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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 08:14

Des stars et des patrons du CAC 40 à Alger

Jean-Pierre-Elkabbach-invite-d-honneur-de-Francois-Hollande.jpg

 

Des noms prestigieux de patrons et de vedettes, qui font les beaux jours de la finance et de l'économie françaises, seront du voyage.

Un avion spécial sera affrété pour conduire la forte délégation qui accompagnera le président François Hollande lors de la visite officielle qu'il effectuera les 19 et 20 décembre à Alger. Des stars de l'écran et des patrons du CAC 40 seront à Alger avec le président Hollande lors de son voyage à Alger. Selon le magazine français L'Express, le journaliste vedette d'Europe1, Jean-Pierre Elkabbach, accompagnera François Hollande lors du voyage d'Etat en Algérie. Sur son site web, le magazine français précise que M.Elkabbach ne figurera pas dans la délégation presse qui compte plus de cent journalistes entre télévisions, radios et presse écrites. Il ne figurera pas dans la délégation presse, mais dans la délégation officielle, comme «invité» du président de la République. C'est ce que le célèbre intervieweur natif d'Oran-ville dont il a été fait citoyen d'honneur, voilà un an, a confirmé à L'Express. «J'aurais pu faire une demande d'accréditation comme journaliste, mais j'ai été invité par François Hollande, confie-t-il au magazine français. Je ne suis pas le seul journaliste d'ailleurs... Et d'anticiper les critiques: «J'ai beaucoup d'amis en Algérie, aussi bien dans l'opposition qu'au pouvoir. J'y vais et j'en reviendrai en journaliste. Vous verrez bien», a ajouté M. Elkabbach. Aux stars de l'écran vont se joindre, lors de ce voyage des patrons du CAC 40 et la liste est longue. Parmi la délégation qui accompagnera le président français, on retrouve des noms prestigieux de patrons et de vedettes qui font les beaux jours de la finance et de l'économie françaises.
Ainsi, Patrick Kron, président-directeur général d'Alstom (une usine d'assemblage de tramways est annoncée en Algérie pour 2013), Olivier-Marie Racine, président-directeur général de Bouygues Bâtiment International, Stéphane Richard, président-directeur général de France Télécom-Orange, ou encore Bruno Lafont, président directeur général de Lafarge,.
Habib Fekih, président d'Airbus Moyen-Orient et Afrique du Nord, Jacques Gérault, directeur des Affaires publiques d'Areva, Jean-Marie Dauger, directeur général-adjoint de GDF Suez, Antoine Ortoli, senior vice-président de Sanofi, Jean-Louis Chaussade, directeur général exécutif de Suez Environnement, Reynald Seznec, P-DG de Thalès International (il est question d'un accord sur la coopération dans le secteur de la défense) seront aussi du voyage. En revanche, on croit savoir que Carlos Ghosn, président-directeur général de Renault ne fera pas partie du voyage. Raison invoquée: il est en déplacement. Pourtant, l'un des moments forts de ce voyage sera la signature de l'accord pour l'usine de montage de véhicules Renault, qui figure parmi les quinze accords que devra signer le président François Hollande à Alger.
En plus de la délégation économique, plusieurs ministres du gouvernement feront partie du voyage. Il s'agit notamment du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, du ministre de l'Intérieur Manuel Valls du ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, des finances Arnaud Montebourg, de Nicole Briq, ministre du Redressement productif, du Commerce extérieur et de Kader Arif, ministre délégué chargé aux Anciens combattants. Les préparatifs vont bon train à Alger et Tlemcen. Les services de sécurité sont sur les dents: tout est passé au crible, tous les axes routiers sont surveillés mais avec une présence policière très discrète. Ceux qui sont visibles en revanche, sont les agents communaux qui s'affairent aux derniers badigeonnages. Des centaines de travailleurs des services techniques et de nettoyage ainsi que des travaux publics sont mobilisés depuis des semaines pour des tâches d'embellissement tous azimuts.

Source L’Expression

Le Pèlerin

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 08:11

L'Algérie sera obligée d'exploiter les gaz de schiste bien avant 2040 !

Forage Gaz de Schiste In Salah

 

Abdelmalek Sellal a annoncé que l'exploitation des gaz de schiste n'aura pas lieu avant 2040. Faut-il le croire ? Non, analyse B. Mahdi, dans cette contribution.
L'exploitation des gaz non conventionnels ne relève pas du caprice quand tous les indices montrent qu'un grave problème de disponibilité risque de survenir beaucoup plus tôt que prévu
Dans une dizaine d'années quand Sonatrach cessera d'être exportatrice de pétrole et de gaz L'exploitation des gaz de schistes n'est cependant pas la solution miracle, le vrai problème étant l'absence d'une politique énergétique pour brider une consommation qui explose.
Le gouvernement vient d'ajouter discrètement et sans fanfare une disposition dans la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui obligerait, à sa demande, les producteurs étrangers opérant en Algérie à alimenter en pétrole et gaz le marché local. En bon français, cela s'appelle une réquisition. Dans la même loi, des dispositions spécifiques ont été ajoutées pour attirer les sociétés spécialisées dans les gaz de schistes. La question qui se pose alors est : en sommes-nous déjà là? Y'a-t-il un risque réel pour que la production Algérienne ne suffise plus à la demande locale à brève échéance?
EXPLOSION DE LA DEMANDE LOCALE
En moyenne sur les dernières années, l'Algérie a produit environ 80 à 90 Mds de m3 de gaz (dont 10 à 20 Mds par les étrangers) pour une consommation locale qui atteint les 30 Mds. Les projets en cours d'augmentation des capacités de production d'électricité de 12000 MW consommeront environ 15 Mds m3 supplémentaires. Même une croissance «modérée» de 4% par an de la demande des secteurs industriel et domestique, donnerait vers 2020 au final une consommation de 50 à 55 Mds de m3, soit à peu de choses près ce que l'Algérie a exporté l'année dernière. Donc, à l'horizon 2020 (c'est dans à peine 7 ans), l'Algérie consommera tout le gaz qu'elle produira, et il n'y aura que les étrangers qui exporteront le leurs. De plus, même le gaz qu'elle vendrait d'ici là sera bradé sur les marchés spot. D'où proviendra sinon le gaz qu'elle se propose de vendre avec des contrats à long terme sur 20 ans? Déjà les Espagnols qui se sont battus il y a quelques années pour empêcher Sonatrach d'augmenter sa part dans Medgaz sont en train de vendre la leur. L'abandon programmé du Galsi n'y est pas étranger non plus. La situation côté pétrole n'est guèrre meilleure. Là aussi les augures sont plutôt mauvais. Sur les 60 Mt produits l'année dernière (hors condensat), 45 Mt ont été exportés (y compris environ 15 Mt par les étrangers) et 15 Mt ont été consommées localement. Et là, même des prévisions approximatives sont difficiles, l'importation des voitures ayant explosé ces dernières années. En 2008, on estimait encore la croissance annuelle de la consommation à 4,5% en moyenne mais en 2011 elle était déjà de 15%. En supposant un rythme de croissance moins soutenu de 10%, la consommation locale en produits pétroliers horizon 2020 sera d'environ 32 Mt, soit le niveau d'exportation actuel de Sonatrach. Vers 2025, on consommera tout le pétrole produit. Bien entendu, tous ces scenarios sont basés sur l'hypothèse du maintien des niveaux de production actuels, ce qui est loin d'être évident, les réservoirs sont en rapide déplétion. Comme les exportations se tariront entre 2020 et 2025 et que l'Algérie importe presque tout, on peut en conclure qu'on sera ruiné dans une dizaine d'années
LES GAZ DE SCHISTE NE SONT PAS L'ELDORADO ESCOMPTE
Le gouvernement croit trouver dans les gaz de schistes la planche de salut qui lui permettrait de prendre le relais des exportations. Il a fait des plans sur la comète sur des réserves supposées phénoménales en regardant les cartes de formations géologiques et en multipliant par la surface du territoire Algérien. Le problème est qu'en matière de gaz de schistes, tant qu'on n'a pas fait des petits trous pratiquement dans les conditions réelles d'exploitation, on n'en sait rien. A la terminologie habituelle utilisée dans l'évaluation des réserves, prouvées (1P), probables (2P) et possibles (3P), l'Algérie vient d'ajouter une 4ème catégorie, les réserves présumées (ou 4P). Il faudrait aussi s'attendre à une rentabilité beaucoup moindre que celle habituelle des hydrocarbures conventionnels car la technologie est totalement aux mains des étrangers et ceux-ci ne s'aventurent pas pour des marges de 10 ou 20%. Il faudrait que l'Etat fasse de réelles concessions sur sa part de production et sur la fiscalité et révise sérieusement ses prétentions en matière de transfert de technologie. Ceux qui comptent sur l'aspect écologique pour faire reculer le gouvernement se trompent. Il n'en a fait et n'en fera jamais cas devant les arguments sonnants et trébuchants.
LES CLIMATISEURS ET LES VOITURES VONT RUINER L'ALGERIE
Et pendant ce temps, quelle est la politique énergétique du gouvernement et que compte-t-il faire pour empêcher cette catastrophe annoncée pour les finances publiques et pour le pays ? Va-t-il rationnaliser la consommation, initier les politiques de sa limitation pour essayer de repousser les échéances? Va-t-il se donner le temps pour que les énergies alternatives (gaz de schiste ou solaire) deviennent plus matures et plus rentables? Non, il accompagne le mouvement et veut même le précéder en projetant tout simplement de doubler en l'espace en quelques années la production de l'électricité et des carburants. Il fait aussi de la diversion avec ses projets irréalistes tel que le plan sur les énergies renouvelables en oubliant cette vérité première: l'énergie solaire n'est pas encore rentable dans les pays où l'énergie est chère et a fortiori ne le sera jamais dans un pays où seulement une fraction du prix est payée. Le plus consternant est que cette explosion de la consommation interne d'énergie n'est pas le fait d'un développement économique fulgurant qui pourrait prendre par les exportations la relève du pétrole. La réalité est plus navrante, ce n'est en faite que le résultat d'une augmentation du confort domestique par la multiplication des climatiseurs et personnel par celui des voitures. Le temps où il faudra choisir entre le pain dans les boulangeries et les climatiseurs n'est pas aussi lointain qu'on le pense. En fait, si le gouvernement ne réussit pas à infléchir les trajectoires suicidaires de consommations domestiques d'électricité et de carburants, l'avenir morose qu'on redoutait pour nos enfants, on risque de le subir nous-mêmes à très brève échéance

Source Le Quotidien d’Oran B.Mahdi

Le Pèlerin

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 08:03

Camus – L’Ami des Algériens
albert-camus.jpg

Sur tous les étals des librairies algériennes, on retrouve : l’Etranger, la Peste, l’Homme révolté, et bien d’autres romans de l’auteur français natif d’Algérie, en l’occurrence Albert Camus. Et ces œuvres sont exposées à des prix accessibles à toutes les bourses, à des coûts inférieurs, parfois, aux livres de Kateb Yacine ou de Mouloud Feraoun, et ce, dans le seul but de faire connaître et encourager la jeunesse algérienne à découvrir Camus, à faire aimer cet humaniste qui a tant défendu l’absurdité de la condition humaine.
Contrairement à ce qui a été dit ce 4 janvier, jour de la commémoration du 50e anniversaire de la mort de l’écrivain, dans les colonnes de la revue l’Express, que les Algériens éprouveraient un malaise, voire un rejet, envers l’auteur, comme l’intitule l’article «Camus, le mal-aimé des Algériens…» (http://www.lexpress.fr/culture/alber t-camus-mal-aime-de-la-pressealgerienne_ 839869.html) Pure spéculation, inexactitude, nous déclare la directrice de maison d’édition Dar el Manel. Les Algériens respectent l’homme de lettres qui s’est engagé à leurs côtés pour crier haut et fort l’anticolonialisme français et dénoncer l’injustice et l’oppression faite au peuple algérien. Ce prix Nobel a mené un combat pour l’Algérie, a été ferme dans sa position. Et en proposant, en 1956, une trêve civile, Camus a suscité la colère du président du Conseil, P. Mendès, et provoquait la colère des antagonistes qui scandaient dans les rues d’Alger «A mort, Camus !» «Comment l’Algérie blessée d’autrefois et l’Algérie guérie d’aujourd’hui pourrait-elle renier celui qui a failli se faire tuer par ses frères pour elle ?» s’interroge, notre interlocutrice, Mme Fennouche. Par ailleurs, nous fait remarquer un professeur de lettres étrangères, les médias francophones algériens ne consacrent pas la une de leurs journaux à cet écrivain, à l’instar de Frantz Fanon, car ce dernier a condamné le colon et aussi milité pour l’indépendance, ce docteur a marqué la mémoire des Algériens pour son soutien à la liberté. Là est la différence, mais Camus s’est levé devant le monde entier défendant la cause algérienne, et cela nous suffit pour aimer Camus, ajoute cet intellectuel. L’œuvre du fils de Mandiovi est enseigné dans nos universités, présent dans nos librairies, débattu dans nos salles de conférences. Nous connaissons les valeurs des hommes de lettres, notamment ceux auxquels la terre algérienne a été une source d’inspiration et nous savons respecter les choix et les engagements des humanistes. Pas d’amalgame entre histoire, littérature, position et opinion, souligne ce professeur. Aussi, nous rappelons aux intellectuels du monde entier, plus particulièrement aux Français, qu’Albert Camus est l’ami des Algériens et nous le commémorons à notre manière, soit à l’algérienne, conclut cet homme de lettre.
Source Le Soir d’Algérie Bennaceur
Le Pèlerin

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 07:39

Un rapport apaisé à la langue française

Communiquer en francais

"Butin de guerre», «idiome élitiste» ou «troisième langue nationale» ? Cinquante ans après l’indépendance, le statut de la langue française a épousé les grands bouleversements de la société algérienne.

Langue de conflit idéologique des années 1970-1980, le français n’est plus considéré «ni comme la langue du colonisateur ni comme une langue étrangère», selon l’écrivain de langue arabe, Bachir Mefti. «Le français fait partie intégrante de notre vie sociale quotidienne. Il se mélange parfaitement à l’arabe parlé, est présent partout, dans la rue et dans la bouche de nos officiels», ajoute l’un des jeunes auteurs arabophones algériens les plus lus du moment. En chiffres, l’enquête menée par le Centre national d’études et d’analyse pour la planification (CNEAP) démontre que, au niveau des enseignants, toutes disciplines confondues, la langue française recueille 53,33% des préférences par rapport à l’anglais qui n’en recueille que 40%.

Selon la même étude, les étudiants ont exprimé la même préférence avec l’indice de 85,22% contre 14,88%. Les résultats de la première enquête (CNEAP) montrent que «la langue française est de loin la mieux maîtrisée par les interrogés qui répondent qu’ils la maîtrisent très bien pour 44,21% d’entre eux et bien pour 28, 84% d’entre eux, ce qui représente en tous 73,05% des opinions sur les 1314 exprimées». Et d’après les chiffres de l’Organisation internationale de la francophonie, dont l’Algérie n’est que membre observateur, «le nombre de personnes, âgées de cinq ans et plus déclarant savoir lire et écrire le français, est de 11,2 millions, soit 33% (un tiers) des 34,4 millions d’Algériens» (chiffres de l’ONS en 2008).

Au-delà des chiffres, de la dynamique des médias ou de l’édition en français et de la présence de la langue dans l’enseignement et l’université, il reste que la langue française tient aussi sa place en Algérie du fait de sa propre mutation vers un statut moins marqué idéologiquement. «Il y a une dizaine d’années ou plus, mes étudiants hésitaient à se documenter en français, ils étaient encore dans cette vision de la “langue du colonialisme’’, note la linguiste Khaoula Taleb Ibrahimi de l’université d’Alger, mais ces dernières années, j’ai perçu un changement d’attitude. Parce que cette jeune génération est dans un rapport au monde, dont la France fait partie.». Aux yeux de la spécialiste «il y a une sorte de normalisation de ce rapport au français, nous ne sommes plus dans cette ambivalence, dans ce déchirement entre la langue du colon et la langue qui porte la modernité».

Depuis longtemps, les deux langues sont restées prisonnières de ce schéma. «L’arabe est ainsi “rétrograde’’, “réactionnaire’’, alors que le français reste “la langue de la modernité’’, regrette l’auteur Bachir Mefti. Mais le vrai problème qu’on essaie d’éviter, c’est qu’on n’a pas introduit la langue arabe dans la modernité, dans sa propre modernité.» Dans une récente étude sur la transition en Algérie, le sociologue Nacer Djabi souligne que «depuis au moins les années 1990, avec tout ce traumatisme qu’ont engendré les violences, le débat s’est rationalisé loin des joutes idéologiques.

Les bouleversements qu’a connus la société algérienne face à la mondialisation économique et aux enjeux de la distribution de la rente pétrolière depuis le début des années 2000 a déplacé les lignes de front.» Le statut officiel de «langue étrangère» reste une fiction vu l’étendue de ses champs sociaux en Algérie. Et même les quelques tentatives d’infuser la langue anglaise dans les premiers cycles de l’enseignement n’ont pas entamé sa prééminence. Il ne faut pas, conseille un spécialiste, appréhender cette question en termes de hiérarchie des langues : l’arabe et tamazight ont déjà leur propre place dans notre culture et notre quotidien, comme marqueur civilisationnel.

Or, «la vraie problématique aujourd’hui se résume à la reconnaissance enfin officielle du Maghreb comme carrefour multilinguistique. Les entités politiques maghrébines, depuis le Moyen-Âge, n’ont jamais été aussi stables et puissantes que lorsqu’elles ont accepté cette diversité, cette richesse entre l’arabe, le latin, l’hébreu, le tamazight et les langues du sud de l’Europe», assène un ancien membre de la commission de réforme de l’éducation.
Source El Watan Adlène Meddi

Le Pèlerin

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 07:28

Algérie - Tlemcen se prépare à recevoir François Hollande

Tlemcen vue depuis le plateau lalla-setti

Tout doit être fin prêt pour jeudi 20 décembre, puisque la ville s’apprête à recevoir un hôte de marque, François Hollande, président de la République française. «C’est un moment historique pour notre ville, explique Abderrahmane, 45 ans, enseignant. Elle est en train de devenir une cité de premier plan à l’échelle non seulement nationale, mais maghrébine et méditerranéenne.» La plupart des Tlemcéniens avouent être fiers de ce qui les attend la semaine prochaine. «Tlemcen sera au centre de l’Algérie et de la France, nous sommes heureux de recevoir un invité tel que François Hollande, et il faut dire que si c’était Sarkozy, peu de monde l’aurait accueilli, nous n’aurions pas changé nos habitudes», lancent des jeunes rencontrés à proximité du mythique Mechouar.

Du côté de la place Emir Abdelkader, en plein centre-ville, des retraités passent le temps, malgré la fraîcheur. «Vous savez, constate Aâmmi Saïd, 83 ans, ancien cheminot, j’ai attendu ce moment toute ma vie. Pourtant en 1960, j’avais l’opportunité d’aller voir de Gaulle à l’occasion de sa fameuse ‘’tournée des popotes’’ (appelée ainsi, parce le chef de l’Etat français de l’époque voulait éviter Alger et ses ultras de l’Algérie française, ndlr).

Mais, inch Allah, je serai là pour rencontrer celui qui fera oublier le ‘’Hongrois’’ !» Dans le quartier Agadir, à quelques encablures du Centre culturel islamique et de l’hôtel Les Zyianides, Mourad, restaurateur, reste perplexe quant à la visite du président français : «Ça ne me concerne pas. Moi, je suis préoccupé par la vie de tous les jours. Hollande va venir, il va parler et il va repartir, oum’baad ? Et après ? Tout sera comme avant, voilà. Moi, j’attends surtout que Bouteflika, améliore nos conditions de vie, c’est pour ça que nous l’avons élu, non ? Hollande, il aurait dû aller ailleurs, parce que jeudi prochain, il y aura des policiers comme si nous étions à Alger.»  Naïma, étudiante en droit, s’intéresse surtout à la question des visas: «Il est nécessaire de revoir les Accords de 1968. Moi-même, j’ai envie de continuer mes études en France, mais avec de tels accords qui, pour moi, sont devenus obsolètes, je risque de mener une vie plus que difficile de l’autre côté de la Méditerranée. Justement j’espère qu’il va les évoquer jeudi.»

Des stars du CAC 40 avec Hollande

La signature de l’accord pour l’usine de montage Renault, prévue parmi la quinzaine d’accords que devra conclure François Hollande mercredi et jeudi prochains, pourrait se faire sans Carlos Ghosn. Le PDG, en déplacement à l’étranger à ces dates-là, n’a pas encore confirmé sa présence avec la délégation des chefs d’entreprise qui accompagnera le président français. Cependant d’autres prestigieux patrons et vedettes du CAC sont attendus, à l’image de Patrick Kron, PDG d’Alstom (une usine d’assemblage de tramway est annoncée pour 2013), Olivier-Marie Racine, PDG de Bouygues Bâtiment International, Stéphane Richard, PDG de France Télécom-Orange, ou encore Bruno Lafont, PDG de Lafarge. Habib Fekih, président d’Airbus Moyen-Orient et Afrique du Nord, Jacques Gérault, directeur des Affaires publiques d’Areva, Jean-Marie Dauger, directeur général adjoint de GDF Suez, Antoine Ortoli, senior vice-président de Sanofi, Jean-Louis Chaussade, directeur général exécutif de Suez Environnement, Reynald Seznec, PDG de Thalès International (il est question d’un accord sur la coopération dans le secteur de la défense) seront aussi du voyage.
Source El Watan Mélanie Matarese

Le Pèlerin

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 07:18

A quelques jours du «Réveillon» - Les touristes évitent le Sahara algérien

tourisme saharien

 

Si le désert algérien ne draine plus beaucoup de monde comme ce fut le cas durant les années d'avant le terrorisme, ce n'est certainement pas parce qu'il a cessé d'enchanter. Loin s'en faut ! C'est juste qu'il a fallu que les conditions de cette décadence – il s'agit bien d'une décadence –  soient réunies. Et de ces conditions, il y a bien celles qui ont trait aux politiques touristiques qui n'encouragent ni les Algériens ni encore – et c'est plus dramatique – les étrangers à s'y rendre.

M. Bachir Djeridi, président du Syndicat national des agences de voyages, ne mâche pas ses mots quand c'est de la tutelle qu'il s'agit. «Ce sont plus de 180 agences, spécialisées dans le tourisme saharien qui souffrent et qui risquent de mettre la clé sous le paillasson. Nous avons demandé d'effacer leurs dettes fiscales et parafiscales, mais la tutelle ne veut rien entendre. D'ailleurs, le nouveau ministre, en poste depuis 103 jours maintenant (jusqu'à hier, ndlr), n'a pas daigné, jusqu'à présent, nous recevoir et prendre en charge nos doléances». A la question de savoir à combien s'élèvent les dettes de ces agences, notre interlocuteur préfère répondre autrement : «C'est une goutte d’eau dans un océan ! N'oublions pas qu'il n'y a pas que les agences qui profiteraient d'un tourisme florissant. Il y a aussi les artisans, les guides, les chameliers, les commerçants… Tous souffrent de la politique de la tutelle à notre égard».  Il n'hésitera pas à avouer l'intention des agences de voyages de couper tout lien avec la tutelle, «si les choses continuent ainsi». «Nous allons, dit-il, boycotter toutes les commissions pluridisciplinaires et interministérielles».

Mais le plus grand mal que subissent les agences de voyages en particulier et le secteur du tourisme en général, vient de la procédure «dissuadante» de l'obtention de visa  pour les étrangers. Une procédure qui, de par sa lenteur et le casse-tête qu'elle impose, fait que beaucoup de personnes voulant se rendre dans le désert algérien renoncent ou n'entament pas tout simplement les démarches interminables, surtout quand on sait que se rendre dans un pays concurrent ne nécessite que quelques formalités.

Revenant au tourisme local, qui ne nécessite pas de visa, le président du Syndicat national des agences de voyages, déplore le fait que les Algériens n'aient pas l'habitude de se rendre dans le désert algérien qui est pourtant un endroit idéal pour le «ressourcement, la remise en cause, le repos…». Là aussi, les politiques adoptées par la tutelle et ses partenaires ne sont pas à même de promouvoir la destination saharienne. L'exemple que nous fournira M. Djeridi, sont les réductions que la compagnie algérienne, Air Algérie, qui ne sont pas assez adéquates, notamment dans le temps, aux besoins de la promotion de cette destination. «L'année passée, elle (Air Algérie, ndlr), a décidé des réductions de 50% sur tous les vols à destination du Sahara, et ce, du 1er septembre à fin février. Sauf que durant les vacances d'hiver et de printemps, les réductions ne sont que de 30%», dit-il et d'ajouter : «Et ça doit être dans le cadre des voyages organisés dont les groupes ne doivent pas être inférieurs à 15 personnes». Pour cette année, M. Djeridi se félicite que la compagnie aérienne nationale ait gardé la réduction de 50% pour toute la période choisie, et réduit le nombre de personnes d'un groupe à 10. Une politique louable, mais insuffisante dans ce sens où il faut davantage de promotions pour faire découvrir le désert aux nationaux.

S'agissant de la sécurité dans le Grand Sud, notre interlocuteur, assurant que le risque zéro n'existe nulle part, dira que tous les circuits autorisés sont bien sécurisés. 

Source Les Débats Hamid Fekhart

Le Pèlerin

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 07:14

L'Algérie doit miser sur le savoir

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«J'aime bien les Arabes parce que, quand ils n'ont pas de travail, ils en profitent pour ne rien faire, ce qui fait qu'ils ne perdent jamais bêtement leur temps.» Georges Wolinski

Il y a quelques jours, les pays de l'Opep se sont réunis à Vienne pour décider d'un statu quo concernant la production de pétrole «Nous allons maintenir» le plafond de production actuel, fixé à 30 millions de barils par jour (mb/j) pour l'ensemble des 12 Etats membres, «rien ne change à la situation actuelle», a indiqué le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaïmi à l'issue de la 162e réunion ministérielle du cartel à Vienne, son siège.
Ce plafond, adopté en décembre 2011 et reconduit en juin sans impartir de quotas individuels par pays, est cependant largement dépassé par la production réelle, puisque les 12 Etats membres pompaient en novembre 31,22 mb/j de brut au total, selon des chiffres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Et ce, en dépit de l'effondrement de la production iranienne (-25% en un an), pénalisée par les sanctions internationales, l'Arabie Saoudite ayant gonflé son offre pour compenser et l'Irak continuant de gonfler sa production au fur et à mesure de l'essor du secteur pétrolier du pays. «Le marché est suffisamment approvisionné (...) nous produisons ce dont le marché a besoin», d'après le ministre émirati de l'Energie se disant «satisfait» des prix actuels du baril à 110 dollars. Les membres de l'Opep ont cependant prévenu dans le communiqué final de la réunion qu'ils «se tiendraient prêts à réagir rapidement à tout développement ayant un impact négatif sur le marché du pétrole».
La réalité du marché pétrolier: l'essor décisif de la technologie
L'industrie énergétique mondiale connaît, déclare Nordine Aït Lahoussine un certain nombre de transformations fondamentales. En termes de consommation, celle des pays de l'Ocde, par exemple, qui représente plus de la moitié de la consommation mondiale, baisse depuis 2005. Lorsque vous regardez les prévisions à long terme, vous vous apercevez qu'aucune projection ne permet de penser que la consommation de l'Europe, des Etats-Unis ou du Japon va se relever. Il faut donc se préparer à une baisse de la demande pétrolière. Les pays riches se sont, en effet, organisés pour dépendre de moins en moins du pétrole...(1)
C'est la même analyse que fait le journal L'Expansion: «Déjà, les Etats-Unis, le Canada et le Mexique pompent davantage de brut que l'Arabie Saoudite, l'Irak et l'Iran réunis. Les Etats-Unis, portés par l'essor du schiste, pourraient même détrôner dès 2017 l'Arabie comme premier producteur de pétrole, estime l'AIE. L'Arabie Saoudite continue de compenser la chute de l'offre iranienne, minée par les sanctions internationales contre Téhéran. Et l'Irak muscle vigoureusement sa production (+20% entre février et novembre) à la faveur de l'essor du secteur pétrolier du pays. Cependant, «si les pays de l'Opep interprètent mal les besoins réels du marché et ne réduisent pas leur production en fonction, ils pourraient bien faire face à une chute des prix du baril» sous 100 dollars «dans les prochains mois», mettent en garde les experts du Centre d'études énergétiques mondiales (Cges).»
«De fait, dans un environnement économique morose, hanté notamment par les difficultés de la zone euro, la consommation mondiale de brut devrait croître faiblement en 2013 (+865.000 barils par jour selon l'AIE). Dans le même temps, la production des pays en dehors de l'Opep, dopée par le boom des hydrocarbures non conventionnels (le pétrole de schiste) aux Etats-Unis, devrait augmenter de 900.000 barils/jour. Conséquence, la demande pour le brut de l'Opep se contractera à 29,7 mbj l'an prochain selon les prévisions du cartel (1,5 mbj de moins que leur production actuelle). Face à la surabondance d'or noir, les prix pourraient décrocher, au grand dam des pays exportateurs. Dans ces conditions, «le respect du plafond devrait rester médiocre (...), chaque pays ayant intérêt à» maximiser ses revenus, tandis que l'explosion de l'offre pétrolière extérieure à l'Opep contrariera tout effort de sa part pour soutenir le marché, tempère Julian Jessop, de Capital Economics, tablant sur un baril à 85 dollars fin 2013».(2)
L'autisme et la responsabilité des pays producteurs de pétrole
Faisant comme s'ils n'étaient pas concernés et apparemment autistes, les pays producteurs décident comment garder leur rente en maintenant un niveau de production qui ne fasse pas chuter les prix. Pendant ce temps, 32 milliards de tonnes de CO² vont dans l'espace, soit l'équivalent de 5 tonnes par habitant/an. Il faut cependant distinguer entre les 20 tonnes du citoyen américain, et les 45 tonnes du Qatari qui gaspille en 4 jours ce que consomme le Sahélien pour vivoter en gros une année! Et c'est à ce pays que l'on confie les destinées de la planète en ce qui concerne la moralisation de la consommation d'énergie. A Qatar, les 190 délégations se sont agitées et ont consommé pour leur déplacement en avion et leur séjour dans l'émirat de la démesure, en 15 jours, la consommation d'un Africain en une année. Malgré les réticences des climato-sceptiques, il semble établi que l'activité humaine est en grande partie responsable du réchauffement climatique. Dans cet ordre, les données sont accablantes pour les pays industrialisés: entre 1900 et 2004, plus de 850 milliards de tonnes de CO² ont été envoyées dans l'atmosphère créant un effet de serre responsable de ce réchauffement climatique. Les pays du Sud rendent ceux du Nord responsables de la débâcle climatique et demandent de l'aide pour les «pertes et dommages» en vue de faire face au changement climatique. (3)
La réalité de l'Opep, une organisation de rentiers au service des Occidentaux
Petite rétrospective: l'Opep des années 60, Organisation se battant pour la souveraineté des pays membres et pour un juste prix du pétrole a vécu. Son heure de gloire a été vécue au début des années 70 et à cette époque chacun reconnait le rôle moteur de l'Algérie qui, bien qu'avec une production de 10% de celle de l'Arabie Saoudite, influait sur les décisions à telle enseigne que c'est Belaïd Abdesselam et Zaki Yamani qui étaient les porte-parole pour justifier le relèvement des prix du pétrole auprès des pays occidentaux. Forte de l'aura de la Révolution et de sa détermination, l'Algérie menait un véritable militantisme et oeuvrait d'une façon constructive au sein de l'Opep, elle était à l'époque, aussi influent que l'Arabie Saoudite ou l'Iran. Avec ces deux pays, nous avions une influence considérable sur les prix. Les revenus avaient été multipliés par 15. De 1965 à 1978, tout le tissu industriel réalisé et qui sert encore de nos jours l'a été avec une rente de 22 milliards de dollars. Depuis, nous avons reçu plus de 700 milliards de dollars et les réalisations sont marginales ne créant pas de richesse 1974: Henry Kissinger décide de la création de l'AIE dont le but avoué était de casser l'Opep. Résultat des courses, dix ans plus tard malgré tout ce que l'on peut raconter, l'Opep a cessé d'être influente, elle a perdu son marker crude: l'Arabian Light, elle se permet de suivre fidèlement les injonctions. On aurait pensé que cette organisation tiers-mondiste allait disparaître avec le siècle, il n'en fut rien, car elle a changé de vocation: elle est chargée de discipliner les membres récalcitrants et appliquer les décisions des pays industrialisés. Le pays qui joue le rôle de gardien est sans conteste l'Arabie Saoudite qui fait ce qu'elle veut (les pays du Golfe le suivant). Actuellement, elle est en train de compenser- sur instruction de ses supérieurs- le pétrole iranien amputé de 25%. Ce pays participant dans une réunion surréaliste aux côtés des pays du Golfe au maintien du quota pour que le prix ne s'effondre pas. Il est pratiquement sûr que l'abondance du pétrole hors Opep va affaiblir l'Opep, voire la faire disparaitre et avec elle les pays rentiers. Ce qu'il faut savoir, exception faite de l'Iran, les pays musulmans arabes de l'Opep, c'est le désert du savoir: 1 publication par million d'habitants, en Europe 55 et aux Etats-Unis 100. Cherchez l'erreur!!
Et l'Algérie dans tout ça?
Dans une interview décapante et sans concession, M.Aït Lahoussine, ancien vice-président de Sonatrach, ancien ministre de l'Energie: «Pour ce qui est de l'Algérie, s'il y a un fait sur lequel j'insisterai, c'est que notre production d'hydrocarbures est en train de baisser. Ceci intervient à un moment où la demande mondiale connaît un certain fléchissement, compte tenu de la situation économique et de la récession à travers le monde.
Le fait est là: l'exportation de notre richesse en hydrocarbures - pétrole et gaz - représente toujours plus de la moitié de notre produit national brut (PNB). En Norvège, par exemple, cette part n'est que de 25%.
La moitié de la richesse produite dans l'année provient des hydrocarbures. C'est la preuve que notre économie n'est pas diversifiée. Nous restons toujours tributaires du cours du pétrole: si le cours du pétrole chute, c'est tout le pays qui risque de se trouver par terre. Quant aux recettes d'exportation des hydrocarbures, elles atteignent 95%, voire plus, du total des recettes! Aujourd'hui, les USA ont trouvé tellement de shale gas qu'ils envisagent de l'exporter sous forme de gaz liquéfié ou GNL. Depuis, les Etats-Unis ont installé une vingtaine de projets de liquéfaction destinés à l'exportation. En fait, il se dit qu'à l'horizon 2020-2025, les USA exporteraient 60 à 70 millions de tonnes de GNL, tout le problème est donc là: est-ce qu'on est conscient de ces changements? Est-ce qu'on les prend au sérieux et est-ce qu'on s'y prépare sérieusement?» (...) L'on parle chez nous de l'éventualité d'une production de gaz de schiste comme si on avait le choix de nous en passer. Nous sommes dans l'obligation d'y aller.
Monsieur Aït Lahoussine a sans doute raison sur l'argumentaire visant à montrer que l'Algérie continuera à se tenir le ventre chaque fois que le prix du pétrole descend au-dessous de 100 $. C'est-à-dire que notre loi des finances est indexée sur le bon vouloir du marché et de ceux qui le manipulent. Là où je suis totalement opposé à sa vision sur la fuite en avant qu'il prône en appelant à aller vers l'exploitation des gaz de schiste. C'est un très mauvais signal qu'ils donnent aux Algériens,en les incitant au farniente: «Le gaz de schiste veillera sur votre paresse et gabegie.»
Il est aussi dans son rôle si l'on se place dans une perspective capitaliste qui est celle de la gestion de l'offre et de la demande de flux d'énergie dont il faut maximaliser les prix, mais la situation de l'Algérie fait appel en plus à d'autres paramètres qui sont ceux de donner une perspective réaliste non pas basée sur le «il y a qu'à». Ces analyses de stratèges installés physiquement et idéologiquement à dix mille lieux ne perçoivent pas la réalité d'une Algérie profonde qui peine à se redéployer. Il est inconvenant de notre point de vue, de surfer sur le magister dixit occidental qui veut que le gaz de schiste, c'est le rêve!
J'aurai voulu pour ma part que M. Aït Lahoussine porte de la voix - au vu de son magister moral et intellectuel - avec moi et tous les besogneux qui sont restés au pays pour entretenir la flamme de la science, pour dire basta! Il faut aller vers une stratégie énergétique basée sur le savoir authentique qu'il faut développer à marche forcée. Seuls des états généraux sur le futur de l'énergie pourront nous donner une perspective pour les générations futures. L'Université doit être au coeur de ce combat.
Le futur: place à l'intelligence
Le monde change à toute vitesse à la fois d'une façon scientifique et il est fort probable que le marché de l'énergie va changer avec l'apport de nouvelles sources d'énergie, le développement accéléré et rentable du renouvelable, comme à titre d'exemple cette invention d'une société israélienne de biotechnologie qui affirme pouvoir remplacer les énergies fossiles par des eucalyptus à croissance rapide. Le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Indonésie et la Chine pourraient accueillir d'immenses plantations d'eucalyptus génétiquement modifiés poussant 40% plus vite que la normale, dont le bois pourrait servir à la fabrication de papier, de carburant ou de granulés pour centrales électriques. Les eucalyptus génétiquement modifiés produiraient près de 104 m3 de bois par an et par hectare, à comparer à une moyenne de 80 m3 pour l'ensemble des bois destinés à la production d'énergie au Brésil.(4)
D'autre part, une étude américaine nous apprend que le futur de l'Europe notre partenaire de proximité est problématique et que le monde se réorganisera. Nous lisons: l'Europe ne se désintégrera pas et restera une grande puissance en 2030, mais la question essentielle est de savoir si l'UE s'investira collectivement dans l'avenir, d'après un récent rapport américain de renseignements qui envisage trois scénarios possibles pour l'Union: le déclin, l'effondrement ou la renaissance. En 2030, l'Asie aura dépassé l'Amérique du Nord et l'Europe en termes de puissance mondiale, sur la base du PIB, la taille de la population, des dépenses militaires et l'investissement technologique. Seule la Chine considérée comme le pays ayant probablement la plus grande économie, dépassera celle des États-Unis quelques années avant 2030. Outre la Chine, l'Inde et le Brésil, les acteurs régionaux tels que la Colombie, l'Indonésie, le Nigeria, l'Afrique du Sud et la Turquie deviendront particulièrement importants pour l'économie mondiale.» (5)
«Pendant ce temps, les économies de l'Europe, le Japon et la Russie sont susceptibles de poursuivre leurs lents déclins relatifs. Mais le glissement du pouvoir national peut être éclipsé par un virage encore plus fondamental dans la nature du pouvoir, affirme le rapport. «Validé par les technologies de communication, le pouvoir se déplacera vers les réseaux multiformes et amorphes qui formeront à influencer les actions des États. Les pays disposant des fondamentaux les plus solides - PIB, la taille de la population, etc. - ne seront pas en mesure de s'imposer sauf s'ils apprennent également à utiliser dans les réseaux et les coalitions dans un monde multipolaire. La demande de nourriture augmentera d'au moins 35% d'ici 2030 alors que la demande pour l'eau va monter en flèche de 40%. Près de la moitié de la population mondiale vivra dans des zones subissant un stress hydrique sévère. Les États fragiles d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient vont souffrir, mais la Chine et l'Inde aussi. De nombreux pays n'auront probablement pas les moyens d'éviter les pénuries de nourriture et d'eau sans une aide massive de l'extérieur.» (5)
Nous sommes avertis. Ce n'est pas le fait de s'accrocher à une organisation moribonde qui nous sauvera. Un cap mobilisateur, une formation et une recherche de qualité sont les seules défenses immunitaires et non les gaz de schiste qui nous permettront de conjurer le mauvais sort. Vouloir coller à l'Opep, une organisation moribonde, ne nous apportera rien. Notre avenir est ici et maintenant C'est tout le souhait que nous appelons de nos voeux.
1. Nordine Ait Laoussine «Gaz de schiste: nous sommes obligés d'y aller» Le Soir d'Algérie
2. http://lexpansion.lexpress.fr/economie/l-opep-condamnee-a-reduire-sa-production-pour-soutenir-les-prix-du-petrole_364909.html
3. C. E. Chitour: Le fiasco des négociations climatiques à Doha L'Expression 10.12.2012
4. John Vidal: Des arbres OGM dans votre moteur: The Guardian 12 Décembre 2012
5. http://www.euractiv.com/node/516594? utm_source=EurActiv+Newsletter&utm_campaign=3b5fa42221-newsletter_dernieres_ infos&utm_medium=email 13 décembre

Source L’Expression

Le Pèlerin

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 07:14

Inscrire la relation bilatérale dans la «durée» et la «cohérence»

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La visite de François Hollande en Algérie les 19 et 20 décembre est en soi «historique», «elle intervient alors que l’Algérie célèbre le cinquantième anniversaire de son indépendance», indique l’Elysée. Cette visite est portée par l’idée de «l’inscription de la coopération bilatérale franco-algérienne dans la continuité, la durée et la cohérence». Elle sera finalisée par l’adoption d’une déclaration commune.

Il y a de part et d’autre un souci partagé de relancer la coopération bilatérale», une relation «dense» mais qui «mérite d’être encouragée», avec l’ambition de «construire un partenariat d’égal à égal», ajoute-t-on de même source officielle.
«La relation franco-algérienne est ancienne, marquée par la colonisation, par la guerre, par un conflit de mémoire important. Il ne s’agit pas pour le président Hollande d’évacuer ce passé.» Et de faire remarquer que les gestes qu’il a faits avant son élection et depuis qu’il est à la tête de l’Etat français montrent qu’il est «conscient de ce passé douloureux». «Même si on voulait l’occulter, ce serait impossible. Ce n’est pas le souhait du président Hollande.» Il reste que de part et d’autre, il est souhaité une «relation tournée vers l’avenir», «avec la conscience du passé mais sans être enfermés dans une discussion sans fin sur le passé». Il appartiendra au président Hollande de le dire en Algérie avec les mots qui sont les siens. La question de la repentance, selon l’Elysée, est une fausse question. La question est celle de la reconnaissance avec lucidité.

La visite du président Hollande en Algérie sera actée par une déclaration conjointe, une sorte de feuille de route du développement des relations entre les deux pays dans leur globalité, que ce soit au niveau de la politique internationale, de la coopération économique, culturelle, scientifique. C’est d’une certaine manière la traduction du pacte d’amitié qui n’a pu voir le jour sous la présidence de Jacques Chirac.

Une quinzaine d’accords seront signés

Une quinzaine d’accords devront être signés par les deux parties. Ils concernent, entre autres, la ratification des instruments de l’accord de 2008 portant sur la coopération militaire, un secteur où la France était très présente jusque dans les années 1990. Un accord sur l’installation d’une usine d’assemblage de véhicules Renault, un accord sur la création d’une université technologique pour la formation de techniciens supérieurs dont l’Algérie a besoin. Des accords économiques impliquant des entreprises dont certaines, présentes depuis longtemps en Algérie, souhaitent élargir leur activité comme Alstom. Dans le secteur de l’énergie, l’Algérie fournit 12% de la consommation de gaz du marché français.

Pour approfondir et entretenir le dialogue politique, la déclaration commune prévoit la création d’un séminaire interministériel qui réunira tous les ans les ministres impliqués par la coopération bilatérale.
Concernant les visas dont le nombre atteint 200 000, d’ici la fin de l’année (plaçant les Algériens au deuxième rang après les Russes), il n’y a pas eu de demande de la part des autorités algériennes de traitement de ce dossier de manière particulière, souligne-t-on à l’Elysée. L’Algérie souhaite conserver l’Accord de 1968. «Nous sommes prêts à discuter de ce dossier sans préjugés», ajoute-t-on.
Les entretiens officiels porteront, au plan international, sur le dossier du Sahel avec la question du Nord-Mali et de la lutte anti-terroriste, «un défi commun pour nos deux pays», indique-t-on de source officielle. «Il y a un consensus international sur le risque que fait peser AQMI ou le Mujao sur la stabilité régionale» et «la question d’AQMI et du trafic de drogue et d’armes nécessitent un traitement militaire». Et de relever que la discussion, au niveau des Nations unies, porte sur «les modalités de cette intervention». «Il ne faut pas que cela soit une intervention du sud du Mali contre le nord du Mali. C’est une intervention qui vise le terrorisme.» «Tout le monde n’a pas la même analyse sur Ançar Eddine ou le MNLA», pour ensuite avancer qu’il y a «un dialogue avec Alger sur le danger de l’insécurité dans la région du Sahel». Y a-t-il une offre de coopération militaire de la part de la France pour aider l’Algérie à sécuriser sa frontière avec le Nord-Mali ? «Je ne crois pas que ce soit la démarche d’Alger.»

Les entretiens entre les chefs d’Etat français et algérien porteront également sur la question de la Méditerranée qui est «importante avec la relance du dialogue des 5 + 5 et de l’Union pour la Méditerranée sur de nouvelles bases», sur la crise en Syrie, sur le conflit israélo-palestinien. La question du Sahara occidental sera-t-elle abordée ? «Certainement.» Concernant les divergences de vue entre Alger et Paris sur des dossiers internationaux, comme certains de ceux cités précédemment, «nous ne sommes pas obligés d’être d’accord sur tout pour dialoguer. Ce qui compte c’est la qualité du dialogue».  Les dossiers déclinés représentent «beaucoup de travail en perspective», pour leur mise en œuvre.

L’hommage du président français à Maurice Audin :

La séquence mémorielle symbolique forte du programme de la visite d’Etat du président Hollande en Algérie sera son déplacement à la place Maurice Audin, mercredi.

Maurice Audin, militant algérien de l’indépendance nationale, a été arrêté le 11 juin 1957 en pleine Bataille d’Alger par les parachutistes.

«Comme beaucoup d’autres Algériens, il a été atrocement torturé, jusqu’à la mort. Comme pour beaucoup d’autres Algériens, les militaires français, responsables de son assassinat, ont prétendu qu’il s’était évadé au cours d’un transfert. Les autorités civiles, militaires, juridiques françaises s’en sont toujours tenues à cette thèse», écrit Josette Audin, son épouse, dans une lettre adressée au président Hollande en août dernier pour lui demander d’agir pour que la vérité sur la disparition de son époux puisse être «connue et reconnue».

Et aussi : «Comme le président de la République, Jacques Chirac, l’a fait pour condamner la rafle du Vel d’Hiv, j’espère que vous ferez aussi, au nom de la France, non pas des excuses pour des actes qui ne sont pas excusables, mais au moins une condamnation ferme de la torture et des exécutions sommaires commises par la France pendant la guerre d’Algérie.»
Madame Audin est-elle enfin entendue.

En se rendant sur la place qui porte le nom de l’illustre militant de l’indépendance de son pays natal, l’Algérie, pour honorer sa mémoire, le chef de l’Etat français, François Hollande est-il prêt à accéder à la demande de Mme Audin ? A-t-il entendu sa requête : celle de condamner la torture et les exécutions sommaires commises par la France pendant la guerre d’Algérie.

La mémoire et l’histoire seront également évoquées lors des entretiens entre le chef de l’Etat français et son hôte, le résident Bouteflika.
Le président Hollande y fera aussi référence dans l’allocution qu’il prononcera devant les parlementaires des deux Chambres du Parlement algérien, précise-t-on de source officielle française.

La délégation officielle :

François Hollande sera accompagné par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, en charge des Cultes, Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, qui ont déjà fait le déplacement à Alger pour préparer les dossiers qui seront au centre des entretiens entre MM. Bouteflika et Hollande, et Kader Arif, ministre délégué chargé des Anciens combattants.

L’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, sera également du voyage. La composition de la délégation gouvernementale laisse apparaître la part que prend le volet économique de cette visite.
Le président Hollande sera accompagné d’une vingtaine de chefs d’entreprise et d’hommes d’affaires (25), de parlementaires et de personnalités de la société civile.

La liste composant la délégation officielle n’est, semble-t-il, pas encore finalisée.
Une centaine de journalistes de médias français et étrangers ont été accrédités pour la couverture de l’événement. Certains envoyés spéciaux sont déjà sur place.

Le programme proprement dit :

La visite d’Etat du président François Hollande en Algérie débutera par un tête-à-tête avec le président Bouteflika en début d’après-midi de la journée du 19 décembre, qui sera ensuite élargi aux ministres qui accompagnent le chef de l’Etat français et leurs homologues algériens. Suivra une conférence de presse du président Hollande.

Le président Hollande recevra en début de soirée la communauté française d’Algérie à la résidence de l’ambassade de France. Il participera à la cérémonie de signature d’accords bilatéraux et prendra ensuite part au dîner officiel offert en son honneur par le président Bouteflika.

Le lendemain, dans la matinée, le président Hollande prononcera une allocution devant les parlementaires des deux chambres du Parlement algérien. Il se rendra ensuite à l’hôtel Sheraton pour une intervention devant les hommes d’affaires français et algériens.

Il se dirigera par la suite vers le cimetière de Bologhine, puis vers la place Maurice Audin et au sanctuaire des Martyrs avant de prendre l’avion pour Tlemcen. Il sera reçu à l’université Aboubakr Belkaïd où il sera fait docteur honoris causa et s’entretiendra avec des étudiants et des enseignants. Il rejoindra Paris dans la soirée.

Source El Watan Nadjia Bouzeghrane

Le Pèlerin

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 07:03

Une visite très attendue 

francois hollande 

 

Du côté d'Alger, on ne parle plus de repentance et la balle reste dans le camp de Paris pour afficher des «positions claires» sur l'étape coloniale, car nul ne peut oublier ce passé très douloureux pour le peuple algérien.

C’est officiel, le président français, François Hollande, effectuera  une visite d’Etat en Algérie les 19 et 20 du mois en cours. Une visite très attendue, car il s’agit de passer à une nouvelle étape dans les relations algéro-françaises qui n’arrivent pas à trouver une stabilité à long terme en raison, notamment, de l’obstacle de la mémoire.  Ce qui ne veut pas dire que cette fois-ci Paris reconnaîtra enfin les crimes coloniaux commis en Algérie, mais du moins affichera une certaine volonté d’avancer sur la question de la coopération, en particulier économique, qui reste à la traîne.

Du côté d’Alger, on ne parle plus de repentance et la balle reste dans le camp de Paris pour afficher des «positions claires» sur l’étape coloniale, car nul ne peut oublier ce passé très douloureux pour le peuple algérien. En France, la repentance est écartée même si les questions mémorielles seront évoquées par le Président Bouteflika et son homologue français, sans être inscrites officiellement dans l’agenda de travail de cette visite.

Dans une précédente déclaration, le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci, a qualifié la visite de M. Hollande en Algérie de «politique». Il est donc question avant tout d’effacer les séquelles laissées par Nicolas Sarkozy et l’adoption, par l’Assemblée française, le 23 février 2005 de la loi portant glorification de l’époque coloniale. L’adoption de cette loi a enterré à jamais le traité d’amitié souhaité à l’époque de l’ancien précédent français, Jacque Chirac. A l’époque, cette loi n’a pas provoqué de séisme au Parlement algérien, et il a fallu attendre cinq ans pour qu’un groupe de députés propose un projet de loi incriminant le colonialisme français en Algérie de 1830 à 1962. Cependant, ce texte n’a jamais vu le jour mais ses initiateurs comptent le relancer avec notamment de déplacement du président français en Algérie. Le Conseil de la nation vient de rendre public un communiqué dans lequel il est annoncé que le président français, François Hollande, prononcera le

19 décembre prochain un discours devant les deux chambres du Parlement dans le cadre de sa visite en Algérie, alors que l’Elysée a annoncé ce discours pour le jeudi 20 décembre. La balle est dans le camp des parlementaires «représentants du peuple» pour évoquer «la repentance». D’ailleurs, le ministre des Affaires étrangères a déclaré, dans une récente interview à Alrabeya, que le peuple algérien attend des positions claires sur les crimes coloniaux commis par la France en Algérie. Il faut dire que du côté des Français, M. Hollande subit une grande pression depuis qu’il a reconnu les crimes commis lors des manifestation du 17 octobre 1961. Des voix se sont élevées pour critiquer cette position qui est, selon le ministre des Moudjahidine algérien, Mohamed-Chérif Abbas, «politique». Ce n’est pas tout. Des officiels français viennent de mettre des lignes rouges, à l’exemple du chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, qui écarte toute «repentance» et affirme qu’il s’agit de mettre en place «un partenariat d’exception». Dans ce cadre, le Président Bouteflika a été clair, l’Algérie ne veut pas être un marché pour les marchandises françaises mais veut un accompagnement sérieux dans son développement global. Il est à noter que les dossiers en suspens ne manquent pas entre les deux pays, d’ailleurs, le président français a dépêché cinq émissaires pour essayer de trouver des solutions, le dernier est  Jean- Pierre Raffarin, chargé de relancer les relations économiques. Mais rien de concret n’a été annoncé, et il a été convenu de laisser le soin aux deux chefs de l’Etat de faire des annonces. Autre dossier qui semble être réglé, celui de l’accord bilatéral de 1968 organisant l’entrée et le séjour des Algériens en France. Un accord sur lequel s’est acharné Sarkozy pour l’amender dans le cadre de sa politique «d’immigration sélective». Après deux ans de négociations infructueuses, la France a renoncé à amender l’accord bilatéral de 1968 organisant l’entrée et le séjour des Algériens en France. C’est ce qui a été  indiqué mardi dernier par le ministère de l’Intérieur, cité par l’AFP. Voilà un geste important en attendant du concret sur les autres dossiers.

Source Le Jour d’Algérie Nacera Chennafi

Le Pèlerin

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 06:21

François Hollande ambitionne un partenariat gagnant-gagnant fort avec l’Algérie

francois hollande

 

«Il y a de notre côté l’ambition de construire un partenariat fort, d’égal à égal avec l’Algérie», a déclaré, hier matin, le conseiller diplomatique et sherpa G8 du président Hollande, Paul Jean-Ortiz, au cours d’un point de presse informel, tenu à une semaine de la visite d’Etat qu’effectuera en Algérie le Président français, François Hollande.M. Hollande foulera le sol algérien le 19 décembre en début d’après-midi où il sera accueilli par le président Abdelaziz Bouteflika à l’aéroport Houari-Boumediène. Le programme de la visite, tel que révélé par le palais de l’Élysée, indique que les deux chefs d’Etat auront un entretien en tête-à-tête qui sera élargi ensuite à leurs délégations, avant que M. Hollande ne donne une conférence de presse. Celle-ci sera suivie par une rencontre de l’hôte de l’Algérie avec la communauté française établie à Alger, à la résidence de l’ambassade de France.Le président français assistera ensuite avec M. Bouteflika à la signature d’une quinzaine d’accords algéro-français avant de prendre part au dîner officiel qui sera offert en son honneur.

La deuxième et dernière journée du séjour algérien du chef de l’Etat français, que Paris qualifie déjà d’historique, est également très chargée. Elle commencera par une allocution de M. Hollande devant le Parlement algérien, APN et Conseil de la Nation réunis, avant qu’il aille rencontrer des hommes d’affaires algériens et français, à l’hôtel Sheraton. Suivra une visite au cimetière chrétien de Bologhine et un moment de recueillement à la place Maurice-Audin en hommage au nationaliste algérien disparu après son arrestation par des parachutistes de l’armée coloniale en 1957. M. Hollande terminera sa visite à Alger par un recueillement au sanctuaire des Martyrs.

Le président français ira ensuite à Tlemcen où il fera une intervention devant les étudiants de l’université avant de s’entretenir avec eux. Après un dîner offert par le wali de Tlemcen en son honneur et de celui de M. Bouteflika, la visite d’Etat de M. Hollande prendra fin. Le président français regagnera Paris au cours de la soirée.Ce séjour algérien du chef de l’Etat français donnera lieu à la signature d’une déclaration conjointe que Paris voit comme «une feuille de route» pour booster les relations algéro-françaises «dans leur globalité» et affirmer les principes du «dialogue international» qui primera dans l’avenir. A cet égard, et pour assurer un dialogue permanent entre les deux capitales ainsi que pour «impulser la coopération dans la continuité et dans la cohérence», sera créé un séminaire intergouvernemental qui se réunira périodiquement. A visite importante, délégation importante. François Hollande sera accompagné par pas moins de huit ministres : des Affaires étrangères, Laurent Fabius, de l’Economie et des finances, Pierre Moscovici, du Redressement productif, Arnaud Montebourg, du Commerce extérieur, Nicole Bricq, de l’Intérieur, Manuel Valls, de l’Agriculture, Stéphane Le foll, de la Francophonie, Yamina Benguigui, et des Anciens combattants, Kader Arif. La délégation comprendra également plusieurs hommes d’affaires, surtout des chefs de grandes entreprises, mais aussi des patrons de PME, des parlementaires et des personnalités politiques ou de la société civile. Sera aussi présent le «Monsieur Algérie» chargé de débloquer les grands dossiers économiques, l’ancien Premier-ministre, Jean-Pierre Raffarin. Expliquant la raison du nombre important de ministres dans la délégation, l’Elysée indique que cela est dû «à l’importance des liens avec l’Algérie, l’intérêt que portent les ministres à l’Algérie et à la densité des relations entre les deux pays». Tout en rappelant que depuis son élection en mai dernier, M. Hollande a eu plusieurs entretiens téléphoniques avec M. Bouteflika, l’Elysée assure que «tous les signaux recueillis côté algérien indiquent qu’il y a une véritable attente et un souci des deux côtés de la Méditerranée de relancer la coopération franco-algérienne déjà importante et dense mais qui mérite d’être encouragée et développée». Pour autant, il n’est pas question de faire l’impasse sur l’aspect mémoriel des relations entre les deux pays. Car, pour Paris, «il est impossible d’occulter le passé», reconnaissant que les relations «sont marquées par la guerre d’Algérie et une guerre de mémoires» alors que M. Hollande «s’est montré conscient du passé douloureux». On laisse entendre, après «la reconnaissance par la République de la sanglante répression du 17 octobre 1961», que le président français «aura des mots à dire à Alger». Il y a déjà à relever cet hommage qui sera rendu à Maurice Audin alors que sa femme continue à se battre pour connaître la vérité sur la mort de son mari. En ce qui concerne les accords qui seront signés à Alger, au moins une quinzaine, le nombre exact n’ayant pas encore été arrêté, Paris demeure dans une relative discrétion, faisant état de la possible présence dans la liste de l’usine de montage de Renault, d’un accord scientifique et technique pour la création d’instituts technologiques pour la formation de techniciens supérieurs et d’un accord dans le secteur des technologies de l’information. Il y aura aussi l’échange des instruments de ratification des accords de défense signés en 2008.Inévitablement, plusieurs questions régionales et internationales seront au menu des entretiens Bouteflika Hollande. Il y a le Sahel et le Mali, où, pour Paris, il y a plus convergences que divergences avec Alger. Il y a le Sahara occidental où la diplomatie française a hérité de Sarkozy l’incompréhensible alignement sur la thèse marocaine. Va-t-elle enfin épouser les positions de la communauté internationales et agir pour l’application des résolutions onusiennes ? Les dossiers méditerranéens, moyen-orientaux et la situation en Syrie seront également examinés. La vision de Paris sur cette visite d’Etat de M. Hollande en Algérie insiste sur «la cohérence de la démarche» entre les deux pays et l’inscription de leur coopération «dans le temps», bâtir l’avenir sans oublier le passé. Et cette phrase bien significative concernant l’événement et sa portée : «Important par ce que va dire Hollande et par ce qui sera signé avec Bouteflika.»      

Source La Tribune Merzak Meneceur

Le Pèlerin

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Published by Le Pèlerin - dans Algérie
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