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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 23:06
Je suis enceinte

Rentrée à la maison, Valérie très embêtée, annonce à son petit frère Robert.
- Il m'arrive une sacrée tuile! Le docteur dit que je suis enceinte.

- Ah, formidable! s'écrie Robert tout joyeux.

- Comment ça, tu te réjouis que je sois enceinte?
Papa va me tuer!

- Peut-être, mais quand tu auras avoué toutes tes conneries à Papa, il signera mon carnet de notes sans même le regarder!
 
De la part d’une Correspondante
 
Le Pèlerin
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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 23:49

  La Fédération algérienne des associations de diabétiques met en garde

  La fédération algérienne des associations de diabétiques a dénoncé jeudi dernier, par la voix de son nouveau président, Nouredine Bouceta, lors d’une conférence de presse tenue à Alger, " les charlatans qui prétendent pouvoir guérir le diabète par des plantes, en précisant que les maladies organiques ne se soignent pas avec les méthodes traditionnelles, notamment le diabète".

 

Elle a également mis en garde contre certains produits importés de l’étranger, plus précisément du Moyen-Orient et accessibles au niveau de marché parallèle.
"Il s’agit de deux produits, Ansoula et Sugar, pouvant causer des complications chez les personnes diabétiques ", fulmine le conférencier. Selon lui, en effet, " ces produits douteux, dont le prix varie entre 3000 et 15 000 dinars, peuvent entraîner des complications graves chez les malades et c’est la raison pour laquelle qu’il faut mettre un terme à cette vente qui peut être un véritable danger pour les diabétiques ", a-t-il ajouté.
Saisissant cette occasion, M. Bouceta a appelé " les pouvoirs publics à mettre à terme à ces ventes illicites de ce genre de produits qui sont promus par certaines chaînes satellitaires arabes".

 

10% de la population ignorent qu'elle est diabétique

 

Le conférencier, a par ailleurs signalé que sur les 2,5 millions de diabétiques en Algérie, 10 % sont insulinodépendants. Il a également affirmé que 10% de la population algérienne ignore pour sa part qu’elle est diabétique. M. Bouceta, qui a été élu président de la fédération a l’issue du congrès tenue les 23 et 24 mars derniers, a souligné que les enfants scolarisés sont de plus en plus touchés par cette maladie chronique, en donnant l’exemple de la wilaya de Tiaret qui a enregistré 3000 cas et 350 autres dans la région de Ghilizane. Devant cet état des fais, le conférencier a plaidé pour qu’il est un suivie des enfants diabétiques au niveau de leurs établissements scolaires et un bon traitement notamment pendant le mois de ramadhan. Il a en outre tenu à faire savoir que parmi les revendications qui ont été tracés lors de leur congrès figure, " la prise en charge totale de personnes diabétiques ainsi que l’équipement des hôpitaux avec tous les moyens adéquats nécessaires pour soigner les malades ".

 

Nécessité de l'insertion sociale des diabétiques dans le filet social


Le président de la fédération algérienne des associations de diabétiques, a indiqué qu’un grand nombre de diabétiques ne sont pas assurés. et c’est la raison pour laquelle, précise-t-il, qu’il " est nécessaire d’insérer cette catégorie dans le filet social pour bénéficier de l'allocation forfaitaire de solidarité (AFS) et l'indemnité d'intéressement général (IIG), en précisant que ces deux indemnités sont à hauteur de 1000 DA et 3000 DA. M. Bouceta a également souhaité que la carte de gratuité des médicaments soit généralisée à travers tout le territoire national.
" Ceci facilitera certainement aux diabétiques de se procurer leur traitement dans n’importe qu’elle région du pays", a-t-il expliqué.
Notons, enfin, que la fédération algérienne des associations de diabétiques a tracé un riche programme pour l’année 2007, notamment des journées d’études et des compagnes de sensibilisation qui se tiendront à travers tout le territoire national.

 

Source Horizons

 

 

Le Pèlerin
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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 23:35
Le Sahara, définir le désert?
Ancien rédacteur en chef des revues Ulysse et Notre Histoire
 
Le Sahara, contrairement à une image simpliste qui s'est perpétuée durant des siècles, n'est pas qu'un moutonnement infini de dunes de sable. Les rallyes qui, chaque année, le traversent et le dénaturent en donnent au moins des images de plus en plus contrastées. De l'océan Atlantique, à l'ouest, jusqu'à l'Égypte, à l'est, voire jusqu'à la péninsule Arabique, bien rares sont les endroits d'où végétaux, animaux et hommes sont totalement exclus. Quasiment partout, une végétation adaptée nourrit un nombre étonnant d'animaux sauvages et domestiques… Daniel Elouard nous permet aujourd'hui de dépasser nos préjugés et d'appréhender à la lumière des dernières connaissances ce lieu mythique.
Rien n'est plus difficile à définir qu'un désert
 
Rien n'est apparemment plus facile à définir qu'un désert, car on pense qu'il « suffit » d'imaginer un espace sans vie. Or il n'existe jamais de lieu totalement privé de vie, et le souffle du vent sur quelques grains de sable suffit à donner une chance au destin. De la steppe pierreuse aux montagnes dénudées, des immenses dunes aux étendues glacées, il peut prendre des milliers de formes. 
D'ailleurs, jusqu'au XVIIe siècle, le mot « désert » n'avait rien à voir avec ces étendues prétendument mortes, que l'on ne connaissait d'ailleurs pas vraiment en Occident. Au Moyen Âge par exemple, ce mot désignait des lieux écartés, souvent une forêt, une lande, voire des marécages, où s'isolaient des personnes recherchant le silence pour méditer et prier avant, bien souvent, d'y fonder des monastères. Au début de notre ère, le désert de Scété en Égypte et, nettement plus tard, le Sahara ont ainsi accueilli des solitaires cherchant à se retirer du « monde » pour y rencontrer Dieu. Mais depuis des temps immémoriaux ce Sahara, après qu'il eut perdu sa verdure et ses eaux, fut parcouru par des nomades chameliers capables de lire leur chemin dans les étoiles, et de conduire sûrement leurs troupeaux de source en puits, de maigre pâture en steppe broussailleuse. Ils suivaient les pistes incertaines qui mènent vers les oasis, se reposant à l'ombre de leurs palmiers, s'y approvisionnant en légumes, fruits et eau fraîche.
Une économie rurale conditionnée par le climat
 
Ils partaient vers les confins méditerranéens, au nord, ou bien vers le Sahel, au sud, au-delà desquels des pluies plus abondantes transformaient les conditions de vie, permettant aux populations sédentaires d'exploiter des pâturages et de cultiver des champs. Même si maintenant l'économie de la région ne repose plus sur les mêmes ressources – les dattes et le sel, peu rentables, ont laissé la place aux phosphates et au pétrole –, ce sont toujours des conditions climatiques extrêmes qui définissent le désert, et en particulier les précipitations. Lorsqu'il tombe moins de cent cinquante millimètres d'eau par an, les cultures deviennent impossibles et les pâturages, incapables de se régénérer, ne peuvent alimenter qu'épisodiquement les troupeaux, après que des pluies les ont fait reverdir.
Dans la partie la plus septentrionale du Sahara soumise aux influences méditerranéennes, l'automne est le moment où, les bonnes années, les pluies peuvent tomber. Dans cette zone, le Sahara commence dès qu'il reçoit annuellement moins de cent millimètres d'eau ; cette limite correspond en gros à celle de l'Atlas, où les palmiers dattiers ne peuvent plus donner de fruits, mais où commence la culture de l'olivier. Plus on progresse vers le sud, et plus les précipitations s'affaiblissent, n'atteignant, dans les endroits les plus bas – Tanezrouft, pied de l'Aïr, Ténéré – que cinq millimètres en moyenne, ce qui signifie qu'il y règne certaines années une sécheresse absolue. Même si les reliefs reçoivent un peu plus d'eau, cela ne permet pas le développement d'une agriculture capable de nourrir des populations importantes. Seuls les nomades, dont le mode de vie errant est adapté à des ressources en eau réduites, peuvent y séjourner temporairement.
Vers le sud, le Sahara s'arrête dès que le niveau des précipitations dépasse deux cents à trois cents millimètres d'eau, car il est alors possible de pratiquer une agriculture sèche. La « frontière » est très difficile à définir, car elle varie d'année en année au gré de pluies plus ou moins abondantes ; le passage du désert sans végétation à la steppe se fait toujours progressivement. Les années humides, le Sahel ainsi que le sud du Sahara reçoivent des pluies estivales caractéristiques des régions tropicales, mais cette pluviosité très irrégulière ne compense pas les années de sécheresse qui les ont précédées. Ce déficit en eau entraîne une extension du désert et chasse les populations vers le sud, y créant une surcharge démographique qui met en danger une économie fragile.
Rare donc précieuse, l'eau reste la clé de la survie
Absente en surface, elle existe en profondeur, sous forme de nappes fossiles qui se sont constituées à l'époque où les précipitations étaient abondantes. Ces réserves furent régénérées par les pluies occasionnelles. Lorsque le climat devint de plus en plus aride, les populations migrèrent, ne laissant dans quelques oasis qu'un nombre limité de sédentaires – éleveurs ou cultivateurs de jardins et de palmeraies – susceptibles d'en vivre. Ils creusèrent d'ingénieux systèmes de puits et de foggaras (galeries souterraines) permettant d'atteindre l'eau, de la répartir et de la faire circuler en surface. Mais ces techniques, bien que très élaborées, ne permettaient qu'une consommation modérée, et les prélèvements ne mirent jamais en danger les ressources profondes. Or, depuis les années 90, les techniques modernes permettent d'utiliser massivement les réserves d'eau fossile. Ainsi, en Libye, elles alimentent d'énormes conduits (des voitures pourraient y circuler) qui les conduisent vers le littoral pour abreuver la population et y développer l'agriculture. Cela permettra-t-il de modifier le climat de la région, accroissant la pluviosité et réalimentant ces nappes fossiles, ou bien cela entraînera-t-il la perte irrémédiable d'une des plus grandes réserves d'eau douce de la terre ?
Au cours des temps, périodes humides et périodes sèches se sont succédé
Si le Sahara n'a pas toujours connu un climat aussi aride, son histoire ne se résume pas en l'alternance d'une période humide ancienne, dont témoigneraient ses vallées ainsi que ses gravures rupestres, avec une période sèche qui se poursuivrait actuellement. Ainsi, il y a quelque 800 000 à un million d'années, les conditions étaient telles que de premiers hominidés purent s'y établir. De même plus tard, entre 100 000 et 25 000 ans, des néandertaliens y vécurent ; jusqu'à 8 000 ans avant notre ère, des homo sapiens fréquentaient le nord du Sahara qui vit, de 8 000 à 2 000 ans avant notre ère, de nouveaux peuples arriver de l'est et du nord. Il fallait bien alors que le climat leur permît de survivre. Mais l'histoire humaine est trop lacunaire, et les analyses trop controversées, pour retracer, depuis les temps les plus reculés, l'évolution précise du climat. 
Pour les périodes relativement récentes, il est possible de définir, quelque 20 000 ans avant notre ère, une période humide suivie, vers 17 000 ans, d'une très grande sécheresse. La fin des glaciations, vers 12 000 ans, provoqua une autre période d'humidité qui se prolongea jusqu'au milieu du sixième millénaire, où une nouvelle période sèche s'étendit à tout le pourtour méditerranéen, créant des bouleversements humains qui furent l'une des causes de la naissance des civilisations de la Mésopotamie et du Nil. Vers 4500, une nouvelle période humide attira au Sahara des peuples qui s'en éloignèrent lorsque la sécheresse s'accentua, au milieu du troisième millénaire. Vers 1000 ans et jusqu'au tout début de notre ère, des pluies revinrent, et le Sahara fut moins désertique. Si l'histoire récente montre donc une alternance entre des périodes plus ou moins arrosées, globalement, depuis quelques milliers d'années, la désertification a progressé, les périodes humides l'étant de moins en moins, et les périodes sèches, de plus en plus.
Une action incessante des vents
Les aléas de la pluviosité ne permettent pas à eux seuls de caractériser le Sahara. Traversé au sud par le tropique du Cancer, le désert subit les hautes pressions de l'anticyclone tropical qui apportent une forte chaleur et éloignent les nuages. Sous abri, la température s'élève à plus de 40°, voire 50°, alors qu'au niveau du sol, où la chaleur se réverbère, elle devient telle que la moindre humidité disparaît. La dessiccation est accentuée par les effets du vent, lorsque, par exemple, l'harmattan souffle du nord-est sur le Sahel. L'Europe méridionale connaît le sirocco, autre vent saharien qu'attirent les basses pressions de la Méditerranée, et qui apporte poussière et chaleur suffocante. Les vents érodent les reliefs, décapent les sols, et accumulent de fines particules – le sable – qui, lors de tempêtes, peuvent étouffer la moindre végétation, combler les trous d'eau, former ou déplacer des dunes.
Sans intervention humaine, les variations brutales de l'amplitude thermique – chaleur extrême le jour et froid la nuit – l'action des vents violents et des eaux torrentielles se sont combinées à divers facteurs chimiques et aux mouvements de l'écorce terrestre, pour façonner des paysages qui ne cessent d'évoluer. Les roches résistantes qui forment le socle africain ont donné des chaînes de montagnes qui ont subi une très longue érosion, et qui ont été ensuite maintes fois déformées. Elles affleurent parfois en gros massifs traversés de vallées ou de gorges, lesquels se fissurent pour dégager des pitons isolés ou des blocs érodés aux formes douces. Dans les cas extrêmes, les roches métamorphiques comme le granite affleurent, et il ne reste plus aucun relief. 
Il arrive aussi que le socle ancien ait été soulevé, exposé ainsi à de nouvelles érosions, ou soit recouvert, en raison d'éruptions volcaniques, de matériaux plus ou moins résistants qui, avec le temps, dans le Hoggar par exemple, ont donné naissance à d'extraordinaires reliefs. En général, les roches dures primitives ont été recouvertes par des sables issus de leur propre désagrégation ; ils se sont agglomérés en grès, eux aussi affectés par l'érosion et les fractures. Autour des montagnes centrales, ils composent des plateaux pittoresques – les tassilis – traversés de vallées profondes où l'eau se cache en quelques bassins – les gueltas. Les failles sont bordées de falaises abruptes. Des éboulements, des grottes sont entourés de rochers étrangement sculptés ; plus loin encore du centre, autour des tassilis, les schistes ont subi les mêmes métamorphoses, qui les ont fissurés, crevassés, parfois déchiquetés. 
À l'ouest et au nord, le Sahara forme de vastes plateaux où alternent des roches dures qui dessinent des corniches nettement découpées, et d'autres plus tendres qui donnent des talus plus fragiles, au relief moins accusé. L'Ahnet, le Tademaït, le M'zab, le Tinrhert composent ainsi des hamadas – c'est-à-dire des plateaux calcaires dont les bords ondulent sur des centaines de kilomètres. À l'intérieur s'étendent de vastes dépressions – d'anciennes vallées – où les eaux ont déposé leurs alluvions et leurs sels, ce sont les chotts, les sebkhas. Aux époques pluvieuses, elles formaient de véritables mers vers lesquelles convergeaient des fleuves grossis de leurs affluents. Au nord, venant des montagnes de l'Atlas ou de la hamada du Tademaït, les oueds, qui ne coulent plus maintenant qu'en cas de grosses pluies, se déversaient dans les chotts algériens et tunisiens. Comme ces dépressions se trouvaient en deçà du niveau de la mer (jusqu'à moins trente mètres), les eaux n'aboutissaient jamais à la mer. Au sud, les eaux dévalant du Hoggar ou de l'Aïr rejoignaient le bassin du Niger.
De dérisoires efforts pour dominer la nature
La faiblesse actuelle des pluies ne permet pas de drainage régulier, si bien que les eaux déposent leurs alluvions dans les moindres dépressions qu'elles comblent peu à peu. De même, le vent contribue à l'aplanissement du relief. Il attaque les roches qui perdent peu à peu leur volume et emporte sur les regs – plaines de cailloux – les éléments les plus fins. Inversement, ce même vent contribue à la formation de véritables collines de sable (jusqu'à cent mètres de hauteur) composées justement de ces particules. Les accumulations de dunes – les ergs – adoptent les formes les plus variées : cordons, filets, croissants…, changent de forme constamment et peuvent se déplacer. Elles ne se stabilisent que lorsque des vents contraires annihilent leur effet, ou qu'elles se heurtent à des reliefs importants.
Le Grand Erg occidental, l'Erg oriental, ou le Tanezrouft ont profité des atterrissements des oueds et des apports du vent. Ils forment les paysages dunaires les plus importants et les plus célèbres du Sahara, mais le sable s'accumule en bien d'autres endroits, et prend les formes les plus variées. Les voies de communication en pâtissent constamment. Il faut dégager les routes asphaltées et tenter de contenir les dunes avoisinantes par des plantations – lorsqu'il y a suffisamment d'eau – ou des « barrières » de roseaux secs qui atténuent les effets du vent à la surface du sol. Il faut aussi retrouver les pistes, en dessiner d'autres. Les efforts doivent être sans cesse poursuivis, mais lorsque souffle une tempête de sable, rien ne peut l'interrompre, toute activité cesse… et tout est à recommencer.
Le monde moderne tente bien de maîtriser certaines franges du Sahara, d'arrêter la désertification du Sahel, de tracer des routes, de forer des puits ou d'exploiter certaines richesses minières. Pour le moment, le Sahara reste si puissant que les efforts pour le dominer semblent dérisoires. Ainsi, l'on a tenté de recourir aux camions pour exploiter les gisements de sel malien ; beaucoup plus riche en éléments minéraux que le sel de mer, il est particulièrement apprécié des populations qui vivent en marge du désert. Mais ce mode de transport, pour moderne qu'il fût, revenait cher et se révélait peu sûr : les camions tonitruants, confrontés à des conditions climatiques extrêmes, tombaient en panne. Ce qui explique que l'on recourt encore aux antiques caravanes de chameaux, lentes mais bon marché, archaïques mais sûres. Dans le Sahara, le temps n'a plus de prise…
Source Clio.fr
 
Le Pèlerin 
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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 23:25
GIOVANNI...


C'est Giovanni, le play-boy de Seraing ville haute, qui sort en discothèque et qui parvient à se lever un vrai canon, une petite étudiante d'à peine vingt ans. Sans faire de façons, la belle accepte qu'il la raccompagne jusque chez elle, dans son petit studio.

Bref, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Giovanni est au lit avec la donzelle qui s'avère être tout sauf le premier prix de vertu.

Giovanni en profite pour lui faire passer en revue les grands classiques du genre : l'hélicoptère hawaïen, la brouette tonkinoise, le tire-bouchon américain, l'omnibus renversé, j'en passe et des plus compliquées. Giovanni les fait toutes !

Seulement voilà, après avoir tiré cinq salves, le play-boy des banlieues est vraiment au bout du rouleau. Ne voulant pas montrer ses faiblesses, il avoue :

"Écoute chérie, je te ferai bien l'amour jusqu'au petit matin, mais je vais devoir arrêter: je n'ai plus de capotes! "

Et là, la nymphomane lui donne le coup de grâce :

"Mais voyons Gigi, ne t'inquiète pas pour ça : je passe à la salle de bains me rafraîchir la boite à plaisir et je te ramène ma cargaison de capuchons. Tu vas les aimer, ce sont des Durex extra-fins !

"Ça, c'est plus que Giovanni ne peut en supporter: à peine a-t-elle tourné le dos qu'il a déjà enfilé son pantalon et l'instant d'après, il a quitté les lieux, bien décidé à ne pas avoir avoir à remettre le couvert une sixième fois ou plus encore.

Un quart d'heure plus tard, la sonnette de la porte d'entrée retentit. La fille va ouvrir et tombe sur une de ses copines, pliée de rire.

"- Qu'est-ce qui se passe ?" Lui demande-t-elle.

"- Un truc incroyable", lui répond sa copine. "Au bas de ton immeuble, il y avait un bel italien qui s'apprêtait à faire pipi le long de la gouttière, et je l'ai entendu supplier en regardant sa braguette Allez, sors Nénette, t'as plus de raison d'avoir peur, c'est seulement pour faire pipi maintenant !

(merci à PAULINE pour cette farce)
 
De la part d’une Correspondante
 
Le Pèlerin
 
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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 23:06
Poulet sauté aux abricots et aux figues
proposée par : C Certain
 
ingrédients :
 
4 filets de poulet, 20 abricots secs, 20 figuettes ou 12 grosses figues coupées en deux, 20 olives violettes genre Kalamata ou à défaut niçoises ou coquillos (en prévoir plus elle sont plus petites) 1 oignon, une gousse d'ail, 1 C.A.S. de vinaigre balsamique, 1 C.A.C. de miel ou de sucre liquide, cannelle, 10g de gingembre frais pelé et émincé, sel, poivre ou piment d'Espelette, huile d'olive
 
Préparation
 
Coupez les filets en bouchées. Emincez l'ail et les oignons. Faites revenir à l'huile d'olive poulet ail et oignon jusqu'à ce que le poulet soit doré, et l'oignon transparent. Ajoutez 1/2 tasse d'eau, remuez, ajoutez les olives, figues et abricots secs, le vinaigre, sel, poivre, miel, gingembre, poudrez légèrement de cannelle, remuez à nouveau. Couvrez et laissez cuire 10mn. Découvrez, laissez cuire jusqu'à ce que la sauce soit bien réduite et épaisse.
Servez avec de la semoule de couscous
Un vrai tajine express, ou comment faire du tajine quand on n'a que 30mn devant soi !
On me répondra que le vinaigre balsamique n'est pas traditionnel dans le tajine, c'est d'ailleurs pour cela que cette recette n'en a pas le nom. Cependant, l'antique cuisine des palais du Maroc descend de la cuisine d'"al Andaluz", l'ancienne province maure d'Espagne. Et le roi qui a fondé Al Andaluz, fuyant un coup d'état dans son pays d'origine, venait lui-même de la région correspondant aujourd'hui à l'Irak, où la tradition culinaire mêlait sucré, salé, et... acide, même si la tradition marocaine d'aujourd'hui a perdu cet aspect. Ce n'est donc qu'un retour aux sources...
 
 
Le Pèlerin
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 23:37
Le monde mégalithique
par Roger Joussaume
Directeur de recherche honoraire au CNRS Consultant international à l'Unesco pour le mégalithisme
La pierre, élément naturel abondant et très résistant, a de tout temps dans le monde été utilisée par l'homme pour s'inscrire dans la durée : marquer dans la pierre ou à l'aide de la pierre, c'est marquer pour longtemps, peut-être pour toujours. De nombreux peuples ont donc utilisé la pierre à des fins diverses sur le long terme. Elle abrite et protège le mort ; elle signale la sépulture ; elle commémore un événement important dont on veut garder le souvenir à titre individuel ou collectif ; elle peut avoir un rôle cultuel comme les obélisques égyptiens, symboles solaires ; elle peut aussi aider à marquer et calculer le temps qui passe, voire à prédire des événements astronomiques comme les éclipses ; elle peut, plus simplement, servir au marquage territorial en tant que borne ou de repère au voyageur en servant d'amer… Il existe trois types fondamentaux de monuments dits mégalithiques, c'est-à-dire faits de grosses pierres : les pierres dressées, les pierres entassées et les pierres agencées en coffres fermés ou ouverts. Roger Joussaume, directeur de recherches au CNRS et auteur de nombreux ouvrages consacrés aux mégalithes, dont Les charpentiers de la pierre ; Monuments mégalithiques dans le monde (Paris, 2003), nous propose d'en percer les secrets.
Les pierres dressées ou menhirs
Les pierres dressées sont très abondantes dans le monde. Elles peuvent être plus ou moins brutes de taille et s'élever haut dans le ciel comme le menhir – « pierre longue » en breton – de Er-Grah à Locmariaquer dans le Morbihan (France) qui dépassait vingt mètres pour un poids de trois cent cinquante tonnes et qui fut brisé quelque temps après son érection par les Néolithiques eux-mêmes au début du IVe millénaire avant J.-C. Les menhirs sont nombreux et de hauteur variable en Europe de l'Ouest, depuis les îles écossaises des Orcades jusqu'au sud du Portugal. Ils se rencontrent seuls dans la lande ou groupés en files plus ou moins longues, parfois parallèles comme les célèbres alignements de Carnac en Bretagne ou en Corse dans la région de Sartène (France). Certains menhirs portent des gravures symboliques serpentiformes, corniformes, en forme de crosses, zigzag, idoles, cercles et spirales et sont alors de véritables stèles. Ils peuvent également former des cercles dits parfois improprement cromlechs : Almendrez, Portela de Mogos et Vale Maria do Meio en Alentejo au Portugal ; les hémicycles d'Er-Lannic et les structures ovoïdes associées aux alignements de Carnac en Bretagne ; Stonehenge en Angleterre, véritable temple de pierre aux remarquables arches mégalithiques ou encore, non loin de là, Avebury au cercle de pierres doublé d'un impressionnant fossé ; les nombreux cercles du Pays de Galles et de Cornouailles et le fameux anneau de Brodgar et celui de Steness aux Orcades… D'autres pierres dressées en Europe sont appelées statues-menhirs parce qu'elles présentent un aspect anthropomorphe sans être de véritables statues, comme dans le sud de la France dans le Rouergue, le Languedoc et en Provence, où elles sont datées du IIIe millénaire avant J.-C. ou en Suisse à Yverdon sensiblement à la même époque, mais également en Italie, en Sardaigne…
Ailleurs, des pierres dressées plus ou moins aménagées sont connues dans les civilisations précolombiennes de Méso-Amérique et d'Amérique du Sud comme en Colombie où ce sont parfois de véritables statues comme à San-Augustin. Des pierres ont été dressées au Proche et Moyen Orient, en Inde – à Anapara au Kerala –, dans les îles de la Sonde – statues-menhirs des îles de Nias et de Sumba ou du centre de Java –, au Kalimantan, en Malaisie, en Mongolie, en Mandchourie, en Corée et au Japon, mais également dans les îles du Pacifique sans oublier, bien sûr, les exceptionnelles statues de l'île de Pâques. Certaines de ces pierres dressées sont anciennes et peuvent remonter au IIe ou au IIIe millénaire avant J.-C., voire davantage, d'autres sont plus récentes, parfois actuelles comme en Indonésie, à Madagascar ou en Éthiopie.
 
Les tumulus
Les pierres entassées forment des « tumulus », encore appelés « cairns » dans l'ouest de la France, dont on remarquera que certains sont essentiellement constitués de terre plus ou moins associée à de la pierraille, que l'on nomme tertre. Il en existe des dizaines de milliers dans le monde qui présentent des formes diverses en plan – ronds, quadrangulaires, allongés, trapézoïdaux, triangulaires, en croissant, à antennes – comme en coupe – hémisphériques, pyramidaux, à degrés… Ils sont de taille très variable, certains pouvant mesurer plusieurs centaines de mètres de longueur comme les tombes des empereurs du Japon, appelés misasagi dont une, près de Nara, dépasse deux cents mètres de long pour vingt mètres de haut, quelques longs tumulus néolithiques danois, polonais, anglais et français… ; d'autres atteignent des hauteurs considérables : Silbury Hill en Angleterre mesure quarante mètres de hauteur pour près de cent soixante-dix mètres de diamètre à la base, ce qui en fait le plus volumineux tumulus d'Europe élevé au Néolithique. Ils appartiennent à toutes les époques depuis le Néolithique jusqu'à nos jours selon les régions du monde. Tous ne sont pas à proprement parler des monuments mégalithiques dans la mesure où ils ne recouvrent pas une chambre constituée de grosses pierres – dolmen ou coffre –, mais seulement une chambre en bois ou le simple dépôt d'une urne funéraire, ou encore un ou plusieurs squelettes, voire, parfois, rien du tout.
Les coffres de pierre ou dolmens
Les coffres de pierre n'appartiennent aux monuments mégalithiques que s'ils sont bâtis avec de grosses pierres. Ils peuvent être ouverts, plus exactement « ouvrables » par un côté, ou complètement fermé. En France le coffre mégalithique au plan variable – rond, polygonal, quadrangulaire – qui s'ouvre sur l'extérieur soit directement, soit par l'intermédiaire d'un couloir, est appelé dolmen. Il existe donc des dolmens simples qui ouvrent directement sur l'extérieur, des dolmens à couloir qui possèdent un passage entre la chambre et l'extérieur, et des dolmens en allée couverte qui présentent la particularité d'être de forme quadrangulaire allongée : ce sont en quelque sorte de longs dolmens simples. Tout cela est évidemment assez schématique. La toiture du dolmen peut être réalisée à l'aide d'une ou plusieurs dalles de pierre ou être montée en encorbellement formant une coupole au-dessus de la chambre faite de petites dalles qui se chevauchent en se débordant légèrement. Il arrive que plusieurs chambres soient desservies par un même couloir. Le dolmen était originellement situé à l'intérieur d'un tumulus qui pouvait prendre des formes diverses. Il y a donc un lien direct entre le dolmen et le tumulus qui recouvrait le dolmen. Toutefois, de nos jours, de nombreuses chambres mégalithiques ont perdu leur enveloppe tumulaire qui a souvent servi à empierrer les chemins ou à la construction des maisons environnantes. Il ne reste plus alors dans la lande que le squelette mégalithique populairement appelé dolmen. Le problème se complique quand cette chambre funéraire est construite uniquement à l'aide de petites pierres empilées formant des murs – comme La Hogue et la Hoguette à Fontenay-le-Marmion en Normandie – ou, pis encore, quand ses parois et sa couverture étaient réalisées en bois comme à Haddenham dans l'est de l'Angleterre. Morphologiquement et fonctionnellement ces monuments sont les mêmes, seul le matériau de construction diffère. Comment doit-on les nommer ? Il n'y a aucun consensus sur le sujet ce qui a amené de nombreux chercheurs à abandonner l'emploi du terme dolmen et à le remplacer par d'autres tout aussi imprécis ou impropres : « tombe ou sépulture mégalithique » par exemple.
Chambres funéraires
Les dolmens étaient donc des chambres funéraires qui contenaient plusieurs corps déposés sur le fond, parfois entassés. C'est dans l'ouest de la France, de la Normandie aux Charentes qu'ils sont les plus anciens, édifiés dès le Ve millénaire avant J.-C. et utilisés jusqu'au IIIe millénaire avant J.-C. Des formes comparables, auxquelles on a donné des noms divers – anta, mamao –, existent dans tout l'ouest de l'Europe atlantique depuis la Suède jusqu'au sud de la péninsule Ibérique en passant par les îles Britanniques, le Danemark, l'Allemagne, la Suisse, le Benelux, la France et les îles de la Méditerranée – Sardaigne, Malte, Baléares.
Le phénomène des tombes à couloir, qui sont donc des sépultures collectives, a pris naissance dans l'ouest de l'Europe, probablement dû à l'évolution de la tombe collective simple, c'est-à-dire à ouverture directe sur l'extérieur, sans couloir, elle-même issue de la tombe en coffre à dépôt funéraire plus ou moins collectif, connue dès le Mésolithique, dont l'ouverture devenait difficile pour de nombreux dépôts. Ce processus a pu s'établir de manière indépendante dans plusieurs régions du littoral atlantique et interférer assez rapidement d'une région à l'autre, ce qui expliquerait que l'on trouve des dolmens à couloir dans des petits tumulus circulaires – au Portugal, en Espagne, en France – comme dans de très longs tertres – en Angleterre, au Danemark, en France – qui paraissent une spécificité plus nordique, les longs tumulus n'étant pas connus au Portugal et dans l'ouest de l'Espagne.
Des monuments de type dolmen se retrouvent dans de nombreux pays au monde en dehors de l'Europe. Ils sont caractérisés généralement par un espace limité par des pierres dressées qui maintiennent une dalle de pierre à l'horizontale au-dessus du sol. La simplicité de cette définition fait que nombre de monuments sont des dolmens et que beaucoup ont cru y voir le témoignage d'une civilisation ou d'une religion mondiale liée au mégalithisme. Et les idées ont la vie dure ! Pourtant qu'y a-t-il de plus simple que de vouloir planter une pierre pour marquer de manière durable un événement important, qu'y a-t-il de plus simple que de mettre le corps des défunts dans un tombeau de pierre si l'on veut en sauvegarder matériellement le souvenir ? Est-il vraiment nécessaire de voir dans ces gestes une religion ou une civilisation internationale ? Certainement pas !
Aperçu du mégalithisme au Proche-Orient
Berceau du Néolithique européen, le Proche-Orient a vu la réalisation de grandes structures en pierre (Jéricho). Ce n'est cependant qu'au IVe millénaire avant J.-C. que furent édifiés les dolmens de la vallée du Jourdain (Ala-Safat). Conçus en blocs de calcaire locaux, ils sont en général formés de cinq dalles de pierre, quatre pour les parois et une pour la couverture. La dalle d'entrée présente souvent une perforation quadrangulaire dans laquelle venait se loger un panneau de bois ou de pierre. La plus grande concentration de dolmens se trouve à l'est du Jourdain. D'autres sont signalés en Galilée, autour du lac Tibériade où des milliers de constructions mégalithiques sont connues dans le Djolan : dolmens, parfois sous tumulus, et pierres levées, seules ou disposées en alignements ainsi que des enceintes de pierres.
Dans le Sinaï les nawamis sont des monuments funéraires en forme de tour arrondie, parfois rectangulaire ou carrée, construits en pierre sèche, qui mesurent de deux à trois mètres cinquante de diamètre et atteignent trois mètres de hauteur. Ils possèdent une chambre ronde à toiture en encorbellement et on y accède par une porte. Des monuments assez comparables sont connus jusqu'au sud de la péninsule Arabique, en particulier au Yémen où ils sont appelés dirm, dans la première moitié du IIIe millénaire avant J.-C., au Bronze ancien. Ici ces tombes sont fréquemment associées à des alignements de pierres dressées.
Des ensembles mégalithiques ont été reconnus sur le pourtour de la mer Noire et plus particulièrement au Caucase au IIIe millénaire avant J.-C. Les sépultures de la riche culture de Maïkop étaient aménagées dans des fosses sous tumulus appelés kourganes, mode sépulcrale qui occupera les IIIe et IIe millénaires avant notre ère, dans une vaste région de steppe qui s'étend de la Sibérie méridionale au Caucase. Parmi les objets recueillis dans les kourganes de cette civilisation, quelques-uns en métal ainsi que des pierres semi-précieuses proviendraient d'Anatolie et de Syrie, d'autres d'Iran et d'Inde, indiquant une intense circulation des biens sinon des personnes.
Dans le Caucase occidental, en bordure du Kouban et sur le territoire de l'Abhasie, les dolmens occupent une vaste surface qui recoupe le territoire de la culture de Maïkop. Les plus anciens sont datés du milieu du IIIe millénaire avant J.-C. et sont concentrés dans la zone d'extraction du cuivre du Caucase. Près de deux mille monuments, formant des sous-types différents, ont été recensés parfois concentrés en grandes nécropoles.
La hauteur des monuments peut varier de soixante-dix centimètres à deux mètres quarante alors que la longueur atteint jusqu'à cinq mètres quarante. La caractéristique essentielle des dolmens du Caucase est la perforation généralement circulaire qui affecte la dalle antérieure du monument et qui était fermée par un bouchon de pierre. Certains étaient enfouis sous un tumulus circulaire limité par des pierres. Des signes ont été gravés sur les parois intérieures et extérieures des dolmens : zigzags, lignes brisées, traits, cannelures et cupules.
 
D'autres dolmens existent sur le pourtour de la mer Noire, en Crimée méridionale, dans la région de Gaspra et d'Aloutcha ainsi que ceux de la vallée de Baydar. Il s'en trouve quelques-uns sur le littoral de la Bulgarie au nord d'Andrinople alors que des monuments à dalles perforés ont aussi été signalés en Thrace.
L'ensemble mégalithique indien
Nombreux sont les monuments mégalithiques en Inde, essentiellement en Inde péninsulaire méridionale, bien que quelques groupements se trouvent au nord, jusque dans le Cachemire et non loin de la frontière du Népal. L'ensemble le plus à l'ouest se situe au Pakistan, au nord de Karachi, et à l'est sur la frontière entre l'Assam et le Bangladesh où subsistent actuellement des formes particulières de mégalithisme. Des alignements de pierres dressées ont été signalés au cœur même du Tibet : à Do-Ring près du lac de Pang-gong. Des rapprochements formels sont à effectuer avec les alignements de Carnac en France, mais également avec ceux de Mohamed-al-Hamli au autres pierres dressées sont connues au Tibet et au Bhoutan.
L'ensemble mégalithique indien est particulièrement important. Les chercheurs sont à peu près d'accord pour reconnaître deux types de dolmens selon qu'ils sont construits avec des dalles plates bien taillées ou au contraire avec des blocs bruts. L'exemple typique du premier groupe est fait d'une chambre quadrangulaire limitée par quatre dalles dressées qui se débordent l'une l'autre pour former en plan une sorte de svastika qui ne doit probablement rien aux Aryens qui incinéraient leurs morts. Ici la chambrecontient le dépôt de nombreux ossements déconnectés accompagnés de céramiques rouges. La dalle située à l'est est munie d'une perforation circulaire qui donne accès à un couloir. La couverture de la chambre était réalisée par une dalle de pierre. Deux murs de parement concentriques entourent la chambre et maintiennent le tumulus. De tels monuments sont parfois groupés en vastes nécropoles : Rajankolur, Hire… C'est ainsi qu'environ deux mille tombes mégalithiques ont été signalées autour de Brahmagiri.
Le deuxième type est formé d'une chambre mégalithique, au plan parfois transepté, constituée de pierres brutes et située à l'intérieur d'un tumulus circulaire qui peut lui-même être inclus dans une plate-forme quadrangulaire.
Des monuments d'un type un peu particulier furent dressés dans le Kerala, district du sud-est : les topikallus ou « chapeau de pierre » faits d'une dalle hémisphérique en équilibre sur quatre pierres dressées qui se rejoignent au sommet. Les kadakallus sont également des dalles hémisphériques mais, posées sur le sol, elles recouvrent une fosse. Des pierres dressées peuvent être en relation avec divers monuments. Certaines de ces pierres forment des alignements. Les plus anciens monuments mégalithiques ont pu être construits dès le IIe millénaire avant J.-C. et trouvent leur plein épanouissement au Ier millénaire avant J.-C.
Des monuments de type dolmen sont encore en usage en Indonésie et plus spécialement dans l'île de Sumba, sépultures collectives en coffre de pierre surmonté d'une table de pierre maintenue à l'horizontale au-dessus du sol grâce à quatre piliers graciles cylindriques souvent décorés. Le dépôt d'un nouveau corps dans le sépulcre nécessite le lever du couvercle.
Les mégalithes en Extrême-Orient
En Extrême-Orient des dolmens sont connus en Chine, où ils sont appelés Che-pin, en Corée, au Japon et jusqu'à Taïwan qui peut marquer un prolongement du mégalithisme du sud-est asiatique. Ils sont répartis en deux types : celui du nord caractérisé par une chambre quadrangulaire à couverture mégalithique, construite au-dessus du sol ; et celui du sud qui est un coffre de pierre ou une fosse recouverte par une grosse pierre. Bien que l'on puisse situer la limite entre les deux groupes au niveau du fleuve Han du Nord, les deux ensembles s'interpénètrent par endroits.
Plusieurs dizaines de milliers de dolmens ont été identifiés en Corée, mais ils sont plus nombreux à l'ouest, région moins montagneuse et qui est aujourd'hui la plus habitée. Ils peuvent être isolés ou groupés en véritables nécropoles. Les dolmens, tous de type Nord, sont moins nombreux en Mandchourie et dans la péninsule de Shantung qu'en Corée, mais ils sont souvent beaucoup plus volumineux avec des dalles de couverture pouvant atteindre jusqu'à soixante-dix tonnes. Les dolmens de type Sud occupent le sud de la Corée et l'île de Kyûshû au Japon ainsi qu'une partie de la Corée du Nord-Ouest. Les dolmens seraient apparus au début du premier millénaire avant J.-C. en Corée septentrionale, époque d'apparition du bronze en Corée, et se seraient maintenus pendant tout ce premier millénaire avant J.-C. dans ce pays.
Deux types dolméniques se rencontrent au Japon. Le premier, composé d'une dalle sans piliers de soutènement, fut introduit sur la côte ouest de Kyûshû vers le IIIe siècle avant J.-C., venant de Corée du Sud. Ces monuments contiendraient des incinérations et leurs constructeurs auraient introduit l'agriculture en terrain sec. Limités dans l'espace, ils appartiendraient à la culture du Jomon final. Le deuxième type, avec piliers, se trouve au nord de Kyûshû et marque des changements sociaux qui correspondent à la culture de Yayoï. Un peuple de grande taille venu de Corée du Sud au début du Yayoï apporta la technique de la culture du riz en terrain inondé. Les dolmens de type nouveau, avec piliers, ont donc été édifiés par un peuple coréen mélangé aux autochtones.
Les dolmens de l'Extrême-Orient sont des sépultures individuelles, souvent après décarnisation, parfois après incinération, mais toute la population n'était pas enterrée sous dalle et la taille même de la dalle de pierre indique probablement un ordre social, une hiérarchisation.
Au Japon s'installe, au milieu du IIIe siècle de notre ère, une nouvelle vague d'immigrants venus de Corée. Jusqu'au milieu du VIIe siècle, les personnages de haut rang seront déposés, à leur mort, dans des sarcophages de bois ou de pierre, voire à même le sol, dans une chambre mégalithique à laquelle on accédait par un couloir à travers un tumulus. Ces dolmens sont inclus dans un tumulus de terre, ou tertre, généralement circulaire. Les chambres sont toujours quadrangulaires et se développent le plus souvent dans l'axe du couloir. Elles sont construites en pierres brutes sans aucun ciment, les parois étant constituées par l'amoncellement de gros blocs. La chambre est plus haute que le couloir.
Afrique, Pacifique, Amérique
Le mégalithisme de l'Afrique regroupe des monuments de type dolmen – Afrique du Nord, Éthiopie et Madagascar –, des coffres mégalithiques – République Centrafricaine –, des pierres dressées et des stèles, funéraires ou autres, – Éthiopie, Kenya, Soudan, Égypte, Mali, Sénégal, Gambie, Guinée, Togo, Nigeria, République Centrafricaine, Cameroun, Madagascar… – ainsi que des tumulus, quelle que soit leur période d'utilisation. Certains mégalithismes africains remontent au IIe millénaire avant J.-C., comme les dolmens du Harar en Éthiopie, voire même dès le Ve millénaire avant J.-C. avec les cercles de pierres dressées en Égypte, alors que des peuples comme les Konso, également en Éthiopie, dressent encore des pierres à différentes occasions, tout comme les Malgaches qui utilisent toujours leurs tombeaux d'ancêtres construits avec de grosses dalles de pierre.
Du Pacifique aux Amériques
En continuant notre voyage vers l'est, nous pourrions citer de nombreuses constructions plus ou moins mégalithiques des îles du Pacifique et surtout l'île de Pâques. Mais il faut atteindre le continent américain pour retrouver des monuments de type dolmen et plus particulièrement San Augustin et Alto de Los Idolos au sud des Andes colombiennes. Sur de grands aménagements du relief, des statues de pierre ont souvent été déplacées. Elles sont associées à deux types de constructions mégalithiques : grand coffre et chambre quadrangulaire allongée précédée d'un étroit couloir surbaissé en pierres brutes, à l'intérieur d'un tumulus circulaire de terre et de pierre, limité par une série de dalles dressées ou par un mur bien appareillé. Les fouilles ont livré un important matériel : outils en obsidienne, éléments de parure et statuettes monolithiques. Des statues de pierre, représentant des personnages ou des animaux, sont situées de part et d'autre de l'entrée du couloir soutenant une dalle plate.
La culture de San Augustin a occupé plus de deux millénaires depuis le VIe siècle avant J.-C. jusqu'au XVe siècle de notre ère. Il est à peu près certain qu'au cours de cette longue période des changements ont eu lieu amenant de nombreuses modifications dans les coutumes funéraires encore assez mal étudiées.
Les mégalithismes sont donc nombreux et variés dans le monde et cette présentation sommaire n'est qu'un survol très rapide du sujet.
 
Source Clio.fr
 
Le Pèlerin
 
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 23:26
Einstein et Freud, Pourquoi la guerre ?
 
Voici un échange entre Einstein et Freud au sujet de la guerre. On peut comprendre leur préoccupation lorsque on a connu une guerre comme la première guerre mondiale. Il me semble percevoir une certaine résignation face à cela, il me semble.

Einstein : Vous qui connaissez l’âme humaine, l’homme est-il inévitablement poussé à la guerre par ses pulsions agressives ?

Freud : Nous admettons que les instincts de l’homme se ramènent à deux catégories : Les pulsions érotiques ou de la vie et les pulsions agressives ou de mort. Ces pulsions antagonistes sont aussi indispensables l’une que l’autre. C’est de leur action conjuguée que découle le phénomène de la vie. On ferait œuvre inutile en pensant supprimer les penchants destructives de l’homme.

Einstein : Et contre la guerre, que pouvons nous faire ?

Freud : Il y a lieu de faire appel à l’adversaire des pulsions destructrices, à l’Erose. Tout ce qui engendre parmi les hommes des liens de sentiment d’identification, d’amour, doit réagir contre la guerre.

Einstein : Pourquoi vous et moi sommes pacifistes ?

Freud : Parce que nous ne pouvons faire autrement. C’est à la culture que nous devons le meilleur dont nous sommes faits et une bonne part de ce dont nous souffrons. Or, la guerre est la négation la plus grossière du phénomène psychologique qui résulte du processus culturel. Pour cette raison nous ne pouvons que nous rebeller contre elle. Ce n’est pas une utopie que d’espérer que ces deux facteurs, l’attitude culturelle et la crainte justifiée d’une guerre puissent empêcher la guerre. Par quel chemin, par quel détour ? Nous ne pouvons le deviner. En attendant, nous pouvons nous dire « tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre »

PS :Je rajoute ce mot adressé par Einstein à Freud à l'occasion de ses 80 ans.
Il y est question aussi de la théorie de Freud...


Cher monsieur Freud,

Je suis heureux que cette génération ait eu la chance de pouvoir exprimer son respect et sa gratitude à l’un de ses plus grand maîtres. Il y a peu je ne pouvais que saisir le cours spéculatif de votre pensée de même que son énorme influence sur notre époque, mais récemment j’ai eu l’occasion d’entre parler de quelques cas, pas très important par eux mêmes, mais qui, à mon avis, excluait tout autre interprétation que celle exprimés par la théorie du refoulement. Je fût ravi de les trouver sur mon chemin car il est toujours agréable d’avoir un grand et beau concept s’accorder avec la réalité.

Freud : je dois vous dire combien je suis ravi de voir que votre jugement s’est modifié, ou tout au moins commence à se modifier. Naturellement j’ai toujours su que vous m’admiriez que par politesse. Quand vous aurez mon âge, j’ose espérer que vous serez un de mes disciples. Comme je ne serai plus là pour l’apprendre, je m’offre à l’avance cette satisfaction
 
Source Forum Dz
Le Pèlerin
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 23:25
Par le biais d'un commentaire sur vmon blog, j'ai reçu le message ci-dessous
Je ne peux pas personnellement secourir toute la misère du monde....mais je peux faire appel à votre ame généreuse et contacter l'adresse internet ci dessous afin d'aider ce jeune malheureux 

·        
·          
** megdoud bachir **
 
 Jeune Algérien âgé de 30 ans condanné d’une maladie chonique et grave dite (Coagulopahtie) déficit du facture (2) hemoragique ,*
cette malade reste difficile à prendre en charge dans notre pays*.
Je suis  issu d’un milieu de grande pauvreté, sans travail, sans ressources ni soutien de quelque sorte que ce soit, je n’ai d’ autre alternative que de continuer a souffrir le mourir en, attendant une mort peu enviable a la fleur de l’age.
A moins qu’une âme charitable et généreuse telle que la votre, douée d’un piété et d’un altruisme cité en exemple ,n’accepte de me prendre par le main en vue d’une complète prise en charge a l’étranger,
seule a même de ramener espoir et joie de vivre.est donne moi votre adez .. s.v. p.*
J’été poussé à contacterun pays étranger " France" plus exactementle hôpital *Gronoble* 
.Ma demande a été acceptée mais il ne faut payer les frais d'hospitalisation et les  formulaire de demande visa 12 651,50 Euros afin de subir l’opération chirurgicale. Maintenant ma vie est en danger. Je cherche une âme généreuse afin de m’aider matériellement

http://sosurgence.jeeran.com


le Pèlerin
 
 
Moi
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 23:11
Marcel Bois. 82 ans linguiste, professeur et traducteur
Et ce n’est pas la langue de… Bois !
« De quoi sont faits Homère, Al Mutannabi, Si Mohand Ou M’hand, Pouchkine, Whitman, Tagore et tant d’autres poètes ? Ne sont-ils pas le reflet fidèle de leurs sociétés respectives ? C’est donc une chose prodigieuse que de les approcher, de tenter de les connaître un tant soi peu à travers les différents relais linguistiques. »
Marcel-Bois.jpg
Il s’est montré presque étonné qu’on vienne le solliciter pour un entretien. L’homme très humble est d’une grande simplicité. Et lorsqu’on veut l’interpeller sur son parcours, sur sa vie, il use toujours de digressions, emprunte parfois des chemins détournés pour parler des autres.
Un trait de caractère ou l’influence du métier ? Nul ne le sait. Linguiste, professeur et traducteur, il est une référence en matière de traduction d’œuvres littéraires. De Benhedouga à Waciny Laredj, en passant par Ouettar, il a constitué une véritable passerelle entre les langues et les cultures. Il est né en 1925 en Savoie, précisément à Saint-Martin-la-Porte, de parents paysans ouvriers dans la lignée des cathos de gauche. « Comme l’agriculture de montagne n’arrivait pas à faire vivre la famille, le paternel était obligé d’aller trimer en usine », se souvient-il. Marcel y fréquentera l’école jusqu’à l’obtention du baccalauréat. En 1942, en pleine guerre, il entre chez les Pères Blancs. « C’était un choix personnel », tient-il à dire. Après le séminaire à Poitiers, et 7 ans d’ études, il est ordonné prêtre à Carthage en 1950 où il faisait des études de théologie. Après une licence de lettres classiques en 1954, obtenue à Strasbourg, il enseigne pendant 4 ans dans un collège de la région parisienne. Puis, il retourne à Tunis où il étudie l’arabe, à l’Institut supérieur des études arabes et islamiques, transféré depuis à Rome. « C’est pendant mes études dans ce pays, au contact des gens, des discussions que j’ai apprécié la langue arabe qui m’a plu ». En 1960, il part pour le Liban où tout en enseignant le français, il suivait assidûment des cours d’arabe avec ses élèves… « C’est là que j’ai lu mon premier roman en arabe Eribat el mokadas, d’un auteur égyptien. Cela traitait, comme le titre du livre l’indique, des liens sacrés, du mariage et des tentations. »
1961, les crimes de l’OAS
En 1961, il vient en Algérie pour s’occuper de la revue de presse Maghreb Proche-Orient. « Je suis arrivé le 1er juillet 1961. J’ai assisté aux exactions de l’OAS. Dès l’indépendance, je me suis inscrit à l’université d’Alger pour une licence d’arabe que j’obtiendrais en 1968. » Durant l’année 1962, l’activité scolaire étant paralysée, « le proviseur Bendali Amor, qui officiait à Ben Aknoun, a quand même organisé une session du bac en septembre. Il m’a fait appel, j’ai travaillé durant tout l’été 1962. Après, j’ai remplacé bon nombre de profs ». En 1963, il enseigne la traduction au lycée Amara Rachid. En 1969, il est sollicité par le proviseur du lycée El Mokrani M. Lazib, pour occuper un poste à plein temps. Poste qu’il ne quittera plus jusqu’à la retraite en 1986. « C’est dans cet établissement que j’ai fait la connaissance de M. Abdallah Mazouni, prof d’arabe et traducteur, qui m’a beaucoup encouragé dans cette voie. C’est encore lui qui m’a fait faire connaissance avec Benhedouga dont le livre Le vent du Sud est sorti en 1971. C’était le deuxième roman arabe que je lisais avant Le voleur d’autobus, d’Ihsan Abd El Qodus. Après, tout s’est enchaîné. » Sur la place des cultures dans la vie des gens, sur les luttes à mener pour atténuer les antagonismes, M. Bois dira : « Nous rêvons tous d’une mondialisation idéale, d’un universel accueillant à tous les particularismes, sans notion de domination. Mais le monde étant ce qu’il est, toutes les cultures ne disposant pas de moyens égaux, on assiste à deux types de réactions : soit un repli, une fermeture, avec une certaine agressivité, soit une volonté de rencontre, de communication, et c’est là que la traduction entre en jeu ; traduction qui est évidemment tributaire de tout un contexte historique social, économique et politique. Mais il vaut la peine de travailler à la construction d’un monde riche de croisements féconds où seront reconnues les identités dont chaque pays est porteur. Là je renvoie volontiers à un ouvrage de Abdallah Mazouni, lui-même écrivain et traducteur Culture et enseignement en Algérie et au Maghreb, paru aux éditions Maspero en 1969 ». Il y fustige les monolingues « qui émettent sur l’autre culture des opinions dont la présomption n’a d’égale que l’ignorance ».
L’inculture est un mal absolu
Mais surtout, il y lance un appel à ceux qui ont la chance de connaître plusieurs langues : « Par leurs fonctions de traducteurs et d’interprètes, ils assureront enfin les indispensables communications intellectuelles entre hommes voués à s’entendre parce qu’ils sont, avant tout, les fils de la même terre à défaut, hélas, d’être les fils de la même culture. Pour un véritable intellectuel, la culture est toujours un bien relatif. C’est l’inculture qui est un mal absolu. » Marcel ne tarit pas d’éloges sur son ami Benhedouga : « C’est l’homme le plus droit que j’ai eu la chance de rencontrer dans mon existence. Il était à la fois très enraciné dans sa culture et très ouvert. C’était mon meilleur ami. On est allé deux fois faire des conférences à Annecy et à l’université de Louvain en Belgique. » Certains mauvais génies avaient tenté d’ériger l’écrivain en porte-flambeau des arabophones dans leur croisade face aux francophones. « C’est un faux conflit et cette assertion n’est qu’une vue de l’esprit. » Pour s’en persuader, M. Bois nous renvoie à la pathétique intervention faite à l’occasion de l’hommage rendu à Mimouni au Centre culturel algérien à Paris, le 14 mars 1995, lorsque Benhedouga déclarait : « J’ai toujours estimé que l’Algérie avait besoin de ses deux catégories d’écrivains, et j’ai défendu cette position en toute circonstance. Malgré cela, je me disais à moi-même que la langue est la patrie de l’écrivain, en dehors de son rôle d’instrument de la communication. Ce qui distingue un écrivain d’un autre écrivain, ce n’est pas la langue qu’il utilise, mais les valeurs dont il est porteur. La littérature obscurantiste, qu’elle soit écrite dans ‘’la langue du Paradis’’ ou dans ‘’la langue du diable’’ est une littérature antihumaine. » Parmi ceux qui ont rencontré son ami Benhedouga, il retiendra deux visages : celui de Mohammed Dib et celui de Rachid Mimouni. La rencontre prend un relief particulier du fait que les deux écrivains ont écrit en français, alors que Benhedouga n’a écrit qu’en arabe. Pour la petite histoire, c’est Bois qui a fait connaître Benhedouga à Dib grâce à la traduction. « Il m’a chaleureusement remercié d’avoir pu lire Benhedouga. Il m’a envoyé une lettre. Ce que je sais, c’est que la rencontre entre Dib et Benhedouga a été un bonheur pour les deux. » L’hommage de l’auteur de L’incendie est chaleureux. « Les traductions que Marcel Bois a faites des romans de Benhedouga, avait écrit Dib en 2000, sont les seules que je connaisse. Ce fut assez, quand elles m’avaient frappé par leur qualité exceptionnelle. Le phénomène est rare. Je crois pouvoir l’affirmer, premièrement parce que d’énormes lectures d’œuvres traduites m’ont appris à m’y reconnaître un peu là-dedans, deuxièmement, parce que les problèmes du transfert ou de la reconversion d’un ouvrage dans une autre langue m’ont toujours passionné et que je les ai plus ou moins étudiés, troisièmement parce que j’en ai tâté, moi-même, de la traduction. Je sais donc de quoi je parle. Dans ce domaine, la réussite de Marcel Bois est éclatante. Il vous livre de véritables récréations des œuvres qu’il traduit et les romans de Benhedouga en valaient aussi la peine, il les a aimés. Dire qu’on voit se reproduire à chaque coup ce miracle ! Pour ma part, je n’en reviens pas et je suis heureux de vous tirer symboliquement le chapeau que je ne porte guère, Marcel Bois. » Traducteur de Benhedouga, M. Marcel l’a aussi été pour Ouettar avec Ezilzal, Les martyrs reviennent cette semaine et Noces de mulet principalement. « Cet homme-là ne fait plus partie de mon cercle, dès lors qu’il a déclaré après la mort de Djaout que c’était une perte pour sa famille et pour la France. J’ai trouvé cela inadmissible. C’est quelqu’un qui n’admet pas les autres. Je n’ai plus de relation avec lui et même s’il venait à écrire un best-seller, je ne serai pas son traducteur. » Marcel a traduit aussi les deux romans de Brahim Saâdi Fatwa fi zaman el maout et Confessions au retour des ténèbres. Puis, tout récemment, Bois a traduit l’excellent ouvrage de Waciny Laredj consacré à l’Emir Abdelkader. Le livre de l’Emir conte l’histoire de la révolte, puis de la reddition et de la captivité de l’Emir Abdelkader. Ce gros volume va et vient en d’incessants flashs-back qui reprennent de façon détaillée les épisodes de cette passionnante histoire. Le lecteur y découvre un émir qui, même dans l’action de la guerre, ne cesse jamais d’être un mystique épris de la pensée d’Ibn Arabi. Il apprend aussi un grand nombre de détails sur les diverses étapes de son séjour en France, à Pau, puis Amboise. « Traduit avec bonheur, par Marcel Bois, écrit Jean-Marie Gaudeul, ce roman fidèle aux moindres détails historiques fait découvrir une autre vison des événements et des personnes que celle que nous gardions des manuels scolaires d’autrefois. C’est au fil de ce récit que l’on découvre l’amitié qui lia l’Emir et le premier évêque d’Alger Mgr Antoine Adolphe Dupuch. Leur dialogue se noue à l’occasion d’un échange de prisonniers et se poursuivra, par lettres d’abord, en Algérie, puis par une série de rencontres lors de la captivité de l’Emir en France. »
La grandeur de l’émir
Cette amitié devait marquer les deux hommes : l’évêque y découvre la dimension spirituelle de l’Islam et l’Emir s’ouvre à un dialogue inter-religieux qui le conduira même à défendre les Chrétiens contre ses propres coreligionnaires, plus tard, en Syrie. Le traducteur Marcel a été impressionné par la qualité de l’ouvrage, mais aussi par la grandeur de l’homme qu’était l’Emir. Il nous fait part alors d’une petite anecdote. « Un jour, dans un village, pas loin de chez moi en France, je me suis surpris à lire, dans une école, un manuel scolaire traitant de l’histoire. Il y est écrit que ‘’l’Emir, après sa capitulation avait été bien traité par la France’’, alors que la réalité est tout autre, puisque le personnage a été mis en résidence surveillée durant 5 ans. » Traduire, c’est trahir, dit-on. Comment l’expert interprète-t-il cette réflexion ? « Il est sûr qu’on n’arrive pas à rendre toutes les nuances, toutes les richesses du texte original. » La traduction est-elle une passerelle entre les cultures ? « Assurément, chaque pays a ses cultures. Chaque traducteur en est pétri par son éducation, ses relations, son lieu de naissance. Mais chacun a sa vision du monde. On est tous enfermés dans des limites de temps, ces limites nous donnent une vision particulière de l’homme. Ou bien, on s’enferme dans ces limites, ou bien on en sort pour aller partager avec les autres. C’est ce partage qui permet d’avancer. » Puis, le traducteur qu’il est s’insurge contre certaines situations. « Je suis scandalisé qu’on ne trouve pas un Tlemcénien pour traduire Dib. C’est un Syrien qui l’a fait. De plus, ses livres, comme ceux de Lacheraf, ne sont pas traduits en arabe. C’est un énorme gâchis. » Une dernière question : Comment le Français qu’il est n’a pas fui lors de la décennie noire ? « Il était malvenu de partir. C’était presque naturel de rester malgré tous les périls. Et puis, ce serait indécent de quitter un pays qui m’a accueilli à bras ouverts où j’y vis pleinement durant près d’un demi-siècle. L’occasion de ressortir ce propos de Mimouni. Rester c’est mourir un peu, partir, c’est mourir beaucoup, je préfère rester et mourir un peu. »
Parcours
Bois Marcel, traducteur littéraire (arabe-français), né en 1925 en Savoie. Etudes de théologie à Tunis (1945-1950), licence de lettres classiques à Strasbourg (1951-1954), études d’arabe à Tunis (1958-1960), au Liban (1960-1961) et à Alger (1961-1968). Licence d’arabe Alger et Aix-en Provence, (1968). Enseignement du français au lycée El Mokrani d’Alger (1969-1985). A traduit notamment entre 1975 et 2006 les œuvres de Benhedouga, Tahar Ouettar, Brahim Saâdi et Waciny Laredj.
Source El Watan
Le Pèlerin
 
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 07:07

L’ambassadeur de France à Alger le confirme

350 000 sans-papiers algériens
En réponse au scepticisme exprimé par l’opinion concernant la possibilité de voir les relations algéro-françaises connaître une réelle redynamisation sous le mandat du nouveau président français, l’ambassadeur de France à Alger s’est montré, hier lors d’une rencontre informelle avec la presse, convaincu du contraire. « Sarkozy surprendra les Algériens.
Il a déjà surpris les Français », a répondu Bernard Bajolet à une question d’un journaliste qui voulait savoir s’il y avait vraiment lieu d’attendre quelque chose de quelqu’un qui s’est farouchement opposé à l’idée que la France fasse acte de « repentance » pour les crimes commis en Algérie durant la période coloniale et qui a nommé un partisan du devoir d’ingérence à la tête du Quai d’Orsay (Bernard Kouchner, ndlr). M. Bajolet – qui a confirmé, à l’occasion, la mise au placard définitive du projet de traité d’amitié qu’Alger et Paris ambitionnaient déjà de signer en 2003 – a fait savoir que si « le principe de ne pas accepter l’idée d’une repentance fait l’unanimité au sein de toute la classe politique française », précisera néanmoins que le travail de mémoire est encouragé. Le diplomate français a estimé par ailleurs qu’il ne serait pas productif de faire de la question de la mémoire un préalable dans les relations algéro-françaises, ajoutant qu’« il faut savoir donner du temps au temps ». Comme M. Sarkozy, M. Bajolet a émis le souhait de voir l’Algérie et la France instaurer de solides relations d’Etat à Etat. Des relations qui dépasseraient, a-t-il dit, le cadre tracé par les affinités et les amitiés entretenues jusque-là par les présidents algérien et français. « Ce n’est qu’en instaurant véritablement des relations d’Etat à Etat qu’il sera possible de mettre les relations algéro-françaises à l’abri des dangers de l’instrumentation », a souligné l’ambassadeur de France à Alger. Concernant le cas « Kouchner », le diplomate français a essayé de minimiser la crainte des journalistes en informant notamment que le nouveau ministre des Affaires étrangères n’aura pas une grande influence sur la politique étrangère de la France. Celui-ci a tenu également à préciser le fait que « la politique française a des constantes ». Par ailleurs, a-t-il dit, « sachez que mon seul patron, c’est Sarkozy ». A propos justement de politique étrangère, M. Bajolet a insisté sur l’idée que le Maghreb et l’Algérie constituent des priorités pour le nouveau locataire de l’Elysée. Dans ce contexte, M. Bajolet a soutenu que le conflit sahraoui ne sera pas un facteur de blocage dans les relations algéro-françaises dans la mesure où « le Sahara occidental n’est pas un problème majeur, ni un enjeu pour la France », expliquant que l’objectif du président Sarkozy est de construire un partenariat d’exception avec l’Algérie. A ce propos, M. Bajolet a fait comprendre que les présidents algérien et français se sont mis d’accord sur une démarche susceptible de leur permettre de concrétiser ce projet de partenariat d’exception. C’est la raison pour laquelle M. Bajolet n’a pas exclu l’éventualité que M. Sarkozy effectue à moyen terme une visite en Algérie ; visite qui serait balisée par des rencontres ministérielles préparatoires destinées à donner un contenu concret au partenariat d’exception voulu par les deux pays. Au-delà de l’intérêt qu’il porte pour l’Algérie, un pays qu’il considère comme « une porte » ou « une clef », l’on annonce que le successeur de Jacques Chirac pourrait venir dans un premier temps à Alger pour soumettre à son homologue algérien son projet d’« Union méditerranéenne ». Un projet qu’il veut, indique-t-on, réaliser très vite. Faisant le point sur les relations algéro-françaises, l’ambassadeur de France à Alger a évoqué les efforts déployés par son pays pour « fluidifier la circulation entre Alger et Paris ». Ces efforts seront, a-t-il mentionné, accompagnés par la délivrance de plus de visas à un certain nombre de professions. M. Bajolet a précisé toutefois que le gouvernement français sera intraitable à l’égard des clandestins. Evoquant la question des sans-papiers, il a précisé qu’environ 350 000 Algériens vivent actuellement en situation irrégulière en France. A propos de la circulation des personnes, M. Bajolet a formulé l’espoir que le gouvernement algérien fasse dans la réciprocité et délivre un peu plus de visas au profit des Français qui veulent venir en Algérie. « Les visas d’entrée en Algérie sont délivrés au compte-gouttes. Cela est parfois contraignant, sachant que de nombreuses personnalités et de hauts fonctionnaires sont souvent amenés à séjourner en Algérie dans le cadre de leurs activités. » Concernant le volet économique, le représentant de l’Etat français a souligné la détermination de son pays à défendre sa part de marché. Il a insisté aussi sur l’idée que la France était disposée à coopérer dans tous les domaines, y compris le secteur du nucléaire dans le lequel elle dispose d’une expertise reconnue. En contrepartie, la France, a avancé M. Bajolet, serait réconfortée de savoir qu’elle pourra compter, à l’avenir, sur l’Algérie pour s’approvisionner en gaz. Cela d’autant que ses contrats signés avec Sonatrach (l’Algérie fournit à la France 16% de ses importations de gaz) arriveront bientôt à expiration. Officiellement, ils doivent être rediscutés en 2012.
Source el Watan
Le Pèlerin
 
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