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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 06:03

Premières révélations de la mission parlementaire d’information

«Le brasier de Berriane n’est pas éteint»

 

C’est le moment de s’attaquer au fond du problème au risque de voir ressurgir la grogne sociale dans la région, estiment les membres de la mission.

La mission parlementaire d’information dans les événements de Berriane a présenté samedi, un compte rendu verbal au président de l’Assemblée populaire nationale (APN) M.Abdelaziz Ziari, apprend-on de sources proches du dossier.

La mission a procédé dès son arrivée sur les lieux des affrontements du 6 mai dernier, à des contacts avec les autorités locales et les repentants des deux communautés.

«Des tentatives ont été faites afin de rapprocher les points de vue des deux parties dans un seul objectif: celui de rétablir la sécurité dans la région», précise M.Bachir Djarralah, membre de la mission d’information et député MSP. «Nous avons informé Ziari que des efforts considérables sont fournis par l’Etat pour gérer cette crise», ajoute notre interlocuteur. Ce député de la wilaya de Ghardaïa rejette la thèse selon laquelle les élus locaux ont failli à leur mission.

Il estime que bien au contraire, «ces derniers sont toujours à l’écoute des préoccupations des citoyens». Des initiatives sont menées par les députés et par les membres des assemblées locales pour désamorcer la crise. Mais voilà que, selon ses dires, il y a des problèmes qui ne peuvent être gérés que par l’Etat. Dans ce sens, notre source lance un message très significatif: «C’est le moment de s’attaquer au fond du problème au risque de voir ressurgir la grogne sociale.» Le message est purement politique. La mission d’information a, en effet, clairement signifié à M.Ziari qu’aucune marge d’erreur n’est tolérée dans la gestion de cette crise. Le bricolage politique et les solutions conjoncturelles ne feront qu’alimenter le malaise dans la région. Rappelons que lors de son passage à Ghardaïa, le ministre de l’Intérieur a insisté sur le fait que cette wilaya a bénéficié de 182 milliards de DA, entre 1999 et 2008, au titre du programme d’équipement de l’Etat

Cet important programme a permis, selon lui, la prise en charge des préoccupations liées aux besoins fondamentaux des citoyens et d’assurer la réalisation et la réhabilitation des infrastructures de base nécessaire, à son développement, a-t-il dit.

Il a, également, fait savoir que, durant la même période, plusieurs projets ont été achevés dont, notamment, la réalisation d’un aéroport pour une enveloppe de 2,15 milliards de DA répondant aux normes internationales avec une piste principale de 2,8km. Concernant le domaine de l’habitat, plus de 35.000 logements ont été réalisés, soit plus de 19.000 ruraux, 8400 sociaux locatifs et plus de 890 participatifs. Selon le ministre, l’Etat rejette, pour sa part, toute responsabilité dans cette situation de crise. D’ailleurs, le ministre privilégie la thèse «de conflit ethnique.» Justement, la mission a-t-elle pris connaissance des tracts et des documents incitant à la violence et au nettoyage ethnique révélé par le ministre d’Etat, M.Yazid Zerhouni? A ce propos, M.Djarralah rappelle que la mission d’information n’a ni les moyens ni les prérogatives d’enquêter: «Une mission attribuée aux services de sécurité.» «Notre travail a un caractère sociopolitique», souligne-t-il. Par ailleurs, nous apprenons que le rapport final sera déposé sur le bureau de l’APN dans une quinzaine de jours.

Le tribunal correctionnel de Berriane (Ghardaïa) a prononcé samedi des peines allant de deux ans de prison ferme à l’acquittement pour un groupe de personnes accusé dans les événements qu’a connus dernièrement la région de Berriane. Ce groupe constitué de 22 personnes est accusé, indiquent des sources judiciaires de Ghardaia, «d’attroupement avec arme blanche sur la voie publique, destruction des biens d’autrui, coups et blessures».

Le tribunal a prononcé une peine de deux ans de prison ferme et une amende contre une personne, une peine d’un an de prison ferme a été prononcée contre 13 personnes, alors que deux autres mis en cause ont été condamnés à six mois de prison ferme assortie d’une amende de 5000DA. Le tribunal correctionnel de Berriane a relaxé six autres personnes. Les derniers événements de Berriane ont fait deux morts et des dégâts matériels. 

Source l’Expression 

Le Pèlerin

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 05:52

Promotion du tourisme à Tipaza

Relancer le marathon des antiquités

L’itinéraire du marathon longera les sites archéologiques peu visités par les touristes.

 

Douze années après, l’idée de l’organisation du marathon annuel des antiquités vient d’être relancée par les autorités de la wilaya de Tipaza. Les conditions financières et sécuritaires sont aujourd’hui réunies pour la tenue de cette manifestation sportive qui permettra la découverte des nombreux sites archéologiques méconnus du public et des médias. Cette épreuve devra relier l’antique Césarée (Cherchell) au chef-lieu de la wilaya. L’ex-DPAT de Tipaza avait suggéré, en 1996, cette idée à l’occasion de l’organisation de la journée d’étude sur la programmation intégrée des sites archéologiques, qui avait eu lieu la même année au complexe touristique de Tipaza. Les participants à ce marathon de l’antiquité devront emprunter l’itinéraire qui passera à proximité des nombreux sites archéologiques implantés le long du parcours. Dans le cadre de la promotion du secteur du tourisme, ce marathon permettra de mettre en valeur les sites et monuments archéologiques qui se trouvent entre les deux localités côtières fréquentées par les touristes nationaux et étrangers. Toutes les initiatives, qui entrent dans le cadre de la préservation du patrimoine archéologique, doivent être exploitées. Une épreuve sportive au service du patrimoine archéologique, voilà une idée que certains organisateurs comptent la concrétiser prochainement.
Source El Watan
Le Pèlerin

 

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 23:36
Toulouse - La ville lance le débat culturel


 


A près les Assises de la Mobilité, la ville de Toulouse s'apprête à consulter les Toulousains pour construire un projet culturel. Les premières Assises de la culture seront lancées le 6 juin. Acteurs culturels, artistes, publics, professionnels, citoyens… tout le monde pourra s'exprimer. Organisées en trois temps, les rencontres permettront de recueillir les opinions, les idées, les attentes des Toulousains en la matière. Les travaux se poursuivront jusqu'au mois d'octobre. L'« acte I » des assises se déroulera les 6 et 7 juin au TNT, Salle du Sénéchal et à l'Université du Mirail.

« Ces rencontres sont absolument ouvertes à tous. Parce que la culture est l'une des priorités de l'équipe municipale, il nous a semblé important de lancer cette consultation dès notre prise de fonction. Il faut que nous puissions très vite faire un état des lieux de la culture à Toulouse afin de construire ensemble le nouveau projet de la ville. Que l'on soit acteur culturel ou citoyen, tout le monde doit pouvoir exprimer ses envies et ses remarques », ont précisé vendredi matin Pierre Cohen, le député-maire, et Nicole Belloubet, la première adjointe à la culture.

À l'issue de la conférence de presse, qui s'est déroulée au Centre culturel Bellegarde, Pierre Cohen a dévoilé, en réponse à plusieurs questions des journalistes, quelques-unes de ses préoccupations, en matière de politique culturelle. « De nombreux de talents s'expriment dans cette ville. Nous avons nommé Tugan Sokhiev directeur musical de l'Orchestre du Capitole. Beaucoup de choses se réalisent dans ce domaine. Les festivals du « Marathon des Mots » et du Printemps de Septembre, la nouvelle équipe de direction du TNT sont entrés dans notre dynamique d'ouverture à d'autres publics. Mais une politique de la culture, ce ne sont pas seulement des domaines qui se juxtaposent. La culture pour tous n'est pas qu'une question d'accessibilité économique. Il faut surtout aller vers les gens qui croient que ce domaine n'est pas pour eux », a-t-il souligné. Les prochaines assises culturelles promettent d'être animées. Le titre de capitale de la culture européenne en 2013 est au bout du chemin.

Vendredi 6 juin de 9 h 30 à 17 heures au TNT, à la Cinémathèque et salle du Sénéchal. Samedi 7 juin de 9 h 30 à 17 heures à l'Université du Mirail. Entrée libre.

 

 

Source La Dépêche du Midi

 

Le Pèlerin

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 23:20

Al Qaradawi lance une nouvelle Fetwa

« Prier moins pour travailler plus »

Prier moins pour travailler plus », c’est la toute nouvelle fetwa du célèbre prédicateur égyptien Youssef Al Qaradawi, un des idéologues du mouvement des Frères musulmans et vedette de la chaîne Al Jazeera.

Publié en mai sur son site internet, le texte de la fetwa se veut une incitation aux six millions de ses compatriotes fonctionnaires au « travail ». « Prier au travail est une bonne chose », mais que « dix minutes pourraient suffire », souligne cheikh Al Qaradawi. Cette exhortation à concilier les vertus de la foi et du travail risque néanmoins, fait remarquer l’AFP qui rapporte l’information, de se heurter aux habitudes bien ancrées de « pauses » prière répétées et interminables sur les lieux de travail. Le temps de travail réel d’un fonctionnaire égyptien a été estimé par une étude officielle à 27 minutes par jour, sans compter les congés autorisés. Après plus de 50 ans d’islamisation version Frères musulmans, il n’y a pas une seule grande société, usine ou bâtiment public qui ne se soit doté d’un local, couloir ou vaste salle dédiés à la prière, moquettes vertes déroulées et orientées vers La Mecque. Pour écourter le temps de la prière, cheikh Al Qaradawi a une idée : que les pieux musulmans fassent leurs nécessaires ablutions chez eux, avant de gagner leur occupation, et non dans les toilettes pendant le travail. S’il est trop tôt, et sans doute présomptueux, pour savoir si la fetwa productiviste du cheikh Al Qaradawi sera suivie d’effet, les théologiens du Caire sont en revanche, pour une fois, tous d’accord. « Il a raison, je ne peux pas dire le contraire, il ne faut pas grappiller du temps de travail en utilisant la prière comme prétexte », a commenté à l’AFP cheikh Faouzi El Zizfaf du centre des études islamiques d’Al Azhar. Pour Mohamed Al Shahhat Al Gendi, secrétaire général du Conseil suprême des affaires islamiques, « dix minutes sont tout à fait suffisantes pour prier, et l’amélioration de la productivité n’est pas du tout contraire à l’Islam ».

 

Source El Watan

Le Pèlerin

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 23:09

Blaguette viagrette

 
Un gars rentre dans une pharmacie.
 

- Bonjour, je voudrais du Viagra.

- Oui monsieur. Combien en voulez-vous ?

- Oh... Très peu... 5 ou 6 comprimés suffiront parce que je vais les couper en 4.

- Heu... Si je peux me permettre monsieur, j'ai bien peur qu'une si petite
dose soit insuffisante pour maintenir une raideur acceptable durant assez longtemps...

- Oulalala, je vous arrête ! Ca n'a rien à voir avec le sexe ! Moi, j'ai plus de 80 ans et
tout ce que je veux, c'est arriver à pisser suffisamment loin pour ne plus mouiller mes pantoufles

De la part d’une Correspondante
 
Le Pèlerin
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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 23:07

D’où vient la Laïcité à la française

 

Un an après son élection, Nicolas Sarkozy a fait l'éloge des religions qui seraient, selon lui, le socle de toute civilisation. Prolongement naturel de la sentence "France fille aînée de l'Eglise" ou remise en cause de la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat ? L'Internaute fait le point sur la "laïcité à la française".

La France "fille aînée de l'Eglise"

 la fin des guerres de religion, la France devient un pays majoritairement catholique. Comment s'organise le rapport entre l'Etat, l'Eglise et la société ?

L’Etat catholique

Dans la société d'Ancien Régime, la religion est le fondement du système social. La monarchie française étant dite de "droit divin", le roi tient son pouvoir de Dieu, ce qui lui confère un rôle de pasteur vis-à-vis de ses sujets. A ce titre, le roi de France peut, depuis le Concordat de Bologne signé en 1516, choisir lui-même les prélats supérieurs. La religion catholique étant celle de l'Etat et de la Couronne, tous les rois doivent jurer, le jour de leur sacre, de défendre l'Eglise catholique et s'engagent aussi à lutter contre les hérésies.

La date du 18 octobre 1685 marque une rupture : 87 ans après la fin des guerres de religion, le roi Louis XIV signe, avec le chancelier Michel de Tellier, l'édit de Fontainebleau révoquant l'édit de Nantes en vigueur depuis 1598. Afin de redonner au royaume une unité religieuse, le traité interdit le protestantisme en France, provoquant l'exil de plusieurs milliers de protestants et surtout de violents troubles de Camisards dans les Cévennes. Légalement, les Français non catholiques n'existent plus, et sont alors considérés comme des "asociaux". Il faut attendre 1787 pour qu'un nouvel édit de tolérance rende leurs droits aux protestants.

 Les Français sont-ils "soumis" à la religion ?

Le catholicisme a profondément imprégné la société d'Ancien Régime. Depuis plusieurs années, les historiens contestent l'opinion selon laquelle le XVIIIe siècle, celui des Lumières, aurait été celui d'une déchristianisation conséquente du pays. Or, jusqu'à la Révolution, et même tout au long du XIXe, l'Eglise accompagne l'existence des Français de leur naissance (baptême) jusqu'à leur mort (extrême onction). Le prêtre est ainsi l'un des rouages essentiels de la vie sociale : il distribue non seulement les sacrements, mais fait aussi office de conseil dans les affaires privées. Sur le terrain, au niveau des paroisses, l'Eglise est très présente. Elle tient les registres de baptême (l'Etat Civil), instruit les enfants et fournit l'assistance publique aux malades dans les hôpitaux. Pour la société française d'avant 1789, les fêtes religieuses, notamment celles des saint-patrons locaux, représentent aussi un moment fort de la vie communale et collective.

Vers la séparation

La religion "canalisée" par la Révolution

L'un des principaux idéaux des révolutionnaires consiste à déchristianiser la France. Dès août 1789, l'article 10 de la Déclaration des Droits de l'Homme reconnaît à ce titre la liberté des cultes à toutes les religions. Quelques mois plus tard, l'Assemblée Constituante décide, sur proposition de Talleyrand, de nationaliser les biens du clergé : une première pierre avant l'adoption, en juillet 1790, de la Constitution Civile du clergé. Le Vatican refuse et une période de lutte intense s'ouvre alors entre la Convention et le Saint-Siège. Autre pomme de discorde : la volonté des révolutionnaires de réformer l'organisation très hiérarchisée de l'Eglise et de l'organiser selon une structure plus démocratique (élection des évêques et des curés notamment). 45 % du personnel ecclésiastique, les prêtres "réfractaires" (par opposition aux prêtres "assermentés"), va refuser cette nouvelle donne et subir des violences pendant presque 10 ans. Cette nationalisation de l'Eglise de France va ensuite de pair avec une déchristianisation plus morale de l'Etat et de la société. A ce titre, la dissociation du mariage religieux et du mariage civil est l'une des réformes les plus symboliques de l'évolution des rapports entre les deux sphères du pouvoir politique et spirituel.

Le clergé, un service public ?           

L'arrivée au pouvoir de Napoléon stoppe la laïcisation brutale de l'Etat. En 1801, le Concordat signé avec le pape Pie VII retire au catholicisme le titre de religion d'Etat : elle est désormais celle de la "majorité des Français ". Toutefois, le volet le plus important de l'accord reste le nouveau statut donné aux ecclésiastiques, qui deviennent des fonctionnaires, payés par l'Etat. Napoléon s'accorde de plus le droit de nommer les évêques. Avec le Concordat les cultes sont organisés en service public : la confusion des pouvoirs dure tout au long du XIXe siècle.

 

La IIIe République : l'école devient laïque

En 1869, la rupture du Concordat, ou la Séparation de l'Eglise et de l'Etat, figure pour la première fois dans un programme politique, celui de Léon Gambetta. La IIIe République fondée en 1871 va ainsi voir un fort courant modernisateur se développer et les premières lois laïques voir le jour. Revenant sur la loi Falloux de 1850, les lois Jules Ferry de 1882 excluent les religieux de l'enseignement, avant de rendre l'enseignement obligatoire et… totalement laïque. En pratique, l'instruction religieuse est supprimée de tous les programmes scolaires, son apprentissage devant se faire hors des locaux de l'école et en dehors des heures de classe. Elle est également remplacée par des cours de morale civique et républicain

1905 : une explosion de laïcité ?

Une séparation nécessaire

La loi de séparation des Eglises et de l'Etat est le fruit de 25 ans "d'incubation laïque". La politique du Bloc des Gauches, qui forme un gouvernement en 1901, satisfait au fort courant anticlérical qui souffle depuis la fin des années 1880. La loi du 1er juillet 1901 sur les associations stipule par exemple que la création de nouvelles congrégations est autorisée par une loi mais peut être dissoute par un décret. En 1902, l'arrivée d'Emile Combes en tant que président du Conseil, élu pour mener une "politique énergique de laïcité", aboutit à la fermeture d'établissements scolaires dont l'enseignement est donné par des congrégations non déclarées. Le ton se durcit alors entre l'Etat et certains évêques français qui protestent contre cette mesure. Dans le même temps, la France rompt ses relations diplomatiques avec le Vatican. Cause de la rupture : la visite d'Emile Loubet, président de la République, au roi Victor-Emmanuel II d'Italie, que le Saint-Siège ne reconnaît pas. Les crispations deviennent prégnantes, la séparation inéluctable.

 

Des débats passionnés

C'est à Aristide Briand qu'est confié le soin d'aménager la loi. La difficulté est de trouver un compromis qui exclut du débat la gauche hyper-laïque et la droite ultra-conservatrice. Le projet de loi associe en fait, des deux côtés de l'échiquier politique, les partisans d'une laïcité modérée qui puisse garantir la liberté de conscience et qui ne soit pas considérée comme une agression contre la religion (Jaurès, Briand). De plus, la séparation de l'Eglise catholique et de l'Etat a pour le gouvernement une conséquence stratégique : mis définitivement en dehors des affaires de l'Eglise, il ne peut plus interférer, par exemple, dans le processus de nomination des clercs.

 

Une loi de compromis qui met le feu aux poudres

La loi du 9 décembre 1905 contient ainsi des dispositions très libérales : respect de la liberté de conscience, libre exercice de l'organisation interne des religions, mise à disposition gratuite des différents lieux de culte… En contrepartie, l'Eglise n'est plus financée par l'Etat, ce qui signifie que la religion devient un service d'ordre privé. Dans ce nouvel ordre des choses, l'Etat souhaite réaliser un inventaire des biens de l'Eglise, qui s'ouvre en 1906. Sur le terrain, certains catholiques le ressentent comme une profanation et organisent plusieurs manifestations de défiance à côté des églises. L'hostilité se transforme en crise quand, le 27 février et le 6 mars, des gendarmes chargés de défendre les fonctionnaires chargés d'ouvrir les tabernacles et des manifestants trouvent la mort, entraînant la chute du cabinet Rouvier.

L'exception alsacienne

L'Alsace, toujours sous Concordat

Lorsque la loi sur la Séparation des Eglises et de l'Etat est promulguée par le président de la République le 9 décembre 1905, l'Alsace et la Moselle appartiennent encore à l'Allemagne (depuis 1871). Quand elles deviennent françaises en 1918, elles conservent le statut concordataire, bien que le gouvernement Herriot tente de l'abolir en 1924. Les réactions sont si virulentes dans la région et les peurs d'attiser l'autonomisme si fortes que le successeur d'Herriot, Paul Painlevé, enterre le projet de réforme. Le régime concordataire sera supprimé une fois, en 1940, quand l'Alsace se trouve rattachée au Reich. Il sera rétabli en septembre 1944, alors même que la Constitution proclame de nouveau la laïcité de la République. Tout au long du XXe siècle, les volontés d'appliquer la loi de 1905 en Alsace et en Moselle se seront heurtées à l'attachement de la population locale au Concordat.

                Des prêtres payés par l'Etat

De ce fait, en 2008, la région Alsace-Moselle n'a toujours pas appliqué le principe de laïcité : les communes sont ainsi contraintes de subventionner la construction et l'entretien des lieux de culte. Près de 1500 agents de culte, qu'ils soient catholiques, protestants, ou israélites sont aujourd'hui rémunérés par l'Etat (à hauteur de 36 millions d'euros en 2003), même s'ils ne disposent pas du statut de fonctionnaire. A l'école primaire publique, ces agents sont autorisés à donner des cours de religion à l'école primaire publique, en théorie une à deux heures par semaine. Cette instruction n'est plus obligatoire depuis 2001, mais les parents doivent cependant préciser la religion de leurs enfants à leur entrée à l'école.

Quel pouvoir pour la religion en 2008 ?

L'Etat peut-il décider à la place de l'Eglise ?

Bien que la Séparation entre les Eglises et l'Etat soit vieille de plus d'un siècle, les ponts ne sont pas tout à fait coupés. L'Etat garde par exemple un rôle décisionnaire dans la constitution de l'épiscopat français. En 2008, le Saint-Siège nomme lui-même les évêques, mais doit en informer au préalable le gouvernement. Un avantage exclusif, puique la France est aujourd'hui le seul pays au monde à bénéficier de ce "droit d'objection". Par ailleurs, du fait du statut concordataire de l'Alsace, le président de la République peut encore nommer les évêques de Strasbourg et de Metz. Il ne signe cependant le décret de nomination qu'après accord du Vatican.

Quel dialogue entre les autorités religieuses et l'Etat ?

Dans le but de rendre plus transparents les rapports entre l'Eglise catholique et l'Etat français, une instance de consultation a été créée le 12 février 2002. Diverses commissions composées d'assistants ministériels et de personnalités ecclésiastiques ont été créées. La plupart des échanges concernent plus particulièrement l'Education Nationale et la Justice, mais des questions d'ordre moral sont aussi abordées. Depuis 2002, le clergé français a donc officiellement "voix au chapitre". Ainsi, si une partie de la loi sur la bioéthique autorisant la recherche sur embryon et les cellules embryonnaires a été durement critiqué par l'épiscopat français, un rapport ministériel d'août 2004 hostile à la non-dépénalisation de l'euthanasie a par contre été vivement approuvé par l'Eglise. A l'été 2004, Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, déclarait ainsi que l'Eglise "ne pouvait que dire son accord" avec la proposition de loi formulée.

Nicolas Sarkozy, président " très chrétien" ?

Enfin, même si le centenaire de la loi de Séparation entre les Eglises et l'Etat a été fêté en 2005, cela n'a pas empêché le président de la République d'avoir été ordonné chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran en décembre 2007. Cette tradition, qui remonte au roi Henri IV, permet au chef de l'Etat de prétendre à une stalle (un siège en bois qui se trouve dans le chœur d'une église) dans la basilique. Cette distinction n'est pourtant pas l'apanage de Nicolas Sarkozy, car avant lui, seuls deux autres présidents, Georges Pompidou et François Mitterrand ne s'étaient pas rendus à Rome pour recevoir le titre. Ce "cumul des fonctions" est aujourd'hui partagé par d'autres personnalités moins éminentes de l'Etat. Christine Boutin, ministre de la Ville, occupe depuis 1995 à titre personnel le poste de consulteur du Conseil pontifical pour la famille au Vatican, un organisme chargé d'orienter les familles catholiques dans le domaine de l'éducation, qu'il s'agisse de l'avortement, de l'éducation sexuelle ou de la préparation au mariage.

Source l’Internaute

 

Le Pèlerin

 

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 23:02

La liaison autoroutière Amsterdam Barcelone via l’Ariège inscrite au dernier sommet Franco-espagnol 



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En inscrivant dans les conclusions du sommet Franco-Espagnol la réalisation d’un tronçon autoroutier sur l’itinéraire européen Amsterdam-Barcelone (itinéraire E9) qui sépare l’Ariège de Barcelone, soit 70 kilomètres (18km en Espagne et 52km en France), le département de l’Ariège devient à terme un point stratégique dans les liaisons routières européennes et plus particulièrement dans les échanges avec la Catalogne.

Certes, le 29 octobre dernier, lors de la séance plénière du conseil général, le président Bonrepaux avait fait voter une délibération sur le grand contournement de Toulouse, relançant la nécessité d’une voie d’accès directe entre l’Ariège et Barcelone, via l’Andorre, à travers l’aménagement de la voie européenne E9… délibération qui enclenchait le processus qui allait mettre fin aux atermoiements de l’aménagement de la N20 par manque de crédits supplémentaires.

A partir de ce moment, Augustin Bonrepaux et le Club Ariège Pyrénées Investissements sous la houlette de Bruno Lavielle ont réalisé un important lobbying auprès des cabinets ministériels.

Jean-Louis Chauzy, président du Conseil Economique et Social de la Région Midi-Pyrénées mais également rapporteur du forum préparant le sommet franco-espagnol a été reçu par le président Bonrepaux qui l’a convaincu de la nécessité de mettre cette liaison autoroutière à l’ordre du jour de ce sommet.

Celui-ci s’est également rendu mardi 8 janvier en Andorre où il a rencontré l’ensemble du gouvernement, les ministres et le représentant du co-prince.

«J’ai fait passer le message pour le sommet de jeudi» a expliqué Augustin Bonrepaux «
et puis j’ai encore quelques relations à Barcelone… Cette liaison peut se réaliser rapidement… reste à convaincre une société d’autoroute.

La société autoroutière Vinci exploite déjà le tronçon Toulouse-Pamiers et le tunnel du Puymorens… la liaison avec l’Andorre permettrait de valoriser ces deux ensembles
»

Il y a près de 15 ans Augustin Bonrepaux avait mené un combat identique pour la réalisation du tunnel du Puymorens…



«La dynamique s’est remise en marche, l’Andorre nous a beaucoup aidé, le Club Ariège Pyrénées Investissements est intervenu auprès des cabinets ministériels, tous se sont mobilisés et ont décidé d’aider l’Ariège dans son développement»

Un projet d’infrastructure autoroutière qui devrait se réaliser dans un délai acceptable et qui permettra au département de l’Ariège d’acquérir une position privilégiée dans les liaisons avec l’Espagne sans compter le développement économique que devrait connaître la haute Ariège dans les années à venir.

Source La Dépêche du Midi

Le Pèlerin

 

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 08:04

  Jean Daniel, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur au Quotidien d'Oran - La «santé» de Bouteflika, les maladies de l'Algérie

 

La voix basse, un peu éteinte mais le regard encore vif, l'homme qui n'aime pas qu'on le qualifie de «...monument...» raconte : ce qu'il a retenu de tout un siècle au coeur du monde arabe, ses années de voisinage avec Abdelaziz Bouteflika, sa vision d'un siècle mort, d'un siècle à venir et ses humbles espérances de voir l'Algérie et le monde arabe renaître, non pas avec des réformes impossibles, mais avec une école humaniste, des enfances libérées des prises d'otages idéologiques et des «...ouvertures...» sur l'Autre, loin des camisoles de l'histoire immédiate. Entretien.





Le Quotidien d'Oran : En dehors de la raison de votre invitation officielle par la Bibliothèque nationale, qu'est-ce qui explique réellement votre périple en Algérie cette fois-ci ?

Jean Daniel : J'apprécie la question parce qu'elle me permet de mettre les choses au point. Ce déplacement ... cette fois-ci parce que j'ai déjà eu des déplacements avant quand j'ai été nommé docteur honoris causa à l'université d'Alger... est venu après deux mois de sollicitations par le directeur général de la Bibliothèque nationale pour donner une conférence sur mon livre publié sous le titre «...Avec Camus...» avec comme sous-titre «...Pour résister à l'air du temps...». J'ai longtemps remis à plus tard ma réponse, sachant qu'avec l'âge je suis énormément invité mais que je me déplace beaucoup moins. Le but de ce dernier voyage en Algérie était donc uniquement pour donner une conférence sur ce thème. Le hasard a voulu que cette date me convienne parfaitement : je devais donc revenir en France avant les élections législatives algériennes et donc pouvoir assister là-bas, à la passation des Pouvoirs. Assister en tant que spectateur s'entend. C'est donc lors de mon séjour algérien que j'appris, par le biais du directeur de la Bibliothèque nationale, que j'étais désormais l'invité personnel du président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Le directeur de la BN ne pouvait que bien accueillir la nouvelle sachant qu'il disposait d'un budget vraiment limité et cela s'est traduit pour moi par un cadre d'accompagnateurs et quelques facilités de déplacement et de visites. J'eus par la suite l'honneur de déjeuner avec le Président de la république, en compagnie de mon ami depuis 30 ans ou plus Lakhdar Brahimi ...le premier couscous que j'ai pris à l'occasion de mon premier retour en Algérie c'était chez la mère de celui-ci... en présence de Cherif Rahmani et d'une conseillère économique à la présidence. Un déjeuner qui a été programmé le surlendemain de mon arrivée. Par la suite, et parce que l'occasion m'était enfin donnée, j'ai visité Oran. Là, vous ne pouvez pas partager l'enchantement d'un homme qui n'est plus jeune, qui retrouve avec émotion des souvenirs et des traces. Cette ville d'Oran qui est tellement franco-espagnole, qui est tellement plus marquée, beaucoup plus qu'ailleurs, dans la continuité et dans la décomplexion. J'ai eu cette impression que les gens sont tellement fiers de ce passé et avaient tellement intégré cette période de leur histoire, que j'ai trouvé qu'il s'agissait d'une réussite ... de ce côté là, plus qu'ailleurs dans le pays. Si j'avais entendu quelqu'un me dire ça il y a seulement quelques jours, j'aurais ris. Je peux dire que c'est ce qui m'a frappé, au bout de ma très petite expérience, c'est que ailleurs, sauf dans quelques villes, lorsque vous allez à Tipaza par exemple, vous entendez parler de Camus ou des grecs comme si c'étaient des arabo-musulmans d'Algérie et c'est faux. Un état d'esprit réservé aux archéologues et aux guides qui m'ont parfois expliqué à moi algérien comme si je ne l'étais pas, ce passé et comme si je ne l'avais jamais vu. Cet état d'esprit de complexe, ou de distance avec le passé, je ne l'ai pas ressenti à Oran. C'est donc ma première réaction et elle est extrêmement «...heureuse...». A côté de ceci, et pour finir sur ce chapitre de réactions, j'ai trouvé, et plus que ce qu'offre la Casbah d'Alger, des trésors architecturaux à Oran qui sont en danger car si on ne s'y prend pas très vite, la restauration va être de plus en plus difficile. Il y existe des quartiers qui sont inappréciables, tout près à être restaurés et tout près à être «...défaits...». Cette ville est si riche en places, en rues, en entrelacements, en monuments et en immeubles que je suis prêt à faire n'importe quelle campagne, partout où il le faut, pour lancer et aider des politiques de restaurations urgentes. Pour paraphraser le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, je dois dire que «...c'est une de mes priorités...».



Q.O.: Pour revenir un peu à vos rendez-vous algérois, vous avez parlé de souvenirs retrouvés. Vous avez retrouvé quels souvenirs avec le président de la république ?

J. D.: Ecoutez, je l'ai dis plusieurs fois, c'est un homme pour qui j'ai beaucoup de respect. Pendant sa «...traversée du désert...» je m'intéressais beaucoup à son parcours et à ses réflexions. A sa vision sur la politique internationale et pas seulement sur le monde arabe. Les rares fois où je l'ai rencontré à ces moments là, je l'ai trouvé assez «...riche...». Et c'est à ces moments là d'ailleurs, que j'ai compris qu'il fait partie de ces personnalités arabes qui n'ont pas de postes mais qui sont souvent sollicitées par les autres gouvernements. Je peux illustrer ce cas avec l'exemple de Yasser Arafat qui parce qu'il n'avait pas d'ancrage chez lui, était beaucoup sollicité pour des arbitrages. Reste qu'à mon avis personnel, celui-ci n'avait pas une vision internationale profonde qui «...déborde...» sur des géographies comme celle de l'Asie par exemple. Contrairement à Bouteflika et surtout avec son discours d'ouverture, lorsqu'il est revenu aux «...affaires...», et qui pour moi était tout ce dont je pouvais rêver. Je me souviens approximativement de cette phrase, lors de son passage à Paris, et juste après la fin des embrassades, où il disait «...mon rêve, c'est d'intégrer toutes les composantes historiques, ethniques et géographiques de ce qui a fait l'Algérie...».

 Et aussitôt, cela a été développé par un discours qui visait à «...accepter...» tous les envahisseurs, tout les colonisateurs, des romains et jusqu'aux espagnols et aux français bien sûr, avec toutes les composantes berbères ou même chrétiennes...etc. Il y avait donc une «..ouverture...» formidable. Je me souviens que j'avais dis à ce moment là que Bouteflika était sur le chemin d'une vraie séparation de l'Eglise et de l'Etat pour faire le parallèle. J'étais peut-être très candide à cette époque mais.... Et puis le personnage a beaucoup évolué par la suite mais ne semble pas avoir évolué dans la fidélité. Nous avons eu tout de même des rapports de confiance, avec de rares rencontres, une fois l'an peut-être, des rapports que j'apprécie énormément. C'est ce que je pense. Car je pense surtout que personne ne peut me compromettre et surtout à mon âge. Alors, et pour revenir à ce déjeuner, j'ai donc discuté avec un homme et échangé des avis car je parle presque autant que lui. Mais pour être plus précis et pour me mettre à votre place professionnelle, et après m'être inquiété lors d'un premier voyage sur sa santé, je peux dire que je l'ai retrouvé beaucoup mieux ! Beaucoup plus équilibré dans son corps. La chose qui m'a frappé, c'est qu'il était beaucoup plus calme. Avant, lorsqu'il parlait, il avait l'habitude d'accompagner ses propos de gestes, un peu incantatoires quelques fois, alors que lors de cette dernière rencontre, il donnait l'image d'une très grande sérénité. Calme et sérénité. J'ai trouvé qu'il était conscient des difficultés de son pays. J'ai trouvé qu'il était conscient de son destin. Et j'ai trouvé, et là c'est purement subjectif et purement personnel, qu'il avait envie de remuer un petit peu les énergies de son pays par ce qu'il me semblait comprendre que son gouvernement était en-deçà de ses attentes du point de vue de la rapidité, de l'efficacité, et c'est une impression, encore une fois, personnelle. Il se pourrait donc, et là c'est le journaliste qui parle, qu'il y ait des changements après les élections, comme de tradition. Qu'est-ce qui m'a frappé d'autres ? Difficile de cerner car c'est d'abord un échange que nous avons eu, mais il y a eu aussi ce constat qui a été moins négatif sur un sujet qui a été discuté avec beaucoup d'humour et une distance, presque seigneuriale, pour parler de «...pacte d'amitié...» comme il l'a fait. Je me souviens lui avoir répondu que je vais vous décevoir car ce pacte je n'y ai pas cru. «...Personnellement je n'y ai pas cru...». Je lui ai dis que moi si j'avais été diplomate, jamais je n'aurai «...travaillé...» pour un pacte d'amitié de ce genre. Et je lui ai répondu que pour cela j'avais plusieurs raisons : d'abord, et premièrement, j'ai une formule, qui n'est pas de moi bien sûr, mais que je répète pour dire «...il n'y a pas d'amour, il y a des preuves d'amour...». Il n'y a donc pas d'amitié mais des preuves d'amitié. Des preuves qu'il faut donner tous les jours sinon, au moindre accroc, ce pacte est réduit en miettes. J'ai par ailleurs expliqué que la deuxième des choses est que ce que vous proposez aujourd'hui comme pacte d'amitié, dans un moment où vous avez nettement, et à mon avis, l'envie de remobiliser le sentiment national, du fait de problèmes soit intérieurs soit extérieurs, des problèmes que pose la Réconciliation, et du fait que ...et là c'est un mélange de lui et de moi... vous êtes peiné de voir les jeunes générations, et qui sont la grande majorité en Algérie, déposséder l'histoire algérienne de la passion des gens comme nous, et là je dis nous parce que j'ai accompagné la Révolution algérienne, une majorité qui ne songe qu'à partir, et donc à ce moment là, s'il faut proposer un pacte d'amitié, il faut d'abord restaurer le sentiment national. Et là, je me souviens, qu'il m'a semblé qu'il approuvait davantage mon analyse, mon «...astuce...». En vérité, je crois qu'il était assez content que les Français commettent cette gaffe sur la colonisation «...positive...», car il éprouvait le besoin de remettre les choses à leur place et de montrer à son peuple que l'Algérie c'était l'Algérie et qu'il ne fallait pas que l'on joue avec son orgueil. Voilà.



Q.O.: Lors de vos rencontres à Alger, vous avez fait un constat très sévère sur l'état des lieux de la presse française durant la campagne présidentielle dans votre pays, mais en tant que véritable «...monument...» de la presse, comment vous accommodez votre vision d'une presse algérienne qui doit être libre avec votre amitié avec le président de la république algérienne qui a une vision très peu généreuse sur ce métier en Algérie ?

J.D.: Je n'aime pas le mot «...monument...» car un monument ne bouge pas. Pour répondre à votre question, je dis que je suis d'abord quelqu'un de fidèle. Et la fidélité doit s'accommoder de l'évolution des deux amis. Moi je n'ai jamais désavoué ma fidélité quand quelqu'un change. Par ailleurs, je reviens sur une formule que j'ai prononcé lorsqu'on m'a remis la toge de docteur honoris causa à l'université d'Alger, une formule où je dis que «...vous pouvez compter sur une gratitude infinie qui n'est compensée que par une vigilance tout aussi infinie...». Comment je comprends l'attitude médiatique de Bouteflika ? D'abord il faut savoir que je n'ai jamais, sauf une fois, discuté avec le président de cette question, sauf une fois à l'époque de l'incarcération d'un journaliste algérien, Mohammed Benchicou, occasion à laquelle j'avais saisi le président par lettre, il y a deux ans. Pour tout vous dire, j'ai fait une déclaration il y a trois jours où j'ai dis que la liberté de la presse algérienne, est assez grande, quoique l'on dise, et la situation semble avoir évolué par rapport à ces années là où l'on parlait de procédés indirectes, financiers, pour étrangler un journal ou provoquer sa fermeture. Je ne pense pas vous apprendre une vérité que vous connaissez mieux que moi, mais vous me demandez mon impression et je vous la donne : elle est plutôt positive. Comment le président Bouteflika apprécie cette nouvelle liberté ? Je n'en sais rien.



Q.O.: Mais vous en tant que professionnel, quel est votre jugement sur l'état de la presse algérienne?

J.D.: ... très inégale. Je trouve El Watan bien fait. Mais je trouve aussi que les articles dans la presse française sont trop courts et ceux d'El Watan trop longs. Et puis si vous osez écrire dans votre propre journal des éloges sur le journal, ce qui risque d'être une flagornerie sans pareil, je vous dirais que je trouve très agréable de vous lire. (rires)



Q.O.: Si on essaye un peu d'élargir les propos de cette discussion, vous êtes un «...point de jonction...», vous développez un grand humanisme mais on a aussi l'impression que le monde se fait sans nous, dans le bon sens ou dans le mauvais sens, cela reste à discuter. Mais du point de vue de votre grand humanisme et de votre extraordinaire expérience, quelle est votre vision sur le monde ? Quelle est votre vision sur les futurs rapports entre l'Algérie et la France ?

J.D.: Je vais commencer, si vous permettez par autre chose. Quelque chose qui me tient à coeur et qui explique que c'est moi qui ai insisté pour organiser cet entretien. Il y a en effet trois choses qui me tourmentent en Algérie comme si c'était, et comme c'est un peu, mon pays. Je vous ai parlé plus haut de la restauration et qui est l'une de mes priorités. La seconde priorité, et sur laquelle j'ai insisté lors de ma conférence sur Camus, avec des propos pour dire que il n'y a pas de civilisation pour une société qui n'aime pas, qui ne protège pas, qui n'éduque pas, qui ne prépare pas ses enfants. C'est valable pour l'Algérie mais aussi pour le reste du monde. Vous m'avez interrogé sur ma vision ? elle est celle du constat d'un monde qui est en train de supprimer l'enfance. L'enfance est supprimée lorsqu'on donne des armes aux enfants, lorsque ces enfants sont fauchés par les mines, en Angola, au Mozambique, en Amérique Latine...etc. L'enfance est supprimée lorsque les enfants sont sacrifiés, lorsqu'on trouve un sens à leur mort. L'enfance est niée lorsqu'on s'attaque à cet état d'innocence précaire, entre parenthèses sacré, et qui est le signe profond de la civilisation. C'est un problème ardu parce que en méditerranée, c'est une pratique évidente que d'entourer l'enfance par un sens profond : cela a commencé avec Abraham et son sacrifice. Alors pourquoi les enfants ? Pas seulement parce qu'on les envoie à la mort en pensant qu'ils auront un meilleur sort et que c'est une preuve d'amour ultime, mais parce que, plus terre à terre, les programmes scolaires sont la chose la plus importante pour moi par exemple pour commencer à les sauver. Il y a une excellente et impressionnante étude qui a été faite, si mes souvenirs sont bons, par l'un des co-fondateurs du The Economist, qui est pour moi l'un des meilleurs journaux du monde. Cette étude, menée par un certain nombre de chercheurs, portait sur une comparaison des programmes scolaires dans certains pays, en particulier les pays de la méditerranée. Parmi les conclusions, et dans certains pays arabo-musulmans, il n'y avait qu'un seul pays qui «...sortait...» du lot, il s'agit de la Tunisie. A cause des réformes lancées il y a des décennies. Pour ma part, j'ai vu des programmes scolaires et des degrés de formation dans des orientations très politiques, religieuses ou très obscurantistes au Maroc moins en Algérie curieusement ou en Palestine où c'est un peu normal et où il est enseigné qu'il faut tuer non pas l'israélien mais le Juif alors que pour les israéliens, la méthode est biaisée, car ils n'invitent pas à tuer mais racontent l'histoire d'une manière qui a ses conséquences sur l'esprit des enfants. Ceci est donc extrêmement important parce qu'il s'agit de notre avenir mais aussi de l'avenir des enfants. C'est à dire un enseignement qui va fixer leurs façons de se conduire car, aujourd'hui, il ne faut pas s'étonner de voir des enfants devenir des soldats et parler de l'éventualité de la mort et du meurtre avec une facilité déconcertante. La réforme des programmes scolaires me préoccupe tellement que j'en ai fait part au président Bouteflika qui m'a répondu que justement il avait demandé un rapport sur cette question. Par la suite, Réda Malek me confirma cette question mais m'avoua ne pas avoir de nouvelle sur ce rapport depuis cette date.

 La troisième urgence est qu'en ce moment vous avez un divorce de plus en plus grand entre l'évolution de la société civile et le gouvernement et les institutions en général. Reste que ce n'est pas une malédiction algérienne. Bien sûr comparaison n'est pas raison, mais il y a seulement un an, en France, il y a eu la publication d'une dizaine de livres, fait par les meilleurs sociologues, les plus «...sophistiqués...», sur le déclin de la France, sur le retour à l'individualisme, sur le désenchantement de la politique, des prévisions pessimistes sur tout ce que les élites pourraient faire, une incapacité de l'imagination autre sur le lendemain et, brusquement, et en un seul moment, tout est «...tombé...». Tout a brusquement changé en France jusqu'au point de faire dire que la politique a brusquement rajeunie, qu'elle s'est réconciliée avec le peuple français. Le nouveau tableau est celui d'une extrême-droite qui s'effondre, d'une participation de 83%, d'une consultation où personne n'a parlé de fraude électorale, d'adversaires de la dernière présidentielle qui se sont félicités, le tout dans l'esprit d'une volonté de réussir une révolution culturelle. Ségolène Royal et Sarkozy ont compris qu'il fallait réenclencher un vrai sentiment national et ont fait campagne sur ce thème. Tout cela ressemble, un petit peu et en gros, en «...adapté...», à ce qui se passe ici en Algérie. Cela conduit à penser qu'il faut se donner la possibilité d'une espérance. Il y a un redressement possible même si quelques fois il est plus facile de croire que l'on est vraiment au fond du puit, que l'on ne peut rien faire.

 Je vous ai fait cette digression pour vous montrer quels étaient les dangers énormes de l'individualisme, de la désertion de la politique, de l'écart entre la société et les institutions et, de l'autre coté, la possibilité d'espérer. Car pour revenir à mon exemple, ce qu'il y a de meilleur en France peut servir à l'Algérie. D'ailleurs, je n'ai pas rencontré un algérien qui n'avait pas vu le débat entre Royal et Sarkozy. C'est une chose formidable. Non pas parce que les algériens et les français sont proches ou parce qu'ils se sont sentis concernés mais parce que pour les algériens il s'agissait de dire «...voilà ce qu'est la démocratie...!». Les algériens ont regardé le débat avec amusement, un peu comme on regarde un match, mais aussi avec un sentiment d'envie comme je l'ai bien ressenti. Pour revenir à la France, je peux en parler avec d'autant plus d'aise que ce n'est pas mon candidat qui a gagné mais cela s'est passé d'une manière réconfortante avec un état d'esprit qui faisait contre-pied à cette période où on ne savait plus ce qu'était un français et où on ne savait plus quels étaient les repères. Je ne vois pas pourquoi cela n'aurait pas lieu dans un pays comme l'Algérie. Quels que soient les handicaps.



Q.O.: Mais il n y a pas le même poids des archaïsmes. L'islamisme n'a pas le même poids ici comme en France.

J.D.: Evidemment il n'y a pas les mêmes problèmes comme je le disais au départ. La comparaison est valable seulement au niveau de l'espérance à tirer d'une situation que l'on croit compromise. Je ne sais pas si Dieu donnera de la vie et de l'énergie aux actuels dirigeants et en particulier au président pour donner un coup-de-pied dans la fourmilière. Le changement, et c'est vrai, a des limitations et l'une de ces limitations, c'est que sa légitimité la plus grande pour Bouteflika c'est celle de la réconciliation et du référendum. C'est de cela que le président Bouteflika tire sa force. Il me faut dire aussi que la réconciliation signifie beaucoup pour moi car j'ai perdu beaucoup d'amis ... j'ai perdu cinq amis écrivains et intellectuels durant les années 90. Je me dis qu'il fallait arrêter ça. Je me souviens que Bouteflika m'a dit, à propos des éradicateurs, qu'il n y a que les gens qui n'ont pas vécu la guerre et qui n'ont perdu personne qui ne sont pas partisans de la réconciliation. On comprend, alors, que les attentats du 11 avril à Alger ont été un coup terrible pour cette légitimité. Mais même isolé, le président continuera toujours à avoir cette légitimité référendaire. A la limite, une légitimité progressive. Surtout après les dernières législatives. Car pour le moment, il est le représentant élu de tout un peuple, là où les autres ont dû affronter des électeurs indifférents. Vous avez cependant raison de dire que certaines questions ne se posent pas ailleurs qu'en Algérie.



Q.O.: Dans cette vision du monde, quel serait le futur des relations entre la France et l'Algérie ?

J.D.: Quel que soit ce que vous appelez «...vision du monde...», cela peut être interprété par le sens à donner à la «...globalisation...» dont nous sommes soit les bénéficiaires, soit les victimes car il y a des bénéficiaires même parmi vous. Pour moi, avec des pays comme la Chine en particulier ou l'Inde, étant donné leur poids démographique, leur expérience technologique, leur savoir faire technique, leur rapidité d'avancer surtout pour les chinois, se posent des éléments tout à fait nouveaux pour l'économie mondiale, pour l'évolution des sociétés par exemple. Pour certains pays de la méditerranée, par exemple, l'appel à l'aide chinoise est un appel, à la fois, précieux puisqu'on en a besoin en urgence mais aussi encombrant dans la mesure où les chinois s'installent dans la durée. Ils exportent ce qu'ils font eux-mêmes. C'est à dire qu'ils sont bénéficiaires de tous les côtés. Et cette situation pose de vrais problèmes. En plus de cela, il y a ce constat à faire sur des remontées de nationalisme à cause de «...la babelisation...» des langues, de l'absence des frontières, à cause de l'Internet et de la communication. Une situation qui, curieusement, au lieu de créer des citoyens du monde, fait revivre les nationalismes. Conclusion : dans un certain sens qui n'est pas cynique, on peut dire qu'à l'époque «...pandémonium...», américano-soviétique, le monde était soumis à des dominations inhumaines mais l'équilibre des sociétés était plus grand. Autre exemple : l'impérialisme irakien disparaît, ce sont les chiites, les sunnites et les kurdes qui reviennent. Tito disparaît et c'est la guerre de Bosnie. Et je dirai même, pour faire une incidence, que aujourd'hui tout est à comprendre dans la différence qu'il y a entre un Kouchner et un Vedrine, par exemple. Pour le premier «...il faut aller partout où ça va mal...», ainsi, il a été en Bosnie dans des conditions discutables ou discutées en tout cas et que pour l'Irak, il n'avait qu'une seule obsession, la question Kurde parce que ses amis kurdes avaient été gazés avec cette conclusion que le mal absolu était Saddam Hossein et la Guerre d'Irak était justifiée par ce massacre. Pour Vedrine, il s'agit de penser simplement que «..._comme ça ne peut pas bien se passer, il ne faut pas le faire...», pour l'Irak comme ailleurs. A l'intérieur de tout ça, il y a les relations entre la France et l'Algérie qui n'ont pas bougé. L'histoire, la géographie, le partenariat, la richesse algérienne en hydrocarbures qui rend jaloux les français, le nombre des souvenirs, les liaisons etc... pèsent encore. Aujourd'hui, vous avez même une curieuse revanche de l'histoire qui fait qu'il y a plus d'algériens en France qu'il n'y avait de français en Algérie à l'époque de la colonisation. Une chose à laquelle on ne pense pas assez. Il y a aussi la fameuse expression des «...ennemis complémentaires...» qu'il ne faut pas oublier. On est condamné à vivre ensemble, en Algérie et en France. Il y a beaucoup de français qui reviennent en Algérie et ce n'est pas une boutade. Par ailleurs, si on ouvre les frontières, la proportion des algériens, candidats au départ vers la France sera énorme malgré les problèmes dans les banlieues, malgré l'injustice, la discrimination...._ Cela ne décourage personne. Ce qu'il y a à retenir, c'est que le monde est condamné à assister à des flux migratoires incontrôlables. C'est peut-être l'une des marques de l'avenir la plus importante. On ne voit pas pourquoi des gens qui n'ont rien, ne vont pas aller frapper à la porte des gens qui ont quelque chose. Et ils le font massivement, brutalement, quelques fois au prix de leurs vies. Les boat people vont revenir et ce n'est pas l'union entre les pays européens pour des projets de frontières particulières qui va y résister. Nous sommes tous concernés. Je ne vois pas pourquoi vous n'auriez pas, vous, un problème malien. Les flux migratoires sont quelque chose avec quoi il va falloir faire «...un nouveau monde...». Curieusement pour le moment, les nations qui restent «...pures...» -et je déteste ce mot- sont des nations rares. La France devient un pays mélangé, un pays de brassage, de métissage etc..., un pays qui change avec, aujourd'hui, une femme d'origine maghrébine à la tête d'un ministère fort, celui de la Justice. Pour le détail, j'ai même fait ce constat de la femme algérienne qui, dans les universités, prend sa revanche éclatante sur la société etc...



Q.O.: Pour revenir à Camus ?

J.D.: Camus était quelqu'un qui était fasciné par l'Islam et c'est pour cette raison qu'il en avait peur. Camus ne croyait pas à une Algérie laïque contrairement à moi. Il disait «...vous allez voir, c'est à l'échelle humaine, ce qui fait le ciment de la Révolution c'est l'Islam...». Je l'interrogeais à cette époque sur ses raisons et il répondait que «...moi j'ai appris à connaître les algériens...». Il disait que cette religion était la seule qui avait ce caractère fusionnel, équilibrant, répondant à toutes les questions, donnant l'impression de la bonne conscience. Elle offrait une formidable vision de Salut. Au moment où on y pensait, c'est lui qui avait prédit le problème religieux en Algérie contrairement à moi.



Q.O.: C'est une analyse qui pousse aussi à revenir sur des actualités similaires dans le monde arabe, comme le problème Palestinien, l'Irak...etc.

J.D.: Vous savez, le problème palestinien est le problème sur lequel j'ai le plus écrit dans ma vie. Un éditeur qui a compulsé mes chroniques sur quarante ans de ce conflit, m'a fait part d'une remarque dramatique en observant que ce que j'ai écrit il y a dix ans est toujours valable. Il avait été frappé par l'immobilité de l'Histoire. Mis à part quelques parenthèses avec les présidents américains Carter et Clinton, il n'y a presque rien eu de nouveau. Pour moi, il faut partir du plus simple au plus compliqué. Le plus simple c'est que je suis véritablement indigné devant la tragédie des Palestiniens entre eux. Un fratricide entre des gens qui mènent le même combat, qui partagent la même histoire. J'avais eu la même indignation lors de la guerre entre l'Irak et l'Iran. Vous voulez mon impression ? La voici : tout se passe comme si l'on ne pouvait parler de meurtre que lorsqu'il s'agit de meurtre sur des étrangers à l'Islam et que le crime entre frères était une chose tout à fait naturelle. Pour cette tragédie, je ne suis pas optimiste et j'ai toujours été partisan d'une intervention internationale, d'une «...internationalisation...» du conflit pour dégager une solution. Les Arabes ont tous des problèmes chez eux, raisons de leur immobilisme.

Q.O.: Vous pensez que les algériens se souviennent de Camus, en dehors des cercles d'initiés ?

J.D.: Non. Je pense cependant que Camus est toujours d'actualité. Au moins pour quelques raisons : il s'est déjà posé des questions sur la violence, sur les enfants...etc. Il est l'auteur d'une pièce de théâtre qui rappelle l'histoire d'un groupe de nihilistes russes, en 1905, qui préparait des attentats en mettant une bombe dans la carrosse d'un dirigeant de l'époque. Ils se sont cependant rétracté au dernier moment parce que dans le véhicule, il y avait des enfants. Aujourd'hui, c'est parce qu'il y a des enfants que l'on va mettre des bombes.


Source le Quotidien d'Oran

Le Pèlerin 

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 23:49

La Conquête musulmane de l’Algérie

Introduction  : Replonger de temps à autre dans l’histoire de notre pays pour mieux s’en imbiber et mieux comprendre le présent ne peut qu’être bénéfique même à ceux férus d’histoire. Voici en résumé le volet de l’histoire de la conquête de l’Algérie par les musulmans.


L'avènement de l'Islam au VIIème siècle est un des faits les plus considérables de l'histoire du Maghreb. En l'an 681, avec l'arrivée de Sidi-Okba, l'Algérie entre dans l'histoire de l'Islam, car cette religion nouvelle obtient de plus en plus l'adhésion de la population qui participera à la conquête et à l'islamisation d'une grande partie de la péninsule ibérique.  Au IIIème siècle de l'Hégire, IXème siècle de notre ère, l'Afrique du Nord, toute entière, était conquise par l'Islam. Ce fut une conquête spirituelle sans précédent.

 Les Rostémides

La carte politique de l'Afrique du Nord qui va de la Tripolitaine à l'Océan Atlantique, présente au IXème siècle, la division que nous connaissons encore. Trois royaumes se juxtaposent : Tunisie, Algérie et Maroc.  Au Maghreb central, l'Algérie est gouvernée par la dynastie des Rostémides, qui règnent dans Tihert, près de l'actuel Tiaret. A leur simplicité d'ascètes, ces Imams joignent le goût de l'étude et une culture de savants. Dans Tihert, ils assemblent de riches bibliothèques et ils envoient en Orient des missions pour acheter des manuscrits. 
La science passionne leur entourage : les femmes de leurs familles s'adonnent à l'examen du dogme, de l'exégèse coranique, des pratiques du culte et de la jurisprudence islamique. D'autres sciences captent leur intérêt, en particulier l'astronomie au sens large du terme.

Les Fatimides

La civilisation musulmane atteint son apogée avec les Fatimides qui rayonnèrent pendant trois siècles (du Xe au XIIe siècles). De cette époque date la Kalaa des Beni-Hammad. Erigée sur une pente que circonscrivent des ravins, elle est dominée par des hauteurs rocheuses qui lui servent d'observatoire et l'alimente en eau.  Aujourd'hui, le minaret de la mosquée se dresse au milieu de ruines où les fouilles ont dénombré trois palais. L'architecture de ces demeures s'inspire de l'Orient, de l'Irak et de la Perse. L'art Hammadite est une branche de l'art fatimide. Moins raffiné que celui des ZAirides, il atteste cependant d'un goût du luxe favorisé par l'abondance de ressources. La chute du Royaume de Kairouan canalise vers la Kal’â des Beni-Hammad, le courant commercial et culturel qui aidera à l'épanouissement des Hammadides.

Les Almoravides

C'est en 1035 que les Almoravides, vont entrer dans l'Histoire. Guidés par le Saharien Yousouf, fils de Tachfin, ils s'attribuent une mission religieuse. Yousouf a laissé les plus beaux monuments de l'art musulman, en Algérie. A la première étape de sa traversée, il remonte à Agadir où il fonde Tagrart qui sera son lieu de résidence. Son modeste palais sera plutôt une dépendance de la Grande Mosquée. Tlemcen ne fut qu'une étape, les Almoravides s'emparèrent de Nédroma, Ténès, mais ne dépassèrent pas Alger.

Les mosquées sont le plus beau legs des Almoravides. La date de la construction de la Mosquée de Nédroma est attestée par une inscription sur bois de cèdre qui couronnait le Minbar. Ces vestiges sont conservés au Musée des Antiquités du Parc de la Liberté à Alger.  C'est aussi l'inscription de la chaire qui nous permet de dater la Grande Mosquée D'Alger (1096). L'architecture s'inspire de celle de la Grande Mosquée de Cordoue. A Nédroma comme à Tlemcen et à Alger, l'art andalou exerce une grande influence. Pur la Grande Mosquée de Tlemcen, Yousouf voulait un édifice simple et ainsi apparaît-il au visiteur qui pénètre dans la Mosquée par la face latérale.

Le dépouillement architectural, où nous reconnaissons l'austérité du chef Saharien, fait contraste avec l'abondance décorative de la nef centrale, plus tardive, avec ses plafonds aux poutres sculptées, le mirhab qui se creuse dans le mur du fond et la coupole qui précède cette niche. Une inscription sur la corniche nous indique qu'elle fut exécutée en 1136. Le cadre du mirhab et la coupole dont les arceaux s'entrecroisent et soutiennent des panneaux de plâtre ajourés s'inspirent de la Grande Mosquée de Cordoue. S'y ajoutent des éléments de l'art Hammadite telles les stalactites qui surmontent les arceaux entrecroisés.

Les Almohades

"La prospérité du royaume almoravide fut interrompue par l'apparition d'El-Mahdi, fondateur de la dynastie des Almohades" C'est ainsi qu'Ibn El Khaldoun introduit ce nouveau personnage qui modifiera le cours de l'histoire du pays. C'est une époque mouvementée, où l'on assiste à la fin de la grande épopée almoravide. A la fin du règne d'Ali Ben Yousouf en 1192, les Masmoûda disposaient déjà de forces redoutables.  Se dirigeant vers l'est, les troupes Almohades commandées par Abd-El-Moûmin arrivèrent aux monts de Tlemcen. En Espagne comme au Maghreb, les Almoravides furent incapables de résister aux Almohades.  Seuls échappèrent les "hommes voilés", qui tenaient les Baléares : les Béni Ghânya, qui joueront un rôle non négligeable dans l'histoire de l'Algérie. Ibn Toûmert, dit El-Mahdi, fut le précurseur du mouvement almohade. Disciple du théologien Ghazali, ce réformateur veut appliquer en Occident les préceptes de son maître.

Partout, il censure les abus et captive les auditeurs par son éloquence. Il porte controverse sur le terrain de la théologie alors que les Almoravides faisaient de la jurisprudence, leur arme de combat. Ses partisans; les "Al-Muwahhidûn" (les Unitariens), professaient le dogme de l'unité de Dieu dans toute sa pureté.

L'Algérie va prendre place dans l'histoire grâce au rôle joué par Abd El-Moumin, né à Nedroma. Grand Chef guerrier, il dirigea trois campagnes qui conduisirent à l'unification de l'Afrique du Nord. De cette époque date le premier cadastre de l'Afrique du Nord : en 1159, Abd El-Moumin ordonna l'arpentage de l'Ifriqiya et du Maghreb.  On mesura depuis la Cyrénaîque jusqu'à l'oued N'oun, de long en large. On retrancha de cette surface un tiers pour les montagnes, les rivières, les lacs salés, les routes et les déserts. Les deux tiers restants furent frappés du Kharadj ou impôt foncier. Ce fut là une grande innovation. Les Almohades souverains du Maghreb jouissaient d'un grand prestige tant en Orient qu'en Occident. Cependant l'Empire Almohade, rongé par les luttes intestines pour le pouvoir et par la difficulté de gouverner un si vaste empire, commençait son déclin.

Ce fut d'abord l'Espagne, qui échappa au califat almohade, suivi par la Tunisie (1236) avec les Hafsides, Tlemcen (1239) avec les Abdalwadides, le Maroc (1269) avec les Merinides, qui prirent Marrakech. Ce fut la fin de la dynastie almoravide. C'est ainsi que la dynastie berbère des almohades régna sur l'Afrique du Nord et sur la moitié de l'Espagne de 1147 à 1269.

Source : Algerie-Monde.com

Le Pèlerin

 

 

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 23:41

Le nouveau webmail de Free en images

 

 

 

Free teste depuis quelques semaines son nouveau webmail, Zimbra. Plus intuitif et plus ergonomique que l'actuel, il propose une multitude de fonctions en plus du mail : des classiques calendrier et organisateur jusqu'au partage de dossier pour le travail collaboratif.

Développée par Zimbra, une start-up rachetée par Yahoo en 2007, Cette solution en open source propose une interface riche à base d'Ajax qui simplifie l'usage du webmail en rendant possible les "glisser déposer" et les "clic droit" notamment.

Tour d'horizon de l'outil.

 

Un webmail aux usages simplifiés

 

Désuet, et graphiquement viellot, avec peu d'espace de stockage disponible, le webmail de Free était de plus en plus critiqué par ses utilisateurs. Avec Zimbra, Free opère donc une petite révolution.

Son nouveau webmail propose une interface similaire à un outil de messagerie classique avec multi fenêtrage, clic droit sur les éléments et drag and drop.

Zimbra n'a en outre rien à envier à ses aînés en termes d'options (règles filtres anti-spams...). L'interface est claire et intuitive, et l'outil se distingue en permettant de trier ses mails en un clic, que se soit par dossier, par conversation, ou par tag.

Tagger ses messages

 

En plus des options de messageries classiques proposées par Zimbra, l'outil se singularise par la possibilité de tagger ses mails.

Chaque mail peut ainsi être taggé et intégré à une catégorie ("pub" dans cet exemple-ci). Les tags apparaissent ensuite dans la colonne de gauche, sous les dossiers, dans une sorte de nuage de tags et donnent accès aux mails taggés. 

Une manière transversale de classer ses mails (par thème, par exemple) en plus du classement classique par dossier (souvent par destinataire).

Un calendrier simple et pratique

 

L'ergonomie de l'outil facilite grandement l'utilisation du calendrier. Un clic suffit en effet pour passer d'une vue couvrant une journée à la semaine ou le mois en cours. Et un double clic permet de sélectionner une plage horaire pour renseigner un rendez-vous.

Par ailleurs, l'outil dispose d'un système d'import-export qui permet d'intégrer les données contenues dans d'autres outils utlisant le format iCalendar (.ics), comme celui de Google.

Partager ses dossiers

 

Zimbra propose en outre de partager ses e-mails avec une ou plusieurs personnes. Pour cela, il suffit de sélectionner l'option dans les propriétés d'un dossier. On peut alors rentrer l'adresse e-mail d'une personne afin qu'elle puisse accéder aux e-mails contenus dans ce dossier.

L'outil génère par ailleurs une URL qui peut être envoyée à d'autres utilisateurs pour qu'ils puissent aussi avoir accès à ces contenus.

En savoir plus


En bêta test depuis près d'un mois, Zimbra peut dorénavant être utilisé par tous les utilisateurs du webmail de Free. Il suffit pour cela d'activer la migration de sa messagerie dans son espace personnel.

 

 

 

Source JDN

 

Le Pèlerin

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