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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:28

Le navire capturé par des pirates somaliens, samedi dernier, a été localisé dans les eaux territoriales somaliennes.

navire Blida capture

 

Fin du suspense. Le vraquier algérien MV Blida a été repéré par les autorités algériennes. Le navire a été localisé dans les eaux territoriales somaliennes. «Nous savons où est le navire, à tout moment, car nous avons au niveau du ministère le système Coss (un dispositif de veille pour la sûreté et la sécurité des navire) qui nous permet de situer le bateau», a indiqué le ministre des Transports, M.Amar Tou, hier, lors d’une journée parlementaire autour de la sécurité routière, organisée à l’Assemblée populaire nationale (APN).

«Nous pouvons même, grâce à ce système, obtenir toutes les informations sur le navire et son inscription parce qu’il est enregistré à travers le monde. Nous pouvons le faire parce que les pirates n’ont pas encore coupé le système de communication qui est à bord du navire», a-t-il ajouté. Cependant, le ministre a précisé qu’il n’y a eu aucun contact avec les auteurs de l’acte de piraterie dont a été victime le vraquier battant pavillon algérien MV Blida. «Nous n’avons pas de contacts avec les auteurs de l’acte de piraterie, parce qu’ils ne communiquent pas», a-t-il affirmé en marge de la rencontre. Mais sur l’état actuel des membres de l’équipage, le premier responsable du ministère des Transports n’a donné aucun détail. Les familles des 17 marins algériens ainsi que les autorités semblent toujours n’en avoir aucune nouvelle.

Le navire algérien avait été détourné, samedi dernier par des pirates somaliens dans l’océan Indien au large d’Oman. Mardi, l’armateur d’International Bulk Carriers (IBC) avait souligné n’avoir eu aucun contact avec l’équipage constitué de 27 membres dont 17 de nationalité algérienne. «Nous sommes sans nouvelles du vraquier et de son équipage», avait déclaré une source chez IBC cité par l’APS.

Mercredi, faisant preuve de prudence, le directeur général de cette société mixte de droit algérien spécialisée dans le transport maritime de cargaisons homogènes, cité par le quotidien El Watan, affirmait que l’implication des pirates somaliens dans le détournement du navire algérien qui se dirigeait vers le port de Mombasa (Kenya) n’était qu’une supposition.

«Nous n’avons aucune preuve qui confirme l’implication des Somaliens dans l’acte de piraterie dont a fait l’objet le navire Blida, affrété par la compagnie jordanienne Cement Traders Incorporated (CTI)», avait-il dit. Le doute reste légitime, d’autant plus que jusqu’à l’heure où nous mettons sous presse, l’acte de piraterie n’a pas été revendiqué.

Source L’Expression Hadjer Guenanfa

Le Pèlerin

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:23

Algérie - Une rencontre à la mi-janvier entre le gouvernement et le groupe Renault

Un début de négociations prometteur

renault-algerie.jpg

 

Les négociations entre le gouvernement algérien et le groupe Renault semblent débuter d’une façon prometteuse. Une rencontre est, d’ailleurs, prévue à la mi-janvier pour étudier le dossier de cette négociation.

Selon le journal les Echos qui rapporte l’information, il s’agit bel et bien d’une piste qui placerait le constructeur français dans une perspective de réaliser une usine de production de véhicules d’une capacité de production de 75.000 unités par an. Un responsable de la communication de Renault Algérie a confirmé, à l’agence de presse officielle APS, «les discussions entre le gouvernement concernant l’éventualité de produire localement des véhicules», estimant que «Renault développe particulièrement ses ventes dans les pays à forte croissance». Aussi le journal indique-t-il que parmi la gamme retenue pour le futur projet d’implantation en Algérie, figure la Logan, la Sandero et la Symbol en plus de la Clio sous la version tricorps. Cette liste n’a pas été définitivement arrêtée d’autant que les négociations entre les deux parties vont probablement régler les détails à ce niveau.

Il faut rappeler que lundi dernier, le ministre de l’Industrie Mohamed Benmeradi avait déclaré que « Renault a examiné avec beaucoup plus d’intérêt les attentes de la partie algérienne. Nous attendons effectivement de l’investissement, mais pas seulement pour monter une usine de montage de véhicules «.

Renault ne cherchait qu’à réaliser une usine de montage de 50.000 véhicules, une proposition qui avait été rejetée par les autorités.

Aujourd’hui «un partenariat d’égal à égal» est l’autre condition sur laquelle a insisté le ministre sur un ton optimiste. M. Benmeradi a fait savoir que le projet de Renault est conditionné par un taux progressif d’intégration technologique qui pourra démarrer à 46 % pour évoluer bien ensuite. D’autre part, le comité de suivi pour la négociation avec le groupe français sera étoffé par la présence de représentants du ministère de l’Industrie, les professionnels de la filière mécanique et les sous-traitants dans l’industrie automobile.

Renault qui a accepté les conditions du gouvernement algérien veut saisir l’opportunité pour accélérer son investissement sachant qu’un constructeur allemand est également intéressé par un projet d’implantation en Algérie.

Rappelons également que le site choisi à Rouiba au niveau de l’ancienne usine de Berliet tout près de la SNVI conviendrait au mieux pour le démarrage de l’usine dont il est attendu une commercialisation des produits à partir de 2012.

Politiquement, le dossier de Renault a été dépoussiéré après des valses-hésitations de la part du constructeur français depuis des années et la visite de Raffarin en novembre dernier qui avait plaidé en faveur de ce projet. La partie algérienne est assurée maintenant d’avoir des atouts pour une bonne négociation sur ce dossier.

Source Le Jeune indépendant F. Abdelghani

Le Pèlerin

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:19

A la veille de la publication de la nouvelle liste noire des compagnies aériennes à risque - Des inspecteurs européens chez Air Algérie

A 330 200 air algerie

 

L’Union européenne (UE) compte envoyer dans les prochaines semaines en Algérie une équipe d’experts de l’EASA pour effectuer des inspections sur des aéronefs exploités par Air Algérie. L’inspection concernera également les couloirs de sécurité aérienne ainsi que les passages de contrôle à destination de l’espace européen.

Selon la porte-parole de la Commission européenne chargée des transports, Mme Helene Kernes, l’UE a décidé d’envoyer en Algérie, dans les semaines à venir, et en collaboration avec l’organisme mondial de l’aviation civile, une équipe composée d’experts en aéronautique pour effectuer des contrôles techniques sur les avions exploités par la compagnie algérienne ainsi que sur les mesures prises par Air Algérie pour la sécurité aérienne, surtout concernant les lignes aériennes en direction de l’espace européen, notamment «les manquements à la sécurité du transport de marchandises, de la navigabilité et de l’exploitation des appareils, et des licences du personnel navigant».

La porte-parole de la Commission européenne a indiqué, selon l’agence de presse italienne que cette mission intervient à la veille de la publication d’une nouvelle liste noire des compagnies aériennes qui seront interdites d’accès aux aéroports et au ciel européens, laquelle liste noire sera rendue publique avant la fin du premier trimestre de l’année 2011.

Dans le même temps, Helene Kernes a salué les efforts entrepris depuis peu par la compagnie algérienne et souhaité que les assurances données par le PDG de cette compagnie lors de son audition par l’EASA le 12 novembre 2010 «se soient traduites sur le terrain». Le PDG d’Air Algérie, Wahid Bouabdellah accompagné de son directeur général adjoint qui s’était entretenu à Bruxelles avec les responsables de la sécurité aérienne européenne, a présenté aux autorités de la sécurité aérienne européenne «un plan détaillé de mesures pour remédier à ces manquements, accompagné d’un calendrier de mise en œuvre». Ce plan décliné en trois phrases et étalé sur une année devrait, en principe, permettre à la compagnie algérienne de se mettre aux normes universelles en tenant compte des impératifs de sécurité. Pour rappel, les autorités européennes avaient révélé, qu’elles «enquêtaient» depuis janvier 2009 sur Air Algérie, avec des inspections au sol régulières de ses appareils. Lors de ces contrôles, elles ont constaté de nombreux «manquements à la sécurité du transport de marchandises, de la navigabilité et de l’exploitation des appareils, et des licences du personnel navigant».

Le PDG de la compagnie algérienne, avait confirmé que sa compagnie a subi plus de 72 contrôles depuis 2009, effectués par les inspecteurs de la SAFA (Safety Audit of Foreign Aircraft). En somme, plus de 213 observations lui ont étés adressées. Selon lui, toutes ces observations «ont étés prises en considération».

De plus, Air Algérie a introduit plusieurs recours, dont cinq ont été acceptés par la commission de contrôle. Le patron d’Air Algérie, est monté au créneau pour balayer d’un revers de la main la menace exercée sur Air Algérie d’être mise sur la liste noire européenne et de lui interdire ainsi l’accès aux aéroports d’Europe : «Il n’existe aucun danger sur nos appareils. Il y a des lacunes certes, mais de là à discréditer Air Algérie et à mener une telle campagne, il y a de quoi s’interroger sur les arrière-pensées et non sur la véracité et la teneur de l’information en elle-même» avait-il indiqué à la presse.

Source Le Jeune indépendant Mahmoud Tadjer

Le Pèlerin

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:14

Côte d'Ivoire: L'ONU va envoyer entre 1.000 et 2.000 soldats en renfort

soldats-ONU-abidjan.jpg

Des soldats de l'ONU patrouillent dans les rues d'Abidjan, le 27 décembre 2010

 

Monde - Le Conseil de sécurité doit d'abord approuver la demande...

Les Nations unies vont demander au Conseil de sécurité d'approuver l'envoi de renforts, entre 1.000 et 2.000 casques bleus supplémentaires, pour leur force en Côte d'Ivoire, l'Onuci, a déclaré ce mercredi Alain Le Roy, responsable des opérations de maintien de la paix de l'Onu.

Cette requête devrait être officiellement formulée dans les prochains jours, a-t-il indiqué, en espérant un déploiement de ces renforts dans un délai de quelques semaines. L'Onuci est actuellement déployée autour de l'hôtel du Golf à Abidjan, dans lequel est réfugié Alassane Ouattara, reconnu par les Nations unies comme le président élu de Côte d'Ivoire.

Cet établissement est soumis à un blocus imposé par le président sortant Laurent Gbagbo, désigné par le Conseil constitutionnel ivoirien comme le vainqueur du second tour de l'élection présidentielle après invalidation de milliers de bulletins.

Source 20minutes.fr Reuters

Le Pèlerin

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:07

La Banque Européenne d'Investissement (BEI) veut financer des entreprises européennes en Algérie  

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La Banque Européenne d'Investissement (BEI) est prête à financer les entreprises européennes qui voudraient s'implanter en Algérie, a déclaré mercredi 5 janvier à Alger son vice-président Philippe de Fontaine Vive Curtaz. « Nous voulons que des leaders de l'industrie viennent s'implanter en Algérie. Nous sommes prêts à financer les entreprises européennes qui voudraient s'y implanter, et qui manquent de capitaux nécessaires », a-t-il dit à la presse à l'issue d'un entretien avec le ministre d'Etat, représentant personnel du président Abdelaziz Belkhadem. « Notre souhait est de voir les investissements (en Algérie) se réaliser dans les plus brefs délais », a-t-il ajouté.

Le vice-président de la BEI a indiqué avoir également évoqué avec M. Belkhadem la coopération dans les énergies renouvelables et le financement des entreprises algériennes notamment les PME. « Nous avons (à la BEI) des ingénieurs particulièrement compétents dans différents domaines comme les énergies nouvelles, l'aménagement des villes, ou les parcs naturels méditerranéens. Sur tous ces sujets, nous pouvons avoir une coopération fructueuse avec l'Algérie », a-t-il ajouté.

En mars 2009, la BEI avait accordé un prêt de 500 millions d'euros pour le financement du gazoduc Medgaz, qui doit relier l'Algérie à l'Espagne via la Méditerranée. L'Algérie et la BEI avaient signé en février 2008 un accord de partenariat pour le développement du secteur privé. Cette institution de l'Union européenne avait accordé au secteur public algérien des prêts d'une valeur totale de 2,2 milliards d'euros depuis 1980.

Source TSA AFP

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:01

Algérie - Eau, énergie, environnement : La trilogie de la survie

decharge oued smar

Comment mettre fin à ceci

 

La célébration de la Journée nationale du soleil a permis aux éminents chercheurs de l’Oni de présenter les différentes techniques et applications, principalement dans le domaine de l’épuration de l’eau...L’Office national de l’assainissement (ONA), qui gère 75% du réseau national, se met, lui aussi, à l’inépuisable source d’énergie solaire pour une épuration rationnelle des eaux de rejet. Le volume moyen des eaux usées collectées, selon Mme Nora Mihoubi de l’ONA, intervenant lors de la célébration de la Journée nationale du soleil, est de l’ordre de 1,56 million de m3/jour. L’ONA, qui gère un linéaire de réseau de 25 538 km sur les 31 853 km existants au profit de quelque 17 689 491 habitants répartis sur 616 communes, exploite actuellement, selon l’intervenante; 66 stations d’épuration (step), dont 27 lagunes d’une capacité globale de 830 000 m3/j. Le volume mensuel d’eau épurée est de 9,32 millions de m3. Soit un volume moyen de 310 000 m3/j, en plus des 209 stations de relevage pour un volume global relevé de 39 millions de m3 à fin avril 2010. Cette journée, qui est la plus longue de l’année, a été célébrée le 21 juin, en partenariat entre l’Office national de l’assainissement (ONA) et l’Unité de développement des équipements solaires (Udes) de Bou Ismaïl (Tipasa) sous le thème : «L’énergie solaire au profit de l’épuration des eaux en Algérie.»

Cette importante quantité d’eaux usées représente un important apport hydrique dont l’épuration induit une forte consommation électrique. C’est ce qui a poussé l’ONA et l’Udes à signer une convention pour l’utilisation de l’énergie solaire dans l’épuration des eaux, avec l’intégration de nouvelles techniques, dont la stérilisation de l’eau et le traitement tertiaire des eaux épurées dans un concept de développement de «l’énergie renouvelable» et de la protection de l’environnement.

L’Udes, pour sa part, encourage, à travers ses différentes équipes de recherche dans le cadre du «solaire», le recours à l’énergie renouvelable dont la source «jaune».

Ainsi donc, la célébration de la Journée nationale du soleil a permis aux éminents chercheurs de cette importante institution, qui dépend du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Mesrs), de présenter les différentes techniques et applications, principalement dans le domaine de l’épuration de l’eau, à savoir la photocalyse, la désinfection solaire, le dessalement et le séchage des boues, etc.

Sadek Igoud, chef d’équipe de recherche «Epuration et valorisation des eaux de rejet» au niveau de l’Udes, a rappelé le principe des «3E», à savoir l’eau, l’énergie et l’environnement.

Le chercheur Brahim Abbad, de la division «Froid et traitement des eaux par l’énergie renouvelable» nous a déclaré, en marge de cette Journée du soleil, que «les eaux de rejets domestiques et celles des industries qui commencent à s’accroître doivent être traitées de manière à ne pas polluer les nappes phréatiques et la mer à travers tout un ensemble de techniques, dont la photocatalyse».

Deux projets mixtes initiés

Outre la collaboration dans la recherche scientifique et le développement technologique, la convention signée au mois de mars dernier entre l’Udes et l’ONA pour une période de 3 ans, parle de l’application et du développement des énergies renouvelables dans le domaine de l’épuration des eaux usées urbaines. En effet, il sera procédé, en 2013, à l’utilisation de l’énergie solaire pour l’alimentation énergétique des équipements utilisés dans les procédés d’épuration, la désinfection et la réduction de la salinité des eaux épurées, le séchage des boues résiduaires et la photocatalyse pour l’épuration des matières organiques récalcitrantes. A long terme, l’Udes, selon M. Igoud, proposera des équipements solaires pour la mise en place de plusieurs techniques, utilisées dans le domaine de l’épuration et de la réutilisation des eaux usées, pour la production de l’électricité, de la chaleur et du froid. A court terme, selon lui, pour la période 2010-2013, deux projets mixtes ont été initiés : la «désinfection solaire» et la «réduction de la salinité». Les projets pilotes seront respectivement installés, à la Step de Tipasa et de Ouargla. L’Udes proposera également à l’ONA toutes les innovations de son personnel scientifique et technique, ainsi que toutes les nouvelles techniques d’épuration utilisant les énergies renouvelables que le monde de la recherche aura mis en place.

Une économie financière et un amortissement

Le directeur de l’exploitation au niveau de l’ONA, Amer Chouikh, a énuméré les avantages du recours à l’énergie solaire : la protection de l’environnement, l’amortissement des équipements photovoltaïques, la consommation gratuite de l’énergie durant plusieurs années grâce à la grande richesse qui vient de cette «source jaune».

Se basant sur le bilan énergétique des installations de l’ONA pour l’exercice 2009, M. Chouikh a révélé que «pour une puissance totale de 50 000 kw d’énergie totale installée, les Stations d’épuration des eaux usées (Step) et les Stations de relevage (SR) ont consommé des frais en énergie évalués à 110,40 millions de dinars/m3». Les steps, selon notre interlocuteur, ont consommé 73 millions de dinars/m3 et les stations de relevage, une énergie qui a coûté à l’ONA 37,4 millions de dinars. Ce même bilan fait état d’un volume total des eaux épurées de l’ordre de 81 millions de m3 au niveau des step, consommant ainsi une quantité d’énergie de 31,50 millions de kwh dont 2,50 millions de kwh pour les step et 9 millions de kwh pour les stations de relevage. En plus des 113 millions de m3 relevés par les stations de relevage. Avec un ratio respectif de consommation évalué à 0,28 kwh/m3 pour l’épuration et 0,08kwh/m3 pour le relevage. Le directeur de l’exploitation de l’ONA a rappelé que l’énergie renouvelable est une énergie exploitable par l’homme de telle manière que ses réserves ne s'épuisent pas. Pour lui, cette source jaune qu’est le soleil est à l'origine de nombreuses énergies renouvelables. «Son rayonnement constitue en lui-même une énergie exploitable, donnant aussi naissance à d'autres formes d'énergies», a-t-il expliqué. Le conférencier a rappelé les richesses dont dispose l’Algérie en matière de rayonnement solaire aux 4 coins du pays. Au nord de l’Algérie, on considère que le rayonnement moyen est de 1 700 kWh/m2. Une valeur pouvant atteindre les 1 900 kWh/m2 dans les Hauts Plateaux, voire dépasser 2 300 kWh/m2 dans le Sahara. «Si l’on avait l’intention de couvrir les besoins mondiaux en électricité avec le rayonnement solaire du nord de l’Algérie, il serait nécessaire d’équiper une surface de 400x400 km», a-t-il noté.

M. Chouikh a axé sur les domaines d’application de l’énergie solaire dans la collecte et l’épuration des eaux usées, estimant que «l’intégration des systèmes photovoltaïques autonomes qui sont des systèmes fonctionnant indépendamment du réseau électrique, est fortement recommandée dans les stations de relevage isolées de faible puissance, les équipements des Step dont la puissance est limitée à quelques dizaines de kW, les systèmes de télégestion et de télésurveillance, les équipements de laboratoire des Step et l’éclairage extérieur des stations».

Empêcher la pollution de l’air par l’eau

L’ONA ambitionne de doter à l’avenir toutes ses nouvelles stations d’épuration de système d’alimentation en énergie renouvelable, est-il cité sur son site.

A l’instar des autres pays, l’Algérie a mis en place plusieurs programmes de développement caractérisés par leur «durabilité», nous a expliqué Sadek Igoud de l’Udes.

«La priorité vise la sécurité hydrique, la protection de l’environnement, puis la sécurité énergétique», estime-t-il.

Dans le domaine de la préservation des ressources hydriques, plusieurs actions ont été programmées dont l’épuration des eaux usées, exploitées principalement par l’ONA. Redynamisé d’abord, ce secteur a bénéficié de la réhabilitation de plusieurs stations d’épuration. Redéployé ensuite, il a enregistré la réalisation de plusieurs nouvelles stations. L’assainissement, en Algérie, est donc en forte augmentation; cela garantira la protection des zones de rejet constituées exclusivement d’aires naturelles : littoral, mer, cours d’eau, palmeraies, nappes phréatiques. Selon notre interlocuteur, il n’est pas judicieux de transférer la pollution de l’eau vers l’air ! Pour lui, l’épuration des eaux usées est une opération énergivore. La forte consommation électrique repose, uniquement, sur des ressources énergétiques «non renouvelables» et génère d’importants volumes de gaz à effet de serre.

«C’est principalement pour cette raison et pour des considérations économiques que l’ONA projette d’utiliser les énergies renouvelables, particulièrement le solaire pour son abondance en Algérie», a expliqué M. Igoud.

En effet, les énergies renouvelables (solaire, éolienne et hybride) seront bientôt intégrées dans l’éclairage des sites de l’Office national de l’assainissement, en particulier ses stations d’épuration, selon son site Internet.

L’ONA, déjà engagé dans une démarche de protection de l’environnement et de développement durable, «ambitionne de doter à l’avenir toutes ses nouvelles stations d’épuration de système d’alimentation en énergie renouvelable», est-il cité sur son site, et qui ajoute : «Le recours à ces sources d’énergie traduit le souci de l’ONA de préserver l’environnement et les ressources et de réduire considérablement ses dépenses en matière de charges électriques.» Toutefois, le directeur de l’exploitation de l’ONA, dans son intervention lors de la Journée nationale du soleil sur les perspectives d’intégration des énergies renouvelables dans la collecte et l’épuration des eaux usées, Amer Chouikh, n’a pas omis de rappeler l’apport du recours à ce type d’énergies à son secteur. Il insistera sur la durée de vie du matériel photovoltaïque qui peut dépasser les 21 ans, d’où l’amortissement. «Si le taux d’intégration de l’énergie solaire est de l’ordre de 20%, selon le conférencier, le gain d’énergie pouvant être réalisé a été évalué à 6,3 millions kwh/m3 annuellement, dont 4,5 pour les step et 1,8 pour les sr.

Financièrement, on aura un gain annuel total évalué à 22 millions de dinars, dont 14,5 pour les step et 7,5 pour les stations de relevage. Sur 4 ans, ces 22 millions de dinars peuvent facilement amortir l’investissement des équipements».

M. Sadek Igoud* à InfoSoir «Les vertus du soleil sont nombreuses»

InfoSoir : L’énergie solaire se met à l’épuration des eaux en Algérie. Votre commentaire ?

Sadek Igoud : l’Udes est mandatée par l’Etat algérien par le biais du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour mener des activités de recherche relatives au «traitement des eaux par les énergies renouvelables». Aussi la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique encourage-t-elle l’orientation de ces activités vers des applications de terrain de façon à ce que les résultats obtenus soient utiles pour l’Algérie. C’est dans cette perspective que l’Udes a organisé, le 21 juin 2010, une journée d’étude et de sensibilisation.

La Journée nationale du soleil vous a permis de présenter votre savoir-faire...

Cette journée-là, le soleil était à l’honneur. Astre connu pour sa capacité à produire de l’électricité et de la chaleur, le soleil a pu révéler de nouvelles vertus que nous pouvons mettre à profit dans le domaine de l’épuration. Il s’agit notamment des techniques de désinfection, de photo catalyse, de dessalement, de séchage des boues, de lagunage, d’épuration sur lits plantés. D’autres techniques sont utilisées au niveau international pour valoriser énergétiquement les sous-produits des stations d’épuration, particulièrement la méthanisation des boues résiduaires et récemment la valorisation thermique des eaux usées pour la production de froid et de chaleur. Les stations d’épuration adoptent de nouveaux modes de gestion pour la réduction de la consommation électrique conventionnelle.

Quelle est l'importance de la convention de coopération signée entre l’ONA et l’Udes ?

D’une grande importance pour l’ONA et l’Udes, cette convention de collaboration scientifique et de développement technologique instaure une relation de travail à durée «renouvelable» qui vise entre autres l’information technique et scientifique, l’étude, la réalisation et le développement d’équipements solaires utilisés dans le domaine de l’épuration des eaux usées en Algérie.

Quel est l'apport de la photo catalyse en général ?

Le traitement photo catalytique solaire se présente comme une technologie de choix pour la dépollution des eaux usées. Il s'agit d'un système performant mais simple et économique utilisant une énergie renouvelable. Ces différentes caractéristiques attractives ont suscité un grand intérêt parmi les chercheurs en vue de la compréhension, l'optimisation et l'application industrielle de ce procédé. La photocatalyse solaire est un procédé photochimique utilisé pour la destruction de certains polluants organiques (pesticides, colorants…) et micro-organismes grâce au rayonnement solaire ultraviolet.

Pouvez-vous nous donner plus d’explications ?

Le principe repose sur la photo-excitation de semi-conducteurs, notamment le dioxyde de titane TIO2, la formation de radicaux hydroxyles à partir de la molécule d’eau et d’oxygène, la catalyse des molécules polluantes et certains agents pathogènes. Plusieurs travaux ont démontré les possibilités de traiter photo catalytiquement une grande gamme de produits organiques, dont les pesticides, les surfactants, ainsi que les colorants. La plupart des travaux ont été réalisés au laboratoire et sur des réacteurs pilotes. Un nombre limité, mais de plus en plus croissant intéresse les eaux usées industrielles. Ceux réalisées sur des eaux usées textiles ou leurs polluants ont mis en évidence une photo dégradation catalytique du carbone organique et une décoloration totale.

*Chef de l’équipe de recherche «Epuration et valorisation des eaux de rejet», au niveau de l’Unité de développement des équipements solaires (Udes) de Bou Ismaïl (Tipasa).

Source Infosoir Souad Labri

Le Pèlerin

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 08:57

Emploi de jeunes - Du nouveau à l’Ansej

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Frais d’études des dossiers supprimés, ouverture des annexes au niveau des grandes daïras, dégel des créneaux des investissements jusqu’ici gelés comme celui des transports, telles sont les principales nouveautés qui marquent en 2011 le secteur de l’emploi des jeunes.

Bonne nouvelle pour les jeunes qui veulent investir dans le cadre du dispositif de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej) : ils n’auront plus à payer les frais d’études des dossiers. «L’assistance et l’accompagnement qui se font à la création de micro entreprises, sont gratuits. Il n’y a plus de frais d’études du dossier à partir du 2 janvier 2011», a annoncé, ce matin, le secrétaire général de l’Ansej, Mohammed Tahar Chaâlal, sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale.

S’agissant de l’apport personnel exigé des postulants, il sera maintenu. Et pour cause : «Si vous ne poussez pas un jeune à mobiliser une partie du financement, ce n’est pas de l’investissement, ce n’est pas de la création d’entreprise», a expliqué M. Chaâlal. Autre décision prise par l’Ansej cette année : l’ouverture des créneaux d’investissement qui étaient gelés jusqu’ici.

Il a été décidé «de dégeler l’ensemble des activités au niveau national et c’est aux comités de sélection et de validation installés au niveau de l’ensemble des wilayas de décider de valider ou d’ajourner un projet qui leur est présenté», a déclaré M. Chaâlal. «Les décisions prises auparavant sont des décisions administratives qui ont exclu beaucoup de jeunes qui voulaient investir dans ces créneaux. (…) Nous avons mis une barrière devant les jeunes auxquels nous disons aujourd’hui : vous pouvez présenter les projets que vous voulez dans les secteurs de votre choix, mais vous devez convaincre les comités de sélection de leur rentabilité», a-t-il ajouté. Et de préciser : «Le dégel touche toutes les activités à l’exception de l’élevage dans les zones frontalières. Il s’agit d’une mesure préventive destinée à lutter contre la contrebande.» Sur un autre plan, l’invité de la Chaîne III a révélé que l’Ansej procédera, cette année, à l’ouverture de nouvelles annexes au niveau des chefs-lieux de daïra avec pour objectif de se rapprocher davantage des promoteurs.

«Nous avons reçu des instructions des pouvoirs publics pour étendre notre réseau puisque nous sommes dans 70 grandes daïras alors que nous n’étions que dans les chefs-lieux de wilaya avant 2008. Aujourd’hui, nous sommes présents dans des daïras comme In Salah, Boussaâda et Aïn Sefra, nous allons également ouvrir prochainement une annexe à Azazga, dans la wilaya de Tizi Ouzou, et dans d’autres grandes daïras du pays afin de rapprocher nos services des promoteurs», a-t-il affirmé à ce propos. Selon lui, les résultats enregistrés par l’Ansej depuis sa création sont très satisfaisants dans la mesure où 80 % des entreprises qui ont vu le jour grâce à ce dispositif ont réussi, ce qui a permis la création de 400 000 emplois nets. «Il ne faut pas coller à l’Ansej cette image de transport et d’activités de services, vous avez beaucoup d’entreprises qui sont dans des secteurs beaucoup plus importants comme les travaux publics et le bâtiment», a-t-il tenu à préciser.

Source Infosoir

Le Pèlerin

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 08:51

Rachid Grim politologue: «Comme en octobre 1988, nous ne sommes pas loin de la révolte de la faim»

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- Un début d’année est synonyme d’espoir en des jours meilleurs, or des émeutes éclatent ici et là en Algérie, tantôt pour dénoncer la crise du logement, tantôt la cherté de la vie. Comment analysez-vous ces émeutes qui interviennent en cette période ?

En fait, le début de l’année n’est que la suite logique de la fin de l’année dernière et même des autres années. L’émeute populaire est devenue chez nous la seule manière pour le peuple – ou du moins pour la catégorie du peuple la plus démunie – de s’exprimer et surtout d’être entendu. Cette catégorie de la population ne fait pas de différence entre un début d’année – qui devrait être synonyme d’espoir en des jours meilleurs – et le reste de l’année – et même des années. Tout, pour elle, est de la même couleur : noire !

Pour le peuple, tout va en s’aggravant. Et les émeutes de ce début d’année ne constituent pas une exception, sauf en ce qui concerne peut-être la cause immédiate des révoltes de ces derniers jours. Nous ne sommes pas loin de reparler, comme en octobre 1988,  de «révolte de la faim». Et cela est très grave. L’année qui commence n’a fait que poursuivre – et accélérer pour beaucoup d’entre eux  – la valse des prix des produits de base. On parle même de risque de pénurie de pain. Et cela est parfaitement inadmissible.

Le fait que l’on parle de risque de pénurie de pain – dont le prix est soutenu et la disponibilité théoriquement assurée – est symbolique de la situation de déliquescence de l’économie du pays. Tout augmente et commence à disparaître des étals. Vraies ou fausses pénuries, qu’importe. Le petit peuple ne voit qu’une chose : lui qui ne peut consommer que du pain, du lait, de l’huile, du sucre, etc. voit ou bien les prix de ces produits prendre l’ascenseur pour remplir les poches de spéculateurs et de charognards sans vergogne, ou bien ces produits disparaître des étals, au grand désespoir des plus démunis. Toutes les explications que les autorités peuvent fournir – y compris celles qui réellement tiennent la route, comme l’augmentation des prix des produits de base agricoles sur le marché mondial –ne convainquent personne. Il y va de la survie physique de tout un pan de la population qui ne vit que de ces produits de base. Comment donc les convaincre que l’Etat ne peut rien pour protéger le tout petit pouvoir d’achat que leur a laissé la crise économique qui sévit depuis maintenant plus de 25 ans ? L’Algérie est riche, leur a-t-on toujours répété ; mais de cette richesse, ils ne voient rien. Ou plutôt, ils la voient entre les mains de la minorité dirigeante qui l’étale fièrement, sans aucune honte, comme un butin très facilement conquis. Pour la majeure partie du peuple, par contre, chaque jour qui passe ajoute son lot de misère à sa vie. D’où les réactions de plus en plus violentes de la rue. Et à mon avis, cela ne fait que commencer.

- La généreuse manne pétrolière n’a pas été suivie d’une amélioration de la qualité de la vie des Algériens. Le pouvoir d’achat est en constante régression. Comment expliquez un tel décalage ?

C’est la traduction d’une stratégie de développement aux antipodes des besoins vitaux d’une population. A un moment, le pays était en situation de cessation de paiement. Pour redresser la barre, l’Algérie est passée sous les fourches caudines du FMI et de la Banque mondiale. Nous en connaissons tous les résultats sur le niveau de vie de la population. L’Algérie ne pouvait pas éviter le rééchelonnement de la dette, concédé par les puissances créancières contre les réformes structurelles exigées par les institutions financières mondiales. Seulement, nos gouvernants ont non seulement été «les très bons élèves du FMI», mais ils ont même fait montre d’un zèle excessif sur la voie de la dérégulation et de l’ouverture du pays aux produits du monde entier. Le résultat, on le connaît : à part le secteur pétrolier qui a continué sa croissance naturelle – parce que mamelle sans laquelle les régimes qui se sont succédé n’auraient pas pu tenir et surtout parce que c’était et c’est encore une chasse gardée des Américains – tous les autres pans de l’économie nationale se sont écroulés. Toutes les stratégies de développement essayées depuis ont eu très peu de résultat sur l’essentiel : l’élévation du niveau de vie des citoyens. Toutes les statistiques officielles  avancées ici et là ne convainquent personne. Les chiffres, même s’ils renferment une part de vérité, restent virtuels. Tandis que le vécu, lui, est bien réel. Et le vécu c’est avant tout la sensation, très largement partagée, que tout se délite, tout va à vau-l’eau. Que la misère se développe à grande vitesse chez le peuple, tout comme l’extrême richesse chez la minorité dirigeante. 

- Que traduit ce recours systématique à la rue ?

Il traduit avant tout une désespérance, une absence d’espoir pour l’avenir. Il suffit de poser la question au premier quidam venu sur la couleur de son avenir. Il vous répondra automatiquement : noir ! Et il s’agit d’une réponse sincère. Le citoyen lambda ne s’embarrasse pas de grandes théories économiques ni de stratégies mises en œuvre par les pouvoirs publics pour un avenir meilleur que, de toutes les façons, il ne verra pas. Ce qui lui importe, c’est ce qu’il peut acheter au marché aujourd’hui pour nourrir au mieux ses enfants. Le paradis qu’on lui promet pour les années qui viennent, il n’en veut pas. De toutes les façons, il n’y croit pas. Parce que par ailleurs, il voit la richesse insolente de ceux qui ont le pouvoir ; il voit les scandales quasi quotidiens de corruption et la gabegie de ces mêmes milieux ; il voit les milliards de dollars de réserves de change, annoncés fièrement par les dirigeants du pays, partir en fumée dans des projets, certes utiles, mais dont le coût de revient est multiplié par deux ou trois pour assouvir la soif de dirigeants prédateurs. Tout cela ne peut mener qu’à la rue. D’autant qu’il n’y a absolument aucune autre possibilité pour le peuple de s’exprimer.

- L’absence de vision claire de la part du gouvernement sur l’avenir est-elleun facteur déclencheur de la protestation sociale ?

C’est une lapalissade que de dire que le gouvernement manque de vision sur l’avenir. Faites le compte du nombre de projets de stratégie industrielle mis sur la place publique depuis moins de cinq ans. Et faites le compte de ce qui a été réalisé ! Le solde n’est pas à l’honneur d’un pays qui possède autant d’atouts. Et ce ne sont pas les rodomontades de certains de nos ministres – et de beaucoup de nos hauts fonctionnaires qui reprennent servilement la voix de leurs maîtres –  qui vont changer la donne fondamentale qui est que le pays est en panne de bonne gouvernance. L’observateur averti aura remarqué, ces tout derniers mois, le forcing des ministres – à commencer par le Premier d’entre eux – pour faire croire que tout va bien et que les lendemains seront encore meilleurs. Cela ressemble étrangement à de l’autosuggestion. Parce qu’en fait, il n’y a qu’eux qui semblent y croire.

La population, quant à elle, ronge son frein, supporte stoïquement sa misère grandissante, jusqu’au jour où – dans sa totalité –  elle demandera des comptes. Permettez-moi de conclure par une toute petite suggestion, qui pourra peut-être redonner un peu d’espoir à la population la plus démunie : que les autorités cassent le mythe de l’obligation  de suivre strictement les règles de l’économie libérale et de la vérité des prix. Le pays dispose d’assez d’argent pour amortir, au moins pendant quelque temps, l’impact sur la population algérienne de l’augmentation des prix des produits agricoles de base sur le marché mondial. Le temps pour que toutes les stratégies de développement élaborées dans les laboratoires du gouvernement donnent leurs fruits. A ce moment-là, libre à elles de revenir au mythe du tout-libéral.

Source El Watan Nadjia Bouaricha

Le Pèlerin

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 08:46

Algérie - Nuit agitée à Bab El Oued

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Des affrontements ont opposé dans cette soirée de jeunes manifestants aux forces de l’ordre à Bab El Oued. A l’heure où nous mettons sous presse, des centaines de jeunes en furie ont attaqué le commissariat du «5e», situé au centre-ville. Des blocs de pierre ont été lancés en direction du commissariat. Selon des témoignages concordants, les policiers, retranchés à l’intérieur de l’édifice, situé dans le quartier Trois-Horloges, ont été dans l’obligation de tirer des coups de sommation pour disperser la foule en colère. Les policiers ont aussi fait usage de bombes lacrymogènes.

Des slogans – «Bab El Oued echouhada» – ont été scandés par un groupe de jeunes de ce quartier. Des policiers antiémeute ont tout de suite investi les lieux pour prêter main-forte à leurs collègues qui avaient déjà fort à faire pour disperser la foule agglutinée au centre-ville. Les affrontements ont duré une bonne partie de la nuit. Les forces de sécurité se sont déployées aux abords de Bab El Oued, bloquant tous les accès. Plusieurs manifestants et des policiers ont été blessés lors de ces échauffourées. Rappelons que des heurts avaient déjà opposé, mardi soir, les habitants de Bab El Oued aux forces de l’ordre.

Source El Watan Nadir Iddir, Hacen Ouali

Le Pèlerin

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 08:42

La mondialisation injuste suscite des tensions.

islam et chretiente

De la relation islamo-chrétienne dépend, en partie, l’avenir du monde. Les valeurs abrahamiques, évangéliques et celles des Lumières sont trahies en Occident par la montée de la xénophobie et la volonté d’hégémonie du monde. D’un autre côté, la culture civilisée et humaniste de l’Islam que le Prophète (Qsssl) a légué est trahie par des extrémistes et des régimes archaïques qui n’ont rien à voir avec la religion.

Une machination

La haine, vouée à l’échec, ne peut faire écran au partage, à l’amitié et à la symbiose entre les communautés et les peuples. Les attentats ignobles contre des chrétiens au Moyen-Orient sont calculés. Les commanditaires et leurs exécutants n’ont aucun respect pour la vie et la dignité humaine. Face à l’islamophobie, certains tentent de doper la christianophobie. C’est un piège. Il est urgent de faire un front commun contre tous les délires mortifères et pour le vivre-ensemble.

Nulle communauté n’est l’unique victime. Partout des flambées d’intolérance sont visibles, comme les lâches attentats contre des chrétiens irakiens et des coptes en Egypte. Cependant, comme le présument des observateurs avertis, la violence en Irak procède d’une machination politique.

Dans ces drames, ce qui est en jeu, n’est pas la race ou le culte. Il faut protéger la vie, que la personne soit chrétienne ou musulmane. Les Etats et les grandes puissances, en commençant par arrêter d’agresser, doivent protéger indistinctement les droits humains. Notre solidarité ne doit pas être sélective. Il s’agit de défendre tout être humain contre les abus et les intolérances.

Le sentiment antimusulman en Occident rappelle l’antisémitisme. La politique des deux poids, deux mesures est la preuve qu’ils sont considérés comme le «nouvel ennemi». L’hostilité envers la religion en général, et l’Islam en particulier, est un phénomène lié surtout à la crise sans précédent que vit l’humanité.

La xénophobie enfle. Et le regain contre nature de violence antichrétienne, en quelques endroits en Orient, après quinze siècles de coexistence plutôt paisible, regain que toutes les opinions islamiques et toutes les instances musulmanes condamnent fermement, vise plusieurs buts occultes. Il faut se demander à qui profite le crime?

Le premier but, c’est la tactique de l’épouvantail, faire diversion à l’injustice. Deuxièmement, chercher à justifier le sentiment antimusulman en Occident. Troisièmement, cautionner la logique du choc des civilisations pour faire oublier la faillite du libéralisme sauvage.

Des buts occultes

Quatrièmement annihiler toute perspective de démocratisation dans les pays arabes. Cinquièmement, imposer une situation de guerre larvée en divisant les chrétiens et les musulmans, après avoir opposé les sunnites et les chiites.

Les chrétiens d’Orient, qui sont une partie inséparable de l’identité culturelle des musulmans et réciproquement, ont le droit à la sauvegarde, à la liberté religieuse, en fidélité aux principes coraniques et aux recommandations du Prophète de l’islam (Qsssl), qui prônent une fraternité universelle excluant toute discrimination. N’oublions pas qu’il y a 150 ans, l’Emir Abdelkader, au nom de l’humanisme musulman, sauvait des milliers de chrétiens à Damas d’une mort certaine. Que des imposteurs, ignorants fanatisés et manipulés tombent dans le piège et détruisent leur demeure de leurs propres mains n’est pas surprenant. Cependant, l’immense majorité des musulmans et des chrétiens, éprise de paix et d’hospitalité, sait discerner et ne confond pas. Ces forces du discernement doivent être renforcées afin de faire barrage à la désinformation et à l’instrumentalisation.

Les citoyens doivent être conscients de leur double appartenance: nationale et planétaire. Nous devons rester liés à l’humanité tout entière. On doit sortir de la vision sectaire et égoïste qui domine à cause de l’inculture, sortir du visage arrogant de l’homme prétentieux, qui se croit seul sujet de l’univers, voué à être le maître du monde et qui pratique la violence vis-à-vis d’autrui. On doit mettre fin aux murs de séparation de ceux qui considèrent qu’ils sont les seuls détenteurs de la vérité, qu’ils représentent l’espèce humaine civilisée et qui négligent l’unité et la diversité humaine.

Au lieu d’assumer raisonnablement sa fonction d’avant-garde du monde, une contradiction traverse l’Occident: sa prétention à détenir le seul modèle émancipateur et sa volonté d’accaparer les richesses, marquée de surcroît par la montée, en temps de crise, de courants xénophobes qui refusent l’altérité, le droit à la différence.

Le multiculturalisme bénéfique et l’hétérogénéité naturelle de l’humanité sont confrontés à la volonté d’uniformisation et d’hégémonie du système dominant.

La mondialisation injuste suscite des tensions. L’autre, notre semblable, différent par la religion et le parcours, est au sein de chaque société. Races, religions, cultures se côtoient au niveau de toutes les échelles, locales et internationales, mais le nivellement imposé par le marché monde et la vision unilatérale produisent partout des impasses et des tentatives de repli.

En Orient, faute de bonne gouvernance et de réactivation de la culture du pluralisme et de l’ouverture, les contradictions et paradoxes sont aggravés par la misère et les manipulations de ceux qui instrumentalisent la religion.

Tout cela nourrit la propagande du choc des civilisations et renforce l’illusion de détenir la seule vérité face à la barbarie. Alors que, malgré des différences, rien n’est vraiment antinomique entre l’Islam et l’Occident, dans l’imaginaire occidental, avec ses fantasmes et ses affabulations, le musulman personnifie la menace contre les «Lumières». Dans le fantasme de certains musulmans, l’Autre est un agresseur. Des concepts alibis sont mis en avant comme celui de «communautarisme», reflétant à la fois l’impuissance à comprendre l’être commun et le penchant à vouloir enfermer l’autre dans des ghettos s’il n’imite pas le dominant. La puissance d’influence des médias et des industries culturelles dominantes impose la banalisation de la haine de l’autre diabolisé, avec des explications infondées, simplistes et culturalistes, notamment au sujet des résistances, légitimes ou aveugles, générées par les injustices des politiques aventuristes.

En Europe, la «laïcité» est instrumentalisée pour agiter le spectre xénophobe et islamophobe. Nous ne sommes pas dupes de la manoeuvre politique qui se cache derrière l’invention d’un nouvel ennemi. Toute atteinte à la dignité humaine doit être condamnée fermement. Considérer que le musulman est inapte à la démocratie est une hérésie, une posture qui constitue une véritable insulte aux Européens de confession musulmane, qui militent démocratiquement, mais aussi à tous les citoyens attachés à la civilisation et à la modernité.

C’est ce type de faux débat qui alimente la peur, créé à partir d’une réalité déformée. Ce qui est inadmissible réside dans le fait que des citoyens de confession musulmane sont pris comme boucs émissaires, ne disposent pas de lieux de culte en nombre suffisant et sont discriminés en matière d’emploi, de logement et de promotion sociale. Tout comme des chrétiens sont soumis parfois à rude épreuve dans des sociétés à tradition musulmane. On doit sortir de nos points d’aveuglement respectifs.

Le vivre-ensemble

Le recul du droit et l’immoralité du système dominant, dans un contexte de désignification du monde, mènent l’humanité vers l’abîme. Les défis sont les mêmes pour tous. Les êtres épris de paix et de justice doivent unir leurs efforts pour faire reculer les iniquités et les manifestations de haine. Le mutisme face à l’injustice et à l’arrogance nourrit la bête immonde.

Chrétiens, musulmans, humanistes, chacun est face à ses responsabilités pour alerter afin que nul amalgame ne soit fait. Il ne suffit pas de tolérer autrui, avec condescendance, mais défendre partout le respect du droit à la différence et du pluralisme, tout en respectant l’ordre public. Ce n’est point un voeu pieux, car il n’y a pas d’alternative au vivre-ensemble, pour retrouver de la civilisation qui fait défaut..

Prochain ouvrage «un intellectuel musulman chez le pape», éditions Barzakh

Source L’Expression Mustapha Chérif

Le Pèlerin

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