassadeur ici. On fait notre travail au quotidien”, a-t-il ajouté. Plus explicite, M. Xavier Driencourt explique que les entreprises françaises n’ont pas toujours accès “au ministre algérien”, M. Raffarin va être un facilitateur, en quelque sorte. Dans cet esprit, l’Algérie aura donc à désigner une personnalité qui serait le vis-à-vis de
M. Raffarin. L’ambassadeur de France indique qu’un certain nombre de projets français en Algérie dans l’industrie pharmaceutique, l’automobile, le ciment, les banques, les assurances, qui datent de plusieurs années, ne se sont pas réalisés en raison de difficultés et d’obstacles. M. Xavier Driencourt souligne que les entreprises françaises sont en Algérie sur la durée. Elles savent que le marché algérien est un marché important. “35 000 emplois directs et
100 000 emplois indirects ont été créés par les entreprises françaises”, a-t-il affirmé. Évoquant le mesure de la loi de finances complémentaire 2010 qui oblige les investisseurs étrangers qui décrochent des marchés de prendre un partenaire algérien, l’ambassadeur de France relève la difficulté de sa mise œuvre. “Le tissu industriel n’est pas très dense. Le nombre d’entreprises dynamiques qui ont des capitaux à même d’investir avec des partenaires étrangers n’est pas considérable”, a-t-noté. Interrogé sur le report de la visite d’État que devait effectuer le président de la république, M. Xavier Driencourt indique que les deux pays ont traversé deux années difficiles, marquées notamment par le dossier Mohamed-Ziane Hasseni. “Je crois que dans l’esprit des algériens ce dossier constituait un obstacle pour une visite d’État”, a estimé l’ambassadeur. Mais au-delà du dossier Mohamed-Ziane Hasseni, une question très sensible pour les algériens, l’ambassadeur évoque des divergences sur la mémoire, le dossier du Sahara occidental, une sensibilité différente sur l’Union pour la Méditerranée. Il y a aussi d’autres affaires judiciaires en cours qui ont heurté les Algériens. Concernant la proposition de loi relative à la “criminalisation de la colonisation”, l’ambassadeur, indique que “si ce texte était voté, cela ne faciliterait pas les relations bilatérales”. “Nous respectons la souveraineté du parlement algérien de voter tel ou tel texte, mais nous restons attentifs à cela”, a-t-il ajouté, estimant que “ce n’est pas le meilleur moyen de mettre de l’huile dans les rouages”. sur les visas, le diplomate indique que le consulat d’Alger a délivré 47 700 visas durant les sept premiers mois de l’année, sur 66 224 visas demandés. L’ambassadeur a relevé une baisse de 10% de demandes de visa.
“Nous n’avons pas payé de rançon”
Évoquant la situation sécuritaire au Sahel, le diplomate indique que le développement d’une zone de non-droit, qui irait de la Mauritanie jusqu’à la Somalie, en englobant le Sahel, est une source de préoccupation importante pour les autorités françaises. M. Xavier Driencourt affirme que son pays reconnaît le rôle de leadership que doit jouer l’Algérie dans cette région. “Nous avons pris note des différents efforts faits par l’Algérie”, a ajouté l’ambassadeur, citant la réunion de Tamanrasset l’année dernière et une autre réunion prévue à Alger qui regroupera les États de la région. Interrogé sur le paiement de rançon – un moyen pour renflouer les caisses des terroristes–, M. Xavier Driencourt affirme que son pays n’a pas payé de rançon. “Nous n’avons pas payé de rançon”, a-t-il insisté, indiquant que l’Algérie, préoccupée par ce phénomène, a déposé un projet de loi criminalisant le versement des rançons aux terroristes, à l’ONU.
Questionné si la France soutient l’initiative algérienne, le diplomate français a répondu que son pays “est intéressé par le principe, mais on n’est pas d’accord sur toutes les modalités”.

Source Liberté Meziane Rabhi
Le Pèlerin

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