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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 18:34

Oh temps, suspends ton vol...!

Les Pyrénées en Automne

Les Pyrénées en Automne

Vous êtes-vous déjà senti coupable de regarder des gens de votre âge et de penser :
"Je ne peux pas paraître aussi vieux !"
Alors, vous allez adorer celle-ci:

…Naturellement c’est une Dame qui conte cette histoire…

J'étais assise dans la salle d’attente pour mon premier rendez-vous avec un nouveau dentiste quand j'ai remarqué que son diplôme était accroché sur le mur.
Il y était inscrit son nom et je me suis soudain remémoré un grand brun portant ce nom.
Il était dans ma classe de lycée quelques 40 ans auparavant et je me demandais si cela pouvait être le même garçon pour qui j'avais craqué à l'époque ?
Quand je suis entrée dans la salle de soins, j'ai immédiatement écarté cette pensée de mon esprit.
Cet homme grisonnant, dégarni et le visage marqué de profondes rides, était bien trop vieux pour avoir été mon amour secret.
Quoique... Après qu'il eut examiné ma dent, je lui ai demandé s'il était allé au lycée Henry IV.
"Oui", m'a-t-il répondu.
"Quand avez-vous eu votre bac ?", ai-je demandé.
"1972. Pourquoi cette question ?"
"Eh bien, vous étiez dans ma classe", me suis-je exclamée.
Et c'est là que cet affreux vieux con m'a demandé :
- "Vous étiez prof de quoi ?"

Bonne journée d’autant plus que le temps est magnifique et que les montagnes aux couleurs automnales sont resplendissantes

Cordialement,

Le Pèlerin

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 17:36

Le Couscous du Bonheur

Ambiance de Là-bas

J'ai eu l'occasion de préparer un Couscous
Pas pour deux ! il était vraiment maousse.! 
Dieu sait qu'il a été fortement apprécié
J'en ai d'ailleurs été fortement remercié

 

Ah ce Couscous, délicatement granuleux
A chaque fois, il me surprend un peu.
Sa légèreté regorge du savoir et du temps
Où ma Mère le faisait tout près d'Oran

 

J’aime l’odeur du beurre, subtile, rieuse,
Comme elle l'amadouait, chaude, capiteuse.
J’aime ses légumes et ses couleurs juteuses
J’aime sa viande et sa lourdeur heureuse

 

Je ferme la bouche et dedans c’est fastueux
La sauce puissante me met le palais en feu,
Attise l’œil, enfièvre le corps. Somptueux !
Mêlés, s’écoulent le rugueux et l’onctueux

 

Son odeur dorée est vraiment une réalité,
Brûlante, au charnu costaud, multi fruitée.
Quel plaisir à prendre, que de le partager
J’abandonne et me gave; je me sens léger.

 

Ça me rappelle ma Jeunesse......Ailleurs
Où la convivialité se mêlait à la douceur
En des lieux et moments de convivialité
Et laisser place à la rancœur et la rivalité

 

Que la vie a changé ! Est-ce meilleur ?
J'en doute ; elle a fait place aux pleurs
Allons ressaisissons-nous....Vite-vite
Avalons-donc notre satané steak-frites 

 

Mais certains résistent …

Bonne journée

Le Pèlerin

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 08:55

La Grande Bleue et ses beautés

Arzew - Le Phare

Arzew - Le Phare

La Méditerranée est couchée au soleil;
Des monts chargés de pins, d'oliviers et de vignes
Qui font un éternel murmure au sien pareil,
Voient dans ses eaux trembler leurs lignes.

Elle est couchée aux pieds des pins aux sueurs d'or,
Qui de leurs parfums d'ambre embaument la campagne ;
Elle veille en chantant ; en chantant elle dort ;
La cigale en chœur l'accompagne.

Au bord de cette mer Praxitèle rêvant
A pris à la souplesse exquise de ses lames,
Pour fixer la Beauté dans le Paros vivant,
Des formes fuyantes de femmes.

La Méditerranée, ô rêve ! Est donc la mer
D'où sortit Vénus blonde aux pieds blanchis d'écume,
Et comme la Beauté donne un bonheur amer,
Les flots bleus sont faits d'amertume.

Lorsque Pan dut céder aux Dieux nouveaux venus
Vénus revint mêler aux flots sa beauté blonde,
Et sous leur transparence elle erre encore, seins nus,
Lumineuse, éparse dans l'onde.

En ses limpides yeux se mirent nos grands bois ;
Cigales, nous rythmons ses chants avec nos lyres,
Car Pan aime d'amour ses yeux verts et sa voix,
Et ses innombrables sourires !

Anonyme / Le Pèlerin

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 08:46

Bonjour, je ne sais si cela intéresse du monde....Après tout....Laissons un passage de notre passage sur terre

La vie ne vaut rien.....Mais rien ne vaut la vie.....

Allons je commence …..

1 Naissance : 8 novembre 1942

Dans le Hoggar en 2007

Dans le Hoggar en 2007

Je suis né le 8 novembre 1942 à Hussein-Dey dans la banlieue d’Alger

Mes parents habitaient alors provisoirement chez les «Solivéres» qui vivaient en haut du quartier Navarre à Hussein-Dey….Ces mêmes «Solivéres» tenaient un magasin à l’intérieur du Marché central d’Hussein-Dey.

Le 8 novembre les Alliés débarquèrent en Algérie et à Alger plus précisément

En fait d’Alliés il s’agissait principalement d’Américains avec une participation des Britanniques et l’aide de 400 résistants (Réf accords de Cherchell) qui prirent possession de la ville malgré la résistance passive de l’armée alors sous les ordres de Vichy

Ce que l’on appellera plus tard «Le coup de 8 novembre 1942» fut un des rares putschs où le pouvoir civil fit tomber le pouvoir militaire en place à l’époque.

La venue des Américains fut saluée comme il se doit par la population algéroise pour la majorité d’entr’elles

Toujours est-il qu’était-ce par opportunisme ou l’espoir généré par me Libérateur ….et par l’espoir d’une fin de guerre très proche …..Toujours est-il que lorsque mon père se rendit en mairie d’Hussein-Dey il faillit m’appeler Franklin... !

Mais il se souvenait fort bien des recommandations de son épouse qui tenait au prénom de son frère…Son préféré

.Et oui son frère Henri restera éternellement dans son cœur

Jusqu’à son décès en 1964

Ainsi je vis le jour à Hussein-Dey

A suivre

Le Pèlerin

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 08:15

Promesse aux enchères

La Promesse de mariage

Pendant la répétition du mariage, le futur marié prend monsieur le curé à part, et lui dit à l'oreille : 
- Ecoutez monsieur le curé, voici un billet de 100 euros. 
En échange, je voudrais que vous modifiez un peu le schéma classique de la cérémonie... 
En particulier, je voudrais que quand vous vous adresserez à moi, vous laissiez tomber la partie où je dois promettre "d'aimer, honorer et respecter mon épouse, renoncer aux autres femmes et lui être fidèle à jamais". 
Le curé prend le billet sans mot dire, et le futur marié s'en va satisfait et confiant. 
Le jour du mariage, le moment fatidique de la promesse approche. 
Le curé se tourne vers le marié et lui dit en le regardant droit dans les yeux : 
- Promets-tu de te prosterner devant elle, d'obéir à chacun de ses ordres, de lui apporter le petit déjeuner au lit tous les matins, et de jurer devant Dieu et ta femme exceptionnelle que jamais au grand jamais, tu ne regarderas une autre femme ? 
Le jeune gars ravale sa salive, rougit, regarde autour de lui avec angoisse et répond d'une voix à peine perceptible: 
- Oui je le veux. 
... puis le jeune marié se penche vers le curé et lui siffle: 
- Je pensais qu'on avait fait un marché! 
Alors le curé lui met son billet de 100 euros dans la poche et murmure à son oreille : 
- Elle m'a fait une meilleure offre.

Le Pèlerin

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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 12:02

Était-ce impardonnable ?

La Vie je ne m’en lasse pas

J’ai pardonné des erreurs presque impardonnables,

J’ai essayé de remplacer des personnes irremplaçables

Et oublié des personnes inoubliables.
J’ai agi par impulsion, j’ai été déçu par des gens

Que j’en croyais incapables, mais j’ai déçu des gens aussi.


J’ai tenu quelqu’un dans mes bras pour le protéger.
Je me suis fait des amis éternels.
J’ai ri quand il ne le fallait pas.
J’ai aimé et je l’ai été en retour,

Mais j’ai aussi été repoussé. 


J’ai été aimé et je n’ai pas su aimer.
J’ai crié et sauté de tant de joies,

j’ai vécu d’amour et fait des promesses éternelles,
Mais je me suis brisé le cœur, tant de fois!
J’ai pleuré en écoutant de la musique

ou en regardant des photos. 


J’ai téléphoné juste pour entendre une voix,

Je suis déjà tombé amoureux d’un sourire. 
J’ai déjà cru mourir par tant de nostalgie.
J’ai eu peur de perdre quelqu’un de très spécial

Mais j’ai survécu! Et je vis encore!
Et la vie, je ne m’en lasse pas …………


Et toi non plus tu ne devrais pas t’en lasser. Vis!!! 
Ce qui est vraiment bon, c’est de se battre avec persuasion, Embrasser la vie et vivre avec passion,

Perdre avec classe et vaincre en osant…..
Parce que le monde appartient à celui qui ose!

Charlie Chaplin

Le Pèlerin

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17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 12:01

Tikjda, ou l’attrait des cimes et des abîmes

Le Djurdjura et Tikjda...Et c'est aussi beau en été
Si l’honorable voyageur, qui a pris la RN18, puis la RN8, pour aller de Bouira à Sour El Ghozlane, et s’il ne veut pas revoir les plaines des Aribs qui s’étalent sur plus de 2000 ha entre Aïn Bessem et Sour El Ghozlane, il peut au retour prendre le CW127 qui le fera passer par El Hachimia. 
II pourra même faire un crochet par Hammam Ksenna aux eaux miraculeuses capables de guérir même un eczéma. Tout au long de son périple, il pourra jouir de la vue de belles pinèdes qui bordent sa route des deux côtés. Mais par l’aspect de sa nature prodigieuse qui éclate dans sa non moins prodigieuse variété floristique et faunistique que Tikjda se recommandera à l’attention du voyageur épris de sensations fortes. La RN33 qu’il prendra dès la sortie Est de Bouira déroulera devant lui son ruban noir sur 33 km pour atteindre ce lieu paradisiaque. S’il se sent l’âme d’un varappeur, il pourra se lancer à l’assaut de pics vertigineux tel le mont Lala Khedidja qui culmine à plus de 2300 m ou Tala Rana qu’il atteindra en passant de l’autre côté de la montagne où il rejoindra la RN30. Là, après avoir vu le complexe touristique à sa droite, situé à plus de 1700 m, après avoir dépassé Tizi N’Kouilal et reçu le souffle du vent qui frôle ce mont appelé la Main du juif (on a effectivement la représentation rocheuse d’une main), et franchi la Porte blanche, on entreprend la descente sur le versant opposé.
le centre d'accueil de Tikjda 
Si le désir d’une gorgée d’eau fraîche se fait impérieuse avec cette longue ascension vertigineuse, on s’arrête pour recueillir le jet puissant d’une eau limpide qui jaillit d’un rocher ou tombe en cascade du haut d’un pic. Le village Uzarir paraît si minuscule au fond de la vallée. Une descente s’impose pour goûter à cette grande source Aberkane dont le patron de Cévital, Rebrab, envisage sa mise en bouteille et sa commercialisation. Au temps de la colonisation, elle avait servi à produire de l’énergie électrique. Elle sert aujourd’hui à alimenter en eau potable la daïra de M’Chedellah, alors qu’une partie de cette eau se perd dans la nature au grand dam de ce P/APC de Saharidj qui se désole d’une telle perte pour sa commune. La randonnée pédestre ou motorisée aura permis au voyageur de recenser des essences végétales les plus curieuses, comme le cèdre, le pin noir, le pin d’Alep, le chêne-liège, le chêne vert et d’autres pousses aux noms latins fort compliqués. Pour la faune, la diversité est aussi digne d’étonnement, car au porc épic, à la mangouste, à l’hyène rayée, au singe magot correspondent des espèces d’oiseaux bien plus dignes encore de retenir l’attention telles les trois aigles (l’aigle botté, l’aigle rouge et l’aigle de Boticelli), le gypaète, le faucon, le vautour etc. Le voyageur non pressé fera certainement plus de découvertes en prenant d’autres chemins moins connus et plus fertiles en surprises. A moins que se sentant des aptitudes de skieur, il ne veuille tâter de ce sport auquel cas, il existe tout à son intention une piste aménagée à cet effet. Les téléskis sont endommagés, mais il ne faut pas trop exiger. A moins que se reconnaissant l’étoffe d’un spéléologue, il ne souhaite se colleter avec le gouffre d’Awel ? Sensations fortes garanties .  
Le Pèlerin 

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 16:08
Arzew - Le Phare

Arzew - Le Phare

Ou l'étude du verbe "mettre" dans le vocabulaire Pied-Noir

Humour  Pied-Noir - "Où je le mets ? ..."

Le verbe "mettre" a connu dans la lexicologie pied-noire, une évolution sémantique particulière et son emploi a rapidement pris dans la langue de là-bas, une importance considérable.
Abondamment utilisé dans le truculent langage de chaque jour, ce verbe avait une signification suffisamment explicite pour que l'on ne soit pas tenté d'avoir le mauvais goût de vouloir éclairer le lecteur innocent sur une certaine valeur érotico-péjorative.

Chacun, en Piednoirie, connaissait cette valeur. Et c'est tellement vrai qu'il n'arrivait que très rarement - et encore fallait-il être vraiment distrait - que l'on demandât, au milieu d'un groupe, lorsqu'un objet quelconque devenait embarrassant : "Où je le mets ? ..." Il ne manquait jamais quelque malin pour vous répondre- le plus gentiment du monde, d'ailleurs - avec la sollicitude de celui qui apporte une solution à votre problème : "Tu te le mets là où je pense..!". Il n'y avait dans cette réponse, ni méchanceté, ni agressivité vis-à-vis de l'autre. C'était tout simplement un réflexe conditionné, à l'état pur, provoqué par l'audition du fameux verbe "mettre".
Lorsque celui qui avait posé la question était un personnage à manipuler avec précaution, un supérieur hiérarchique, par exemple - d'ailleurs, il ne disait pas : "Où je le mets ?...", mais : "Où dois-je donc le mettre ?..." - personne ne répondait ; il s'instaurait un silence épais, métaphysique, où chacun, prenant un air dégagé dans l'attente qu'un audacieux se décide, évitait de croiser le regard du voisin, car il aurait pu y lire très clairement la réponse à la question posée.

Jeune officier instructeur au 2ème Zouaves, au Quartier Magenta d'Eckmühl-Oran, alors que je venais de démonter un fusil mitrailleur, modèle 24-29, et que je procédais à son remontage au milieu d'un cercle attentif de jeunes recrues, tenant à la main un long boudin métallique, je déclarais sans faire attention : "Ceci est un ressort récupérateur ; où dois-je le mettre ?..."
Un silence embarrassé suivit la question. Les jeunes Bretons, Lorrains et gars du Nord qui m'entouraient, supputaient les différentes possibilités d'emplacement de la pièce en question. Mais comme la réponse tardait à venir, je levai les yeux et... je vis alors, sur le visage épanoui d'Armand V..., le boulanger de Bab-el-Oued, le seul Pied-Noir de ma section, un sourire béat qui en disait long...

Je compris aussitôt qu'il "savait" ou je devais "me" mettre le ressort récupérateur.
Autour de nous, dans leur candeur infinie, les "petits Français" n'avaient rien vu, rien entendu, rien compris...

Parti donc du registre érotique le plus trivial, le verbe "mettre" a conquis en quelque sorte des lettres de noblesse en prouvant son utilité en des domaines aussi relevés que peuvent l'être la Sociologie, la Politique, la Morale ou l'Histoire, domaines nécessitant la détermination d'une hiérarchie de valeurs.

En Sociologie, par exemple... les spécialistes de toutes écoles, examinant les structures d'une société, procèdent à des classements variés de peuples, de races, d'ethnies, de religions, de communautés, de conditions sociales, de groupes, de sous-groupes, et j'en passe...

Le Pied-Noir ne s'est jamais éparpillé en de telles considérations. Il a toujours classé les gens, en deux grandes catégories : "Ceux à qui on la met" et "Ceux à qui on la met pas".

Les sociologues ne trouveront sans doute pas dans ces raccourcis, l'explication rationnelle de la lutte des classes, des conflits de génération, des différences entre partis de droite et partis de gauche, ou de l'évolution des mouvements d'opinion, à l'intérieur d'un pays. Mais le colossal effort de simplification, apportée par la pensée pied-noire de la première moitié du XXème siècle, dans une discipline aussi complexe, ne saurait échapper à personne. En politique, le verbe "mettre" a toujours présidé aux multiples débats, empoignades et face à face, quand ce n'était pas corps à corps, qu'engendrait la moindre campagne électorale. Le programme d'un parti, la personnalité des hommes qui pouvaient l'animer, la plate-forme des revendications qu'il fallait soutenir, ont toujours été là-bas des éléments de second plan. Fallait-il, en effet, pour se déterminer dans un choix politique, savoir si l'on allait changer dans la stabilité ou se stabiliser dans le changement, s'aventurer dans la stagnation ou stagner dans l'aventure, continuer dans le progrès ou progresser dans la continuité ?... Les critères du Pied-Noir étaient plus simples et se ramenaient à ces constatations de bon sens
1 ° "Tous ceux qui sont dans la politique, ils te la mettent." 
2° "Il faut choisir çuila qui te la met le moins."
3° "Encore content, s'il laisse pas que les autres, ils te la mettent aussi."
A partir de là s'est manifestée, au sein de la société pied-noire, l'élaboration de toute une hiérarchie de valeurs professionnelles, religieuses, sociales, énoncées en quelques principes clairs, ne souffrant la moindre contestation et que seuls, "les événements d'Algérie" sont venus bouleverser, après plus d'un siècle de tranquillité qui, sans atteindre la "pax romana", n'en était pas moins l'expression sereine de la bonne conscience d'un peuple "L'ouvrier qui travaille pas, pas besoin de syndicat pour ça, il la met au patron, tous les jours ; mais le patron c'est toujours le plus fort parce qu'il lui met à l'ouvrier à la fin du mois." "
"De toutes les façons - concluait-on avec une philosophie à l'opposé de toutes ces manifestations qui fleurissent de nos jours, aussi bruyantes que stériles - d'accord ou pas d'accord, le gouvernement, il la met à tout le monde." 
Selon certains chercheurs, cette philosophie prendrait ses sources dans l'Antiquité greco-latine. Ainsi, Roland Bacri, dont le sérieux des travaux n'est pas à mettre en doute, attribue à l'historien Suétone, dans son dictionnaire pataouète de langue pied-noir, le Roro, la phrase suivante : "A César, personne y lui met !".

Enfin, ce verbe "mettre" appartient à l'Histoire. Il fut "mis" (sans redondance inutile) à l'honneur dans l'un des faits d'armes du corps franc des Français libres juifs de la division Leclerc. Ces soldats, qui avaient quitté clandestinement l'Algérie et avaient débarqué parmi les premiers en Normandie, toujours volontaires pour les coups durs, servaient d'éclaireurs à la fameuse division blindée. Le fait m'a été rapporté par mon ami Roger Gabbay - que l'Eternel lui donne une place de choix au paradis.
Un soir, leur commando de cinq hommes, sous les ordres d'un sergent bônois, arriva aux abords d'un petit village d'Alsace. Leur mission : savoir si l'ennemi l'avait évacué ou si, au contraire, il en avait fait un point d'appui. Tandis qu'ils progressaient, un volet s'entrouvrit avec précaution presque au-dessus d'eux et, alors qu'ils s'apprêtaient déjà à tirer, une vieille femme apparut qui leur fit signe de se glisser dans sa maison. Là, elle leur dit que les Allemands s'étaient retranchés dans la partie haute du bourg. Comme ils avaient reçu l'ordre de rester sur place en observation, ils acceptèrent l'offre de la vieille Alsacienne de s'installer dans le grenier de sa maison d'où l'on découvrait tout mouvement dans le village.

" Ah ! mes enfants ! Que je suis heureuse de voir des petits Français ! Tenez ! ... Tenez ! ..." disait leur hôtesse, et ouvrant un placard, elle en sortit toutes les provisions qu'elle avait jalousement cachée aux Allemands...

Après un plantureux repas qui changeait bien nos héros de leurs rations militaires, la vieille dame voulut encore les installer pour la nuit. Elle leur distribua toutes les couvertures disponibles et, pour qu'ils puissent s'éclairer, elle ouvrit une boite de bougies qu'elle avait précieusement conservée pendant toute la durée de la guerre. Après avoir tendu à chacun des cinq sa bougie, il lui en restait une dans la main.
" Il m'en reste une, dit-elle, où voulez-vous que je la mette ?..." 
Alors, le sergent bônois, ne laissant à personne l'initiative de la réponse, s'écria précipitamment :
" Entontion vous autres ! Cette femme, elle a été formidable, avec nous !... Si y'en a un qui lui dit où il faut qu'elle la mette, je lui donne sa mère !. 

Et voilà comment le verbe mettre s'est introduit - pour ne pas écrire s'est mis - dans l'un des innombrables faits d'armes de ces courageux, dans l'épopée de ces hommes, venus des colonies pour défendre le pays et libérer la mère patrie... Le lendemain, le village était pris... Aux Allemands, on leur avait mis !...

Source Professeur PAQUITO - Université de la Calère

Echo de l'Oranie 281 - juillet août 2002

Le Pèlerin

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 17:52

Mandarines givrées

mandarines-givrees-2.jpg

 

 

Ingrédients  

Huit grosses mandarines non traitées facilement pelables

2 autres mandarines pour en extraire le zeste

300 g de sucre glace

6 œufs

20 cl de lait frais

400 g de crème fraîche

Préparation

Battre 300 g de sucre glace avec 6 jaunes d’œuf

Ajouter 20 cl de lait que l’on aura fait bouillir au préalable avec le zeste de mandarine

Faire cuire le tout dans une casserole et porter à ébullition

Laisser refroidir puis mélanger 400g de crème fraîche

Peler les coques des mandarines avec précaution    

Découper un chapeau et retirer les côtes des mandarines, délicatement de façon à conserver les coques intégralement

Presser les côtes de mandarines pour en retirer le jus….et le réserver

Ajouter au mélange froid le jus des mandarines

Mettre la crème ainsi obtenue au réfrigérateur

Mettre les coques vides au congélateur

A table

Remplir les coques congelées de la crème obtenue juste avant de servir et rajouter le

Chapeau restant après pelage des coques

Vos invités se régaleront

J’en ai dégustées chez Mano, dans le Gers….C’était excellent….

Le Pèlerin

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 08:33

20 mars 1989….  

  30 ans déjà que tu nous as quittés

 

Maman est née à Arzew, le 10 mai 1910..Après une vie laborieuse, toujours disponible pour aider ses frères, ses enfants, ses petits enfants, elle nous a quittés le 20 mars 1989.

Elle repose au cimetière de Vèbre en Ariège, au caveau de la Famille Thoa

Si vous passez par là, allez donc la saluer 

Maman, tu nous a quittés aux premières heures du Printemps 89…sans faire la  révolution, ta révolution tu l’as toujours faite dans l’ombre à aider ton prochain…

Dès l’âge de huit ans tu étais au four et au moulin pour combler le vide que vous avait laissé de départ de Grand-Mère emportée par la Grippe Espagnole en 1918… Et oui, tu étais l’aînée d’une famille de 8 enfants.  

Tante Marie, plus âgée pourtant de onze ans, était déjà partie à la capitale pour se marier très jeune et tu étais la seule disponible…Alors, tu a pris soin de tes frères, comme le ferait une mère ….à te lever très tôt et t’occuper du quotidien si difficile à l’époque car vous n’étiez pas riches. 

Grand Père était bien là mais il avait aussi ses occupations quotidiennes..  

Plus tard tu t’es mariée et tu trimeras encore pour assurer l’éducation de tes enfants puisque Papa nous a quittés le 24 avril 1954

alors que je n’avais pas douze ans. Toute te vie, tu l’auras donc passée à trimer. Il t’a fallu mener une vie exemplaire . Tu as veillé ensuite à tes enfants puis plus tard à tes petits enfants, lorsque nous n’étions pas disponibles.  

Pour tout cela, Maman je voudrais te rendre hommage. 

Pour tout l’amour que tu as donné, 

Pour toute l’aide que tu as apportée sans compter,

Pour ta gentillesse… 

Je te dis Merci…..  

Le Pèlerin 

 

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