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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 06:56

Toulouse a 2 000 ans !

Le-Rempart-Toulouse-2000-ans.jpg 

Anniversaire

Après les Bimillénaires de Paris en 1951 ou de Lyon en 1958, c’est au tour de Toulouse de fêter son deux millième anniversaire, à l’initiative de Matthieu Soler, docteur en histoire.

Bien que l’on ne connaisse pas la date précise de la fondation de la ville de Toulouse, «nous savons qu’elle a été fondée par Auguste, premier empereur romain or, Auguste est mort en l’an 14 et la ville de Toulouse n’a donc pas pu être créée après cette date. Il est donc grand temps de célébrer ce Bimillénaire de la ville», explique Matthieu Soler, docteur en histoire et organisateur de l’anniversaire. En partenariat avec plusieurs laboratoires de recherche de l’université du Mirail, des associations d’enseignants-chercheurs et d’étudiants mais aussi le musée Saint Raymond ou l’Association de la Région Toulousaine pour l’Enseignement des Langues Anciennes, de nombreux événements vont être organisés au cours de cette année 2014 afin de faire découvrir le patrimoine antique, très riche mais peu visible, aux Toulousains. Avant l’arrivée des romains, Toulouse était peuplée par des Gaulois sur les coteaux dominant la rive droite de la Garonne, emplacement de Vieille-Toulouse aujourd’hui. Avec l’arrivée des romains, les coteaux furent abandonnés et la ville commença à se développer sur la plaine qui borde la rive droite de la Garonne. «La ville de Toulouse romaine était d’une superficie de 90 hectares environ, entourée par un superbe rempart, fait de briques rouges et de pierre, encore visible aujourd’hui. Le plan de Toulouse antique est parfaitement lisible, presque calqué sur l’hypercentre actuel, il faut simplement le signaler davantage au visiteur. Par exemple, au temps des romains déjà, la Rue Saint Rome était un des axes principaux de la ville», explique Matthieu Soler. En ce qui concerne la population de la ville, il est difficile de définir des chiffres exacts. «Toulouse était à l’époque une grande ville moyenne, accueillant entre 15 000 et 20 000 habitants. Cela correspond à la population de Pompéi pour donner une échelle de comparaison», d’après Jean-Marie Pailler, professeur émérite de l’Université de Toulouse. La population était alors composée de romains et de gaulois mais aussi d’Ibères, d’Italiens et même de quelques Grecs. Il y a 2 000 ans, «Tolosa» était une plateforme commerciale importante pour le commerce du vin italien car c’est un passage stratégique entre Narbonne et Bordeaux. Les nombreuses amphores retrouvées lors de fouilles archéologiques permettent de confirmer cette théorie. Les nombreux événements organisés pour célébrer le Bimillénaire de la ville seront aussi l’occasion de sensibiliser à la conservation du patrimoine afin que ne se reproduisent pas les événements de 1971 et 1989, où une porte de la ville avait été détruite sur le Capitole ainsi qu’ un rempart antique, place Saint-Pierre.

Des événements toute l'année

Les nombreux événements organisés cette année ont 3 objectifs : présenter les acquis de la recherche toulousaine, expliquer aux toulousains ce qu’ils doivent à leurs ancêtre romains et le divertissement. De nombreuses visites seront proposées aux toulousains afin de découvrir le tracé du rempart de Toulouse, l’amphithéâtre de Purpan et les thermes d’Ancely, ou encore les origines de la ville à Vieille-Toulouse. Les curieux se verront aussi proposer une visite-énigme à l’échelle de la ville qu’ils devront fouiller à la recherche d’indices. En partenariat avec le cinéma ABC, un cours de courts métrages sur le thème du Bimillénaire sera organisé et les meilleures contributions seront récompensées.

Suivité le déroulement des événements sur la page Facebook «Toulouse ville Bimillénaire»

Le chiffre : 15 000

Toulousains  C’est leur nombre estimé en l’an 14. On estime entre 15 et 20000 le nombre d’habitants de la ville il y a 2000 ans.

Source La Dépêche du Midi

Le Pèlerin

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 06:54

«Les Algériens connaissent leurs intérêts»

Abdelmalek Sellal

 

Interrogé si Abdelaziz Bouteflika sera candidat à la présidentielle d'avril, le Premier ministre a esquivé la question. «Il reste encore du temps», s'est-il contenté de dire sans pour autant confirmer sa candidature.

C'est sans impact. Le boycott de l'élection par certains partis politiques ne semble pas déranger le pouvoir. Interpellé sur cette question, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, s'est montré serein et même insoucieux. «Ça nous dérange pas», a-t-il laissé entendre en marge de la séance de clôture de la session parlementaire d'automne, hier à l'APN. Pour lui, la campagne de boycott que vont mener les partis de l'opposition est un non-événement.

«Les Algériens connaissent leurs intérêts», a-t-il clairement répondu pour démontrer qu'il n'y a pas lieu de s'affoler. Le message de Sellal aux partis de l'opposition est très clair et traduit que la décision du boycott est loin de secouer le gouvernement. Le RCD et plusieurs partis de la mouvance islamiste ont décidé de boycotter le scrutin du 17 avril prochain en estimant que le jeu politique est fermé.

Contrairement au ministre de l'Intérieur Tayeb Belaïz qui avait déclaré que l'opposition ne sera pas autorisée à mener sa campagne en utilisant son veto sur l'octroi des salles de réunion, le Premier ministre n'a pas donné d'importance à ce boycott. Interrogé si Abdelaziz Bouteflika sera candidat à la présidentielle d'avril, le Premier ministre a esquivé la question.

«Il reste encore du temps», s'est-il contenté de dire sans pour autant confirmer sa candidature. Sans le citer à titre nominatif, Sellal a affiché sa préférence pour la candidature du président de la République. «Le pays a besoin de stabilité», a-t-il estimé en guise de justification. Un argument devenu de taille pour les partisans du 4ème mandat. Le Premier ministre n'a pas voulu commenter les informations portant sur le retrait du formulaire de souscription par le président de la République. Il a estimé que son gouvernement s'attelle en ce moment «à préparer l'élection présidentielle dans le calme et la sérénité».

Sur ce point, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales était catégorique. Tayeb Belaïz a démenti l'information selon laquelle le président de la République aurait retiré son formulaire de souscription de signature en vue de sa candidature. «Jusqu'à présent, le président de la République n'a adressé aucune demande au ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales exprimant le voeu de présenter sa candidature à la prochaine présidentielle», a déclaré Belaïz qui s'exprimait en marge de la séance de clôture de la session d'automne du Conseil de la nation. Pourtant, lors du lancement du «groupe pour la loyauté et la stabilité», entité politique regroupant 31 partis, le président de TAJ, Amar Ghoul, a indiqué que ce groupe «a entamé samedi dernier l'opération de collecte des signatures en faveur de son candidat à l'élection présidentielle prévue le 17 avril prochain, le président Bouteflika».

Logiquement, l'opération de collecte n'est entamée qu'une fois le formulaire retiré. Le ministre des Transports et président de TAJ s'est-il trompé? M.Ghoul voulait certainement précéder le pas à ses alliés du FLN et du RND. Le secrétaire général avait donné instruction à ses mouhafedhs de réunir les responsables des différentes structures pour se préparer à la collecte de signatures. «L'opération de collecte des signatures n'a pas encore commencé car nous n'avons pas encore les formulaires des souscriptions», nous a assuré un membre du bureau politique du FLN. Jusqu'à mardi dernier, 85 postulants à la candidature, dont 18 présidents de partis politiques, ont retiré les formulaires de souscription, selon le département de l'intérieur.
Le département de l'intérieur joue jusqu'à présent la transparence en annonçant le nombre des postulants à la présidentielle de 2014. Les observateurs de la scène politique guettent avec impatience la moindre information sur la candidature ou pas du président sortant.

Même si la campagne pour le 4e mandat a atteint sa vitesse de croisière, le chef de l'Etat n'a pas encore manifesté son intention de briguer un autre mandat. A moins de trois mois du rendez-vous capital, le flou entoure l'horizon politique et l'enjeu de cette présidentielle reste un secret.
Comme à son ouverture, le Parlement a clôturé sa session sur fond de suspense. Le projet de révision de la Constitution et l'option du 4e mandat restent suspendus.

Source L’Expression

Le Pèlerin

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 06:52

Et la grève continue!

Cnapest.jpg

 

Les syndicats accusent la tutelle de vouloir faire endosser la responsabilité de cette grève aux enseignants. L'entrée en grève du Cnapest à partir du 4 février compliquera bien les choses pour les élèves.

Alors que l'Union nationale du personnel de l'Education et de la Formation (Unpef) entame sa 2eme semaine de grève, le Syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (Snapest) devra observer dès aujourd'hui une grève de 3 jours. Rien ne se profile à l'horizon et les revendications des syndicats ne semblent pas être prises en charge par la tutelle dès lors que les deux syndicats ont reconduit leur grève de 7 jours (Unpef) et 3 jours (Snapest). L'Unpef a fait part, hier dans un communiqué, d'un taux de suivi «satisfaisant». Ce taux a atteint, selon ce syndicat, 90% à Tlemcen et des taux largement au dessus des 60% dans d'autres wilayas. Dans 10 wilayas du pays, le taux d'adhésion à la grève de l'Unpef s'est situé entre 30 et 35% alors que certaines wilayas ont affiché des taux des plus faibles à 15%. Une chose est sûre, nombre d'élèves sont en vacances forcées et leurs parents affichent leur mécontentement et leur inquiétude surtout que ce débrayage intervient à un moment crucial pour les classes d'examen notamment. Alors que le Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (Cnapest) va entamer sa grève à partir de ce mardi. Il a déposé un préavis de grève le 26 janvier dernier. La tutelle, qui multiplie ses sorties médiatiques, n'arrive toujours pas à faire fléchir la tendance à la grève. L'Unpef a qualifié ces sorties de «manœuvre visant à tromper l'opinion et veut par là faire endosser la responsabilité de la grève aux syndicats». L'Unpef rappellera que les enseignants et autres travailleurs ont donné suffisamment de temps à la tutelle (réunions entre le syndicat et tutelle le 20 octobre et le 23 novembre où des promesses ont été données pour satisfaire certaines revendications) mais ce fut des promesses en l'air.

Meziane Mériane, coordinateur du Snapest, se dit, lui aussi, interloqué que la tutelle use encore de «méthodes mensongères» pour faire croire à l'opinion que la grève actuelle incombe à la seule responsabilité des enseignants et de leurs syndicats. «Nous disons que face aux revendications légitimes des enseignants, il y a lieu d'apporter des solutions réelles et non pas noyer la question dans des considérations pernicieuses et inutiles».

Pour le moment, les syndicats réitèrent leurs revendications. Ils demandent une nouvelle lecture de leur statut particulier en vue de l'adapter à la nouvelle situation et par conséquent de remédier aux dysfonctionnements préjudiciables pour les concernés. Il est demandé également la mise en œuvre de la prime de zone pour les enseignants du Sud et des Hauts-Plateaux, de procéder à l'évaluation des biens des œuvres sociales. La suppression de l'article 87 bis figure également parmi les revendications des corps commun affiliés à l'Unpef qui se sont joints à la grève.

Source Le Quotidien d'Oran Salah-Eddine K.

Le Pèlerin

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 06:51

Algérie - Lancement d’une école de voile à Hadjret Ennous

Hadjret-Ennous.jpg 

La ville de Hadjret Ennous, distante de plus de 100 kilomètres d’Alger, est une ville côtière, touristique de surcroît grâce à son site féérique, où trônent un chapelet de plages, mais aussi les sites de camping. La majestueuse montagne rocheuse constituée de granit, qui surplombe la ville du haut de ses 800 mètres d’altitude, est un volcan éteint qui cerne la ville, enclavée telle une perle sertie dans un cocon. C’est justement ce site balnéaire, qui encourage beaucoup de jeunes de la région à participer aux cours de l’école de voile, et cela a permis de faire éclore des champions de voile , notamment dans la catégorie «Optimist».

Ainsi, les graines de champions, détenteurs de distinctions nationale et arabe, à l’instar de Ghobrini Mérouane, 11ans et Ahfir Yacine,11 ans, sont aujourd’hui des champions olympiques dans leur catégorie. La nouvelle Ecole de voile de Hadjret Ennous, réalisée sur deux étages avec des salles de cours, des hangars, à proximité immédiate du plan d’eau qu’offre le beau rivage de Hadjret Ennous, constitue un investissement sportif majeur pour cette spécialité. Cette école viendra , en appoint à la prestigieuse Ecole nationale de voile de niveau national sise sur le plan d’eau du barrage de Boukourdane, où s’entraîne l’équipe nationale algérienne, et où s’effectuent aussi des formations et recyclages pour toutes les catégories de voile.

Le président de l’école de voile de Hadjret Ennous, M. Ghilassi Abdelkrim, en compagnie de M. Rachid Tiriaki, l’entraîneur officiel au sein de cette école, s’évertuent à presenter, les 15 athlètes, dont plusieurs sont des champions d’Algérie et arabe détenteurs de titres olympiques. Ainsi, la wilaya de Tipasa avec les écoles de Hadjret Ennous, de Tipasa et de Boukourdene, constitue un haut lieu sportif où est formée l’élite sportive en la matière. Il convient de préciser à ce titre que l’Ecole nationale subaquatique de voile, sise au sein du barrage de Boukouderne à Sidi Amar, est un joyau architectural de 5 étages réalisé avec la somme faramineuse de près de 30 milliards. Réceptionnée en juin 2007, cette école nationale dotée d’un équipement sportif haut de gamme, notamment des embarcations spécialisées pour la voile est destinée à la formation d’une élite de performance et pour la haute compétition.

Source Le Soir d’Algérie Larbi Houari

Le Pèlerin

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 06:47

2014, Une présidentielle inédite

election participation

 

Inédite parce que ce scrutin présidentiel intervient dans un contexte régional radicalement transformé, trois ans après les révoltes de 2011 ayant emporté Ben Ali puis Moubarak, un peu plus de deux ans après la fin du régime de Kadhafi suite à l'intervention de l'Otan, et une année après l'intervention française au Mali.

Redoutant un risque de contagion dû aux situations tunisienne et égyptienne et anticipant la pression occidentale, on a vu le pouvoir politique, faisant déjà face à une montée des tensions sociales et politiques, faire mine de lâcher du lest. Des mesures d'amélioration sociales sont annoncées, l'état d'urgence est aboli, vite suivi par l'annonce de réformes politiques suivies d'un semblant de dialogue avec les partis et des personnalités et la mise en place d'une commission de révision de la Constitution.

Sur ce, le 8 mai 2012, Abdelaziz Bouteflika annonçait publiquement qu'il allait passer la main. Le 10 mai, l'échec des islamistes aux législatives rassure le pouvoir.

Inédite parce que le mandat d'Abdelaziz Bouteflika aura été également marqué par les affaires Sonatrach I et surtout Sonatrach II lesquelles ont vu plusieurs de ses proches impliqués, dont l'ex-ministre de l'Energie, Chakib Khelil aujourd'hui au chaud aux Etats-Unis.

Des islamistes out et un AVC qui change la donne

Inédite surtout, parce que l'AVC du chef de l'Etat en juin 2013 a changé du tout au tout la donne, en éloignant la perspective d'un quatrième mandat, en nourrissant, sur fond de rumeurs, toutes les ambitions de succession.

Et tout ce qui se passe autour depuis quelque temps - ces appels insistants à ce qu'il se représente à la présidentielle alors qu'il y avait renoncé - montre que quelque chose ne fonctionne plus normalement. Pourtant, sa première hospitalisation au Val-de-Grâce en novembre 2005 aurait dû sonner comme un premier avertissement afin de préparer les conditions de sa succession.

Il n'en fut rien. Conséquence: des institutions fonctionnant au ralenti, des réunions des conseils des ministres et des sorties publiques du chef de l'Etat se raréfiant. Cette situation s'est encore aggravée après son AVC d'avril dernier qui l'a tenu 80 jours (et le tient encore) éloigné des affaires.

L'Algérie est aujourd'hui comme paralysée, vivant dans l'attente d'un signe - un discours du président par exemple - qui ne vient pas, avec des Algériens vivant dans l'incertitude totale. Et c'est miracle qu'ils ne désespèrent pas davantage. Parce qu'il y a de l'argent dans les caisses, avancent certains ? Peut-être !

Enfin, le fait que les «comités de soutien au candidat Bouteflika» n'aient pas été réanimés, quand on sait que le 25 novembre 2010, ils avaient tenu leurs premières assises à Laghouat pour donner naissance à une nouvelle formation politique, le Rassemblement pour la concorde nationale (RCN) qui n'a finalement pas vu le jour, lançant de surcroît un appel pressant à Saïd Bouteflika pour qu'il soit leur candidat en 2014 ! «Nous serons tous derrière lui (Saïd Bouteflika ndlr)» déclarait, sûr de lui, à Algérie News du 21 décembre 2010, Sid-Ahmed Ayachi qui présidait ce rassemblement, et ce, cinq jours après l'immolation de Mohamed Bouazizi en Tunisie, sans se douter que la mort de ce dernier serait l'étincelle qui embrasera la Tunisie avant que la révolte ne se propage à l'échelle du monde arabe et maghrébin !

Autre singularité de cette pré-campagne électorale, sauf surprise bien sûr, outre un boycott attendu des démocrates, des islamistes hors course ! Pour la première fois depuis 1995 ! Ainsi apprend-on que le MSP, à l'issue de son conseil national des 24 et 25 janvier dernier a décidé «de boycotter l'élection présidentielle de 2014».

«Un autre mandat de Bouteflika est une insulte au peuple algérien», a tonné le numéro un du parti islamiste Abderrezak Makri. Et de se prononcer pour «un boycott actif» du scrutin présidentiel, boycott que le pouvoir a d'ores et déjà décidé d'interdire.

La fiction de «l’Etat DRS»

Pour terminer sur ce caractère inédit et par bien des côtés, loufoque, de cette pré-campagne présidentielle 2014, il est à se demander si notre regard et notre lecture du fait politique algérien n'ont pas pris un sérieux coup de vieux et s'ils ne demandent pas à être renouvelés.

Jusqu'à récemment, on nous parlait de l'Etat DRS qui détiendrait la réalité du pouvoir et qui fait la pluie et le beau temps. Or, qu'avons-nous constaté et qui demande bien sûr un examen plus approfondi ? En 2004 déjà, la réélection de Bouteflika avait signé le départ de l'homme fort de l'armée et de ses proches adjoints, le général Mohamed Lamari.

On a assisté au ralliement du général à la retraite Khaled Nezzar à la candidature de Bouteflika alors qu'une année avant, il avait sorti un livre très critique sur le chef de l'Etat et fait des déclarations incendiaires à son endroit.

Et ne parlons pas du scrutin présidentiel de 2009 où faute d'adversaires, l'élection a été réglée comme du papier à musique. Mieux, le retour d'Abdelaziz Bouteflika du Val-de-Grâce le 16 juillet dernier ne s'est-il pas traduit par la mise à la retraite de plusieurs officiers supérieurs du DRS, annonçant une reprise en main (ou une neutralisation des services de sécurité et de renseignements) qui ne dit pas son nom?

Derniers en date de cette opération de reprise en main, ces mises à la retraite de quatre hauts gradés dont le général Chaffik ! En tout cas, c'en est peut-être fini de cette fiction de « l'Etat-DRS» à laquelle se réduisait la plupart des commentaires et analyses ! Reste toutefois une question : et maintenant que le DRS n'est plus «faiseur de roi» comme dit Amar Saâdani, la donne a-t-elle pour autant changé? Si c'est le cas, dans quelle mesure se serait-elle traduite par une recomposition du rapport des forces au sommet de l'Etat ? S'il est impossible d'y répondre par l'affirmative, retenons toutefois le fait que la nomination du général Gaïd Salah au poste de vice-ministre de la Défense, tout en restant chef d'état-major de l'armée, présidant de surcroît la Commission spéciale de sécurité, donne à penser qu'un glissement s'est effectué au sommet du pouvoir sous forme d'un rapprochement de tout ou partie de l'institution militaire avec le cercle présidentiel.

Un personnel politique vieillissant et un système incapable de produire un présidentiable qualifié

Ce glissement au sommet du pouvoir ne met nullement fin aux rivalités se cristallisant autour de l'élection présidentielle. Elles vont s'accentuer au fur et à mesure que l'on se rapprochera du 2 mars, date limite, coincidant curieusement avec la date de naissance du chef de l'Etat, pour que ce dernier annonce ou non sa candidature !

Et, loin de clarifier la situation et les enjeux, ces rivalités continueront de rythmer et de structurer la vie politique et, partant, de brouiller les cartes et les repères. Ces rivalités sont révélatrices surtout de l'incapacité de ce système politique au personnel politique vieillissant à produire en temps voulu un présidentiable qualifié. Il est en panne.

Qui plus est, il donne le spectacle d'un FLN qui s'entredéchire, d'un RND politiquement immobile et, à défaut de débat politique serein autour de vrais projets, il a généré une production d'allégeances tenant lieu de ligne politique qui ajoute à la médiocrité politique.

Certes, pour régénérer ce système politique plus que vieilli et usé, quatre walis ont été promus au rang de ministres, lors du dernier remaniement ministériel intervenu le 11 septembre. Mais il n'en reste pas moins que les candidats, «enfants de ce système» pour paraphraser Mouloud Hamrouche, pas tout à fait jeunes, aspirant à être «calife à la place du calife», se comptent sur les doigts d'une main.

Pour aller vite, mis à part Ahmed Ouyahia et Abdelaziz Belkhadem, qui, notons-le, n'ont pas appelé Bouteflika à se représenter et qui ne vont certainement pas tarder à sortir du bois, il semble qu'il n'y en ait pas d'autres. L'ex-Premier ministre et ex-secrétaire général du FLN Ali Benflis peut-être ? Bien qu'étant issu de ce système et tout en restant dans une logique consensuelle et non de rupture, l'ex-Premier ministre aura eu le mérite d'avoir tenté en 2004 de faire bouger les lignes en se portant candidat face à Bouteflika.

En outre, les noms de Ouyahia et Belkhadem - un anti-islamiste supposé et un pro-islamiste affiché - avancés par la presse pour succéder à Bouteflika, traduisent cette amère réalité d'un système politique tournant en vase clos qui n'a pas hésité à pousser la caricature à l'extrême, en poussant au devant de la scène Amar Saâdani et à l'encourager à annoncer une chose et son contraire.

Les deux hommes, produits du sytème politique et de sa culture autoritaire, qui ont occupé à tour de rôle la fonction de chef de gouvernement, ne peuvent d'ici le 17 avril, faire oublier qu'ils ont été les comptables dociles de la gestion libérale et autoritaire de ce régime, pour se construire une image de présidentiable et de ce fait, acquérir ce profil du chef espéré, doté d'une culture démocratique, et de la légitimité qui va avec.

Ajoutons qu' à force de cadenasser et verrouiller le champ politico-médiatique, et en l'absence de renouvellement du personnel politique dirigeant, d'intermédiation socio-politique avec «le peuple d'en bas», les cercles dirigeants et rentiers du système ont, de fait, empêché toute perspective de modernisation du politique et avec, celle des institutions du pays et de la représentativité politique, créant ainsi les conditions permettant un déploiement sans entraves du religieux sous sa forme salafiste, quand il n'est pas tacitement encouragé par le silence du pouvoir politique.

Au final, si ça bloque, si Abdelaziz Bouteflika, dont les soutiens espèrent un miracle de santé, paraît jouer la montre en laissant planer le doute sur sa candidature, c'est parce que les cercles du pouvoir redoutent qu'un retrait du président sortant, sans que le terrain n'ait été balisé au mieux de leurs intérêts, ne soit un saut dans l'inconnu, avec son lot de règlements de compte et de mises à l'écart qu'ils associent un peu vite à une déstabilisation.

C'est pourquoi cette fin de mandat ne saurait se réduire à guetter la santé du chef de l'Etat et à se faire l'écho de ce bruissement de rumeurs qui l'accompagne.

Source Le Soir d’Algérie Hassane Zerrouky

Le Pèlerin

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 06:44

La retraite à 60 ans pose problème

retraites-algeriens.jpg

 

Il est attendu, au cours de la prochaine tripartite, que les partenaires sociaux esquissent «ne serait-ce qu'un mot», sur le pourvoi des 140.000 postes d'emploi dans la Fonction publique.

Le Premier ministre a claironné, partout où il est passé, que le gouvernement planche, actuellement, sur une sorte de concours destiné à tester les capacités des jeunes en pré-emploi pour «pouvoir les placer dans des postes qui cadrent avec leurs aptitudes.» Certains milieux avancent même que le nombre de postes d'emploi à pourvoir est 240.000 «notamment dans la Santé et l'Education où la demande est importante.»

Ceux qui pensent qu'il est judicieux de «réformer» la Fonction publique, en reconstituant son encadrement, peinent en parallèle, à faire entendre leur voix «pour mettre un terme à la liquidation des cadres, en les obligeant à partir à la retraite, à 60 ans.» Nos sources pensent qu'«il est impératif de se pencher sur cette question de la retraite», parce qu'estiment des membres du gouvernement et des syndicalistes que «faire partir les cadres à 60 ans, cause des pertes à l'Etat sur deux volets : la sécurité sociale et le capital expérience.» L'on nous explique que «les cadres peuvent rester jusqu'à 65 ans, ça donne du répit à la Caisse des retraites, en plus, à 60 ans, les cadres sont en pleine maturité, au plan rentabilité, ils peuvent travailler et encadrer les jeunes nouvellement recrutés, les secteurs économiques, notamment, ont besoin de ces compétences pour transférer leur capital expérience aux jeunes.» La première à faire taire les voix qui veulent évoquer ces aspects de la question, c'est l'UGTA parce que, paradoxe des temps, c'est elle, nous dit un responsable au premier ministère «qui a exposé le problème, en premier, mais ses fédérations ont menacé de faire grève.» En effet, les fédérations «qui ont du monde» ont toutes refusé l'idée de faire reculer l'âge de la retraite à 65 ans, pour la simple raison, nous disent nos sources, que «les travailleurs dans les secteurs où ces fédérations sont bien représentées, préfèrent partir à la retraite, dès qu'ils ont cumulé les 32 ans de service requis pour caser leurs enfants ou leurs proches.» Il existe, aujourd'hui, bien «une question difficile à résoudre,» nous dit-on. Nos sources notent, à charge du gouvernement, que « la moyenne de vie des Algériens est, aujourd'hui, de 72 ans, mais l'on refuse de calculer avec ces référents.» En tout état de cause, une idée est en gestation pour solutionner le problème, «monter l'âge de la retraite année par année.» C'est-à-dire, expliquent nos sources, «chaque année, le gouvernement ajoute une année à l'âge de départ à la retraite jusqu'à atteindre 65 ans, on gagnerait ainsi à laisser respirer les caisses de sécurité sociale et le pays profite du capital-expérience.» Evidemment, ceux qui réfléchissent sur la question, notent que «si une telle réflexion aboutit, les travailleurs auront toujours latitude de partir à la retraite à l'âge qu'ils veulent»

Source Le Quotidien d'Oran

Le Pèlerin

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:09

La Chancelière Allemande Angela Merkel, téléphone au Président Français, Jacques Chirac et lui demande

une boite 100 plaisirs 

 

- Jacques, j'ai un service à vous demander: j'aurais une commande urgente. Notre usine de préservatifs est hors service. C'est une catastrophe !

- Allons Angela, calmez-vous Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous?

- Et bien Jacques, j'aurais besoin de 100.000 préservatifs le plus vite possible pour nous dépanner quelques jours.

- Pas de problème Angela, je vous envoie ça le plus vite possible, notre usine de Paris tourne à plein tube!

Avant de raccrocher, Angela ajoute:

- Les préservatifs doivent être Noirs-Rouges-Jaunes, et avoir 20 cm de long et un diamètre de 6 cm.

- Oufffti, se dit Jacques: "Angela veut juste profiter de la coupe du monde de football pour mettre en avant toute la population masculine dAllemagne".

Néanmoins, il appelle l'usine de capotes située dans sa bonne vieille ville

- Bonjour Durex, ici Jacques CHIRAC ! Je voudrais 100.000 capotes pour envoyer en Allemagne. Ils demandent qu'elles soient de couleur noir-rouge-jaune, et avoir 20 cm de long et un diamètre de 6 cm.

Le PDG de l'usine s'exclame:

- Ouah ! Ils sont équipés comme des mammouths ces Allemands! Parfait Monsieur Chirac, je prépare cette commande. Autre chose?

- Oui, dit Jacques Chirac. Sur chaque capote, écrivez: MADE IN FRANCE - SIZE : SMALL.

Le Pèlerin

 

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 00:03

Universels

calins.jpg

 

Ils ne nécessitent aucun versement mensuel et ne contiennent aucune pièce mobile.
N'occasionnent aucuns frais et ne requièrent aucune pile.
Ils sont non taxables et à l'abri de l'inflation.
Ils s'avèrent même excellents pour la relaxation.
Ils ne craignent pas les voleurs et ne polluent pas.
Sont offerts en une seule grandeur et ne se volatilisent pas.
Ils ne consomment à peu près pas d'énergie, mais redonnent beaucoup de vie.
Ils soulagent le stress et la douleur.
Ils alimentent votre bonheur.
Ils combattent la dépression et créent la joie.
Ils rehaussent même l'estime de soi! Ils améliorent la circulation de votre sang et ne causent aucun effet secondaire déplaisant.
Ils constituent, à mon avis, un remède digne de Merlin :
Ce sont, je vous les recommande.
Les câlins!

Le Pèlerin

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 12:51

Les contes des Mille et Une Nuits Sheherazade-Les-Mille-et-Une-Nuits-a-Paris_.jpg

 

Ce sont des contes d'origine indienne, transmis par la Perse et recueillis par les Arabes. Issus de la tradition populaire orale, ils ont été sans cesse repris, transformés, enrichis de nouveaux récits au fil des siècles pour donner Les Mille et Une Nuits. L’Occident s’en est saisi et aujourd’hui, traduits dans presque toutes les langues, ces contes font quasiment partie du patrimoine universel.

Mentionnés pour la première fois dans les "Prairies d’or" d’al-Mas‘ûdî (956), les contes sont cités parmi les traductions en arabe d’ouvrages indiens, persans et byzantins. Leur traduction daterait de la même époque que celle des fables de "Bidpaï" et des enrichissements successifs auraient été réalisés autour du IXe siècle à Bagdad et en Égypte aux Xe et XIe siècles. Les nouveaux récits adoptent l’argument qui sert de prologue à chaque conte : le sultan Shahriyar, désespéré par l’infidélité féminine, décide que toute nouvelle conquête sera exécutée à la fin de la nuit passée avec lui. La princesse Shéhérazade, par son art de raconter des histoires extraordinaires, détourne le sultan de son funeste projet et maintient son intérêt, nuit après nuit.

À l’époque de l’apogée de Bagdad est intégré un ensemble de récits plus réalistes, mettant en scène la vie des palais et ses intrigues, l’activité de la ville avec ses marchés, ses ports, ses lieux mal famés ; les aventures imaginées sont proches de celles vécues par les princes et l’élite. Des personnalités réelles apparaissent : des califes (Harûn al-Rashid, al-Ma’mûn), des vizirs, des poètes renommés.
D’autres ajouts ont été opérés sous les califes fatimides du Caire et font vivre des personnages pittoresques (marchands, artisans, bateleurs, coquins de toutes sortes) d’inspiration populaire.

Cette littérature née de la culture populaire fut méprisée et regardée comme un genre mineur par l’élite raffinée, friande d’exercices de style et de belle langue. Les Mille et Une Nuits ne faisaient pas partie de la littérature officielle. Ni les premières versions manuscrites connues (datant du XIIIe siècle), ni les nombreuses copies et traductions effectuées par la suite ne sont illustrées, pas plus que les premières éditions arabes. L’image n’accompagnera les contes qu’au cours du XXe siècle et s’inspirera des illustrations européennes.

Rêves et fantasmes pour l'Occident

Dans le monde occidental en revanche, Les Mille et Une nuits suscitent un incroyable engouement dès leur traduction, nourrissant les rêves et fantasmes des Occidentaux sur l’Orient et stimulant l’imagination des peintres. C’est Antoine Galland qui réalisa, à partir d’une copie arabe, la première traduction en français (1704). Elle remporta un succès immédiat et introduisit en France la mode des turqueries. Elle sera suivie de beaucoup d’autres et de nombreuses éditions illustrées par les plus grands artistes, tel Gustave Doré, paraîtront aux XIXe et XXe siècles.

Gros plan sur Les Mille et Une Nuits

Le Pèlerin

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 10:06

Chems Eddine Chitour: Moi, Président de la deuxième République Je fais le serment

presidence algerie

 

Le Pr Chems Eddine Chitour

«Quand tu lances la flèche de la vérité, prends soin avant de tremper la pointe dans du miel.»

Proverbe algérien

La situation actuelle du pays est délicate, elle demande à chacun de nous de faire son introspection et de prendre position pour le plus grand bien de ce pays. Etat des lieux

Chems Eddine Chitour: Moi, Président de la deuxième République Je fais le serment

Le Pr Chems Eddine Chitour

«Quand tu lances la flèche de la vérité, prends soin avant de tremper la pointe dans du miel.»

Proverbe algérien

La situation actuelle du pays est délicate, elle demande à chacun de nous de faire son introspection et de prendre position pour le plus grand bien de ce pays. Un état des lieux sans complaisance est nécessaire.

Etat des lieux

L'Algérie de 2014, c'est 39 millions d'habitants dont 90% n'ont pas connu le colonialisme. Et pourtant, le pouvoir continue à régner sur la légitimité révolutionnaire alliée avec les nouveaux riches. Cela ne veut pas dire que la Glorieuse Révolution, les martyrs et les moudjahidine sont à oublier, non! Simplement, nous sommes au XXIe siècle, de nouvelles légitimités basées sur le savoir, la compétence et l'amour du pays doivent prendre la relève graduellement mettant un terme à toute la satrapie de la famille révolutionnaire dont on peut se demander à juste titre quelle est sa valeur ajoutée si ce n'est en termes de jouissance sans mérite. Si on devait faire honnêtement le bilan des cinquante ans passés, nous avons dilapidé une rente de près de 800 milliards de dollars dont 600 milliards depuis l'année 2000.

Qu'avons-nous fait de perenne? Il est vrai que l'Algérie de 2014 est un grand pays riche, mais désespérément sous-développé avec toujours les mêmes interrogations. Après un cinquantenaire d'actions plus ou moins glorieuses, l'Algérie se retrouve à la croisée des chemins avec une société gérée encore par la «aççabya». Elle n'a pas permis l'émergence de la nation au sens du désir de vivre ensemble.

Nous sommes, en tant qu'intellectuels, en faute, nous avons une faillite morale pour n'avoir pas su dire «non!», «basta!» aux multiples dérives d'un système qui fait dans la «aççabya» un mode de gouvernance qui perpétue et fait de la Glorieuse Révolution de Novembre et dont nous fêtons le soixantième anniversaire, un fonds de commerce lucratif. Quelle est la priorité pour celui qui s'immole ou brave la mer? Un travail, une vie décente? Un avenir ou la liberté. Beckett disait qu'«un bulletin de vote ne se mange pas». Nous ne voyons dans le comportement des jeunes que la dimension «destruction», essayons de voir en eux des bâtisseurs. Quelle tragédie que des jeunes gens en arrivent à jouer leur vie à pile ou face dans des embarcations de fortune ou, pire, à offrir leur corps aux flammes; chaque harraga qui disparaît, chaque immolation sont des actes de désespoir et aussi des actes d'accusation contre notre indifférence.

Qui se souvient pour la période récente du 5 octobre 1988, qui a vu la fine fleur du pays être fauchée? Il fut, de mon point de vue, le déclencheur du vent de liberté des peuples arabes. Cet événement donnait l'illusion que tout était permis, que l'Algérien, ce frondeur, avait le droit au chapitre, il pouvait critiquer. Il était, en un mot, acteur de son destin. La démocratie semblait à portée de main. La vie politique s'alluma, les langues se délièrent et une formidable ouverture se dessina. tout était devenu possible. Mais le fol espoir allait vite retomber. Les Algériens perdirent pied et s'accrochèrent par réflexe atavique ou eschatologique aux discours les plus radicaux, les plus sectaires, les plus dangereux qui nous amenèrent à la décennie noire.

Un quart de siècle plus tard ou en sommes-nous? Force est de constater que nous sommes au point mort, que la régression n'a pas été féconde, que la «aççabya, le régionalisme, les passe-droits, la corruption sont devenus un sport national aussi pernicieux que celui qui a permis à des individus qui n'ont rien prouvé toute leur vie de se voir offrir des milliards de DA pour avoir tapé dans le ballon et avoir donné un peu de soporifique trompeur à une jeunesse en mal d'espoir. Donner en une fois à un joueur le gain d'un salaire d'un professeur besogneux pendant toute une vie est le plus mauvais message que l'on puisse donner contre l'école qui ne joue plus son rôle d'ascenseur social.

La gestion par la paresse intellectuelle est encore possible tant que nous pompons d'une façon frénétique une ressource qui appartient aux générations futures. Notre errance actuelle c´est aussi le gaspillage frénétique de nos ressources en hydrocarbures du fait de l´absence, là aussi, d´une stratégie et c´est enfin, la corruption, qui est là pour nous rappeler notre sous-développement. De plus, il nous paraît tragique d'annoncer urbi et orbi que l'Algérie a pour cinquante ans de réserve, notamment avec le canular du gaz de schiste. C'est un mauvais signal que les Algériens perçoivent ainsi: dormons, la rente veille sur notre gabegie avec le fameux adage «Ragda oua tmangi dima felcoungi» «Sommeil, boustifaille, et toujours en congé» voilà l'Homo algerianius du 20e siècle qui roule sur quelques neurones.

C'est enfin un système éducatif en miette, et une sous-culture folklorisée dans le sens du chant et de la danse, du farniente des Mille et Une Nuits pendant que le monde développé en est au Web 3.0, que la Chine a rattrapé les Etats-Unis. En 1963, nous avions le même niveau que la Corée du Sud, 50 ans plus tard, la Corée du Sud est 10e et nous 110e.

Dans l'Algérie actuelle tout est à prendre, les Algériens qui font leur travail, qui méritent durement leur salaire sont de plus en plus scandalisés par le m'as-tu-vu et les fortunes qui ont jailli du néant, de toute une faune dont l'unité de mesure est le milliard. J'en veux à cette culture qui a réussi à abrutir la jeunesse en lui proposant de «se divertir» pour oublier dans la plus pure tradition de «panem et circenses» «du pain et des jeux de cirque» de l'Empire romain sur le déclin, alors qu'il faut lui proposer de s'instruire, de connaître l'histoire de son pays, de la lecture, du théâtre, l'éducation, du travail, bref, de la sueur au lieu de soporifiques coûteux et sans lendemain..

Il n'y a jamais de place dans les journaux pour la science, la recherche, la prouesse des Algériens. Sait-on par exemple en dépit de ce que disent les nihilistes que la Recherche - malgré ses insuffisances réelles a permis à des chercheurs de participer à la construction d'un télescope spatial. Le salaire mensuel des vingt chercheurs retenus par la Nasa est équivalent à celui d'un footballeur du «mercato», encore un autre mot pour désigner un marché juteux. On croit aussi à tort que le football, des Messi, des Maradona, payés d'une façon ou d'une autre avec le pétrole des générations futures, les Aliens de l'Equipe nationale pour la plupart vivent dans d'autres cieux, ils viennent le temps d'un match recevoir la dîme et retourner chez eux, ils sont des exemples à suivre.

De fait, l´Algérie est devenue un tube digestif immense, l´Algérien veut tout et tout de suite et par un mimétisme ravageur, il n´emprunte à l´Occident que ce qu´il ne produit pas, mais qu´il peut pour le moment encore acheter. Avoir 40 millions de portables ou rouler en 4x4 et consommer d´une façon débridée l´énergie n´est pas un signe de développement. Le pouvoir, dos au mur, est confronté à toutes les révoltes, au lieu du parler vrai, tente de maintenir une stabilité apparente alors que les problèmes de fond attendent d'être abordés résolument

La course à la présidentielle

Cette présidentielle est marquée par l'avènement de personnes frappées par le Principe de Peter. Elles pensent que leur compétence réelle ou supposée dans un domaine donné, leur permet toutes les outrances, à telle enseigne qu'une caricature les a croquées en montrant une foule de clowns criant: «Moi aussi, moi aussi je veux me présenter.» Il y a de ce fait -comble d'ironie- des candidats à la présidentielle qui viennent nous dire comment il faut faire. Que connaissent ces donneurs de leçons à distance, qui se permettent de s'immiscer dans une Algérie qu'ils ont abandonnée au plus fort de sa détresse pour des cieux plus cléments. A ces intellectuels autoproclamés, il manque une vertu fondamentale: l'humilité et la retenue vis-à-vis de cette Algérie profonde, celle qui galère au quotidien. Je les invite à venir vivre et vibrer à la fréquence de la mal-vie des Algériens d'en bas et non pas à celle du Quartier latin derrière un verre ou celle encore dénuée d'humilité à partir de Montréal ou d'ailleurs.

A tous les spécialistes du «Armons-nous et partez», qui donnent des conseils, qui savent au fond d'eux-mêmes que leur cinéma de la présidentielle a pour finalité d'avoir une visibilité aussi fugace que celle d'un météore soit-elle. «Etre un homme, disait Malraux, c'est réduire la part de la comédie.» Non messieurs, il s'agit du destin de l'Algérie, je vous invite à rentrer au pays vivre ses espoirs et ses déceptions, écouter ce que ces jeunes ont à dire, payer de leur personne, rattraper leur dette pour avoir fui ce pays quand il était à feu et à sang. Je les invite ´´ici et maintenant´´ à venir participer à une longue marche celle qui consiste à suer, à baver, à créer in situ en faisant fleurir cette jeunesse non pas à distance avec le «Y a qu'à...».

Un projet de société viable

Au-delà des libertés de la démocratie, de l'alternance à graver dans le marbre lors d'une nouvelle Constituante pour une deuxième République, il faut réconcilier l'Algérie avec son histoire et enseigner que 18 siècles avant l'avènement de l'Islam au Maghreb, il y avait un peuple, une identité, une civilisation. Massinissa battait monnaie quand l'Europe n'avait pas émergé aux temps historiques. Revendiquons nos racines amazighes sans en faire un fonds de commerce. Nous avons trop souffert du slogan «Nous sommes arabes, arabes, arabes» de Ben Bella. Une fois l'identité plurielle assumée, enseignée et traduite d'une façon apaisée dans les attributs de souveraineté, telle que la langue, les médias, il faut se mettre au travail et propulser l'Algérie dans ce XXIe siècle de tous les dangers.

Nous devons être en mesure de permettre à chacun de donner la pleine mesure de son talent, d'être utile, de gagner dignement son pain, non pas par des perfusions faisant des citoyens des assistés à vie ou des oubliés à vie. Tout travail mérite salaire. Distribuer la rente fera que rien de pérenne ne sera construit et tout retombera d'un coup une fois que la rente ne sera plus là pour couvrir les atermoiements et les errances.

L'exemple récent de Ghardaïa est à méditer. Il est nécessaire de réconcilier ce peuple avec son histoire. Si on ne doit pas invoquer la théorie du complot extérieur à tout bout de champ, force est de constater que le potentiel de l'Algérie ne laisse pas indifférent les grands de ce monde. A Dieu ne plaise, si on ne fait rien pour asseoir définitivement un Etat Nation, nous allons être soudanisés, voire irakisés, ou pire, somalisés. Nous ne sommes pas invulnérables !

Le moment est venu, le croyons-nous encore une fois, de réconcilier les Algériennes et les Algériens avec leur Histoire de telle façon à en faire un invariant qui ne sera pas récupéré d´une façon ou d´une autre. Le moment est venu aussi, une fois encore, de faire émerger à côté encore des légitimités historiques, les nouvelles légitimités du XXIe siècle. Chacun devra être jugé à l'aune de sa valeur ajoutée, non pas en tant que remueur de foule, voire comme professionnel de la politique.

Dans une génération, l´Algérie importera son pétrole, avec quoi, puisque présentement, il représente 98% de ses recettes. La société civile que nous devons contribuer à faire émerger devra être partie prenante du destin de l´Algérie. S´agissant de la stratégie énergétique, il est important de tout mettre à plat et tracer un cap qui nous permette d´aller vers la sobriété énergétique et miser sur les énergies renouvelables en n´extrayant du pétrole et du gaz que ce qui est strictement nécessaire au développement. Qu´on se le dise! Notre meilleure banque est notre sous-sol, c´est cela le développement durable.

Moi, président de la République

Sans être exhaustif, je propose cette anaphore qui sans être exhaustive donne une idée des mesures nécessaires si l'on veut conquérir le coeur des Algériens et s'imposer autrement que par les méthodes que la morale réprouve.

Moi, président, je mettrais tous mes efforts pour faire aboutir un projet de société consensuel en combattant le régionalisme, le népotisme et les déviations basées sur l'ethnie ou la religion.

Moi, président, je choisis de parler vrai et d'assumer une impopularité si j'ai la conviction que c'est la bonne voie pour mon pays, quitte à démissionner.

Moi, président de la République, je ferais de mon mieux pour consacrer les libertés individuelles

Moi, président, je rendrais l'espoir à cette jeunesse en lui donnant une utopie, un cap qui est la construction d'un Etat fort où seul le mérite sera pris en considération

Moi, président, je ferais du système éducatif et de la recherche le coeur de la stratégie pour une transition multidimensionnelle

Moi, président, je n'irais inaugurer que des réalisations de création de richesse, et pas de salles de classe ou d'amphis ou de logement

Moi, président, j'irais m'enquérir régulièrement de l'acte pédagogique dans les écoles, les lycées, les universités de la plus modeste recherche, dans le plus humble des laboratoires

Moi, président, je réhabiliterais le service national matrice du vivre-ensemble, j'irai encourager les bâtisseurs du développement national qui feront du Sahara une seconde Californie, qui construirons de nouvelles villes au Sud,

Moi, président de la République, je donnerais un sens au développement durable

Moi, président de la République, je protégerais les ressources fossiles en n'extrayant du sous-sol que ce qui est nécessaire, convaincu que notre meilleure banque est notre sous-sol. Le peu d'énergie qui reste, notamment le gaz de schiste ne sera exploitée que quand la technologie sera respectueuse de l'environnement

Moi, président de la République, je ferais la chasse au gaspillage sous toutes ses formes, je recommanderais aux imams de faire des prêches incitant les fidèles à l'économie, je mettrais en oeuvre l'apprentissage de l'éco-citoyenneté au lieu de l'égo-citoyenneté actuelle

Moi, président de la République, je réhabiliterais l'effort, le devoir bien fait en mobilisant les médias lourds pour mettre en valeur les efforts de ces méritants de la Nation

Moi, président de la République, je réhabiliterais le sport national, la performance pour l'idéal national et non pour l'argent

Moi, président, j'exigerais de tous les responsables de déclarer sur l'honneur leur patrimoine.

L'immense majorité de la jeunesse est en attente d'un Messie qui vibre à leur fréquence qui au lieu du «quararna», convainc et ne contraint pas.

En définitive, il nous faut retrouver cette âme de pionnier que l'on avait à l'Indépendance en mobilisant, quand il y a un cap. Imaginons que le pays avec une nouvelle Constitution qui ancre la démocratie, décide de mobiliser dans le cadre du Service national, véritable matrice du nationalisme et de l'identité, des jeunes capables de faire reverdir le Sahara, de s'attaquer aux changements climatiques, d'être les chevilles ouvrières à des degrés divers d'une stratégie énergétique qui tourne le dos au tout-hydrocarbures et qui s'engage à marche forcée dans les énergies renouvelables.

L'immense majorité de la jeunesse est en attente d'un Messie qui vibre à leur fréquence qui au lieu du «quararna», convainc et ne contraint pas. Le bonheur transparaîtra en chacun de nous par la satisfaction d'avoir été unis utiles, et en contribuant par un travail bien fait, par l'intelligence et la sueur, à l'avènement de l'Algérie de nos rêves. Il ne tient qu'à notre volonté de faire de nos rêves une réalité. Nous le devons, nous le pouvons. Faisons-le. Nos élites politiques sont comptables devant l'histoire.

Source L’Expression

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Le Pèlerin

 

L'Algérie de 2014, c'est 39 millions d'habitants dont 90% n'ont pas connu le colonialisme. Et pourtant, le pouvoir continue à régner sur la légitimité révolutionnaire alliée avec les nouveaux riches. Cela ne veut pas dire que la Glorieuse Révolution, les martyrs et les moudjahidine sont à oublier, non! Simplement, nous sommes au XXIe siècle, de nouvelles légitimités basées sur le savoir, la compétence et l'amour du pays doivent prendre la relève graduellement mettant un terme à toute la satrapie de la famille révolutionnaire dont on peut se demander à juste titre quelle est sa valeur ajoutée si ce n'est en termes de jouissance sans mérite. Si on devait faire honnêtement le bilan des cinquante ans passés, nous avons dilapidé une rente de près de 800 milliards de dollars dont 600 milliards depuis l'année 2000.

Qu'avons-nous fait de perenne? Il est vrai que l'Algérie de 2014 est un grand pays riche, mais désespérément sous-développé avec toujours les mêmes interrogations. Après un cinquantenaire d'actions plus ou moins glorieuses, l'Algérie se retrouve à la croisée des chemins avec une société gérée encore par la «aççabya». Elle n'a pas permis l'émergence de la nation au sens du désir de vivre ensemble.

Nous sommes, en tant qu'intellectuels, en faute, nous avons une faillite morale pour n'avoir pas su dire «non!», «basta!» aux multiples dérives d'un système qui fait dans la «aççabya» un mode de gouvernance qui perpétue et fait de la Glorieuse Révolution de Novembre et dont nous fêtons le soixantième anniversaire, un fonds de commerce lucratif. Quelle est la priorité pour celui qui s'immole ou brave la mer? Un travail, une vie décente? Un avenir ou la liberté. Beckett disait qu'«un bulletin de vote ne se mange pas». Nous ne voyons dans le comportement des jeunes que la dimension «destruction», essayons de voir en eux des bâtisseurs. Quelle tragédie que des jeunes gens en arrivent à jouer leur vie à pile ou face dans des embarcations de fortune ou, pire, à offrir leur corps aux flammes; chaque harraga qui disparaît, chaque immolation sont des actes de désespoir et aussi des actes d'accusation contre notre indifférence.

Qui se souvient pour la période récente du 5 octobre 1988, qui a vu la fine fleur du pays être fauchée? Il fut, de mon point de vue, le déclencheur du vent de liberté des peuples arabes. Cet événement donnait l'illusion que tout était permis, que l'Algérien, ce frondeur, avait le droit au chapitre, il pouvait critiquer. Il était, en un mot, acteur de son destin. La démocratie semblait à portée de main. La vie politique s'alluma, les langues se délièrent et une formidable ouverture se dessina. tout était devenu possible. Mais le fol espoir allait vite retomber. Les Algériens perdirent pied et s'accrochèrent par réflexe atavique ou eschatologique aux discours les plus radicaux, les plus sectaires, les plus dangereux qui nous amenèrent à la décennie noire.

Un quart de siècle plus tard ou en sommes-nous? Force est de constater que nous sommes au point mort, que la régression n'a pas été féconde, que la «aççabya, le régionalisme, les passe-droits, la corruption sont devenus un sport national aussi pernicieux que celui qui a permis à des individus qui n'ont rien prouvé toute leur vie de se voir offrir des milliards de DA pour avoir tapé dans le ballon et avoir donné un peu de soporifique trompeur à une jeunesse en mal d'espoir. Donner en une fois à un joueur le gain d'un salaire d'un professeur besogneux pendant toute une vie est le plus mauvais message que l'on puisse donner contre l'école qui ne joue plus son rôle d'ascenseur social.

La gestion par la paresse intellectuelle est encore possible tant que nous pompons d'une façon frénétique une ressource qui appartient aux générations futures. Notre errance actuelle c´est aussi le gaspillage frénétique de nos ressources en hydrocarbures du fait de l´absence, là aussi, d´une stratégie et c´est enfin, la corruption, qui est là pour nous rappeler notre sous-développement. De plus, il nous paraît tragique d'annoncer urbi et orbi que l'Algérie a pour cinquante ans de réserve, notamment avec le canular du gaz de schiste. C'est un mauvais signal que les Algériens perçoivent ainsi: dormons, la rente veille sur notre gabegie avec le fameux adage «Ragda oua tmangi dima felcoungi» «Sommeil, boustifaille, et toujours en congé» voilà l'Homo algerianius du 20e siècle qui roule sur quelques neurones.

C'est enfin un système éducatif en miette, et une sous-culture folklorisée dans le sens du chant et de la danse, du farniente des Mille et Une Nuits pendant que le monde développé en est au Web 3.0, que la Chine a rattrapé les Etats-Unis. En 1963, nous avions le même niveau que la Corée du Sud, 50 ans plus tard, la Corée du Sud est 10e et nous 110e.

Dans l'Algérie actuelle tout est à prendre, les Algériens qui font leur travail, qui méritent durement leur salaire sont de plus en plus scandalisés par le m'as-tu-vu et les fortunes qui ont jailli du néant, de toute une faune dont l'unité de mesure est le milliard. J'en veux à cette culture qui a réussi à abrutir la jeunesse en lui proposant de «se divertir» pour oublier dans la plus pure tradition de «panem et circenses» «du pain et des jeux de cirque» de l'Empire romain sur le déclin, alors qu'il faut lui proposer de s'instruire, de connaître l'histoire de son pays, de la lecture, du théâtre, l'éducation, du travail, bref, de la sueur au lieu de soporifiques coûteux et sans lendemain..

Il n'y a jamais de place dans les journaux pour la science, la recherche, la prouesse des Algériens. Sait-on par exemple en dépit de ce que disent les nihilistes que la Recherche - malgré ses insuffisances réelles a permis à des chercheurs de participer à la construction d'un télescope spatial. Le salaire mensuel des vingt chercheurs retenus par la Nasa est équivalent à celui d'un footballeur du «mercato», encore un autre mot pour désigner un marché juteux. On croit aussi à tort que le football, des Messi, des Maradona, payés d'une façon ou d'une autre avec le pétrole des générations futures, les Aliens de l'Equipe nationale pour la plupart vivent dans d'autres cieux, ils viennent le temps d'un match recevoir la dîme et retourner chez eux, ils sont des exemples à suivre.

De fait, l´Algérie est devenue un tube digestif immense, l´Algérien veut tout et tout de suite et par un mimétisme ravageur, il n´emprunte à l´Occident que ce qu´il ne produit pas, mais qu´il peut pour le moment encore acheter. Avoir 40 millions de portables ou rouler en 4x4 et consommer d´une façon débridée l´énergie n´est pas un signe de développement. Le pouvoir, dos au mur, est confronté à toutes les révoltes, au lieu du parler vrai, tente de maintenir une stabilité apparente alors que les problèmes de fond attendent d'être abordés résolument

La course à la présidentielle

Cette présidentielle est marquée par l'avènement de personnes frappées par le Principe de Peter. Elles pensent que leur compétence réelle ou supposée dans un domaine donné, leur permet toutes les outrances, à telle enseigne qu'une caricature les a croquées en montrant une foule de clowns criant: «Moi aussi, moi aussi je veux me présenter.» Il y a de ce fait -comble d'ironie- des candidats à la présidentielle qui viennent nous dire comment il faut faire. Que connaissent ces donneurs de leçons à distance, qui se permettent de s'immiscer dans une Algérie qu'ils ont abandonnée au plus fort de sa détresse pour des cieux plus cléments. A ces intellectuels autoproclamés, il manque une vertu fondamentale: l'humilité et la retenue vis-à-vis de cette Algérie profonde, celle qui galère au quotidien. Je les invite à venir vivre et vibrer à la fréquence de la mal-vie des Algériens d'en bas et non pas à celle du Quartier latin derrière un verre ou celle encore dénuée d'humilité à partir de Montréal ou d'ailleurs.

A tous les spécialistes du «Armons-nous et partez», qui donnent des conseils, qui savent au fond d'eux-mêmes que leur cinéma de la présidentielle a pour finalité d'avoir une visibilité aussi fugace que celle d'un météore soit-elle. «Etre un homme, disait Malraux, c'est réduire la part de la comédie.» Non messieurs, il s'agit du destin de l'Algérie, je vous invite à rentrer au pays vivre ses espoirs et ses déceptions, écouter ce que ces jeunes ont à dire, payer de leur personne, rattraper leur dette pour avoir fui ce pays quand il était à feu et à sang. Je les invite ´´ici et maintenant´´ à venir participer à une longue marche celle qui consiste à suer, à baver, à créer in situ en faisant fleurir cette jeunesse non pas à distance avec le «Y a qu'à...».

Un projet de société viable

Au-delà des libertés de la démocratie, de l'alternance à graver dans le marbre lors d'une nouvelle Constituante pour une deuxième République, il faut réconcilier l'Algérie avec son histoire et enseigner que 18 siècles avant l'avènement de l'Islam au Maghreb, il y avait un peuple, une identité, une civilisation. Massinissa battait monnaie quand l'Europe n'avait pas émergé aux temps historiques. Revendiquons nos racines amazighes sans en faire un fonds de commerce. Nous avons trop souffert du slogan «Nous sommes arabes, arabes, arabes» de Ben Bella. Une fois l'identité plurielle assumée, enseignée et traduite d'une façon apaisée dans les attributs de souveraineté, telle que la langue, les médias, il faut se mettre au travail et propulser l'Algérie dans ce XXIe siècle de tous les dangers.

Nous devons être en mesure de permettre à chacun de donner la pleine mesure de son talent, d'être utile, de gagner dignement son pain, non pas par des perfusions faisant des citoyens des assistés à vie ou des oubliés à vie. Tout travail mérite salaire. Distribuer la rente fera que rien de pérenne ne sera construit et tout retombera d'un coup une fois que la rente ne sera plus là pour couvrir les atermoiements et les errances.

L'exemple récent de Ghardaïa est à méditer. Il est nécessaire de réconcilier ce peuple avec son histoire. Si on ne doit pas invoquer la théorie du complot extérieur à tout bout de champ, force est de constater que le potentiel de l'Algérie ne laisse pas indifférent les grands de ce monde. A Dieu ne plaise, si on ne fait rien pour asseoir définitivement un Etat Nation, nous allons être soudanisés, voire irakisés, ou pire, somalisés. Nous ne sommes pas invulnérables !

Le moment est venu, le croyons-nous encore une fois, de réconcilier les Algériennes et les Algériens avec leur Histoire de telle façon à en faire un invariant qui ne sera pas récupéré d´une façon ou d´une autre. Le moment est venu aussi, une fois encore, de faire émerger à côté encore des légitimités historiques, les nouvelles légitimités du XXIe siècle. Chacun devra être jugé à l'aune de sa valeur ajoutée, non pas en tant que remueur de foule, voire comme professionnel de la politique.

Dans une génération, l´Algérie importera son pétrole, avec quoi, puisque présentement, il représente 98% de ses recettes. La société civile que nous devons contribuer à faire émerger devra être partie prenante du destin de l´Algérie. S´agissant de la stratégie énergétique, il est important de tout mettre à plat et tracer un cap qui nous permette d´aller vers la sobriété énergétique et miser sur les énergies renouvelables en n´extrayant du pétrole et du gaz que ce qui est strictement nécessaire au développement. Qu´on se le dise! Notre meilleure banque est notre sous-sol, c´est cela le développement durable.

Moi, président de la République

Sans être exhaustif, je propose cette anaphore qui sans être exhaustive donne une idée des mesures nécessaires si l'on veut conquérir le coeur des Algériens et s'imposer autrement que par les méthodes que la morale réprouve.

Moi, président, je mettrais tous mes efforts pour faire aboutir un projet de société consensuel en combattant le régionalisme, le népotisme et les déviations basées sur l'ethnie ou la religion.

Moi, président, je choisis de parler vrai et d'assumer une impopularité si j'ai la conviction que c'est la bonne voie pour mon pays, quitte à démissionner.

Moi, président de la République, je ferais de mon mieux pour consacrer les libertés individuelles

Moi, président, je rendrais l'espoir à cette jeunesse en lui donnant une utopie, un cap qui est la construction d'un Etat fort où seul le mérite sera pris en considération

Moi, président, je ferais du système éducatif et de la recherche le coeur de la stratégie pour une transition multidimensionnelle

Moi, président, je n'irais inaugurer que des réalisations de création de richesse, et pas de salles de classe ou d'amphis ou de logement

Moi, président, j'irais m'enquérir régulièrement de l'acte pédagogique dans les écoles, les lycées, les universités de la plus modeste recherche, dans le plus humble des laboratoires

Moi, président, je réhabiliterais le service national matrice du vivre-ensemble, j'irai encourager les bâtisseurs du développement national qui feront du Sahara une seconde Californie, qui construirons de nouvelles villes au Sud,

Moi, président de la République, je donnerais un sens au développement durable

Moi, président de la République, je protégerais les ressources fossiles en n'extrayant du sous-sol que ce qui est nécessaire, convaincu que notre meilleure banque est notre sous-sol. Le peu d'énergie qui reste, notamment le gaz de schiste ne sera exploitée que quand la technologie sera respectueuse de l'environnement

Moi, président de la République, je ferais la chasse au gaspillage sous toutes ses formes, je recommanderais aux imams de faire des prêches incitant les fidèles à l'économie, je mettrais en oeuvre l'apprentissage de l'éco-citoyenneté au lieu de l'égo-citoyenneté actuelle

Moi, président de la République, je réhabiliterais l'effort, le devoir bien fait en mobilisant les médias lourds pour mettre en valeur les efforts de ces méritants de la Nation

Moi, président de la République, je réhabiliterais le sport national, la performance pour l'idéal national et non pour l'argent

Moi, président, j'exigerais de tous les responsables de déclarer sur l'honneur leur patrimoine.

L'immense majorité de la jeunesse est en attente d'un Messie qui vibre à leur fréquence qui au lieu du «quararna», convainc et ne contraint pas.

En définitive, il nous faut retrouver cette âme de pionnier que l'on avait à l'Indépendance en mobilisant, quand il y a un cap. Imaginons que le pays avec une nouvelle Constitution qui ancre la démocratie, décide de mobiliser dans le cadre du Service national, véritable matrice du nationalisme et de l'identité, des jeunes capables de faire reverdir le Sahara, de s'attaquer aux changements climatiques, d'être les chevilles ouvrières à des degrés divers d'une stratégie énergétique qui tourne le dos au tout-hydrocarbures et qui s'engage à marche forcée dans les énergies renouvelables.

L'immense majorité de la jeunesse est en attente d'un Messie qui vibre à leur fréquence qui au lieu du «quararna», convainc et ne contraint pas. Le bonheur transparaîtra en chacun de nous par la satisfaction d'avoir été unis utiles, et en contribuant par un travail bien fait, par l'intelligence et la sueur, à l'avènement de l'Algérie de nos rêves. Il ne tient qu'à notre volonté de faire de nos rêves une réalité. Nous le devons, nous le pouvons. Faisons-le. Nos élites politiques sont comptables devant l'histoire.

Source L’Expression

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Le Pèlerin

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Published by Le Pèlerin - dans Algérie
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