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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 12:43

La transition énergétique dans l'impasse: L'Algérie s'enfonce dans le péril (2/5)

L’Algérie et les ressources énergétiques 2/5

1) Les stations solaires et les centrales électriques à cycle combiné gaz 
Ces centrales utilisent le gaz comme combustible et se différencient des anciennes centrales à cycle simple. A cela on fait appel à des turbines à gaz qui ont cette particularité de rejeter des gaz de combustion très chauds (environ 600°C). Avec les anciennes centrales à cycle simple, ces gaz chauds étaient tout simplement rejetés dans l'atmosphère, ce qui constituait une perte énorme d'énergie thermique. Aujourd'hui avec les innovations technologiques, cette perte d'énergie est récupérée pour augmenter l'efficacité énergétique de la turbine. Ces gaz d'échappement sont récupérés et dirigés vers un échangeur de chaleur qui permettra de chauffer une chaudière, d'où une plus-value d'énergie utile. La vapeur ainsi produite va servir à faire tourner une seconde turbine (à vapeur cette fois-ci, la première à gaz) couplée à un alternateur qui générera une quantité supplémentaire d'électricité venant s'ajouter à celle produite par la turbine à gaz. Il en résulte de tout cela un cycle combiné gaz/vapeur améliorant considérablement le rendement de la centrale électrique. C'est grâce à la présence de cette turbine à vapeur qu'on attribue le nom de centrale hybride à cette combinaison de deux turbines une à gaz et l'autre à vapeur.

2) Les centrales hybrides solaire/gaz

L'énergie solaire n'est permanente, cela dépend de la lumière du jour, ce qui nous amène à pallier ce problème par des solutions très simples et à notre portée, la nature est clémente : les gisements d'hydrocarbures se trouvent dans des régions très ensoleillées, les plus au monde. Nos centrales doivent produire de l'électricité en permanence, afin assurer à nos clients sans interruption leur besoin en énergie. En effet, outre les coûts élevés qui réduisent considérablement la rentabilité des centrales solaires par rapport aux centrales à gaz, elles présentent l'inconvénient majeur de fonctionner par intermittence, c'est-à-dire le jour seulement lorsque le soleil brille, avec arrêt complet la nuit et production limitée par temps nuageux et lors de vents de sable. D'où la nécessité de mettre en place des capacités de stockage pour y remédier, sauf que celles-ci se trouvent encore au stade expérimental et sont encore loin de connaître une application commerciale fiable, sans parler de leurs coûts élevés. C'est là une des raisons principales ayant conduit à concevoir des centrales hybrides solaire/gaz afin de contourner le problème de stockage. Un tel projet n'aurait pu voir le jour sans l'existence d'un dénominateur commun à savoir : le gaz et le soleil sur le même lieu.

C'est cela une centrale hybride solaire/gaz : la simple juxtaposition d'une station solaire et d'une centrale électrique à cycle combiné, raccordées par une turbine à vapeur commune. Rien de plus. Il en résulte, entre autres, un surdimensionnement excessif des turbines à gaz par rapport à la partie solaire entraînant ainsi une surconsommation excessive de gaz contrairement à l'objectif d'un projet solaire. Un tel déséquilibre est pratiquement impossible à réduire de manière significative à cause du concept même sur lequel repose l'hybridation.

L'exemple des stations hybrides de Hassi-R'mel (Algérie) et d'Aïn Béni Mathar (Maroc)

La centrale hybride de Hassi-R'mel (Tilghemt) illustre parfaitement ce qui vient d'être dit. Il s'agit en fait d'une grosse centrale à cycle combiné gaz de 120 MW à laquelle est intégrée une petite station thermo-solaire de 30 MW, soit 20% du total. Dans ces conditions, chaque fois que la station solaire nous économise un certain volume de gaz, la centrale à gaz en consomme 4 fois plus le jour et 4 fois plus la nuit, soit 8 fois plus au total. En réalité, le déséquilibre est bien plus grand car la station ne fonctionne jamais au maximum de ses 30 MW et cela pour plusieurs raisons. D'abord, la luminosité n'atteint son maximum qu'à midi et décroît progressivement lorsqu'on s'en éloigne pour disparaître complètement en début et en fin de journée. Ensuite, cette luminosité varie en durée et en intensité en fonction des saisons, par temps nuageux et lors de vents de sable. Enfin, en cas de défaillance technique en tout cas.

Par exemple, si la station ne fonctionne qu'à 50% de sa capacité, les turbines à gaz consommeront environ 16 fois ce qu'elle économise. On dit même, sauf démenti, que seulement 3% de l'électricité produite par la centrale hybride est d'origine solaire, le reste, soit 97%, étant généré par les turbines à gaz. Drôle de façon d'économiser le gaz et de promouvoir le solaire !

Dans le cas de la centrale hybride marocaine d'Aïn Béni Mathar où la partie solaire de 20 MW ne représente qu'environ 4% du total des 472 MW, la situation est encore pire qu'à Hassi-R'mel. Ainsi, pour chaque mètre cube d'économisé par la partie solaire c'est environ 47 m3 de gaz qui sont consommés par la partie cycle combiné. Chiffre qui peut s'élever à 94 m3 si l'unité solaire ne fonctionne qu'à 50% de sa capacité. On dit même que 5% seulement de l'électricité produite serait d'origine solaire. De ce fait, les centrales hybrides ne peuvent se comprendre ni se justifier car en totale contradiction avec le rôle solaire qu'elles sont supposées jouer pour préserver des ressources gazières en déclin.

Le solaire et les centrales hybrides sont-ils rentables ?

Pour cela, il n'y a pas que la consommation démesurée de gaz qui pose le problème, mais aussi le coût excessif des stations thermo-solaires, coût qui les rend non rentables par rapport aux centrales à cycle combiné. Cette non-rentabilité se répercute automatiquement sur les centrales hybrides qui, de ce fait, deviennent de moins en moins rentables avec l'accroissement relatif de la partie solaire par rapport à l'ensemble. Les résultats, basés sur les prix de revient de ce genre de stations à travers le monde, sur la quantité de gaz qu'elles permettent d'économiser et sur une durée de vie moyenne de 30 ans, nous montre que le break-even point, c'est-à-dire le seuil de rentabilité, ne peut être atteint que si les prix du gaz s'élèvent à environ le MM btu. Sachant que les prix du gaz pour les contrats de longue durée tournent autour de le MM btu, il devient évident que le thermo-solaire est loin d'être rentable. Il le sera bien moins avec les prix spots de ou le MM btu et même énormément moins avec les prix locaux subventionnés.

Par conséquent, les centrales hybrides seront toujours, à puissance égale, bien plus coûteuse qu'une centrale à 100% cycle combiné. Cet argument économique vient donc s'ajouter à celui de la consommation excessive de gaz pour montrer qu'elles n'ont aucune raison d'exister.

En conclusion de la première partie :

Les centrales hybrides, présentées comme étant une avancée innovatrice, sont en réalité, pour un pays comme l'Algérie, une véritable aberration technologique. Au lieu de promouvoir l'énergie solaire, celle-ci se trouve réduite à sa plus simple expression et c'est le gaz qui se taille la part du lion dans la production d'électricité alors que le but recherché est sa conservation dans le contexte d'un épuisement proche des réserves. De plus, ces centrales sont d'autant plus injustifiées que les coûts de l'hybridation compromettent leur rentabilité.

Illusion et réalité sur les chiffres des réserves du gaz schiste

Il y a à peine quelques années, rares étaient ceux qui, à part les spécialistes, avaient entendu parler des schistes et des hydrocarbures de schiste. Je me rappelle c'était lors de GNL16 de 2010 qui s'est très mal déroulé à Oran que j'avais soumis à monsieur le ministre de l'Energie et des Mines un écrit sur le gaz de schiste (dit à cet époque : gaz américain), le qualifiant d'hydrocarbure de mauvais goût, s'il serait commercialisé sur le marché mondial au vu de son développement spectaculaire aux Etats-Unis. C'était à la 10e session du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) qui devait avoir lieu à Oran le 10 avril 2010, en marge de la 16e Conférence mondiale du gaz (GNL 16), que le sujet du gaz de schiste devait être abordé pour la première fois par les majors producteurs de GNL à savoir : la Russie, l'Iran, l'Algérie et le Qatar et enfin d'essayer de faire barrage à l'entrée sur le marché au gaz de schiste, nouvellement connu dans les médias pétroliers, ceci dans l'unique but de protéger nos prix du gaz conventionnel . Une réunion d'experts devait précéder la rencontre ministérielle. 11 pays membres du Forum et 3 pays observateurs et des ministres «spécialement invités» participeront à la rencontre. L'Algérie devrait présenter une étude sur le bilan offre-demande de gaz naturel à moyen terme sur les principaux marchés de consommation. Tout paraissait bien se passer. Mais voilà la surprise, un nuage de poussière provoqué par le volcan islandais aurait entraîné l'annulation des deux premiers vols qui devaient arriver, de Londres et de Paris. Quelque 4.000 délégués et 200 groupes énergétiques internationaux devraient participer au GNL16, étaient attendu… la poussière islandaise a empêché dit-on, une bonne partie des délégations européennes n'ont pas pu rejoindre Oran… la conférence échoue !

Le miracle pour Oran s'est subitement transformé en mirage. Une OPEP du gaz devait avoir le jour et pour siège Oran, un Hub (marché) de GNL ainsi qu'un grand pôle pétrochimique à Arzew, c'est tombé à l'eau. Oran vient de perdre ! De toute façon, le limogeage de Chakib Khelil a créé plus de mal que de bien pour le pays, son remplaçant a paralysé les activités pétro-gazières pendant 5 ans. Cette précieuse de perte de temps a fait avancer la date de fin des hydrocarbures conventionnels de 5 précieuses années sur l'échéancier, ça se serait plus tôt en 2025 au lieu de 2030. Cette source d'énergie fossile non conventionnelle qu'est le gaz de schiste et l'intérêt grandissant que lui portent de nombreux pays, ils sont aujourd'hui devenus l'exemple inouï cité dans le monde énergivore, et suscitent toutes sortes de spéculations sur l'importance énorme des réserves et sur leur potentiel de production.

Cet intérêt a été rehaussé par les récentes évaluations et réévaluations des réserves entreprises à l'échelle mondiale par des organismes spécialisés tels que l'EIA (Energy Information Agency dépendant du Département US de l'Energie) qui ont mis en relief de vastes ressources réparties à travers les cinq continents, où chacun a reçu sa part fictive sur papier. Les chiffres (hors US) avancés donnent le vertige avec des volumes de gaz en place estimés globalement à 882 000 milliards de m3 dont 188 000 milliards de réserves techniquement récupérables. À cela, s'ajoutent 5 799 milliards de barils de pétrole en place dont 287 milliards techniquement récupérables. De nombreux pays découvrent subitement, à travers ces évaluations, que leurs sous-sols contiennent de vastes réserves qu'ils souhaitent mettre en valeur au plus tôt pour satisfaire leurs besoins actuels ou futurs, dont l'Algérie où cette polémique a failli se dégénérer par une révolte populaire à In Salah.

L'un de ces pays, l'Algérie, se découvre brusquement un volume de gaz en place de 97 000 milliards de m3 dont 20 000 milliards de réserves techniquement récupérables ce qui la place au troisième rang dans le monde après la Chine et l'Argentine, juste devant les USA. A cela s'ajoutent 121 milliards de barils de pétrole + liquides dont 5,7 milliards de réserves techniquement récupérables. Le ministère de l'Energie et des Mines (MEM) et le président générale de Sonatrach poussent leur plaisanterie mensongère plus loin. D'abord en estimant à la hausse les volumes de gaz en place et les réserves techniquement récupérables qui sont portés respectivement à 180 000 milliards et 27 000 milliards de m3. Ensuite, en prévoyant une production annuelle de 60 milliards de m3/an grâce au forage de 240 puits/an. D'où la tendance, pour beaucoup, à croire qu'il s'agit là d'une panacée providentielle qui permettra de remplacer assurément les hydrocarbures conventionnels en voie d'épuisement et de prolonger indéfiniment une rente en voie de disparition. Sauf que la réalité est tout autre comme ils l'ont imaginé, car les réserves en question sont des réserves dites techniquement récupérables dont le sens ambigu peut prêter à confusion, alors que les prévisions de production annoncées se basent sur des débits de puits très surestimés, près de 10 fois plus élevée que la production moyenne par puits aux USA. Il est donc grand temps de faire la part des choses entre ce qui appartient à la réalité et ce qui relève de l'illusion.

Des réserves techniquement récupérables

Les chiffres de réserves présentés dans les différents rapports ne portent, en fait, que sur des réserves dites techniquement récupérables, sans tenir compte de l'aspect économique. Aussi il est important, avant d'aller plus loin, de définir le sens de cette catégorie de réserves afin de clarifier sa signification. Il suffit, pour cela, de dire que les réserves techniquement récupérables sont des réserves pouvant être produites en utilisant les technologies actuellement disponibles mais sans savoir si elles seront économiquement récupérables ou pas. La question qui vient alors immédiatement à l'esprit du lecteur est de se demander pourquoi les estimations se limitent-elles à cette catégorie de réserves et ne portent jamais sur les réserves économiquement récupérables ? Pour y répondre, il faut savoir que les Etats-Unis sont, pratiquement, le seul pays où une telle évaluation est actuellement possible. En effet, des centaines de milliers de puits à schistes y ont été forés, ce qui a permis non seulement de constituer une abondantes base de données lithologiques, pétro-physiques, géochimiques et économiques mais aussi de procéder à des tests de formation et d'obtenir un historique de production pour chacun des puits exploités. Il devient alors possible, en calant l'historique de production sur des courbes de déclin, notamment celles de type exponentiel, hyperbolique et harmonique, de connaître, par extrapolation, la récupération économique de chaque puits. Les résultats ainsi obtenus sont ensuite transposés, sur la base de similitudes géologiques, aux secteurs non encore développés pour en estimer les réserves économiques. Le traitement de tous ces résultats, facilité par l'utilisation de modèles numériques de simulation, permet de déterminer le total des récupérations de tous les puits actuels et futurs : un total qui correspondra donc aux réserves économiquement récupérables des USA. Dans les autres pays où il n'existe pas ou peu de puits à schistes, cette approche n'est pas possible car des centaines voire des milliers de puits sont requis à cette fin. C'est la raison pour laquelle, en attendant de faire mieux, les estimations ne peuvent que se limiter aux volumes d'hydrocarbures en place et aux réserves techniquement récupérables.

A suivre...

Y. Mérabet

Ingénieur d'Etat, expert en énergie - Association algérienne des relations internationales - 119 Bd Didouche-Mourad, Alger Centre 

L’Algérie et les ressources énergétiques

La transition énergétique dans l'impasse: L'Algérie s'enfonce dans le péril (3/4)

Signification et fiabilité des chiffres de réserves

Les réserves dites techniquement récupérables peuvent donc s'avérer très déroutantes, non seulement parce qu'elles sont souvent confondues avec les réserves économiquement récupérables mais aussi parce que leur estimation est très imprécise. Le cas de l'Algérie est un bon exemple pour illustrer ce qui vient d'être dit. En effet, si les réserves techniquement récupérables y ont été estimées à 27.000 milliards de m3, en réalité les réserves économiquement récupérables sont nulles (0 m3), car actuellement non rentables. Cela se comprend aisément lorsqu'on sait que le coût d'un forage tourne autour de millions -sans compter les autres coûts- et qu'il ne peut être compensé par des réserves techniquement récupérables d'à peine (comme déduit plus bas) une trentaine de millions de m3/puits. Est-ce à dire qu'une production rentable ne sera jamais possible ? Absolument pas ! Car tôt ou tard elle le deviendra avec notamment la baisse des coûts, l'accroissement de la récupération et l'augmentation des prix. Mais il est peu probable que cela se produise avant le moyen ou le long terme. Le cas de la Pologne est encore plus parlant. Avec au départ les plus importantes réserves de gaz de schiste en Europe estimés à 5.300 milliards de m3, ce pays a vite fait d'attirer de nombreuses compagnies internationales pour prospecter son sous-sol. Suite au forage d'une cinquantaine de puits, il s'est avéré que les réserves ne présentent aucun intérêt économique. A tel point que les principales compagnies telles qu'Exxon /Mobil, Marathon, Talisman, Total et ENI ont fini par jeter l'éponge et décidé d'arrêter leurs opérations dans ce pays. A cela s'ajoute l'imprécision des réserves. Pour l'Algérie, elles ont au départ été évaluées à 6.000 milliards de m3 de gaz par l'EIA qui vient de les porter à plus de 20.000 milliards de m3, alors que le MEM va encore plus loin en annonçant le chiffre de 27.000 milliards de m3. Tout cela en l'espace de deux ans. Pour la Pologne c'est l'inverse. Au départ, elles avaient été estimées à plus de 5.300 milliards de m3.

Elles viennent, suite au forage de la cinquantaine de puits, d'être revues drastiquement à la baisse et varient vaguement entre 800 et 2.000 milliards. De nombreux pays font périodiquement l'objet de fortes réévaluations à la hausse ou à la baisse. Donc, affaire à suivre.

Un potentiel de production limité et loin de répondre aux attentes anticipées

La connaissance du potentiel de production des futurs puits à schistes algériens est d'une grande importance pour deux raisons principales. D'abord pour estimer les réserves économiquement récupérables. Ensuite pour établir des prévisions de production fiables pour le scénario de développement retenu.

Comme expliqué plus haut, il est impossible d'obtenir cette information dans les pays comme l'Algérie, où il n'existe aucune exploitation de puits à schistes. Par conséquent, le seul moyen pour estimer au mieux le potentiel de production consiste à entreprendre une comparaison analogique par rapport à l'immense base de données issue des centaines de milliers de puits américains, seule référence disponible.

Les statistiques établies à partir de ces données par des organismes tels que l'EIA et l'US Geological Survey ainsi que divers consultants montrent que la récupération ultime moyenne d'un puits à gaz sur l'ensemble des bassins américains est d'un Bcf (environ 30 millions de m3) pour une durée de vie moyenne de 10 ans.

Cette information a déjà permis de déduire plus haut que l'exploitation des hydrocarbures de schiste en Algérie n'est pas encore une opération rentable. Elle permet également de déduire que le projet de développement prévoyant le forage de 240 puits par an pour produire 60 milliards de m3/an est très surestimé, car il ne pourra produire qu'environ 7 milliards de m3/an à moins de forer 2000 puits/an. Le constat qui en découle à ce point est que le potentiel de production des hydrocarbures de schiste est limité et ne dépendra pas de l'importance des réserves, même si elles s'avèrent très vastes. Il dépendra surtout et avant tout du nombre de puits qu'il sera possible de forer par an, c'est-à-dire des moyens technologiques et logistiques qui pourront être mobilisés.

L'autre constat est que les 7 milliards de m3/an que pourront produire les 240 puits forés annuellement permettront de couvrir moins de 9% des 80 milliards de m3 de gaz prévus pour la consommation nationale à l'horizon 2030. Et même si l'Algérie réussissait la prouesse de forer 2.000 puits par an pour produire les 60 milliards/an souhaités, leur production n'arrivera même pas à satisfaire cette consommation.

Tout se passe comme si mère nature, très déçue par la production démesurée et le gaspillage excessif des hydrocarbures, avait décidé de mettre un frein à sa générosité en les distribuant au compte-goutte et au compte-bulle avec des coûts autrement plus élevés. Les rentes fabuleuses auxquelles nous nous sommes habitués ne seront plus, dans quelques années, qu'un souvenir nostalgique. Alors que la transition économique vers une économie diversifiée, seule solution de remplacement pour s'émanciper de la rente, stagne sans amélioration en vue. Sinon comment expliquer que le pays soit inondé d'oranges et de figues sèches, pour ne citer que ces produits, importés d'Espagne et d'ailleurs, alors que c'est plutôt l'inverse qui devrait se produire.

Conclusions :

Dans ces conditions, il ne faudra pas trop compter sur les hydrocarbures de schiste (même si on leur ajoute les énergies renouvelables et autres énergies alternatives) pour prolonger la rente actuelle en voie de disparition.

Par conséquent, la solution ne réside pas dans une transition énergétique vers un mix ne pouvant qu'être déficitaire, mais plutôt dans une transition économique vers une économie diversifiée, capable de s'émanciper de la rente et où la transition énergétique ne serait que l'une des composantes de la diversification.

La fracturation hydraulique peut-elle compromettre les nappes d'eau du sous-sol saharien ?

La fracturation hydraulique des schistes fait l'objet de nombreuses controverses et appréhensions car elle est perçue comme étant la source de la plus grave des atteintes à l'environnement : la pollution et l'épuisement des nappes d'eau du sous-sol.

Il est donc nécessaire de clarifier les choses et dissiper les malentendus afin que chacun puisse se faire sa propre opinion à ce sujet. Tout d'abord, avant d'entrer dans le vif du sujet et afin d'en faciliter la compréhension, il convient d'apporter quelques informations de base sur les hydrocarbures de schiste et la fracturation hydraulique.

Le gaz et le pétrole de schiste (shale gas et shale oil) sont, contrairement à ceux des gisements conventionnels, contenus dans une roche argileuse compacte à perméabilité presque nulle. Les produire dans ces conditions est un défi impossible qui vient pourtant d'être relevé. Il revient pratiquement à extraire des hydrocarbures à partir d'une roche aussi compacte que du béton. De ce fait, lorsqu'un puits vertical traverse un réservoir schisteux, celui-ci ne peut que difficilement expulser (ou plutôt transpirer) les fluides qu'il emprisonne. Pour obtenir un débit rentable, il faut donc accroître la surface d'intersection puits/schistes que même un puits horizontal, avec une surface des dizaines de fois plus grande, reste lui aussi loin de satisfaire.

Il a fallu attendre l'avènement d'une percée technologique de fracturation dite multi-stage fracking qui, appliquée à un puits horizontal, a permis enfin de se rapprocher du seuil de rentabilité. Un seuil qui n'a pu finalement être franchi qu'avec l'embellie des prix du gaz d'il y a une dizaine d'années.

La technique consiste à orienter un puits horizontal dans une direction particulière afin que les fractures, toujours verticales à ces profondeurs, se forment perpendiculairement au drain horizontal. Il devient possible, de cette façon, de fracturer le puits segment après segment et d'aligner ainsi un grand nombre de fractures sur des distances kilométriques, en une sorte de brochette géante de fractures. Il en résulte alors des dizaines de fractures, plus ou moins parallèles, qui pénètrent profondément à l'intérieur du réservoir schisteux, drainant ainsi des débits et des réserves bien plus élevés, contrairement à un puits vertical où une seule fracture est possible.

L'opération implique l'injection, sous très haute pression, d'une formulation de fluides composée d'eau, d'agents de soutènement (sables ou produits similaires) et d'environ 0.5% de produits chimiques dont certains toxiques. Lors de la fracturation, le sable en suspension dans l'eau pénètre dans les fractures et s'y piège en les empêchant de se refermer sur elles-mêmes, créant de la sorte des drains à travers lesquels le gaz ou le pétrole peut s'écouler en bien plus grande quantité vers le puits. Le nombre élevé de fractures qui sont créées nécessitent d'importants volumes d'eau, allant d'environ 7.000 à 15.000 m3 d'eau par puits.

Enjeux liés aux nappes d'eau de l'Albien et aux hydrocarbures de schiste

Il est important de rappeler à ce stade que le sous-sol saharien contient d'immenses volumes d'eau douce dans le Continental Intercalaire (CI) ainsi que dans le Continental Terminal (CT), l'essentiel se trouvant dans l'Albien qui s'étend sur plus d'un million de km2 et déborde sur plusieurs pays voisins. Une véritable mer d'eau douce à faible profondeur contenue dans des formations sablo-gréseuses de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur et d'autant plus précieuse qu'elle se trouve dans une des régions les plus arides de la planète.

Le sous-sol saharien contient également d'immenses réserves d'hydrocarbures dans les couches beaucoup plus profondes du Trias et du Paléozoïque. Mais des réserves en voie d'épuisement alors que l'économie du pays reste fortement tributaire de cette ressource qui représente près de 98% de ses exportations. Et voilà qu'on nous annonce que cette rente risque de disparaître bientôt, autour de 2020 pour le pétrole et autour de 2030 pour le gaz, alors que nous ne pouvons pas nous en passer car nous ne sommes pas prêts pour l'après-pétrole.

À ces réserves viennent maintenant s'ajouter de vastes réserves non conventionnelles que sont les hydrocarbures de schiste, potentiellement bien plus importantes. Or c'est précisément autour de ces dates de fin de rente, et pas avant, que les hydrocarbures de schiste pourraient connaître un début de production s'ils s'avèrent exploitables. Ce serait là une chance inespérée qui tomberait au moment où on en aurait le plus besoin et sans laquelle le passage vers une économie d'après-pétrole serait beaucoup plus problématique avec une population qui avoisinera alors les 50 millions.

Nous nous trouvons donc confrontés, si risque de pollution il y a, au dilemme d'avoir à sacrifier une des deux richesses inestimables et indispensables du sous-sol saharien : l'aquifère de l'Albien ou les hydrocarbures de schiste. Par conséquent, la question fondamentale qui se pose à ce point est de savoir s'il y a vraiment risque de pollution. Dans l'affirmative, il faudrait interdire sans hésiter l'exploitation des hydrocarbures de schiste pour préserver les nappes aquifères. Dans la négative, il serait possible de tirer profit de ces deux richesses qui deviendraient complémentaires et non exclusives l'une de l'autre. Sont-elles incompatibles ? Ou au contraire est-il possible de ménager le chou et la chèvre afin de tirer profit des deux ?

L'enjeu est énorme et nous interpelle pour répondre à la préoccupation centrale de savoir si la fracturation hydraulique peut vraiment polluer et épuiser les aquifères.

La fracturation hydraulique peut-elle polluer les aquifères de l'Albien ?

L'argument principal de ceux qui s'opposent au développement des hydrocarbures de schiste est que les fluides de fracturation et les hydrocarbures peuvent, au terme de l'opération, remonter à travers les formations de subsurface jusqu'au niveau de l'Albien et le polluer irrémédiablement. Et même que, dans des cas extrêmes, les fractures elles-mêmes pourraient remonter jusqu'à ces nappes, les pénétrer et les polluer directement.

Or, cela est quasiment impossible pour plusieurs raisons. D'abord parce que la distance séparant l'extrémité supérieure des fractures et la base de l'Albien peut atteindre les 2 kilomètres. Qui plus est, cette séparation est constituée d'un empilement de formations lithologiques dont la plupart sont imperméables. C'est le cas des argiles, du sel, de l'anhydrite et des carbonates se présentant sous forme d'une multitude de bancs massifs d'épaisseur métrique à décamétrique absolument étanches sans parler d'une infinité de laminassions de même nature. Ces formations, qui se répètent en une infinité d'intercalations imperméables jusqu'à la base de l'aquifère et même au-delà jusqu'en surface, se comportent comme autant de barrières infranchissables s'opposant à toute migration de fluides, artificiels ou naturels, vers la surface.

On peut même imaginer le cas extrême et hautement improbable d'une fracture se propageant accidentellement à travers ces formations ou par l'intermédiaire d'une faille, jusqu'à pénétrer directement l'aquifère près de deux kilomètres plus haut. Si ce cas impensable pouvait se produire, seul l'extrême bout de la fracture y pénétrerait, ce qui signifie qu'une quantité négligeable de fluide de fracturation y parviendrait.

En outre, lors du dégorgement des puits qui suit toujours les opérations de fracturation, l'aquifère serait lui aussi aspiré et repousserait cette quantité négligeable de fluides polluants vers le puits. Une pareille fracture, ou faille, ne manquera d'ailleurs pas de se colmater rapidement au niveau des bancs d'argile et de sel, relativement plastiques et fluents aux pressions et températures auxquelles ils sont soumis, et tout mouvement de fluides cessera.

En fait, les accidents de cette nature sont pratiquement impossibles grâce à la panoplie de modèles numériques permettant de prévoir, entre autres, la hauteur des fractures avec une bonne précision et d'éviter toute anomalie éventuelle. Sans parler de la micro-sismique qui permet de suivre en temps réel l'évolution de tous les paramètres de la fracture (en particulier la hauteur) et de prendre pendant l'opération toute mesure d'urgence ou d'arrêt qui s'impose.

On pourra même se passer de ces techniques dans la plus grande partie du bassin saharien car il s'y trouve, au niveau du Trias salifère, une épaisse couche de sel massif de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur située à mi-distance entre les formations de schiste et l'Albien. Cette couche forme une barrière absolument infranchissable à toute fracture quelles que soient ses dimensions car celle-ci viendrait tout simplement y mourir étouffée par le sel.

Enfin, il existe un argument géologique de poids prouvant qu'aucune fracture ou migration de fluides ne peut, ni n'a pu, atteindre l'Albien. En effet, si tel était le cas, les hydrocarbures auraient pu migrer vers la surface au cours des temps géologiques, au lieu de rester piégés là où ils sont, et aujourd'hui on trouverait des gisements d'hydrocarbures dans l'Albien lui-même. Il en aurait été de même pour les eaux

saturées en sel des aquifères profonds qui auraient transformé la nappe d'eau douce de l'Albien en mer d'eau salée. Tout se passe comme si mère nature s'était elle aussi mise de la partie pour protéger jalousement ses aquifères en empêchant les intrus les plus obstinés de s'y rapprocher.

Pour conclure ce chapitre, nous pouvons dire que les risques de pollution des nappes aquifères par les fluides de fracturation sont quasiment nuls. Et ces risques pourraient être rapprochés encore d'avantage du risque zéro par les agences de régulation en imposant une distance minimum de sécurité, à définir pour chaque secteur, entre l'extrémité supérieure de la fracture et la base de l'Albien. Par exemple 500 m ou plus.

Tous les secteurs où cette distance serait inférieure au minimum requis devraient tout simplement être déclarés zones interdites à la fracturation hydraulique en attendant que des techniques plus sûres soient développées. On pourra d'ailleurs se passer facilement de ces zones vu l'immensité du domaine minier algérien.

Enfin, tout ce qui vient d'être dit ne concerne, bien entendu, que la fracturation hydraulique. Pour le reste, l'exploitation des hydrocarbures de schiste est, malheureusement, tout aussi polluante que celle des hydrocarbures conventionnels mais ni plus ni moins. Nous y reviendrons.

Fracturation hydraulique et volumes d'eau requis

Un des gros problèmes de la fracturation hydraulique multi-stage réside dans les énormes volumes d'eau qui doivent être mobilisés pour les besoins de l'opération. Chaque puits en consomme environ 7.000 à 15.000 m3 d'où une forte réticence devant un usage perçu comme un gaspillage dans une région en manque d'eau.

Mais au fait manque-t-il de l'eau dans le bassin saharien ?

D'après les évaluations de l'ANRH (Agence nationale des ressources hydrauliques), les réserves d'eau du bassin saharien se situent entre 40.000 et 50.000 milliards de m3. Quant aux capacités de production, elles sont estimées à 6.535 millions de m3/an avec un soutirage actuel de 2.748 millions de m3/an pour les besoins agricoles, industriels et autres, ce qui laisse un surplus de 4.070 millions de m3/an pour des activités supplémentaires.

Sur la base de 15.000 m3 par puits, il faudra 15 millions de m3 pour 1000 puits et 150 millions de m3 pour 10.000 puits, soit respectivement 0,00003% et 0,0003% des réserves en place. S'ils sont forés à raison de 200 puits par an, la consommation totale s'élèvera à 3 millions de m3/an, ce qui représente 0,073% du surplus disponible annuellement. 
A suivre...

Y. Mérabet

Ingénieur d'Etat, expert en énergie - Association algérienne des relations internationales - 119 Bd Didouche-Mourad, Alger Centre

Le Pèlerin 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 11:07

La transition énergétique dans l'impasse: L'Algérie s'enfonce dans le péril (3/5)

L’Algérie et les ressources énergétiques 3/5

Signification et fiabilité des chiffres de réserves

Les réserves dites techniquement récupérables peuvent donc s'avérer très déroutantes, non seulement parce qu'elles sont souvent confondues avec les réserves économiquement récupérables mais aussi parce que leur estimation est très imprécise. Le cas de l'Algérie est un bon exemple pour illustrer ce qui vient d'être dit. En effet, si les réserves techniquement récupérables y ont été estimées à 27.000 milliards de m3, en réalité les réserves économiquement récupérables sont nulles (0 m3), car actuellement non rentables. Cela se comprend aisément lorsqu'on sait que le coût d'un forage tourne autour de millions -sans compter les autres coûts- et qu'il ne peut être compensé par des réserves techniquement récupérables d'à peine (comme déduit plus bas) une trentaine de millions de m3/puits. Est-ce à dire qu'une production rentable ne sera jamais possible ? Absolument pas ! Car tôt ou tard elle le deviendra avec notamment la baisse des coûts, l'accroissement de la récupération et l'augmentation des prix. Mais il est peu probable que cela se produise avant le moyen ou le long terme. Le cas de la Pologne est encore plus parlant. Avec au départ les plus importantes réserves de gaz de schiste en Europe estimés à 5.300 milliards de m3, ce pays a vite fait d'attirer de nombreuses compagnies internationales pour prospecter son sous-sol. Suite au forage d'une cinquantaine de puits, il s'est avéré que les réserves ne présentent aucun intérêt économique. A tel point que les principales compagnies telles qu'Exxon /Mobil, Marathon, Talisman, Total et ENI ont fini par jeter l'éponge et décidé d'arrêter leurs opérations dans ce pays. A cela s'ajoute l'imprécision des réserves. Pour l'Algérie, elles ont au départ été évaluées à 6.000 milliards de m3 de gaz par l'EIA qui vient de les porter à plus de 20.000 milliards de m3, alors que le MEM va encore plus loin en annonçant le chiffre de 27.000 milliards de m3. Tout cela en l'espace de deux ans. Pour la Pologne c'est l'inverse. Au départ, elles avaient été estimées à plus de 5.300 milliards de m3.

Elles viennent, suite au forage de la cinquantaine de puits, d'être revues drastiquement à la baisse et varient vaguement entre 800 et 2.000 milliards. De nombreux pays font périodiquement l'objet de fortes réévaluations à la hausse ou à la baisse. Donc, affaire à suivre.

Un potentiel de production limité et loin de répondre aux attentes anticipées

La connaissance du potentiel de production des futurs puits à schistes algériens est d'une grande importance pour deux raisons principales. D'abord pour estimer les réserves économiquement récupérables. Ensuite pour établir des prévisions de production fiables pour le scénario de développement retenu.

Comme expliqué plus haut, il est impossible d'obtenir cette information dans les pays comme l'Algérie, où il n'existe aucune exploitation de puits à schistes. Par conséquent, le seul moyen pour estimer au mieux le potentiel de production consiste à entreprendre une comparaison analogique par rapport à l'immense base de données issue des centaines de milliers de puits américains, seule référence disponible.

Les statistiques établies à partir de ces données par des organismes tels que l'EIA et l'US Geological Survey ainsi que divers consultants montrent que la récupération ultime moyenne d'un puits à gaz sur l'ensemble des bassins américains est d'un Bcf (environ 30 millions de m3) pour une durée de vie moyenne de 10 ans.

Cette information a déjà permis de déduire plus haut que l'exploitation des hydrocarbures de schiste en Algérie n'est pas encore une opération rentable. Elle permet également de déduire que le projet de développement prévoyant le forage de 240 puits par an pour produire 60 milliards de m3/an est très surestimé, car il ne pourra produire qu'environ 7 milliards de m3/an à moins de forer 2000 puits/an. Le constat qui en découle à ce point est que le potentiel de production des hydrocarbures de schiste est limité et ne dépendra pas de l'importance des réserves, même si elles s'avèrent très vastes. Il dépendra surtout et avant tout du nombre de puits qu'il sera possible de forer par an, c'est-à-dire des moyens technologiques et logistiques qui pourront être mobilisés.

L'autre constat est que les 7 milliards de m3/an que pourront produire les 240 puits forés annuellement permettront de couvrir moins de 9% des 80 milliards de m3 de gaz prévus pour la consommation nationale à l'horizon 2030. Et même si l'Algérie réussissait la prouesse de forer 2.000 puits par an pour produire les 60 milliards/an souhaités, leur production n'arrivera même pas à satisfaire cette consommation.

Tout se passe comme si mère nature, très déçue par la production démesurée et le gaspillage excessif des hydrocarbures, avait décidé de mettre un frein à sa générosité en les distribuant au compte-goutte et au compte-bulle avec des coûts autrement plus élevés. Les rentes fabuleuses auxquelles nous nous sommes habitués ne seront plus, dans quelques années, qu'un souvenir nostalgique. Alors que la transition économique vers une économie diversifiée, seule solution de remplacement pour s'émanciper de la rente, stagne sans amélioration en vue. Sinon comment expliquer que le pays soit inondé d'oranges et de figues sèches, pour ne citer que ces produits, importés d'Espagne et d'ailleurs, alors que c'est plutôt l'inverse qui devrait se produire.

Conclusions :

Dans ces conditions, il ne faudra pas trop compter sur les hydrocarbures de schiste (même si on leur ajoute les énergies renouvelables et autres énergies alternatives) pour prolonger la rente actuelle en voie de disparition.

Par conséquent, la solution ne réside pas dans une transition énergétique vers un mix ne pouvant qu'être déficitaire, mais plutôt dans une transition économique vers une économie diversifiée, capable de s'émanciper de la rente et où la transition énergétique ne serait que l'une des composantes de la diversification.

La fracturation hydraulique peut-elle compromettre les nappes d'eau du sous-sol saharien ?

La fracturation hydraulique des schistes fait l'objet de nombreuses controverses et appréhensions car elle est perçue comme étant la source de la plus grave des atteintes à l'environnement : la pollution et l'épuisement des nappes d'eau du sous-sol.

Il est donc nécessaire de clarifier les choses et dissiper les malentendus afin que chacun puisse se faire sa propre opinion à ce sujet. Tout d'abord, avant d'entrer dans le vif du sujet et afin d'en faciliter la compréhension, il convient d'apporter quelques informations de base sur les hydrocarbures de schiste et la fracturation hydraulique.

Le gaz et le pétrole de schiste (shale gas et shale oil) sont, contrairement à ceux des gisements conventionnels, contenus dans une roche argileuse compacte à perméabilité presque nulle. Les produire dans ces conditions est un défi impossible qui vient pourtant d'être relevé. Il revient pratiquement à extraire des hydrocarbures à partir d'une roche aussi compacte que du béton. De ce fait, lorsqu'un puits vertical traverse un réservoir schisteux, celui-ci ne peut que difficilement expulser (ou plutôt transpirer) les fluides qu'il emprisonne. Pour obtenir un débit rentable, il faut donc accroître la surface d'intersection puits/schistes que même un puits horizontal, avec une surface des dizaines de fois plus grande, reste lui aussi loin de satisfaire.

Il a fallu attendre l'avènement d'une percée technologique de fracturation dite multi-stage fracking qui, appliquée à un puits horizontal, a permis enfin de se rapprocher du seuil de rentabilité. Un seuil qui n'a pu finalement être franchi qu'avec l'embellie des prix du gaz d'il y a une dizaine d'années.

La technique consiste à orienter un puits horizontal dans une direction particulière afin que les fractures, toujours verticales à ces profondeurs, se forment perpendiculairement au drain horizontal. Il devient possible, de cette façon, de fracturer le puits segment après segment et d'aligner ainsi un grand nombre de fractures sur des distances kilométriques, en une sorte de brochette géante de fractures. Il en résulte alors des dizaines de fractures, plus ou moins parallèles, qui pénètrent profondément à l'intérieur du réservoir schisteux, drainant ainsi des débits et des réserves bien plus élevés, contrairement à un puits vertical où une seule fracture est possible.

L'opération implique l'injection, sous très haute pression, d'une formulation de fluides composée d'eau, d'agents de soutènement (sables ou produits similaires) et d'environ 0.5% de produits chimiques dont certains toxiques. Lors de la fracturation, le sable en suspension dans l'eau pénètre dans les fractures et s'y piège en les empêchant de se refermer sur elles-mêmes, créant de la sorte des drains à travers lesquels le gaz ou le pétrole peut s'écouler en bien plus grande quantité vers le puits. Le nombre élevé de fractures qui sont créées nécessitent d'importants volumes d'eau, allant d'environ 7.000 à 15.000 m3 d'eau par puits.

Enjeux liés aux nappes d'eau de l'Albien et aux hydrocarbures de schiste

Il est important de rappeler à ce stade que le sous-sol saharien contient d'immenses volumes d'eau douce dans le Continental Intercalaire (CI) ainsi que dans le Continental Terminal (CT), l'essentiel se trouvant dans l'Albien qui s'étend sur plus d'un million de km2 et déborde sur plusieurs pays voisins. Une véritable mer d'eau douce à faible profondeur contenue dans des formations sablo-gréseuses de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur et d'autant plus précieuse qu'elle se trouve dans une des régions les plus arides de la planète.

Le sous-sol saharien contient également d'immenses réserves d'hydrocarbures dans les couches beaucoup plus profondes du Trias et du Paléozoïque. Mais des réserves en voie d'épuisement alors que l'économie du pays reste fortement tributaire de cette ressource qui représente près de 98% de ses exportations. Et voilà qu'on nous annonce que cette rente risque de disparaître bientôt, autour de 2020 pour le pétrole et autour de 2030 pour le gaz, alors que nous ne pouvons pas nous en passer car nous ne sommes pas prêts pour l'après-pétrole.

À ces réserves viennent maintenant s'ajouter de vastes réserves non conventionnelles que sont les hydrocarbures de schiste, potentiellement bien plus importantes. Or c'est précisément autour de ces dates de fin de rente, et pas avant, que les hydrocarbures de schiste pourraient connaître un début de production s'ils s'avèrent exploitables. Ce serait là une chance inespérée qui tomberait au moment où on en aurait le plus besoin et sans laquelle le passage vers une économie d'après-pétrole serait beaucoup plus problématique avec une population qui avoisinera alors les 50 millions.

Nous nous trouvons donc confrontés, si risque de pollution il y a, au dilemme d'avoir à sacrifier une des deux richesses inestimables et indispensables du sous-sol saharien : l'aquifère de l'Albien ou les hydrocarbures de schiste. Par conséquent, la question fondamentale qui se pose à ce point est de savoir s'il y a vraiment risque de pollution. Dans l'affirmative, il faudrait interdire sans hésiter l'exploitation des hydrocarbures de schiste pour préserver les nappes aquifères. Dans la négative, il serait possible de tirer profit de ces deux richesses qui deviendraient complémentaires et non exclusives l'une de l'autre. Sont-elles incompatibles ? Ou au contraire est-il possible de ménager le chou et la chèvre afin de tirer profit des deux ?

L'enjeu est énorme et nous interpelle pour répondre à la préoccupation centrale de savoir si la fracturation hydraulique peut vraiment polluer et épuiser les aquifères.

La fracturation hydraulique peut-elle polluer les aquifères de l'Albien ?

L'argument principal de ceux qui s'opposent au développement des hydrocarbures de schiste est que les fluides de fracturation et les hydrocarbures peuvent, au terme de l'opération, remonter à travers les formations de subsurface jusqu'au niveau de l'Albien et le polluer irrémédiablement. Et même que, dans des cas extrêmes, les fractures elles-mêmes pourraient remonter jusqu'à ces nappes, les pénétrer et les polluer directement.

Or, cela est quasiment impossible pour plusieurs raisons. D'abord parce que la distance séparant l'extrémité supérieure des fractures et la base de l'Albien peut atteindre les 2 kilomètres. Qui plus est, cette séparation est constituée d'un empilement de formations lithologiques dont la plupart sont imperméables. C'est le cas des argiles, du sel, de l'anhydrite et des carbonates se présentant sous forme d'une multitude de bancs massifs d'épaisseur métrique à décamétrique absolument étanches sans parler d'une infinité de laminassions de même nature. Ces formations, qui se répètent en une infinité d'intercalations imperméables jusqu'à la base de l'aquifère et même au-delà jusqu'en surface, se comportent comme autant de barrières infranchissables s'opposant à toute migration de fluides, artificiels ou naturels, vers la surface.

On peut même imaginer le cas extrême et hautement improbable d'une fracture se propageant accidentellement à travers ces formations ou par l'intermédiaire d'une faille, jusqu'à pénétrer directement l'aquifère près de deux kilomètres plus haut. Si ce cas impensable pouvait se produire, seul l'extrême bout de la fracture y pénétrerait, ce qui signifie qu'une quantité négligeable de fluide de fracturation y parviendrait.

En outre, lors du dégorgement des puits qui suit toujours les opérations de fracturation, l'aquifère serait lui aussi aspiré et repousserait cette quantité négligeable de fluides polluants vers le puits. Une pareille fracture, ou faille, ne manquera d'ailleurs pas de se colmater rapidement au niveau des bancs d'argile et de sel, relativement plastiques et fluents aux pressions et températures auxquelles ils sont soumis, et tout mouvement de fluides cessera.

En fait, les accidents de cette nature sont pratiquement impossibles grâce à la panoplie de modèles numériques permettant de prévoir, entre autres, la hauteur des fractures avec une bonne précision et d'éviter toute anomalie éventuelle. Sans parler de la micro-sismique qui permet de suivre en temps réel l'évolution de tous les paramètres de la fracture (en particulier la hauteur) et de prendre pendant l'opération toute mesure d'urgence ou d'arrêt qui s'impose.

On pourra même se passer de ces techniques dans la plus grande partie du bassin saharien car il s'y trouve, au niveau du Trias salifère, une épaisse couche de sel massif de plusieurs centaines de mètres d'épaisseur située à mi-distance entre les formations de schiste et l'Albien. Cette couche forme une barrière absolument infranchissable à toute fracture quelles que soient ses dimensions car celle-ci viendrait tout simplement y mourir étouffée par le sel.

Enfin, il existe un argument géologique de poids prouvant qu'aucune fracture ou migration de fluides ne peut, ni n'a pu, atteindre l'Albien. En effet, si tel était le cas, les hydrocarbures auraient pu migrer vers la surface au cours des temps géologiques, au lieu de rester piégés là où ils sont, et aujourd'hui on trouverait des gisements d'hydrocarbures dans l'Albien lui-même. Il en aurait été de même pour les eaux

saturées en sel des aquifères profonds qui auraient transformé la nappe d'eau douce de l'Albien en mer d'eau salée. Tout se passe comme si mère nature s'était elle aussi mise de la partie pour protéger jalousement ses aquifères en empêchant les intrus les plus obstinés de s'y rapprocher.

Pour conclure ce chapitre, nous pouvons dire que les risques de pollution des nappes aquifères par les fluides de fracturation sont quasiment nuls. Et ces risques pourraient être rapprochés encore d'avantage du risque zéro par les agences de régulation en imposant une distance minimum de sécurité, à définir pour chaque secteur, entre l'extrémité supérieure de la fracture et la base de l'Albien. Par exemple 500 m ou plus.

Tous les secteurs où cette distance serait inférieure au minimum requis devraient tout simplement être déclarés zones interdites à la fracturation hydraulique en attendant que des techniques plus sûres soient développées. On pourra d'ailleurs se passer facilement de ces zones vu l'immensité du domaine minier algérien.

Enfin, tout ce qui vient d'être dit ne concerne, bien entendu, que la fracturation hydraulique. Pour le reste, l'exploitation des hydrocarbures de schiste est, malheureusement, tout aussi polluante que celle des hydrocarbures conventionnels mais ni plus ni moins. Nous y reviendrons.

Fracturation hydraulique et volumes d'eau requis

Un des gros problèmes de la fracturation hydraulique multi-stage réside dans les énormes volumes d'eau qui doivent être mobilisés pour les besoins de l'opération. Chaque puits en consomme environ 7.000 à 15.000 m3 d'où une forte réticence devant un usage perçu comme un gaspillage dans une région en manque d'eau.

Mais au fait manque-t-il de l'eau dans le bassin saharien ?

D'après les évaluations de l'ANRH (Agence nationale des ressources hydrauliques), les réserves d'eau du bassin saharien se situent entre 40.000 et 50.000 milliards de m3. Quant aux capacités de production, elles sont estimées à 6.535 millions de m3/an avec un soutirage actuel de 2.748 millions de m3/an pour les besoins agricoles, industriels et autres, ce qui laisse un surplus de 4.070 millions de m3/an pour des activités supplémentaires.

Sur la base de 15.000 m3 par puits, il faudra 15 millions de m3 pour 1000 puits et 150 millions de m3 pour 10.000 puits, soit respectivement 0,00003% et 0,0003% des réserves en place. S'ils sont forés à raison de 200 puits par an, la consommation totale s'élèvera à 3 millions de m3/an, ce qui représente 0,073% du surplus disponible annuellement. 
A suivre...

Y. Mérabet

Ingénieur d'Etat, expert en énergie - Association algérienne des relations internationales - 119 Bd Didouche-Mourad, Alger Centre 

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 11:00

La transition énergétique dans l'impasse: L'Algérie s'enfonce dans le péril (4/5)

L’Algérie et les ressources énergétiques 4/5

Potentiel et limitations de l'énergie solaire

L'épuisement des sources d'énergies conventionnelles, les problèmes de pollution, les risques liés au nucléaire et les progrès technologiques font que le monde se tourne de plus en plus vers les énergies renouvelables, en particulier le solaire et l'éolien, malgré les coûts élevés qui freinent quelque peu l'expansion de ces sources d'énergie inépuisables et propres.

Leur potentiel prend tout son sens lorsqu'on sait que 1% des surfaces arides et semi-arides couvertes de capteurs solaires suffirait pour alimenter la planète en électricité. Bien que les coûts du photovoltaïque (PV) aient chuté de plus de 30% au cours des dernières années, ils restent encore élevés par rapport à ceux des sources d'énergie fossiles. Ceux du thermo-solaire, quant à eux, stagnent à des niveaux encore bien plus élevés ce qui le rend de moins en moins attrayant. À tel point que certaines compagnies qui avaient opté pour des projets thermo-solaires au départ, ont décidé de faire marche arrière au dernier moment en faveur du photovoltaïque moins coûteux.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit pour sa part que, d'ici 2030, 40% de l'énergie électrique dans le monde sera d'origine renouvelable, solaire principalement. C'est également le but visé par l'Algérie qui prévoit, elle aussi que, à l'horizon 2030, près de 40% de l'énergie électrique nationale proviendra de l'énergie solaire. Le pays, avec environ 3900 heures/an d'ensoleillement au sud et 2550 heures/an au nord ainsi que de vastes espaces désertiques et arides se prêtant parfaitement au déploiement des fermes solaires, ne peut qu'être tenté par de tels atouts. Il se prépare donc, dans le cadre d'un programme projeté à partir de 2011, à mettre en place d'ici 2030 un méga-projet de 22 000 MW d'électricité, thermo-solaire essentiellement. Mais il ne faut pas perdre de vue que les projets solaires sont coûteux et ne sont pas viables sans les subventions et les mesures incitatives dont ils bénéficient de la part des Etats. De plus, ils restent soumis à de sérieuses limitations techniques. Qu'en est-il pour le projet algérien ?

Limitations techniques

Une limitation majeure de l'énergie solaire est qu'elle ne peut être captée que le jour, lorsque le soleil brille. Non seulement la production d'une station solaire est nulle durant la nuit mais elle peut également se trouver considérablement réduite par temps nuageux ou lors de vents de sable.

Le problème qui se pose nécessite donc, pour être réglé, le recours à une capacité de stockage permettant de stocker un surplus d'énergie produit le jour pour le déstocker la nuit et pendant les périodes de pointe ou de faible ensoleillement. Or, là aussi il y a problème car les procédés de stockage à grande échelle de l'énergie sont encore au stade de la recherche ou du pilote avec une multitude de projets en cours.

Ils manquent encore de fiabilité sans parler des coûts souvent exorbitants. Le plus avancé est celui du stockage thermique de la chaleur dans des réservoirs remplis de sels de nitrates en fusion portés à une température d'environ 400°C, ce qui limite son application au thermo-solaire seulement et en exclut le photovoltaïque. Il fait actuellement l'objet d'essais commerciaux en Espagne dans la station thermo-solaire d'Andasol (Espagne) basée sur des miroirs cylindro-paraboliques. Ses capacités de stockage, qui ne dépassent pas les 7 heures par jours, sont insuffisantes et on ne sait pas grand-chose sur ses autres performances de fonctionnement. Un autre projet, celui de Gemasolar, basé sur le procédé différent et excessivement cher de tours thermo-solaires capables d'atteindre des températures de stockage plus élevées d'environ 550°C, a pu fonctionner 24/7 mais seulement pendant quelques périodes de fort ensoleillement.

Au vu de son état d'avancement actuel, le stockage thermique ne peut pas garantir une alimentation électrique fiable pendant la nuit, les heures de pointe et les périodes de faible ensoleillement. Il peut être tenté, à titre d'essai, dans une petite centrale mais n'est pas assez mûr et reste trop risqué pour un projet à grande échelle. Quant au photovoltaïque, son stockage reste encore plus problématique.

Inconvénients des centrales hybrides solaire/gaz

On constate actuellement une tendance qui consiste à promouvoir l'énergie solaire dans le cadre de centrales électriques hybrides solaire/gaz. La centrale hybride qui vient d'être réalisée à Hassi R'mel (Tilghemt) est un très bon exemple qui mérite d'être discuté. Il s'agit en fait d'une grosse centrale à gaz à cycle combiné de 120 MW à laquelle est intégrée une petite station thermo-solaire de 30 MW. Dans ces conditions, chaque fois que l'annexe solaire nous économise un certain volume de gaz, la centrale à gaz en consomme 4 fois plus le jour et autour de 5 fois plus la nuit, soit environ 9 à 10 fois plus au total. Et même davantage si la station solaire ne fonctionne pas au maximum de ses 30 MW.

Miroirs cylindro-paraboliques de la station thermo-solaire de Hassi R'mel

Un pareil projet ne peut se comprendre ni se justifier en tant que projet solaire car très fortement déséquilibré en faveur du gaz, ce qui le dévie de l'objectif solaire recherché. Par contre, il se justifie pleinement et prend tout son sens s'il a été conçu en tant que centrale à gaz intégrant dans son enceinte un pilote solaire.

Ce serait là une excellente démarche permettant de se lancer dans l'expérience du solaire avec un pilote à moindres coûts puisque les coûts logistiques, opératoires et de stockage sont réduits ou éliminés dans le cadre d'un projet intégré.

Tant que les problèmes de stockage se poseront, le choix d'une solution consistera donc à soupeser les avantages et les inconvénients d'une station 100% solaire, d'une centrale hybride et d'une centrale 100% gaz. Le programme solaire national reste discret sur ce point.

Le mégaprojet solaire est-il rentable?

En plus des limitations techniques que nous venons de voir, l'autre limitation majeure du solaire est celle de la rentabilité. On peut en avoir une bonne idée pour le mégaprojet algérien en estimant les coûts d'investissement par rapport à la valeur des quantités de gaz qu'il permettra d'économiser. Nous supposerons que le projet n'accusera aucun retard.

Or, lorsqu'on sait que la petite station solaire d'à peine 30 MW de Hassi R'mel a nécessité une surface de 180 hectares pour le déploiement des miroirs paraboliques et autres installations connexes ainsi que de longs délais de réalisation (l'ensemble de la centrale hybride a demandé près de 5 ans), il n'est pas évident qu'un projet de 22.000 MW, donc environ 733 fois plus important en surface, en installations et en financement que la partie solaire, puisse être réalisé en totalité d'ici 2030.

En supposant qu'il le sera, quel va être le volume de gaz qu'il permettra d'économiser ?

Le calcul est simple. Par analogie avec la station solaire de Hassi R'mel qui, si elle fonctionne à 100% de ses 30 MW, permettra d'économiser 7 millions de m3 de gaz par an comme l'a précisé le constructeur (information confirmée par le calcul), le projet de 22 000 MW permettra d'en économiser 733 fois plus en 2030 soit 5,13 milliards de m3/an...

Bien que substantiel, cet apport de 5 milliards de m3/an correspond tout juste à 11% des exportations actuelles. Il ne soulagera que très légèrement une rente gazière en voie de disparition d'ici 2030 si rien n'est fait pour retarder cette échéance. Un gros effort restera donc à fournir pour compenser un tel déficit ainsi qu'il est expliqué dans une précédente contribution intitulée «Déplétion des gisements conventionnels et après-pétrole'' (Liberté du 31 juillet 2013).

Mais la question fondamentale qui se pose à ce stade est de savoir si les 5 milliards de m3 de gaz économisés annuellement permettront de compenser les investissements énormes du programme solaire. En d'autres mots, le mégaprojet est-il rentable ? Il est possible d'estimer ces investissements par comparaison avec ceux de la station solaire de Shams1 à Abou Dhabi qui est revenue à $ 600 millions pour une puissance totale de 100 MW. Cette station a été choisie comme référence, parmi d'autres, car elle a été construite dans un site comparable à ceux du désert algérien, ce qui laisse supposer des coûts similaires. Ces coûts apparaissent d'ailleurs tout à fait raisonnables d'autant plus qu'ils s'avèrent conservateurs par rapport à ceux de la station d'Andasol en Espagne qui, pour une puissance de 50 MW, est revenue à 0 millions. Ils apparaissent encore plus raisonnables que les coûts de la partie solaire de Hassi R'mel.

Par conséquent, si la station de Shams1 est revenue à X millions, le mégaprojet de 22 000 MW reviendra 220 fois plus cher soit environ 2 milliards sans compter les coûts opératoires et de maintenance. La durée de vie d'une station solaire n'est pas bien définie mais se situerait autour d'une trentaine d'années (probablement moins dans l'environnement agressif du désert). La quantité maximum de gaz qu'elle pourra économiser pendant cette période de 30 ans sera de 150 milliards de m3, à raison de 5 milliards de m3/an. Sur la base d'un prix actuel d'environ le MBTU de gaz correspondant à ceux des contrats de longue durée (donc un prix de vente élevé par rapport au ou du marché spot) cela permettra d'économiser un total de ,07 milliards contre $ 132 milliards d'investissements c'est-à-dire une perte de ,93 milliards. Donc le projet loin d'être rentable. Supposons maintenant une durée de vie de 50 ans au lieu de 30. Le même calcul nous donne un gain total de ,85 milliards contre 2 milliards d'investissements donc une perte de .15. Opération toujours loin d'être rentable. En réitérant les mêmes calculs avec les prix spots de ou le MBTU, la situation serait bien pire évidemment avec des pertes doublées. À titre de comparaison, le projet solaire revient en quelque sorte à investir 132 milliards de dollars pour gagner l'équivalent d'un gisement plutôt modeste d'à peine 150 milliards de m3. Il est certain que pour un pays sous-exploré et sous-exploité comme l'Algérie, une partie seulement de cet investissement suffirait pour découvrir plusieurs fois ce volume et améliorer la récupération des champs en cours d'exploitation. Alors que l'autre partie pourrait être investie dans des projets de développement hors hydrocarbures pour faciliter la transition vers l'après-pétrole tout proche. Quitte, évidemment, à revenir au solaire plus tard lorsqu'il aura atteint un niveau de rentabilité suffisant. ( ...)

On retient en conclusion que : il serait donc prématuré de se lancer dans des projets à grande échelle avec des coûts aussi démesurés tant que les conditions de rentabilité ne seront pas réunies ce qui n'empêche pas, entre temps, de s'engager dans des petits pilotes pour se préparer au jour, espérons-le, pas trop lointain, où elles le seront. Les centrales hybrides ne font pas exception. Elles seront toujours moins rentables qu'une centrale à gaz classique de même puissance tant qu'une station solaire sera moins rentable qu'une centrale à gaz, et seront même beaucoup moins rentable si la partie solaire devient trop importante par rapport à l'ensemble

Y. Mérabet

Ingénieur d'Etat, expert en énergie - Association algérienne des relations internationales - 119 Bd Didouche-Mourad, Alger Centre 

Le Pèlerin

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 09:57

La transition énergétique dans l'impasse: L'Algérie s'enfonce dans le péril (5/5)-Suite et fin

L’Algérie et les ressources énergétiques 5/5 Suite et fin

Impact du gaz de schiste sur l'industrie pétro-gazière? 

Les hydrocarbures de schiste, considérés comme inexploitables auparavant, connaissent une véritable révolution qui a commencé aux USA il y a une dizaine d'années, grâce à la conjoncture favorable de deux avancées technologiques (puits horizontal et fracturation hydraulique multi-stage) et d'une embellie, bien que passagère, des prix du gaz.

Les résultats spectaculaires ainsi obtenus ont provoqué une véritable ruée sur le gaz de schiste aux USA, une ruée qui n'est pas sans rappeler la fièvre de l'or noir du début de l'industrie pétrolière. D'abord au Texas près de Dallas (Barnet Shale) pour s'étendre ensuite avec une véritable frénésie de forages à d'autres régions dont la plus importante (Marcellus Shale) englobe plusieurs Etats de l'est des Etats-Unis. Il en est résulté localement une surabondance de gaz qui a entraîné une importante réduction des importations, notamment l'arrêt des importations du GNL algérien. Avec des prix au plus bas, certaines compagnies envisagent de construire des unités de GNL pour en exporter une partie vers les marchés asiatique et européen plus lucratifs, ce qui n'est pas bon signe pour le GNL algérien.

Comme à toute chose malheur est bon, les compagnies pétrolières, constatant que, contrairement aux prix du gaz, ceux du pétrole étaient au plus haut, ont décidé de tenter avec le pétrole de schiste ce qu'elles avaient fait avec succès pour le gaz. Les résultats ont été tout aussi spectaculaires, puisque la production de brut à partir du seul Bakken Shale (Dakota du Nord) est passée en quelques années d'une production négligeable à près de 800.000 b/j, devenant ainsi le second Etat producteur de brut après le Texas et pourrait atteindre le million de barils/jour dans les prochaines années. Cet accroissement de la production a été la cause d'une forte chute des importations du brut algérien. Il est d'ailleurs prévu que les Etats-Unis deviennent le premier producteur de pétrole au monde, après avoir dépassé l'Arabie saoudite vers 2020 et qu'ils pourraient devenir exportateurs net vers 2030.Un pareil succès dans l'exploitation des gaz et pétroles de schiste est en train de changer la donne des hydrocarbures aux USA, en ouvrant une nouvelle frontière à l'industrie pétrolière-gazière. Cela n'a pas laissé indifférents les autres pays qui, pour une raison ou une autre, éprouvent le besoin d'exploiter ces ressources, s'ils ont la chance d'en posséder, afin d'accroître leur production et réduire leur dépendance des importations. La Chine, le Canada, la Pologne, l'Argentine, le Mexique, l'Afrique du Sud, la Grande-Bretagne et bien d'autres pays s'apprêtent à tenter l'expérience américaine. L'Algérie, qui figure en bonne position dans le peloton de tête, a, pour sa part, entrepris une campagne d'exploration et de forages de reconnaissance pour évaluer le potentiel de ses ressources. Une décision d'autant plus justifiée que ses réserves conventionnelles connaissent un déclin.

Les difficultés actuelles rencontrées dans l'exploitation des hydrocarbures de schiste

La nouvelle frontière qui s'ouvre pour l'industrie pétrolière avec l'exploitation des hydrocarbures de schiste et l'engouement qu'elle suscite ne doivent pas faire perdre de vue, afin de mieux les confronter, les difficultés pouvant entraver les premiers pas d'une industrie naissante.

D'abord, ne produit pas les hydrocarbures de schiste qui veut, et le fait de receler des formations de schiste dans son sous-sol ne signifie pas qu'elles sont exploitables. Elles doivent d'abord répondre à un certain nombre de critères.

L'exemple de la Pologne est assez édifiant là-dessus. Ce pays, réputé posséder les plus importantes formations de schiste d'Europe et parmi les plus importantes du monde, s'est vite engagé, avec l'appui enthousiaste de trois Polonais sur quatre, à développer ses ressources dans l'espoir de réduire sa trop grande dépendance de l'étranger. Le cadre incitatif de sa législation et l'importance des réserves supposées exister ont vite fait d'attirer les principales compagnies internationales pour prospecter le pays. Après un certain nombre de forages de reconnaissance, les résultats se sont avérés décevants, avec notamment un gaz très pauvre ne contenant pas plus de 20% de méthane, le reste étant constitué de gaz carbonique et d'azote. D'autre part, en ce qui concerne les performances de production, elles sont loin de celles auxquelles nous sommes habitués avec les gisements conventionnels. C'est ce que l'on constate aux USA, seul pays où ils sont exploités à grande échelle, notamment le Barnett Shale qui possède l'historique le plus long avec une dizaine d'années d'exploitation. La moyenne actuelle de production des puits se caractérise par des débits très faibles, avec une production initiale qui se situe autour de 70.000 m3/jour en moyenne et qui de plus chute d'environ 70% au cours de la première année d'exploitation d'une courte durée de vie économique qui ne dépasse pas la dizaine d'années. Cette faible productivité ainsi que son déclin rapide sont dus à la combinaison de trois facteurs principaux : une perméabilité extrêmement faible, un rayon de drainage réduit et une durée de vie limitée des fractures. Celles-ci ont en effet tendance à se refermer sur elles-mêmes avec le temps, malgré les agents de soutènement (à cause probablement de la plasticité des schistes), ce qui réduit les bienfaits de la fracturation hydraulique. Nous sommes loin de la productivité de certains gisements conventionnels algériens, avec des puits qui pouvaient atteindre plusieurs millions de m3/jour. De plus, en ce qui concerne les réserves de gaz récupérables par puits, certains organismes tels que la US Geological Survey et l'Energy Information Agency les ont estimées entre 3,5 et 150 million/m3 avec une moyenne générale d'environ 30 millions de m3 par puits. Celles du pétrole se situent autour d'une moyenne de 90.000 m3 par puits.

Forages de puits à schistes

Il est donc évident, au vu de ces chiffres, qu'il sera nécessaire de forer des centaines de fois plus de puits que pour un gisement conventionnel si on veut atteindre des niveaux comparables de production. C'est d'ailleurs ce qui se passe dans les différents plays américains où les puits se forent par dizaines de milliers. D'autres problèmes et non des moindres pourraient affecter une production déjà limitée. L'un d'entre eux, par exemple, a trait à l'existence possible, notamment en Algérie, d'aquifères profonds en contact direct avec les formations de schiste. Quand on sait que la fracturation hydraulique produit des fractures verticales sur des hauteurs importantes, aussi bien au-dessus qu'au-dessous des schistes, elles pourront intersecter les aquifères en question et servir de conduits non seulement pour les hydrocarbures mais aussi pour l'eau qui, de surcroît, est saturée en sel, compliquant ou compromettant ainsi la production. Cela nécessitera des stratégies compliquées et coûteuses de positionnement, de fracturation et de complétion des puits ou carrément de délaisser provisoirement certaines zones dont on pourra d'ailleurs facilement se passer en Algérie, vu l'étendue du domaine minier.

Perspectives des hydrocarbures de schiste

Le tableau plutôt pessimiste qui vient d'être dressé n'a nullement l'intention d'émettre des doutes sur les possibilités de valoriser cette ressource non conventionnelle. Bien au contraire, son but est de mettre en garde les acteurs concernés par son développement contre toute forme de découragement que ce genre de difficultés pourrait induire. En effet, l'ère des énergies faciles à produire touche à sa fin et il faudra s'habituer à se confronter et à résoudre des problèmes nouveaux qui sortent de l'ordinaire et pour lesquels les mentalités conventionnelles doivent céder la place à des mentalités non conventionnelles. Toutes les industries émergentes rencontrent, à leur début, des difficultés d'apparence impossibles, mais qui finissent par être surmontées grâce à l'évolution des technologies et à la réduction des coûts.

Rien n'empêche de croire que la performance des puits va s'accroître, que leur durée de vie va s'allonger, que les réserves récupérables vont s'améliorer, que les prix du gaz vont augmenter et que les coûts vont diminuer. Une chose est certaine, c'est que tout sera fait à travers le monde pour tirer le maximum de ressources aussi vastes qui pourront durer plus de deux siècles, non seulement pour le gaz mais aussi pour le pétrole, alors que le déclin des ressources conventionnelles s'accélère. Il s'agit donc de ne pas rester à la traîne des autres pays et de bien se préparer pour les mettre en valeur chez nous au moment opportun, même si ce moment reste, à notre avis, encore lointain. Cependant, il ne faudrait pas se faire trop d'illusions en pensant que les hydrocarbures de schiste permettront de prolonger l'ère des hydrocarbures conventionnels avec des niveaux de production aussi prolifiques et des rentes aussi fabuleuses.

Tout cela appartiendra à un passé révolu. Dans la plupart des cas, la production permettra tout juste de compléter les besoins de la consommation locale. Dans les rares cas où un surplus pourra être dégagé pour l'exportation, les rentes seront insignifiantes comparées aux rentes actuelles, du fait des faibles volumes concernés et d'une marge bénéficiaire bien plus réduite.

Quelle sera la contribution des hydrocarbures de schiste dans le bilan énergétique d'ici 2030 ?

Aucune donnée de production n'étant disponible en Algérie pour s'en faire une idée puisque aucune exploitation n'y a eu lieu, elle ne pourra qu'être très approximativement estimée par analogie aux performances des différents pays américains, en particulier le Barnett Shale. En supposant que les puits à schiste algériens pourront récupérer chacun l'équivalent de 30 millions de m3 de gaz durant leur courte vie d'une dizaine d'années, cela signifie que 1000 puits pourront récupérer 30 milliards de m3 en 10 ans, soit en moyenne 3 milliards de m3/an. Il faudra pour cela forer 100 puits/an. On pourra porter cette production à 6 milliards m3/an avec 200 puits par an.

Il s'agit là d'une production marginale et disproportionnée par rapport aux moyens mis en œuvre. Elle correspond tout au plus à 11% des exportations actuelles et à 7% de l'objectif de 85 milliards de m3/an. Et il ne faudra pas y compter pour le court ou moyen termes. En effet, les opérations de reconnaissance sur le terrain n'en sont qu'à leurs débuts, alors que plusieurs dizaines de puits pilotes sont requis pour se faire une idée des différents pays avant d'entamer, lorsqu'il deviendra rentable, un développement qui se fera de manière progressive, plus lente que pour les gisements conventionnels. Si on y ajoute les 5 milliards de m3 maximum que pourrait nous faire économiser l'énergie solaire dans ce cas, les pourcentages ci-dessus ne dépasseront pas 20% et 13%.

Conclusion :

La rente pétrolière, confisquée par l'oligarchie du pouvoir, n'a pas été utilisée pour industrialiser le pays et opérer une douce transition énergétique.

L'Algérie aura-t-elle le temps et les ressources nécessaires pour se préparer à une économie d'après-pétrole dans le contexte d'un déclin de la rente pétro-gazière prévue pour disparaître complètement autour de 2030 si aucune action n'est entreprise pour retarder cette échéance ?

Ingénieur d'Etat, expert en énergie. Association algérienne des Relations internationales - 119 Bd Didouche Mourad, Alger Centre 

Y. Mérabet

Ingénieur d'Etat, expert en énergie - Association algérienne des relations internationales - 119 Bd Didouche-Mourad, Alger Centre 

Le Pèlerin 

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 14:04

Des chiffres qui font de la peine ….Mais demain se bâtit sur les réalités du jour sans se fier de façon interminable à la destinée

10 chiffres pour comprendre pourquoi l’Algérie a peur d’une crise sociale majeure

L’ex-bon élève du Maghreb qui cumulait excédent commercial, croissance soutenue et faible endettement voit sa situation se détériorer à toute allure du fait de l’effondrement des cours du pétrole. Avec un baril à 110 dollars, l’Algérie pouvait financer un Etat-providence qui achetait la paix sociale dans ce pays où près de 30% des jeunes sont au chômage. A 35 dollars, elle est contrainte de tailler dans les subventions des produits de base, de relever le prix de l’essence et de l’électricité, d’imposer des quotas d’importations. Le gouvernement redoute une crise sociale majeure.

96%: L’économie de l’Algérie repose depuis des décennies sur le gaz et le pétrole qui représentent 96% de ses exportations, près de la moitié de son PIB et 60% des recettes budgétaires de l’Etat. Autant dire que l’effondrement des prix est une catastrophe. Les revenus pétroliers du pays ont chuté de 70% depuis l’été 2014 a rappelé dans un communiqué le président Bouteflika la semaine dernière avant d’avertir ses concitoyens qu’ils allaient devoir affronter des temps difficiles. L’Algérie est un des pays les plus touchés par cet effondrement avec le Vénézuela et la Russie. 

750 milliards de dollars: ce sont les rentrées colossales générées par les exportations de pétrole et de gaz entre 1999 et 2014. L’Algérie est le cinquième pays producteur de gaz et le 13ème producteur de pétrole. Problème, cette manne a très peu été investie dans le développement de l’économie nationale : elle a surtout servie à acheter la paix sociale en finançant des produits de première nécessité comme le lait , le sucre, la farine ou  l’électricité et des augmentations de salaire versés aux fonctionnaires et employés des entreprises publiques.

+40%: l’augmentation du prix de l’essence depuis le 1er janvier est liée à la réaction du gouvernement qui n’a plus les moyens de subventionner des dizaines de produits, ce qui était pour lui le moyen de soutenir le pouvoir d’achat des Algériens. Un pouvoir d’achat déjà amputé par l’affaiblissement de la monnaie, le dinar qui a baissé de 15% en un an par rapport à l’euro. Le gouvernement a aussi décidé de tailler dans les grands projets d’infrastructures, en reportant des chantiers de nouvelles autoroutes et des créations de lignes de tramway dans plusieurs villes. Tant pis pour le chômage qui grimpe.

12,7%: Le taux de chômage qui frappe 1,33 million de personnes, monte depuis deux ans. Il touche massivement les jeunes (moins de 25 ans) et le ralentissement de l’économie n’améliore pas leurs perspectives bien au contraire : en un an seulement, leur taux de chômage est passé de 25,2% à près de 30%, selon l’Office National de la Statistique.

-13,7 milliards de dollars: La balance commerciale du pays est déficitaire pour la première fois depuis un quart de siècle, plombée par l’effondrement des recettes liées aux hydrocarbures. Or les Algériens importent tout ce qui entre dans leurs magasins, même les dattes, les oranges ou la semoule. En janvier, le gouvernement a donné un coup de frein en mettant en place des licences d’importations sur les véhicules et le ciment notamment. Objectif ? Réduire la facture des importations bien sûr : le quota d’importation de véhicules a ainsi réduit de moitié (à 152.000 unités) par rapport au nombre importé l’an dernier. Malgré cela le ministère des Finances prévoit un nouveau déficit de la balance commerciale à hauteur de 26 milliards en 2016.

2 381 741 km2 : l’Algérie est par sa taille le plus grand pays du continent africain et le plus grand pays arabe. Sa superficie est quatre fois plus importante que la France, mais sa population qui atteindra 40 millions d’habitants en 2016 est inférieure d’un tiers. Au sein de celle-ci les jeunes sont toujours plus nombreux : 46% des algériens ont moins de 25 ans.

1 million: c’est le nombre de postes de fonctionnaires que le gouvernement envisage de supprimer afin de mieux encaisser le choc de la chute du pétrole. Un dégraissage colossal puisqu’il concernerait 40% de l’ensemble des 2,5 millions de fonctionnaires et qui du coup, pourrait déclencher un conflit social de grande ampleur dans un pays où la tension monte depuis des mois du fait des mesures d’austérité annoncées jour après jour.

208 milliards de dollars: Le PIB en recul du fait de la chute du pétrole reste tout de même le premier du Maghreb et le quatrième du continent derrière ceux du Nigéria, de L’Afrique du Sud et de l’Egypte. Hors effet pétrole, il a même encore légèrement progressé l’an dernier. En revanche le déficit public lui se creuse, obligeant les autorités à puiser dans les économies accumulées durant les années fastes. Le Fonds de régulation des recettes, créé justement pour compenser l’impact des fluctuations du pétrole sur le budget a été ponctionné de 30 milliards de dollars en 2014, probablement d’autant en 2015 et pourrait être à sec dès cette année.

2ème: Pour la troisième année consécutive, la France est le deuxième fournisseur du pays derrière la Chine. Paris détient 10,5% du marché avec 5,4 milliards d’exportations (et un solde légèrement excédentaire) vers l’Algérie contre 16% pour Pékin.

2025: Même quand le prix des hydrocarbures se remettra à progresser, ce qui finira par se produire, l’Algérie ne sera pas au bout de ses peines. Car dans le secteur tous les voyants ont déjà viré au rouge : la production est en baisse, la consommation nationale flambe et la part réservée aux exportations recule. Les experts estiment que si les tendances actuelles se prolongeaient, la Sonatrach, la compagnie nationale, n’aurait plus rien à exporter d’ici 2025. D’où les ordres venus du sommet de l’Etat d’accélérer la prospection des ressources en gaz naturel. Et l’intérêt marqué pour le gaz de schiste dont les réserves pourraient être supérieures à celles du gaz naturel.

Source Capital.fr Patrick Chabert

Le Pèlerin

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 20:02

Mémoire de Soubressade

Mémoires d'Outre Méditerranée - Un instant "comme là-bas", enfin, presque ...

Je ne savais pas quoi cuisiner …..J'aime bien de temps en temps varier les plaisirs de bouche ….

Alors je me suis rendu chez mon charcutier …..Je voulais en effet faire quelque chose qui me sorte un peu de l'ordinaire.

J'y avais trouvé de la soubressade, en provenance directe d'Espagne.

La soubressade, c'est un genre de saucisson piquant, je dis bien un genre, à mi-chemin entre saucisse et chorizo.

Il y en avait souvent sur la table quand j'étais petit, c'est une spécialité Pied-noir.

J’avais l'intention de faire cette brave soubressade sur une pizza, ou dans un riz à l'espagnole.

Et puis j'ai cherché dans un livre de là-bas comment les Pieds-noirs la mangeaient, du temps où nous y vivions il y a bien longtemps….

Je suis tombé sur une histoire délicieuse à plus d’un titre….

Son auteur habitait la rue de Constantine à Hussein-Dey…Tout prés de l’église

Je ne peux m’empêcher de vous en faire profiter

Lisez et goutez moi ça …

Vous allez vous en lécher les babines

Une délicieuse histoire ….Comme un rêve… !

Mémoires d'Outre Méditerranée - Un instant "comme là-bas", enfin, presque ...

Et si vous preniez deux œufs, que vous les cassiez ?

Après vous les battez bien pendant cinq minutes,

Puis vous prenez une petite poêle, avec un petit fond d huile d’olive, vous versez les œufs, et les éparpillez bien, après vous allez à la fenêtre dans la cuisine, dans le petit garde manger, vous prenez une belle soubressade piquante de chez Zeralta, vous savez le charcutier du marche de Belcourt.

Donc vous prenez la soubressade, vous enlevez la peau et la ficelle rouge, et vous l éparpillez sur les œufs juste un petit instant, après, vous la versez dans une assiette, vous prenez un bon morceau de pain mahonnais, avec la mie bien dure,un bon verre de vin rose bien frais, pour celles et ceux qui aiment le vin, ou la gargoulette avec de l eau bien fraiche, vous vous mettez au balcon, assis par terre, les jambes en tailleur, et en regardant en bas la Mer bien bleue, avec les bateaux qui rentrent et qui sortent du port. vous vous tapez un repas royal,
que même Azrine il ne peut pas nous enlever, et quand il n y a plus rien dans l assiette, vous descendez en bas chez le Tunisien, et vous prenez un bon Makrout plein de miel qui
vous coule entre les doigts, et doucement mais surtout bien doucement, les yeux fermes, vous le dégustez, et même qu’à la fin vous vous léchez les doigts tellement c est bon….

Et puis catastrophe, votre femme vient vous réveiller, et tout ce beau rêve y fait tchouffa et ça vous fout les boules pour toute la journée….

Quand est ce qu’on arrêtera de penser a ce foutu pays?????? Jamais …oh non jamais, quel desespoir...!
Le Pèlerin

 

 

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 12:03

Accusé d'encourager l'islamophobie, Kamel Daoud se retire du débat public

Algérie - Printemps arabe et Printemps des Poètes

L'écrivain, qui avait dénoncé les agressions sexuelles de femmes à Cologne, et mis en exergue le sort réservé aux femmes dans certains pays du monde arabe, stoppe son activité de journaliste après une tribune parue dans Le Monde contre lui.

L'écrivain algérien Kamel Daoud annonce dans une lettre publiée samedi par « Le Monde » qu'il renonce au débat public et au journalisme après avoir été accusé par un groupe d'universitaires "d'alimenter les fantasmes islamophobes". "C'est comme si un groupe d'universitaires algériens demandait à un intellectuel italien d'arrêter d'écrire sur ce pays", a jugé Kamel Daoud interrogé par l'AFP. Dans une tribune parue dans Le Monde du 12 février, ce collectif d'historiens, sociologues, philosophes et anthropologues réagissait à deux textes de Daoud concernant les agressions sexuelles commises pendant la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, dont les auteurs seraient des migrants. Kamel Daoud affirmait notamment que "le sexe est la plus grande misère dans le monde d'Allah" et que "la femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée".

Il juge la pétition des universitaires immorale

"Aujourd'hui, avec les derniers flux d'immigrés du Moyen-Orient et d'Afrique, le rapport pathologique que certains pays du monde arabe entretiennent avec la femme fait irruption en Europe", avait-il par ailleurs écrit. "Que des universitaires pétitionnent contre moi aujourd'hui, à cause de ce texte, je trouve cela immoral : parce qu'ils ne vivent pas ma chair, ni ma terre", écrit le romancier dans une lettre à son ami, l'essayiste américain Adam Shatz.

 Le prix Goncourt du premier roman en 2015 juge également "illégitime que certains (le) prononcent coupable d'islamophobie depuis des capitales occidentales et leurs terrasses de café où règnent le confort et la sécurité". "Nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n'est pas d'un côté, on est de l'autre", et "comme autrefois l'écrivain venu du froid, aujourd'hui l'écrivain venu du monde +arabe+ est piégé, sommé, poussé dans le dos", ajoute Kamel Daoud. Il dénonce au passage "le préjugé du spécialiste : je sermonne un indigène parce que je parle mieux que lui des intérêts des autres indigènes et post-colonisés". "Je vais donc m'occuper de littérature (...) j'arrête le journalisme sous peu", conclut l'auteur de "Meursault, contre-enquête" (2014), qui tenait une chronique dans Le Quotidien d'Oran. "Je vais aller écouter des arbres ou des coeurs.

Lire. Restaurer en moi la confiance et la quiétude. Explorer. Non pas abdiquer mais aller plus loin que le jeu de vagues et des médias", écrit-il.

Source AFP / Bertrand Langlois

Le Pèlerin

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 15:09

La nouvelle Constitution ….Les binationaux pénalisés

Abdelaziz Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika

Le nombre de mandats présidentiels est limité à deux…

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 26 octobre 2015 au palais présidentiel d'Algérie

Le Parlement algérien a adopté ce dimanche un projet de révision de la Constitution, prévoyant la fin de la présidence d'Abdelaziz Bouteflika par le rétablissement de la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. Le projet a été approuvé par 499 parlementaires réunis en congrès. Deux ont voté contre et 16 se sont abstenus, a précisé le président du Sénat, Abdelakder Bensalah.

La limitation des mandats présidentiels existait avant 2008, mais le gouvernement avait fait disparaître cette disposition afin de permettre à Abdelaziz Bouteflika de se présenter pour un troisième mandat en 2009, puis un quatrième en 2014.

« Démocratisation » du pays

La réforme de la Consitution algérienne avait été annoncée en avril 2011, peu après le mouvement des « Printemps arabes ». Promise pour « démocratiser » le pays et apaiser les esprits, cette réforme veut faire de l’Algérie un exemple de démocratie : élections libres, lutte contre la corruption… La réforme a néanmoins fait l’objet de vives contestations de l’opposition, notamment sur le fait que seuls les Algériens ayant uniquement la nationalité algérienne, et non pas binationaux, peuvent accéder à la haute fonction publique.

Source 20 minutes.fr

Démission du gouvernement abdelmalek sellal ce dimanche : Remaniement ministériel imminent !

Un remaniement ministériel est annoncé au plus tard la fin de cette semaine en cours après la démission du gouvernement Sellal ce dimanche. Qui partira, qui ne partira pas ? Que des chahuts médiatiques !
Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, s’apprêterait à effectuer, au cours de la semaine en cours, un remaniement ministériel après l’adoption du projet de révision de la Constitution par le parlement réuni (Senat-APN), ce dimanche, qui sera suivi automatiquement par la démission du gouvernement Abdelmalek Sellal.
Après l’adoption du projet de révision de la Constitution, ce dimanche, par le parlement réuni (Senat-APN), le premier ministre Abdelmalek Sellal devrait, en effet, présenter la démission de son gouvernement au président de la République Ce dernier devrait nommer un premier ministre après consultation de la majorité parlementaire, conformément à l’article 86 de la Constitution.
On s’attend donc à la nomination d’un nouveau gouvernement de conjoncture économique dans les jours à venir. Des sources rapportent que ce remaniement touchera plusieurs ministres auxquels on a donné un sursis pour qu’ils prouvent leur capacité à gérer rationnellement leurs secteurs en cette période de crise.
En effet, la conjoncture actuelle de l’économie nationale exige une rationalisation des dépenses dans les différents secteurs. Cependant, certains ministres n’ont pu s’adapter à la nouvelle donne, liée à la chute des prix des hydrocarbures et d’autres qui n’ont pas suivi à la lettre le programme du chef de l’Etat, pourront dire adieu à leurs portefeuilles ministériels.
A cet effet, le président de la République devrait décider un changement d’équipe gouvernementale pour répondre aux nouvelles indications de la Constitution ainsi qu’aux indices économiques pour mettre en place une nouvelle équipe gouvernementale capable de gérer la crise financière et garantir des retombées positives sur le cadre de vie des citoyens. Selon des sources, on devrait s’attendre à des fusions entre départements et ministères pour rationaliser les budgets. C’est ainsi qu’on donne les noms de plusieurs ministres partants tels que les ministres des transports, du tourisme, de la culture et d’autres qui changeront peut-être de portefeuille, comme celui des travaux publics qui remplacera peut-être celui des transports.
Par ailleurs, l’actuel premier ministre, M. Abdelmalek Sellal, pourra diriger la prochaine équipe gouvernementale, du moment où sa nomination ne »s’opposera » pas aux textes de la nouvelle Constitution, du moment où Abdelmalek Sellal est issu de la majorité parlementaire (FLN) et également membre du Comité central du FLN.
Source: reflexiondz.net

Pronostic sur le nouveau gouvernement

Ce qui va suivre n’est donc qu’un pronostic sur la future équipe gouvernementale à laquelle nous avons rajouté celle du cercle présidentiel. En voici le résulta
Le Premier Ministre Abdemalek Sellal, très souvent décrié pour les manifestations récurrentes de son espièglerie quittera son poste pour celui de Ministre d’Etat, représentant personnel du Président de la République. Il sera remplacé par Ahmed Ouyahia. 

Ramtane Lamamra quittera le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale pour occuper le poste de Ministre d’Etat, Conseiller diplomatique auprès du Président de la République.
Ce sera pour lui une position d’attente, car il est pressenti comme candidat à la présidence de la commission africaine.
Ahmed Gaid Salah occupera le poste de Ministre de la Défense Nationale à titre civil.
Le titre de Chef suprême des forces armées restera dévolu au Président de la République. Tandis que le poste de Chef de l’Etat-Major de l’Armée Nationale Populaire sera dévolu à un officier général.
Abdelkader Ouali remplacera Nouredine Bedoui au poste de Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Locales.
Tayeb Louh cèdera le Ministère de la Justice à Madame Sahraoui Soumia, actuellement présidente du Conseil d’Etat.
Abderrahmane Benkhalfa gardera son poste de Ministre des Finances.
Abdelkader Messahel occupera à plein titre le poste de Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale.
Amara Benyounes remplacera Abdesselam Bouchouareb au Ministère de l’Industrie et des Mines.
Salah Khebri, ministre de l’énergie quittera son poste et sera remplacé par Abdesselam Bouchouareb.
Tayeb Zitouni sera maintenu au Ministère des Moudjahidine.
Mohamed Aïssa sera maintenu au Ministère des Affaires Religieuses et des Wakfs.
Mohamed Benmeradi, ex ministre du travail prendra le poste de Ministre, directeur de Cabinet du Premier Ministre.
Bakhti Belaib remplacera Amar Ghoul au Ministère de l’Aménagement du Territoire, du Tourisme et de l’Artisanat.
Sid Ahmed Ferroukhi sera maintenu Ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et de la pêche.
Mustapha Karim Rahiel remplacera Abdelwahab Nouri au Ministère des Ressources en Eau et de l’Environnement.
Abdelwahab Nouri remplacera Abdelmadjid Tebboune au Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville.
Nouredine Bédoui remplacera Abdelkader Ouali au Ministère des Travaux Publics.
Boudjema Talai sera maintenu Ministre des Transports.
Mme Nouria Benghebrit ira occuper le poste de Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.
Tahar Hadjar prendra le poste de Ministre de l’Éducation Nationale. 
Abdelkader Kadi, Ministre de la Formation et de l’Enseignement Professionnels en remplacement de Mohamed Mebarki
Mme Nouria Yamina Zerhouni, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale en remplacement de Mohamed El Ghazi qui occupera le poste de Ministre du commerce.
Wacini Laredj, écrivain de grande renommée remplacera Azzedine Mihoubi au Ministère de la Culture.
Tahar Khaoua remplacera Mme Mounia Meslem, une protégéede Zohra Drif,au Ministère de la Solidarité Nationale, de la Famille et de la condition de la Femme. 
Tayeb Louh sera nommé Ministre des Relations avec le Parlement.
Abdelmalek Boudiaf sera maintenu Ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière.
Boubekeur Khaldi, secrétaire général du ministère des affaires religieuses remplacera El-Hadi Ould Ali au Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Toufik Khelladi remplacera Hamid Grine au Ministère de la Communication. 
Mme Iman Houda Feraoun sera maintenue au Ministère de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication
Hadji Baba Ammi sera maintenu Ministre Délégué auprès du Ministre des Finances, Chargé du Budget et de la Prospective.
Mme Aïcha Tagabou sera maintenue Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat, chargée de l’Artisanat 
Mme Slim Amira, députée, chargée de nos ressortissants au Maghreb et au Moyen orient sera ministre de la communauté algérienne à l’étranger
Mohamed Sebaibi, ex secrétaire général de plusieurs ministères et chef de cabinet du chef du gouvernement remplacera Ahmed Noui en qualité de Ministre Secrétaire Général du Gouvernement.
Par ailleurs, le Président de la République nommera :
Amar Saadani Ministre d’Etat Conseiller spécial auprès du Président de la République.
Abdelmalek Sellal Ministre d’Etat, Représentant personnel du Président de la République.
Mohammed Benamar Zerhouni en qualité de Ministre Directeur de Cabinet du Président de la République.
Saïd Bouteflika en qualité de Ministre Conseiller chargé des affaires spéciales du Président de la République.
Bachir Tartag, Conseiller spécial auprès du Président de la République, sera maintenu.
Le président mettra fin aux fonctions de conseiller à la Présidence de :
Kamel Rezzag Bara, qui payera pour ses bavardages incessants
Karim Djoudi, a des problèmes de santé qui l’empêchent d’apporter sa contribution
Youcef Yousfi, n’a fait preuve d’aucun dynamisme depuis sa prise de fonctions
Saadeddine Nouiouat, à presque 90 ans n’assure plus ses fonctions
Mohammed Ali Boughazi, n’a apporté aucune contribution
Les deux walis rappelés au gouvernement pourraient être remplacés par Djamel Dehane ex wali de Souk-Ahras, fils de chahid et énarque, à Tipaza, et Ahmed Adli, ex secrétaire général du ministère de l’intérieur à Boumerdes.
Il est enfin possible qu’après la démission de Abdelmalek Sellal, le président Bouteflika lui demandera de gérer les affaires courantes en attendant la formation du futur gouvernement.
Cela dit, le verdict final est entre les mains du président qui a de tout temps déjoué tous les pronostics.
Source: algerie1

Le Pèlerin

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 16:13

L'Algérien Riyad Mahrez sacré joueur maghrébin de l'année 2015

Algérie – Football - L'Algérien Riyad Mahrez à l’honneur

L'Algérien Riyad Mahrez a été élu joueur maghrébin de l'année 2015 par les internautes de France Football. Plus de 100 000 votants ont plébiscité le milieu offensif de Leicester, devant le Marocain Mehdi Benatia et un autre Algérien, Yacine Brahimi.

Auteur d'un exceptionnel début de saison en Premier League avec Leicester, l'Algérien Riyad Mahrez a été élu meilleur joueur maghrébin de l'année 2015 par les internautes de France Football. 

Mahrez, 24 ans, a recueilli 67 % des suffrages des 112 688 votants et devance le Marocain du Bayern Munich Mehdi Benatia (11 %) et un autre Algérien, Yacine Brahimi, troisième avec 7 % des voix et lauréat en 2014.

Classement final de l'élection du joueur maghrébin de l'année 2015

1er : Riyad Mahrez (Leicester, ALG), 67 % 
2e : Mehdi Benatia (Bayern Munich, MAR), 11 % 
3e : Yacine Brahimi (FC Porto, ALG), 7 % 
4e : Wahbi Khazri (Bordeaux, TUN), 5 % 
5e : Aymen Abdennour (Valence, TUN), 3 % 
6e : Islam Slimani (Sporting Portugal, ALG), 3 % 
7e : Hakim Ziyech (FC Twente, MAR), 2% 
8es ex-aquo : Nordin Amrabat (Malaga, MAR) et Aymen Mathlouti (Étoile du Sahel, TUN), 1 %

Source France 24

Le Pèlerin

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 19:48

Algérie - La hausse du carburant vient s'ajouter à la dépréciation du dinar.

Algérie - Chute des cours du pétrole : les Algériens face à une période d'austérité

Pour faire face à la chute des cours du pétrole, le gouvernement algérien a été contraint de réduire ses subventions sur le carburant, l'électricité et le gaz. Résultat : le pouvoir d'achat des Algériens est lourdement impacté.

Les Algériens sont entrés dans une période de vache maigre. Depuis le 1er janvier 2016, les automobilistes paient jusqu'à 40 % plus cher le litre d'essence et de gazole. En cause : l'effondrement des cours du baril du pétrole.  

Pour pallier cette chute, le gouvernement a d'abord décidé d'agir sur les budgets d'équipement en suspendant de nombreux projets. Mais il est désormais contraint d'affecter directement le portefeuille des citoyens.

Cette hausse du prix des carburants en a mécaniquement entraîné d'autres, malgré les promesses du gouvernement. Les taxis et les transporteurs de voyageurs par autobus l'ont rapidement répercutée sur leurs tarifs. Les distributeurs de lait ont aussi observé une grève pour réclamer une révision de leur marge bénéficiaire sur les ventes de ce produit subventionné par l'État et dont les prix sont restés fixes depuis une dizaine d'années.

Dépréciation de la monnaie locale

Le pouvoir d'achat des Algériens est déjà fortement impacté par la dépréciation de la monnaie locale, responsable d'une augmentation importante des prix des produits importés. L'Algérie importe des biens d'équipement, des produits de consommation ainsi que des médicaments.

En un an, le cours moyen du dinar s'est officiellement déprécié de 15 % par rapport à l'euro, passant de 104 à 117 dinars pour un euro. Mais le cours réel des devises étrangères est fixé par le marché parallèle où l'euro a atteint 180 dinars en décembre.

Pour rassurer la population, les ministres se relaient sur le terrain et les plateaux de télévision pour affirmer que l'État est en mesure de faire face à une "crise passagère" après des années fastueuses marquées par une hausse des salaires et une consommation effrénée. À la fin décembre, le président Abdelaziz Bouteflika lui-même a tenté de rassurer ses compatriotes lors de la signature de la très controversée loi de finances 2016 qui incluait l'augmentation des prix des produits énergétiques.

Érosion des finances publiques 

Ce qui n'a pas empêché le gouverneur de la Banque d'Algérie Mohamed Laksaci de s'alarmer de la forte détérioration des finances publiques. Selon lui, les réserves de changes ont fondu de 32 milliards de dollars entre septembre 2014 et juillet 2015, passant de 185 milliards de dollars à 152 milliards.

La fonte de ces réserves en devises va s'accélérer, prédit Mohamed Lalmas. "À la fin 2016, elles ne dépasseront pas les 100 milliards de dollars. Nous nous dirigeons vers une catastrophe avec un déficit budgétaire de 40 milliards de dollars qui sera impossible à résorber en raison de l'érosion continue des ressources du fonds de régulation des recettes" (FFR), prévient cet expert.

Constitué par l'excédent des recettes d'hydrocarbures à partir d'un prix prévisionnel de 37 dollars le baril, le FRR sert à financer le déficit budgétaire mais aussi des mesures urgentes du gouvernement qui lui permettent d'acheter la paix sociale. Selon, l'expert et ancien ministre Bachir Msitfa, le FRR ne disposera que de 21 milliards de dollars à la fin 2016 contre 60 milliards de dollars au début de 2015.

Pendant les trois premiers mandat du président Abdelaziz Bouteflika, de 1999 à 2014, l'Algérie avait lancé trois grand programmes de relance économique d'un montant de 500 milliards de dollars en profitant d'un prix de baril de pétrole à plus de 100 dollars.

Pour son quatrième mandat, le programme quinquennal (2014-2019) s'élève à 264 milliards de dollars. Mais la chute des cours des hydrocarbures conjuguée à de vaines tentatives pour diversifier une économie mono-exportatrice risquent de freiner cette relance.

Source France 24 AFP

Le Pèlerin

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