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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 09:22

L’Egypte absente de la manifestation

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Malgré la crise financière qui a secoué de plein fouet particulièrement les pays occidentaux, la participation des firmes étrangères à la 43e édition de la FIA qu’abritera le Palais des expositions Pins maritimes du 2 au 7 juin prochain, est loin d’être insignifiante. L’édition de 2010 sera marquée par la présence de 870 firmes représentant 43 pays avec une augmentation nette de plus de 5% en terme de surface d’exposants. Toutefois, les pays européens ont décidé de réduire leur surface d’exposition. Des chiffres record, selon   Mouloud  Slimani, directeur de la promotion et de la coopération au niveau de la SAFEX.

Intervenant lors d’une conférence de presse animée, hier, conjointement avec le directeur général du commerce extérieur du ministère du Commerce, Chérif Zaaf, il a fait savoir que  la participation des opérateurs nationaux, quant à elle, n’est pas des moindres dans la mesure où elle détient les deux tiers des 51 764 m2 constituant la surface globale de la FIA 2010.  Le marché national est, en effet, une opportunité  à reconquérir, a estimé M. Zaaf indiquant que la forte participation des étrangers dénote clairement «le fort intérêt et la volonté» de nombreux pays à venir investir en Algérie. «Notre marché est important aux yeux de nombreux pays. Notre objectif est d’avoir non pas des fournisseurs qui viendront vendre leur produit mais de véritables investisseurs.

Le plus important est d’avoir un partenariat stratégique qui permettra  le transfert du savoir-faire surtout sur le plan de la technologie», souligne le même responsable. Pour lui, les dispositifs contenus dans le cadre de la loi de finances complémentaire de 2009 ne sont point contraignants pour les investisseurs étrangers et nationaux. Evoquant le Credoc qui a été fortement contesté par les opérateurs économiques nationaux, il a souligné, sans verser dans les détails, que  cet instrument de payement «n’a finalement pas bloqué les importations puisqu’il y a des opérations en cours». Et d’ajouter que l’objectif pour l’Algérie est de maîtriser le commerce extérieur et de réaliser des partenariats stratégiques.

Au sujet de la FIA 2010, M. Slimani a indiqué que la Chine garde son statut de leadership en se positionnant  en première position  suivie de l’Italie et ensuite de la France. Par répartition continentale, on note 12 pays de l’Europe à l’image de l’Italie, Portugal, France, Allemagne, Hongrie, Tchéquie, Turquie, 7 pays de l’Asie (Chine, Corée, Indonésie, Iran, Pakistan, Russie, Vietnam), 6 pays d’Amérique (USA, Canada, Brésil, Argentine, Cuba, Chili),  d’Afrique (Cameroun, Kenya, Mozambique, Sénégal, Niger). Selon l’intervenant, les pays européens, particulièrement, ont décidé de réduire leur surface d’exposition comme c’est le cas de l’Italie. L’Espagne absente depuis deux années se présentera sans pavillon officiel. Côté arabe, en plus du Yémen qui participe avec le plus important nombre d’exposants, on enregistre la présence de la Jordanie, la Syrie, le Maroc, la Tunisie, la Libye, le Soudan, le Palestine et la Mauritanie. Le statut d’invité d’honneur reviendra cette année à la Jordanie, suite à sa demande officielle. L’Egypte brille par son absence.
Selon M. Gacemi, DG de la Safex, une invitation lui a été adressée à l’instar des autres pays. Il insistera pour dire qu’il ne s’agit pas d’un boycott mais de contrainte purement commerciale et économique. Rebondissant sur le même sujet, M. Slimani a fait savoir que la partie égyptienne a formulé une  demande de réservation pour la prochaine édition de la FIA. Sur le plan organisationnel, M. Khiar, responsable à la  SAFEX, a indiqué que toutes les conditions (6000 places de parking, sécurité, fluidité des entrées) ont été assurées au profit des visiteurs, estimés entre 350 000 et 400 000, attendus lors de cette édition. Il est à noter qu’en marge de la FIA, le Palais des expositions accueillera le salon des exportations.

Source Horizons Wassila Ould Hamouda

Le Pèlerin

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 09:12

Les chemins tortueux de la fausse gloirepalme-d-or.jpg

 

Personne, parmi les observateurs avisés, ne s’attendait à ce que le jury du Festival du cinéma de Cannes ne donne aucune distinction au film controversé de Rachid Bouchareb, Hors-la-loi.

Clean et correct, ce jury confirme tout le « bien » qu’on pense de lui et de ceux qui l’ont précédé. Pas de vagues ni remous. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Il est possible que le long métrage de Bouchareb ne méritait pas une distinction. Il n’est dit nulle part qu’un film qui suscite la polémique est forcément bon. Mais voir ce même jury récompenser un film bâclé en sept mois sur les moines de Tibhrine, Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, a de quoi susciter beaucoup d’interrogations sur les éléments qui déterminent la qualité d’une œuvre cinématographique d’après les critères cannois. En théorie, « le Grand Prix » récompense l’œuvre « qui manifeste le plus d’originalité ou d’esprit de recherche ».

Destiné à la télévision, le film de Xavier Beauvois n’a fait que relater, avec de la romance à la française, l’histoire tragique des sept moines de Tibhirine assassinés en 1996 en Algérie. Pas plus. Il est vrai que Xavier Beauvois, dont la démarche artistique est centrée sur l’humain et ses tourments, a déjà reçu le prix du jury à Cannes pour son film N’oublie pas que tu vas mourir en 1995, mais cela ne fait pas de lui un « palmable » à tous les coups ! Tout le monde sait dans l’univers pailleté de Cannes que le choix des films pour la Palme d’or se fait souvent selon des considérations subjectives.

En 1991, Roman Polanski a imposé de force le choix de Barton Fink des frères Coen pour la Palme d’or et a refusé toute remise en cause de ce choix par les membres du jury. N’étant pas un grand chef-d’œuvre, ce film a été vite oublié. En 2009, Isabelle Huppert a obligé, elle aussi, les membres du jury à accepter le Ruban blanc de Michael Haneke pour la Palme d’or. Michael Haneke est un ami de longue date d’Isabelle Huppert avec qui elle a tourné des films, tels que la Pianiste. Pourtant, le Ruban blanc n’a pas pulvérisé les records d’entrée en salle en Europe !

Le jury de la cuvée 2010, dirigé par Tim Burton, grand spécialiste des films de science-fiction, réalisateur, entre autres de Charlie et la chocolaterie et de Batman, a donné la Palme d’or au Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul pour Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures. Le Cannes officiel aime bien « coller » à l’actualité chaude. Bangkok est secouée depuis plusieurs mois par une crise politique et des journaux français ont rapporté que Apichatpong a failli ne pas être présent à Cannes pour, tenez-vous bien, « la guerre civile qui sévit en Thaïlande ».

Cannes s’essouffle

Cela faisait chic donc de « récompenser » un film venu d’un pays sous les feux de l’actualité. En 2004, le Festival de Cannes a récompensé le documentaire Fahrenheit 9/11, de l’Américain Michael Moore qui critiquait la politique extérieure de George W. Bush, notamment l’engagement des troupes en Irak, un an plutôt. Or, selon plusieurs critères reconnus, ce film ne méritait pas la Palme d’or. Mais le jury, présidé alors par Quentin Tarantino (qui partage avec Michael Moore les mêmes producteurs, les frères Weinstein), a décidé de lui donner la première distinction, suscitant une vague de critiques. Apichatpong Weerasethakul a peut-être mérité la Palme d’or 2010.

Ce cinéaste est connu par la poésie de son œuvre et par un côté naïf qui donne, quelque peu, l’épaisseur à ses films. Il est évident qu’actuellement le cinéma asiatique déclasse, et de loin, le cinéma européen en matière de créativité, d’innovation et de quête élaborée d’esthétique. Mais le Festival de Cannes n’a que récemment commencé à s’intéresser à ce cinéma. Depuis 1946, date de sa création, ce festival a toujours avantagé, d’une manière claire, les cinémas du Nord. En langage chiffré, cela donne, par exemple, pour la sélection officielle, 376 films américains, 348 français, 183 italiens, etc. Sur les 66 Palmes d’or données, 48 sont revenues à des longs métrages américains et européens.

Est-ce pour autant que les cinémas astiatique, africain, sud-américain et arabe sont mauvais ? On ignore encore beaucoup de choses sur la manière avec laquelle les films sont sélectionnés pour la compétition officielle. Des films de grande qualité artistique sont produits en Inde, au Brésil, en Indonésie, en Egypte, en Syrie, en Malaisie, en Afrique du Sud, au Nigeria, en Tunisie, au Maroc, en Argentine, au Kenya, au Venezuela, au Chili, au Mozambique... mais ne suscitent jamais l’intérêt du « comité » qui choisit les œuvres pour le Festival de Cannes. Les sponsors, les porteurs de capitaux, les relais commerciaux et médiatiques ont aussi leur mot à dire dans ces choix. Le souci de choisir des films avec « un regard nordique », pour ne pas dire occidental, est toujours présent. Peu de marge est laissée à la liberté de création pour les cinéastes qui, à chaque fois, doivent se « mouler », laver plus blanc que blanc, pour être admis.

Hors-la-loi, hors-jeu

D’où le manque de crédibilité et de sérieux qui marque parfois les films sélectionnés puis récompensés (en 1987, le long métrage ridicule de Maurice Pialat, Sous le soleil de Satan, a eu la Palme d’or sous les sifflements du public). Avec les lectures qui ont accompagné Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, on a découvert qu’en France, mêmes les critiques les plus chevronnés délaissent dans les placards les instruments d’analyse pour tomber dans les raccourcis au point de penser que le cinéma écrit l’histoire ! Question à deux euros : et si le film de Rachid Bouchareb avait représenté la France et pas l’Algérie à Cannes, quelle aurait été la réaction des « bien-pensants » ? Ces mêmes critiques n’ont pas remarqué que la plupart des grandes stars du cinéma étaient absentes à la Croisette cette année.

Source El Watan Fayçal Métaoui

Le Pèlerin

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 09:05

Le Conseil des ministres s’est réuni hier : Les grandes

 

lignes du plan 2010-2014

consel-des-ministres.jpg

 

Après un retard inexpliqué de plusieurs mois, le Conseil des ministres, qui s’est tenu hier, a enfin adopté le programme des investissements publics pour la période allant de 2010 à 2014 annoncé à grand renfort médiatique à la veille de l’entame du troisième mandat du Président. Il s’agit là, en effet, d’un plan originellement quinquennal qui se voit amputé de près d’un exercice pour mériter tout simplement ainsi la dénomination d’un quadriennal. Bref, l’Etat a décidé d’injecter pas moins de 286 milliards de dollars durant la période précitée pour le développement des infrastructures. Force est de relever que près de la moitié de ce montant astronomique sera consacrée à la finalisation d’anciens projets.

Une enveloppe de 130 milliards de dollars est destinée au « parachèvement des grands projets déjà entamés, notamment dans les secteurs du rail, des routes et de l’eau ». Le reste prend en charge l’engagements de nouveaux projets. Il faut souligner à ce sujet que beaucoup de projets lancés au début du deuxième mandat de Bouteflika ont connu des retards énormes. Des surcoûts aussi. Faut-il rappeler au passage que ni bilan ni même évaluation ne sont portés à la connaissance de l’opinion publique sur le niveau et le rythme d’exécution ou de finalisation des nombreux chantiers.

Le projet dit du siècle, l’autoroute Est-Ouest en est la parfaite illustration. Idem pour le métro d’Alger dont la livraison est perpétuellement reportée. Une particularité bien algérienne qui semble caractériser tout projet national. Les nouveaux projets que compte lancer l’Etat, pour lesquels une enveloppe de 156 milliards de dollars est consacrée, connaîtront fatalement le même rythme. Tout retard comporte un coût. Mais, au-delà de ces sommes faramineuses et des promesses de projets, il est légitime de s’interroger sur les résultats des deux précédents plans.

L’Exécutif a péché par absence d’un bilan sur les réalisations. Sur les surcoûts réels aussi. La corruption notamment. Le devoir de rendre des comptes – un fondement de la bonne gouvernance – ne semble n’être ni dans les priorités actuelles ni à venir du pouvoir actuel, si l’on en juge par l’opacité la plus totale qui règne en maîtresse... de l’ouvrage. Les Algériens ne disposent d’aucune possibilité de contrôle. Les instances élues et qui ont pour charge de contrôler la gestion des affaires s’effacent devant l’Exécutif. Et même quand des scandales de corruption éclatent au grand jour, dans les secteurs les plus névralgiques, éclaboussant de hauts responsables, le Parlement, réduit à sa plus simple expression, fait semblant de ne rien voir. Il est lui « interdit » d’avoir un droit de regard. Ainsi, le Conseil des ministres – le deuxième en l’espace de dix jours – intervient après une année caractérisée par la vacance de l’activité officielle de l’équipe dirigeante. Le chef de l’Etat a brillé par une longue absence, hormis les quelques apparitions protocolaires. Des scandales en cascade restent le fait dominant de ces derniers mois. Ils ont en effet le plus marqué l’activité nationale. Il est à espérer que la grosse somme mobilisée, 286 milliards de dollars pour les quatre prochaines années, n’aiguiserait pas l’appétit vorace des corrompus de tout poil. L’opinion nationale qui guette désespérément une vraie thérapie de choc contre les détournements des deniers publics est restée sur sa faim.

Pour tout système de bonne gouvernance, le chef de l’Etat s’est contenté, hier, d’exhorter ses ministres à « rendre compte annuellement de l’exécution diligente de son propre programme et nous procéderons annuellement à l’appréciation de la situation financière du pays ». « Nous accompagnerons aussi cette importante dépense publique pour le développement avec la rigueur nécessaire pour bannir tout excès et surtout tout gaspillage dans le fonctionnement de l’Etat et des collectivités locales. Parallèlement, les mécanismes de contrôle devront jouer pleinement leur rôle comme je l’ai déjà ordonné dans ma récente directive », a souligné le chef de l’Etat. Mais pour aller plus vite dans cette démarche, n’est-il pas judicieux de commencer par évaluer les dégâts de la corruption qui a entouré la conduite des deux premiers plans ?

Source El Watan Hacen Ouali

Le Pèlerin

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:55

Algérie - Brahim Benali (cadre au niveau de la Direction générale des impôts) : «Les personnes qui affichent des signes extérieurs de richesse seront contrôlées»taxe-grosses-cylindrees.jpg

 

L’amélioration de la qualité des prestations de l’administration fiscale, le nouveau Système comptable, la vérification approfondie de la situation fiscale d’ensemble ont été décortiqués par Brahim Benali, cadre supérieur au niveau de la Direction générale des impôts. Dans cet entretien, il revient sur le nouveau système comptable avec lequel travaille l’Algérie et qui s’adapte à celui qui se pratique au niveau international. Les services des impôts ne se contentent pas des simples déclarations fiscales, ils enquêtent également sur les personnes qui présentent des signes extérieurs de richesses. Il a aussi évoqué l’introduction du Numéro d’identification fiscale qui permet d’avoir plus de transparence dans les transactions en matière de commerce extérieur et une plus grande traçabilité dans les produits importés.

Peut-on connaître la portée du nouveau plan comptable national sur l’économie algérienne ?

Le nouveau plan comptable national est entré en vigueur le 1er janvier 2010. L’administration fiscale y est impliquée dans la mesure où elle doit adapter les systèmes  fiscaux à ce nouveau plan. Nous travaillons actuellement avec les nouvelles normes comptables et nous avons adopté un certain nombre de normes qui vont dans le sens de ce nouveau plan. Il faut reconnaître que le droit fiscal a ses spécificités et ses particularités.
Le nouveau socle conceptuel et compatible avec les normes internationales définit de manière plus précise les concepts, les principes comptables et les règles d’évaluation et de comptabilisation à respecter, que ce soit en matière de tenue des comptabilités ou de production et de publication d’informations de qualité, reflétant la véritable situation économique et financière des entreprises et utiles pour tous les utilisateurs des états financiers des entreprises.
Je dois ajouter enfin qu’au plan macro-économique, le nouveau système comptable devra également aider à produire des données pertinentes qui pourront être exploitées par la comptabilité nationale et l’appareil statistique.

Quelles sont les différences majeures entre l’ancien et le nouveau système comptable en matière de déclarations fiscales?

Le nouveau système va s’adapter à ce qui se pratique au niveau international. Il y aura également la fiabilité de l’information financière. Le nouveau plan comptable va être plus simple aussi bien pour l’entreprise que pour les vérificateurs. 

Les spécialistes du domaine regrettent et le faible engagement des services des impôts et les enquêtes légèrement menées par les vérificateurs fiscaux locaux. Quel est le rôle de la direction de la Vérification approfondie de la situation fiscale d’ensemble (VASFE) ?
En premier lieu, il faut reconnaître que le contrôle fiscal de l’administration s’effectue sur plusieurs paliers. Au niveau central, nous avons une direction de richesse et de vérification qui chapeaute au niveau régional des services de richesses et de vérification. Les contrôles fiscaux, quant à eux, sont basés sur des programmes de vérification.

La Vérification approfondie de la situation fiscale d’ensemble (VASFE) touche le patrimoine du contribuable. Elle est également entourée de plusieurs garanties et droits en faveur des contribuables. Elle touchait dans un premier temps uniquement des contribuables recensés auprès de nos services. Par la suite, nous l’avions reconduite même aux personnes qui ne sont pas inscrites au niveau de nos services. Les personnes qui affichent des signes extérieurs de richesses et des dépenses ostensibles, peuvent faire objet d’une VASFE.

Peut-on savoir le nombre de personnes qui ont fait objet de cette vérification ? Plusieurs personnes ont fait objet d’une VASFE.

Vous venez de parler de programme de vérification. Quelles sont, justement, ses critères?
Il y a des contrôles au niveau de toutes les wilayas effectués par les sous-directions des contrôles fiscaux. Le chiffre d’affaires d’une entreprise a son importance dans les contrôles, la nature de son activité, les déclarations souscrites au niveau des administrations fiscales. Il y a également la vérification sur pièce effectuée au niveau des inspections. Nos inspections peuvent contrôler les déclarations des contribuables déposées au niveau de ces services.
Il faut noter que le contrôle des inspections est un contrôle sommaire et qui n’est pas approfondi. Au niveau de l’administration fiscale, chaque service contrôle les déclarations des contribuables conformément à la procédure prévue par la législation fiscale. Nous, nous ne contrôlons pas sur un coup de tête, mais le contrôle se fait suivant des procédures légales prévues dans la législation.

Qu’en est-il de la vérification ponctuelle ?

Cette vérification est une nouvelle procédure créée dans le cadre de la loi de finances de 2008. Elle consiste à vérifier des points bien précis d’une entreprise à l’image de la TVA à récupérer, l’amortissement pratiqué.

L’introduction du Numéro d’identification fiscale (NIF) a-t-il facilité la tâche aux services de la fiscalité ? 
Nous avons introduit le NIF pour tous les contribuables dans un premier temps qui activent dans le commerce extérieur. Par la suite, nous allons étendre cette procédure à tous les autres contribuables.
Cette nouvelle procédure va permettre d’avoir plus de transparence dans les transactions dans le commerce extérieur et une plus grande traçabilité dans les produits importés et permet également un meilleur contrôle des importateurs qui activent dans le commerce extérieur.  La carte magnétique est une nouvelle forme de prise en charge de cette catégorie de contribuables, elle se fait en coordination avec les services des douanes, les banques et les établissements financiers. Avant d’importer n’importe quel bien ou service, le commerçant se trouve dans l’obligation de présenter sa carte au niveau des services des banques et des douanes.

Les travailleurs estiment payer plus d’impôt que les commerçants et certaines entreprises. L’IRG atteint jusqu’à 20% du salaire. Quel est le taux le plus élevé des impôts en Algérie et qui le paye exactement ?

(Sourire). Il faut d’abord distinguer entre l’IRG qui s’applique sur des personnes physiques et l’IBS qui s’applique sur les sociétés. Pour ce qui est de l’IRG, on peut dire que c’est un barème et son application est progressive. Les tranches de ce dernier varient entre 0 à 35%. Les personnes qui perçoivent annuellement de 0 DA jusqu’à 120 000 payent 0%. De 120 001 DA à 360 000 DA ils s’acquittent de 20%. De 360 001 DA jusqu’à 1 400 000 DA 30%. Le reste, c’est-à-dire tout revenu supérieur à 1 400 000 DA est soumis à une tranche de 35%.
 Je souligne que l’application de ce barème est progressive. Si quelqu’un a un revenu qui se localise dans la fourchette de 20 %, on ne lui applique pas directement le taux de 20%, nous retenons la première tranche, jusqu’à 120 000 il ne paye pas, mais à partir de 120 001, la retenue de 20% s’applique.

Concernant les salariés, ils ont un barème mensuel. Ils bénéficient d’abattement sur impôts, on ne leur applique pas automatiquement ce barème. Les abattements qui varient entre 12 000 DA à 18 000 DA, permettent aux salariés de bénéficier de ces avantages. Les handicapés et les retraités sont imposables à l’IRG salaire sauf s’ils perçoivent un salaire inférieur à 20 000 DA.

Concernant l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) ?

Le taux de l’IBS est de 19% pour les activités du tourisme, de production et de travaux immobiliers et de 25 % pour les autres activités. Ces taux se calculent sur le total des bénéfices réalisés.

Dans tout ça, un cadre moyen paye jusqu’à 35% d’IRG et l’impôt est tiré directement de la source alors que l’épicier du coin paye un forfait de moins de 15 000 DA/an. Qui paye le plus d’impôt en Algérie ?

Nous avons instauré l’Impôt forfaitaire unique (IFU) réparti en taux : 5% s’applique sur ceux qui font l’achat-revente et 12 % sur les prestataires de service. Les deux taux s’appliquent sur le chiffre d’affaires réalisé. L’IFU peut aller jusqu’à 5 millions de dinars. Ce sont les grandes entreprises qui payent plus d’impôts en Algérie, car elles réalisent un bénéfice très important.

Récemment, vous aviez tenu une réunion avec la Chambre nationale des notaires (CNA)…

Nous tenons régulièrement des séances de travail avec des associations et les représentants des contribuables de manière générale.Lors de cette rencontre, nous avons mis l’accent surtout sur la relation entre l’administration fiscale et les notaires en leur qualité de centre de transit des déclarations. Le notaire a un rapport très étroit avec l’administration fiscale.

On a évoqué lors de cette rencontre les problèmes qu’ils rencontrent dans leur fonction et les mesures qui doivent être changées dans cette relation.

Que prépare l’administration fiscale pour la modernisation du secteur des impôts ?

La modernisation de l’administration fiscale a commencé au début des années 1990. Nous avons lancé le Centre des impôts pilotes de Rouiba qui va prendre en charge les moyennes entreprises et les PME et les professions libérales et progressivement on va créer d’autres centres des impôts et d’autres centres de proximité des impôts. Ces services seront dotés de guichets d’accueil et d’information des contribuables.

A l’instar des autres pays, l’Algérie introduira-t-elle un impôt sur la fortune pour taxer les riches ?

Nous avons déjà un impôt sur le patrimoine. On peut dire que c’est une autre appellation de l’impôt sur la richesse. Cet impôt s’applique sur tout le patrimoine de la personne qui doit être privé et non pas professionnel. Il touche les grandes propriétés, les villas, les maisons secondaires, les bateaux de plaisance, les chevaux de courses, les métaux précieux….. Cet impôt varie de 0 jusqu’à 1,5% de la valeur du patrimoine.

A partir de quel niveau l’impôt sur le patrimoine s’applique ?

Il commence à s’appliquer au patrimoine qui a une valeur égale ou supérieure à 30 millions de DA. Entre 30 millions et 36 millions l’impôt appliqué est de 0,25%, de 36 millions DA à 44 millions de DA l’impôt est de 0,5%. L’échelle est graduelle jusqu’à 60 millions de DA où le propriétaire doit payer 1,5%. 

En Algérie, la corruption des agents des impôts alimente souvent les discussions et ternit parfois l’image de l’administration fiscale. Qu’en est-il exactement de ce phénomène?

Je ne nie pas les cas de corruption mais on essaie de donner une dimension qui n’est pas réelle sur l’administration fiscale. Nous avons des cas qui sont traités par la justice. Ce qui est important c’est que dès qu’il y a un flagrant délit de corruption, l’administration n’hésite pas à traduire en justice l’incriminé.
Nos agents respectent la déontologie de la fonction. Les cas de corruption inscrits au niveau de notre administration ne sont pas aussi graves par rapport à ce qui se passe dans les autres administrations

Source Horizons - Entretien réalisé par Abbas Aït Hamlat

Le Pèlerin

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:48

Algérie - Alors que la monnaie européenne chute : Aucun effet sur le marché parallèle en Algérie

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La plongée de l’euro sur les marchés internationaux n’a pas provoqué de bouleversements majeurs sur la place informelle du square Port-Saïd. Le marché parallèle de la devise obéit à ses propres règles, s’appuyant essentiellement sur l’offre et la demande.

La « bourse » du square Port- Saïd demeure ainsi à contre-courant de toutes les places financières internationales. Même s’il a marqué une légère baisse, l’euro résiste à l’offensive du billet vert. Les cambistes de la place d’Alger raffolent toujours des coupures violettes, représentant la somme de 500 euros qu’ils revendent à 6000 DA. Cela fait plusieurs semaines, bien avant la crise grecque, que la monnaie américaine affiche une courbe ascendante. Les 100 dollars s’échangent désormais contre 10 000 DA, une prouesse jamais égalée depuis plus de cinq ans. Si les analystes financiers internationaux imputent l’envolée du dollar aux « emprunts d’Etat de la zone euro », les jeunes cambistes avancent des arguments plus en phase avec la réalité algérienne. Ils expliquent que la cote du dollar est montée sur le marché informel depuis que les Chinois sont devenus des clients réguliers de la place financière clandestine.

 

 

Hakim, la vingtaine, précise que les cours des devises étrangères sont décidés à l’aube, lorsque des « businessmen » venus de Kabylie et de l’est du pays proposent des sommes faramineuses pour alimenter le marché. « L’argent est présenté dans des sachets poubelle, explique Hakim en faisant claquer une liasse de billets, les cours sont fixés selon l’offre proposée. Vous comprenez bien que les tendances du marché international n’ont pas un effet direct sur le marché parallèle. » Même l’approche de la Coupe du monde de football n’a pas fait palpiter le marché du square Port-Saïd. « On s’attendait en effet, analyse Abdelkrim, opérant au square depuis deux ans, à ce que les demandes des supporters, prévoyant d’aller en Afrique du Sud, secoueraient le marché mais pour l’instant, il n’y a rien de ce genre. » S’il est évident que l’argent est le nerf de la guerre dans l’arène du square d’Alger, le plus important est de savoir se glisser dans l’un des réseaux du marché. Les cambistes se disputent les ruelles les plus en vue. Le groupe des Algérois, habitant le quartier, livrent une bataille féroce au clan des « Jijeliens », en supériorité numérique.

Il y aurait, selon les cambistes sur place, près de 400 personnes qui opèrent sur les lieux. Les principales devises représentées dans la Bourse d’Alger sont généralement l’euro, le dollar, la livre sterling, le franc suisse et le dollar canadien. Dans la mesure où la demande de la monnaie saoudienne est constante, le taux du rial saoudien reste inchangé, tout au long de l’année. Et bien que le yuan chinois commence à apparaître sur le marché du square, les cambistes feignent de n’y prêter qu’une importance mineure. La chute de l’euro, qui a atteint hier son plus bas niveau depuis quatre ans sur le marché international, devrait néanmoins profiter à l’Algérie. Le fait est que l’économie algérienne se singularise par une exportation – en dollars – d’hydrocarbures et une importation massive – en euros – de divers produits. Notre pays gagnerait ainsi au change.

Source El Watan Amel Blidi

 

Le Pèlerin

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:41

Algérie - Non-assistance à personne en dangerseisme.jpg

 

A chaque catastrophe naturelle - inondation, séisme entre autres - se pose de nouveau la problématique de la mobilisation nationale pour faire face aux conséquences tragiques nées de ces aléas. Des phénomènes qui sont vécus comme des fatalités que l’on subit avec impuissance et résignation. Encore une fois, après le séisme de Boumerdès qui a démontré que l’Algérie était loin d’être parée contre les risques majeurs en termes de sensibilisation des citoyens et d’organisation des secours, M’sila vient, à son tour, de faire les frais de l’absence d’une politique nationale appropriée en la matière, d’un plan Orsec digne de ce nom. Un plan qui ne soit pas un banal document classé dans un tiroir comme cela apparaît être le cas, mais un outil d’intervention à la mesure des défis et de la menace du risque sismique qui pèse sur une grande partie de l’Algérie.

Echaudés et traumatisés par la gestion chaotique des dernières catastrophes naturelles, qui ont affecté certaines régions du pays, les citoyens, s’ils sont parvenus, en puisant dans leur foi, la force morale à intérioriser le fait sismique dans leur vécu, ils demeurent néanmoins inquiets en sachant que les chances de survie en cas de séisme sont quasiment nulles, faute justement d’un plan national efficient de prévention et de prise en charge des conséquences des risques naturels. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, en Algérie, on a moins peur du tremblement de terre à proprement parler que de la bêtise humaine, de l’incompétence ou de l’irresponsabilité de ceux qui sont chargés de veiller sur la sécurité, la vie et les biens des personnes ! C’est dire que le temps n’est plus aujourd’hui au débat stérile et stérilisant, à l’organisation d’interminables séminaires qui ne débouchent sur rien de concret. Il est à l’action avec ces alertes répétitives qui devraient interpeller les pouvoirs publics pour inscrire cette question au titre des priorités du gouvernement en vue de mettre rapidement en place un plan de sensibilisation des citoyens aux risques majeurs et d’organisation des secours. En impliquant toutes les structures et institutions concernées de près ou de loin, ainsi que les citoyens qui doivent être au cœur du dispositif et savoir quoi faire dans des situations d’urgence.

Les initiatives prises par l’état au plan de la normalisation du bâti, en imposant des règles de construction antisismiques dans l’acte de bâtir ne doivent pas être une fin en soi. C’est là une œuvre de longue haleine. Il faut gérer le présent. La vétusté du bâti et le laxisme de l’Etat qui a favorisé les constructions anarchiques qui font fi des règles les plus élémentaires d’urbanisme compliquent davantage la situation face à la menace du risque sismique. Et comme il est matériellement impossible de raser ces habitations précaires, et donc de reloger leurs occupants, alors que l’on connaît le rythme lent des réalisations de l’habitat, le plus urgent à faire pour l’Etat c’est de se donner les moyens matériels et humains appropriés et un plan de secours efficace et opérationnel pour faire face aux conséquences des séismes. Un plan qui soit en rapport avec la nature permanente du risque sismique et la particularité de notre bâti qui présente le double désavantage d’être vieux et menaçant ruine par les effets de la limite d’âge, et la densité du tissu urbain.

Source El Watan Omar Berbiche

Le Pèlerin

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 23:50

Humour – dans l’oreille d’un sourd

 

Alzheimer.jpg 

 

Un monsieur âgé avait un sérieux problème. Il était sourd depuis plusieurs années. Il alla voir son médecin qui lui donna deux appareils pour entendre. Au bout d'un mois, il retourne voir son médecin qui lui dit :

 

"Votre famille doit être contente de voir que vous entendez très bien ?"

 

L'homme répond :

 

"Oh, je n'ai pas encore dit à ma famille que j'avais des appareils. Je ne fais que m'asseoir et écouter les conversations... Ça fait trois fois que je change mon testament".

 

Le Pèlerin

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 23:48

Algérie- Oran - Quelle place pour la femme algérienne dans la politique ?louisa-hanoune.jpg 

 

Mme Lazouni estime que “la femme peut faire de la politique autrement puisqu’elle accorde une plus grande importance  au social sans pour autant être assimilée à une assistante sociale ni à une féministe”.

 

À quelle place peut prétendre la femme algérienne dans la politique ? Une interrogation qui trouve un début de réponse dans la composition du gouvernement en place et qui offre peu de représentativité et surtout un minimum de visibilité pour les femmes qui sont souvent confinées dans des ministères “peu sensibles”. Une mixité qui trouve ses limites dans les prérogatives qu’on veut bien céder aux ministresses à travers les différents gouvernements qui se sont succédé au palais du Peuple et qui interpelle véritablement les femmes aspirant à jouer un rôle prépondérant en politique sur leurs aptitudes réelles à dépasser des préjugés à la peau dure. “Malgré les changements survenus depuis l’Indépendance, on n’a pas encore donné réellement sa place à la femme dans la politique”, analysera Mme Lazouni, coordinatrice régionale de l’Alliance nationale républicaine (ANR) à l’ouest du pays. Elle ajoutera que pour peu qu’on lui offre cette opportunité, la femme est prête à assumer ses responsabilités et, “en général, elles ont le sens de la diplomatie”. Hormis Louisa Hanoune, leader du Parti des travailleurs (PT), aucune femme n’a duré assez longtemps sur le terrain pour prétendre marquer la mémoire collective qui ne garde en fin de parcours que le nom de la pasionaria du PT. Pour Samir, la quarantaine, cadre dans une entreprise privée, la femme dans la politique, en dehors des quotas “APN, Sénat et gouvernement”, n’existe pas ou prou. “On est encore loin de la représentation féminine à la tête des partis politiques et je ne suis vraiment pas optimiste pour leur avenir dans ce domaine.”  Le débat ainsi lancé bute sur la volonté des sigles politiques à responsabiliser les femmes en leur prêtant un minimum de confiance pour faire valoir leurs capacités à gérer et diriger les militants. Pour Abdelkader, enseignant, la femme joue un rôle de faire-valoir en politique puisqu’elle n’est là que pour faire de la figuration ou pour appuyer un peu plus l’image de bouche-trou qu’on cherche à lui faire endosser lors des différents scrutins organisés. Pourtant, nombre de femmes considèrent qu’elles sont loin de cette vision purement machiste et misogyne que les hommes veulent bien leur voir endosser et qu’elles ont leur mot à dire. Mme Lazouni estime, pour sa part, que “la femme peut faire de la politique autrement puisqu’elle accorde une plus grande importance au social sans pour autant être assimilée ni à une assistante sociale ni à une féministe”. Prenant exemple sur son engagement au sein de l’ANR, elle dit “ne pas vouloir être comparée aux hommes. On peut rester féminine tout en assumant de lourdes tâches”. Quant à ceux qui veulent confiner les femmes dans une position d’éternelles remplaçantes, Mme Lazouni estime que les femmes occupent de nombreux postes de responsabilité au sein de la société, “mais  nous ne voulons pas être un décor. Nous voulons amener un changement tout en assumant notre rôle de femme dans la société”. Considérée comme l’un des piliers de l’Alliance, elle affirme que le parti a changé grâce à l’apport des femmes et des jeunes en ouvrant ses portes à ces deux catégories et qu’ainsi “l’ANR veut devenir une force de proposition et non d’opposition”.

 

Source Liberté Moncef Wafi

 

Le Pèlerin

 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 07:57

63ème Festival de Cannes - Djamel Debbouze à l’Expression :«Je suis lié à l’Algérie quoi qu’il arrive»

Djamel-Debbouze.jpg

 

Au bord d’une plage cannoise. Le comédien humoriste français d’origine marocaine, nous livre ici ses impressions sur sa participation au dernier film de Rachid Bouchareb Hors-la-loi et confie ses projets, désirs et objectifs entre deux boutades, avec un sourire espiègle et intelligence. Sous un soleil radieux, Jamel Debbouze a bien voulu nous accorder une interview collective, pour quatre journalistes, Le timing est serré! Petit par la taille, mais grand par le talent et la tchatche. Il s’était même distingué lors de la conférence de presse du film Hors-la-loi avec ses «sorties» rocambolesques. Du genre «confidence pour confidence, moi aussi je me suis fait violer par Roman Polanski quand j’avais 16 ans!». Explosion de rire dans la salle. Mais ce joyeux luron sait devenir sérieux quand cela vaut la peine. A l’instar de son personnage Saïd dans Hors-la-loi, Jamel Debbouze est un homme d’affaires redoutable qui porte plusieurs casquettes avec une aisance incroyable. Outre la scène, Jamel varie les rôles sur le grand écran, entre émotion et fou rire garantis. Ses atouts? Une volonté farouche et un courage à toute épreuve.
L’Expression: Que vous a inspiré cette polémique qui a entouré le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb où vous interprétez le rôle de Saïd?
Jamel Debbouze: Comme disait Pascal Blachard, c’est naturel et c’est dans l’ordre des choses. Pour moi tout ça est complètement naturel. Il a fallu tout ce temps pour pouvoir sortir de cet espèce de marasme que l’on nous a imposé. On a mis plus de temps à s’attaquer aux Italiens et aux Polonais parce que nous sommes musulmans. Depuis qu’on est nés on se bagarre. Il faut l’accepter sans condescendance.. On est d’accord; c’est la réalité avec laquelle on compose. Mais on progresse. Fondamentalement, la France est un pays d’accueil.
Quand je dis on n’a pas cessé de se battre depuis qu’on est à l’école primaire sous prétexte que nous ne sommes pas français, cela veut dire qu’on était obligés d’en faire beaucoup plus. Sur un terrain de foot, etc. Partout on était obligés de faire davantage d’effort. Quand on fait Hors-la-loi on se bat pour la recherche de financement jusqu’à la montée des marches. Quand vous voyez Rachid Bouchareb, Jamel Debbouze, Rochdy Zem et Samy Bouajila chercher des financements c’est vraiment la «Qaîda Cinema»! Tu prends la filmographie de Rachid Bouchareb ou celle de Samy Bouadjila qui a commencé je crois en 1991, Roshdy en 1985 avec je ne sais plus quel film, mais entre leur premier et leur dernier film, ils répondent aux mêmes questions et se justifient de la même manière. Cela fait 20 ans que ça continue. Jusqu’à quand? On ne sait pas. On contribue à ce que cela s’arrête. Avec ce genre de film, on veut y mettre fin. Le racisme, j’en suis sûr, il va régresser. Et laisser place au seul débat: les riches et les pauvres. La couleur n’a plus cours, ça progresse, voyez Obama à la Maison-Blanche!
Croyez-vous qu’il y a aujourd’hui plus de comédiens d’origine maghrébine dans le cinéma et que cela se démocratise?
Oui, bien sûr. Aux derniers Césars, ce sont des personnes d’origine maghrébine qui ont été distinguées. Adjani a remporté le prix de la meilleure interprétation féminine puis un comédien, Tahar Rahim, avec un doublé dans le film Prophète et enfin le scénariste Abdelraouf Dafri, le César de la meilleure adaptation avec Mesrine. Oui et bien d’autres comme Rachid Bouchareb, Rochdy Zem, Jamel Debbouze, Sami Nasseri qui se bat toujours, on a une pensée pour lui. Il ne pouvait pas faire le film. Il était diminué à ce moment-là, on aurait adoré qu’il soit dans l’équipe. Il est dans nos têtes et dans nos coeurs. On a maintenant un outil, des cinéastes qui connaissent le métier, des ingénieurs de son etc. On peut faire avec ça un United du Maghreb. Rachid s’ouvre aux comédiens d’origine maghrébine. Il s’acharne à les rassembler. Nous, on est dans un autre monde. On ne vient pas de la même frustration. Un jour, je sais que je ferai un United. Au-delà d’être maghrébin, c’est le talent qui primera, j’en suis convaincu, parce que le talent rapporte de l’argent.
Rachid Bouchareb a fait appel à plusieurs acteurs venus d’horizons divers, certes des Maghrébins, pour évoquer l’Algérie, mais on a senti une certaine incohérence au niveau de la langue parlée par les comédiens dans Hors-la-loi, qui n’est pas très algérienne...
On s’en fout de ça. Les Anglais, les Espagnols, les Français s’en foutent de ça. Mais on espère que les gens de chez nous ne soient pas critiques, voire moins critiques. El Hamdoulah, aujourd’hui on a une chance inouïe. On peut imposer notre vision des choses. On n’est pas des imbéciles. On va proposer des choses qui sont constructives pour tout le monde. Moi je fais de la comédie. Si Rachid m’avait écouté et qu’on avait fait de Indigènes une comédie, on aurait fait 19 milliards d’entrées! Parce que des Arabes face à des Allemands qui ne savent pas tenir une mitraillette et puis dès qu’on dégaine, ils jettent les mitraillettes et ils se sauvent...La Neuvième compagnie de Louis de Funès et Bourvil l’ont fait de cette manière-là et ils sont entrés dans le coeur des grands. Ça reste aussi une référence, c’est d’ailleurs le film qui a été le plus vu. Ce n’est pas anodin. Les plus grandes comédies sont basées sur une dramaturgie. La Guerre mondiale y a rien de plus terrible et être drôle avec ça, ce serait une performance.
Un mot sur Rachid Bouchareb?
Il fait tout ce qu’il dit. C’est dommage qu’il soit devant moi car je me serai étalé davantage. Dans sa tête il peut tout faire. Sans complexe. Il est flippant, il a des démons comme tout le monde, mais il lutte d’une manière admirable. On a l’impression que le temps n’a pas de prise sur lui. Sa phrase est «maâlich on y arrivera, c’est sûr». Ce sont des phrases qui sont motivantes. Et je sais qu’il les pense. S’il n’est pas encore parti pour faire le film sur l’Emir Abdelkader, je ne veux pas répondre à sa place, mais je crois qu’il voudra bien le réaliser à condition d’être sûr de faire mieux que Laurence d’Arabie.
Quels sont vos projets?
Je vais tourner dans le prochain film d’Alain Chabat, Marcieu Pelami. Le 15 septembre je pars au Mexique. Si l’occasion se présente, évidemment que je viendrai en Algérie. Je produis en ce moment avec un comique algérien qui s’appelle Abdelkader Secteur qui est une bombe atomique. Quoi qu’il arrive je suis lié à l’Algérie.
Si je peux, je viendrai le 21 septembre défendre le film de Rachid Bouchareb.
Comment a atterri votre protégé Abdelkader Secteur justement dans ce film?
Rachid a un oeil et une oreille pour déceler les talents, je n’ai pas eu à le convaincre.

 Source L’Expression O.Hind

Le Pèlerin

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 07:09

«Ceux qui ont des montres n’ont pas de temps.» Proverbe africain

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Ce proverbe résume, à lui seul, le verdict de l’Occident quant au fait que l’Afrique est atemporelle. Tout commence avec la philosophie de l’histoire de Hegel. Ce dernier dénie à l’Afrique toute participation au mouvement du monde - selon la doxa occidentale - figée qu’elle est dans une position de fatalité contemplative. Partant de Hegel L’Afrique n’est pas une partie historique du monde. Elle n’a pas de mouvements, de développements à montrer. En 1957, c’est P. Gaxotte qui écrit dans la Revue de Paris: «Ces peuples (vous voyez de qui il s’agit..) n’ont rien donné à l’humanité; et il faut bien que quelque chose en eux les en ait empêchés. Ils n’ont rien produit, ni Euclide, ni Aristote, ni Galilée, ni Lavoisier, ni Pasteur. Leurs épopées n’ont été chantées par aucun Homère.» (...)
On comprend l’aubaine pour le président Sarkozy dans son discours prononcé le 22 juillet 2007, à l’université de Dakar. Morceaux choisis: «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. (...) Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne, mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.» Barack Obama lui, est plus nuancé; il explique qu’il y a cinquante ans, quand son père a quitté Nairobi pour étudier aux Etats-Unis, le Kenya avait un PNB par habitant supérieur à celui de la Corée du Sud. Une partie de ce qui a empêché l’Afrique d’avancer est que, pendant des années, on a dit que c’était la conséquence du néocolonialisme, ou de l’oppression occidentale, ou du racisme...L’Afrique peut et doit être elle-même, se prendre en charge.
Sans vouloir renier l’immense part de responsabilité des dirigeants africains à partir des indépendances formelles, il faut tout de même signaler que le retard de l’Afrique n’est pas linéaire, et que bien après les conflits, les imaginaires sont toujours aussi écorchés et les pannes dans l’action ne peuvent pas être surmontées d’un coup de baguette magique. L’Afrique n’a pas le temps qui a permis aux nations occidentales, pendant plus d’un siècle de sédimenter et de produire les sociétés évoluées actuelles. L’Afrique, continent en déshérence, devient à partir du Traité de Vienne, puis de la Conférence de Berlin en 1890, la proie de l’Europe. Les pays tombèrent en esclavage dans les escarcelles des puissances du moment: l’Angleterre, la France et à un degré moindre, la Belgique, l’Italie et l’Allemagne. On prête à Hitler cette analyse lucide des rapports colonisés-colonisateurs.
«(....) Les blancs ont toutefois apporté quelque chose à ces peuples (colonisés), le pire qu’ils puissent leur apporter, les plaies du monde qui est le nôtre: le matérialisme, le fanatisme, l’alcoolisme et la syphilis. Pour le reste, ce que ces peuples possédaient en propre étant supérieur à ce que nous pouvions leur donner, ils sont demeurés eux-mêmes [...] Une seule réussite à l’actif des colonisateurs: ils ont partout suscité la haine. Cette haine qui pousse tous ces peuples, réveillés par nous de leur sommeil, à nous chasser.»(1)
L’Afrique de 2010 vient de franchir le seuil du milliard d’habitants: elle abrite désormais 1 humain sur 7, alors qu’elle n’en accueillait que 1 sur 10 en 1950, et en hébergera 1 sur 5 en 2050, soit 2 milliards d’habitants. Ce n’est qu’un des signes qui font de l’Afrique, principal creuset de misère, une source de croissance et la matrice de notre avenir. L’Afrique, certes, est d’abord le lieu de toutes les souffrances. L’Afrique est aussi le poumon écologique de la planète, de ses forêts, qui couvrent environ 22% du continent (et même 45% de l’Afrique centrale, en particulier avec le bassin du Congo, deuxième forêt tropicale du monde) dépendent la maîtrise des gaz à effet de serre, la protection de la diversité, la stabilisation des sols, la qualité et l’écoulement des eaux. L’Afrique est l’un des moteurs de la croissance mondiale, ce qui n’est pas assez pour empêcher des millions d’Africains de tomber dans une pauvreté extrême. C’est le continent le plus riche en matières premières (pétrole, minerais, produits agricoles). C’est aussi le plus jeune: 43% des Africains subsahariens ont moins de 15 ans et pourtant il est en panne.

Colonialisme à distance
Les pays occidentaux ayant inventé une nouvelle forme de post-colonialisme qui s’avère être un colonialisme à distance, un néocolonialisme mâtiné de droits de l’Homme, imposés le cas échéant par le concept du devoir puis du droit d’ingérence humanitaire. Les indépendances venues, un pouvoir sans partage remplace les puissances coloniales. Le manque d’éducation, les économies formatées dans le sens d’appendices des métropoles achevèrent de ruiner les espoirs des peuples africains qui eurent, en prime, une dette qui ne cesse de grandir. 50 ans plus tard, ces pays sont toujours au même point. Cette Afrique qui n’en peut plus et qui subit depuis une vingtaine d’années une recolonisation - qu’on appelle post-colonialisme puis néocolonialisme - après les indépendances bâclées des anciennes puissances (Grande-Bretagne et France). Cette néo-colonisation pour cause de matières premières est encore plus dure que la précédente car le colonisateur n’est plus là sous les habits de la mondialisation, il revient en force et colonise à distance. Jacques Chirac, dans ses confidences à Pierre Pean et parues ce 15 février, dans un moment de franchise, dit en substance à propos des Africains, «qu’on les a colonisés, on s’en est servi comme chair à canon, puis comme main-d’oeuvre pour les tâches les plus dures, on leur a pillé leurs matières premières et maintenant on leur prend leur matière grise». Merci, Monsieur Chirac, ce difficile aveu vaut plus que cent discours puisqu’il décrit, sans concession, la réalité de l’Afrique.
Faut-il incriminer aussi les dirigeants adoubés par les anciennes puissances avec un refus de toute forme d’alternance? Le record de la durée du mandat présidentiel, royal et de celui de toute autre forme de confiscation du pouvoir, est détenu, loin devant, est battu par El Gueddafi (41 ans) talonné par Moubarak. Viennent ensuite, les «débutants» qui tournent autour de la dizaine d’années. Pensons à Houphouet Boigny, Lépopold Sedar Senghor, Habib Bourguiba et le dernier des premiers, Omar Bongo, qui, par amour du pays, ont digéré, je veux dire dirigé du mieux qu’ils ont pu, leur pays. On dit que les Chinois ont tellement réussi que des rues commerçantes entières leur appartiennent. A la fin 2006, le président chinois, en invitant chez lui à 10.000 km de l’Afrique, tous les chefs d’Etat, a fait de meilleures offres que celles de la France qui en est encore au sentimental et au paternalisme d’un autre âge.
A l’occasion du cinquantenaire des indépendances des pays africains et dont le Sénégal s’est fait le chantre, un texte d’une rare lucidité a été signé par des intellectuels qui après avoir rappelé l’histoire, s’inscrivent en faux contre le sort actuel de l’Afrique. Ecoutons-les: «Disons Non à la participation de nos armées au défilé du 14 juillet 2010 en France! Non aux accords de réadmission des expulsés! Non aux accords de pillage de l’Afrique dits de partenariat économique (APE)! Un nombre considérable de défenseurs de la dignité humaine bafouée à travers l’esclavage, le colonialisme et le néolibéralisme, dont de nombreux artistes et intellectuels avisés auraient pu être présents à Dakar le 3 avril 2010, auraient pu être de coeur avec le président sénégalais et les dix-neuf autres chefs d’État africains lors de l’inauguration du monument de la Renaissance africaine, si seulement l’exigence de la libération du continent de toutes ses chaînes, celles d’hier et d’aujourd’hui, avait été mise en avant. La fête en aurait été fort belle (...) La taille visiblement monumentale de la statue de Dakar, son coût incontestablement trop élevé, les modalités forcément ambiguës de son financement, quand on considère l’immensité des besoins non satisfaits des Africains, en l’occurrence, les femmes et les enfants, les jeunes diplômés et non diplômés souvent sans emploi, les élèves et les étudiants qui manquent de tout, les malades et les migrants. En nous demandant de nous approprier cette statue (...)»
«Il en est ainsi du sens de l’Histoire tel qu’il se révèle, ici et maintenant, à la lumière de la crise du libre-échange que nos États ont endossée en camisole de force mais que la quasi-totalité de la classe politique revendique à présent. À quel moment commencerons-nous à doter les citoyens, notamment les femmes et les jeunes, d’outils d’analyse, de telle sorte qu’ils puissent s’imprégner des enjeux des mutations en cours et défendre leurs intérêts? A quand le débat public de fond sur le lien entre le capitalisme mondialisé et le fardeau de la dette, la faim, le chômage massif et chronique, l’émigration forcée, le meurtre des innocents, les camps de refugiés La renaissance africaine est-elle crédible sans envisager la reconstruction de notre moi profond blessé, de nos économies laminées, de nos terroirs ravagés?»(2)
«Les 50 ans à venir seront de larmes, de feu et de sang si les dirigeants africains continuent de faire la part belle aux investisseurs étrangers en ignorant royalement l’appel au secours de leurs peuples en désarroi. Défaillant et mortifère là-bas où des garde-fous existent encore, le capitalisme prédateur est tout simplement calamiteux sous nos cieux. En septembre et octobre 2005, traités "d’illégaux" et de "clandestins", des centaines de jeunes originaires du Mali, du Cameroun, de la République démocratique du Congo (RDC)...erraient au Maroc, en quête d’Europe. Ils ont fini par escalader les murs de barbelés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Leur audace a été réprimée dans le sang. La criminalisation des migrants originaires des anciennes colonies françaises venait de franchir un tournant grave et sans précédent. (...)
Aujourd’hui, les refoulés, les expulsés et tous les assignés à résidence s’interrogent nécessairement sur le sens d’une indépendance qui, en 50 ans, ne garantit pas à tous la liberté de mouvement et qui continue de saigner à blanc l’Afrique. Combien sont partis mais jamais arrivés? Combien, dont les familles et spécialement les mères attendent et espèrent?» Ces hommes, ces femmes et ces enfants, de chair et non de bronze, veulent circuler librement mais deviennent des sans-papiers quand ils parviennent à franchir les murs de barbelés de l’Europe rêvée. Détention, rétention, expulsion, réadmission par la force sur le premier sol où ils ont posé le pied. Quel est le sens des indépendances africaines pour les migrants qui vivent dans l’ombre et la peur ou qui croupissent dans les camps de rétention externalisés? L’Europe ne les reconnaît pas, ne les respecte pas, et l’Afrique fait semblant de ne pas les connaître!
A la faveur du libéralisme mafieux et mortifère et avec l’aide de chefs d’État aux ordres, la France a réussi à s’emparer de bien des secteurs stratégiques des économies de ses anciennes colonies. Les grands groupes français tirent des profits juteux des secteurs pétrolier (Total), minier (l’uranium avec Areva), du bâtiment, du transport ferroviaire (Bouygues) et aérien (Air France), de l’eau et l’électricité (Bouygues, Electricité de France, la Lyonnaise des Eaux, Vivendi), des télécommunications (Bouygues, Orange) et des banques (Banque Nationale de Paris, Société Générale, Crédit Lyonnais). «Des relations franco-africaines plus respectueuses de la dignité humaine sont possibles si un très grand nombre de femmes et d’hommes africains et français s’engagent à agir ensemble contre une logique économique qui, ici, en Afrique comme ailleurs au Sud, broie et tue de faim, de maladie ou par balles et qui, là-bas, en Occident, broie et tue à petit feu».
«En Afrique, aujourd’hui en 2010, nous en sommes au même point qu’en 1960, à la recherche d’un monde différent, meilleur, parce que véritablement débarrassé des rapports de domination qui assujettissent et avilissent tout être humain. (...) Commençons par nous départir de l’idée de l’incontournabilité du néolibéralisme et du complexe d’infériorité des soi-disant perdants de la mondialisation, puisque celle-ci se révèle être un désastre. Laissons passer le fameux train de la croissance sans limites qui, visiblement, va droit dans le mur. Nous aurons comme compagnons de voyage, un nombre considérable de citoyens du monde qui estiment que l’argent ne régit pas tout. L’Afrique, riche de valeurs sociales, culturelles et écologiques qui ne sont pas à vendre, saura faire face, dans cette perspective, à l’immense besoin d’humanité, de paix et de justice de ses peuples».(2)
Des dirigeants déconnectés

Pourquoi l’Afrique ne décolle pas? Elle est invisible dans les statistiques mondiales, si ce n’est qu’en terme de vache à hydrocarbures. La rente de certains pays, ne saurait être le développement. La vraie richesse de l’Afrique, c’est cette jeunesse en panne d’espérances. Lors des rendez-vous traditionnels, des «sommets africains», les dirigeants donnent l’impression de vivre sur une autre planète, totalement déconnectés des aspirations démocratiques de liberté, de seulement de vivre dans la dignité de leur peuple. La schizophrénie est telle qu’on se prend à se demander s’ils parlent des mêmes Africains. Quand on entend que les pays africains s’auto-évaluent et s’encouragent mutuellement pour mettre en place la «bonne gouvernance», c’est à mourir de rire, si ce n’était pas tragique. Le Nepad, cette Arlésienne de Bizet, a fait long feu. Intervenant au sommet du Cameroun sur l’avenir de l’Afrique le 19 mai, Mohamed El Baradei, déclare: «Après tout, à 50 ans, nous sommes majeurs. Personne ne va résoudre nos problèmes à part nous-mêmes.»
Pour l’avenir, il nous faut plus que jamais nous départir du discours de la lamentation, aller vers le progrès en misant sur le savoir. L’avenir appartiendra à l’Afrique pour peu que les gouvernants acceptent la démocratie et l’alternance et pour peu que les interférences des anciennes puissances ne viennent pas conforter les tyrans. On prête à Jacques Chirac cette boutade: «Il faut soutenir les dictateurs, sinon ils ne feraient pas d’élection.» C’est dire si les choses ne sont pas simples!!!
(*) Ecole nationale polytechnique
(*) enp-edu.dz
1.Testament politique d’Hitler, Adolf Hitler, notes de Martin Bormann, préface de Trevor-Roper, éd. Fayard, 1959, 7 février 1945, p. 71-72
2.1960-2010 Dakar, l’homme africain, la France et le cinquantenaire 50 ans d’ingérence et de mépris ça suffit! Site Mille Babords

Source L’Expression Pr Chems Eddine Chitour (*)

Le Pèlerin

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