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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 00:06

Les féministes fustigent la distinction entre l'appellation «Mademoiselle» et «Madame»

(D'après « Le Mois littéraire et pittoresque », paru en 1906)

 feminisme-1905.jpg 

 

En 1906, l'Académicien Emile Faguet raille l'indignation de certaines femmes de voir la société opérer une différence entre l'appellation « Mademoiselle » et l'appellation « Madame », soulignant cependant les situations embarrassantes pouvant en découler, et proposant une solution... pittoresque

Dans Le Mois littéraire et pittoresque, l'écrivain et critique littéraire s'étonne « que ces dames « féministes » (et je ne parle que de celles qui sont un peu ridicules, laissant de côté avec le plus grand respect celles qui sont des esprits très sérieux et très élevés) s'insurgent de nouveau contre le mot « Mademoiselle » qui leur fait horreur. Je dis de nouveau, car j'ai eu connaissance, il y a trois ou quatre ans, d'une campagne menée par elles en ce sens, dont je crois que je me suis un peu égayé.

Tant y a que ces dames sont révoltées de cette différence entre l'appellation « Mademoiselle » et l'appellation « Madame ». « Quoi ! disent-elles, vous appelez « Mademoiselle » une femme qui ne s'est pas mariée ? Vous semblez ainsi la mettre à part, avec un insolent mépris ; la mettre au-dessous de celle qui a eu la chance ou le malheur de trouver un mari ; vous l'insultez, vous l'outragez, vous l'injuriez du mot « Mademoiselle ». C'est monstrueux. On doit appeler « Madame » toute femme, quelle qu'elle soit ».

Faguet poursuit : « Je veux subir des supplices raffinés si j'ai jamais eu, appelant une femme « Mademoiselle », la moindre intention de lui témoigner du mépris ou seulement de la pitié. Je l'appelle « Mademoiselle » parce qu'il est d'usage d'appeler « Mademoiselle » les femmes qui ne sont pas mariées ; et certes, voilà bien tout, et je n'en cherche pas si long. Je suis tout à fait de l'avis de la deuxième Chambre du tribunal de Genève, qui, dans le même dispositif du jugement, vient de déclarer : « 1° qu'on ne saurait, en principe, refuser à une femme non mariée le droit de se décerner à elle-même le titre de Madame ; 2° que le titre de Mademoiselle adressé à une célibataire d'un certain âge ne peut être accueilli que comme un compliment discret ». Ce tribunal très libéral et très éclectique est toujours content sur cette question. Il donne l'exemple, qu'on devrait suivre, d'une souriante indifférence.

Et Faguet d'ajouter : vous saviez, du reste, qu'il y a eu, mais qu'il n'y a plus depuis longtemps, une différence hiérarchique entre « Madame » et « Mademoiselle ». Au XVIIe siècle on appelait « Madame » la femme de qualité, qu' « elle fût femme ou fille, et « Mademoiselle » la bourgeoise, qu'elle fût fille ou femme. C'est ainsi qu'Alceste appelle « Madame », Eliante, qui est une jeune fille ; et c'est ainsi que Molière lui-même appelle sa femme « Mademoiselle Molière », encore qu'il doive savoir qu'elle est mariée ; et c'est ainsi que la femme de La Fontaine

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Carte postale éditée par le Conseil National

des Femmes Françaises au début du XXe siècle

est appelée par tout le monde « Mademoiselle La Fontaine ». Mais, depuis le XVIIIe siècle, l'usage s'est établi d'appeler « Madame » toute femme mariée et « Mademoiselle » toute femme non mariée, et il n'y a à cela aucune insulte, ni même dans cela aucune idée de hiérarchie, aucune. C'est une des billevesées de nos féministes agitées.

C'est à un tout autre point de vue que je me place pour trouver qu'il y aurait peut-être une réforme à faire. La question des appellations est très gênante. En présence d'une femme que l'on ne connaît pas, on est souvent très empêché. Faut-il dire « Madame » ? Si elle est jeune fille, elle sera peut-être flattée, peut-être vexée, et cela dépend du caractère; et l'on ne connaît pas le caractère. Il y a des signes, oui, dans la bourgeoisie surtout. Il y a l'alliance au doigt et les brillants aux oreilles. Mais il y a des dames qui ne portent pas de boucles d'oreilles. C'est même la tendance moderne, que je suis assez porté à approuver ; et l'on ne voit pas toujours l'alliance. On ne la voit même que très rarement. On ne peut pas prier une dame de se déganter pour que l'on puisse savoir de quel qualificatif la saluer. D'autant que pour la prier de se déganter il faudrait déjà l'appeler d'une façon ou d'une autre. Le plus souvent on ne sait si l'on doit donner du « Madame » ou du « Mademoiselle ». C'est très gênant.

Pour les actrices, c'est même insupportable. Comme presque toujours, quand elles se marient, elles gardent leur nom de jeunes filles pour bénéficier de la notoriété qui y est attachée, il est presque toujours absolument impossible de savoir si elles sont dames ou demoiselles. On parle au hasard : aux débutantes on donne instinctivement le nom de « Mademoiselle » ; aux illustres, celui de « Madame » ; mais encore une illustre peut se plaindre et dire : « Madame ! Madame ! Ai-je donc quarante ans ? » Et quand elle en a cinquante, cette idée qu'on lui en donne trente-huit lui est, naturellement, insupportable.

Une habitude s'est établie depuis environ vingt ans, qui s'applique à toute une catégorie de dames. Toute dame employée ou fonctionnaire, serveuse de restaurant, employée de banque, portière, télégraphiste, téléphoniste, est appelée « Mademoiselle ». Et je prie les féministes échauffées de ne pas croire qu'il y a là une marque de mépris, C'est simplement l'influence de l'idée de majorité. La plupart des employées ou fonctionnaires étant des jeunes filles qui se marieront plus tard et qui alors, abandonneront leurs fonctions, mais qui, en attendant le mariage, occupent lucrativement leurs loisirs, on donne à toutes le nom qui s'applique exactement à la plupart. Pour toutes les personnes du sexe aimable qui sont dans ces conditions, « Mademoiselle » est un uniforme. Elles sont « Mademoiselle » en tant qu'employées pour tous ceux qui ne les connaissent pas individuellement, Ici, au moins, comme il y a convention établie, il ne peut pas y avoir d'erreur. Dans tous les autres cas, il peut y avoir erreur, par conséquent il y a embarras.

Je serais donc très bien partisan d’une réforme. Je voudrais qu'on donnât le nom de « Madame » à toute personne du sexe aimable qui ne serait pas évidemment une jeune fille, et qu'on donnât celui de « Mademoiselle » à toute personne du même sexe qui serait jeune fille à n'en pas douter. « Mais quel criterium ? Vous avez dit vous-même que brillants aux oreilles et alliance sont critérium qui manquent presque toujours à l'observateur, et il n'y en a pas d'autre ». Pardon ! Et la robe courte ! Voilà qui est net, décisif et visible, même aux myopes. Voilà sur quoi il n'y a pas à discuter ni à hésiter. Je serais partisan d'appeler « Mademoiselle » toute petite fille, et « Madame » toute dame et toute grande fille. Dès que la petite fille aurait revêtu la robe longue : « Bonjour, Madame ! » Et comme elles seraient contentes ! Et donc on appellerait « Madame » une jeune fille de seize ans ! Pourquoi non ? Comme Alceste appelle Eliante.

On appellerait une jeune fille « Madame » tout aussitôt qu'elle pourrait l'être, ce qui est logique, sans s'inquiéter si elle l'est ou si elle ne l'est pas, ce qui est une sorte d'enquête où il entre de l'indiscrétion. Cette habitude ne serait rien autre que très distinguée. Quant aux féministes agitées que le nom de « Mademoiselle » irrite comme une sanglante injure, j'ai pour elles aussi une solution. Comme elles affichent la prétention d'être exactement les égales des hommes et de vivre en parfaite parité relativement aux barbus, je suis pour qu'on les appelle : « Monsieur ».

- Nous valons les hommes, nous valons mieux et plus que les hommes. Nous sommes des hommes, Nous sommes des surhommes.

- Oui, Monsieur », conclut Faguet.

Source France pittoresque

Le Pèlerin

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:12

Algérie - Insuffisance de l’IDH et amère réalité du développement

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Professeur Chems Eddine Chitour

 

«Le progrès humain n’est jamais le fruit tardif de l’inévitabilité. Il découle d’efforts inlassables et d’un travail persistant...Sans ce travail ardu, le temps lui-même peut se faire allié des forces de stagnation.» Martin Luther King

Le 9 novembre a été présenté à Alger sous l’égide du Cnes, le Rapport sur le développement humain publié 5 jours plus tôt. Les Représentants du Pnud ont cru bien faire en annonçant que l’Algérie avait avancé de vingt places et qu’elle est classée dans les 10 premiers pays qui ont fait des efforts remarquables. Nous allons d’abord expliquer ce que c’est que l’Indicateur de développement humain, développé par le prix Nobel Amartya Sen, sa pertinence et ses limites. Ce que disent le Rapport et l’incidence réelle de cet indice sur le développement de l’Algérie

Peut-on mesurer le développement humain?

Le Rapport sur le développement humain de 1990 a eu une résonance révolutionnaire en remettant en question la croyance dominante selon laquelle le Produit intérieur brut (PIB) était un moyen adéquat et suffisant pour mesurer la croissance économique, et en introduisant un nouvel Indice de développement humain (IDH) Cet IDH développé met l’accent sur trois indicateurs: l’espérance de vie à la naissance (qui mesure le niveau de santé générale d’un pays), l’éducation (à travers les taux de scolarisation et d’alphabétisation) et le revenu par habitant (à partir du PIB indexé sur le pouvoir d’achat pour mesurer l’accès des individus aux ressources). C’est donc un indice statistique composite. Plus l’indice est proche de 1, plus le pays est considéré comme développé sur le plan humain. Le Pnud classe les pays en quatre catégories selon leur indice: de 0,9 à 1 (développement humain très élevé), de 0,8 à 0,899 (développement élevé), de 0,5 à 0,799 ((développement moyen) et de 0 à 0,499 (développement faible). Aujourd’hui toutefois, malgré les perspectives intéressantes qu’il a ouvertes et son indéniable succès vingt ans plus tard, le monde n’est plus le même. Et l’IDH semble avoir atteint ses limites. Les défauts de l’IDH, qui découlent de sa nature même, sont bien volontiers admis par le monde universitaire et par le Pnud lui-même.

Parmi les «défauts de l’IDH», l’auteur cite: la rigueur des sources statistiques des indicateurs de l’IDH ne peut être que sujette à caution. Si la mesure du développement humain se base en effet sur des données de la Banque mondiale pour ce qui est du PIB, de l’Unesco pour l’alphabétisation et la scolarisation et de la Division de la population des Nations unies pour l’espérance de vie à la naissance, ces trois institutions utilisent les données statistiques nationales (elles les estiment lorsqu’il n’ y en a pas). Or, le niveau de développement des systèmes statistiques reste très variable dans le monde. (...) Seuls 64 pays dans le monde, dont 4 pays en Afrique (Maroc, Tunisie, Afrique du Sud, Egypte) ont un système statistique qui adhère à la Norme spéciale de diffusion des données (Nsdd) du FMI. La fiabilité des informations statistiques communiquées par les pays n’adhérant pas à ces normes d’excellence, coûteuses au demeurant, ne peut être que sujette à caution. Par rapport à la vision initiale d’Amartya Sen, qui définit le développement comme processus d’expansion des libertés, l’absence de prise en compte des libertés publiques dans l’IDH est un autre défaut sérieux. Les dimensions cruciales d’autonomisation et de libertés politiques et civiques ne sont pas appréhendées, tout comme la soutenabilité et la vulnérabilité environnementales. Autant de défauts qui militent aujourd’hui pour une réforme de l’IDH. (1)

L’IDH a quelques mérites, comme la démocratie et les changes flottants, le PIB est la pire des choses, à l’exclusion de toutes les autres. Pour prendre un exemple sur la composante «savoir», n’est-il pas un peu arbitraire ou naïf de présupposer que les taux de scolarisation en France, à Cuba, au Japon et en Corée du Nord sont comparables? Ne devrait-on pas introduire une dimension qualitative pour prendre en compte la question (décisive d’un point de vue économique) du contenu des enseignements? (2)

Que dit le Rapport du PNUD 2010?

Publié pour la première fois en 1990, le Rapport sur le développement humain commençait par l’énoncé d’un postulat très simple, qui a servi de fil conducteur à toutes les versions ultérieures du Rapport, à savoir que: «Les individus sont la vraie richesse d’une nation.» Avec éloquence et humanité, le premier RDH appela à une approche différente de l’économie et du développement, une approche qui placerait les gens en son centre. Le RDH de 1990 s’ouvrait par une définition claire du développement humain comme un processus «d’élargissement du choix des gens», mettant en avant la liberté de jouir d’une bonne santé, d’être éduqué et de profiter d’un niveau de vie décent. Mais il soulignait également que le développement humain et le bien-être vont bien au-delà de ces trois dimensions pour englober une gamme bien plus large de capacités incluant les libertés politiques, les droits de l’homme et, reprenant Adam Smith, «la capacité d’apparaître en public sans avoir honte». Le Rapport de 2010 s’inscrit dans la tradition des versions antérieures, en ce sens qu’il fait reculer les limites de la réflexion en matière de développement. Ces divers chemins du développement humain constituent bien la preuve qu’il n’existe pas de formule universelle pour un progrès soutenable.

La plupart des gens sont aujourd’hui en meilleure santé, vivent plus longtemps, sont mieux éduqués et ont un plus large accès aux biens et aux services. (...) Même dans les pays qui connaissent des conditions économiques défavorables, l’éducation et la santé des gens se sont grandement améliorées. Les défis du présent requièrent également une perspective nouvelle sur les politiques. Et ces progrès ne se sont pas limités à la santé, à l’éducation et à l’élévation des revenus mais ont aussi concerné la faculté des gens à choisir leurs dirigeants, à influencer les décisions publiques et à partager le savoir. (...) Il est frappant que parmi les 10 pays en haut de la liste, plusieurs ne sont pas typiquement décrits comme étant des plus performants. Il s’avère possible d’avoir un IDH élevé tout en menant une politique non soutenable, et en étant non démocratique et inégal. Le progrès est possible même sans ressources massives: la vie des populations peut être améliorée par des moyens qui sont déjà à la disposition de la plupart des pays. Placer les individus au centre du Développement nécessite que le progrès soit équitable, en transformant les individus en acteurs actifs du changement et en s’assurant que les succès du présent ne sont pas acquis au détriment des générations futures.(3)

IDH du Pnud et développement en Algérie

D’énormes progrès en matière de développement humain en Algérie: «Les Algériens ont gagné 13 ans de longévité par rapport à 1980.» «En l’espace de 20 ans (1990/2010), l’Algérie a réalisé des résultats prodigieux dans le développement humain», selon le Rapport mondial du Pnud présenté, hier, lors dune rencontre organisée par le Cnes, par M.Mamadou Mbaye, représentant du Pnud à Alger. Le pays a progressé en effet dans ce domaine qui constitue, dit-il, la vraie richesse d’un pays, avec un taux de 41,7%, soit presque du simple au double, en termes, d’accès aux soins, à l’éducation et au revenu. Le secteur de l’éducation a connu également, une hausse en termes, notamment de qualité et de gratuité de l’enseignement ainsi que de la démocratisation de l’accès à l’école. Le Rapport a classé les pays en quatre groupes: les pays à développement humain très élevé (42 pays), les pays à développement humain élevé (43 dont l’Algérie), ceux à développement humain moyen (42) et faible (42). Sur la base de ce critère, l’IDH de l’Algérie a été évalué à 0,6777, sachant que le meilleur IDH au monde en 2010 a été réalisé par la Norvège avec un indice de 0,938, la note parfaite étant 1. A la lecture de ce rapport, il est constaté que l’IDH de l’Algérie est supérieur à l’IDH moyen de l’ensemble des pays arabes qui est de 0,590, ainsi que l’IDH moyen mondial évalué à 0,624, classant l’Algérie à la 84e place sur 169 pays. Par ailleurs, le Pnud observe que sur la base du rythme avec lequel l’amélioration de l’indice de développement humain a évolué entre 1980 et 2010, l’Algérie est parmi les dix premiers pays les plus rapides. En effet, note le rapport, l’IDH de l’Algérie est passé de 0,443 en 1980 à 0,537 en 1990 et à 0,602 en 2000 avant de s’établir à 0,6777 en 2010.Le Pnud indique que l’Algérie consacre 4,3% de son PIB à l’éducation, 3,6% à la santé et 0,1% à la recherche, le PIB étant de 276 milliards de dollars à raison de 4.854 dollars par habitant. Le rapport cite aussi l’espérance de vie qui est passée à 73 ans, et la population sans électricité qui est de seulement 0,6%.(4)

Doit-on s’en réjouir? Assurément non! Il est connu qu’économiquement, le PIB est le résultat d’une accumulation sur une longue période de capital physique et humain propre à un pays. Le Qatar avec 1,1 million d’habitants a un PIB de 74.882 $/hab., grâce à la rente pétrolière. Le Gabon pourrait également être cité (PIB de 15.167 $/hab. pour 1,4 million d’habitants). L’exploration d’une rente est par conséquent, valorisée dans un classement par indicateur de PIB alors que l’on sait depuis l’économiste Robert Solow que la croissance de long terme d’un pays résulte d’un processus dynamique d’apprentissages et de diffusion de ces apprentissages dans la population. Un PIB provenant d’une rente minière mal utilisée (ce qui est souvent le cas) est beaucoup moins soutenable à long terme qu’un autre PIB provenant de sources diversifiées de production.(1)

On le voit l’IDH est sensible à l’apport conjoncturel de la rente qui ne s’inscrit pas dans la durée. De plus il y a matière à discuter de la fiabilité des données. Nous ne comprenons pas comment peut-on être contre des indicateurs qui sont le fruit de données objectives. De plus, combien même on rognerait quelques places de plus, il eut été plus élégant de dire que parmi les 10 pays désignés par le Pnud pour leurs efforts dans le domaine de la santé, de l’éducation, la Tunisie 7e et le Maroc 9e ont un développement qui ne dépend pas de la rente. Les pays les plus performants (ceux dont l’augmentation de l’IDH a été la plus forte) incluent des cas de «croissances miraculeuses des revenus» bien connus tels que la Chine, l’Indonésie et la Corée du Sud. Mais ils en comprennent aussi d’autres - comme le Népal, Oman et la Tunisie - où le progrès dans les dimensions non monétaires du développement humain a été tout aussi remarquable. Nous avons vu les défauts cachés de l’IDH dans sa dimension qualitative. Insistons sur le fait aussi que l’IDH ne reflète pas le développement. Dans le cas de notre pays, il y a croissance artificielle sans développement. L’apport de la rente permet d’améliorer la condition de vie des citoyens d’une façon proportionnelle à la durée de cette rente. On dit que le développement d’un pays et son PIB sont proportionnels à l’exportation. Il se trouve que nos exportations hors hydrocarbures restent insignifiantes. Elles ne représentent que 2% du total des exportations. Lors d’un d’une table ronde organisée par le Forum d’El Moudjahid, sur le thème de la «stratégie nationale en matière d’exportations hors hydrocarbures», les intervenants ont fait un constat d’échec: «C’est avec une espèce d’amertume que je parle des exportations hors hydrocarbures» a en effet, déclaré le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Zoheir Benslim. (...) Le président de l’Anexal pense que la tendance actuelle favorise plus l’importation que l’exportation. (...) Pour sa part, le président du Conseil national consultatif pour la promotion des PME, Zaïm Bensaci, a souligné le manque criant de sous-traitance. (...) Il a cité l’exemple des avions achetés pour renforcer la flotte d’Air Algérie pour 400 millions USD, avec des contrats qui n’incluent aucune mesure d’accompagnement, comme l’implantation en Algérie d’une filiale qui fabrique la pièce détachée. (5)

Nous ne sommes encore pas arrivés à dépasser l’IDH qui tend à être remplacé par le Bonheur intérieur brut, concept ancien mais de plus, n’est plus adopté. C’est au début des années 1970 que le roi du Bhoutan, a évoqué l’idée du Bonheur national brut (BNB). L’objectif affiché était de suivre un modèle de développement en accord avec les préceptes du bouddhisme et donc de tourner le dos à la mesure en vogue du Produit national brut (PNB). Le BNB n’est pour autant pas coupé de la réalité économique puisqu’il prend en compte la création intérieure de richesses (PIB) et l’indice de développement humain auxquels sont adjointes des notions plus relatives à la préservation du patrimoine culturel, l’épanouissement individuel et la conservation de l’environnement. Cette approche a fait des émules et le BNB a ouvert la voie à l’indice de bonheur mondial (classement pour 60 pays sur www. globeco.fr) De plus en plus, il s’agit de se détacher des mesures économiques pour prendre en compte dans l’état d’avancement d’une société le bien être général comme une source de développement.(6)

Exemple récent: la Commission justice et citoyenneté du Sénat brésilien (CCJ) a approuvé, le 10 novembre, un amendement de la Constitution dit du droit au bonheur. Selon le texte proposé, l’article 6 de la Constitution fédérale brésilienne devra désormais affirmer que «les droits sociaux essentiels à la recherche du bonheur sont l’éducation, la santé, l’alimentation, le travail, le logement, le repos, la sécurité sociale, la protection de la maternité et de l’enfance et l’assistance aux plus démunis»(7).

Pourquoi pas en Algérie? Pour peu que l’on réhabilite l’effort, le travail, la création de richesse qui ne peut émerger qu’avec une université en prise directe avec le développement. Qu’attendons-nous pour tourner le dos à la rente et à adosser chaque calorie exportée à une création de richesse pérenne seule ceinture de sécurité pour la génération de 2030 qui verra l’extinction des hydrocarbures.

(*) Ecole nationale polytechnique

1.http://omdh.hcp.ma/Peut-on-mesurer-le-developpement-humain_a206.html

2.Matthieu Mucherie: http://www.melchior.fr/L-indice-de-developpement-huma.3959.0.html

3.Rapport 2010 Pnud. La vraie richesse des nations 4 novembre 2010

4.El Watan Le Pnud classe l’Algérie parmi les pays à développement humain élevé 5.11.10

5.Mohamed Mahdjane - Algérie: Y a-t-il une réelle volonté d’exporter? novembre 2010

6. G. Ribouet http:www.lexpress.mu/story /16404-perilleuse-mesure-du-bien-etre.html10/07/10

7.http://www.courrierinternational.com/ breve//le-droit-au-bonheur-inscrit-dans-la-2010/11/15.

Source L’Expression Pr Chems Eddine Chitour

Le Pèlerin

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:06

Que dira Sarkozy au monde arabe?

Nicolas-Sarkozy.jpg

Cette allocution aura un double objectif, à savoir, rétablir les ponts avec les pays arabes et les appeler à assouplir leur position par rapport au projet de l’UPM.

Le président français, Nicolas Sarkozy, prononcera dans l’après-midi d’aujourd’hui, une allocution dans laquelle il «évoquera les relations entre la France et le Monde arabe», à l’occasion du 40e anniversaire de la Chambre de commerce franco-arabe, ont annoncé hier, ses services. Créée en 1970, la Chambre de commerce franco-arabe a pour objet de favoriser et de développer les relations commerciales et la coopération industrielle, financière, touristique et agricole entre les opérateurs économiques français et arabes, indique cet organisme sur son site Internet.

Il est attendu que M. Sarkozy fasse un recentrage de la politique française envers les pays arabes après trois années «d’errements et de dégâts», cela d’une part.

Le président français tentera, d’autre part, de faire assouplir la position arabe par rapport à l’Union pour la Méditerranée (UPM) dont le sommet a été reporté pour la deuxième fois en raison de la question palestinienne.

Maintenant que le verrou Kouchner a sauté, la nouvelle ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie tentera de recadrer la politique étrangère de la France. En fait, il s’agit d’un retour à la philosophie gaullienne concernant «la politique arabe de la France».

«Du commerce au partenariat, réalités et perceptions des rapports franco-arabes», «Société et culture, une diversité à assumer et à enrichir», et «France-Monde arabe, quelles clés pour le futur de notre communauté de destin». Voilà les thèmes qui seront abordés et débattus lors du colloque qu’organise, aujourd’hui, la Chambre de commerce franco-arabe (CFA) à l’Institut du Monde arabe à Paris. Ce colloque sera articulé autour de tables rondes où plusieurs interventions d’experts internationaux sont prévues, dont celle de Adnan Kassar, président de l’Union générale des Chambres de commerce et d’industrie et d’agriculture des pays arabes, et de Yazid Sabeg, commissaire du gouvernement français à «la Diversité et à l’Egalité des chances».

Cette manifestation, qui s’inscrit dans le cadre du «Dialogue de Paris», sera organisée en marge du 40e anniversaire de la CFA et sera présidée par Hervé de Charrette, ancien ministre français des Affaires étrangères et actuel président de cette Chambre. Elle sera ensuite couronnée par l’intervention du secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, M.Amr Moussa. Ils avaient donc raison, les observateurs qui ont pointé du doigt Bernard Kouchner, le mettant en cause dans le recul des perspectives entre la France et le Monde arabe et singulièrement dans le climat glacial qu’ont connu, ces dernières années, les relations entre la France et le Monde arabe et particulièrement entre la France et l’Algérie.

Pour revenir au discours que le président français, Nicolas Sarkozy, prononcera aujourd’hui à 18 heures, il est évident que l’hôte de l’Elysée aura à recentrer une politique arabe qui n’aura pas donné tous ses fruits et surtout n’a pas été à la hauteur de l’attente des partenaires arabes de la France. Certes, le Monde arabe est un ensemble très diversifié et loin d’être homogène, ce qui explique, sans doute, les difficultés de Paris à mener une politique qui soit porteuse autant pour la France que pour ses partenaires arabes. Il reste cependant, que le Monde arabe constitue et reste un important marché de 300 millions de consommateurs qui ne peuvent, sans dégâts, être snobés. Cela a été, quelque peu, le cas ces dernières années.

Aussi, il est curieux d’écouter ce que M.Sarkozy va dire, aujourd’hui, à l’adresse du Monde arabe.

Source L’Expression

Le Pèlerin

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:03

Algérie - Elever les taux d'exploitation

ArcelorMittal

 

Seulement 40% de notre potentiel industriel est utilisé ? Ce problème ne date pas d'aujourd'hui. Aussi bien les formules "produits en main" que celles "clés en main" des années 70 n'arrivaient pas, par leur exploitation, à augmenter ce taux. Il était arrivé d'imposer à nos fournisseurs, ceux qui nous vendaient (ceux qui nous fourguaient) des usines selon  plus particulièrement les formules produits en main, l'obligation d'une montée en cadence contractuelle, en fonction d'accords  arrêtés. Nos fournisseurs devaient payer des pénalités dans le cas où les échéances de montée en production n'étaient pas respectées.

Il était connu que les taux d'exploitation étaient très en deçà des capacités nominales installées. On distribuait pourtant des bénéfices et des PRI et PRC frôlant le maximum.

Durant les années 80 et 90, furent lancées, sur le plan des slogans, des "batailles pour la production et la productivité", ce qui quand même montrait que cette préoccupation n'était pas étrangère aux pouvoirs publics relayés par le partenaire social.

Comment furent livrées ces batailles ? Là est le problème.

La préoccupation était pratiquement permanente. Il y en eut qui pensaient qu'il fallait absolument ouvrir notre économie car, d'une part, il y aurait ainsi un transfert de technologie et de la maîtrise de celle-ci par le biais des participations étrangères au capital des entreprises, d'autre part, nos cadres et techniciens verraient leur niveau de maîtrise augmenter par le biais de notre économie.

Il fallait donc changer de système économique, voire même de système politique. Il fallait surtout changer la Constitution qui interdisait de la réviser dans la disposition qui consacrait la voie socialiste.

Source Le Maghreb N.B.

Le Pèlerin

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:00

En attendant ses enfants prodigues, l'Algérie est-elle une terre d'accueil ?

la-vie-en-algerie.jpg

 

D'un côté, ce sont les patrons qui sont embarrassés face à la difficulté de trouver une main-d'œuvre qu'ils déplorent non qualifiée, d'un autre ce sont les pouvoirs publics qui se plaignent de l'absence de technologie de pointe et souffrent de la fuite de cerveaux. Aucun mécanisme idoine à même de réconcilier les deux parties n'est venu à ce jour. Pourtant, tout indique que l'élément catalyseur existe et est bel et bien algérien mais a préféré les chemins de l'expatriation. Cela profite à d'autres pays qui tirent un bénéfice de cette diaspora algérienne. A titre d'exemple, et sur les 25 pays fournisseurs d'immigrants au Canada, l'Algérie occupe la troisième place. Notre pays est devenu un véritable réservoir de compétences bon marché pour les pays développés. Ce phénomène de fuite touchait, dans les années soixante-dix, les Algériens formés à l'étranger. Désormais, cela s'est étendu aux cadres et universitaires formés en Algérie. L'hémorragie est telle que le pays semble se vider de sa matière grise. Des dizaines de milliers de cadres, intellectuels et scientifiques ont préféré s'installer sous d'autres cieux, plus cléments et où il leur est permis de vivre une vie décente et digne de leurs efforts. Ils sont  plus de 100 000 à avoir choisi de s'établir en Europe et en Amérique du Nord, où ils travaillent dans la recherche, la médecine et l'industrie. Ce sont aussi plus de 3 000 informaticiens, plus de 40.000 chercheurs et 7000 médecins à rechercher leur eldorado. Un peu plus de 3000 chercheurs et scientifiques ont préféré s'établir quant à eux aux USA. L'Institut national de la statistique et des études économiques français a recensé 99 000 chefs d'entreprise d'origine algérienne en Europe, dont une majorité en France. Ils emploient environ 2,2 millions de personnes et leur chiffre d'affaires global consolidé dépasserait les 15 milliards d'euros. L'hémorragie continue sous les yeux hagards de nos responsables. Beaucoup d'experts reconnaissent que le tissu industriel algérien nécessite une mise à niveau technologique, managériale et d'expertise. Cela incite à faire appel à cette même diaspora. Mais comment susciter l'engouement de cette communauté et transformer les ressources humaines vivant hors des frontières en ressources réelles ? Comment donc rendre possible l'intégration de ces cadres et les initier à la participation au développement national ? Quelles mesures a-t-on prises pour intéresser ces cadres à venir se réinstaller en Algérie et assurer ainsi le transfert de technologie tant recherché. Les expériences passées ont été décourageantes pour plus d'un Algérien téméraire et mu par la fibre patriotique qui a tenté le retour au pays mais qui l'a appris à ses dépens.  Notre pays qui attend son enfant prodigue est-elle en mesure de le choyer et ne pas le broyer ?

Source Le Maghreb Azzedine Belferag

Le Pèlerin

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 09:00

Albert Camus ou le grand alibi de l’écriture

etranger le plus lu de jeunes 

C’est Une histoire originale filée dans une trame romanesque passionnante et passionnée, dans un style délié, qui se prête à une lecture très fluide.

Il est des romans qui se trouvent dans une intertextualité consciente avec d’autres textes, comme il en est de leurs auteurs qui entendent dialoguer avec d’autres écrivains, et c’est à travers la mise en procès de cette démarche dans l’écriture romanesque, que se décèlent les véritables raisons de cette confrontation des mots et des maux. Ainsi, en est-il du dernier roman de Grine qui trouve dans l’alibi camusien les ressorts de l’écriture. L’histoire est celle d’un homme en quête d’un père qu’il a toujours connu, mais qu’il voudrait reconnaître d’une reconnaissance posthume, comme si les pères ne pouvaient renaître dans les cœurs et la vie des fils qu’au lendemain de leurs funérailles. Ainsi est «Parfum d’absinthe» de H. Grine. Une histoire originale filée dans une trame romanesque passionnante et passionnée, dans un style délié, se prêtant à une lecture très fluide.

Dans Un Parfum d’absinthe, pourtant, l’écriture romanesque tisse une intrigue en trompe-l’œil. Une intrigue dont l’évolution vers son issue fatale, c’est-à-dire la fin de l’histoire, ne doit pas nous cacher des réalités, des questions, des peintures qui sont au moins aussi intéressantes que cette histoire et qui se formulent parfois sur le ton de la plaisanterie cynique, parfois sur le ton le plus grave, noyées qu’elles sont dans un tableau familial banal ou dans un dialogue intersubjectif, somme toute, d’une quotidienneté si familière. Un Parfum d’absinthe associe, d’un seul tenant, des préoccupations intellectuelles de portée littéraire, politique et sociale, et des scènes de vie où se meuvent des personnages accrochés à des ambitions matérielles. Il nous emmène dans l’univers d’Albert Camus, nous donnant l’impression d’avoir effectué un voyage sans retour, loin de la cacophonie sociale et des convoitises familiales, puis nous ramène, moyennant une digression que seul le roman permet, à l’effervescence du café où s’adore le football, à l’ambiance funéraire dans la grande maison du défunt père, au lycée où, au lieu de ferveur pédagogique, nous entendons et lisons la sottise et l’intrigue bureaucratique...Bref, le roman est un perpétuel mouvement; il est d’abord mobilité dans l’espace qui participe de la dynamique dramatique de l’intrigue et qui jalonne les grands moments du roman, et mobilité dans la perception, avec un personnage, certes constant, mais dont l’expérience mûrit comme s’il vivait un voyage initiatique. Singulièrement, cette intrigue qui fonde le roman et qui procède d’une quête de la vérité, doit d’exister grâce à un grossier mensonge dont l’artisan n’est autre que l’héritier de l’autorité paternelle. Coup d’œil ou coup de pied magistral, c’est selon, dans l’assise confortable de l’autorité paternelle et patriarcale. Voilà ce que commet le principal personnage, d’ailleurs, qui ne manque pas de fustiger, à maintes reprises, y compris quand on croit déceler chez un de ces pères des signes d’autorité positive, l’auteur semblant vouloir (en tout cas, il le fait), à travers une relation au père chaotique de son personnage, faire une peinture réaliste et tout autant critique du père dans toutes les acceptions sociales et politiques du terme. Le tout laisse découvrir, avec effarement, la grande rupture générationnelle et le décalage formidable qui s’impose de plus en plus entre les aspirations des deux générations. Les sujets touchés dans le roman de Grine paraissent graves quand on les approche avec l’instrument de la lecture critique, mais ils sont, dans Un Parfum d’absinthe, dilués dans une intrigue amusante, originale qui ménage une place importante aux femmes, qu’elles soient mères, filles, soeurs, épouses ou amantes. Une place aussi à l’amour, à l’intégrité, au désintéressement matériel et charnel et à d’autres valeurs qui tendent à disparaître, avec cette fois-ci, un héros de Grine qui n’est pas un Haouès, encore moins un Hassoud. Pour le laisser découvrir, ne dévidons pas tout l’écheveau et invitons à lire le livre en espérant que l’auteur, à moitié muet, et les lecteurs à moitié sourds sachent mener, sur le chemin de la reconnaissance mutuelle, un dialogue juste.

Source L’Expression Madjid Bekkouche

Le Pèlerin

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 08:50

Algérie - Garantie du service minimum à l’occasion des fêtes : Un nouveau texte de loi sur la table du gouvernement

fete de l aid el adha

 

Le calvaire dont souffrent les citoyens à l’occasion de la célébration de fêtes, en raison de l’absence des offres commerciales et administratives, devra se dissiper à la faveur d’une nouvelle loi en gestation portant sur la garantie obligatoire du service minimum à l’occasion de ce genre de circonstances. Le projet a été soumis au secrétariat général du Gouvernement en attendant d’avoir l’aval du conseil du Gouvernement et du conseil des ministres, a fait savoir, hier, M. Farouk Tifour, chargé de communication auprès du département de M.Mustapha Benbada. Il s’agit d’un travail de réflexion consensuel entre plusieurs départements ministériels, dont l’Intérieur et les Collectivités locales, et notamment le Commerce, premier concerné par ce volet, qui n’était pas bien pris en compte, dans la législation nationale et surtout dans le cadre des dispositions de la loi sur la protection du consommateur et la lutte contre la fraude, explique, notre interlocuteur, contacté par téléphone. Plus question, de ce fait, que les commerçants imposent leur loi. La culture et les pratiques qu’ils ont longtemps fait perdurer doivent prendre fin, a-t-il dit, en reconnaissant effectivement que cette question se pose chaque année, comme constaté cette fois-ci durant l’Aïd El Adha que ce soit au niveau d’Alger ou les autres wilayas. La nouveauté, donc, s’articulera autour de l’obligation d’assurer des permanences à l’occasion de ces événements, sous peine de subir les foudres des autorités locales, en vertu de ce nouveau projet de loi. Après avoir enregistré des doléances récurrentes en ce sens, il a fallu légiférer et passer à l’acte afin de rassurer le citoyen consommateur, qui se trouve contraint à chaque fois de s’approvisionner quelques jours avant l’Aïd au risque de manquer de tout puisque les commerçants ont décidé à leur guise de fermer boutique. M. Tifour explique cependant que ce projet de loi a tenu compte de l’homogénéité de ses dispositions avec les autres lois en vigueur, de façon à ne pas tomber dans l’amalgame et la confusion. Ce projet, dont la grande partie est initiée par le département du Commerce, devra de ce fait instaurer une nouvelle organisation de l’activité commerciale, en imposant aux commerçants et aux détaillants d’assurer le service minimum en fonction d’un calendrier d’ouverture des locaux commerciaux fixé par la tutelle, en vue de garantir l’approvisionnement aux citoyens. Il est question beaucoup plus de forcer la main à ces acteurs commerciaux pour répondre à un devoir, plutôt qu’à une obligation.

Source Horizons Karima Alloun.

Le Pèlerin

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 08:49

Algérie – Football - Programmation des matches des Verts - Le cafouillage de la FAF

ballon de football

 

A quelques mois seulement du déterminant Algérie – Maroc, décisif pour la qualification à la phase finale de la CAN 2012, le moins que l’on puisse dire c’est que le temps n’est pas du tout à la sérénité. Aussi bien sur le plan des performances des Verts, qui ne gagnent plus, qu’au niveau de l’instance qui gère notre football et qui semble toujours cafouiller dans le choix des adversaires pouvant donner la réplique aux Verts dans les joutes amicales.

En effet, alors que l’équipe nationale a gagné en notoriété depuis sa qualification au Mondial sud-africain, après le match héroïque d’Oum Dourmane face à l’Egypte, il y a à peine un an, du côté de Dely Ibrahim, on a toujours privilégié l’option de livrer des confrontations amicales face aux nations nettement moins nanties que l’Algérie. Ce choix édicté par l’ancien sélectionneur national, Rabah Saâdane, et qui semble devenir une règle aujourd’hui, a toujours trouvé l’appui du président de la FAF, Mohamed Raouraoua. Emirats arabes unis, Gabon, Luxembourg, voilà les adversaires du mondialiste, pourtant considéré comme l’un des meilleurs teams du continent africain. L’instance du football algérien s’est même empressée, il y a quelque temps, de programmer un match amical face à la Tunisie pour la date du 9 février prochain, une rencontre qualifiée de grande répétition avant le big match du mois de mars devant le Maroc. Cette confrontation devait même avoir lieu, une première fois, à Tunis avant que le coach Abdelhak Benchikha n’affirme que cette rencontre se jouera bel et bien à Alger et non à Tunis. Aujourd’hui, on se demande quelle serait l’utilité d’un tel match, surtout que les Tunisiens viendront à Alger avec une équipe fortement remaniée. La raison en est simple : les internationaux qui composent l’équipe tunisienne et dont la majorité joue dans le championnat tunisien, seront appelés à représenter leur pays au Soudan, pour le compte de la CHAN 2011. Même le coach Bertrand Marchand ne fera pas le déplacement d’Alger, puisqu’il aura la tâche de driver son équipe. Du coup, c’est l’Algérie qui perd au change, et on se demande comment cela a pu échapper aux responsables de la FAF, surtout que tout le monde savait, depuis plusieurs mois déjà, que la compétition de la CHAN aurait lieu du 4 au 25 février 2011. Le bon sens voudrait aujourd’hui que l’on annule purement et simplement cette confrontation et qu’on la remplace par un autre match face à une sélection qui viendrait jouer en Algérie avec tous ses internationaux afin de donner une vraie réplique aux Verts. Ceci pour permettre au coach national, Abdelhak Benchikha, de se faire une idée plus précise sur les forces et faiblesses de son groupe et de préparer un plan d’attaque pour le match du 25 mars face au Maroc.

Et de grâce, messieurs de la FAF, épargnez-nous des adversaires comme les Emirats arabes unis et le Luxembourg, qui ont fini par aspirer notre football vers le bas au lieu de le tirer vers le haut !

Source Le Jeune Indépendant Farouk B.

Le Pèlerin

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 08:40

Le grand projet d’alimentation en eau potable de Tamanrasset, à partir de la nappe d’In Salah sera livré en mars prochain

eau tamanrasset

 

Le grand projet d’alimentation en eau potable de Tamanrasset, à partir de la nappe de In Salah et dont le coût de réalisation s’élève à un milliard de dollars, sera livré en mars prochain, a indiqué Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau,  hier, lors de sa visite dans la wilaya de Tizi Ouzou.

«Ce projet gigantesque, qui a été réalisé sur une distance de 775 kilomètres, sera terminé au plus tard fin mars prochain. Il permettra de soulager la population de cette région du sud du pays», a souligné M. Sellal. Notons que ce mégaprojet prévoit de couvrir les besoins en eau potable des habitants de Tamanrasset ainsi que ceux des régions périphériques, à raison de 50 000 m3 par jour dans un premier temps, pour atteindre dans un second temps 100 000 m3/jour à l’horizon 2040.

Durant la même visite, le ministre a également procédé à la mise en service du projet de transfert des eaux du barrage de Koudiate Asserdoune vers le versant  sud de Tizi Ouzou, au profit de 14 communes de Draâ El Mizan, Boghni et Ouadhias et des localités du nord de Bouira.

Cette infrastructure hydraulique, située à Oued Isser, dans la commune de Maâla (15 km au sud de la daïra de Lakhdaria, wilaya de Bouira) est d’une capacité d’emmagasinement de 640 millions de mètres cubes. Réalisé par le groupe français Razel, le barrage de Koudiate Asserdoune est destiné aussi à l’alimentation en eau potable des populations de M’sila, Médéa et de la nouvelle ville de Boughzoul. Par ailleurs, M. Sellal a affirmé que les régions du nord de la wilaya de Tizi Ouzou comme Aghribs, Azeffoun et Iflissen seront  alimentées à partir du barrage de Taksebt en juillet 2011. S’agissant des autres projets de son secteur, le ministre des Ressources en eau a précisé que l’étude du barrage de Sidi Khelifa, dans la daïra d’Azeffoun, est achevée. Une société turque a été choisie pour entamer les travaux de cette infrastructure hydraulique.

Source El Watan Hafid Azzouzi

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 08:28

Les années se suivent et se ressemblent.

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Il ne se passe pas une semaine, un mois, une saison sans que l’on connaisse une pénurie. Aujourd’hui, c’est celle du lait avec un problème de poudre qu’on nous jette aux yeux pour qu’on ne voie pas ce qui se trame autour de cet aliment vital.

Les longues chaînes d’attente devant les épiceries nous replongent dans un passé qu’on croyait révolu.

Et il s’avère que même à l’ère de la mondialisation, les pénuries collent à la peau de notre quotidien.

Les premières distorsions

Au lendemain de l’Indépendance, des pénuries stratégiques liées à un mode de gestion spécifique étaient encore aggravées, sur le terrain, par la spéculation.

Nous avons tous, un jour ou l’autre, souffert d’une pénurie. Nous les avons toutes gardées en mémoire et prétendre le contraire serait une aberration. Notre pays serait-il frappé de fatalité ou pire de malédiction ? La question mérite d’être posée. La réponse est bien évidemment non. Mais à bien y réfléchir, plutôt oui si l’on considère la politique mise en place, responsable directement ou indirectement de cette distorsion.

Au lendemain de l’Indépendance, tout était à refaire et avec très peu de moyens. Le système socialiste adopté alors tambour battant et qui devait nous sortir de la «mouise» coloniale s’avérera, à l’épreuve du temps, un frein à notre décollage économique. Les importations se feront au compte-gouttes au vu de nos maigres moyens financiers, d’autant que l’exploitation de nos richesses minières, du pétrole entre autres, était encore à ses premiers balbutiements. Résultat immédiat : on manquait de tout et pour être plus précis, il n’y en avait pas assez pour tout le monde.

Les premières pénuries ont commencé à surgir avec tout ce qu’elles ont engendré comme réflexes de débrouille. Ce sera pour un temps le sport national. A l’époque, la distribution était aléatoire et ne tenait compte ni des capacités de stockage, ni des besoins réels de consommation, encore moins des capacités de transport. On imagine aisément le calvaire vécu.

Pis encore, aucun filet de sécurité n’était prévu pour assurer l’approvisionnement en produits de première nécessité, en cas de fluctuation ou de hausse des prix sur les marchés internationaux.

Ces pénuries stratégiques liées à un mode de gestion spécifique étaient encore aggravées sur le terrain par la spéculation. Plus le produit était difficile à trouver, plus il devenait rare car stocké dans des dépôts, et plus il était cher puisque vendu au marché noir.

La conjonction de tous ces facteurs a fini par déséquilibrer les marchés et créer des pénuries factices contre lesquelles, aujourd’hui encore, on continue de se battre avec pugnacité.

Heureusement qu’en comparaison avec les années 80, les différents secteurs commencent à se stabiliser en épousant des normes enfin admises de tous.

«Pas de cigare, pas de beurre»

Dans les années 70, l’Algérie avait connu une grave pénurie de beurre. Suivra celle de l’Omo, unique détergent vendu à l’époque.

La première grande pénurie à avoir touché le pays, la pénurie historique, et qui devait prendre une tournure politique, est celle du beurre dans les années 70. A cette époque, le Président Boumediene n’avait qu’une seule idée en tête, remettre le pays au travail. Pour cela, il distribuera aux régions déshéritées des milliards de dinars pour leur permettre de se hisser au niveau des autres wilayas. C’est après avoir présidé son meeting à Saïda dans le cadre du programme spécial qu’il venait de lui accorder, qu’il lira sur la route le menant à l’aéroport d’Oran cette revendication qui en disait long sur la grogne populaire, sourde, mais bien réelle : «Pas de cigare, pas de beurre» Pourquoi le cigare ? Petit rappel. Le chef de l’Etat, qui était un homme sobre et bien soigné, avait en fait un péché mignon : les cigares de La Havane qu’il fumait avec volupté et qui seyaient parfaitement à son rang et à son statut de leader. Que reste-t-il aujourd’hui du défunt Boumediene dans l’imaginaire populaire, indépendamment de son aura, de son charisme et de son œuvre qu’il a consacrée exclusivement à son pays ? Sans aucun doute le souvenir de son burnous dont on disait qu’il protégeait la révolution et son éternel cigare. Voilà pourquoi des opposants téméraires avaient osé, ô sacrilège, écrire sur le bitume ce dazibao, considéré comme contre-révolutionnaire dans le contexte que traversait l’Algérie.

Une autre pénurie, celle des détergents, donnera du fil à retordre à bien des ménages. L’Omo, seul produit de lavage connu des Algériens à l’époque, finira par disparaître lui aussi. Du jour au lendemain sans crier gare. Il sera par la suite distribué au compte-gouttes et discrètement, dans les souks-el-fellah, à une clientèle triée sur le volet.

Il fallait montrer patte blanche ou arguer d’une position importante dans le parti unique pour s’en procurer. Ceux qui habitaient les zones frontalières n’avaient qu’une seule solution : s’approvisionner auprès des «cabistes» (vendeurs informels qui transportaient leurs produits dans un cabas) ou des trabendistes, au prix fort bien sûr. Et comme nous n’étions pas au bout de nos peines dans cette Algérie si paisiblement socialiste et où il était écrit qu’une pénurie en cacherait toujours une autre, un troisième casse-tête donnera des sueurs froides aux responsables de la logistique nationale : l’absence d’œufs sur les marchés.

Le secteur privé inexistant alors, les pouvoirs publics décident d’importer des œufs à coups de milliards de dollars de... Bulgarie. Ils arriveront par cargos à l’aéroport d’Alger. Un fellah dira, pour décrire une situation plus qu’alarmante : «Nos poules sont-elles devenues stériles par hasard ou sont-ce nos coqs qui ont été castrés ?»

«Tee time» pour les adeptes de café

Envolée n Nombreux sont les consommateurs qui ont été obligés de recourir au système D pour s’approvisionner en café qui avait subi une pénurie sans précédent.

Dans les années 80, le café avait littéralement disparu de nos rayons. Malgré toutes les explications fournies par les responsables du commerce, qui n’ont d’ailleurs convaincu personne, de nombreuses familles se sont mises à l’heure anglaise, celle de boire du thé à la place de la bonne tasse de café habituelle. Certains ont expliqué cette pénurie par l’envolée du prix du café sur les principales places du marché mondial, entre autres celui du Brésil et de la Côte-d’Ivoire. D’autres ont affirmé que la cause se trouvait dans le réajustement du prix par les torréfacteurs.

L’on se souvient que nos mères et grands-mères envoyaient, la mort dans l’âme, leurs petits-enfants au café maure du quartier pour remplir une thermo de café. Certains salons, imprévoyants, ont même vu leur activité et, par ricochet, leur chiffre d’affaires se réduire de moitié. Bref, des consommateurs, obligés de recourir au au système D pour s’approvisionner, ont été livrés durant presque un mois à la cupidité et au diktat des revendeurs.

Mais bien avant cette cassure dans un circuit de distribution qui a toujours manqué de vision et dont les failles sont systématiquement imputées aux spéculateurs étrangers, c’est la pomme de terre qui allait déserter nos tables.

Les féculents avaient pratiquement disparu des marchés. Et même dans les régions réputées grandes productrices, comme celles de Mascara et de Aïn Defla.

La révolution agraire n’était pour rien dans cette situation, quoique ses détracteurs, très zélés, aient affirmé le contraire. En fait, cette pénurie était due à un blocage au niveau de infrastructures de stockage, qui étaient à l’état embryonnaire, et à un manque de semences.

Ces explications d’ordre technique ne réussiront néanmoins pas à remplir la marmite, on s’en doute, des citoyens.

Ces derniers ont été finalement contraints, une fois de plus, de faire appel à leurs réseaux personnels d’autant que le féculent, et surtout la pomme de terre, fait partie des aliments de base des Algériens.

Cette culture de la pénurie s’est, depuis cette époque de «disette», tellement ancrée dans les esprits que plus personne ne s’est étonné de la voir atteindre tous les secteurs.

Les différents programmes économiques lancés sur le terrain, triennaux, quadriennaux ou sectoriels, ont provoqué une telle tension sur les matériaux de construction que de nombreux chantiers se sont arrêtés carrément d’où leur réévaluation. Si ce n’est pas le fer qui manquait, c’était le rond à béton qui était introuvable, sinon le gravier ou le sable.

C’est ainsi que des spéculateurs véreux ont réussi à amasser des fortunes colossales, profitant de l’anarchie et du commerce informel.

Le phénomène s’étendra et fera même des émules ! En effet, dans les administrations, on voyait des fonctionnaires malhonnêtes profiter de la raréfaction de certains documents pour se remplir les poches.

A titre d’exemple, des formulaires de chèques-secours, en rupture de stock dans de nombreux bureaux de poste, avaient été photocopiés et vendus au noir 10 DA pièce...

Oujda, ville préférée des Algériens !

Commerce n La ville d’Oujda a longtemps été prisée par les touristes algériens, non pas pour ses musées ou ses sites historiques, mais plutôt pour ses magasins bien approvisionnés.

La pénurie n’est pas le fait seulement des spéculateurs. Les trabendistes y contribuent dans une large mesure. Lorsqu’un produit demeure introuvable sur le marché, particulièrement lorsqu’il y a une forte demande, il est ou stocké quelque part, ou en libre circulation au niveau des frontières, et principalement à Oujda.

Il fut un temps où l’huile de table, produit à l’époque subventionné, manquait cruellement sur le marché algérien. Au même moment, cette denrée incontournable était exposée sur tous les rayons du Maroc oriental. Et puisque nous parlons du royaume chérifien, il n’est pas inutile d’ouvrir une parenthèse sur l’attrait des Algériens pour la ville d’Oujda. Bien avant la fermeture des frontières, des dizaines de milliers de touristes algériens de toutes les régions du pays s’y rendaient chaque année. Ces touristes étaient particuliers dans la mesure où ils ne se rendaient pas dans cette ville séculaire pour visiter ses musées, ses centres culturels ou son théâtre... mais pour dévaliser ses magasins et ses monoprix. Les Algériens à l’époque voyaient cette ville comme une véritable caverne d’Ali Baba où ils pouvaient faire toutes leurs courses. Pour pouvoir remplir leurs valises de souvenirs et leurs couffins de marchandises, ils n'hésitaient pas à brader au noir un dinar au plus bas de son cours.La plupart de ces Algériens commençaient par se ruer dans les pharmacies avec une liste aussi longue qu’un jour sans pain. Potions, lotions, shampooings, gélules anti-douleur en rupture de stock au pays, médicaments de confort qui ne figurent pas sur la nomenclature officielle... Tout est raflé, vendu et empaqueté. Les commerçants oujdis étaient heureux de voir arriver leurs voisins avec lesquels ils faisaient de bonnes affaires. Ils tenaient souvent à leurs clients, conditionnés par des pénuries qu’ils traînaient comme des casseroles, un langage mi-figue, mi-raisin, mais empreint de beaucoup de gentillesse.

Au Maroc, pas besoin de demander, à l’entrée d’un magasin, si tel ou tel produit est disponible. On passe commande directement, car il y a tout ce qu il faut et bien plus encore.

Un port à Adrar ?

La distorsion de notre système de distribution à l’origine de toutes sortes de pénuries possibles et imaginables dans notre pays a souvent donné lieu à des aberrations.

En effet, pour parer à ces pénuries, des quotas ont été imposés à chaque wilaya sous le prétexte d’instaurer un équilibre régional. Cependant, ces quotas étaient distribués sans tenir compte des besoins des populations locales... C’est ainsi que le souk-el-fellah d’Adrar a été contraint de commercialiser des moteurs Baudoin pour des barques de pêcheurs. Y aurait-il un port à Adrar dont nous ignorons l’existence ?

Source Infosoir Imaad Zoheir

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