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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 05:13

Algérie - Internet sous haute surveillance – Cliquez - vous ?surveillance-internet.jpg

 

Le mois dernier, Internet était coupé. De même que de grosses perturbations sur le réseau téléphonique connecté à l’international étaient enregistrées. Officiellement, il s’agissait d’un problème technique, mais en réalité, cette coupure aurait servi, selon nos sources, à l’installation de nouveaux centraux, serveurs, routeurs et systèmes de sniffage de paquets intégrant des recherches par mots-clés, destinés à intercepter les flux de données et écouter la population sur les réseaux internet et de téléphonie. Le 1er juillet de l’année dernière, après un bref débat de deux heures à l’APN, la loi sur la cybercriminalité était votée : « Ce n’est pas un choix pour l’Algérie, mais une obligation », avait alors déclaré le ministre de la Justice, auquel a mollement protesté un député en soulignant « l’inévitable atteinte à la vie privée », la loi n’ayant pas abordé le volet « contrôle et protection » qui puisse garantir aux Algériens une défense contre d’éventuels dépassements ou agissements de ses agents.

Officiellement, pour lutter contre la cyberdélinquance et l’activité terroriste, cette loi et ses machines servent déjà de support à un système de contrôle de tout ce qui se passe sur les réseaux internet ou de téléphonie, et les premières victimes ont commencé à tomber : groupes de militants des droits de l’homme, démocrates, syndicalistes ou activistes de l’opposition sont étroitement surveillés et, le cas échéant, désactivés et éjectés des réseaux où ils se retrouvent condamnés à y errer en clandestins. Comme dans la vraie vie.

Qui nous surveille ?

Depuis le début de l’année, les autorités ne cessent de mener une campagne de communication autour de cette loi auprès d’une opinion publique « indifférente ». Un portail, un pare-feu, un filtre, une banque de données électroniques, des termes qui reviennent souvent, sans que les Algériens ne comprennent vraiment de quoi il s’agit. La Gendarmerie nationale a été la première institution à avoir installé une cellule pour la lutte contre la cybercriminalité. Ses missions étaient alors de surveiller étroitement les cybercafés, « lieux suspects d’où transitent les terroristes », selon un officier de la gendarmerie. Les officiers en charge de cette structure ont été formés pour la plupart aux Etats-unis, dans le cadre de Runitel. Ce système de contrôle et de surveillance américain utilisé aux Etats-Unis, et que seuls les Canadiens possèdent, consiste à couvrir tout le territoire national, y compris la bande frontalière, de caméras de surveillance, de radars et de relais permettant la transmission des données en temps réel aux commandements fixes et mobiles de la gendarmerie. Puis, chaque organe de sécurité ayant son propre système d’écoute, le DRS aurait décidé de monter une structure commune, le Groupement de contrôle des réseaux (GCR), installé à Dély Ibrahim, Alger. Pendant ce temps, un GIX, passerelle unique qui centralise toutes les données Internet qui entrent ou sortent d’Algérie, aurait été installé. « De là, il suffit de mettre un tuyau et de tout récupérer », explique un spécialiste qui, par ailleurs, tient à souligner l’avantage de cette passerelle gérant le trafic de tous les providers et opérateurs téléphoniques. « Par la fibre optique qui nous vient de France, toute communication en interne était obligée de transiter par eux avant de revenir en Algérie, ce qui permettait aux Français d’écouter tout ce qui se passe ici. Avec ce GIX, les données qui circulent en interne feront une boucle locale sans sortir du pays. » Mais les écoutes, de fait, deviennent beaucoup plus faciles.

Chevaux de troie

Tout est écouté : les e-mails qui, de toute façon, ne sont pas cryptés (sauf dans le cas du https), les chats du genre MSN, où les conversations sont cryptées mais décodées grâce un algorithme dont on dit qu’il a été fourni aux Algériens par les Américains et toutes les plateformes sociales, Twitter ou Facebook, ou même la téléphonie par Internet comme Skype. « Aucun système n’est inviolable », expliquent encore les experts en la matière. En dehors des systèmes d’écoute par sniffage de paquets (les données sont interceptées et triées par mot clé, nom de la personne, mot ou phrase particulière ou encore localisation géographique), pour tracer l’IP de départ et d’arrivée, afin de repérer l’ordinateur qui communique, d’autres méthodes existent. Et pour les cas les plus durs, des hackers recrutés pour les besoins font le reste, comme installer des chevaux de Troie ou des spywares dans les machines. « On peut même, à distance, sourit malicieusement un expert, activer le microphone du PC et écouter ce que vous dites chez vous, dans votre salon, ou tout voir, dans le cas où une webcam est présente ». Le top ? Ecouter un téléphone portable éteint, dans lequel on a intégré un logiciel qui active la transmission audio et la retransmet en direct au centre de contrôle. « Si quelqu’un vous offre un portable, vous n’êtes pas obligés d’accepter », poursuit l’expert. L’opération s’est déroulée en toute discrétion. Des entreprises internationales de grande renommée ainsi que plusieurs cabinets de consulting ont contribué à la mise en place de dispositifs de surveillance électronique au profit des services de sécurité.

Piratage gouvernemental ?

L’équipement installé serait l’un des plus sophistiqués au monde, doté de logiciels qui puissent « cracker » des mots de passe et des codes de protection, masquer l’IP du surveillant, lire les e-mails et écouter des discussions en ligne en temps réel, le tout sans que l’internaute ne le détecte, même s’il est équipé de logiciels ou pare-feux. « A la base même, explique un spécialiste, les modems chinois délivrés par Algérie Télécom comportent des logiciels espions qui permettent de récupérer les données à partir de chez vous, sans même installer des système d’écoute extérieurs. » Bien sûr, avant l’installation de ce nouveau système, on écoutait aussi les téléphones et officiellement, il faut toujours une autorisation du juge pour espionner les gens, par le téléphone ou l’Internet. « On s’en passe généralement, explique un magistrat, car personne n’osera contester les méthodes des services de sécurité. » D’autant que la nouvelle loi – 04-09 d’août 2009 – est claire à ce sujet. Il s’agit dans le chapitre IV de « limiter l’accessibilité aux distributeurs contenant des informations contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs », deux domaines très subjectifs. L’article 12 de ce chapitre oblige d’ailleurs les fournisseurs d’accès à Internet à « intervenir sans délai, pour retirer les contenus dont ils autorisent l’accès en cas d’infraction aux lois, les stocker ou les rendre inaccessibles dès qu’ils en ont pris connaissance directement ou indirectement ». On aura noté le « sans délai » et le « indirectement ». Mais surtout l’article 5 du chapitre III est le plus explicite : les officiers de police judiciaire peuvent accéder à un système de stockage informatique « aux fins de perquisition, y compris à distance ». A distance. Ce qui n’est plus de l’écoute au sens classique mais une intervention de type hacking, c’est-à-dire du piratage légal à distance, où un agent peut entrer dans votre ordinateur de chez lui, pour y voir et y prendre ce qu’il désire. Ne souriez plus, les services de sécurité sont chez vous.

Source El Watan Chawki Amari, Zouheir Aït Mouhoub

Le Pèlerin

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 05:04

Algérie – Cinéma - Avant la présentation du film « Hors la loi » au Festival de Cannes

cinema Algerie

Avant propos : Ce texte n’est pas un document historique…Il rapporte des faits rapportés dans la presse …Mais dans le désert de l’histoire de l’Algérie, tant le sujet est tabou…la moindre information permet de cerner la vérité…Si chacun y mettait du sien….Il n’y aurait pas tant d’interprétations et de mésententes….

La recherche de la vérité historique ne peut qu’aider au rapprochement entre les peuples.

Avant même que quiconque l’ait visionné, “Hors-la-loi”, le nouveau film de Rachid Bouchareb (“Indigènes”), est l’objet d’une polémique… En cause, quelques minutes au début qui évoquent le massacre de Sétif, perpétré par les forces françaises en mai 1945, qui a fait des milliers de morts et entraîné, plus tard, la guerre d’Algérie. Un sujet fort sensible, sur lequel nous tentons d’apporter un éclairage historique avant la projection du film, en compétition à Cannes demain.

Rachid Bouchareb affronte le tabou sur la guerre d'Algérie

Que s’est-il passé le 8 mai 1945 ?
A l’occasion de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie, à laquelle ont participé des dizaines de milliers d’Algériens, plusieurs manifestations pacifiques sont organisées par le mouvement nationaliste, dans l’Est de l’Algérie. A 300 kilomètres d’Alger, à Sétif, un cortège se dirige vers le quartier européen en portant des pancartes : « Nous voulons être vos égaux », « Libérez Messali »… (Messali Hadj, le chef du principal mouvement nationaliste, a été, peu de temps avant, arrêté et exilé au Gabon). En tête, un scout musulman brandit le drapeau algérien. La police se précipite. Un jeune homme de 26 ans, Bouzid Saâl, s'empare du drapeau et est abattu par un policier. Les forces de l’ordre tirent dans la foule, la manifestation dégénère, et les quelques milliers de personnes se retournent alors violemment et aveuglément contre les « Français » présents, en tuant une trentaine.
102 morts, côté français, seront dénombrés les jours suivants dans la région (Guelma, Kherrata, etc.). La répression, extrêmement brutale, lancée par les autorités coloniales va faire des milliers de victimes côté musulmans, jusqu’à la fin du mois de mai. Les autorités distribuent des armes aux colons, des milices sont créées. L’armée emploie les grands moyens et fait même donner l’aviation pour bombarder la zone. Un véritable massacre, s’accordent à dire les historiens, qui ont attendu une cinquantaine d’années pour faire de cette page terrible, ignorée par la République, un sujet de thèses.
La polémique sur le nombre de victimes algériennes (1 500 selon les sources officielles de l’époque, 45 000 ou plus selon les nationalistes algériens) ne divise plus guère les historiens aujourd’hui, qui, comme Annie Rey-Goldzeiguer, auteur d’Aux origines de la guerre d’Algérie, 1940-1945. De Mers-El-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, (La Découverte, 2001), note : « La seule affirmation possible, c’est que le chiffre dépasse le centuple des pertes européennes et que reste dans les mémoires de tous le souvenir d’un massacre qui a marqué cette génération. »
Le véritable début de la guerre d’Algérie ?
Ces massacres de mai 1945, alors que le général de Gaulle dirige à Paris le gouvernement provisoire de la République française, marquent un tournant – tous les historiens en sont d’accord –, qui engendrera radicalisation et préparation à l’insurrection des nationalistes algériens.
Les massacres de Sétif et leur cortège d’hallucinantes scènes de barbarie marquent ainsi les prémices de la guerre d’Algérie, qui démarrera vraiment le 1er novembre 1954 avec les actions armées de la « Toussaint rouge » et la création du FLN par les chefs indépendantistes, comme Ahmed Ben Bella, en rupture avec Messali Hadj, jugé trop modéré.

Les témoignages
Le tout premier documentaire sur les massacres de Sétif est l'œuvre de Mehdi Lallaoui : il date de 1995, et fut diffusé sur Arte. Avec son association Au nom de la mémoire, il a joué un rôle important pour faire connaître et reconnaître cette page d’histoire, en organisant débats, colloques et en publiant des livres comme Chroniques d’un massacre, Sétif, Guelma, Kherrata (Syros /Au nom de la mémoire, 1995). D'autres documentaires suivront, mais celui-ci a eu le mérite de recueillir les témoignages des principaux acteurs, aujourd'hui disparus. Parmi eux, voici deux paroles particulièrement fortes, qui permettent de comprendre pourquoi la mémoire de ces événements, aujourd'hui encore, est à vif, de part et d'autre de la Méditerranée.

S’en suivent deux témoignages vidéo, puis références à des livres
Pour aller plus loin : les livres
Les premiers livres sur les massacres du 8 mai 1945, comme celui, orienté, de l’élu français d’Algérie Eugène Vallet, Le Drame algérien. La vérité sur les émeutes de mai 1945 (Les grandes éditions françaises, 291 p.) paraissent dès 1948.
Hormis quelques articles et quelques chapitres, plutôt succincts, d’historiens, il faudra attendre une cinquantaine d’années pour que les massacres de Sétif entrent vraiment dans l’histoire.
- Yves Benot, Massacres coloniaux. 1944-1950 : la IVe République et la mise au pas des colonies françaises, La Découverte, 1994 (édition de poche : 2001).
- Boucif Mekhaled, Chroniques d’un massacre. 8 mai 1945 : Sétif, Guelma, Kherrata, Syros, 1995.
- Annie Rey-Goldzeiguer, Aux origines de la guerre d’Algérie, 1940-1945. De Mers-El-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, La Découverte, 2001 (édition de poche : 2006).
- Jean-Louis Planche, Sétif 1945, histoire d’un massacre annoncé (Perrin, 2006),
- Marcel Reggui, Les Massacres de Guelma. Algérie, mai 1945 : une enquête inédite sur la furie des milices coloniales, La Découverte, 2006 (édition de poche : 2008).
- Jean-Pierre Peyroulou, Guelma, 1945. Une subversion française dans l’Algérie coloniale, La Découverte, 2009.

Pour une vision plus complète de l’article concerné je vous invite à cliquer ici

Source Télérama Thierry Leclère

Le Pèlerin

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 03:08

Humour – L’Amant virtuel…Un robot… !!!

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Une femme est au lit avec son amant.

En pleine action, un bruit dans la serrure de la porte d'entrée les fige et comme chacun le sait, dans les appartements modernes, pas de place sous le lit. La penderie est ridicule, le balcon inexistant et elle habite au 12ème étage... Sans se démonter, elle dit à son amant :

- Reste calme, debout, absolument immobile, et ne dis rien.

Le mari :

- Surprise de me voir Darling ! Mon vol a été avancé et j'ai terminé plus tôt.

Mais quand il voit le type dans la chambre, il demande :

- C'est quoi ça ?

- Je viens de le recevoir, figure toi. C'est mon esclave sexuel robotisé « Powered »par Microsoft'.

D'ailleurs il a l'air de Bill Gates, tu ne trouves pas ? Tu es toujours parti, en réunion, en voyage. Est-ce que je sais ce que tu fais quand tu es seul dans ta chambre... c'est comme un vibromasseur mais en plus grand. Tu ne voudrais quand même pas que je me tape le plombier ou le voisin ?

- Laisse moi ça de côté, je vais te faire ta fête, j'ai une envie de te prendre comme une bête.

Elle, qui vient d'être servie :

- Non merci mon chéri, finalement, j'ai la migraine !

- Merde, c'est toujours pareil ! Bon, va à la cuisine me faire une omelette.

- Ok!

Il regarde le robot et n'y tenant plus, il se dit :

- Ce qui est bon pour elle est bon pour moi et il se jette pantalon baissé sur le malheureux pour le sodomiser...

A ce moment là, l'amant prend une voix métallique et dit :

- Erreur-système! Emplacement réservé USB.

- Putain de robot de merde !!!

Fou de rage le mari le met sur son épaule et va vers la fenêtre pour le balancer.

Et l'amant reprend, mort de peur :

- Windows XP réinitialisé - Veuillez réessayer... Veuillez réessayer !!!!!!!!!!!!!

Le Pèlerin

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 03:00

Femmes : l’Algérie, c’est Hassi-Messaoud

Femmes-hassi-messaoud.jpg

 

Dans les faubourgs d’Oran, un jeune bat sa sœur parce qu’elle fréquente un camarade de lycée. Le père prend la relève pour corriger la gamine de dix-sept ans. L’adolescente perd la vie au bout de cette correction. Verdict : vingt et quinze ans de prison pour le père et le frère meurtriers.
Du côté de Tiaret, un autre jeune homme surprend sa copine attablée avec une autre personne. Il remonte dans sa voiture et manœuvre : il l’écrase ; elle en meurt. Verdict : vingt ans de prison.
Les deux crimes ont été jugés très récemment, à deux jours d’intervalle. Les deux affaires comportent deux similitudes : les victimes sont des jeunes filles et les meurtres sont prémédités. Les verdicts aussi se ressemblent. Par leur indulgence. C’est à croire que vingt ans constituent le tarif pour un meurtre avec préméditation quand la victime est une fille, que l’assassin soit un parent ou un simple soupirant.
En matière de statut de la femme, comme en matière de terrorisme, l’État, à travers ses institutions, semble avoir adopté le parti de se conformer au déficit culturel de la société, voire à surenchérir dans la régression, histoire d’établir sa représentativité de la société réelle. Les valeurs de progrès, de justice, de citoyenneté en deviennent caduques. L’archaïsme patriarcal machiste est officiellement valorisé. Dans le discours politique comme dans la pratique institutionnelle, les archaïsmes sont repris pour le compte du pouvoir. Dans le traitement des administrés, les barbus bénéficient d’un accueil plus attentif, alors qu’une femme au volant a toutes les chances de subir des contrôles zélés.
On se souvient de la question qui immanquablement fusait de la bouche du quidam philosophe ou du responsable réfléchi : qu’a-t-il fait, interrogeait-on à propos de la dernière victime, quand le meurtre n’allait pas de soi, c’est-à-dire quand la victime n’était ni soldat, ni policier, ni intellectuel ?
De la même manière, une femme est exécutée par un proche et le soupçon posthume inévitablement s’abat sur elle. On peut se demander s’il ne constitue pas une circonstance atténuante de société.
La “sagesse” culturelle ne nous recommande-t-elle pas de corriger nos épouses une fois par semaine, “si nous ne savons pas pourquoi, elles le savent” ?
Les deux verdicts surviennent au moment où la violence impunie contre les femmes ouvrières de Hassi-Messaoud connaît une mobilisation médiatisée. On en oubliait presque la condition générale de la femme dans notre société et dans les sociétés qui nous inspirent. Vingt ans de prison, avec la possibilité de remise de peine pour la vie d’une lycéenne de dix-sept ans, pour celle d’une fille qu’on exécute en l’écrasant ! On ne peut juger d’un verdict, mais on peut tout de même se demander où se cachent les circonstances atténuantes, si ce n’est dans la féminité de la victime.
Dans l’imaginaire vulgaire, la femme n’a pas à se trouver en situation de pouvoir être violée : qu’est-elle venue faire là, à cette heure-là ? Puisqu’il faut lui trouver une part de responsabilité dans son malheur, elle ne devrait donc pas se retrouver en situation d’être assassinée.
Du point de vue de cette tournure mentale qui accable la femme, même comme victime, l’Algérie entière est un Hassi-Messaoud. 

 Source Liberté – Mustapha Hammouche

musthammouche@yahoo.fr

Le Pèlerin

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 02:39

Crise financière mondiale : «Une

 

aubaine pour l’Algérie»

upm2.jpg 

Un million de personnes mourront de faim si la crise financière mondiale persiste d’ici 2015, sans compter les 64 millions de pauvres recensés, en Afrique notamment. Car c’est le continent, rappelle hier Brahimi Gacem, expert financier, au forum el Moudjahid, qui est le plus touché par les conséquences de cette crise.

«L’Afrique est la plus touchée par cette crise car toute son économie est basée sur les exportations. Son taux d’importation a baissé de 05  à 06%», affirme-t-il. Cela dit, ce ne sont pas tous les pays africains qui souffrent de cette situation, du moins actuellement, dont l’Algérie, considérée comme le troisième pays riche du continent noir. «Présentement, la crise financière en Europe est une aubaine pour l’Algérie.
La baisse de l’Euro à 20% réduit considérablement le coût de ses importations. Sans oublier que le prix du pétrole a augmenté à 75 Dollars. Ce qui est bénéfique pour nos recettes d’exportations pétrolières», explique-t-il. Aujourd’hui, grâce à cette crise, poursuit-il, l’Algérie est en position de force pour négocier avec l’union européenne (UE) ainsi qu’avec l’organisation mondiale du commerce (OMC). «C’est le moment propice pour que l’Algérie impose ses conditions et défendre mieux ses intérêts.
L’Europe a besoin de l’Algérie. Et je crois que notre pays, qui est un bon négociateur, parviendra à ses fin et sa demande d’adhésion à l’OMC sera certainement acceptée», estime-t-il. Ceci ne signifie pas pour autant, avertit-il, que l’Algérie est complètement à l’abri de la crise. «Si le prix du pétrole baisse à nouveau, l’Algérie sera affectée comme elle l’a déjà été au début de la crise. Je pense qu’elle a eu raison d’adopter des dispositions, dans le cadre de la loi de finance 2009, pour protéger son économie, celle régulant les importations notamment», souligne-t-il.
Le conférencier estime en effet que l’Algérie a eu raison de supprimer le crédit à la consommation. «C’est à partir des recettes pétrolières que l’Algérie fixe ses importations. Avec la baisse du prix de pétrole, elle a préféré limiter l’importation des biens qui ne produisent pas, comme les automobiles. Néanmoins, l’Algérie doit importer les moyens qui servent à la création des entreprises et à la formation des ressources humaines», dit-il.
Les pertes causées par la crise financière se font toujours sentir. Selon cet expert, 4000 milliards de dollars sont partis en fumée à cause de cette crise,  entraînant une baisse de 02% du BIP mondial.
«Des Etats se sont endettés pour faire face à la cette situation. La Grèce en est un exemple qui se trouve dans une situation déficitaire. Son déficit est comptabilisé à 13% du BIP. Ce qui est énorme», ajoute-t-il.
Malgré la crise, le conférencier se montre optimiste quant à l’avenir en déclarant que le capitalisme a encore de beaux jours devant lui. «Grâce à cette crise, nous assisteront à l’avenir à l’introduction de nouvelles technologies et méthodes innovatrices en matière de création d’emplois. Par ailleurs, nous irons sûrement vers une économie plus durable», conclut-il.

Source Horizons - Farida Belkhiri.

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 02:30

Football - 350.000 euros de salaire pour Ziani en France

Karim Ziani

 

Le Fennec Karim Ziani, qui évolue en Allemagne dans le club du VfL Wolfsburg, pourrait faire son retour dans le championnat de France.
Après une saison passée sur le banc de touche où carrément ecarté des 18 convoqués, l’international algérien ne cache pas son désir de changer d’air.
Après des clubs espagnols et anglais, ce sont maintenant des clubs de Ligue 1 qui suivent le milieu offensif algérien. Parmi ces clubs, figurent l’AS Saint-Etienne, le PSG, l’AS Monaco et l’Olympique de Marseille où Ziani a joué de 2007 à 2009. Ziani, qui va participer à la Coupe du monde 2010 avec l’équipe d’Algérie, souhaiterait obtenir un salaire de 350.000 euros par mois ce qui n’est pas à la portée de tous les clubs. Karim Ziani
devrait être fixé sur sa nouvelle destination dans les prochaines semaines.

Source L’Expression R.S.

Le Pèlerin

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 02:24

Algérie - Opération-test : Des fraises et des mûres sauvages de Jijel prochainement sur le marché français

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Fraise algérienne

 

Des expéditions-test de fraises produites dans la région de Jijel auront lieu «prochainement» en direction du marché français, Dans l’immédiat, une opération-test d’expédition d’une centaine de tonnes de fraises sera réalisée vers la France, a indiqué Ahmed Segaoui, importateur
et président de l’association franco-algérienne de commerce et d’industrie (Afaci), basée à Aix en Provence. Une seconde opération, prévue vers la mi-juillet, concernera les mûres sauvages dont le potentiel est jugé intéressant dans la wilaya de Jijel, selon ce responsable qui espère arriver à concrétiser un volume de 20 tonnes par semaine de ce produit. Au cours de son séjour de quatre jours à Jijel, la délégation, composée de cinq membres, a pris des contacts avec des producteurs des localités de Sidi Abdelaziz et d’El Ancer (est de Jijel) où elle a visité des exploitations agricoles. 

Source Horizons

Le Pèlerin

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 02:20

Algérie - Séismes : Les règles parasismiques algériennes seront revues

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En prévision de la rencontre nationale, prévue pour le 10 octobre prochain, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Noureddine Moussa a lancé, hier, la première d’une série de trois réunions régionales, initiées dans le cadre de la révision des règles parasismiques algériennes RPA.

Appliquer depuis trente années, ce règlement, jugé caduc, nécessite un réajustement et même une réadaptation pour assurer plus de respect des normes parasismiques. Il est surtout question de doter l’Algérie d’un outil plus performant permettant une meilleure sécurité et durabilité aux constructions.Pour le faire, le ministère a jugé important d’associer tous les intervenants du secteur de bâtiment ainsi que la communauté du génie civil pour une large consultation sur les principaux segments de cette révision. Ils sont appelés à aboutir à la réalisation d’un avant projet de document technique réglementaire en 2010. Le ministre a également, annoncé la création d’une commission technique  permanente  pour le contrôle technique de la construction et l’élaboration de la réglementation technique.

Revenant sur les étapes ayant marqué la révision de cette réglementation, le ministre a fait savoir qu’il a fait l’objet de cinq révisions. Au cours des trois dernières décennies, 10 séismes ont frappé l’Algérie dont trois étaient dévastateurs.   Le dernier en date est  celui de Boumerdès qui a fait 2300 victimes. Les dégâts matériaux ont été estimés à trois milliards de dollars, a noté le ministre.  Mais pour ce dernier « les enseignements du séisme de Boumerdes n’ont probablement pas tous été pris en charge de manière convenable ou exhaustive ». Dans le même contexte, M. Moussa  a  soutenu que la prévention ne se résume pas dans le calcul mais dans l’urbanisation. « Nous ne pouvons pas se lancer dans l’aventure de la construction sans l’étude de la qualité du sol », note-t-il avant d’ajouter que 26 études de l’aménagement de l’urbanisme  touchant 14 wilayas sont en cours de réalisation dont 12 ont été finalisées. Pour le quinquennat 2010-2014,  25 autres sont enregistrés pour un montant d’un milliards de dinars.

Sur le relogement des sinistrés de M’Sila, le ministre a indiqué qu’une deuxième expertise sera opérée et que des entreprises publiques ont été mobilisées pour réhabilités les écoles et mosquées endommagées.  Pour M. Moussa, il n’est, par contre, plus question de parler des « sinistrés de Boumerdès car le dossier  est clos». S’agissant du vieux bâti, le ministre a fait savoir qu’une opération de recensement est en cours de réalisation au niveau des grandes villes, à savoir Alger, Oran, Annaba et Constantine. Elle sera étendue aux autres villes,  précise le ministre, selon la disponibilité de la mobilisation des ressources financières. Il s’agit, explique-t-il de faire un diagnostique et un cahier de santé pour chaque bâtisse ancienne.  Il a ainsi cité l’exemple d’Alger où est recensé 17000 constructions sur les 85 000 logements  que compte la capitale.  Sur les chantiers du LSP qui tarde à voir leur finalisation, le ministre a souligné qu’il revient aux souscripteurs de traduire  le promoteur devant la justice en cas de défaillance.

Source Horizons Wassila Ould Hamouda

Le Pèlerin

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 23:29

Algérie - Animosités

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Abdelaziz Bouteflika n’aime pas la Cour des comptes. Cette animosité remonte sans doute très loin, depuis le jour où dans les années 1980, cette institution créée avec la Constitution de 1976, a été « instruite » par le pouvoir de l’époque pour passer au crible les comptes du ministère des Affaires étrangères dont il avait la charge durant plus d’une décennie. Tout comme plus tard, il n’a pas aimé partager l’exécutif avec un chef du gouvernement. L’existence du Conseil de la nation l’horripile aussi, d’ailleurs dès sa prise de fonction en tant que chef de l’Etat au début de son premier mandat, il a clairement fait savoir qu’il ne voyait pas du tout son « utilité ». Depuis il a fini par accepter l’existence de ce « machin », mais a réussi après son second mandat à délester l’exécutif du poste de chef de gouvernement. Quant au conseil économique, instance consultative s’il en est, plus personne ne le consulte.

Dans une telle ambiance, on comprend que le « coup de gueule » des magistrats de la Cour des comptes du 9 mai dernier s’apparente plus à un cri de détresse face à une marginalisation voulue et entretenue de la fonction de contrôle des comptes publics depuis plus d’une dizaine d’années. Ce qui peut paraître paradoxal et inquiétant alors que les scandales financiers et les affaires de corruption entourant de grands projets d’infrastructures tel que l’autoroute Est-Ouest, le port de Jijel ou ayant trait tout simplement à l’utilisation de deniers publics à travers des projets d’investissements se multiplient. Sur ce plan, il faut le reconnaître les « affaires » se portent bien si on en juge ce que rapportent les quotidiens de la presse indépendante. Sur ce plan les « affaires » se portent bien. Et même très bien, tant la passation des marchés de gré à gré est devenu le moyen privilégié pour « pomper » une partie de l’argent public à des fins personnelles comme on a pu le constater avec l’affaire de Sonatrach, où une partie du staff de la direction de ce fleuron du secteur public est impliquée dans le scandale.

Cette absence de contrôle a posteriori des comptes publics – contrôle que toutes les constitutions depuis 1976 ont consacré – c’est pratiquement la porte ouverte à tous les excès, détournements des fonds publics, aux enrichissements personnels et autres abus de biens sociaux qui poussent les responsables, les élus et autres fonctionnaires de l’Etat à « confondre » dans bien des cas, argent public et compte(s) personnel(s). D’autant que la loi de règlement budgétaire, un mécanisme permettant de clôturer de manière sincère les comptes à la fin de chaque exercice de la loi de finances considérée, n’a été mis en en œuvre qu’une seule fois par l’Assemblée populaire nationale dans les années 1980. Une telle « faille » dans le contrôle parlementaire ne semble pas émouvoir d’une quelconque manière les élus de la nation, surtout maintenant que l’argent coule à flots et que l’on prévoit une « rallonge » de 130 milliards de dollars dont on sait à quoi elle servira dans le cadre du plan de développement 2010- 2014. Tout le monde y trouve – c’est le cas de le dire – son compte, sauf les citoyens en proie aux fins de mois difficiles, à la précarité et aux incertitudes du lendemain.

Source El Watan Reda Bekkat

Le Pèlerin

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 10:24

Nordine Aït Hamouda parle de la polémique suscitée par le livre de Saïd SadiNordine-Ait-Hamouda.jpg

Je me suis interdit d’intervenir jusque-là dans le flot ininterrompu d’invectives auquel s’est abonné notamment M. Benachenhou depuis la sortie du livre de Saïd Sadi : Amirouche : une vie, deux morts, un testament. Trois évènements mûrement réfléchis m’ont amené à reconsidérer ma position dans cette tornade :

- le recadrage puis la similitude des attaques de M. Benachenhou et de A. Mebroukine ;
- la réaction réservée à ma dénonciation de l’inflation des martyrs et moudjahidine ;
- le traitement fait par un quotidien national du blocage de la première tranche d’un projet du PNUD destiné à la wilaya de Tizi-Ouzou par le ministère des AE.

On peut s’en étonner mais la sortie de M. Kafi n’a joué que marginalement dans ma décision. La brutalité, la mauvaise foi des premières interventions étaient telles que je m’étais résigné à suivre la proposition de certains membres de ma famille s’apprêtant à déposer plainte pour diffamation contre deux aboyeurs qui croyaient avoir trouvé l’arme fatale en s’abritant derrière les valeurs démocratiques que nous avions défendues de tout temps pour essayer de nous les retourner. En découvrant M. Benachenhou et A. Mabroukine détourner les termes de tolérance, de liberté dans les débats et même d’alternance au pouvoir s’il vous plaît, je me revoyais devant le juge de la cour de sûreté de l’État qui nous condamnait pour avoir «attenté à l’État de droit et à la démocratie». Ayant pratiqué la justice algérienne de près, je ne me faisais pas de grandes illusions sur l’issue de la démarche, sans compter les prescriptions qui protégeaient certains individus. Mais face à la grossièreté des attaques, je me suis dit que d’amener un Benachenhou dans un palais de justice serait le plus beau cadeau que l’on pouvait rendre aux dizaines de milliers de citoyens qui suivaient, indignés, cette explosion de haine de la part d’individus convaincus d’être intouchables.

Le slogan comme argument

Au départ, nous avions un Mebroukine, dont on vient d’apprendre qu’il fut condamné il n’y a pas si longtemps par le tribunal militaire d’Oran pour intelligence avec l’ennemi et un bavard coléreux, aigri après son éviction du pouvoir, qui sont montés au créneau mais en rangs dispersés. Le premier, actionné pour faire diversion sur la séquestration des restes d’Amirouche et Haouès afin de relifter Boumediène, prenait même soin de se démarquer de l’autre agent, «malgache», patriote multinational. Il alla même jusqu’à confirmer le fait que les deux colonels avaient été donnés à l’armée française. Les deux intervenants étaient prêts à s’étriper pour sauver le fonds de commerce de leur niche respective. L’auteur leur a répondu, les invitant à débattre du livre, quitte à trouver d’autres occasions pour traiter du bilan de Boumediène, de la tolérance, de l’alternance du pouvoir et de toutes autres vertus démocratiques bafouées et que seules les deux pupilles du parti unique avaient défendues contre une opposition responsable de tous les maux. Les choses en seraient restées là que je me serais toujours tenu en retrait. Puis comme beaucoup de lecteurs du Soir d’Algérie, j’ai été frappé par l’évolution des arguments des deux mercenaires dans leurs dernières sorties. De coqs que tout opposait, ils étaient brusquement devenus des siamois soudés par un combat contre un homme qui avait écrit un livre pour le sortir dans un moment de «grande fragilité nationale» et pour assouvir une ambition visant à imposer une hégémonie politique dont ils allaient nous libérer, comme devait le faire Boumediène juste avant sa mort ! Ce n’est plus ce qu’a écrit Saïd Sadi sur Amirouche qui fait débat mais ce qu’il a derrière la tête et le moment choisi pour sortir son livre… La question n’est pas de débattre avec ces deux automates mais de savoir pourquoi ils ont tant changé d’angles d’attaques et ce qui les a rapprochés au point de se confondre. J’apprends que les deux plumitifs ont été récupérés par un ancien colonel des services, Bouda, habitué d’«analyses» récurrentes, expliquant que l’hégémonie sécuritaire est une donnée intangible et qu’il suffit de diaboliser une opposition «génétiquement incapable de participer à des compétions loyales et régulières» pour garantir le marketing du statu quo. D’où le copié-collé des deux dernières salves. Faisons plaisir à M. Mabroukine : non, Boumediène n’a pas fait de coups d’Etat, non, ce n’est pas lui qui a fait couler le sang des Algériens en 1962 mais les wilayas de l’intérieur prises de folie qui se battaient entre elles ; non son idole n’a pas fait exécuter le colonel Chabani alors que, frappé de dysenterie, il ne pouvait même pas se tenir debout quand il fut traîné au poteau ; non, Krim Belkacem n’a pas été assassiné à Francfort, il s’est étranglé avec sa cravate en faisant sa toilette ; non, Boumediène n’a pas tué Khider à Madrid ; non, il n’a pas donné l’ordre à des aviateurs soviétiques de bombarder des populations civiles à El Afroun en 1967 ; non il n’avait pas des millions de dollars à son nom à la Chaise Manhattan Bank et non il n’avait pas, non plus, fait déposer, par Messaoud Zegagh, des milliards de dollars prélevés sur le Trésor public. Oui la gestion socialiste des entreprises et la mise en œuvre bureaucratique de la Révolution agraire sont des réussites politiques, économiques et sociales ; oui notre école est un modèle de performance. Oui, c’est l’opposition démocratique qui a ruiné le pays ; non il n’y a pas de fraudes électorales, non ses parrains ne détournent pas les moyens de l’État pour les campagnes électorales, non il n’y a pas de censure, non il n’y pas de corruption systémique, non il n’y a pas eu d’assassinats de dizaines de jeunes en Kabylie en 2001 par la gendarmerie… Une fois ceci posé, il peut toujours pousser plus loin le cynisme et dire, comme son complice, que ce sont les autres qui délimitent le débat. Qu’a-t-il bien pu commettre comme acte d’espionnage pour accepter d’être aussi ridicule ? Je ne m’aventurerai pas à suivre M. Benachenhou dans son vomi sur le livre de Saïd Sadi : il a dit toutes les choses et leurs contraires : «Amirouche est un homme d’exception, c’est un criminel de guerre». Après nous avoir ordonné de nous taire, il saluait l’initiative qui a permis d’écrive un livre qui a «dû demander beaucoup de temps ». Mais voilà que notre vigile quotidien avertit dans sa dernière (?) livraison que le moment de la publication est choisi pour porter un coup fatal au pays dans une période de grande fragilité, sans nous dire d’ailleurs d’où vient et qui est à l’origine de cette situation. Faute de critiquer l’ouvrage dans sa substance, Monsieur Benachenhou, qui répond à des questions que personne n’a posées, se rabat sur les desseins antipatriotiques que vise un opposant, a priori suspect, qui a choisi de raconter la vie d’Amirouche «un héros local» pour en tirer des bénéfices régionalistes. Et là on retrouve le fiel qui affleure toujours quels que soient les efforts faits pour voiler sa haine ; pour Monsieur Benachenhou le Kabyle, Amirouche ou un autre, ne saurait être qu’un individu qui, dans le meilleur des cas, doit être toléré à la marge de la nation. Deux régiments, sept bataillons, deux escadrons et trois batteries déployés par le général Massu sur la route des colonels trois jours avant leur arrivée à Djebel Thameur seraient une «opération de routine », les témoins vivants encore qui attestent avoir averti Boussouf que ses messages adressés à Amirouche étaient captés par l’armée française sont des affabulateurs et le P-V faisant état des objectifs que devait défendre Amirouche à Tunis (armée des frontières et MALG) sont des faux et la séquestration des restes des deux colonels, véritable aveu posthume, ne doit pas être abordée.

La haine comme raison d’être

Mon propos n’est donc pas de défendre un livre qui, malgré toutes sortes d’obstructions, est déjà un best seller et répond à une grande soif des Algériens de découvrir leur passé. Ce qui m’a décidé à intervenir c’est ce que Monsieur Benachenhou a clairement déversé autour de l’ouvrage et que d’autres ont prolongé ou insinué. Il voudra bien, en conséquence, m’excuser de déroger à son «basta» qui me sommait de me taire car son aveuglement a eu le mérite de montrer que la haine à laquelle se nourrissent lui et ses semblables est beaucoup plus dangereuse que tout ce que nous avions pu imaginer. Je prends donc le risque d’être égorgé par un agent de M. Kafi ou d’être étranglé par M. Benachenhou lui-même. J’espère qu’en ce qui concerne ce dernier, il fera preuve de la même lucidité que celle qui l’a visité au dernier moment quand il prit à la gorge sa secrétaire au temps de sa toute-puissance. Peut-être aurai-je alors plus de chance que Krim et Abane qui n’ont pas survécu à leurs étrangleurs, dont M. Benachenhou, devenu démocrate et même, confesse-t-il, partisan du changement de régime, nous interdit de parler. Il voudra bien m’excuser aussi d’aborder des questions que lui et ses acolytes ont décidé de rayer de l’ordre du jour du débat national. Pourquoi M. Benachenhou n’a-t-il pas interpellé M. Ould Kablia, ministre en poste, qui est en train d’écrire dans un quotidien une série d’articles sur le colonel Lotfi dont, d’ailleurs, il trahit la mémoire, car le valeureux responsable de la Wilaya V était un adversaire résolu de ses maîtres qui attendaient la fin de la guerre pour se battre ? Mais quand on assume une félonie comme l’emprisonnement des restes de deux martyrs, pourquoi épargner l’honneur de Lotfi ?

Cela c’est du régionalisme, Monsieur Benachenhou. Lotfi, qui fut victime de vos tuteurs, ceux qui ont détourné le combat libérateur pour recoloniser l’Algérie indépendante, n’était pas des vôtres. Il est venu se battre au pays, sans avoir pris le temps de préparer sa rentrée, ce qui lui fut fatal. Il fallait que le climat soit particulièrement irrespirable et sa révolte bien grande pour préférer se jeter dans la gueule du loup plutôt que de rester auprès de Boumediène et de Boussouf. Non, Monsieur Benachenhou, le colonel Lotfi ne vous ressemblait pas et c’est tout à son honneur. Vous et vos complices n’avez pas le droit de le condamner à mort une deuxième fois en souillant sa mémoire par la confiscation, le détournement et la pollution de son combat. Malgré tous vos moyens, les Algériens cherchent et trouvent la vérité. Il a suffi que M. Ould Kablia cite Lotfi à Tlemcen, dans une conférence, pour que la majorité de l’assistance quitte la salle, écœurée par tant de manipulations. Ces citoyens qui ne sont pas issus de la même région que moi sont mes frères et pas les vôtres. Vous ne l’avez pas encore compris, le patriotisme n’est pas une question d’acte de naissance. C’est d’abord une affaire de conviction, de dignité et de cœur. Non, Monsieur Benachenhou, ce n’est pas en souillant le sacrifice de Lotfi pour l’opposer à Amirouche que vous allez racheter votre trahison. Vous ne rendez service ni au chahid Lotfi, ni à votre région d’origine, ni à l’Algérie. Mais est-ce là votre souci ? Ne cherchez-vous pas à focaliser, une fois de plus, les frustrations et la colère nées de l’échec de votre secte sur la Kabylie pour y susciter des réactions épidermiques et retarder l’examen de votre bilan et l’avènement d’une alternative démocratique nationale ? Quant à vous lamenter sur le sort des jeunes victimes de la Bleuite, vous manquez d’honneur et de dignité. Qui vous a entendu vous indigner sur les crimes commis au Maroc, ciblant notamment les cadres envoyés par la Fédération de France du FLN ? L’exécution du capitaine Zoubir était-elle une urgence nationale ? Là-bas, il y avait pourtant le temps et les prisons pour instruire les dossiers des suspects. Qui vous a entendu parler des crimes de masse en 1962 ? Qui vous a entendu élever la voix pendant un demisiècle de torture et d’assassinats commis en TEMPS DE PAIX ? À ce jour, vous le sensible, vous niez la séquestration des restes d’Amirouche et Haouès, c'est-àdire que vous les assumez. Monsieur Benachenhou, des amis qui connaissent votre caractère, vos tourments et votre passif avec le dossier Chadwick m’ont conseillé de ne pas vous répondre. Ils m’expliquaient, à juste titre, que la polémique que vous entretenez autour de ce livre vise à créer une confusion et des diversions pour lasser les citoyens et les éloigner de tout ce qui peut établir un climat propice à la libération d’une histoire transformée en fonds de commerce. Ces amis ont probablement raison sur vos intentions. Ils ont tort quand ils pensent que dans un pays comme le nôtre, le silence ou le mépris sont une bonne réponse à des escrocs de votre acabit. Nous avons une devise au RCD : à chaque mensonge, il faut répondre par dix vérités. Je ne cherche pas à vous convaincre mais à vous combattre. Je sais que vous allez, une fois de plus, vous fendre d’une déjection de dix points qui reprendront les thématiques qui vous hantent pour imposer un bavardage qui n’a rien à voir avec un livre que vous prenez comme prétexte pour vos gémonies. J’ai découvert la table des matières de votre opuscule : elle vaut tous les discours. Vous invitez à récupérer notre histoire et redonner sa place à Messali Hadj. Eh bien ! Je vais vous aider : Le régionaliste qui vous écrit est votre ennemi, je dis bien ennemi et non adversaire. Lui et sa famille ont une et une seule nationalité et ses enfants ont été scolarisés en Algérie. Comme de nombreux fils de martyrs perdus à l’indépendance, le régionaliste qui vous parle a cherché les restes de son père pendant 24 ans avant de découvrir que vous les aviez séquestrés. Il ne vous a pas entendu demander pardon ni même admettre la réalité de ce crime. Mais c’est vrai que lorsque l’on appartient à la «tribu élue», on n’a pas à se justifier devant des «régionalistes» qui menacent l’unité nationale que seule la secte d’Oujda a préservée. Ces «régionalistes» n’ont que le droit de mourir pour vous libérer du colonialisme avant de disparaître, dans tous les sens du terme, après l’indépendance. Où étiez-vous, vous le chevalier du changement et que faisiez- vous pendant ces si longues et terribles années où il était interdit de prononcer le nom de certains martyrs ou d’opposants, quand bien même fussent-ils des patriotes de la première heure ? Vous ne voulez pas le comprendre, nous avons inscrit à l’ordre du jour tous les dossiers que vous avez, cachés ou maquillés. Vous avez raison de vous inquiéter.

Magie algérienne

En ce qui concerne Ali Kafi, je serai bref. Miracle, c’est celui qui avoue n’avoir pas lu le livre qui en a abordé le contenu. En niant que le colonel Haouès a participé à la réunion interwilayas, il s’est trompé mais le sujet figure bien dans l’ouvrage. Pareil pour le Congrès de la Soummam : quand il dit qu’il n’a jamais prétendu être congressiste, il ment, mais cela aussi a été traité par Saïd Sadi. Il faut aussi lui reconnaître deux choses contradictoires : la première, c’est d’être le premier colonel d’une wilaya historique à avoir appelé à égorger le fils d’un de ses collègues, la seconde c’est d’être le seul à avoir clairement condamné les séquestrations d’Amirouche et de Haouès.

Constante nationale

Mais à la décharge, de ces trois activistes, ils ne sont pas les seuls à être abonnés à l’antikabylisme, une des constantes nationales du régime algérien. Jusqu’à présent, personne n’a seulement pensé à relever le fait que si un ministre en poste écrit sur un colonel de la guerre de libération, un responsable de l’opposition racontant un «héros local» du même grade devrait bénéficier d’un traitement équivalent. Mais voilà, dans un cas, il s’agit d’un membre de la tribu élue, dans un autre, il s’agit d’un Kabyle. Cette différence de perception venant de la part de nos intellectuels, historiens ou autres, m’inquiète plus que tous les vomis de M. Benachenhou. Ce n’est pas la première fois que cette ségrégation apparaît. Il y a quelques mois de cela, j’avais dénoncé à l’Assemblée nationale les manipulations éhontées multipliant chaque jour le nombre des martyrs et des moudjahidine qui déshonorent la nation et vident les caisses de l’État. La levée de boucliers des rentiers fut instantanée. Une semaine plus tard, M. Mohamed Harbi, intervenant à Constantine, confirma et déplora la même supercherie. Il n’y eut aucun observateur pour contester ou commenter son propos. Il est vrai que, là aussi, le premier à ouvrir la boîte de Pandore était un Kabyle. Je conclus par ce qui me semble le plus grave car ne participant pas d’un conflit où il y aurait des enjeux politiques directs. Les élus de l’APW de Tizi-Ouzou dénoncent un blocage criminel d’un projet de plusieurs millions de dollars concernant le traitement des ordures ménagères, financé par le gouvernement québécois après des années de démarches et d’études en collaboration avec la Wilaya, le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme et le PNUD. Ce blocage est d’autant plus scandaleux que le PNUD est intervenu en Algérie dans plusieurs initiatives, y compris quand il s’agit d’institutions comme celles de la sécurité nationale. Un journal s’emparant du dossier écrit que les protestations des élus de Tizi-Ouzou, venant après le livre de Saïd Sadi, parlant de sectarisme et d’ostracisme, risquent «de réveiller les vieux démons de la division». Le chapeau, particulièrement tendancieux, présente les élus locaux comme des excités cherchant de mauvaises querelles à l’Etat pour 500 000 dollars alors qu’il a débloqué d’immenses financements pour l’environnement dans la wilaya. Il n’y a pas eu de financements et le projet porte sur plusieurs millions de dollars mais le pire, dans cette désinformation, vient de ce que le journaliste «oublie» de dire que Saïd Sadi a répondu aux accusations de régionalisme venant d’un pouvoir tribal et fait porter les risques «des vieux démons» aux victimes d’un apartheid qui ne se contente plus de faire fuir l’investissement de Kabylie mais d’empêcher ses élus de mettre leur dévouement au service des citoyens qui les ont élus. La demande de mise au point faite par le président d’APW a été refusée. Il y a des titres où la mentalité d’ El Moudjahid mettra encore beaucoup de temps avant de disparaître. Cet article, assumé par la rédaction, d’apparence anodine, est plus pernicieux que les vulgarités de Benachenhou. Il ne sort pas du cœur du pouvoir mais il en reproduit la culture : il y aurait des régionalistes génétiques en Kabylie et des patriotes définitifs, dont l’étalon serait Benachenhou, chargé de les débusquer. L’agression est occultée, la réaction est stigmatisée

Espoir ténu

La situation est grave. De petites lâchetés ont construit des modèles et des habitudes politiques qui mènent directement l’Algérie dans l’abîme. La furie qui a entouré le livre de Saïd Sadi est un mauvais signe sur l’état de la nation. Pourtant, je ne veux pas terminer sur une vision trop noire. J’ai vu sur le bureau de Saïd Sadi des messages venant de citoyens de toutes les wilayas, y compris de Tlemcen, lui affirmant leur solidarité fraternelle. Et pour dire que nous devons croire à l’impossible, je ne veux pas terminer sans signaler que dans cette tempête qui soulève le tabou des tabous : l’antikabylisme, c’est un journal dont aucun actionnaire n’est originaire de Kabylie, qui assume loyalement le débat.

Source Le Soir d’Algérie Nordine Aït Hamouda (*)

(*) secrétaire national du RCD, député

Le Pèlerin

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