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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 07:02

Poème du Jour: Claude Nougaro

O mon païs, ô Toulouse

Visite de Toulouse, ville rose et ensoleillée,

par un texte qui respire l'amour de sa ville...

Toulouse

Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes

O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse

Je reprends l'avenue vers l'école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne

O mon païs, ô Toulouse

O mon païs, ô Toulouse

Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillone jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu'on se traite
Il y a de l'orage dans l'air et pourtant

L'église St-Sernin illumine le soir
D'une fleur de corail que le soleil arrose
Une fleur de corail que le soleil arrose
C'est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir
C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne
Ton trottoir éventré sur les tuyaux du gaz
Est-ce l'Espagne en toi qui pousse un peu sa corne
Ou serait-ce dans tes tripes une bulle de jazz ?

Voici le Capitole, j'y arrête mes pas
Les tenors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses
J'entends encore l'écho de la voix de papa
C'était en ce temps-là mon seul chanteur de blues

Aujourd'hui, tes buildings grimpent haut
A Blagnac, tes avions sont plus beaux
Si l'un me ramène sur cette ville
Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles

O mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse

Claude Nougaro

Le Pèlerin

 

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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 05:38

Femme de lettres française (Paris 1804-Nohant, Indre, 1876)

George Sand

George Sand

La bâtarde de bonne famille

Aurore Dupin, au nom bien roturier, descend de l'une des plus grandes familles d'Europe, les Königsmark – une famille où, par tradition, toutes les filles s'appelaient Aurore. Aurora von Königsmark épouse, à la fin du xviie s., Auguste de Saxe, et en a un fils, Maurice. Passé au service du roi de France, Maurice, mercenaire de luxe, lui donne sa nièce en mariage – ce qui apparente ainsi la future George Sand à la famille royale de France. Maurice de Saxe, grand soldat, grand libertin, fait à la jeune Marie Rinteau une fille, Marie-Aurore, qui épouse Claude Dupin de Francueil, un financier représentant des fermiers généraux en Berry, dont elle a un fils, Maurice, soldat de la République et de l'Empire. Dans un camp de l'armée d'Italie, ce dernier trouve une fille à soldats, Sophie Victoire Delaborde (« ma mère était de la race avilie et vagabonde des bohémiens de ce monde », écrira George Sand dans l'Histoire de ma vie), qu'il épouse, fortement enceinte d'une fille, dont elle accouche le 1er juillet 1804, et que l'on baptise Aurore, selon la tradition familiale. Quatre ans plus tard, le colonel Dupin se tue en tombant de cheval – laissant sa femme poursuivre ses galanteries à Paris, et la petite orpheline à Nohant, près de La Châtre, entre les mains de sa grand-mère Marie-Aurore Dupin de Francueil. Cette petite fille s'appellera, plus tard, George Sand.

Une jeune fille de bonne famille s'élève au couvent. Aurore entre, à Paris, dans celui des Dames augustines anglaises, dont elle sort à seize ans avec une solide connaissance de l'anglais, du goût pour les amitiés féminines et une religiosité diffuse, qui lui donnera toute sa vie une vision quelque peu quiétiste de Dieu – au grand dam de sa grand-mère, vraie femme du xviiie s., voltairienne jusqu'au bout des ongles. Rentrée à Nohant (1820), la jeune fille, belle brune aux grands yeux, s'habille volontiers en homme pour courir le lièvre, à cheval, et conquérir, en tout bien tout honneur, les jeunes gens du voisinage. Elle lit beaucoup : le Génie du christianisme, pour l'instinct de Dieu, puis tous les philosophes du xviiie s., contre-poison nécessaire, puis les grands génies des siècles précédents, de Virgile à Shakespeare. Rousseau enfin : elle apprend de lui la confusion savante des sentiments et de la vertu. Si le romantisme est le produit d'une compréhension partielle de Jean-Jacques et d'une lecture partiale de Chateaubriand, elle est, dès 1821, une vraie enfant du siècle.

Elle est mariée, tôt (1822 – elle a 18 ans), à Casimir Dudevant, un riche héritier (potentiel). Mari bien ordinaire, un peu goujat, un peu ivrogne, auquel elle donne très vite un fils, Maurice (1823). Elle racontera plus tard, dans le Roman d'Aurore Dudevant et d'Aurélien de Sèze, la vie peu exaltante qu'elle mène alors. Elle sait déjà – ce sera le sujet de plusieurs de ses romans – que si ses sens s'éveillent facilement, elle n'arrive jamais à une conclusion pleinement satisfaisante. Elle reste en suspens à deux doigts de la félicité…

Mal mariée mais bien aimée

En voyage dans les Pyrénées, à Cauterets, Aurore rencontre Aurélien de Sèze, vite amoureux d'elle :« Je sentis, au plaisir de l'écouter, qu'il m'était plus cher que je n'avais osé me l'avouer jusqu'alors : je m'en effrayai pour le repos de ma vie, mais je voyais dans ses sentiments tant de pureté, j'en sentais moi-même dans les miens, que je ne les pus croire criminels… » Selon la narration à peine romancée qu'elle fera plus tard de cette liaison, ils en restèrent à des liens platoniques – plus forts, au fond, qu'un adultère bien consommé (1825). Tous deux, lecteurs de la Nouvelle Héloïse, J. J. Rousseau, se prennent à rêver d'une amitié à trois et, dans un premier temps, Casimir ne s'y opposa pas. La première œuvre d'Aurore Dudevant est une confession générale adressée à son mari – qui lui sert surtout à énoncer leurs irréconciliables différences.

Aurore Dupin parlait peu en public, et George Sand guère plus, mais elle écrivait beaucoup : les 22 tomes de sa correspondance témoignent de chaque instant de sa vie, et surtout de la manière dont les détails du ménage finissent par devenir littérature. George Sand raturait fort peu ses manuscrits, parce que ses lettres lui en avaient fourni les brouillons.

Pour un temps, une correspondance passionnée circule entre Nohant et Bordeaux, où séjourne Aurélien. Cependant, Aurore, enragée de libéralisme, se mêle de politique locale, avec ce que la province a de plus beaux jeunes gens exaltés – se compromettant avec un jeune médecin, Stéphane Ajasson de Grandsagne, qu'elle rejoint à Paris. Elle en revient enceinte, d'une fille, Solange, que bonnes et mauvaises langues attribuèrent au joli médecin (1828). Elle n'a plus alors avec son mari que des relations de façade. À l'en croire (Histoire de ma vie), au plus beau de ses passions croisées : « Ce qui m'absorbait, à Nohant comme au couvent, c'était la recherche ardente ou mélancolique, mais assidue, des rapports qui peuvent, qui doivent exister entre l'âme individuelle et cette âme universelle que nous appelons Dieu (…). Il m'importait fort de chercher en Dieu le mot de l'énigme de ma vie, la notion de mes vrais devoirs, la sanction de mes sentiments les plus intimes. ».

Entre remords, ennui et goût de la vie, elle s'étourdit dans des activités qui fleurent bon la sublimation fantasmatique : « Accablée de désespoir et me sentant presque folle, je lançais mon cheval au hasard dans la nuit obscure… Il y avait un endroit du chemin sinistre pour ma famille. C'était à un détour, après le treizième peuplier ; mon père, à peine plus âgé que je ne l'étais alors, revenant chez lui par une sombre nuit, y avait été renversé sur place. Quelquefois, je m'y arrêtais pour évoquer sa mémoire et chercher, au clair de la lune, les traces imaginaires de son sang sur les cailloux. Le plus souvent, lorsque j'en approchais, je lançais mon cheval de toute sa vitesse et je lui lâchais les rênes en l'aiguillonnant à ce détour où le chemin se creusait et rendait ma course dangereuse… » (Journal intime).

Aurore Dupin, Baronne Dudevant, dite George Sand

Premiers romans, premiers succès

Paris s'offre une révolution (juillet 1830). Près de La Châtre, Aurore Dudevant rencontre Jules Sandeau, parmi d'autres libéraux – regard d'enfant battu, beaucoup de boucles blondes. Presque toujours attirée par les hommes au profil immature, Aurore résiste héroïquement quelques jours.

Ce personnage un peu falot est l'étincelle. Aurore quitte son mari et Nohant, part s'installer avec Sandeau à Paris (1831), cherche des recommandations par le clan berrichon de la capitale, contacte Henri de Latouche, journaliste dont le talent était de découvrir des talents, obtient par lui d'avoir la rédaction d'échos (des « bigarrures ») au Figaro. Sandeau et Aurore travaillent ensemble à un roman, Rose et Blanche, histoire d'une comédienne et d'une religieuse – signé J. Sand.

Le roman se vend bien, et elle se lance derechef dans l'écriture d'un autre ouvrage – seule. Le petit Sandeau se remet mal du régime Aurore – vraie tornade d'énergie, sans cesse entre Paris et Nohant, pour voir ses enfants, écrivant sans cesse, courant de droite et de gauche, jamais apaisée. Dès 1832, elle ramène à Paris sa fille Solange et un gros roman, Indiana. Par honnêteté, Jules refuse de signer un livre où il n'est pour rien. Aurore garde Sand, et invente George – orthographié à l'anglaise. À la parution du roman, la Caricature imprime un article élogieux :« Je ne connais rien de plus simplement écrit, de plus délicieusement conçu. » Son rédacteur s'appelle Balzac. Dans la Revue des Deux Mondes, Gustave Planche, l'effroi des auteurs en herbe, dit d'Indiana tout le bien qu'il pense. Sand est lancée. Buloz, le directeur de la Revue, lui propose une chronique régulière – 32 pages par semaine. Son éditeur lui réclame un autre roman – ce sera Valentine.

L'une et l'autre œuvre sont très proches de la vie d'Aurore Dupin. Dans Indiana, l'île Bourbon est l'idéalisation du Berry, les personnages des transpositions transparentes de son mari et de son amant – décevant tous deux la soif d'absolu de l'héroïne. Valentine est le premier des romans champêtres de Sand – roman politique qui fait du saint-simonisme appliqué, appelant à la fusion harmonieuse des classes. Dans les deux cas, la cible est le mariage.

Sand écrit sans cesse, de longues nouvelles (Métella, la Marquise). Sandeau est dépassé : « Tu veux que je travaille, lui écrit-il, je l'ai voulu aussi, mais je ne peux pas ! Je ne suis pas né comme toi avec un petit ressort d'acier dans le cerveau, dont il ne faut que pousser le bouton pour que la volonté fonctionne. »

Singulier aveu d'impuissance. Sand se lie avec la très célèbre Marie Dorval – la comédienne aimée de Vigny, qui, chaque soir, avec le rôle d'Adèle de l'Antony de Dumas père, fait pleurer le public – et trouve chez elle ce qu'aucun homme n'avait pu lui donner : « Je sens que je vous aime, lui écrit-elle, d'un cœur tout rajeuni, tout refait à neuf par vous. Si c'est un rêve, comme tout ce que j'ai désiré dans ma vie, ne me l'ôtez pas trop vite. Il me fait tant de bien ! »

On doit à cette époque à Vigny, jaloux des relations de sa maîtresse avec Aurore, un portrait parlant de Sand, dans son Journal d'un poète : « C'est une femme qui paraît avoir vingt-cinq ans. Son aspect est celui de la Judith célèbre du musée. Ses cheveux noirs et bouclés, et tombant sur son col, à la façon des anges de Raphaël. Ses yeux sont grands et noirs, formés comme les yeux modèles des mystiques et des plus magnifiques têtes italiennes. Sa figure sévère est immobile. Le bas du visage peu agréable, la bouche mal faite. Sans grâce dans le maintien, rude dans le parler. Homme dans la tournure, le langage, le son de la voix et la hardiesse des propos. ».

George Sand, Lélia

Quelques mois plus tard, Sand quitte Sandeau – trop peu satisfaisant, physiquement et intellectuellement (1833). Elle l'envoie – à ses frais – en Italie. Se brouille avec Balzac. Se rapproche de Sainte-Beuve. Et surtout elle écrit Lélia, « long aveu d'impuissance charnelle », résume André Maurois – qui donne justement ce titre à sa biographie de Sand, tant l'auteur et le personnage semblent proches, si proches que Sand elle-même censurera plus tard l'édition originale de 1833, où elle avait peut-être déversé trop de confidences :

« Je me sentais la poitrine dévorée d'un feu inextinguible, et ses baisers n'y versaient aucun soulagement. Je le pressais dans mes bras avec une force surhumaine et je tombais près de lui épuisée, découragée… Le désir, chez moi, était une ardeur de l'âme qui paralysait la puissance des sens avant de l'avoir éveillée ; c'était une fureur sauvage qui s'emparait de mon cerveau et qui s'y concentrait exclusivement. Mon sang se glaçait, impuissant et pauvre, durant l'essor immense de ma volonté. ».

Ce donjuanisme au féminin épouvanta quelque peu Sainte-Beuve, qui aimait à feindre le conformisme. Il plut fort à Dorval, et aux lectrices en général.

Don Juane rencontre alors Don Juan – en l'occurrence Prosper Mérimée. De leur brève étreinte nous savons tout, par une lettre du futur auteur de Carmen à son ami Stendhal : un lamentable fiasco. Sand, femme à hommes, était au fond plus inexperte que l'homme à femmes se l'imaginait – et Mérimée n'avait de goût ni pour les sentiments, ni pour la pédagogie.« Je me conduisis, à trente ans, comme une fille de quinze ans ne l'aurait pas fait », avouera-t-elle à Sainte-Beuve.

Alfred de Musset et George Sand

Tout change lorsqu'elle rencontre Musset, en cette même année 1833. Dandy, libertin, brûlant sa vie, « il n'était ni roué ni fat, se rappellera George, bien qu'il méditât d'être l'un et l'autre » (Elle et lui). Il lui écrit un poème à mettre dans la bouche de Sténio, le héros de Lélia. Et finit par avouer :« Je vous aime comme un enfant. » Il vient vivre avec elle, quai Malaquais.« Je suis énamourée, et cette fois très sérieusement, d'Alfred de Musset », dit-elle à Sainte-Beuve.

Sand a raconté leur liaison dans Elle et lui – de chacun de ses amants elle a fait un livre. Musset donna sa version dans la Confession d'un enfant du siècle (1836). Ce qui est sûr, c'est qu'elle fut l'homme du couple. Et que leur vie sensuelle ne fut pas une totale réussite : des années plus tard, Musset rédigera un roman érotique, Gamiani, transposition des impuissances de Lélia.

Ils partent en voyage à Venise : Musset, malade, hanté des hallucinations qu'il racontera dans la Nuit de Décembre et ailleurs, est longuement soigné par Sand et par un docteur, Pietro Pagello, qui devient l'amant de George : Musset rentre à Paris, Sand reste avec son beau docteur dans la cité des Doges, et rédige Jacques, qui laisse Balzac dubitatif et ironique :« Le dernier roman de Mme Dudevant est un conseil donné aux maris, qui gênent leurs femmes, de se tuer pour les laisser libres », écrit-il à Mme Hanska.

Journellement, elle écrit à Musset, le déchirant de détails – en toute amitié. Musset tirera de cette correspondance cruelle la matière de On ne badine pas avec l'amour – dont l'héroïne, Camille, a un prénom bien ambigu. Sand finit par rentrer à Paris, amenant dans ses bagages son bel Italien, lucide mais persuadé qu'il fallait aller jusqu'au bout du cinquième acte. Musset, toujours amoureux fou, écrit des lettres déchirantes, en s'amusant à Baden-Baden… Sand, revenue à Nohant, ne regagne Paris que pour renvoyer Pagello (1834). Elle recommence à vivre avec Musset – avant de rompre définitivement, parfaitement désespérée : « Ô mes yeux bleus, vous ne me regarderez plus ! Belle tête, je ne te verrai plus t'incliner sur moi et te voiler d'une douce langueur ! Mon petit corps souple et chaud, vous ne vous étendrez plus sur moi (…). Adieu, mes blanches épaules ; adieu, tout ce qui était à moi ! J'embrasserai maintenant, dans mes nuits ardentes, le tronc des sapins et les rochers dans les forêts, en criant votre nom, et quand j'aurai rêvé le plaisir, je tomberai évanouie sur la terre humide… » (Journal intime).

Chez Sand, désir et fantasme ne font qu'un, peut-être parce que la satisfaction du désir était pour elle un pur fantasme. Elle coupe ses cheveux, les envoie à Musset (Delacroix l'a peinte avec les cheveux courts, si surprenants à l'époque). Il y aura des réconciliations, plus douloureuses que des séparations. Enfin, en mars 1835, elle s'enfuit à Nohant pour mettre un point final à leur histoire.

Sand, la républicaine mystique

Elle y mène trois activités de front : la rédaction d'un roman de cape et d'épée, Mauprat, la séparation de corps, sur le plan légal, avec son mari (acquise en 1836), et la fréquentation, bientôt très intime, de Michel de Bourges, avocat, républicain farouche, disciple de Babeuf – Sand rentre en politique. Elle admire en lui le tribun, mais se contente mal de cet homme au physique ingrat : elle en fait le héros d'un roman, Michel, et le complète avec l'acteur Bocage (qui jouait Antony avec Dorval), et avec Charles Didier, jeune et beau Suisse, admirateur éperdu. Elle s'installe chez lui. De cette époque date l'édition expurgée de Lélia.

Elle a tout de même du temps à consacrer aux amis. Elle part rejoindre en Suisse Liszt et Marie d'Agoult. Elle aime se pelotonner sous le piano quand le musicien joue :« Vous savez que j'ai la fibre forte et je ne trouve jamais des instruments assez puissants », écrit-elle à Marie d'Agoult, quelque peu jalouse. Les Lettres d'un voyageur, entamées par Sand à Venise, rendent compte de cette intimité.

Politiquement proche du peuple, Sand s'associe alors à Lamennais et écrit gracieusement dans le Monde, le journal de l'abbé ; l'hyménée littéraire de cette « femme perdue » et du prédicateur breton fait jaser. Sand fait paraître dans la revue les Lettres à Marcie, où elle enseigne à une jeune fille pauvre le mépris des richesses et des mariages de raison, défendant au passage l'égalité des sexes dans l'amour : Lamennais suspend la publication de l'œuvre dans sa revue. Sand fait alors la connaissance (par Sainte-Beuve) de Pierre Leroux, philosophe fumeux prêchant un mysticisme humanitaire, l'immortalité collective (mais non individuelle) et l'égalitarisme entre les sexes. « Elle l'a poussé, plaisante le grand chansonnier Béranger, à pondre une petite religion pour avoir le plaisir de la couver. » Elle se sépare de Michel de Bourges et de Didier peu après. Elle écrit, en deux mois, les Maîtres mosaïstes. Sa mère, avec laquelle elle n'entretenait plus que des rapports épisodiques, meurt peu après (août 1837).

Les années Chopin

Frédéric Chopin

Balzac vint à Nohant. Il avait soutenu Sandeau contre Sand, rédigeait un roman sur leur aventure (il avoua une ressemblance entre Sandeau et le Lousteau des Illusions perdues), et obtint de Sand l'idée de Béatrix (1839), l'un de ses chefs-d'œuvre, où il a peint George sous les traits de Félicité des Touches/Camille Maupin – encore une fois un prénom ambigu servait à cerner la romancière.

Vint la rencontre avec Chopin (1837). Exilé, sensible, malheureux, polonais, c'était une proie idéale pour l'instinct maternel de Sand. Elle signifia son congé sentimental à Félicien Mallefille, un jeune créole, précepteur de son fils Maurice, et partit avec Chopin et ses enfants passer l'hiver 1838-1839 à Majorque. Confort spartiate et temps maussade, ce qui n'arrangea pas la phtisie du pianiste. Chopin composait cependant, George écrivait Spiridion, un roman métaphysico-mystique qui fleurait bon la philosophie de Leroux. Buloz supplia Sand, rentrée avec tout son petit monde à Marseille, de revenir sur terre et à son public : mais elle récidiva avec les Sept Cordes de la lyre – pastiche sans génie du Faust de Goethe.

Plusieurs années s'écoulèrent ainsi, Sand soignant Chopin, tous deux errant de Paris l'hiver à Nohant l'été, fréquentant acteurs (Bocage), artistes (Delacroix et Heine), et hommes politiques de gauche (Arago) – au grand dam de Chopin, aristocrate et conservateur. Sandeau publia un roman, Marianna (1839), qui faisait enfin le deuil de leur liaison. Henri de Latouche en publia un autre, Léo (1840), qui mettait en scène Sand à Nohant. Elle devenait un personnage.

Républicaine idéaliste, Sand publie le Compagnon du Tour de France, variation sur la réconciliation des classes, le Meunier d'Angibault, où une aristocrate ruinée se rapproche du peuple, puis Horace, histoire d'un ouvrier bijoutier magnanime, qui tenait de plusieurs des hommes de sa vie. « Elle est comme la tour de Nesle, plaisantait-on, elle dévore ses amants, mais au lieu de les jeter ensuite à la rivière, elle les couche dans ses romans. » Horace avait paru dans la Revue indépendante, qu'elle avait fondée pour soutenir les idées de Pierre Leroux. À La Châtre, elle avait créé l'Éclaireur de l'Indre – pour porter la bonne parole philosophico-politique à la province. Et elle raconta Chopin et Sand, transposés en roman (Lucrezia Floriani), s'absolvant avec magnanimité de toutes ses aventures.

Elle écrit également, à cette époque, plusieurs des idylles champêtres auxquelles on l'identifie trop souvent, la Mare au diable, Jeanne, le Péché de Monsieur Antoine, et François le Champi. Puis, pour améliorer ses finances, l'Histoire de ma vie, en dix volumes.

Chopin quitta Nohant en 1847, n'y revint plus, et les relations avec Sand s'estompèrent. La fille d'Aurore, Solange, était parvenue à les brouiller : sa mère en fera l'héroïne d'un roman, Mademoiselle Merquem, en 1867.

Sand, révolutionnaire réactionnaire - George Sand, la Petite Fadette

Sand, châtelaine et socialiste, s'immerge dans la révolution de février 1848, imposant la république à La Châtre et à Châteauroux. Ledru-Rollin la charge de composer le Bulletin de la République, dont elle devient la muse. Le n° 16 contient un véritable appel à l'émeute, qu'on lui reprochera longtemps. Elle admire Louis Blanc – qu'elle a portraituré dans le Piccinino. Mais la majorité rejette le coup d'État qu'il a manigancé avec Blanqui en avril 1848 – et l'on rend Sand responsable des désordres. La France, surtout la France provinciale, aspire à être gouvernée au centre. Le 15 mai, Barbès et Blanqui tentent une fois de plus de renverser cette république plus rose que rouge, et échouent. Des milliers de « patriotes » sont déportés. Sand, communiste et dégoûtée, rentre à Nohant et se remet à ses romans champêtres (la Petite Fadette, décembre 1848) – « comme le suc d'une plante bienfaisante » versé « sur les blessures de l'humanité ». Fin de la révolution.

Les amis disparaissent. Ajasson de Grandsagne, en 1847, Hippolyte Châtiron, l'année suivante, Marie Dorval, en mai 1949, puis Chopin, en octobre. Balzac en 1850. Jules Sandeau devient académicien. Sand, survivante et grand-mère, s'occupe de sa petite-fille, Nini – qui meurt de la scarlatine en 1855 : la romancière raconte immédiatement sa courte vie dans un long article… D'Italie, où elle était partie se consoler, elle ramène un roman, Daniela, que la censure impériale épingle pour anticléricalisme. Sand fait intervenir l'impératrice. En 1857 meurt Musset. Le passé s'envole. Sand écrit Elle et lui. Le passé revit.

Paul de Musset crut bon de répondre par Lui et elle, et Louise Colet, qui haïssait Sand, par Lui.

Sand revient sur ses illusions anciennes, et se fait le chantre du mariage et de la répression des désirs (Constance Verrier). Cela ne trompe personne. On la propose pour un prix de l'Académie, mais seuls Mérimée, Vigny et Sainte-Beuve votent pour elle. Thiers a le prix.

Les nouveaux romans sont de plus en plus des récits « à thèse ». Sand travaille avec Dumas fils, qui tire des pièces de ses romans, et, réciproquement, elle s'inspire du Mariage de Victorine pour écrire le Marquis de Villemer, dont le dramaturge tire une nouvelle pièce à succès.

D'aucuns, à la même époque, se gaussent de ce moralisme nouveau.« La femme Sand est le Prudhomme de l'immoralité », écrit Baudelaire dans ses journaux intimes.« Que quelques hommes aient pu s'amouracher de cette latrine, c'est bien la preuve de l'abaissement des hommes de ce siècle. » On n'est pas plus élégant.

Anticléricale, Sand n'est pas antireligieuse. Elle écrit Mademoiselle La Quintinie (1863), en réponse à la Sibylle d'Octave Feuillet, pour faire passer le message : la femme peut se passer des prêtres. Puis Valvèdre (1866), pour exalter l'esprit scientifique. En ces temps d'ordre moral, la dame de Nohant passe pour une dangereuse activiste. De l'Empire, elle n'aime rien, et regrette les emportements romantiques, ce fameux « mal du siècle » : « Peut-être notre maladie valait-elle mieux que la réaction qui l'a suivie ; que cette soif d'argent, de plaisirs sans idéal et d'ambitions sans frein, qui ne me paraît pas caractériser bien noblement la santé du siècle. ».

Noces blanches avec l'ermite de Croisset

Dans les années 1865, Flaubert devient le correspondant puis l'ami de Sand. Elle l'appelle « mon troubadour ». Il commence ses lettres par « Chère maître ». Il va chez elle, à Palaiseau, elle se rend à Croisset. Il justifie les peines infinies qu'il prenait à écrire :« L'idée coule chez vous largement, incessamment, comme un fleuve. Chez moi, c'est un mince filet d'eau. Il me faut de grands travaux d'art pour obtenir une cascade » ; elle se désole :« Quand je vois le mal que mon vieux se donne pour faire un roman, ça me décourage de ma facilité et je me dis que je fais de la littérature savatée. » Elle le renseigne sur 1848, pour l'Éducation sentimentale, alors en gestation. Ils ont des goûts communs pour les farces « hénaurmes ». Des haines communes – Thiers et « Badinguet » (Napoléon III). Et des deuils communs : « Nous nous verrons samedi, écrit Flaubert à sa grande amie, à l'enterrement du pauvre Sainte-Beuve. Comme la petite bande diminue ! Comme les rares naufragés du Radeau de la Méduse disparaissent ! » À peine si leurs vues sur la Commune, en 1870-1871, divergent quelque peu. Sand a gardé des nostalgies socialisantes, et Flaubert voue les révolutionnaires aux gémonies. Ils se réconcilient pour accabler le triomphe de Thiers. Sand arrive même, en 1873, à faire venir Flaubert cinq jours à Nohant – événement inouï dans la vie du solitaire de Croisset.

Sand ne cesse d'écrire : par contrat, elle doit produire deux à trois romans par an. Elle revient à ses idylles campagnardes (Marianne Chevreuse), à des thèmes rebattus d'enlèvement d'enfant (Flamarande et les Deux Frères). Et même un roman par lettres, genre désuet depuis bien longtemps, Albine Fiori, l'histoire d'une enfant naturelle née des amours d'un grand seigneur et d'une comédienne : Sand vieillissante remet ainsi à contribution ses aristocratiques ancêtres. Elle n'a pas le temps de le finir : une occlusion intestinale la tue le 8 juin 1876.

À son enterrement, Hugo a envoyé un message : « Je pleure une morte et je salue une immortelle… » Flaubert, tout en « pleurant comme un veau », selon sa propre expression, eut assez d'oreille pour trouver le discours de Hugo « très beau ».

Source Larousse

Le Pèlerin

 

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 07:30

Quand le professeur Paquito fait de la philologie... ou l'étude du verbe "mettre" dans le vocabulaire Pied-Noir

Le Verbe Mettre

Le verbe "mettre" a connu dans la lexicologie pied-noire, une évolution sémantique particulière et son emploi a rapidement pris dans la langue de là-bas, une importance considérable.
Abondamment utilisé dans le truculent langage de chaque jour, ce verbe avait une signification suffisamment explicite pour que l'on ne soit pas tenté d'avoir le mauvais goût de vouloir éclairer le lecteur innocent sur une certaine valeur érotico-péjorative. Chacun, en Piednoirie, connaissait cette valeur. Et c'est tellement vrai qu'il n'arrivait que très rarement - et encore fallait-il être vraiment distrait - que l'on demandât, au milieu d'un groupe, lorsqu'un objet quelconque devenait embarrassant : "Où je le mets ? ..." Il ne manquait jamais quelque malin pour vous répondre- le plus gentiment du monde, d'ailleurs - avec la sollicitude de celui qui apporte une solution à votre problème : "Tu te le mets là où je pense..!". Il n'y avait dans cette réponse, ni méchanceté, ni agressivité vis-à-vis de l'autre. C'était tout simplement un réflexe conditionné, à l'état pur, provoqué par l'audition du fameux verbe "mettre".
Lorsque celui qui avait posé la question était un personnage à manipuler avec précaution, un supérieur hiérarchique, par exemple - d'ailleurs, il ne disait pas : "Où je le mets ?...", mais : "Où dois-je donc le mettre ?..." - personne ne répondait ; il s'instaurait un silence épais, métaphysique, où chacun, prenant un air dégagé dans l'attente qu'un audacieux se décide, évitait de croiser le regard du voisin, car il aurait pu y lire très clairement la réponse à la question posée.

Jeune officier instructeur au 2ème Zouaves, au Quartier Magenta d'Eckmühl-Oran, alors que je venais de démonter un fusil mitrailleur, modèle 24-29, et que je procédais à son remontage au milieu d'un cercle attentif de jeunes recrues, tenant à la main un long boudin métallique, je déclarais sans faire attention : "Ceci est un ressort récupérateur ; où dois-je le mettre ?..."
Un silence embarrassé suivit la question. Les jeunes Bretons, Lorrains et gars du Nord qui m'entouraient, supputaient les différentes possibilités d'emplacement de la pièce en question. Mais comme la réponse tardait à venir, je levai les yeux et... je vis alors, sur le visage épanoui d'Armand V..., le boulanger de Bab-el-Oued, le seul Pied-Noir de ma section, un sourire béat qui en disait long...

Je compris aussitôt qu'il "savait" ou je devais "me" mettre le ressort récupérateur.
Autour de nous, dans leur candeur infinie, les "petits Français" n'avaient rien vu, rien entendu, rien compris...

Parti donc du registre érotique le plus trivial, le verbe "mettre" a conquis en quelque sorte des lettres de noblesse en prouvant son utilité en des domaines aussi relevés que peuvent l'être la Sociologie, la Politique, la Morale ou l'Histoire, domaines nécessitant la détermination d'une hiérarchie de valeurs.

En Sociologie, par exemple... les spécialistes de toutes écoles, examinant les structures d'une société, procèdent à des classements variés de peuples, de races, d'ethnies, de religions, de communautés, de conditions sociales, de groupes, de sous-groupes, et j'en passe...

Le Pied-Noir ne s'est jamais éparpillé en de telles considérations. Il a toujours classé les gens, en deux grandes catégories : "Ceux à qui on la met" et "Ceux à qui on la met pas".

Les sociologues ne trouveront sans doute pas dans ces raccourcis, l'explication rationnelle de la lutte des classes, des conflits de génération, des différences entre partis de droite et partis de gauche, ou de l'évolution des mouvements d'opinion, à l'intérieur d'un pays. Mais le colossal effort de simplification, apportée par la pensée pied-noire de la première moitié du XXème siècle, dans une discipline aussi complexe, ne saurait échapper à personne. En politique, le verbe "mettre" a toujours présidé aux multiples débats, empoignades et face à face, quand ce n'était pas corps à corps, qu'engendrait la moindre campagne électorale. Le programme d'un parti, la personnalité des hommes qui pouvaient l'animer, la plate-forme des revendications qu'il fallait soutenir, ont toujours été là-bas des éléments de second plan. Fallait-il, en effet, pour se déterminer dans un choix politique, savoir si l'on allait changer dans la stabilité ou se stabiliser dans le changement, s'aventurer dans la stagnation ou stagner dans l'aventure, continuer dans le progrès ou progresser dans la continuité ?... Les critères du Pied-Noir étaient plus simples et se ramenaient à ces constatations de bon sens
1 ° "Tous ceux qui sont dans la politique, ils te la mettent." 
2° "Il faut choisir çuila qui te la met le moins."
3° "Encore content, s'il laisse pas que les autres, ils te la mettent aussi."
A partir de là s'est manifestée, au sein de la société Pied-Noire, l'élaboration de toute une hiérarchie de valeurs professionnelles, religieuses, sociales, énoncées en quelques principes clairs, ne souffrant la moindre contestation et que seuls, "les événements d'Algérie" sont venus bouleverser, après plus d'un siècle de tranquillité qui, sans atteindre la "pax romana", n'en était pas moins l'expression sereine de la bonne conscience d'un peuple "L'ouvrier qui travaille pas, pas besoin de syndicat pour ça, il la met au patron, tous les jours ; mais le patron c'est toujours le plus fort parce qu'il lui met à l'ouvrier à la fin du mois." "
"De toutes les façons - concluait-on avec une philosophie à l'opposé de toutes ces manifestations qui fleurissent de nos jours, aussi bruyantes que stériles - d'accord ou pas d'accord, le gouvernement, il la met à tout le monde." 
Selon certains chercheurs, cette philosophie prendrait ses sources dans l'Antiquité greco-latine. Ainsi, Roland Bacri, dont le sérieux des travaux n'est pas à mettre en doute, attribue à l'historien Suétone, dans son dictionnaire pataouète de langue pied-noir, le Roro, la phrase suivante : "A César, personne y lui met !".

Enfin, ce verbe "mettre" appartient à l'Histoire. Il fut "mis" (sans redondance inutile) à l'honneur dans l'un des faits d'armes du corps franc des Français libres juifs de la division Leclerc. Ces soldats, qui avaient quitté clandestinement l'Algérie et avaient débarqué parmi les premiers en Normandie, toujours volontaires pour les coups durs, servaient d'éclaireurs à la fameuse division blindée. Le fait m'a été rapporté par mon ami Roger Gabbay - que l'Eternel lui donne une place de choix au paradis.
Un soir, leur commando de cinq hommes, sous les ordres d'un sergent bônois, arriva aux abords d'un petit village d'Alsace. Leur mission : savoir si l'ennemi l'avait évacué ou si, au contraire, il en avait fait un point d'appui. Tandis qu'ils progressaient, un volet s'entrouvrit avec précaution presque au-dessus d'eux et, alors qu'ils s'apprêtaient déjà à tirer, une vieille femme apparut qui leur fit signe de se glisser dans sa maison. Là, elle leur dit que les Allemands s'étaient retranchés dans la partie haute du bourg. Comme ils avaient reçu l'ordre de rester sur place en observation, ils acceptèrent l'offre de la vieille Alsacienne de s'installer dans le grenier de sa maison d'où l'on découvrait tout mouvement dans le village.

" Ah ! Mes enfants ! Que je suis heureuse de voir des petits Français ! Tenez ! ... Tenez ! ..." disait leur hôtesse, et ouvrant un placard, elle en sortit toutes les provisions qu'elle avait jalousement cachée aux Allemands...

Après un plantureux repas qui changeait bien nos héros de leurs rations militaires, la vieille dame voulut encore les installer pour la nuit. Elle leur distribua toutes les couvertures disponibles et, pour qu'ils puissent s'éclairer, elle ouvrit une boite de bougies qu'elle avait précieusement conservée pendant toute la durée de la guerre. Après avoir tendu à chacun des cinq sa bougie, il lui en restait une dans la main.
" Il m'en reste une, dit-elle, où voulez-vous que je la mette ?..." 
Alors, le sergent bônois, ne laissant à personne l'initiative de la réponse, s'écria précipitamment :
" Entontion vous autres ! Cette femme, elle a été formidable, avec nous !... Si y'en a un qui lui dit où il faut qu'elle la mette, je lui donne sa mère !. 

Et voilà comment le verbe mettre s'est introduit - pour ne pas écrire s'est mis - dans l'un des innombrables faits d'armes de ces courageux, dans l'épopée de ces hommes, venus des colonies pour défendre le pays et libérer la mère patrie... Le lendemain, le village était pris... Aux Allemands, on leur avait mis !... 

Professeur Paquito - Université de la Calère

Echo de l'Oranie 281 - juillet août 2002

Le Pèlerin

 

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 07:00

La santé et le goût de l'amour.

La beauté, la jeunesse, la gaieté

Pourquoi désespérer?...
Il reste la tendresse,
il reste l'amour et la beauté du jour


Inexorablement les jours fuient, le temps passe.
Mais quand le soleil luit sur nos épaules lasses
Moins lourd semble à porter le poids de nos années,
Hélas, nous ne sommes pas tous de Méditerranée!


Bien sûr, l'hiver est triste et la pluie est maussade.
Le cœur se sent plus lourd quand souffle la tornade.
Mais un rire d'enfant chante par tous les temps.
Si le chant de l'oiseau ne revient qu'au printemps

Il y a les petits, les plus grands à aider à grandir
et la rose en bouton qui va bientôt s'ouvrir.
Il reste à savourer la jeunesse des autres,
Plutôt qu'à déplorer la perte de la nôtre.


Le bel âge est discret, il passe inaperçu,
On n'en conçoit le prix, que lorsqu'on l'a perdu.
Il ne faut jamais oublier que si nous avons le cœur jeune...
Les années n'ont pas d'emprise sur nous

Frédéric Mistral

Le Pèlerin

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 17:17

La brûlante Afrique

Infidèles

Infidèles

Henri-Pierre, un jeune cadre est envoyé par sa société en poste dans un pays d’Afrique équatoriale.

Le temps de régler un certain nombre de détails matériels, il part sans sa femme, Hélène, pour les trois premiers mois.

Une fois que les problèmes d’intendance sont réglés, il fait venir sa femme. Le lendemain de son arrivée, après une nuit torride, Henri-Pierre se lève tôt pour aller au travail. attentif, il embrasse Hélène sur le front et la laisse dormir. À huit heures, la femme de ménage, Batuuli , entre dans la chambre, ouvre les volets et secoue Hélène en disant:
– Allons debout Mademoiselle! Il faut vous habiller, et rentrer chez vous. Houla, Houla, mais vous êtes toutes pareilles. Ce n’est pas un hôtel ici. Allez hop! Monsieur Henri-Pierre ne veut voir personne dans sa maison.

Le Pèlerin

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 16:45

En 2018, la production électrique renouvelable a couvert près de 23 % de la consommation française

 

Cascade-de-Gavarnie

Cascade-de-Gavarnie

La puissance totale du parc électrique d'origine renouvelable – hydroélectricité, éolien, solaire photovoltaïque, et bioénergies confondus – s'élève, fin 2018, à 51 171 MW. Cela représente 99 % de l'objectif qui avait été fixé pour fin 2018 (51,7 GW) par la Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE) et 22,7 % de la consommation d'électricité en France.

C'est le bilan positif du Panorama de l'électricité renouvelable 2018 élaboré chaque trimestre par RTE, le Syndicat des énergies renouvelables (SER), Enedis, l'Association des distributeurs d'électricité en France (ADEeF) et l'Agence ORE (Opérateurs de Réseaux d'Energie).

Avec 117 GW installés, l'Allemagne possède le parc le plus important devant l'Italie (60,6 GW) et l'Espagne (51,8 GW). Le parc français est le quatrième plus important d'Europe.

Sur le dernier trimestre de 2018, 943 MW de nouvelles installations ont été raccordés aux réseaux d'électricité métropolitains, les filières éolienne et solaire comptant respectivement pour 780 MW et pour 143 MW. Sur toute l'année 2018, 2 494 MW ont été raccordés.

Les énergies renouvelables ont couvert 22,7 % de la consommation d'électricité en France au cours de l'année 2018, un chiffre en nette hausse par rapport à l'année dernière (18,5 % en 2017). Cette montée en puissance s'explique par une hausse de la production de toutes les filières des énergies renouvelables.

C'est toutefois moins que les 34 pays européens membres de l'ENTSO-E, le Réseau européen des gestionnaires de réseau(x) de transport d'électricité.
En 2017, la production moyenne d'électricité renouvelable de ces pays a couvert 33,4 % de la consommation. En Norvège, l'électricité produite par les EnR, en particulier par l'hydraulique, couvre la totalité de la consommation. Ce taux atteint 62,6% au Portugal, 52,4% au Danemark, ou encore 33,7% en Allemagne.

Production-énergie-renouvelable-France-2017-2018

Production-énergie-renouvelable-France-2017-2018

Bilan 2018 de l'énergie éolienne

Le parc éolien atteint 15 108 MW de capacité de production au 31 décembre 2018 avec 780 MW raccordés sur le dernier trimestre. C'est 1 559 MW de plus qu'en 2017. L'objectif fixé à la filière par la PPE à fin 2018 (15 000 MW) est ainsi légèrement dépassé grâce à un dernier trimestre 2018 record.

Au cours des derniers mois de l'année, le taux de couverture de l'énergie éolienne a même été supérieur à sa moyenne annuelle (près de 8% en décembre), contribuant ainsi à pallier les pics de consommation hivernaux.

La filière a produit 8,8 TWh sur le trimestre et 27,8 TWh sur les douze derniers mois, en hausse de 15,3 % par rapport à l'année précédente. Le taux de couverture de la consommation par l'énergie éolienne s'élève à 5,8 % sur l'année, en hausse de 0,8 point par rapport à 2017.

La filière de l'éolien emploie 300 000 personnes en Europe dont 17 000 en France.

Bilan 2018 de l'hydroéléctricité

Le parc hydroélectrique reste stable avec une puissance installée de 25 510 MW, en hausse de 3 MW sur le dernier trimestre 2018, mais en baisse annuelle de 11 MW par rapport à 2017.

L'année 2018 marque un rebond de la production après une année 2017 sèche : 63,1 TWh ont été injectés dans les réseaux (68,3 TWh avec la part non renouvelable), soit une hausse de près de 30 % par rapport à l'année précédente. Le taux de couverture de la consommation électrique par l'hydroélectricité s'établit à 13,1 % pour l'année 2018.

Eglise éolienne

Eglise éolienne

Bilan 2018 des bioénergies

La filière bioénergies électriques atteint une puissance installée de 2 026 MW avec 74 MW de nouvelles capacités, dont 16 MW raccordés sur le dernier trimestre 2018.

Sa production s'est élevée à 7,5 TWh sur l'année 2018 (9,7 TWh en incluant la part non renouvelable), en hausse de 3,2 % par rapport à 2017. La filière couvre ainsi 1,6 % de l'électricité consommée en 2018.

Afin de répondre aux objectifs de la transition énergétique de porter à 40 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique en 2030, les réseaux de transport et de distribution continuent d'évoluer pour permettre l'intégration de la production d'électricité renouvelable, tout en garantissant la sécurité et la sûreté du système électrique, ainsi que la qualité d'alimentation des consommateurs.

Source :notre-planete-info

Le Pèlerin

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 10:55

AVOIR et ÊTRE !

 

Yves Duteil

Yves Duteil

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m’enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.
 
Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j’ai connus dès le berceau.
 
Bien qu’opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu’Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l’avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître

Le verbe Être s’est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu’Être, toujours en manque
Souffrait beaucoup dans son ego.
  
Pendant qu’Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.
  
Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu’Être, un peu dans la lune
S’était laissé déposséder.
  
Avoir était ostentatoire
Lorsqu’il se montrait généreux,
Être en revanche, et c’est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l’abri.
Alors qu’Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.
  
Sa rich
esse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l’esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur
Et sa noblesse est à ce prix.
  
Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.
  
Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.
Le verbe Avoir a besoin d’Être
Parce qu’être, c’est exister.
Le verbe Être a besoin d’avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.
  
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été. 

 

Yves Duteil

Le Pèlerin

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 09:54

La tirade du vît 

Allons.....Rions un peu … !

 

Ah ! Oui ! C'est un beau vit, jeune homme !

On peut en dire... oh ! Ciel ! ... bien des choses en somme...

En comparant avec, —par exemple, tenez :

Possessive : « Hé, monsieur, si vous me le donnez,

Je le mettrais au chaud, je ne suis pas de glace ! »

Amical : « ça tombe bien, parfait, chez moi j’ai de la place,

On a dû bien souvent vous surnommer Priape ! »

Effrayée : « Avoir un vit pareil, c’est presque un handicap !

Que dire quand je le vois ? ... je suis presque incrédule ! »

Curieuse : « Est-ce le balancier d’un gracieux funambule ?

Un bâton de police ? Le jouet d’un maso ? »

Gracieuse : « m’aimez-vous à ce point, mon oiseau

Que généreusement vous vous préoccupâtes

De bander à ce point pour ma petite chatte ? »

Truculente : « ça, monsieur, lorsque vous pénétrez,

Je crains bien qu’à force de vous opiniâtrer

Votre engin ne finisse par me sortir du nez ! »

Prévenante : « gardez-vous, votre corps entraîné

Par ce poids, de vous piquer comme une pioche ! »

Tendre : « quel est cet instrument que je sens dans vos poches ?

C’est un sexe ? Ho mon Dieu ! J’ai peur pour mon vagin ! »

Pédante : « il n’est pas d’animal, monsieur, qui ait un tel engin

Même l’âne, dont on dit qu’il est bien équipé

N’a pas votre longueur, ni aucun équidé ! »

Cavalière : « Vous ressemblez ainsi au tabouret tripode !

Pour s’asseoir dessus c'est vraiment très commode ! »

Emphatique : « aucun con ne peut l’absorber tout entier,

Mais si je le pouvais, ce serait le grand pied ! »

Dramatique : « jamais on a vu un pareil prototype ! »

Admirative : « pour un sex-shop, quelle logotype ! »

Botanique : « quelle belle fleur ! Quelle tige et quel pistil ! »

Naïve : « ce monument, quand me visite-t-il ? »

Respectueuse : « souffrez, monsieur, que l'on vous goû

C'est là ce qui s'appelle une sacrée biroute ! »

Rurale : « hé, sacrédiou ! C'est-y à vous ? hé ben !

C'est un radis géant ou un concombre nain ! »

Gourmande : « C’est pour moi cette barre en chocolat ? »

Pratique : « j’ai gagné, en jouant à cette tombola !

Assurément, monsieur, j’aurais pu trouver pire ! »

Enfin parodiant Rostand en un soupir :

« Le voilà donc ce vit qui va enfin me mettre !

Je lui donne ma fente : il en sera le maître ! »

—Voilà ce qu'à peu près, mesdames, vous auriez dit

Si vous aviez croisé un jour ce bel ami :

Mais hélas, vous n’avez pas la joie de le connaître,

Vous n'en eûtes pas cette chance, et c’est bête,

Comme amants vous n'avez que de petits poètes !

Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'intention qu'il faut

Pour séduire et l’audace de dire ces galanteries,

Sans doute il les eut prises pour des plaisanteries.

Vous ne méritez pas, chères amies, le quart

Encore moins la moitié de ce bel étalon, car

Je garde pour moi cette sublime verge,

Et je ne permets pas que toute autre s’en serve.

Edmond de Rostand (1897)

Le Pèlerin

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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 06:34

L'Hospitalet-près-l'Andorre - Maison des Cîmes : six mères et neuf enfants accueillis à la rentrée prochaine

Devant la batisse de la Maison des Cimes

Devant la batisse de la Maison des Cimes

Sans elles, peut-être que le projet de la Maison des Cîmes n'aurait jamais vu le jour. Ou alors autrement. Elles, ce sont ces deux institutrices, Marianne Duchêne (à L'Hospitalet-près-l'Andorre) et Marie-Pierre Ardourel (à Mérens), qui, un soir d'hiver, il y a de cela 5 ans lors d'une réunion abordant l'avenir des deux villages, «nous ont fait part d'un témoignage poignant sur l'accueil et l'hospitalité de nos deux villages, explique Arnaud Diaz, le maire de l'Hospitalet… Devant l'avenir sombre qui se dessinait suite à la baisse des effectifs dans nos deux écoles, la perte des services publics, le départ des administrations… L'idée de nos institutrices est tombée à point nommé, nous proposant de valoriser ce qu'on est, ce que sont l'Hospitalet et Mérens, ce qu'est la montagne…»

Près de cinq ans plus tard, mercredi en fin de matinée, les élus des deux villages et les nombreuses gens qui les composent, l'Etat, le Département, l'Education nationale… Tous se sont retrouvés, non pas pour une inauguration comme le soulignait le maire, mais «parce qu'on avait besoin de se retrouver dans une étape importante à quelques mois de la réception des travaux et de l'ouverture officielle de cette Maison de Cîmes».

Un projet expérimental

La future résidence sociale la Maison des Cîmes, actuellement encore en travaux, est comme l'a précisé la préfète Chantal Mauchet, «est un projet expérimental d'innovation sociale en territoire rural. La Maison des Cîmes est un établissement social d'insertion, lieu d'accueil pour des femmes avec enfants en situation de vulnérabilité sociale et économique. L'objectif de cette structure est de favoriser l'insertion socioprofessionnelle et l'autonomie des femmes accueillies».

Poursuivant son propos, la préfète a rappelé les 5 priorités du plan «Un logement d'abord» et souligné qu'il prenait «toute sa dimension dans le département de l'Ariège où les indicateurs relatifs au taux de chômage et aux minimas sociaux ont été récemment analysés dans le cadre du plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisés et signé entre l'Etat et le conseil départemental. En Ariège, 22 % des habitants ne vivent qu'avec les minimas sociaux, 25 % de la population sont des familles monoparentales et les dossiers de surendettement pour des situations de détresse sociales sont en hausse…»

6 mères et 9 enfants dès la rentrée 2019

Alain Naudy, toujours présent

Alain Naudy, toujours présent

Cette Maison des Cîmes, portée à bout de bras par le maire de l'Hospitalet depuis près de cinq ans, va contribuer à la vie de ce territoire, à la sauvegarde de l'école, au développement et à l'animation locale, devrait ouvrir ses portes à la rentrée 2019. Elle accueillera 6 mères et 9 enfants. «La Maison des Cîmes, dans ce bâtiment de la place Pyrène, bâtiment avec une histoire, comportera 2 appartements par niveaux, sur trois niveaux. Des T2 et des T3. Au rez-de-chaussée, il y aura aussi un appartement pour les personnes à mobilité réduite ainsi que la salle commune qui permettra un lien social et sera fédératrice entre les familles et les gens du village», souligne Isabelle Diaz du cabinet ID Architecture à Verniolle.

La gestion de cette nouvelle structure a été confiée à France Horizon Occitanie dont l'engagement est de permettre à toute personne d'accéder à des conditions de vie dignes et à l'autonomie sociale dont le président, Gaëtan Cognard, a tenu à rappeler : «Nous avons rejoint ce projet il y a quatre ans. Nous l'avons trouvé d'autant plus intéressant qu'il se penchait sur plusieurs enjeux de ses territoires ruraux. Le projet de la Maison des Cîmes en est l'exemple et il rentre dans une démarche globale de création d'une nouvelle solidarité quand on fait le constat que la pauvreté touche 32 % des femmes seules avec des enfants, que dans ces territoires les écoles ont de moins en moins d'enfants et que, dans son ensemble, la ruralité est aujourd'hui en recherche d'un nouveau souffle».

Quoi qu'il en soit, cinq ans après cette réunion un soir d'hiver à l'école de Mérens pour parler de l'avenir de deux villages, la Maison des Cîmes s'apprête à démontrer qu'avec de la volonté on franchit les montagnes.

Les financements

«L'État qui a toujours soutenu ce projet a financé 250 000 euros des 654 000 € d'investissement global pour la Maison des Cîmes. Qui plus est, l'Etat s'est engagé à participer au budget de fonctionnement qui s'élève à 159 533 € à hauteur de 35 000 € par an pendant trois ans dans le cadre de l'aide à la gestion locative», a souligné la préfète, Chantal Mauchet, lors de son allocution.

Si l'Etat a participé au projet, il n'est pas le seul. Ainsi, le conseil départemental a participé à hauteur de 45 000 euros, le conseil régional pour 6 000 euros, la communauté des communes de la haute Ariège pour 80 000 euros, le Leader-UE (liaison entre action de développement de l'économie rurale- Union européenne) pour 120 000 euros. L'autofinancement s'est quant à lui élevé à 123 862 euros.

«C'est un pari sur lequel on s'est beaucoup interrogé, précise Alain Naudy, président de la communauté des communes de la Haute Ariège. Et on a décidé de suivre car ce projet montre que la montagne est un véritable espace de vie. Et puis c'est le devoir d'un élu, quand ça se casse la pipe, de se poser des questions comme «comment revitaliser ces villages et montagnes» et surtout de soutenir ce type de projet né, ici, du travail de deux institutrices. D'autant plus important de soutenir qu'en montagne, à projet identique, il faut 2 à 3 fois d'efforts et d'énergie pour réaliser un projet et sauvegarder l'emploi.»

Le Pèlerin

La montagne est éternelle et rebelle

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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 07:08

L’ETA je m’en souviens

par Ségurel*, l’Africain

La rue Mondran à Toulouse

La rue Mondran à Toulouse

Je me souviens de mes premiers pas dans Toulouse

Il était 18h00 un samedi de septembre à Matabiau

Moi, d’un pays ou tout me paraissait blanc et beau

Rose ma nouvelle ville qu’il fallait que j’épouse

 

Je n’avais jamais mis les pieds hors de chez moi,

Rue Mondran, je risquais un pas vers l’ETA à pied

19 heures, c’était l’heure du repas, rangés vous étiez,

Tous vêtus de gris, la couleur du temps quel émoi…!

 

J’étais camouflé derrière les grilles de l’atelier voisin

Je vous apercevais, tous en rang, fort disciplinés

Tous ainsi vêtus, moi dehors, moi l’indiscipliné

Le Méditerranéen, le rebelle, le coquin

 

Moi qui avais pris soin d’acheter une blouse blanche ….!!!

Le gris me semblait pareil au ciel

Moi un adepte du bleu eternel

Chez qui le blanc était de rigueur…au gris j’étais étanche... !!!

 

Je pris peur; la grisaille n’était pas mon affaire

Je filais en ville et réservais l’hôtel pour deux jours

Bien décidé en m’en retourner à Alger pour toujours

Car l’ETA me semblait une prison où je n’avais rien à faire

 

Le Dimanche toutefois fort tôt fut mon éveil

Réveillé il est vrai par les bruits du marché

Je décidais de sortir; le soleil n’était enfin plus caché

Je décidais de retourner voir l’école au soleil

 

A neuf heures du matin à l’ETA j’arrivais

Devant la porte de la prison

Une tête je risquais…Osons…!!!

Planqué derrière elle, quelqu’un il y avait

 

Excusez-moi du peu, Rahia je crois qu’était son nom

Mais de son visage, je m’en souviens toujours

«Monsieur vous désirez?» sans même me dire bonjour

«Nous vous attendions» dit-il lorsque je déclinais mon nom

 

Il me fit visiter l’internat «Vous êtes ici chez vous » me dit-il

Moi qui avais encore mes valises à l’hôtel… !!!

Moi qui étais alors prêt à faire la belle

Prêt à retourner chez moi le savait-il?

 

Je retournais en ville et presqu’à contre cœur

Je pris mes affaires, mes souvenirs d’Afrique

Pour deux ans il fallait que je pique

Dans mon être, ce n’était ni la joie ni la chaleur

 

Le lundi je courrais acheter une blouse grise

Et me fondais dans l’anonymat des lieux

Toulouse capitale des cieux

L’Aéronautique tel était ma seule mise

 

J’en prenais pour deux ans

Pour le reste vous savez

Faire l’idiot aussi je savais

Et je le fis souvent… !!!

 

De tout cela que me reste-t-il ?

Des tonnes de souvenirs

J’en eus des peines et des rires

Mais des souvenirs de vous c’est encore facile

 

Des tonnes d’anecdotes je conserve

Les derniers repas j’ai loupés**

De combien de souvenirs puis je me draper

Au fait le repas, quand est ce que l’on réserve

 

Amicalement,

Le Pèlerin

* Le surnom que l'on m'avait alors donné

** J'étais en Algérie

 

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