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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 06:03

Bouteflika prévoit un référendum et refuse de dissoudre le Parlement

Bouteflika 2

Prise en charge des propositions de la classe politique et possibilité d’aller vers un référendum pour réaliser «les réformes politiques» engagées.

Le président Abdelaziz Bouteflika vient de faire, en tout cas, une promesse dans ce sens. S’exprimant pour la première fois, depuis le lancement de ce processus, il assure que la prochaine révision constitutionnelle prendra en considération les suggestions et les avis des partis, des personnalités et des représentants de la société civile ayant été reçus par la commission de Abdelakader Bensalah.
«Les contributions et vues recueillies seront prises en considération dans l’élaboration de tous les projets de textes, y compris celui relatif à la révision de la Constitution, en ayant à l’esprit les principes, les constantes et les intérêts de la nation», a affirmé Abdelaziz Bouteflika à l’issue de la réunion du Conseil des ministres, tenue hier à Alger.

Selon lui, «la large consultation», menée, du 21 mai au 21 juin, par l’instance présidée par Abdelkader Bensalah, «a permis de connaître l’avis de la classe politique nationale». Alors que lesdites consultations ont été clôturées depuis 20 jours, faute d’invités, le chef de l’Etat semble attendre encore d’autres convives. «Cette démarche demeure ouverte à toute partie qui voudrait encore y apporter sa contribution», précise le communiqué du Conseil des ministres. Cela explique, peut-être, le retard mis par l’instance de consultations sur les «réformes politiques» dans l’élaboration de son rapport final, devant être présenté à la Présidence. En plus des consultations et la prise en charge des propositions des uns et des autres, le président Abdelaziz Bouteflika a introduit une nouvelle étape dans sa démarche visant à effectuer des réformes : le référendum populaire. Il est donc clair que le dernier mot dans la révision constitutionnelle reviendra au peuple.

La démarche choisie pour la réforme ne changera pas

«En ultime étape, le peuple souverain aura à se prononcer sur la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie dont il est la source et en a été l’artisan depuis la libération du pays au fil des différentes étapes de notre histoire contemporaine», a affirmé encore M. Bouteflika. Selon le même communiqué, le président Bouteflika réitère également sa détermination à faire aboutir, à travers les réformes législatives et la prochaine révision constitutionnelle, une consolidation réelle de l’Etat de droit. Toutefois, le président Bouteflika ne veut pas, semble-t-il, chambouler sa démarche en révisant la conception des réformes.
En effet, en dépit d’une forte demande de changement de la méthode adoptée à cet effet émanant des partis et des personnalités, dont certaines sont proches de la Présidence, Abdelaziz Bouteflika semble avoir fixé définitivement ses objectifs. Il n’y aura plus de dissolution du Parlement, comme il n’y aura pas aussi de possibilité d’aller vers une Assemblée constituante.

Hormis le projet de la révision de la Constitution, tous les textes législatifs devant faire l’objet d’amendement passeront par le Parlement actuel à l’ouverture de sa session d’automne.
Il s’agit du code de wilaya, de la loi électorale, de la loi sur les partis, de la loi sur les associations et du code de l’information.
Ainsi tous les textes régissant la vie politique nationale seront adoptés par une Assemblée peu représentative, de l’avis même des partis qui y siègent actuellement. 

Source El Watan Madjid Makedhi

Le Pèlerin

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 05:02

Algérie - Hammam Guergour : Entre thermalisme, climatisme et remise en forme

Algerie---Hammam-Guergour.jpg

Implanté dans un cadre pittoresque fait de montagnes, de forêts et de cours d’eau, Hammam Guergour offre à ses visiteurs une vocation multiple. Connu pour les vertus thérapeutiques de ses eaux thermo-minérales, dont la température avoisine les 44°, les curistes depuis l’ère romaine y trouvent un lieu de repos en accédant au bain. L’histoire révèle aussi qu’au début du XVIIe siècle, Sidi El Djoudi de la confrérie des Mourabitoune élit domicile dans «La Médina» où il réussit quelques années après à constituer son fief. Et ce n’est que dans les années 1930 que l’un de ses descendants réalisa le premier bain public de l’histoire contemporaine, Hammam Guergour.

De nos jours, les bains traditionnels hérités de l’ancienne époque sont toujours fonctionnels et situés au centre du village à proximité de l’Oued Bousselem. Deux bains collectifs pour les hommes, et un bain pour les femmes ainsi que des chambres de location pour les curistes qui sont la propriété de la commune de Hammam Guergour. Un peu plus haut, perché sur un monticule idéal, se dresse le complexe thermal inauguré le 20 juin 1987. Une structure hôtelière luxueuse d’une capacité d’accueil de 312 lits, qui compte deux hôtels, 38 bungalows et quatre villas, gérée par l’Entreprise publique de Gestion Touristique (EGT Est).
En été, particulièrement, l’engouement est indescriptible. Et le directeur du complexe a raison d’insister sur «la nouvelle culture du thermalisme parmi la jeune génération», contrairement au passé où «Hammam Guergour était synonyme de cure pour des personnes âgées». Aussi, ajoute notre interlocuteur, «de nos jours, les jeunes s’intéressent de plus en plus au climatisme et à la remise en forme qui constituent pour nous des potentialités récemment découvertes chez une nouvelle génération qui est, de plus, importante. Ce qui explique, poursuit-il, la variété de la clientèle qui vient d’horizons divers tels Tamanrasset, Ghardaïa, le centre et l’est du pays, ainsi qu’un nombre important d’émigrés.
L’hiver au chaud
Les prix ne sont guère dissuasifs, selon certains habitués, car  le choix de saison hors période estivale mérite aussi d’être noté, puisque les curistes optent parfois pour un nouveau créneau, celui des vacances d’hiver. Les vertus naturelles qu’offre la région en pareille saison sont agrémentées par le manteau de neige qui couvre les montagnes environnantes et revivifie le cours de l’oued Bousselem. Autant dire que la saison hivernale est presque en concurrence avec l’estivale, sauf pour cette année où l’infrastructure hôtelière, selon les témoignages de son personnel, est appelée à connaître une accalmie relative  en août en raison du mois de Ramadhan, alors que toutes les chambres sont déjà prises pour le mois de septembre. «On travaille sans répit», nous déclare le réceptionniste, dont le look confirme le standing de l’infrastructure et conforte les plus exigeants.
«Généralement, le complexe thermal de Hammam Guergour affiche complet durant les trois mois de l’été», enchaîne son confrère. Et d’ajouter, les coûts varient selon les commodités qu’offre l’infrastructure, mais aussi selon la clientèle visée. Au niveau des deux hôtels du complexe qui dispose de 96 chambres, la  single est proposée à 3.200 DA la journée  déjeuner compris, la double à 4.200 DA, et la triple à 4.700 DA. Quant aux chambres des 4 villas dont dispose Hammam Guergour, l’appartement F3 revient à 6.200 DA, alors que le F5 à 8.500 DA. L’hébergement luxueux est offert par les 38 bungalows que compte la station thermale.  F1 à 3.200 DA, F2 à 4.200 et F3 à 5.100, alors que la pension complète pour la quinzaine, pour une personne, revient à 32.000 DA et à 62.000 DA pour deux personnes.
Du côté de l’animation en dehors des heures de prise en charge médicale, les curistes pourront descendre à pied en fin de journée visiter le village de Hammam Guergour. Là, l’ambiance estivale est tout autre, égayée par le mouvement des touristes notamment en fin de journée. Cependant, la localité appauvrie en infrastructure touristique résignée dans son aspect purement rural et traditionnel gagnerait à rehausser son statut de station thermale attitrée, ce qui «échappe aux attributions et à la consistance du projet dont dispose la municipalité», argumente le président d’APC.

Source Horizons Abdelhalim Benyelles.

Le Pèlerin

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 04:56

Algérie - Ecrivains publics - Un savoir-faire au service d’autrui

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Rédiger une lettre administrative, une demande de logement, une plainte ou autre document n’est pas tâche aisée pour tout le monde.

C’est pourquoi solliciter une tierce personne est inévitable. Les écrivains publics sont là pour rendre cet énorme service à une partie de citoyens incapables de se débrouiller seuls dans ces affaires. C’est ainsi que ce métier est apparu depuis de longues décennies dans notre société et à travers l’ensemble des localités du pays.
A Alger, les écrivains publics ont pris place près du bâtiment de la Cnas, avenue du 1er Novembre, à quelques mètres de l’arrêt de bus à la place des Martyrs. Qu’il pleuve ou qu’il vente, ces scribes sont toujours là à attendre d’éventuels clients. Comme au bon vieux temps, ils tapent sur une machine à écrire.
Qu’il fasse froid ou chaud, ils n’hésitent pas à faire le déplacement, restant «fidèles» à leurs clients. Assis sur des chaises en plastique, une table, une machine à écrire et des feuilles blanches pour tout matériel, ils sont là.

Ni le mauvais temps ni les basses températures ne les découragent. «Ce métier exige de la disponibilité en toutes circonstances et tous les jours de la semaine», nous explique-t-on.
Dans ce qui ressemble à un hall, exposé aux quatre vents, chacun des «écrivains» sombre dans un silence profond. Pourtant, ils entretiennent de bonnes relations entre eux.
Chacun est plongé dans ses pensées et soucis de la vie quotidienne. Difficile d’aborder une discussion avec eux. Nous nous approchons d’un homme âgé, cheveux grisonnants recouverts d’un bonnet et portant de grosses lunettes de vue. Il esquisse un large sourire pensant avoir affaire à un client, le premier et peut-être le seul où les gens ont préféré rester chez eux en cette froide journée. «Aâslama (bienvenue). C’est pour une demande ?», nous dit-il. Une fois notre identité déclinée, il change subitement de mine. «Je n’ai rien à vous raconter. Veuillez m’excuser, mes soucis dépassent ce que vous voulez savoir.»
La même réponse nous a été donnée par l’écrivain d’à-côté. Le «triste» climat en cette matinée semble affecter l’humeur de ces écrivains. Une atmosphère de grisaille régnait dans le petit espace et chaque écrivain s’occupait plutôt à réchauffer ses mains, dans ses poches, pour que leurs doigts soient aptes à rédiger une lettre si un client venait à les solliciter.
«On ne travaille presque pas en hiver, car la plupart de nos clients viennent de l’intérieur du pays pour différentes affaires. Et comme ils ne viennent pas lorsque les conditions climatiques sont mauvaises, notre activité connaît une réduction sensible», finit par nous dire un des écrivains. Dur de gagner sa vie avec ce métier lorsque les nuages couvrent le ciel…

A la poste
Disponibilité n Il n’y a pas un bureau de poste où l’on ne trouve pas des hommes, de tout âge, qui proposent leur service à celles et ceux qui ne savent pas remplir leurs chèques.

Ils sont là du matin au soir. Contrairement aux écrivains publics, le «matériel» de ces «remplisseurs» de chèques se limite à… un stylo. Ils prennent place sur les chaises des bureaux de poste et attendent leurs clients, en majorité des retraités illettrés. Pour une pièce de dix dinars, ils rendent un «énorme» service à cette catégorie de gens. «Il y a des retraités qui me donnent jusqu’à cent dinars», se réjouit un remplisseur de chèques à la Grande-Poste d’Alger.
«Remplir un chèque, c’est aussi une question de confiance», relève-t-il. Car les retraités préfèrent les «gens du métier» qu’une personne inconnue. «Il y a des gens qui me proposent leur service, mais je décline respectueusement leur offre. Je ne fais confiance à personne», affirme une femme âgée venue retirer sa pension de femme de moudjahid. «Je n’accuse pas tout le monde, mais il y a des jeunes qui se montrent gentils en voulant nous aider et ensuite ils tentent de nous agresser à l’extérieur», ajoute notre interlocutrice. Voulant garder le secret et se mettre à l’abri de mauvaises surprises, les retraités évitent de solliciter des personnes inconnues.
«Il y a même des parents qui tiennent à ce que leurs enfants ne soient pas au courant de la somme qu’ils touchent. Et c’est pour cela qu’ils viennent me solliciter», affirme Salim, qui exerce dans un bureau de poste à Draâ Ben Khedda (Tizi Ouzou). Diplômé de la faculté de droit de Boukhalfa, en 2005, et en l’absence des opportunités d’emplois conformes à sa formation, Salim s’est converti en «remplisseur» de chèques.
«Au début, les gens me sollicitaient rarement et j’arrivais à peine à gagner 150 DA dans la journée. Mais petit à petit, je suis parvenu à attirer plus de clients et tout le monde me fait confiance aujourd’hui.
Il y a même des retraités qui préfèrent rebrousser chemin, lorsqu’ils ne me trouvent pas ici. D’autres me donnent rendez-vous quelques jours à l’avance pour être sur place», se félicite notre interlocuteur.
Ces derniers temps, ce «métier» attire de plus en plus les universitaires au chômage. La concurrence est rude dans les bureaux de poste. Mais cela ne semble pas inquiéter les anciens. Certains «novices» se retirent de la scène après quelques jours seulement, car personne ne les sollicite. Remplir des chèques constitue le seul gagne-pain pour la plupart de nos interlocuteurs.
Des jeunes chômeurs, des handicapés ou des gens souffrant de maladies chroniques. «C’est un métier qui nous met à l’abri de la faim. Les jours où les retraités retirent leur argent, je gagne jusqu’à 1 000 DA. Mais certains jours, j’en gagne à peine 300.
Cela me permet de pallier les besoins les plus élémentaires de ma petite famille», affirme Mohamed, la cinquantaine, remplisseur de chèques à Maâtkas.
Père de trois enfants et atteint d’une maladie chronique, notre interlocuteur gagne sa vie grâce aux quelques lettres et chiffres qu’il écrit sur des chèques. C’est dire combien le savoir, quel que soit son degré, peut être bénéfiqu Portrait d’un vieux «routier»
Comme ses confrères, Ahmed travaille dans des conditions lamentables. Le métier d’écrivain public est ignoré par l’Etat.

Assis sur une chaise en plastique, devant sa machine à écrire installée soigneusement sur une table, une autre chaise réservée aux clients est posée juste en face. Il attend patiemment l’arrivée d’une personne pour le solliciter en cette matinée glaciale. Emmitouflé dans un k-way bleu dont la capuche recouvre sa tête, Ahmed El-Harrachi défie le froid et affiche une grande disponibilité quelles que soient les conditions climatiques.
Cet écrivain public, l’un des plus anciens d’Alger, cumule plus de 33 ans de service (il exerce depuis 1977). Sa barbe blanche, les rides qui creusent son visage et sa modestie sont des signes de sagesse, d’honnêteté et de discrétion. «J’ai travaillé pendant sept ans à El-Harrach, avant de prendre place ici, à côté de la Cnas, depuis 1984. J’ai opté pour ce métier par conviction, car j’ai toujours voulu aider les citoyens n’ayant pas les capacités de rédiger des demandes, des requêtes…», dit-il avec fierté.
Agé de 51 ans, Ahmed affirme avoir un niveau de troisième année secondaire et avoir fait quatre années d’études à l’Université de la formation continue (UFC de Bouzaréah), spécialité droits des affaires. Un choix qui convient parfaitement à son métier. Ses doigts tremblaient de froid, il tentait de les réchauffer en mettant ses mains dans les poches et parfois il soufflait dessus et les frottait. «En hiver, notre métier est synonyme de calvaire. Vous voyez, je n’arrive même pas à toucher le clavier et je ne vais pas tarder à plier bagage», regrette-t-il.
Comme ses confrères, Ahmed travaille dans des conditions lamentables. Le métier d’écrivain public est ignoré par l’Etat. Pourtant, il est le lien entre les citoyens et les autorités. «Sans nous, les citoyens auraient éprouvé d’énormes difficultés à régler leurs affaires. Nous avons réclamé des locaux dignes de notre statut où l’on serait à l’abri du froid et de la chaleur, mais toutes nos requêtes sont restées sans réponse», dit-il amer. Ahmed El-Harrachi sait tout ce qui se passe dans notre société. Des affaires restent marquées et à jamais gravées dans sa mémoire. «Il y a quelques jours, j’ai versé des larmes ici en écoutant l’histoire d’une jeune fille. C’est une jeune fille adoptive qui a des problèmes avec son conjoint. En dépit de l’acte de mariage, son mari légal ne veut pas consommer le mariage.
Il profite de cette situation pour lui imposer des choses qu’elle ne désire pas faire. Sa famille adoptive exerce une énorme pression sur elle. Elle est arrivée en pleurs et m’a demandé de lui rédiger une requête au président du tribunal d’Alger pour convoquer son mari et lui imposer de consommer son mariage», raconte notre interlocuteur. Ahmed est «un gardien de secrets». «Je ne peux pas vous raconter toutes les histoires qui m’ont rendu triste.
Des parents violentés par leurs enfants, des problèmes d’héritage, licenciement abusif, retard dans l’exécution des jugements… Les gens me font confiance et ma conscience ne me permet pas de divulguer les secrets d’autrui», affirme encore ce «vieux routier». L’amour du métier et le respect des autres sont les clés de réussite, dit-il, car la confiance seule permet de gagner des clients et de les fidéliser…

Des devoirs à la maison !

Lorsque l’écrivain public n’arrive pas à rédiger une correspondance sur place, en raison des documents à lire, il propose au client de lui accorder quelques jours pour finir le travail. «Lorsqu’il s’agit d’une affaire avec la justice, et cela constitue la majorité des requêtes que je fais, je ne peux rédiger une requête sans avoir lu tous les documents, afin d’y inclure tous les détails importants. Certains clients veulent avoir leur lettre à la va-vite. Mais je refuse catégoriquement de travailler avec ces gens, car je ne peux encaisser de l’argent pour avoir fait une demande sans fondement juridique. Je veux vivre avec l’argent hallal», affirme Ahmed El-Harrachi. Et c’est là que se pose la nécessité d’avoir un local digne de ce métier. «Si j’avais un local, j’aurais rangé tous les documents et travaillé tranquillement. Ici, avec le vent, les passants et le bruit des voitures, il m’est impossible de me concentrer. Et c’est pour cela que je préfère accomplir ma tâche chez moi», ajoute notre interlocuteur.

Même des universitaires les sollicitent
Contrairement à l’idée reçue selon laquelle seuls les illettrés sollicitent les services de l’écrivain public, il se trouve, en réalité, que même les universitaires y recourent. «Je reçois des universitaires qui me sollicitent pour leur rédiger des correspondances de tout genre.
Etre un diplômé universitaire n’est pas toujours synonyme de capacité à rédiger des lettres. Car ce savoir-faire tient aussi d’un don en la matière. Il y a des universitaires qui ne connaisent pas les formules et la manière de rédiger ce genre de documents. D’autres n’ont pas le temps de le faire», nous explique Ahmed El-Harrachi. La difficulté est posée notamment chez ceux qui ont fait leurs études en arabe et qui doivent écrire des requêtes en langue française.
L’expérience joue aussi un rôle déterminant, car les gens préfèrent opter pour ces écrivains ayant cumulé des années de travail que de «s’aventurer» en écrivant eux-mêmes ce genre de correspondances. «La plupart des problèmes soulevés par les universitaires concernent les relations de travail. Des licenciements abusifs et des cas de harcèlement moral et physique», précise notre interlocuteur.
La grande satisfaction de l’écrivain public est d’aider quelqu’un à régler ses problèmes. «Il est vrai que ce métier constitue mon seul gagne-pain. Je fais des demandes entre 200 et 400 dinars, mais ma plus grande joie est quand un client vient me remercier pour l’avoir aidé. Je ne suis pas le genre d’homme qui aime les cadeaux, mais il y a des clients qui insistent pour m’offrir quelque chose en signe de reconnaissance», précise El-Harrachi

Internet au service des écrivains «bien installés»
Grâce à Internet, on peut facilement trouver l’adresse, le téléphone et le fax de l’écrivain public exerçant dans n’importe quelle ville du pays. Il suffit, en effet, de taper : «écrivain public» en indiquant le nom de la ville dans un site de recherche pour faire la découverte. Ses annonces faites sur Internet facilitent, sans nul doute, la tâche aux citoyens ayant besoin de ce genre de service et aussi aux écrivains publics. C’est dire que la nouvelle technologie est aussi mise au service d’un vieux métier qui a su survivre aux évolutions récentes. Si les jeunes générations recourent à la correspondance électronique pour régler leurs affaires, notamment quand il s’agit de lettres à envoyer à l’étranger, les «anciens» continuent de solliciter les écrivains publics. Il y a également le fait que les administrations algériennes n’ont pas encore opté pour l’utilisation de la correspondance électronique qui contraint même les jeunes à utiliser la voie postale. L’Algérie accuse ainsi un énorme retard «technologique» qui profite aux connaisseurs de la plume.

Source Infosoir Ahmed Haniche

Le Pèlerin

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 23:52

Tipasa - Une caravane de sensibilisation et de prévention contre les fléaux sociaux

guide-tipasa.jpg

C’est du 3 au 29 juillet 2011, qu’une caravane initiée par les structures centrales de la police nationale, en l’occurrence la Direction de la sécurité routière et la Direction de la police judiciaire et de la lutte contre les stupéfiants, sillonnera les wilayas côtières du pays.
La première opération a eu pour étapes la page de Douaouda, la ville de Koléa, le complexe touristique CET de Tipasa, jusqu’à la ville de Cherchell. Outre la wilaya de Tipasa, ce seront les villes de Tenès, wilaya de Chlef, la ville de Mostaganem, la ville d’Oran, ses plages et ses corniches, Témouchent et Tlemcen qui clôtureront les premières étapes de cette caravane. «L’opération se poursuivra ensuite avec les villes d’Alger et de Boumerdès pour clore avec le reste des étapes de cette caravane à destination des côtes algériennes», a déclaré le lieutenant Zerrouki Rachid, un spécialiste de la lutte contre le trafic de stupéfiants à la Direction générale de la Sûreté nationale. Le commissaire Boudaba A. , lui, expliqua la mission dévolue à cette caravane est préventive, dissuasive et non répressive. «Nous nous fixons comme objectif majeur de préserver les jeunes des dangers de la vitesse, du non-respect du code de la route et, bien sûr, le caractère handicapant des accidents de la route. Nous avons ciblé la côte et la période estivale compte tenu de l’importante affluence des personnes provenant de l’intérieur du pays à destination des côtes car méconnaissant les véritables risques de la conduite.» Quant à l’officier de police, psychologue en charge des psycho-bus, M. Bidari Abderezak, du service central de l’action sociale de la police, il relatera avec fierté une opération de récupération d’un jeune drogué, dans le cadre de la sensibilisation des jeunes. «Un jeune est venu vers moi en m’avouant qu’il est drogué et qu’avant de me contacter, il avait consommé deux pastilles de psychotropes. A l’issue de cette discussion, il s’est débarrassé, tout confus et culpabilisé, de la capsule en sa possession en la remettant à la police. Il me jura qu’il ne consommera plus de drogue. J’ai reçu ce jeune à quatre reprises. Il a tenu parole. C’est un beau jeune homme, conscient, lucide, qui me parlait sagement. J’ai été très fier de son nouveau comportement», a précisé le psychologue de la police. Selon l’officier de police Malika, présente à cette étape, «la politique globale de la police vise le rapprochement de la population en vue de créer une symbiose et une véritable communication de proximité». Au niveau du point d’accueil de la population de Cherchell, les doléances ne manquent pas. Les citoyens se bousculent pour exposer qui leurs doléances, qui leurs avis, qui des critiques sur la gestion de la commune. M. Abdelkader, un quinquagénaire, dira avec une pointe d’amertume : «Le stationnement des deux côtés de la voie gêne considérablement l’accès aux urgences médicales.» Pour un autre citoyen, «l’accès à l’hôpital en double sens gêne et ralentit la circulation. Il faut instaurer un sens unique». Une mère de famille, qu’accompagnaient deux enfants en bas âge, nous dira : «Le problème de nos enfants reste surtout la fréquentation innocente des repris de justice, voleurs et délinquants de tout acabit au niveau de certains cafés, cybercafés et salles de jeu». Et d’ajouter : «Ne faut-il pas que la police soit présente aux abords des écoles, collèges et des lycées ?»
Source Le Soir d’Algérie Larbi Houari

Le Pèlerin

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 23:46

Le monde arabe se cherche une issue

contestation dans le monde arabe

Plusieurs mois après l'immolation par le feu d'Al Bouazizi, les régimes arabes n'ont toujours pas étouffé la flamme de la révolte.

Le Sud-Soudan proclame son indépendance, les rebelles libyens continuent leur avancée vers Tripoli, les Egyptiens occupent la place Tahrir et les Syriens crient à tue-tête leur rejet du régime de Bachar Al Assad. Ce sont là quelques faits saillants de la semaine dans le Monde arabe. Et ce n'est pas fini. Le Maroc post-référendum électoral n'a toujours pas retrouvé son calme alors que l'autre voisin de l'Algérie, la Tunisie, sombre chaque jour un peu plus dans la crise économique sans se débarrasser du spectre islamiste. Au Moyen-Orient, l'ébullition ne cesse toujours pas au Liban suite aux conclusions de la commission d'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Pour ne rien arranger, le Yémen continue toujours sa révolution dans l'espoir de ne plus revoir le président Ali Abdellah Saleh remettre les pieds au pays. Ceux d'entre eux qui sont sous occupation étrangère, comme l'Irak et la Palestine, ne sont pas en marge de ce mouvement, car ils cherchent, eux aussi, des opportunités d'en finir avec cette domination qui ajoute aux complications de cette zone. Il n'y a que le Bahrein qui a reconquis son calme suite à l'intervention des forces armées de certains pays du Golfe. Mais pour combien de temps encore? Les étrangers sont d'ailleurs bien présents en Libye avec l'intervention occidentale grâce au soutien de l'Otan. Dans ce chaos, Al Qaîda au Maghreb islamique ainsi que les autres branches de la nébuleuse dans différentes parties du monde comptent bien jeter de l'huile sur le feu. Aqmi s'est empressée de faire allégeance au nouveau leader d' Al Qaîda et promet de s'en prendre à la coalition occidentale en Libye. C'est suffisant pour réveiller les craintes de l'Algérie qui redoute fort un embrasement sans fin dans la région. Le ministre chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, l'a encore redit avant-hier: la circulation des armes pillées des stocks libyens se déversent sur l'Algérie nourrissant par conséquent la force de frappe des terroristes. Les défis pour l'Algérie proviennent aussi du Sud puisque les pays du Sahel sont toujours sous la menace des hordes terroristes. C'est dans ce contexte qu'intervient la visite du ministre tunisien des Affaires étrangères en Algérie. Auparavant, c'était le ministre des Affaires étrangères, Medelci, qui s'était envolé pour la Pologne pour s'entretenir avec les nouveaux dirigeants de l'Union européenne pour les 6 prochains mois. La préparation de la conférence Sahel-Occident sur le plan de la lutte contre le terrorisme aurait, selon toute logique, été eu centre des discussions lors de ces deux déplacements. L'Algérie et d'autres pays africains ne rateront pas l'occasion du rendez-vous prochain pour plaider leur cause en faveur d'une solution pacifique au conflit libyen et à d'autres foyers de tension ensuite. Mais la situation est tellement explosive qu'il est peu probable de parvenir à des accords sur tous ces sujets. La réaction syrienne suite à la visite de l'ambassadeur des Etats-Unis à Hama augure de la persistance de relations compliquées entre l'Orient et l'Occident. L'intervention de ce dernier bloc dans le monde arabe ne fait pas l'unanimité. Le tollé soulevé suite au parachutage des armes françaises en faveur des rebelles libyens a conduit la France à renoncer à cette stratégie pour faire chuter le régime d'El Gueddafi. Aux yeux des populations arabes, ce n'est pas le seul régime qui doit chuter. Quelques exemples suffisent pour illustrer cette tendance.
Les Egyptiens ne nourrissent pas d'autre espoir que celui-là en investissant la place Tahrir. A Sanaa, capitale yéménite, à Damas, en Syrie, mais surtout dans d'autres villes, on s'accroche toujours à la volonté de voir de nouveaux visages au sommet de la pyramide politique. Le Maroc échappe à cette règle. Mais en dépit de l'approbation par une large majorité, d'un référendum d'amendements constitutionnels limitant les pouvoirs du roi, des manifestations continuent. Des milliers de manifestants ont demandé davantage de réformes politiques à Rabat, Casablanca et Tanger. Jeudi dernier, des émeutes ont eu lieu à Khourigba, Hattan et Boujniba.
De quel monde nouveau ces révoltes enfanteront-elles, se demandent les chancelleries étrangères? Depuis plus de 6 mois que Al Bouazizi s'est immolé par le feu au sud de la Tunisie, la question reste toujours posée. Mais les analystes misent déjà sur un affaiblissement du courant islamiste radical.
Ils en veulent pour preuve le fait que ce ne sont pas les islamistes qui ont été les initiateurs des révoltes. Certains souhaitent qu'elles ne soient pas récupérées par eux.

Source L’Expression Ahmed Mesbah

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 18:58

Algérie - Production agricole : 1362 milliards de dinars en 2010

agriculture

Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, s’est dit, hier, surpris des résultats de la production agricole nationale de 2010 estimée à 1362 milliards DA.

«Je suis surpris de voir la wilaya de Boumerdès à la première position en termes de valeur de la production agricole alors qu’elle n’a pas les mêmes potentialités que d’autres wilayas. Elle a réalisé 74 milliards DA en 2010, suivie d’El Oued avec 60,5 milliards DA et Aïn Defla avec 58 milliards DA. Quant à Alger, elle est en 24e position avec 26 milliards DA», fait savoir le ministre lors de la réunion trimestrielle des cadres du secteur.
A l’occasion, il a déploré que des wilayas, comme Aïn Temouchent, Sétif et Sidi Bel Abbès, aux grandes potentialités agricoles, soient positionnées en bas de la liste. «Ce n’est pas normal que Sétif soit à la 9e position et Aiïn Temouchent à la 28e. Il est vrai que l’agriculture est un secteur qui dépend essentiellement du climat ainsi que d’autres paramètres. Mais il y a aussi la formation qui fait encore défaut. Boumerdès a l’air d’avoir franchi ce cap avec l’introduction de nouvelles technologies. C’est ce qui explique son positionnement à la première place», estime-t-il. En matière de contrats de performance et du renouveau de l’économie agricole, 38 wilayas ont réalisé, du 31 octobre au 30 juin, des résultats positifs, assure M. Abdelghafour, représentant de la direction des statistiques, tandis que 10 wilayas ont réalisé des résultats négatifs. Cela dit, la production  agricole, d’une façon globale, est en hausse et dépasse les objectifs retenus au titre des contrats de performance 2011. «La production oléicole a atteint plus de 6,1 millions de quintaux contre 4,3 millions de quintaux prévue dans les contrats de performance. La pomme de terre est d’une production de 25,8 millions de quintaux contre 27,2 millions de quintaux. Comme la  récolte de la saison se poursuivra jusqu’à la fin d’août, il faut s’attendre à une production qui dépassera celle prévue», assure-t-il. A propos de la pomme de terre, les intervenants ont fait savoir que 497 quintaux ont été exportés. Pour ce qui est du lait, la production a atteint 2,19 milliards de litres pour un objectif global annuel de 2,73 milliards de litres au titre de contrats de performance.
Une bonne production de dattes est également enregistrée durant les trois derniers trimestres avec plus de 724 000 tonnes. L’exportation de ce produit a doublé, passant de 11 000 tonnes en 2010 à 23 000 tonnes en 2011. Les filières viandes rouge et blanche sont aussi en évolution, souligne M. Abdelghafour, avec respectivement, une production de 3,021 millions et de 2,49 millions de quintaux. En outre, signale M. Titah, représentant de la direction générale des forêts, 4707 projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI) sont approuvés au niveau local, en plus de 3308 PPDRI actuellement mis en œuvre touchant ainsi la moitié de la population rurale. «Concernant l’extension et la réhabilitation des forêts, celles-ci concernent 38 wilayas. 36 000 hectares sont plantés à ce jour, dont 5000 hectares d’oliviers», conclut-il.
Pas de criquets en vue !
Les criquets ne sont pas signalés dans les pays du Sahel, révèle Mme Hadjrès, représentante de la direction de la protection des végétaux et des contrôles techniques. Mais les dispositifs de surveillance sont maintenus à Bechar, Tamanrasset, Adrar et Tindouf, assure-t-elle.
L’importation des produits végétaux en hausse
L’importation des principaux produits végétaux a augmenté de 11% par rapport au 1er trimestre 2011, signale Mme Hadjrès, le blé tendre et le maïs notamment. Le matériel végétal a également augmenté, ajoute-t-elle. Par contre, dit-elle, l’importation des semences et des plants a baissé.
Ramadhan : Encore plus de blé et de lait pour les transformateurs
Pour le Ramadhan, les pouvoirs publics ont décidé d’augmenter de 10% les quotas des transformateurs en blé et 15% des quantités de poudre de lait, révèle le ministre de l’Agriculture et du Développement rural en assurant que tous les produits, dont les viandes, seront disponibles durant ce mois. «Cela fait six mois, précise-t-il, que ces dispositions ont été prises».
78 000 hectares de terres agricoles mis en valeur
Dans le cadre du programme de la mise en valeur des terres agricoles privées et des terres du domaine privé de l’Etat, 78 000 hectares seront mis en valeur pour 85 000 nouvelles exploitations, fait savoir Rachid Benaïssa.

Source Horizons Farida Belkhiri.

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 18:56

Le bac n'ouvre pas toutes les portes !

universite algerie

Le précieux «sésame» du baccalauréat dans la poche, les nouveaux bacheliers devront dès cette semaine fixer leur choix sur une filière.
Les préinscriptions des nouveaux bacheliers à l'université vont démarrer ce mardi 12 juillet en cours et se poursuivront jusqu'au 17 juillet via Internet. La validation des préinscriptions se déroulera du 18 au 20 juillet en cours, alors que la période des affectations et des recours en ligne est fixée du 27 au 29 juillet 2011. Les inscriptions définitives auront lieu entre le 30 juillet et le 4 août prochain. La période de déroulement des concours, tests d'aptitude et entretien avec un jury pour les filières concernées est fixée du 28 au 31 juillet 2011. La date limite du 04 août 2011 clôture définitivement les inscriptions au titre de l'année universitaire 2011-2012. Les nouveaux bacheliers non satisfaits de leur affectation n'auront droit qu'à six jours (29 juillet au 3 août prochain) pour introduire un recours exclusivement en ligne, dans le seul cas d'une affectation ne répondant à aucun des dix choix exprimés dans la fiche de vœux. La préinscription, l'orientation et le recours des nouveaux bacheliers se font exclusivement en ligne. Pour réaliser ces opérations, deux sites Internet sont mis à la disposition des nouveaux bacheliers: http://www.orientation.esi.dz ou http://www.mesrs.dz. Pour permettre et faciliter l'accès à ces deux sites internet, une connexion gratuite est mise à la disposition des nouveaux bacheliers à partir des cyberespaces ouverts à cet effet au niveau des établissements universitaires. Après l'obtention du bac, le choix de la future filière universitaire est au centre des préoccupations des jeunes lauréats. Nombreux «heureux» candidats vont cependant découvrir à leurs dépens que le bac est un «sésame» qui n'ouvre pas toutes les portes. Les sciences médicales (médecine, pharmacie, chirurgie dentaire) ne sont pas à la portée de la majorité des candidats. Il faut en effet avoir un bac avec mention «Excellent» ou «Très Bien» pour prétendre à ces filières. La priorité est donnée aux candidats ayant obtenu leur bac dans les filières : Mathématiques, Sciences Expérimentales et Techniques Mathématiques. Les candidats devront avoir une moyenne générale supérieure ou égale à 14 sur 20. Les autres candidats ayant obtenu leur bac dans la filière scientifique doivent avoir une moyenne égale ou supérieure à 16 sur 20 ! Les titulaires du bac avec mention «Excellent» ou «Très Bien» auront le libre choix. Ainsi le titulaire du baccalauréat obtenu avec mention «Excellent» remplit, en ligne, une fiche de vœux en mentionnant trois choix parmi les filières proposées, dans le respect des conditions fixées en matière de série du baccalauréat : il sera automatiquement satisfait dans l'un de ses choix. Le titulaire du baccalauréat obtenu avec mention «Très Bien» remplit, en ligne, une fiche de vœux en mentionnant cinq choix parmi les filières proposées, dans le respect des conditions fixées en matière de série du baccalauréat : il sera satisfait dans l'un de ses choix. Les candidats à la filière Mathématiques informatiques et Mathématiques appliquées devront justifier une moyenne supérieure ou égale à 13/20 calculée entre les notes de mathématiques et de physique (Maths +Phys)/2. Il est à noter que la circulaire ministérielle n° 07 du 15 juin 2011, relative à la préinscription et à l'orientation des titulaires du baccalauréat au titre de l'année universitaire 2011-2012, fixe toutes les règles générales applicables, en matière de préinscription et d'orientation, aux titulaires du baccalauréat au titre de l'année universitaire 2011 - 2012.
L'orientation vers l'enseignement et la formation supérieurs obéit à un classement qui repose sur les trois paramètres suivants : les vœux exprimés par le titulaire du baccalauréat, la série et les résultats du baccalauréat : moyenne générale du baccalauréat, mention et la note des matières essentielles, les capacités d'accueil des établissements d'enseignement et de formation supérieurs.

Source Le Quotidien d’Oran Sofiane M

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 18:40

Le porte parole de la chanson Kabyle engagée

matoub lounes

El Mahna est sans doute la chanson phare de toute l'oeuvre sentimentale de Lounès Matoub. Il s'agit d'un hymne à l'amour. Un cri indicible d'un coeur déchiré, d'une âme désespérée mais d'un homme sincère. Pourtant, les belles chansons d'amour chez Matoub foisonnent. Lounès se fait remarquer dans ce domaine. Il a la particularité d'avoir chanté sa propre histoire d'amour. C'est la première et unique fois qu'un artiste kabyle chante publiquement ses déboires avec sa propre femme. Durant la deuxième étape de sa carrière, qui commence avec la chanson mythique Tarewla, Matoub défile le film de son amour comme dans un interminable feuilleton, avec moult rebondissements et où chaque épisode ne ressemble pas à l'autre même si l'histoire est la même. De Tarewla (1989) jusqu'à Iniyid kan (1998), il a tenté de combattre et de comprendre cet amour, qui le hante, sans y parvenir. Même quand il croit qu'il s'en est délivré, il ne manque pas d'y rebondir. Son refus d'oublier, tel qu'il l'exprime dans la chanson Iniyid kan, est volontaire. L'amour conté par Lounès est plein de contradictions. Et comment pouvait-il en être autrement puisque l'amour n'est déjà et avant tout qu'une illusion. Mais une illusion utile qui sert à apprendre et à comprendre. Matoub plonge profondément dans son âme pour tenter d'explorer l'insondable. Quand on le voit sous la casquette de militant et de combattant, il est évident de s'étonner devant les élans de coeur qui émanent de ses chansons d'amour. Derrière l'homme coléreux et rebelle, peut-il donc se cacher un être tendre, sensible et fidèle? La presse et les analystes ont souvent focalisé sur son côté révolté, en oubliant d'évoquer l'amour qui bouillonnait dans ses entrailles. Cette omission ne constitue pas une tare dès lors que l'actualité a toujours exigé que la primeur soit accordée au militant. Pourtant, la rébellion de Matoub a un soubassement affectif immense.
Cette particularité explique la manière orageuse avec laquelle il a vécu et chanté son histoire d'amour avec sa première épouse et son grand amour, l'amour de sa vie. Il justifie l'attachement viscéral et inénarrable à la femme aimée. Etre possédé à ce point par la même femme et avouer publiquement son incapacité à s'en départir, constitue l'une de ses différences.
En relatant son idylle, Matoub partage la poire en deux. Il admet ses imperfections, chose rare dans la poésie kabyle où c'est toujours la femme qui est fautive. Il confesse que, si son amour s'est ruiné, c'est en grande partie à cause de ses excès et de sa fuite en avant. C'est tellement rare dans la culture de la société kabyle, encore moins dans la poésie de la même langue qu'un amoureux fasse son mea-culpa, d'autant plus publiquement. La femme aimée cherche la protection. Il lui offre la guerre. Ils se sont séparés dans une période difficile, au cours de laquelle Matoub est blessé par balle suite aux événements d'octobre 1988.
Le déclic dans sa carrière artistique et dans sa vie s'effectue en octobre 1988. Quand il se réveille de son lit d'hôpital, il aperçoit que son amour s'est envolé sans l'avertir. Le choc est tel qu'il compose, pour la première fois dans sa carrière, tout un album consacré à la thématique sentimentale. L'album dont il est question est constitué de quatre chansons autobiographiques et émouvantes (la cinquième étant politique), débordant de courroux et d'affection. Matoub passe allègrement de la tendresse à la colère, du rêve au mépris et de la compassion aux remontrances. Cet album est sorti en 1991. Matoub vient d'inaugurer une nouvelle ère dans la chanson d'amour. Matoub évoque une passion immuable, celle de sa femme. Il dit l'amour comme on parlerait de l'amitié. Aucune allusion n'est faite à la beauté physique de la femme que vantent la majorité, sinon tous les poètes. Chez lui, l'amour est plus profond que les yeux bleus ou une chevelure dorée. L'aspect superficiel n'est qu'ornement; l'amour est tout, sauf une question de physionomie et d'allure. Chez Matoub, l'érotisme, qui fut un cheval de bataille pour tous les poètes l'ayant précédé, est banni. Quand il fait allusion à un aspect physique de la femme, c'est dans le but de désigner cette dernière et non pas pour faire l'éloge de son aspect extérieur. En parlant de la femme, Lounès s'intéresse au côté intérieur de celle-ci. Le but des vers où il fait allusion à la beauté n'est pas tant de dire du bien de la beauté physique de l'aimée mais l'objectif consiste à décrire les blessures laissées par la séparation et l'éloignement. C'est le cas dans ces vers:
Aimée aux cils gracieux, montre-moi ton visage
Je t'en supplie, à ta fenêtre apparais!
J'ai en moi enfoui ton regard
Ancienne est notre séparation
Même toi mariée, entourée de tes enfants
Mon coeur en son amour est demeuré tel
Ton nom sur ma chair est gravé
Tu me hantes, fine beauté
Le sens que Matoub attribue au sentiment amoureux n'est pas du tout l'amour idéalisé ou rêvé. L'histoire d'amour de Matoub est réelle et réaliste. Le fait qu'elle soit vécue, lui confère un sens plus distingué. L'amour, c'est la vie partagée, des épreuves la main dans la main, l'entente et la mésentente, le bonheur et la souffrance, l'union et la rupture. C'est la définition que Matoub tente de donner au sujet de l'amour. L'amour, Matoub la résume dans cet extrait:
Tourments et angoisses ne sont rien
Ni l'oppression de la vie ne nous pèse
Et les malheurs non plus ne sont rien
Nos supplices sont un air de chanson
Qui offre la sagesse
A l'homme dénué de tendresse
Elle n'a pas sombré, ni ne s'égarera
Dans un galetas ou dans l'infini
La vérité de l'amour durable
Ces vers font partie d'une chanson de son dernier album posthume. Mais bien avant, au tout début de sa carrière. Matoub clamait au sujet du vrai amour:
Nous avons goûté à l'arbre des tourments,
A notre insu
Avec abnégation nous combattrons nos colères
Malgré les feintes
Tous deux nous rencontrerons le malheur
Rien ne brisa les fers de l'honneur
Le tranchant de l'épée ne nous a pas traversés
Cette ère de souffrance nous saisit au dépourvu
Matoub Lounès appréhende le sentiment amoureux en profondeur. Il ne chante pas un amour idéalisé non vécu, comme c'est souvent le cas. Son amour à lui est palpable et vrai: «C'est un amour réel, naturel, pas une idée mais un fait».
Tantôt, il idéalise; souvent il est réaliste, comme c'est le cas en déplorant l'incapacité de la femme aimée à lui appartenir puisque, elle-même, ne s'appartient plus, ayant des enfants avec un autre.
Dans un autre texte, il revient à de meilleurs sentiments pour dire que, même avec des enfants, il ne pourra pas l'oublier. Il confirme l'enracinement sacré du sentiment amoureux. On peut continuer d'aimer même en l'absence de l'aimée. L'amour est dans le coeur. Mais est-ce vrai? Le poète laisse libre cours à ses illusions pour supporter l'invivable:
Bien que mon pied vacille au bord de la tombe
L'espérance n'a point déserté ma cervelle
Certes, je sais que cela ne sera pas
Mais je crois que tu reviendras auprès de moi
Bien que je sache que c'est la fin de tout
Je nourris mon coeur de patience
J'invente pour lui ce qui n'est pas...
L'amour survit aux plus dures épreuves. Il demeure après les tempêtes. Même l'éloignement ne peut pas l'emporter. Bien au contraire, lorsqu'il est solide, il se raffermit dans l'absence. L'amoureux est hanté par la personne aimée, de jour comme de nuit. Matoub nous apprend que nous pouvons tomber amoureux à quarante ans. Il nous enseigne qu'après avoir pleuré un amour pendant dix ans, nous pouvons l'effacer en une seconde et le remplacer grâce à l'espoir et à la sincérité. Il ne le dit pas sans les contradictions naturelles et inévitables en de telles situations.
De 1991 à 1998, Matoub a produit vingt-cinq chansons d'amour. La spécificité dans les poèmes qui accompagnent ses mélodies, se situe d'abord dans le fait qu'il s'agit globalement du vécu de l'auteur. Ce dernier chante à la première personne. Dans le fameux album El mahna, le thème n'est pas aussi simple qu'il n'y parait en écoutant les chansons pour la première fois. Dans ces textes, Matoub ne fait que dire autrement ses sentiments. Sa force poétique lui permet de relater la même histoire plus d'une fois, en usant d'angles d'attaque variés et sans redire les mêmes choses. Aucun ressassement ne peut être déploré.
Matoub fait preuve d'une imagination féconde. Dans la chanson: Si daw uzekka, tighriw, il imagine qu'il n'est plus de ce monde. Du fond de sa tombe, il adresse à l'aimée des messages plus virulents. Il se montre sévère et rancunier. Il culpabilise la partenaire en utilisant un langage dur et insurgé. Il fait usage d'expressions acerbes. Autant Lounès est révolté dans son jugement ici, autant il est tendre et clément dans Tuzma N'temzi.
Le poète ne fait que décrire la réalité. L'amour est un sentiment doté d'une force capable de générer une multitude de réactions aussi contradictoires les unes que les autres.
D'une minute à l'autre, on passe sans savoir trop comment, de l'adulation extrême à la culpabilisation sans merci.
Les larmes de ton corps, tu les pleureras toutes
L'obscurité des regrets sur toi s'abattra
La porte que tu ouvriras, tu oublieras
Si elle aborde à la clarté ou sur un désert de ténèbres
La récolte féconde qui faisait ta morgue
Ö calamité!
La grêle la saccagera
Tu entreras en délire, tu déclineras
Ton chemin sera chemin d'égarement
Chez Matoub, l'amour est conflit. Il est à la fois source de félicité et de déchéance. C'est aussi une grande source d'inspiration
.

Source L’Expression Aomar Mohellebi

Le Pèlerin

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 06:19

 Un savoir-faire au service d’autrui

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Rédiger une lettre administrative, une demande de logement, une plainte ou autre document n’est pas tâche aisée pour tout le monde.

C’est pourquoi solliciter une tierce personne est inévitable. Les écrivains publics sont là pour rendre cet énorme service à une partie de citoyens incapables de se débrouiller seuls dans ces affaires. C’est ainsi que ce métier est apparu depuis de longues décennies dans notre société et à travers l’ensemble des localités du pays.
A Alger, les écrivains publics ont pris place près du bâtiment de la Cnas, avenue du 1er Novembre, à quelques mètres de l’arrêt de bus à la place des Martyrs. Qu’il pleuve ou qu’il vente, ces scribes sont toujours là à attendre d’éventuels clients. Comme au bon vieux temps, ils tapent sur une machine à écrire.
Qu’il fasse froid ou chaud, ils n’hésitent pas à faire le déplacement, restant «fidèles» à leurs clients. Assis sur des chaises en plastique, une table, une machine à écrire et des feuilles blanches pour tout matériel, ils sont là.

Ni le mauvais temps ni les basses températures ne les découragent. «Ce métier exige de la disponibilité en toutes circonstances et tous les jours de la semaine», nous explique-t-on.
Dans ce qui ressemble à un hall, exposé aux quatre vents, chacun des «écrivains» sombre dans un silence profond. Pourtant, ils entretiennent de bonnes relations entre eux.
Chacun est plongé dans ses pensées et soucis de la vie quotidienne. Difficile d’aborder une discussion avec eux. Nous nous approchons d’un homme âgé, cheveux grisonnants recouverts d’un bonnet et portant de grosses lunettes de vue. Il esquisse un large sourire pensant avoir affaire à un client, le premier et peut-être le seul où les gens ont préféré rester chez eux en cette froide journée. «Aâslama (bienvenue). C’est pour une demande ?», nous dit-il. Une fois notre identité déclinée, il change subitement de mine. «Je n’ai rien à vous raconter. Veuillez m’excuser, mes soucis dépassent ce que vous voulez savoir.»
La même réponse nous a été donnée par l’écrivain d’à-côté. Le «triste» climat en cette matinée semble affecter l’humeur de ces écrivains. Une atmosphère de grisaille régnait dans le petit espace et chaque écrivain s’occupait plutôt à réchauffer ses mains, dans ses poches, pour que leurs doigts soient aptes à rédiger une lettre si un client venait à les solliciter.
«On ne travaille presque pas en hiver, car la plupart de nos clients viennent de l’intérieur du pays pour différentes affaires. Et comme ils ne viennent pas lorsque les conditions climatiques sont mauvaises, notre activité connaît une réduction sensible», finit par nous dire un des écrivains. Dur de gagner sa vie avec ce métier lorsque les nuages couvrent le ciel…

A la poste
Disponibilité n Il n’y a pas un bureau de poste où l’on ne trouve pas des hommes, de tout âge, qui proposent leur service à celles et ceux qui ne savent pas remplir leurs chèques.

Ils sont là du matin au soir. Contrairement aux écrivains publics, le «matériel» de ces «remplisseurs» de chèques se limite à… un stylo. Ils prennent place sur les chaises des bureaux de poste et attendent leurs clients, en majorité des retraités illettrés. Pour une pièce de dix dinars, ils rendent un «énorme» service à cette catégorie de gens. «Il y a des retraités qui me donnent jusqu’à cent dinars», se réjouit un remplisseur de chèques à la Grande-Poste d’Alger.
«Remplir un chèque, c’est aussi une question de confiance», relève-t-il. Car les retraités préfèrent les «gens du métier» qu’une personne inconnue. «Il y a des gens qui me proposent leur service, mais je décline respectueusement leur offre. Je ne fais confiance à personne», affirme une femme âgée venue retirer sa pension de femme de moudjahid. «Je n’accuse pas tout le monde, mais il y a des jeunes qui se montrent gentils en voulant nous aider et ensuite ils tentent de nous agresser à l’extérieur», ajoute notre interlocutrice. Voulant garder le secret et se mettre à l’abri de mauvaises surprises, les retraités évitent de solliciter des personnes inconnues.
«Il y a même des parents qui tiennent à ce que leurs enfants ne soient pas au courant de la somme qu’ils touchent. Et c’est pour cela qu’ils viennent me solliciter», affirme Salim, qui exerce dans un bureau de poste à Draâ Ben Khedda (Tizi Ouzou). Diplômé de la faculté de droit de Boukhalfa, en 2005, et en l’absence des opportunités d’emplois conformes à sa formation, Salim s’est converti en «remplisseur» de chèques.
«Au début, les gens me sollicitaient rarement et j’arrivais à peine à gagner 150 DA dans la journée. Mais petit à petit, je suis parvenu à attirer plus de clients et tout le monde me fait confiance aujourd’hui.
Il y a même des retraités qui préfèrent rebrousser chemin, lorsqu’ils ne me trouvent pas ici. D’autres me donnent rendez-vous quelques jours à l’avance pour être sur place», se félicite notre interlocuteur.
Ces derniers temps, ce «métier» attire de plus en plus les universitaires au chômage. La concurrence est rude dans les bureaux de poste. Mais cela ne semble pas inquiéter les anciens. Certains «novices» se retirent de la scène après quelques jours seulement, car personne ne les sollicite. Remplir des chèques constitue le seul gagne-pain pour la plupart de nos interlocuteurs.
Des jeunes chômeurs, des handicapés ou des gens souffrant de maladies chroniques. «C’est un métier qui nous met à l’abri de la faim. Les jours où les retraités retirent leur argent, je gagne jusqu’à 1 000 DA. Mais certains jours, j’en gagne à peine 300.
Cela me permet de pallier les besoins les plus élémentaires de ma petite famille», affirme Mohamed, la cinquantaine, remplisseur de chèques à Maâtkas.
Père de trois enfants et atteint d’une maladie chronique, notre interlocuteur gagne sa vie grâce aux quelques lettres et chiffres qu’il écrit sur des chèques. C’est dire combien le savoir, quel que soit son degré, peut être bénéfiqu Portrait d’un vieux «routier»
Comme ses confrères, Ahmed travaille dans des conditions lamentables. Le métier d’écrivain public est ignoré par l’Etat.

Assis sur une chaise en plastique, devant sa machine à écrire installée soigneusement sur une table, une autre chaise réservée aux clients est posée juste en face. Il attend patiemment l’arrivée d’une personne pour le solliciter en cette matinée glaciale. Emmitouflé dans un k-way bleu dont la capuche recouvre sa tête, Ahmed El-Harrachi défie le froid et affiche une grande disponibilité quelles que soient les conditions climatiques.
Cet écrivain public, l’un des plus anciens d’Alger, cumule plus de 33 ans de service (il exerce depuis 1977). Sa barbe blanche, les rides qui creusent son visage et sa modestie sont des signes de sagesse, d’honnêteté et de discrétion. «J’ai travaillé pendant sept ans à El-Harrach, avant de prendre place ici, à côté de la Cnas, depuis 1984. J’ai opté pour ce métier par conviction, car j’ai toujours voulu aider les citoyens n’ayant pas les capacités de rédiger des demandes, des requêtes…», dit-il avec fierté.
Agé de 51 ans, Ahmed affirme avoir un niveau de troisième année secondaire et avoir fait quatre années d’études à l’Université de la formation continue (UFC de Bouzaréah), spécialité droits des affaires. Un choix qui convient parfaitement à son métier. Ses doigts tremblaient de froid, il tentait de les réchauffer en mettant ses mains dans les poches et parfois il soufflait dessus et les frottait. «En hiver, notre métier est synonyme de calvaire. Vous voyez, je n’arrive même pas à toucher le clavier et je ne vais pas tarder à plier bagage», regrette-t-il.
Comme ses confrères, Ahmed travaille dans des conditions lamentables. Le métier d’écrivain public est ignoré par l’Etat. Pourtant, il est le lien entre les citoyens et les autorités. «Sans nous, les citoyens auraient éprouvé d’énormes difficultés à régler leurs affaires. Nous avons réclamé des locaux dignes de notre statut où l’on serait à l’abri du froid et de la chaleur, mais toutes nos requêtes sont restées sans réponse», dit-il amer. Ahmed El-Harrachi sait tout ce qui se passe dans notre société. Des affaires restent marquées et à jamais gravées dans sa mémoire. «Il y a quelques jours, j’ai versé des larmes ici en écoutant l’histoire d’une jeune fille. C’est une jeune fille adoptive qui a des problèmes avec son conjoint. En dépit de l’acte de mariage, son mari légal ne veut pas consommer le mariage.
Il profite de cette situation pour lui imposer des choses qu’elle ne désire pas faire. Sa famille adoptive exerce une énorme pression sur elle. Elle est arrivée en pleurs et m’a demandé de lui rédiger une requête au président du tribunal d’Alger pour convoquer son mari et lui imposer de consommer son mariage», raconte notre interlocuteur. Ahmed est «un gardien de secrets». «Je ne peux pas vous raconter toutes les histoires qui m’ont rendu triste.
Des parents violentés par leurs enfants, des problèmes d’héritage, licenciement abusif, retard dans l’exécution des jugements… Les gens me font confiance et ma conscience ne me permet pas de divulguer les secrets d’autrui», affirme encore ce «vieux routier». L’amour du métier et le respect des autres sont les clés de réussite, dit-il, car la confiance seule permet de gagner des clients et de les fidéliser…

Des devoirs à la maison !

Lorsque l’écrivain public n’arrive pas à rédiger une correspondance sur place, en raison des documents à lire, il propose au client de lui accorder quelques jours pour finir le travail. «Lorsqu’il s’agit d’une affaire avec la justice, et cela constitue la majorité des requêtes que je fais, je ne peux rédiger une requête sans avoir lu tous les documents, afin d’y inclure tous les détails importants. Certains clients veulent avoir leur lettre à la va-vite. Mais je refuse catégoriquement de travailler avec ces gens, car je ne peux encaisser de l’argent pour avoir fait une demande sans fondement juridique. Je veux vivre avec l’argent hallal», affirme Ahmed El-Harrachi. Et c’est là que se pose la nécessité d’avoir un local digne de ce métier. «Si j’avais un local, j’aurais rangé tous les documents et travaillé tranquillement. Ici, avec le vent, les passants et le bruit des voitures, il m’est impossible de me concentrer. Et c’est pour cela que je préfère accomplir ma tâche chez moi», ajoute notre interlocuteur.

Même des universitaires les sollicitent
Contrairement à l’idée reçue selon laquelle seuls les illettrés sollicitent les services de l’écrivain public, il se trouve, en réalité, que même les universitaires y recourent. «Je reçois des universitaires qui me sollicitent pour leur rédiger des correspondances de tout genre.
Etre un diplômé universitaire n’est pas toujours synonyme de capacité à rédiger des lettres. Car ce savoir-faire tient aussi d’un don en la matière. Il y a des universitaires qui ne connaisent pas les formules et la manière de rédiger ce genre de documents. D’autres n’ont pas le temps de le faire», nous explique Ahmed El-Harrachi. La difficulté est posée notamment chez ceux qui ont fait leurs études en arabe et qui doivent écrire des requêtes en langue française.
L’expérience joue aussi un rôle déterminant, car les gens préfèrent opter pour ces écrivains ayant cumulé des années de travail que de «s’aventurer» en écrivant eux-mêmes ce genre de correspondances. «La plupart des problèmes soulevés par les universitaires concernent les relations de travail. Des licenciements abusifs et des cas de harcèlement moral et physique», précise notre interlocuteur.
La grande satisfaction de l’écrivain public est d’aider quelqu’un à régler ses problèmes. «Il est vrai que ce métier constitue mon seul gagne-pain. Je fais des demandes entre 200 et 400 dinars, mais ma plus grande joie est quand un client vient me remercier pour l’avoir aidé. Je ne suis pas le genre d’homme qui aime les cadeaux, mais il y a des clients qui insistent pour m’offrir quelque chose en signe de reconnaissance», précise El-Harrachi

Internet au service des écrivains «bien installés»
Grâce à Internet, on peut facilement trouver l’adresse, le téléphone et le fax de l’écrivain public exerçant dans n’importe quelle ville du pays. Il suffit, en effet, de taper : «écrivain public» en indiquant le nom de la ville dans un site de recherche pour faire la découverte. Ses annonces faites sur Internet facilitent, sans nul doute, la tâche aux citoyens ayant besoin de ce genre de service et aussi aux écrivains publics. C’est dire que la nouvelle technologie est aussi mise au service d’un vieux métier qui a su survivre aux évolutions récentes. Si les jeunes générations recourent à la correspondance électronique pour régler leurs affaires, notamment quand il s’agit de lettres à envoyer à l’étranger, les «anciens» continuent de solliciter les écrivains publics. Il y a également le fait que les administrations algériennes n’ont pas encore opté pour l’utilisation de la correspondance électronique qui contraint même les jeunes à utiliser la voie postale. L’Algérie accuse ainsi un énorme retard «technologique» qui profite aux connaisseurs de la plume.

Source Infosoir Ahmed Haniche

Le Pèlerin

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 06:04

  Algérie : la désertification agraire

Algerie Agriculture IrrigationC'est de moins en moins cela

 

Mercredi dernier, dans un entretien radiophonique, le ministre de l’Agriculture a qualifié d’“avancée” l’imminent décret autorisant la transformation des terres agricoles en terrains urbanisables.
L’appréciation est tout à fait conforme à la tradition dévastatrice de la politique agricole nationale. Après avoir desséché les jardins maraîchers de l’ancien domaine colonial, éradiqué l’orange Tomson, la clémentine et le muscat, après avoir déstructuré les espaces céréaliers, sous prétexte de “révolution agraire”, après avoir assiégé les anciennes fermes coloniales de ceintures de bidonville, après avoir bétonné les plaines côtières, le pouvoir, dans sa version actuelle, continue à chercher s’il n’y a pas encore quelques espaces cultivables à condamner.
Comme, pour le pouvoir, “rien ne se perd, tout se transforme”… en argument politique, cet échec agraire sert à justifier sa politique dépensière et stérilisante : “L’Algérie compte 49 millions d’hectares à vocation agricole, mais seulement 8,5 millions d’hectares sont cultivés. D’où la nécessité de la mise en valeur de ces terres”, dit Benaïssa.
On revivifie les terres qu’on a stérilisées ; c’est cela la mise en valeur.
Mais pas seulement : à Boumerdès, par exemple, mais certainement ailleurs aussi, on a tout simplement défriché des maquis et des forêts, qui entourent et préservent les fermes d’État de l’érosion, pour les offrir à des “valorisateurs” parfois issus de … la fonction publique ! Certains abandonnent la partie au bout d’une saison. On ne sait pas ce qu’il advient des subventions dans ce cas. Même la fameuse forêt du Sahel, qui longe la côte Zemmouri-Cap Djinet, est régulièrement grignotée entre “promoteurs touristiques” et chasseurs de terres gratuites qui ont leurs entrées administratives. Ni le souci de la rationalisation de l’exploitation des terres cultivables ni la défense de l’équilibre naturel du territoire n’apparaît dans ce qui consiste finalement à consommer de la terre au lieu de l’exploiter.
“L’état accorde un million de dinars pour chaque hectare mis en valeur”, ajoute le ministre, comme si la réussite était dans la dépense, et un peu comme pour retourner le couteau dans la plaie du fiasco du PNDA/R. le fiasco n’a même pas donné lieu à un bilan d’un programme qu’on dit largement détourné de sa vocation, lui aussi ; au lieu de cela, le président a décidé, pour les besoins d’une campagne électorale, d’effacer la dette d’agriculteurs qui furent rarement… des fellahs.
Si le gaspillage financier est caractéristique du régime actuel, la dégradation du territoire est facilitée par le fait que les forêts partagent la même tutelle que l’agriculture, une tutelle qui conçoit la valorisation comme une pratique primitive de défrichage forestier. Au demeurant, si le ministère de l’Agriculture avait le souci de la forêt, on l’aurait su à el-Kala où il a sacrifié un site unique et patrimoine de l’humanité pour faciliter la tâche à une paresseuse conception de l’autoroute est-ouest !
Benaïssa se veut rassurant pour ceux qui craignent une nouvelle campagne de détournement de terres agricoles : on ira chercher des terres dans le Sahara.
Il sera difficile d’y réaliser ce qu’on sait faire le mieux : il est déjà désert.

Source Liberté Mustapha Hammouche

Le Pèlerin

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