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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 06:08

Algérie – Santé - 35 % des algériens adultes sont hypertendus

sante hypertension

 

Près de 35 % de la population adulte algérienne sont hypertendus, a indiqué samedi le président du Club des cardiologues de Constantine à l'ouverture d'une journée régionale de cardiologie, organisée à l'université Emir-Abdelkader.

Cette prévalence nationale qui équivaut, selon les statistiques de la Société algérienne d'hypertension artérielle (SAHA) à 7 millions de personnes, "est alarmante et incite à mener et à multiplier les actions de sensibilisation et de prévention", a ajouté Dr. Karim Grid, cardiologue libéral exerçant à Constantine.

Le responsable du Club organisateur de cette rencontre, consacrée au thème "Hypertension artérielle et pathologie coronaire", a précisé que le personnel médical traitant "est appelé à mettre à jour sa stratégie de prise en charge de ces pathologies cardiovasculaires, en se concentrant sur la prévention des facteurs à haut risque, préalablement à la prescription des médicaments".

Le tabagisme, la cholestérolémie, le stress, l'obésité et le diabète, très répandus en Algérie et dans le monde, constituent les principaux agents contre lesquels le médecin spécialiste doit tout d'abord lutter, a affirmé Dr. Grid qui s'exprimait devant une assistance composée de cardiologues et de médecins généralistes venus de 17 wilayas de l'Est du pays.

La lutte contre ces agents, a-t-il dit, "ne peut être efficace que si elle est accompagnée d'actions de sensibilisation et de suivi sur le terrain", ce qui implique, en premier lieu, selon lui, la famille du patient, la société civile et enfin le médecin généraliste en tant que premier praticien sollicité par le malade.

Source El Watan APS

Le Pèlerin

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 00:10

Mariages en Kabylie : simplicité et respect des traditions

mariage_kabyle.jpg

 

Ancestral - Quand un jeune homme désire se marier, il doit envoyer sa famille, généralement sa mère accompagnée de ses sœurs ou d’autres femmes proches de la famille, pour faire la demande.

Une fois la main de la jeune fille accordée, ses beaux-parents lui apportent des cadeaux à chacune de leurs visites, notamment à l’occasion de l’Aïd. Généralement, les mariages en Kabylie ont lieu durant l’été. Cette saison coïncide avec les congés des travailleurs, les vacances des enfants et le retour au bled des émigrés.
La famille se réunit dans sa totalité durant l’été et en profite pour célébrer les différentes fêtes, que ce soit un mariage, une circoncision ou des fiançailles... La famille du marié se rend deux fois à la maison de la mariée, avec deux cortèges. Mais avant le cortège de «henné», les parents de la mariée reçoivent la semoule, un mouton ou une cuisse de bœuf, de l’huile d’olive, des fruits et légumes et d’autres denrées alimentaires. Ces ingrédients serviront au repas préparé pour les personnes qui feront partie du cortège.
Dans les deux familles, les femmes du village roulent le couscous quelques jours avant la fête du mariage. Généralement, le premier se déroule le vendredi (avant l’instauration du nouveau week-end c’était jeudi). C’est un petit cortège composé de quelques voitures. Il s’agit du cortège du «henné». La famille du marié invite les proches et amis pour se rendre chez la mariée.
Ces invités de «marque» ont droit à un déjeuner servi en leur honneur par la famille de la mariée. Dans certaines régions, après le henné, un imam procède à la cérémonie religieuse de la lecture de la Fatiha pour unir les deux époux. Lors de cette petite cérémonie, le père ou un membre de la famille de l’époux met sur la table autour de laquelle se réunissent les membres des deux familles une liasse de billets.
Et le père de la mariée ou son tuteur prend généralement 2 000 DA. «Cette somme doit aller directement à la mariée», annonce l’imam aux membres de la famille de la mariée. «Cet argent, est la propriété de l’épouse et personne n’a le droit de le lui confisquer.» Le deuxième cortège plus important en nombre de personnes et de véhicules se déroule le lendemain. Cette fois-ci, les personnes qui font le déplacement n’ont pas droit à un déjeuner, mais la famille de la mariée leur sert des boissons et des gâteaux.
Ce deuxième cortège emmènera l’épouse dans sa nouvelle maison. Elle est installée dans un véhicule orné de roses et même de mendils, une sorte d’écharpe attachée sur le capot du véhicule, généralement de luxe.

Halte au tapage nocturne
Les cérémonies de mariage, notamment les fêtes nocturnes qui se poursuivent jusqu’au petit matin, ne font pas que des heureux. En effet, de nombreux citoyens se plaignent du tapage nocturne que font leurs voisins qui célèbrent des fêtes de mariage, de circoncision et dernièrement même pour l’obtention du baccalauréat. Certaines familles qui font dans l’excès de zèle font appel à des disc-jokeys qui perturbent la quiétude des gens deux nuits d’affilée, voire trois. Cela cause de nombreux désagréments aux riverains qui ne peuvent pas dormir. Et cela sans parler de ceux qui ont des bébés, des malades et les personnes âgées et les travailleurs qui doivent se lever tôt. «Franchement, ma famille vit un véritable calvaire chaque saison estivale à cause des disc-jokeys», nous dit un citoyen d’un village de la région de Boghni qui habite à proximité de la place centrale du village où se déroulent les galas de mariage. «Dans le passé, les gens organisaient une soirée musicale pour fêter les mariages et les circoncisions, mais maintenant, certaines familles exagèrent en organisant deux soirées musicales. Les va-et-vient des gens près de nos maisons nous perturbent, sans parler de certaines personnes qui boivent de l’alcool à cette occasion et provoquent de temps à autre des bagarres et des disputes», raconte notre interlocuteur.

Une affaire de famille
Le mariage occupe une très grande place dans la culture kabyle. Une famille dont le fils a atteint l’âge adulte aura pour souci principal de lui trouver une femme qui lui convient.

Tous les membres de la famille ont leur mot à dire quant à la personne que le fils va épouser, car c’est aussi une alliance entre deux familles. La puissance d’une famille kabyle dépend entre autres des mariages. Dans certaines grandes familles, les stratégies de mariage sont très complexes et créent parfois beaucoup de conflits internes. Il fut un temps où le mariage le plus apprécié était endogame, entre cousins paternels car il permettait à la jeune mariée de garder le même nom et de garantir la stabilité du couple, qui se connaît depuis l’enfance.
Aujourd'hui, que les familles se sont dispersées dans les villes, les choses ont changé et les mariages internes sont de moins en moins courants. Néanmoins, les traditions et coutumes de la cérémonie de mariage restent les mêmes. Une fois la mariée choisie, les hommes établissent les conditions du mariage et déterminent «taâmamt» que la famille du marié devra verser à celle de la mariée. Une fois que toutes les conditions sont posées et acceptées, le mariage peut avoir lieu. On procède alors à la préparation du couscous qui sera roulé par les femmes des deux familles. La cérémonie du henné est accompagnée de quelques rites qui diffèrent d’un village à l’autre, comme casser un œuf sur le linteau de la porte ou encore l’eau que la belle-mère offre à boire à la mariée. Le jour du mariage, la famille du marié forme un cortège et va chercher la mariée chez ses parents. Autrefois, la mariée était transportée à son nouveau domicile à dos d’âne ou de mulet, à condition que son village et celui de son mari soient proches. Avant de sortir de chez elle, la nouvelle mariée est préparée avec soin, elle est vêtue de tenue traditionnelle comportant «thaksiwt», «tabniqt» et un foulard kabyle sur le visage.

A domicile
Contrairement aux mariages des citadins qui sont généralement célébrés dans des salles de fêtes, la quasi-totalité des fêtes en Kabylie, notamment dans les villages, se déroule à domicile.

Les gens préfèrent célébrer leurs fêtes chez eux pour plus d’intimité et plus d’ambiance et moins de frais aussi. En plus de cela, l’architecture des maisons kabyles offre la possibilité d’organiser de grandes fêtes à domicile. Qu’elles soient anciennes ou nouvelles, elles disposent presque toutes d’un espace libre appelé communément «afrague».
Les jours ordinaires, cette espèce de cour sert à étendre le linge et même à manger en plein air. Dans les occasions exceptionnelles que ce soit pour un mariage ou un décès, cet espace, qui fait partie de la maison, sert à accueillir les invités, mais aussi à abriter les soirées musicales lors de la célébration de différentes fêtes.
Dans le passé, toutes les fêtes étaient célébrées sur la place centrale du village, mais ces dernières années, certaines familles préfèrent les organiser à domicile pour plus d’intimité, pour faciliter l’organisation de la fête et surtout pour une meilleure prise en charge des invités. Par exemple, dans la région de Boghni, notamment au village Aït Imghour, la plupart des fêtes sont organisées au niveau des places publiques de chaque village.
Que ce soit un orchestre ou «idebalen» (troupe musicale composée de quatre artistes : deux qui jouent de la flûte et deux autres du tambour). Si, les habitants du village ne sont pas tous invités aux fêtes de mariage ou circoncision, ils sont en revanche les bienvenus à la fête qui se déroule en plein air au niveau de la place du village. Les gens se rassemblent, hommes, femmes, vieux et jeunes pour y assister.
Les hommes se placent d’un côté de la scène et les femmes de l’autre et assistent dans un respect mutuel à la cérémonie qui durera jusqu’à une heure tardive de la nuit. La saison estivale a toujours été l’occasion des grandes festivités familiales avec les fiançailles, les mariages et les circoncisions.
C’est à qui fera résonner les tambours le plus fort et le plus longtemps. Certaines fêtes durent plusieurs nuits Une dot symbolique
En Kabylie, la dot du mariage destinée à la mariée est très symbolique. A titre d’exemple, dans la majorité des villages de la région de Boghni, la dot ne dépasse pas les 2 000 DA. «Quand on marie nos filles, nous n’exigeons pas de l’or à son mari et à sa famille, nous demandons juste que notre fille vive heureuse dans sa nouvelle famille. Nous cherchons sa stabilité et la réussite de son mariage. C’est ce qui compte à nos yeux», nous a indiqué ammi Saïd qui a uni plusieurs couples dans la région. Il n’est un secret pour personne que la dot en Kabylie est très symbolique par rapport à celle exigée dans d’autres régions du pays. En effet, dans certaines wilayas, la dot peut aller jusqu’à 300 000 DA, à l’instar de Tlemcen et Constantine. «Ce qui importe pour nous quand un homme se présente pour demander la main d’une jeune fille, c’est qu’il soit sérieux, de bonne famille, qu’il ait un travail stable. Il faudrait faciliter le mariage à nos jeunes qui, il faut le dire, se marient de plus en plus tard pour les deux sexes.», nous dit un des sages du village d’Aït Imghour.

Les fêtes à la maison
Il est vrai que, dans certaines régions, les moyens financiers permettent de célébrer la fête dans une salle des fêtes, ce qui commence à devenir une habitude et même une coutume. En effet, les aléas de l’organisation, de la gestion et de la finalisation des festivités devenant un problème et un handicap pour les petites bourses et les gens qui n’ont pas l’espace adéquat pour organiser une cérémonie comme ils le désirent. La salle des fêtes est si vaste que tout le monde peut y être invité, sans contrainte. Mais il n’en demeure pas moins que les fêtes organisées par les gens, dans leur propre domicile, gardent et garderont toujours leur charme. Les fêtes d’antan se rappellent à nos mémoires et la nostalgie fait le reste.

Les bijoux en argent
La mariée portera ses bijoux : les bracelets «imecluxen» aux poignets, «ixelxalen» aux pieds - ils ressemblent aux bracelets - et des broches «ibrac» sur la poitrine. «Ixelxalen» seront portés sur d'autres bijoux pour les pieds appelés «rdif». Ces derniers sont là pour protéger les jambes des femmes, car «ixelxalen» sont des bijoux très lourds et peuvent blesser la femme qui les porte au niveau du talon - «tawetzit». Elle portera aussi «tazlagt» au cou ainsi que «taqlat» - une chaîne de clous de girofle -. Autrefois, la mariée portait aussi sur son front un diadème «taasabt». De nos jours, le diadème étant très cher, il est remplacé par «tavezimt» - une grosse broche ronde. Une fois la mariée prête, on lui mettra sur les épaules un burnous. Il y a des villages où les mariées se parent de feuille de basilic, qui seront déposées sur leur tête en forme de couronne. Elle portera aussi quelques feuilles de basilic à la main. Durant tout ce rituel, la femme qui aidera la mariée a s'habiller chantera.

Le 7e jour d’autrefois
Selon les traditions dans plusieurs régions de la Kabylie, la mariée ne s’astreint à aucune tâche durant les 7 jours qui suivent son mariage. On lui ôte la ceinture qu’elle porte pour la remplacer par une autre en laine. Puis, elle va préparer du pain ou des beignets. Elle s’habille pour aller chercher de l’eau à la fontaine accompagnée des femmes de sa famille en chantant. Elle devra remplir la jarre en une fois. Si ce n’est pas le cas, on pense que la mariée ne restera pas avec son mari. Puis elle donnera à boire aux enfants. Une fois rentrée, elle ira rendre visite au protecteur du village appelé «Aassas», la tombe de l’ancêtre du village à qui elle laissera de l’argent. La mère de la mariée qui, dans certains villages, ne revoit pas sa fille depuis que cette dernière a quitté la maison paternelle, ira lui rendre visite.
Parfois, c’est la mariée accompagnée de son mari et sa belle-famille qui rendent visite aux parents.

Source Infosoir Madjid Dahoumane
Le Pèlerin

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 08:37

Algérie - De la nécessité de lutter pour la démocratie, expliquée par A+ B

changement

 

Il y a quelque chose qui se prépare dans le pays, pour le pays et contre le pays, et qui s'aggrave : moins de liberté, de possibilités, de droits et de citoyenneté. Cela a un nom : Réformes. Et c'est pire que la molle dictature d'avant. Le Printemps arabe nous apporte, à nous, le contraire : les associations sont désormais dépendantes de leur clintélisme, n'ont pas accès aux financements indépendants et étrangers et obéissent au doigt et à l'œil. Les partis politiques qui ne sont pas amis n'ont même pas le droit de se voir opposer un refus : ils ne peuvent même plus prétendre à déposer un dossier. L'ENTV reste l'ENTV mais avec un peu plus d'argent «privé». Les femmes restent la moitié des hommes et même pas le un tiers des listes de candidatures, etc. La liste des fausses réformes s'allonge puisque ces « réformes » vont s'approfondir. Elles sont l'œuvre noire d'élus qui sont eux-mêmes à réformer. Du coup, craignant pour leur pain, ces élus et leur régime tuteur font dans le sens du pire et pas dans le sens de notre bien. Il s'agit de leur liberté contre la nôtre.
Mais en quoi peut importer un Algérien qu'une loi restrictive se décide contre les associations ou les partis ou la liberté d'expression ? Réponse immédiate : en rien. Car la capacité de calcul de chacun s'arrête à deux jours plus trois ans et quatre salaires. La facture de moins de liberté, de moins de contrôle sur les dépenses et de moins de démocratie ne se voit pas dans l'immédiat pour la foule et les siens. Il y faut des années. Et après des années, le Mal devient presque irréversible ou seulement avec de l'effort, du martyre et des sacrifices et du sang. Dans quelques années, les Algériens verront encore plus qu'ils s'enrichissent moins avec leur travail que d'autres avec leurs magouilles. Ils gémiront en chœur mais ne feront pas le lien entre la démission d'hier et la hogra de demain. Et cela, la raison : le beylik mental de l'avenir. L'espace public importe peu pour l'Algérien parce qu'il « appartient au beylek ». L'espace mental aussi.
Imaginons : un Algérien aujourd'hui qui rage de voir son fils mal noté dans une école parce que les bonnes notes obéissent à la loi générale de la corruption, s'achètent, se monnaient ou s'obtiennent par le chantage et la force sur les enseignants. Cet Algérien va pester, gémir, rager, casser ses poings sur un mur imaginaire puis maudire l'indépendance, les ancêtres et la guerre de Libération. Il y a vingt ans, cet homme a peut-être écouté ou lu avec insouciance une histoire qui raconte comment un nouveau directeur d'école a été nommé à Aïn Ailleurs sur la base d'un concours faussé, d'une « intervention », d'une pression, d'une fraude ou de la tribu. Cet Algérien n'a rien dit à l'époque parce que cela se passe à Aïn Ailleurs et que lui habite à Oued-Ici. Et pourtant, il y a un lien, lent et solide entre ce faux directeur d'il y a vingt ans et la note de son fils d'il y a deux jours. Il y a toujours un lien entre une lâcheté brève et une défaite lointaine. Il y a un lien entre notre soumission d'aujourd'hui, notre complicité et nos misères de demain et les misères de nos enfants. On est toujours complice d'un crime, quelque part, quand on se tait ici. Et cela vaut pour tout et en toute situation. La corruption, la hogra, le sous-développement, la saleté ou l'injustice sont nés, parce qu'un jour, quelque part, chacun d'entre nous s'est tu et n'a rien dit, sur un petit détail ou un lointain scandale.
Le silence d'aujourd'hui, sur ce qui se fait de ce pays, sera le cri de demain quand ce pays sera une injustice plus grande commise sur chacun. Un cri dans une salle vide car on l'aura vidé soi-même. Par son indifférence.

Source Le Quotidien d’Oran Kamel Daoud

Le Pèlerin

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 08:14

Quelle place pour l'Algérie ?

Bouteflika 2

 

«Les pires choses en général sont faites des meilleures qui ont mal tourné». V. Hugo
Des voix de plus en plus nombreuses, qui ne cultivent pas spécialement le pessimisme bien national, prédisent l'impasse pour les réformes voulues par M. Bouteflika. Le fossé, déjà immense entre le pouvoir et l'opposition, s'est élargi, à supposer que cela soit possible encore. Les gouvernants passent en force dans tous les domaines, sans se soucier une minute de ce que disent les élites, les experts nationaux, étrangers, et de ce que propose l'opposition. La pensée unique s'estime indépassable malgré les multiples changements de cap, les scandales financiers à répétition, la déliquescence du système éducatif et le délabrement des hôpitaux qui sont devenus un problème de sécurité nationale. Juste à côté, la Tunisie et le Maroc, pacifiquement et dans les limites imposées par leur histoire récente et dans des registres différents, cumulent des progrès démocratiques, soumis à de nombreux aléas, et instaurent pas à pas des consensus entre des partenaires dont les orientations sont pourtant fortement contrastées.
Des majorités conformes aux réalités du terrain sont générées, le débat contradictoire et un grand civisme scandent la vie politique de ces deux pays, pour le moment, avec la bénédiction des grandes puissances qui sont les premières économies et des démocraties si enviées dans les pays arabes et africains. Les évolutions au grand jour, quelles que soient les lectures faites sur la Tunisie, la Libye et le Maroc, ne peuvent laisser en l'état ce fameux Maghreb chanté depuis les années cinquante et toujours en chantier. Si l'histoire semble prendre de la vitesse dans cette région stratégique pour les intérêts américains et européens, les partis à l'APN et le gouvernement ne font montre d'aucune idée nouvelle et encore moins d'une réflexion après débat sur le Maghreb nouveau dont les contours sont sculptés devant toute la planète. La place de l'Algérie dans cet espace, le fonctionnement, de nouvelles structures à imaginer dans cette contrée ne semblent intéresser que très peu de politiques en Algérie. Seuls le parti, le fauteuil et la rente sont les «constantes».
Les opposants d'hier au Maroc, en Tunisie sont aujourd'hui au gouvernement, à la présidence et ont une large représentation au sein du législatif. Comment aller à un Maghreb unitaire, en faire une voix économique qui porte tout en excluant l'opposition algérienne et en verrouillant l'information, la culture, le mouvement associatif et le débat démocratique ? Ces questionnements, complètement occultés par l'exécutif et le législatif en Algérie, sont pourtant urgents. La Tunisie et le Maroc, sans tirer des plans sur la comète, une fois des institutions librement choisies, des pratiques démocratiques installées auront à cœur, chacun de son côté, pacifiquement, de devenir leader dans un Maghreb différent de celui d'aujourd'hui. Les intérêts des grandes puissances poussent à un Maghreb cohérent sur le plan économique, proche des standards universels en matière de gouvernance, des droits de l'homme, d'investissements étrangers et des libertés. Où va se situer l'Algérie dans ce qui apparaît au grand jour ? Le monde arabe, l'Afrique et le Maghreb seront complètement différents des schémas en vigueur, il y a à peine quelques mois, n'en déplaise aux rentiers bureaucratiques.
On a bien vu la Ligue arabe, une caisse creuse, condamner des régimes qui étaient, il y a si peu, ses «joyaux». On a bien vu des dirigeants arabes financer, participer militairement à la chute de dictateurs qui ont la même langue et la même religion que celles de leurs «Brutus». La grande mécanique mise en marche, les feuilles de route distribuées, et les tribunaux internationaux qui prennent de nouvelles activités ne laisseront indemne strictement aucun pays arabe en dehors des restructurations stratégiques managées par les USA, Israël et l'Europe. Les enjeux sont clairs, simples et parfaitement lisibles. Quelle place, à quel prix, comment et avec qui ? Ce sont là quelques questions posées au pouvoir, aux élites, à la société civile et à l'opposition algériens, et dans l'urgence. La crise qui frappe durement toute l'Europe et l'Amérique va rendre plus fébriles, plus exigeants et, surtout, plus menaçants les maîtres du monde vis-à-vis des régimes sanguinaires, conservateurs ou qui traînent la patte devant des réformes qui seront mises en place, de gré ou de force. Même les riches dynasties en Arabie Saoudite et au Koweït sont prises de panique et doivent faire des concessions à l'intérieur, à leurs protecteurs-tuteurs, aux opinions et ONG occidentales.
En Algérie, il y a des forces archaïques, rentières et peu compétentes qui pensent que le pétrole ne peut pas baisser, que l'Algérie de 2012-2013 sera la même, avec les mêmes mécanismes qu'en 2009-2011. Ce qui reviendrait à croire que, partout, des mutations se font et que l'histoire en Algérie est figée pour l'éternité. Or, pour les grandes puissances où les dirigeants pensent, font de la prospective, de la planification autour de consensus internes puissants et de démocraties durables, il y a des priorités, un calendrier et un plan d'action. En plus des problèmes sécuritaires, économiques, culturels, sociaux et de représentation, les dirigeants algériens auraient tout intérêt à inclure d'autres acteurs dans la marche du pays, à prévenir, sinon prévoir et anticiper. Pour que la place de l'Algérie dans le monde soit consensuelle et protégée par tous, un front intérieur, patriotique, et en adéquation avec la rapidité des changements qui se font au Maghreb et au-delà. L'omniscience de responsables jamais élus nulle part, qui savent tout et mieux que toute la matière grise planétaire, ne fait même plus sourire. Elle fait peur quant à l'avenir du pays qui peut être entraîné par ses dirigeants dans les ténèbres des conflits intérieurs.
Source Le Quotidien d’Oran Abdou B.

Le Pèlerin

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 08:03

Algérie - La démocratie ne profite pas aux démocrates

socrate lecon de vie

 

 

Il est des dichotomies qui sont usées par le temps, presque ringardisées. Celle qui opposait le monde réel à son avatar, le monde virtuel, semble dépassée aussi bien par les faits que par la théorie. L'individu, jadis citoyen d'un pays et habitant d'une terre ou sujet d'une autorité, prend ses « clics » et ses claques et va à la conquête de cette plateforme qu'est le Web 2.0, devenant, par là même, acteur dans un système où il est plus aisé de surfer sur la vague tout en tissant sa toile. Et si ce monde que l'on pensait virtuel s'avérait être la plus concrète des contrées ?
Ce qui est convenu d'être d'appelé le Web 2.0 est une évolution d'internet vers plus d'interactivité. Wikipédia (l'exemple-type) nous fournit une première définition de cette expression : l'ensemble des techniques, des fonctionnalités et des usages d'internet qui contribuent à l'échange d'informations entre internautes, créant ainsi un web social, où ces derniers deviennent des acteurs actifs sur la toile.
Le magazine américain Time, en désignant l'ensemble des internautes générant du contenu sur internet, en tant que « personnalité de l'année 2006 », a été l'un des premiers observateurs à avoir mis la lumière sur ce phénomène qui n'en finit pas de susciter le débat. Avec ces médias sociaux et interactifs, c'est un nouveau rapport qui s'instaure entre les citoyens et la chose publique. C'est un espace public formé autour de personnes privées faisant un usage public de tout, et régi par le principe de publicité
– cher au philosophe allemand Jürgen Habermas- par opposition au secret du pouvoir...
On a pu lire cette semaine une actualité pour le moins originale qui nous vient d'Islande : après que le peuple islandais se soit clairement exprimé en donnant une fin de non-recevoir à ceux qui voulaient lui faire porter le chapeau de la faillite financière des banques en 2008, les autorités ont choisi de faire participer l'ensemble des citoyens connectés à travers les réseaux sociaux pour réécrire la constitution. Avec les deux tiers des habitants sur Facebook (la population la plus informatisée au monde), cette forme de démocratie collaborative parait presque « normale » dans ce contexte.
Que dire alors de l'initiative de deux jeunes Marocains, qui ont eu l'idée géniale de soumettre la constitution marocaine au débat sur internet, à travers la mise en ligne d'une véritable plateforme participative ? Le procédé est peut-être trop simpliste : les internautes approuvaient ou non chaque article de la constitution, avec la possibilité d'introduire un commentaire. La nouvelle constitution a fini par être votée, mais cette initiative a mobilisé toute une partie de l'opinion publique marocaine, comme en témoignent les 19 249 participants à ce débat électronique, dont la majorité (76 %) a approuvé le texte, loin des 97,58 % des résultats officiels. Dans un avenir proche, le temps de la démocratie représentative et de la délégation passive semblera révolu, grâce à ce nouveau rapport à la chose publique. Cet avenir commence maintenant. Les internautes détiennent désormais un outil efficace, qui leur permet notamment de fabriquer un autre rapport au politique. Le cyberespace public 2.0, c'est surtout la fin de l'intermédiaire. Ces citoyens, d'un nouveau genre n'attendent plus qu'on leur propose de participer : ils font leur politique, par et pour eux-mêmes. L'Algérien ne s'est pas fait prier pour rejoindre ce nouveau monde, où l'on va ni sur un bateau ni au dos d'un chameau, mais par un simple clic. Ce monde est l'histoire d'hommes et de souris. Cette nouvelle agora est, en Algérie, à la fois le prolongement et la métamorphose d'un espace public « classique » qui n'existe plus, sinon modestement ; un des derniers bastions de la liberté d'expression inconditionnelle et sans frontières, une analogie d'une certaine idée de l'exercice de la démocratie ; et enfin, une promesse d'un avenir meilleur. Ces nouveaux espaces ont, au moins, le mérite de faire valoir la parole du peuple, cette majorité silencieuse. Ou du moins faire entendre leur voix. Chaque commentaire d'un sujet politique sur Facebook sonne comme une sentence et exprime une prise de conscience. Et jamais le verbe «aimer» n'a aussi bien rimé avec conviction et détermination. A défaut d'un « j'aime » convainquant, voici enfin venu le jour où l'on peut voir et lire des «j'aime» convaincus ! Nous sommes de plus en plus nombreux à aller sur internet, non pas dans la simple intention de chercher des informations, mais pour y laisser une information. Cette information est souvent un avis ou un commentaire. On passe souvent plus de temps à éplucher des commentaires sur un site d'information qu'à lire les articles. Les commentaires s'avèrent plus intéressants et significatifs que les articles qu'ils sont censés commenter. Une journée ordinaire d'un e-citoyen Algérien pourrait se résumer, dans la plupart des cas, en un cycle répétitif de tâches et une activité systématique qui consiste à critiquer l'actualité. S'il a un avis sur tout, cet e-citoyen est généralement régi, dans cette activité critique par la même logique dogmatique de son rapport avec les thèmes d'actualité, logique qui détermine également son rapport avec les autres sujets de son monde et les objets de la vie de tous les jours. On retrouve sur internet presque les mêmes schémas d'interaction, entre les acteurs d'un même système, qu'offre le spectacle des rapports humains au sein des groupes sociaux.
L'analyse de cet espace d'échange manifesterait un phénomène, certes pas insolite, mais néanmoins intensifié par la nature de ce médium : une dichotomie entre deux catégories d'internautes, dont la différence se situe surtout dans leurs conceptions respectives du projet de société qu'ils souhaitent. Cela se traduit par deux regards, symétriquement opposés, sur les thèmes proposés par l'actualité. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec l'actualité dense de l'année 2011, ils n'ont pas manqué l'occasion de révéler cette différence.
S'il est plus fréquent de parler d'une dichotomie opposant démocrates ou laïques et islamistes (termes génériques et souvent causes d'amalgames), on préfère en utiliser une autre, empruntée au sociologue Algérien Djamel Guerid, lequel, décrivant le processus d'industrialisation de la société algérienne dans les années 1970 puis en examinant les maux de l'université algérienne des années 1990, propose un modèle d'analyse opposant, dans un système, acteurs classiques et acteurs majoritaires.
Dans son excellent essai « L'exception algérienne », D. Guerid revient à ce qu'il voit comme l'origine de la dualité culturelle (et accessoirement linguistique) dans la société algérienne : deux perceptions de l'idée de la résistance : « La résistance-dialogue » et la résistance armée, incarnées respectivement par deux figures de l'Histoire de l'Algérie au début de la colonisation française : Hamdan Khodja et l'Emir Abdelkader. Si tout les deux furent deux noms importants dans l'histoire de la résistance contre le colonialisme, d'autres paramètres les distinguent l'un de l'autre. Le premier fut un aristocrate, fin connaisseur de la civilisation occidentale et polyglotte. Le second, venait d'un milieu rural et fortement imprégné de la culture religieuse et de la langue arabe.
La première moitié du vingtième siècle vit la reproduction de cette dualité qui divisera l'Algérie en deux tendances culturelles différentes, celle des modernistes francophones et celle des conservateurs arabophones. Evidemment, il serait insensé de penser cette séparation comme une muraille étanche entre les deux tendances, mais il serait également absurde de réfuter son existence. La nouvelle ère d'indépendance verra le prolongement de cette dualité, qui s'étendra jusqu'à toucher tous les pans et les aspects de la société algérienne et ses institutions, à commencer par l'université.
L'étudiant « classique », héritier de la tradition moderniste francophone, a été le premier à se manifester sur la scène de l'université algérienne à l'aube de l'indépendance. Mais ce représentant d'une « élite au cœur de la modernité occidentale » a laissé sa place, dès les années 1970, à une autre figure, celle de l'étudiant « majoritaire ». Cela va s'accentuer davantage, puisque l'université des années 2000 a été dans l'impossibilité de reproduire le modèle de l'étudiant classique.
Le cyberespace public algérien 2.0 est, en quelque sorte, un substitut de l'université telle qu'elle devrait être, c'est-à-dire un espace d'échange, tout en prolongeant la dualité culturelle que l'on constate à l'université. Grâce à la visibilité qu'offrent ces médias alternatifs et la facilité d'accès à la parole publique dont dispose « l'internaute majoritaire », celui-ci est plus que jamais présent dans l'espace public, s'affirmant même comme une catégorie majoritaire. Tout comme son aîné, l'étudiant majoritaire, l'internaute majoritaire est plutôt de langue arabe et de culture islamique. Rien d'étonnant donc à ce que les quatre sites algériens les plus visités soient des sites de journaux algériens arabophones. Si le tournant « islamiste » des printemps démocratiques a surpris plus d'un observateur de la chose politique dans les pays arabes, cela n'aurait pas été le cas si l'on avait pris le temps d'observer ce qui se passe dans le cyberespace public 2.0. Ce dernier s'érige désormais comme un vrai baromètre des dynamiques sociales. Nourri par l'actualité, il est quotidiennement terrain de confrontations entre «internautes majoritaires », convaincus ou séduits par le courant islamique, et « internautes classiques », devenus, par la force des choses, une minorité composée de « démocrates », parfois de tendance laïque, qui sont souvent conditionnés par une logique d'opposition plutôt que par des convictions. A l'origine de cette discorde, on peut trouver deux perceptions différentes de la démocratie et de la question de l'accès à l'espace public. Contestant le choix de la majorité, la minorité « démocrate » risque d'être discréditée par son propre discours. Si ce clivage n'annonce, en apparence, rien de nouveau dans une Algérie qui en est habituée, son déplacement à ce cyberespace public 2.0, risque de favoriser enfin une certaine Algérie, l'Algérie profonde, l'Algérie des « majoritaires », au détriment d'une autre Algérie, représentée et fantasmée par beaucoup de ses intellectuels, qui parlaient d'une société qu'ils croyaient connaître. C'est la fin des intermédiaires. Comme quoi la démocratie ne profite pas forcément aux « démocrates » !

Source Le Quotidien d’Oran Faycal Sahbi

Le Pèlerin

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 06:04

Le pragmatisme des entrepreneurs algériens et leurs homologues français

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Une rencontre entre entrepreneurs algériens et leurs homologues français n'est jamais dénuée de passion et d'histoire. Les deux parties reviennent aux affaires, à l'accroissement du partenariat économique, car les entrepreneurs sont des gens pragmatiques. Et les opportunités énormes de " croissance partagée " ne manquent pas, à condition de bien vouloir les saisir, d'un côté comme de l'autre.
Tel est l'enseignement, une fois de plus, de la rencontre franco-algérienne organisée le 24 novembre dernier à la salle des Congrès de l'Hôtel de Ville de Nanterre (France), en présence d'experts algériens et français comme Ameziane Medjkouh, premier vice-président de la Caci, Abdelatif Benachenhou, ancien ministre des finances, Boualem M'rakech, président de la CAP, Mohamed Said Nait Abdelaziz, président de la CNPA, Jean Luc Duhamel, président de la CGPME 92, Mounir Gaouar, président de ACFA 92 et Abdelkader Dehendi, consul d'Algérie à Nanterre. " J'entends dire que maintenant nos amis français ont beaucoup d'affection pour la Chine, à laquelle ils demandent d'accepter de partager sa croissance avec la France… J'ai beaucoup aimé cette phrase de Jean-Pierre Raffarin, prononcée ces jours-ci à l'occasion du Boao Forum de Paris. C'est vrai que la France en a besoin ! Je vais avoir l'occasion de rencontrer Jean-Pierre Raffarin, et je lui dirai : et si l'on faisait la même chose, entre la France et l'Algérie ?! " a déclaré de prime abord M Benachenhou, selon un communiqué parvenu à notre rédaction. Selon l'ancien ministre des finances, les nouveaux équilibres démographiques imposent en effet de nouveaux équilibres économiques. " On fait ça en partageant la croissance. Entre la rive nord et la rive sud de la Méditerranée, entre l'Algérie et la France. En nous attachant à faire en sorte que les "petits cailloux" dans la chaussure n'empêchent pas d'avancer. D'abord, il nous faut faire l'analyse correcte des besoins des uns et des autres, pour structurer les axes de la coopération. Ensuite, il faut avoir la volonté de faire, au niveau des hommes politiques - et que nos amis français acceptent aussi que l'on puisse porter un regard sur leurs besoins…Cette volonté de faire doit s'inscrire dans une vision de long terme. Avec un réel rôle des PME, inséparable de celui des grandes entreprises, qui passent maintenant leur temps à dire qu'elles ne sont pas assez accompagnées. Ce que je dis peut sembler banal, et pourtant !… " a-t-il ajouté. M. M'Rakech a souligné, quant à lui, que " la CAP souhaite que nous puissions aborder ensemble toutes les questions, sans restriction, et apporter des éléments de réponse claire ". Un partenariat efficace, viserait, selon lui, un développement économique et social et contribuerait à " sortir du carcan des hydrocarbures ". Il existe maintenant, a-t-il ajouté, d'importantes opportunités entre les entreprises françaises et algériennes, pour arriver à des résultats gagnant-gagnant. Cette forme d'alliance doit être expliquée par les parties concernées et approuvée dans un cadre légal ". " La demande est là ! le marché est là, ouvert à tous ceux qui veulent s'y consacrer ", s'exclama-t-il, évoquant notamment les énormes projets d'équipements d'infrastructures en cours en Algérie. Pour M Naït Abdelaziz, quoiqu'on dise des 450-500 000 entreprises algériennes, elles sont quand même opérationnelles… " déclara-t-il, avant de déplorer la " frilosité des entreprises françaises, tandis que, nous avons tout fait pour essayer de convaincre nos amis français depuis les années 1990, pour développer des complémentarités économiques ". En Algérie, releva-t-il encore, les parts de marché des entreprises françaises sont passées de 26 % dans les années 1990 à 16 % en 2011. " Qu'attendent les Français pour réagir ? " s'interroge Naït Abdelaziz, et cela d'autant plus que " les autorités algériennes ont engagé le processus d'assainissement de l'environnement des affaires ". Déclarant vouloir conclure sur une note optimiste, Naït Abdelaziz s'est dit " convaincu que 2012 verra la solution de nombreux problèmes dans l'amélioration de l'environnement des affaires, et qu'à l'occasion du nouveau plan quinquennal, les entreprises françaises sauront saisir les opportunités". Intervenant à nouveau, M Benachenhou fit observer que la question de l'amélioration du climat des affaires est une constante que l'on retrouve dans tous les pays, y compris les plus avancés, alors que l'économie algérienne s'est ouverte au secteur privé assez récemment, depuis les années 1990. Depuis, le secteur privé a obtenu satisfaction sur un certain nombre de points. Mais l'investissement productif en Algérie paraît parfaitement insuffisant. C'est un problème que nous avons dans les chiffres. Par exemple, aujourd'hui, les exonérations fiscales représentent un tiers de la fiscalité ordinaire perçue par l'Etat algérien. On s'attendrait à les retrouver quelque part en termes de

créations de richesse… Les exonérations ne sont pas des niches fiscales ! Dépenser des milliards de l'argent public sans ouvrir la voie à un relais par l'investissement privé, c'est s'exposer à quelques problèmes par la suite. Tous les acteurs d'une économie, pour qu'elle fonctionne bien, doivent bien avoir en tête une charte des droits et devoirs. Les autorités algériennes sont en situation de réclamer un effort sérieux en matière d'investissement privé et de formation. C'est là un champ de coopération entre entreprises françaises et algériennes qui me paraît tout à fait clair ! " Cela dit, concrètement, l'Algérie ne manque pas d'arguments attractifs pour les entrepreneurs. Par exemple : le prix du KWh, actuellement à 0,004 euro ! - contre en moyenne 0,13 € pour les particuliers et 0,06 € pour les entreprises, en France, au 1er juin 2011. Le SNMG (SMIC algérien) : à 150 euros, et bientôt à 180 euros - seulement !M Medjkouh a insisté sur les occasions ratées et de temps perdu entre la France et l'Algérie. “Nous en sommes maintenant conscients. Et nous nous trouvons dans un moment où nous bénéficions d'une exceptionnelle aubaine financière, que nous devons partager, mais sur la base de fondements économiques que nous devons définir ensemble, dans une dynamique de compréhension mutuelle. La PME est maintenant au cœur de la stratégie de développement économique algérien. Aujourd'hui, il y a la bonne volonté des autorités, des élus, et bien sûr des opérateurs économiques que nous sommes". Cela dit, et si les perspectives sont immenses, il ne conviendrait pas pour autant de trop assombrir le tableau : aujourd'hui quelque 430 entreprises françaises sont implantées en Algérie, et y emploient 35 000 personnes. Et plus de 10 000 entreprises françaises travaillent avec l'Algérie ". Jean-Pierre Gonon, vice-président de l'Association France-Algérie (créée dès 1963 !) que Jean-Pierre Chevènement préside depuis le début de 2011, souligna lui aussi ; " Oui, il y a une exception humaine franco-algérienne. Et nous avons beaucoup avancé vers la réconciliation. Comme l'a dit le Président Bouteflika, je crois que les entreprises doivent être au cœur de la coopération franco-algérienne, et particulièrement les PME. Il faut pour cela que les investisseurs français aient la volonté de participer véritablement au développement de l'Algérie, et à la stratégie de diversification industrielle qu'elle-même a mis au point. Une évolution favorable s'est fait jour, les Français me semblent maintenant prêts à accepter les nouvelles règles. Je suis assez optimiste en ce sens, depuis les dernières visites à Alger de MM. Raffarin et Lellouche. Il faut qu'au-delà des déclarations d'intention, les pouvoirs publics français prennent des mesures qui accompagnent l'engagement d'entreprises françaises en Algérie, via une agence de sécurisation du risque économique d'investissement… Faisons les choses bilatéralement chaque fois que c'est possible, car au multilatéral, on en parle depuis Barcelone en 1995 ". Duhamel tint d'abord à préciser que le 1,6 million de PME membres de la Confédération sont des entreprises dirigées par le " patronat réel", qui, la plupart du temps a engagé ses biens propres pour reprendre une entreprise, ou pour la créer… " Elles représentent un tissu socio-économique très fort, et réparti sur tout le territoire. C'est ce patronat indépendant que nous représentons, soit des entreprises de 250 employés maximum, et avec moins de 50 M€ de CA annuel… " Revenant sur le côté tatillon, maintes fois évoqué, de l'administration algérienne, Jean-Luc Duhamel a déclaré qu'en France, " quand on passe de 49 à 50 salariés, on se trouve avec 35 obligations administratives supplémentaires ! Nous aussi, nous avons à simplifier et optimiser nos procédures !… Et nous avons des difficultés à l'export ! Alors je vous fais une proposition : en ce qui nous concerne dans le 92 nous avons organisé depuis septembre une petite structure d'incitation, de validation et d'accompagnement du financement des entreprises à l'export. Si vous avez des demandes précises, dites-le nous ! D'autant que dans notre programme 2012 de la CGPME 92, nous avons programmé un voyage à Alger, éventuellement au moment de la Foire ". " Je voudrais insister, souligne l'ancien ministre : l'économie algérienne est en croissance, et nous voulons la renforcer. Cette croissance s'appuie sur quelques secteurs, chacun mérite d'être soutenu. Le secteur des hydrocarbures n'est certes pas une affaire de PME, mais l'Algérie a besoin de renforcer son secteur pétrolier, car nous devons découvrir de nouvelles ressources, et cela se fait avec des gens qui maîtrisent les compétences adéquates. Ensuite, et pour ne cibler que des secteurs où la France dispose d'un savoir-faire reconnu, je citerais le secteur de la construction. Il apparaît florissant, grâce à l'investissement de l'Etat qui finance beaucoup d'infrastructures, mais il est structurellement faible, car la taille des entreprises est très limitée, et le niveau d'organisation fragile. Cela dit, nous avons quelque 25-30 000 entreprises de BTP en Algérie. Et la France a de vieilles traditions et de fortes compétences dans ce secteur…Alors oui, je m'étonne que nous n'ayons pas de partenariat ! Autre exemple : l'Algérie a ouvert le secteur de la téléphonie en 2004. Je note que pratiquement tout ce qui est nécessaire est importé, y compris les experts nécessaires à son fonctionnement. Nos jeunes pourraient s'y insérer… en partenariat avec des entreprises françaises. Autre exemple, encore : le secteur agroalimentaire algérien est enclavé, sa structure est faible, il travaille essentiellement sur des produits importés. Nous devrions réfléchir ensemble aux conditions du développement d'une base locale au développement de la valeur ajoutée… " L'effort colossal d'investissement accompli par l'État algérien en matière d'infrastructures - transports, télécoms, énergie, eau… - est un nouvel atout pour l'attractivité de l'Algérie. Mais, sur la période 2000-2010, 85 % des investissements réalisés l'ont été par le secteur public ou des hydrocarbures. " C'est à la fois admirable et inquiétant, s'exclame M Benachenhou. “Si cet investissement public n'aboutit pas à un investissement de production par les entreprises, nous allons à un problème ". De fait, observe encore l'ancien ministre, toutes les entreprises du CAC 40 français période 2000-2010, 85 % des investissements réalisés l'ont été par le secteur public ou des hydrocarbures. " C'est à la fois admirable et inquiétant, s'exclame M Benachenhou. “Si cet investissement public n'aboutit pas à un investissement de production par les entreprises, nous allons à un problème ". De fait, observe encore l'ancien ministre, toutes les entreprises du CAC 40 français sont présentes en Algérie - où elles pourraient susciter beaucoup plus de partenariats avec des PME locales ! - et, en valeur absolue, la part française dans les importations algériennes n'a cessé d'augmenter, passant de 6,25 Mds $ en 2005 (25 % de parts de marché sur 25 Mds $) à 8 Mds $ en 2010 (16 % de 50 Mds $). Maintenant, ne peut-on pas aller vers plus de partage ? s'interroge Benachenhou. Je crois que les acteurs économiques français présents en Algérie ont un devoir moral et un intérêt matériel à développer l'investissement en Algérie. La France a l'expertise, l'Algérie a des besoins et des moyens : nous avons un immense réservoir de croissance à partager. Et quand les grands groupes se déploient dans un pays, les PME qui les accompagnent sont plus confortables…Je le répète volontiers : l'Algérie doit très sérieusement améliorer les conditions de son attractivité. Mais les conditions actuelles ne sont pas si négligeables ! Le redéploiement historique des entreprises françaises vers l'Espagne et l'Italie s'est fondé sur un coût du travail moindre, qui a augmenté, et comme ils ne peuvent plus dévaluer…Par ailleurs, relève-t-il, "je suis convaincu qu'une partie des 50 Mds du Fonds algérien de régulation des recettes pourrait servir à abonder un fonds d'investissement… Les atouts algéro-français sont énormes, mais il faudrait qu'ils soient rendus insensibles aux aléas de la politique politicienne”. Évoquant pour finir " la règle du 51/49 " qui, selon l'article 58 de la loi de finances complémentaire de 2009 impose aux investisseurs étrangers un actionnariat majoritaire algérien (51 %), et qui reste un sujet sensible côté français, l'ancien ministre déclare : On nous dit souvent : "vous n'avez pas de pointure 51 "… Mais, il y a des solutions techniques au 51/49 pour que chacun sauve la face. La loi dit que les 51 % peuvent être répartis entre plusieurs actionnaires. Et si l'enjeu tient au contrôle de la gouvernance, des solutions techniques peuvent être trouvées

Source Le Maghreb Meziane Atmani

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 05:52

Quels moyens pour la moralisation de la vie publique ?

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Parler de corruption dans un pays comme l'Algérie – où le lexique politique, la littérature journalistique et les accusations à tout va foisonnent de termes et de vocables qui rappellent cette triste réalité ancrée dans le vécu social – présenterait deux risques à l'opposé l'un de l'autre : banaliser davantage le phénomène ou bien, comme le dit si bien l'expression, c'est «parler de la corde dans la maison d'un pendu».

Dans un contexte aussi complexe – où le tabou, l'omerta et les griefs infondés s'entremêlent, quel sera l'apport de la conférence sur la lutte contre la corruption organisée hier par le ministère de la Justice ? La Journée mondiale de la lutte contre la corruption, comme toutes autres journées célébrant d'autres thèmes, ne peut guère servir de tremplin suffisant pour enclencher ou renforcer la lutte contre un fléau sournois et ravageur qui a pris racine dans les structures de l'administration et de l'Etat depuis des décennies. Il revient à cette conférence qui regroupe un millier de participants de travailler à «sensibiliser sur la corruption et ses répercussions socio-économiques et la nécessité de conjuguer les efforts pour faire face à ce phénomène».

Face à l'ampleur du phénomène dans notre pays, tel qu'il est rapporté par la presse et tel qu'il se décline dans certaines affaires traitées par la justice, les autorités politiques du pays ont essayé de produire une législation qui prenne en charge la prévention du fléau de la corruption et les moyens de lutte pour son éradication. Ainsi, en 2006, une loi a été promulguée dans ce sens, dans le prolongement de la convention des Nations unies contre la corruption adoptée en 2003. Le risque de banalisation du fléau de la corruption a été souligné mercredi dernier par le directeur des affaires pénales et des grâces au ministère de la Justice, Mokhtar Lakhdari, en déclarant que «la société tolère la corruption dans une large mesure en ce sens que nombre de pratiques liées à ce fléau sont considérées comme normales». Il ajoute que «la société ne rejette pas des pratiques se rapportant à la corruption les considérant comme normales». Il a ainsi donné l'exemple de cadeaux offerts à des responsables de l'administration en vue d'obtenir certains avantages. C'est là un exemple qui sous-estime à l'extrême le fléau dont se plaint toute la société et qui risque même d'en faire une caricature.

Le délicat travail de la presse

En dehors de certaines rares velléités mort-nées enregistrées au sein de quelques institutions officielles, la presque totalité du ressentiment et de la colère populaires générés par le fléau de la corruption, particulièrement dans les instances de l'administration publique, est «pris en charge» par le travail de la presse privée. C'est le canal privilégié par lequel transitent des informations, mais aussi parfois de simples rumeurs, en rapport avec des actes ou des affaires de corruption qui ont lieu aussi bien dans les démembrements administratifs de l'Etat que dans des entreprises publiques. Pour certains auteurs de «tuyaux» refilés aux tabloïds dits indépendants, la presse serait capable de crédibiliser des informations et, parfois, de simples cancans sortis par d'impénétrables interstices de l'administration et des entreprises publiques. Même si ce n'est pas toujours le cas, un journal peut quand même servir de relais que des clans et de vieilles coteries saisiront au vol pour prendre leur revanche sur les parties adverses.

C'est apparemment un combat sans merci. Cependant, la recherche de la vérité et le désir d'asseoir des organes et des méthodes de contrôle n'y gagnent rien. Il y a même un risque de voir la multiplication des révélations et les tentatives d'interférences médiatiques sur le cours de l'instruction travailler à la banalisation de ce genre d'information. Un traitement à la légère des informations qui circulent sur les affaires de malversations et de concussions peut avoir de graves retombées du moment où il peut bien, par erreur ou par malveillance, toucher l'honneur des personnes au-dessus de tout soupçon et ternir leur image. Car, le climat de suspicion dans lequel travaillent et évoluent les cadres et agents de l'État a trouvé dans la rue un prolongement dangereux qui fait que n'importe qui peut accuser ou incriminer ceux qui sont en contact direct avec le mouvement des fonds publics de malversation, de corruption ou de mauvaise gestion. Des dizaines d'affaires de diffamation sont pendantes devant les tribunaux en raison de la légèreté avec laquelle ce genre d'accusation est proféré, y compris par le moyen de lettres anonymes. Mais c'est l'atmosphère générale du pays – basée sur des constats d'enrichissement injustifié, de signes extérieurs de richesse, d'affaires de détournement d'argent ou de corruption ayant pu être élucidées par la justice,… – qui installe cette ambiance de défiance, de suspicion et de psychose. Dans la mêlée des informations mises à la disposition du lecteur, il peut y avoir des kyrielles de supputations et certainement beaucoup de non-dits.

L'on sait que le mensonge par omission est aussi blâmable qu'une fausse information. L'impunité dont peut bénéficier la publication de fausses informations en relation avec des affaires de corruption est susceptible de charrier une autre tentation, sans doute intéressée, celle de faire un travail de suggestion pour désigner les coupables avant que la justice n'engage la procédure de saisine. La tendance pour un journal à faire dans le scoop et les éventuelles erreurs d'information issues d'un travail hâtif ou mal conduit ne devraient cependant pas signifier que les médias soient appelés à se taire devant des dérives portant sur la gestion de l'argent du contribuable. Le professionnalisme et la sérénité pourront bien rendre des services à la collectivité dans ce genre de situation.

Dans le processus de la démocratisation de la société et des institutions, la lutte contre la corruption et l'effort de contrôle régulier de l'utilisation des deniers publics constituent incontestablement des éléments importants qui concourent à la moralisation de la vie publique et à l'établissement d'une relation de confiance entre gouvernés et gouvernants. C'est une entreprise considérée comme la pièce maîtresse de tout redressement national.

Si ce volet de la vie publique a pris une dimension aussi importante dans les médias et dans certaines réactions de la société civile, c'est que, bien auparavant, l'opinion publique nationale et des organisations internationales ont eu à constater et à déplorer un grave phénomène qui a pris racine dans les structures et les institutions du pays ; une dérive dont la société tout entière continue de souffrir et dont les conséquences n'ont jamais fait l'objet d'un bilan moral, politique ou financier.

Quid de la perspective démocratique ?

Car, outre les surcoûts économiques causés par des travaux mal faits ou non finis ou par un mauvais choix de l'entreprise de réalisation – laquelle a payé des pots-de-vin pour prendre un marché public en violation de la réglementation –, les actes de corruption nous renvoient à l'étymologie même du mot qui signifie «pourriture et pourrissement» et que le mot arabe «fassad» rend parfaitement. Cela signifie un pourrissement de la société et des valeurs morales qui la sous-tendent. Dans ce genre de situation, la perspective démocratique tient plus da la chimère que d'un projet à la portée de la société. Cela se constate à tous les niveaux de l'organisation sociale. Au sein de l'administration et des entreprises publiques, les valeurs professionnelles et la gestion des ressources humaines ne sont guère un parangon de rationalité et de transparence. Les luttes pour les postes de responsabilité s'aiguisent presque de façon inversement proportionnelle au poids des curriculums vitae et compétences professionnelles. Même dans la réalité la plus banale de la vie domestique, à échelle d'un village ou d'une commune, le fléau de la corruption a étendu ses tentacules et ses ventouses. Des actes de corruption ont été rapportés par des citoyens qui ont eu à subir le diktat d'un agent de la circulation ou d'un employé communal. N'a-t-on pas rapporté des cas où des pièces d'état civil ont été délivrées contre payement d'une somme d'argent ? Pour l'établissement de certificats négatifs dans certaines conservations foncières, des agents vous dirigent vers un kiosque pour y acquérir des photocopies d'imprimés qui y sont disponibles par milliers de copies. Ces petits larcins – sans trop s'arrêter sur les faux et usages de faux qui entraînent de mirobolantes transactions (faux visas, permis, attestation de moudjahid,…) – nous donnent une idée sur ce que peuvent charrier les «grands services» sollicités de nos administrations ou banques (marchés publics, crédits bancaires, …) comme dérives de concussion et de corruption. Les dernières mesures sociales et économiques prises par le président de la République en février 2011 en faveur des jeunes chômeurs – multiplication des microcrédits pour des projets créateurs d'emploi – ont généré, sur fond de bureaucratie et de diverses obstructions, des centaines de cas de corruption signalés par les jeunes candidats au crédit.

La lutte contre la corruption est un grand dessein qui ne peut trouver ses espaces de réalisation que dans le cadre d'une volonté politique ferme et résolue tendant à éliminer les facteurs d'obstruction et de bureaucratie qui sustentent gravement de telles dérives. Plus que simples mesures contenues dans des imprimés à remplir – à m'image de cet imprimé appelé «déclaration de probité» instauré par le nouveau code des marchés publics et dans lequel le candidat à la commande publique déclare… ne pas se livrer à des actes de corruption, la lutte contre la corruption est sans doute l'image la plus lumineuse du processus démocratique arrivé à son stade de maturité.

Les dernières réformes politiques du président de la Républiques soumises à l'examen de l'APN pourront-elles nous conduire vers ce bel idéal qui nous fera oublier les corrupteurs et les corrompus ?

Source Les Débats Saâd Taferka

Le Pèlerin

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 05:49

Les changements climatiques ont accentué la dégradation de nos montagnes.

Djurdjura 

Les changements climatiques sous forme de pluies intenses et irrégulières plus les incendies de forêt ont accentué la dégradation de nos montagnes.

L’importance qu’accordent les pouvoirs publics à la protection de l’environnement forestier et au développement économique et social des zones de montagnes sera une nouvelle fois mise en évidence dimanche à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la montagne. «A travers la célébration de cette Journée, décidée par les Nations unie, nous voulons rappeler l’importance qu’accorde l’Algérie au développement des zones de montagne. C’est aussi une occasion pour sensibiliser davantage les populations quant à la nécessité de préserver et de développer ces espaces faunistiques et floristiques aux multiples fonctions écologiques et socio-économiques», souligne le ministère de l’Agriculture et du Développement rural dans un communiqué. Pour cette Journée placée sous le thème «Montagnes et forêts», la Direction générale des forêts (DGF) a préparé un riche programme d’activités. Il s’agit, entre autres, des expositions, des portes ouvertes sur les parcs nationaux, des conférences et tables rondes au niveau des établissements scolaires et de formation et des actions de plantation forestières. Les forestiers rappellent à cette occasion tous les programmes menés par les pouvoirs publics, notamment à travers la politique du Renouveau rural, à la protection et au développement des espaces montagneux. Selon les chiffres de la DGF, 14 millions d’hectares sont touchés par l’érosion dans les zones de montagnes, alors que 12 millions d’ha sont soumis à ce phénomène au niveau des bassins versants menaçant plusieurs barrages d’envasement. «Les changements climatiques sous forme de pluies intenses et irrégulières plus les incendies de forêts ont accentué la dégradation de nos montagnes, ajoutant à cela les pratiques culturales et les mauvaises utilisations des ressources naturelles et l’absence de schémas d’aménagement des espaces montagneux», relèvent la DGF qui dirige l’exécution du programme du Renouveau rural au niveau national. «Des efforts accrus» ont été consentis pour la conservation de la biodiversité des zones de montagne et leur intégration dans les processus liés au changement climatique et à la désertification en mettant l’accent sur la sécurité alimentaire des populations rurales, sur l’amélioration de leurs conditions de vie et sur le rétablissement des équilibres écologiques. Pour mettre en œuvre cette politique, le secteur de l’agriculture et du développement rural a programmé, dans le cadre des contrats de performances sur le Renouveau rural, plus de 12 000 projets de proximité à travers les 48 wilayas du pays.

Source Le Jour d’Algérie Faten H.

Le Pèlerin

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 05:21

Le regard lucide d'un artiste accompli

Amazigh-Kateb.jpg

 

Avant de retourner au studio et se mettre à travailler sur le nouvel album de Gnawa Diffusion (la reformation du groupe), Amazigh Kateb a agréablement surpris plus d'un, le mois dernier en sillonnant - grâce aux divers CCF - tout le pays (Béjaïa et Tizi Ouzou, Alger, Oran, Tlemcen, Constantine et Annaba) et jouant dans la pièce de Kheiredine Lardjam, Le poète comme boxeur. Aux côtés de son complice, le comédien Samir Al Hakim, Amazigh a su porter bien haut le verbe et le message de son père Yacine, lequel n'a pas pris une ride, et ce, plus de 25 ans après son décès. Il nous parle ici de cette émouvante pièce et nous livre aussi sans concession ce qui l'anime aujourd'hui dans cette Algérie qui construit son demain.. Amazigh Kateb, un artiste en éternelle colère.
L'Expression: Quelle appréciation faites-vous de la tournée que vous venez d'effectuer et de l'accueil du public?
Amazigh Kateb: La pièce a été bien reçue, je trouve qu'il y a eu du vrai, une réelle qualité d'écoute. Ça participe, c'est bien. Finalement, même s'il y a parfois un propos assez radical, tranché, les gens comprennent car c'est une vision de quelqu'un qui n'est plus vivant aujourd'hui. Ce qui se dit sur scène ce sont des choses que Yacine a dites il y a des années. Quand il parle de l'intégrisme et de la barbarie, d'une société qui régresse et qui finit par produire des monstres, il pense aux années 1990, des années qu'il n'a jamais vécues. Cela veut dire que c'était quelque chose de prévisible, voire latent dans les appareils du système. Dans le premier FLN, bien avant l'Indépendance, la question du berbérisme, de l'arabisme... tout ça s'est posé. A la base, on a écrasé le tamazight. Le choix a été fait bien avant l'Indépendance. Il y a énormément de choses qui sont importantes pour nous aujourd'hui parce que l'on nous a égarés sur le plan identitaire. A chaque fois qu'on parle de l'identité en Algérie c'est pour se tirer dessus et parler de berbérisme, de faux problèmes, en fait. On nous a tellement donné d'os à ronger, qu'on n'a presque plus de dents. Il y a une vraie identité universelle à construire et une véritable pensée à remettre au goût du jour. Il faut absolument lutter contre la médiocratie et la régression qu'on nous impose...
Régression des mentalités aussi, puisque aujourd'hui, un converti au christianisme chez nous est passible d'emprisonnement.
Aujourd'hui on utilise les religions de la même manière qu'au Moyen Age. C'est une religion contre une autre. On arrive à créer des chapelles, à tromper les gens. Effectivement, quand les gens sont terrorisés par l'islamisme et bien ils peuvent aller vers l'évangélisme et l'évangélisme c'est loin d'être quelque chose d'angélique. C'est une église très violente, ultra-sioniste qui est pour la destruction des Palestiniens, pour qu'Israël écrase tout. C'est un véritable danger. Les évangélistes sont en train de se propager de plus en plus à travers l'Afrique à différents degrés et niveaux. Je sais qu'en Afrique de l'Ouest, en Afrique subsaharienne, ils sont très forts. Au Nigeria par exemple, ce sont des milliers qui se rassemblent qui tombent en transes. Pourquoi? Parce qu'il y a un vide culturel, idéologique, scientifique même, scolaire, éducationnel.
A chaque fois qu'il y a une crise quelque part, politique notamment, les gens se réfugient dans la religion. On le voit un peu en Egypte et en Tunisie maintenant.
C'est différent. En tout cas, on voit bien qu'en Tunisie et en Egypte on fait payer la révolution aux gens. On laisse un espace de climat d'insécurité se propager, on laisser monter les islamismes car on sait très bien que c'est le truc qui va servir ensuite aux Occidentaux pour revenir et refaire le ménage. C'est ça la réalité, un éternel recommencent. Il n'y a pas un truc aussi parlant et flagrant que la France qui aide à tuer El Gueddafi et à instaurer la chari'â en Libye. La France est quand même raciste envers la Turquie. Il y a un véritable vent d'islamophobie qui existe en France. Souvent en France, j'entends des propos sur les musulmans, qui ne sont pas justes. Car il y a une différence entre un musulman, un fondamentaliste ou un fanatique, il ne faut pas tout mélanger. Le problème avec l'islamiste c'est qu'il parle à notre place. C'est lui qui est au-devant de la scène politique. C'est lui qui prend la parole politiquement, pour les musulmans. Il parle au nom de gens qu'il ne représente pas. Toutes ces chapelles sont dangereuses car elles parlent et pensent à la place des gens. Ça suffit!
Tu as toujours dit que le nom de ton père était presque un fardeau. Aujourd'hui tu as, non seulement porté haut et fort le nom de ton père mais surtout sa parole. Un double effort. Est-ce facile de t'approprier ses mots, d'endosser son personnage?
Aujourd'hui ce n'est plus la même chose mais je ne l'aurais pas fait tout seul; c'est vraiment parce que Kheiredine avait envie de monter ce projet. Il m'en a parlé quand on a travaillé sur un autre projet qui s'appelle les Borgnes. C'est une pièce de théâtre - de Mustapha Benfodil qui était là ce soir - à laquelle je devais participer, mais finalement comme j'ai un gros planning, je ne pourrais pas. J'ai un album en route, j'ai travaillé sur un «Poète comme boxeur» parce que c'est moins volumineux. C'était une véritable volonté de ma part d'anéantir cette image lisse qu'on montre de Kateb Yacine. Finalement, tous les artistes algériens rentrent dans une espèce de musée Grévin virtuel, s'il y en avait un, moi je ne demanderais pas mieux, mais c'est juste qu'on transforme les gens en icônes et on tue l'oeuvre. On la rend lisse et c'est vraiment cela qui m'a intéressé avec Kheiredine. La première fois qu'il m'a parlé du projet, il m'a dit en avoir marre qu'on parle de Kateb Yacine comme si c'était un wali ou un marabout ou je ne sais quoi, c'est un être humain, qui avait une parole, il faut qu'on l'entende. Il faut qu'on arrête de parler de l'image et de la statue. C'est exactement ça, il a raison. Y en a marre de l'iconographie.
De plus, tu as interprété sur scène énormément de morceaux, adaptés des textes de ton père...
Oui ce sont tous des poèmes de Yacine que j'ai choisi de mettre en musique et d'autres de déclamer.
Bonjour ma vie qu'on connaît, c'était juste pour ouvrir la pièce. Mais bien sûr, tous ces morceaux créés pour cette pièce, vous allez les retrouver soit sur DVD si jamais on en fait un, sinon je pense que j'aurais envie de les reprendre autrement avec plus d'instrument, et de la percussion (kerkab). Là, je suis seul sur scène. C'est particulier de jouer des chansons comme ça, toutes nues. Cela ne me dérange pas. C'est plus de la proximité. C'est ça qui est bien avec le théâtre, contrairement aux concerts, il y a une bonne écoute.
On ne peut éluder la question de la réformation du groupe Gnawa Diffusion et parler donc du nouvel album. On ajoutera ceci dit, une question importante: que réponds-tu d'abord aux gens qui disent qu'Amazigh a cessé de se renouveler?
Je dirais à ces gens-là, c'est à eux de renouveler leur discothèque. C'est comme si moi je te disais: «J'en ai marre de ta face et si tu changeais de gueule»? Tu ne va pas changer de gueule comme moi je ne vais pas changer de cerveau. Celui qui me déteste, n'a pas à venir me voir. Et celui qui déteste ma musique, qu'il ne l'écoute pas, pourquoi se torturer? Les CD, il y en a à la pelle, le piratage est roi. Moi je ne vais pas me renouveler. Pourquoi devrais-je me renouveler? J'ai encore beaucoup de choses à dire sur le mode sur lequel je m'exprime, à savoir le gumbri, le tagnawite, le reggae, les musiques que j'aborde. Je suis loin d'avoir épuisé le chemin sur lequel je me suis engagé, j'ai encore beaucoup de choses à apprendre, à découvrir. Alors, il y en a, quand ils entendent deux morceaux gnawi, ça y est! ils connaissent la culture gnawa et ceux qui écoutent deux morceaux chaâbi ils disent qu'il connaissent le chaâbi. Qu'est ce que tu connais? Quand j'entends des conneries pareilles, franchement, je n'ai rien à leur dire!
Le thème du Printemps arabe est un peu à la mode actuellement disons-le, sera-t-il abordé sur ton prochain album?
D'abord, je suis allergique à l'expression «Printemps arabe». J'aime le printemps mais je n'ai pas envie qu'il soit spécialement arabe d'autant plus qu'au même moment, il y avait énormément de choses qui se passaient en Afrique noire que les médias fabriquent. De la même manière que les puissances fabriquent les révolutions. Il ne faut pas se leurrer. On n'est pas chez les «bisounours». On sait très bien que les Français sont partis en Libye pour le pétrole et pas pour la démocratie, que ce sont les Américains qui ont dit à Ben Ali et Moubarak de bouger. Quand El Gueddafi s'est fait lyncher il y avait 50 soldats de l'Otan à terre qui étaient devant cette scène, qui voyaient très bien ce qui se passait, tout cela on le sait. La vraie tâche c'est de partager une colère mais pas de se rentrer dedans, tous comme on est. On pourrait partir dans des colères ethniques ou communautaristes mais je pense qu'il y a une véritable colère à construire. Elle doit sortir comme un coup de poing de boxeur justement. Faut que ça aille droit au but.
Un mot justement sur le nom de cette pièce...
Léo Ferré disait: «A l'école de la poésie on n'apprend pas, on se bat.» C'est super important de comprendre ça. Les gens croient que la poésie c'est un truc de libellule et de papillon, ce n'est pas ça. La plupart des poètes ce sont des gens écorchés. Qui sont en souffrance, ont souvent des choses à dire et sont en avance sur le monde. La poésie, la vraie, n'est jamais dissociée, ni de la révolution, ni de la rue, ni de la misère. La poésie de salon c'est autre chose. Je ne mets pas sur le même pied des poèmes écrits en prison et des poèmes écrits en château.
Il y a quelques mois à Alger, tu affirmais que la révolution devait être culturelle à la base.
Oui car on a tué la culture dans ce pays. Comme tu l'as dit toi-même, la religion remplace tout, la culture, l'amour, le sexe. Tout! Là où il n'y en a pas, il y a la religion. Forcément, il faut recréer le tissu social. Le lien social c'est pouvoir aller voir une pièce de théâtre, garçons et filles, se mélanger. Sortir avec son mari ou son copain, un père de famille avec ses filles... Quand on se mélange dans un esprit de mixité de découverte, de pratique culturelle et de nourriture cérébrale, on peut créer un tissu social. C'est être avec les gens, tu apprends à supporter les gens, à vivre avec eux. Un Algérien en exil dès qu'il entend le son du mandole cela le ramène à l'Algérie, car c'est sa culture, c'est un véritable marqueur identitaire. Un vrai repère. Or, aujourd'hui si on les laisse faire, même ce repère, il va disparaître. Il n'y aura plus qu'Allah Akbar. Cela n'est pas pour moi un repère identitaire, je suis désolé. Je n'ai rien contre personne, mais il faut remettre les choses à leur place. C'est ce que dit cette pièce. Celui qui veut prier, il est libre de le faire.
Ton père disait qu'il faut aussi se battre par le magnétoscope, le magnétophone, les armes de la technologie, la caméra...
Tout ça c'est une arme. Le gumbri, le stylo, les armes de l'expression et les armes de la culture, ce sont des armes de masse. Quand tu fais un travail culturel, tu t'adresses à la masse. Celle-ci adhère ou pas, mais n'empêche, tu crées une culture. Gnawa Diffusion c'est devenu une culture collective. Je ne parle pas de milliers de gens mais de quelques personnes qui écoutent une musique et s'y reconnaissent. Il y a un véritable langage donc dans la culture, ce n'est pas juste aller draguer, se trémousser, c'est beaucoup plus que ça. Le problème aujourd'hui, on est dans une politique non culturelle qui laisse la religion envahir tous les domaines de la vie sociale, sans ménagement et sans aucune retenue. Au nom de la religion on peut venir te reprocher tes lunettes, ta jupe, elle te pousse à devenir moche juste pour qu'on t'emmerde pas. C'est dommage. On est un peuple qui est capable d'entendre beaucoup de choses, d'être tolérant et de reconstruire une culture d'ouverture, il faut ça. Il faut la liberté. Laissez-nous juste faire notre travail d'artiste. Je ne demande rien ni au régime ni au ministère de la Culture. Ce que je voudrais est qu'on nous laisse juste travailler. On n'est ni des trafiquants d'armes ni des criminels. Laissez-nous recréer un tissu social et culturel digne de ce nom.

Source L’Expression O.Hind

Le Pèlerin

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 05:16

«Retarder l’âge de départ n’est pas à l’ordre du jour»

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Retarder l’âge de départ à la retraite n’est pas à l’ordre du jour, selon Tayeb Louh, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale qui intervenait hier sur les ondes de la Radio nationale, estimant que cette question n’est pour l’instant pas comprise dans le plan de réforme du système national des retraites.

En outre, et concernant la revalorisation des pensions de retraite, le ministre affirmera qu’avant la fin de l’année en cours «une mesure exceptionnelle sera prise, lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres, en faveur des retraités à travers l’augmentation des pensions de cette catégorie sans pour autant en révéler le taux». Inscrivant ainsi cette nouvelle «mesure exceptionnelle» parmi les multiples décisions prises par le gouvernement ces dernières années en direction des retraités pour relever leur pouvoir d’achat longtemps dénoncé par cette catégorie sociale. Toutefois, même si Tayeb Louh à travers ses propos réaffirme une fois de plus la volonté et l’engagement des pouvoirs publics à revaloriser les pensions de retraite pour les ramener à un niveau décent, il soulignera qu’il reste à définir le niveau de cette augmentation en fonction de la disponibilité financière. Ce qui justement sera étudié, indiquera-t-il, lors dudit Conseil des ministres.

Seulement voilà, ce n’est pas la première fois que cette annonce a été faite aussi bien par le ministre de tutelle que par le secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, en ce sens où la dernière fois qu’elle a été tenue c’était en marge de la réunion de la commission de la santé de l’APN consacrée à la présentation du système de la carte Chifa, en début de ce mois de décembre. En outre, cette même annonce a, entre autres, également été faite en novembre dernier lors de l’installation de groupes de travail issus de la dernière Tripartite au siège du ministère du Travail. En substance, le ministre avait alors déclaré, sans toutefois donner de détails, que le gouvernement préparait «une mesure exceptionnelle» pour revaloriser les pensions de retraite, précisant que la mesure en question «sera supportée par le budget de l’Etat» et s’inscrit dans le cadre de l’amélioration du pouvoir d’achat des retraités. A ce propos, il faut dire qu’à ce moment-là les retraités présents à cette rencontre étaient particulièrement sceptiques face à cette revalorisation, affirmant qu’en réalité cette augmentation de 40% réclamée par l’UGTA ne concernera que ceux dont les pensions de retraite sont vraiment dérisoires, pourtant les autres cadres retraités avaient largement cotisé à travers l’ITS (impôt sur le traitement des salaires) durant de nombreuses années de travail. Et c’est justement à ce titre qu’ils estiment qu’ils sont en droit également de cette revalorisation à 40% des pensions de retraite.

En effet, la question du pouvoir d’achat des retraités en permanente décadence a été, notamment ces derniers temps, l’objet de manifestations dans plusieurs wilayas du pays, pour dénoncer leur marginalisation et réclamer une pension correcte qui leur permettra de faire face au coût de la vie. Les manifestants avaient demandé l’alignement des pensions de retraite à 100% sur le SMNG (salaire minimum national garanti) au lieu des 75% actuels. De plus, outre la révision de certains articles de la loi 83-12 relative à la retraite, les retraités protestataires, dans leur plate-forme de revendications, avaient également demandé l’actualisation des pensions de retraite antérieures au mois d’août de l’année 2005, tel que stipulé dans l’article 43 de la même loi. Par ailleurs, les retraités avaient également demandé l’augmentation de la majoration pour conjoint à charge, et ce, en rétablissant l’article 15 original de la loi 83-12, l’exonération de l’IRG pour les pensions de retraite inférieures à 40 000 DA et l’application d’un taux «modique» au-delà de ce montant. Par ailleurs, la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR) sont allés jusqu’à saisir par écrit le président de la République pour le solliciter d’intervenir en faveur d’une revalorisation de leurs pensions de retraite de 30%, déplorant que près de 500 000 retraités perçoivent une pension inférieure au Salaire national minimum garanti (SNMG) fixé à 15 000 DA.

Source Le Jour d’Algérie Lynda Naili Bourebrab

Le Pèlerin

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