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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

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Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 07:04

Certains spécialistes tablent sur un prix du pétrole compris entre 60 et 70 dollars.

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Jusqu’où peut aller la dégringolade des cours de l’or noir? «Le prix du baril va poursuivre sa correction à court terme...Un retour au prix du baril à 70 ou 80$ est à envisager» écrit la rédaction de l’hebdomadaire MoneyWeek, sur son site. Le pronostic du patron d’Exxon Mobil est cependant, encore plus pessimiste, voire alarmant pour l’économie algérienne. «Le prix du pétrole devrait se situer dans une fourchette de 60 à 70$», a estimé Rex Tillerson, patron d’ExxonMobil, qui ne s’est basé que sur l’offre et la demande actuelles pour arriver à de telles conclusions. Des prévisions qui tiennent la route si l’on prend en compte les nouvelles données fournies par l’Agence internationale de l’énergie.
La demande mondiale baissera de 190.000 barils par jour à 89,18 millions de b/j en 2011, selon l’AIE. Est-ce une simple agitation avant la réunion de l’OPEP en juin? «L’AIE ne voudra pas revoir fortement ses prévisions en amont d’une rencontre de l’OPEP», nous explique Olivier Jacob, de Petromatrix. Une baisse excessive des prix du brut représenterait le scénario catastrophe tant redouté par l’économie nationale qui doit supporter des augmentations de salaires tous azimuts, au demeurant tout à fait légitimes, et des subventions des produits de première nécessité pour calmer un front social en ébullition. Lorsque l’on ajoute à cette enveloppe financière déjà conséquente le coût de la facture des importations qui devrait avoisiner les 40 milliards de dollars, on comprend mieux le poids que pèse sur les cours de l’or noir dans l’économie algérienne dont près de 98% des recettes en devises sont assurées, uniquement, par les exportations en hydrocarbures.
Les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui doivent se réunir le mois prochain à Vienne en Autriche, devraient, sauf énorme surprise, maintenir intacts leurs quotas de production. Il faudra s’attendre néanmoins, à de sérieux débats dans le cas où la dégringolade des cours de l’or noir franchirait la ligne rouge.
Quelle sera la réaction de l’Algérie dans la probabilité d’un tel scénario? «Le niveau actuel est meilleur que lorsqu’il était à 40 et 50 dollars, mais ce serait meilleur et raisonnable s’il était à 90..., voire 100 dollars le baril», avait indiqué Youcef Yousfi, en marge d’une conférence de presse qu’il avait tenue au siège de son département, à l’occasion des 50 ans de la création de l’OPEP.
Pour l’instant, tout va bien. Le baril continue d’évoluer dans la fourchette souhaitée par le ministre algérien de l’Energie et des Mines. Le baril de brut a clôturé la semaine à 98, 13 dollars à New York après avoir, il faut le signaler, perdu plus de 16 dollars en l’espace d’une semaine. Les prix du pétrole, d’après les échos qui nous parviennent çà et là, n’ont apparemment pas fini de broyer du noir. «La psychologie du marché reste fragile. La volatilité domine, et les investisseurs s’inquiètent de l’inflation chinoise, qui pourrait conduire à des mesures multipliées de resserrement monétaire en Chine, au risque de plomber la croissance et d’affecter la demande de brut du géant asiatique», commentait Torbjorn Kjus, analyste de DNB NOR Markets. «La crise des dettes souveraines en Europe n’arrange rien, et si la dette grecque doit être restructurée, il y a un large risque pour une nouvelle crise financière, ce qui n’est guère de nature à rassurer le marché», a ajouté M.Kjus.
La monnaie unique européenne, qui donnait l’impression de vouloir dominer le billet vert suite à l’annonce d’une embellie de la croissance économique dans la zone euro pour les trois premiers mois de 2011, a fini par céder du terrain par rapport au dollar, miné par les inquiétudes provoquées par la crise budgétaire grecque. Un contexte guère favorable pour les prix du pétrole.
«Les prix du brut calquent leur évolution sur l’évolution du dollar sur le marché des changes et il est probable que cette situation perdure dans les prochains jours», faisait remarquer l’analyste de la banque SEB, Filip Petersson. Les experts de Goldman Sachs prévoient, de leur côté, des niveaux des cours de l’or noir équivalents à ceux des dernières semaines en 2012. D’ici là, devant des perspectives incertaines, le baril nage dans le brouillard.

Source L’Expression Mohamed Touati

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 07:00

Première convocation pour Ferradj, Soudani et Doukha

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Comme L’Expression l’a déjà indiqué lors de ses dernières livraisons, la liste des joueurs écartés était bel et bien la suivante: Ghezzal, Ziaya, Abdoun, Meftah, Djabou et Metref.

Ainsi, le sélectionneur national, Abdelhak Benchikha a finalement dévoilé la liste des 22 joueurs convoqués pour le match face au Maroc comptant pour la 4e journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2012 de football (CAN-2012), prévu le 4 juin à Marrakech. La surprise est indiscutablement, la nouvelle mise à l’écart du gardien Fawzi Chaouchi et bien évidemment, la première convocation du jeune émigré, Brahim Ferradj de Brest et celle de Hilal Soudani de l’ASO Chlef.

La liste des joueurs convoqués

Gardiens de but: Mbolhi Raïs (CF Krylia Sovetov/Russie), Zemmamouche Mohamed- Lamine (MC Alger), Azzeddine Doukha (USM El Harrach).
Défenseurs: Mehdi Mostefa (Nîmes/France), Brahim Ferradj (Brest/France), Anthar Yahia (Bochum/Allemagne), Madjid Bougherra (Glasgow Rangers/Ecosse), Carl Medjani (Ajaccio/France), Bouzid Smaïl (Heart of Midlothian/Ecosse), Mesbah Djamel Eddine (Lecce/Italie), Nadir Belhadj (Al Sadd/Qatar).
Milieux de terrain: Adlène Guedioura (Wolverhampton/Angleterre), Khaled Lemmouchia (ES Sétif), Medhi Lacen (Santander/Espagne), Hassan Yebda (Naples/Italie), Karim Ziani (Kayserispor/Turquie), Foued Kadir (Valenciennes/France), Lazhar Hadj Aïssa (ES Sétif), Ryad Boudebouz (Sochaux/France).
Attaquants: Rafik Djebbour (Olympiakos/Grèce), Hilal Soudani (ASO Chlef), Karim Matmour (Borussia M’Gladbach/Allemagne).

Le patron des Verts a fait appel pour la première fois au défenseur algérien du Stade brestois (Ligue 1 française), Brahim Ferradj, ainsi qu’au meilleur buteur du championnat algérien, Hilal Soudani, attaquant de l’ASO Chlef, l’actuel leader de la Ligue1. Dans la même foulée, Benchikha a également fait confiance pour la première fois, au gardien de l’USM El Harrach Azzeddine Doukha, finaliste de la Coupe d’Algérie, qui a pris la place du Sétifien Chaouchi. A l’instar de Fawzi Chaouchi, l’attaquant de Bari, Abdelkader Ghezzal, celui de l’Ittihad Djeddah Abdelmalek Ziaya et le milieu de terrain de Kavala, Djamel Abdoun n’ont pas été retenus pour ce match tout comme les joueurs locaux, Mohamed Meftah (JSM Béjaïa), Djabou Abdelmoumen et Metref Hocine (ES Sétif) convoqués au match aller. Pour revenir à cette fameuse nouvelle liste, il faut noter que plusieurs joueurs font leur retour chez les Verts en prévision de ce derby maghrébin face aux Lions de l’Atlas.
Il s’agit de Adlène Guedioura, Foued Kadir et Karim Matmour qui n’ont pas été convoqués par le sélectionneur national pour le match aller (1-0) disputé le 27 mars dernier à Annaba pour cause de blessures et manque de compétition. Pour information, Djamel Abdoun, auteur de huit passes décisives cette saison avec Kavala, a été désigné deuxième meilleur joueur de la saison 2010-2011 du championnat de Grèce. Malheureusement, pour lui, cela n’a pas suffi à convaincre Abdelhak Benchikha qui va d’ailleurs, animer une conférence de presse ce mercredi à 10h30 au centre de presse de l’OCO Mohamed-Boudiaf d’Alger. Enfin, il est utile de rappeler que les coéquipiers de Madjid Bougherra effectueront un stage préparatoire à Murcie (Espagne) du 20 mai au 1er juin avant de rallier Marrakech à la fin du regroupement.

Source L’Expression Mounir Benkaci

Le Pèlerin

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 06:55

L’Histoire à travers le prisme du benbellisme

Ahmed-Ben-Bella

Ben Bella a encore frappé. Voici ce que nous écrivions dans l’édition du 21 décembre 2002 de l’Expression, après les outrageantes déclarations de l’ex-président sur le Congrès de la Soummam.

La polémique provoquée par l’ancien président Ahmed Ben Bella à propos de Abane Ramdane et de Mohammed Khider repose avec acuité l’enseignement de l’Histoire de l’Algérie et singulièrement celle du Mouvement national manipulé, et de l’histoire de la guerre de Libération nationale politisée à outrance jusqu’à la caricature. Invité à réagir, après les déclarations outrageantes de l’ex-président, le ministre des Moudjahidine, Mohamed Chérif Abbas, ancien secrétaire général de l’ONM, a préféré se dérober renvoyant ses interlocuteurs à une circulaire affichée aux calendes grecques, alors que le rôle premier d’un homme politique, sinon pourquoi être ministre?, - et de surcroît occupant sa position - était de contrer toutes les attaques portées contre le patrimoine de la Révolution nationale. En tout état de cause, les déclarations de Ben Bella(*) appelaient, sinon à une condamnation, du moins à s’en démarquer.
A retardement, et après des décennies de silence, Lakhdar Bentobbal vient à son tour enfoncer le clou, dans un aveu qui veut justifier, a posteriori, l’assassinat politique de Abane Ramdane. Cette avalanche d’attaques contre une période charnière de la construction de l’indépendance du pays ne change rien à la donne qui demeure la mise sous séquestre de la question du Mouvement national, en particulier, de l’Histoire nationale plus généralement. Car, des dizaines de milliers d’Algériens auraient-ils donné leur vie au seul bénéfice d’une nomenklatura qui règne sans partage, détenant un pouvoir absolu sur le pays?
La remise en cause par Ben Bella du Congrès de la Soummam interpelle, outre les historiens, appelés à contribuer plus activement à la connaissance de cette période clé de l’histoire du pays, mais également les acteurs de la Révolution, encore vivants, à témoigner pour clarifier les zones d’ombre du Mouvement national algérien.
Zones d’ombre
L’absence de textes indépendants sur le mouvement national, les restrictions et omissions imposées par l’histoire «officielle» ont fait que cette période cruciale de la vie du pays est demeurée dans le flou, alors même que sa connaissance permettait d’expliquer la situation présente du pays. De fait, les jeunes Algériens ont été éduqués pour croire, et n’ont pas été formés pour savoir. Il est vrai aussi, que la croyance peut être manipulée, et ce qui est véridique aujourd’hui, peut ne plus l’être demain.
En revanche, le savoir est potentiellement dangereux car celui-ci peut remettre en question ce qui est avancé aujourd’hui pour vérité. Si les Algériens découvrent subitement qu’ils ne savaient pas tout, ou plus grave, qu’on ne leur a pas tout dit sur la guerre de Libération, que dire alors des périodes historiques anciennes, aujourd’hui noyées dans les brumes du temps?
C’est cette balance qui a fait que l’Ecole nationale n’a pu, ou a été mise dans l’incapacité, (d’)inculquer aux enfants algériens les faits ayant contribué tout au long des années et des siècles à forger, et à asseoir la personnalité nationale algérienne. Leur donner les éléments à même de leur permettre de remonter par leurs propres moyens à la genèse de l’histoire ancienne et/ou récente du pays. Chaque peuple est jaloux de son Histoire, de ses traditions, des faits ayant marqué la formation de son moi identitaire. De quoi est jaloux l’enfant algérien? Répondre à ce questionnement, c’est déjà entrevoir les tenants de la crise que traverse l’Algérie depuis une décennie. Que disent ces jeunes quand ils découvrent dans les livres d’histoire étrangers que nos voisins, le Maroc et la Tunisie, existaient en tant qu’Etat depuis des millénaires, alors que l’Algérie, n’aurait apparu comme telle que depuis...l’arrivée des Français?
Le moi identitaire
Quid de Massinissa, Jugurtha, Ibn Rostom, les Hammadites, les Zianides et tant de héros et autres royaumes qui ont marqué au long des siècles la survivance et l’unité de ce qui est connu aujourd’hui sous le nom d’ «Algérie»? Aussi, l’une des récurrences de la crise algérienne est que l’enfant et l’adolescent algériens n’ont pas de repères socio-historiques, ni de prise sur leurs rapports à la Nation algérienne. Repères, rapports et traditions qui, partout ailleurs, constituent le socle de l’identité et du particularisme nationaux. Il est à bon escient de parler de crise identitaire sans que soient pour autant situées ses origines, ses causes et ses implications. Ne dit-on pas qu’un peuple sans passé, ce qui veut dire sans repères historiques et traditionnels, est un peuple sans avenir? C’est un peu le dilemme qu’a rencontré, et que rencontrent les Algériens généralement, la jeune génération plus singulièrement. Cette jeune génération ne dispose d’aucun élément historique susceptible de la fixer sur sa place dans l’espace arabo-musulman auquel est rattaché leur pays, d’une part, universel d’autre part. Noyé dans le tout arabo-musulman, dans lequel il ne se reconnaît pas toujours, - ne serait-ce que du fait que la place qui est celle de l’Algérie dans cet espace humain n’est ni claire ni évidente -, le jeune Algérien est ainsi mis dans l’incapacité de dire voilà ce que je suis, voilà ma place particulière dans le Monde arabe et musulman et voilà mon apport à la civilisation humaine. Chaque peuple dispose de cette part, aussi modeste soit-elle, qui fait sa fierté. Quelle part est celle des Algériens partagés entre un passé mal assumé et un devenir sans perspective? Comment pouvait-il en être autrement lorsque, longtemps, des dirigeants politiques de premier plan ont arrêté, -ou fait débuter, l’Histoire de l’Algérie à l’avènement de l’Emir Abdelkader, fondateur de l’Etat moderne algérien? On pouvait estimer que l’Algérie moderne, ou l’Etat algérien moderne, commence avec l’Emir Abdelkader. Mais se suffire de cet axiome, c’est faire peu cas du long chemin fait par le pays pour devenir ce qu’il est. Car, l’Emir Abdelkader, qui n’a pas surgi du néant, est bien le produit d’une culture et d’une idée nationales déjà bien implantées, induites par des hommes qui, au long des siècles, ont façonné ce pays, lui ont construit son historicité, lui ont forgé ses traditions. S’en tenir à cette vision réductrice de l’Histoire du pays n’est-ce pas, quelque part, donner crédit à l’affirmation du colonialisme français qui, longtemps, soutint qu’il a conquis un pays libre «habité par quelques tribus barbares?» Mais, même le colonialisme français, venu, n’a-t-il cessé de le répéter, apporter la civilisation aux «sauvages que nous étions», a fini par abandonner cette absurdité, ne serait-ce que du fait de l’existence dans le passé algérien d’hommes exceptionnels dont le penseur saint Augustin, le guerrier et chef d’Etat Massinissa, le sociologue Ibn Khaldoun, né à Tunis, mais qui passa l’essentiel de sa vie à Béjaïa, Tlemcen et Tiaret où il acquit sa maturité et composa sa Muqqadima. Mais peut-on citer ici tous les noms de héros qui ont, peu ou prou forgé l’histoire de ce pays que les annales nationales n’ont pas pris en charge? Aussi, faire remonter l’Histoire de l’Algérie au seul Emir Abdelkader, nonobstant la dimension politique et intellectuelle de l’homme, c’était en fait valider les allégations de la France et de tous ceux qui pensaient que l’Algérie était un pays en friche, sans peuple et sans Histoire. Plutôt que de s’élever en faux contre ces allégations, ce sont au contraire, des Algériens qui ont fait croire qu’avant 1830, au plan politique, rien n’aurait été produit par ce pays. Outre l’histoire amazighe de ce pays, encore très peu connue, l’Algérie a embrassé l’Islam, dès le premier siècle de l’Hégire.
Des Algériens ont, tout au long des siècles et de l’Histoire, participé à son expansion et à son développement.
Qui sont-ils? Quels livres les ont immortalisés ou leur furent consacrés? Quels manuels scolaires leur ont rendu justice?
Pourtant Ibn Toumert, Tarik Ibn Ziad, (qui donna son nom à la presqu’île espagnole de Djebel Tarek, Gibraltar) pour ne citer que ces deux personnalités, connues et reconnues mondialement, ont contribué efficacement à asseoir l’Islam dans les régions maghrébine et ibérique.
L’idée nationale
Ce sont des faits, parmi tant d’autres aussi importants, sinon minorés par l’éducateur, du moins jamais rétablis dans le contexte général de l’Histoire de l’Algérie.
La mémoire collective nationale est demeurée orpheline des faits d’armes et intellectuels de nos glorieux prédécesseurs. Cela pour dire que l’enseignement en Algérie, singulièrement celui de l’Histoire, de la sociologie, n’a pas su prendre en charge un aspect important de la formation de la personnalité de la jeunesse algérienne, peu au fait du passé historique de sa patrie, avec comme retombées récurrentes une crise identitaire qui mine les assises du pays. Peut-il en être autrement lorsque, depuis l’Indépendance, l’Algérie a eu aux commandes plus de Ben Bella que de Abane Ramdane?
(*) Il a encore renouvelé ses attaques contre l’Algérie, dans un entretien accordé au magazine français Jeune Afrique (du 8 au 14 mai).

Source L’Expression Noureddine Merdaci

Le Pèlerin

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 06:45

Des week-ends d’échanges et d’entreprise dès septembre

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Un concept inédit des week-ends croisés à Alger et à Paris au profit des jeunes des deux pays l Ils seront 750 jeunes Français à faire partie du réseau d’échanges et de coopération entre les deux pays.

Comment rapprocher les jeunes Français et Algériens, et permettre des échanges fructueux entre eux ? L’association Maison de l’Algérie semble avoir trouvé la bonne formule. A partir de septembre prochain, elle compte lancer un concept inédit qui consiste à organiser des week-ends croisés à Alger et à Paris au profit des jeunes des deux pays. Objectif : échanger des idées, des expériences et tisser des liens, pour aboutir éventuellement à des projets mixtes. Pour la présidente de l’association, Mme Naïma Iratni, il ne s’agit point d’une gageure. «Je suis convaincue que les jeunes Algériens aspirent fortement à vivre un rapprochement avec les jeunes Français, et c’est forte de cette dynamique que l’équipe de Maison d’Algérie a décidé de bâtir un ‘‘pont d’intelligence’’ entre les deux rives», dit-elle.

Et au-delà de la dimension culturelle et touristique, ces week-ends alternatifs entre Alger et Paris visent à fouetter l’esprit entreprenarial de la jeunesse algérienne, d’où leur thème générique : «Génération d’entrepreneurs». Concrètement, il s’agira de créer des modules de formation à Alger et Paris sur la gestion des projets via la mise en place de séjours d’une semaine, «Entreprendre en Algérie». Ainsi, 25 jeunes Français par semaine, et sur 30 week-ends par an rallieront Alger pour participer à ce projet. Au total, ils seront 750 jeunes Français à faire partie du réseau d’échanges et de coopération entre les deux pays.

Parallèlement, un programme de visite et d’animation sur mesure a été spécialement pensé pour créer un véritable climat de confiance entre les deux jeunesses, propice à l’émergence d’une génération d’entrepreneurs. Ce programme est ouvert pour les jeunes âgés de 18 à 30 ans qui seront sélectionnés sur la base de leur envie de partager avec d’autres leurs connaissances ou expertises, dans un domaine particulier, leur sens de l’engagement et leur volonté de rejoindre une équipe de bâtisseurs d’avenir.
Mme Naïma Iratni et son complice Christophe précisent que les projets retenus devront concerner des secteurs économiques, (tourisme, culture, développement durable…), qui seront porteurs de valeur ajoutée au niveau local. Les entreprises, souhaitant associer leur image à cette œuvre, sont invitées à collaborer. Quant aux jeunes Algériens bercés par le rêve d’entreprendre dans un climat d’échanges avec leurs homologues français, ils ont,désormais leur rêve au bout du clic : http://www.maisondelalgerie.fr/appelgeneentre a.html.            

Source El Watan H.M.

Le Pèlerin

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 07:15

«Le taux d’intégration de 50% du projet Renault est un acquis», selon M. Benmeradi

renault

 

Les négociateurs algériens et français se retrouveront fin mai, à Alger, lors d’un quatrième round de discussions autour du dossier de partenariat bilatéral qu’ils veulent relancer sur de bonnes bases comme l’indique amplement le chassé-croisé des responsables de haut niveau, de part et d’autre, à Paris ou à Alger.

Ce travail, entrepris conjointement entre M. Benmeradi, ministre de l’Industrie et M. Raffarin, spécialiste des grands dossiers de coopération et conseiller du président Sarkozy, a permis  «de bien avancer», selon le ministre de l’Industrie qui a affirmé, ce jeudi, que huit dossiers  sur douze  ont «totalement été réglés». Parmi ces derniers, le projet tant attendu, relatif à l’implantation de Renault en Algérie. Selon le ministre, les négociations, là aussi, «avancent très bien»  puisque l’accord sera sûrement conclu le mois en cours.
Les choses sérieuses ont commencé tout récemment, - trois mois d’intenses  négociations - et les premiers éléments du dossier  ont pu voir le jour avec plus de précisions  suite à des  déclarations optimistes du ministre de l’Industrie, M. Benmeradi qui, dès début 2011, confirmait les prétentions algériennes et françaises sur ce projet et qui ont tout de suite convergé sur les modalités pratiques. Ainsi, comme premier résultat de ces tractations, les négociations avec le constructeur français marquent des points puisque «un pas était enregistré», selon M. Benmeradi qui vient de clore lors de la dernière semaine d’avril une visite à Paris pour booster le partenariat algéro-français. On a beaucoup lié ce progrès à la question de voir comment «alléger le dispositif algérien en matière d’investissement étranger en Algérie», plus exactement, les dispositions qui ont été introduites par la loi de finances complémentaire de 2009. Cet allègement ne pouvait cependant toucher à la règle sacro-sainte du 51 % - 49 % en faveur du partenaire national. Le  constructeur français devra donc construire une usine de 75.000 voitures/an  pour  quatre modèles différents, ce qui a été qualifiée «d’acceptable» par les autorités algériennes qui ont estimé du coup les nouvelles propositions de Renault intéressantes, selon Mohamed Benmeradi. Les Français voulaient, au départ, lancer deux modèles seulement et pour un niveau de production de 50.000 unités. Autre avantage, l’Algérie sera associée au processus de commercialisation des véhicules produits. Le projet est aussi bénéfique pour l’Algérie puisqu’il prévoit  un taux d’intégration de plus de 50% et la création de 20.000 emplois directs et indirects. Ce qui n’est pas négligeable. Le projet Renault porte notamment sur la construction en Algérie de voitures de ce constructeur français, avec un taux d’intégration de plus de 50%. «Nous avons mis en contact le constructeur français avec soixante-dix sous-traitants privés nationaux pour faire, entre autres, la câblerie et la sellerie. Notre objectif est d’arriver à un taux d’intégration d’au moins 50%, c’est-à-dire que 50% de la valeur du véhicule sera produit en Algérie», a encore précisé M. Benmeradi, pour qui un tel taux d’intégration était «un acquis». Cependant, les sous-traitants nationaux «manquent de savoir-faire et travaillent sans le respect des normes» et c’est pour cela que «nous sommes en train de les accompagner dans le processus de certification», a-t-il noté. L’autre volet sur lequel les négociations avancent bien est la fabrication des carrosseries des véhicules. «Nous avons demandé à fabriquer les coques des véhicules Renault en Algérie et notre demande a été acceptée», a-t-il dit.
 «Nous voulons que la plupart de la production du projet Renault soit faite chez nous. Ce que les (propriétaires de Renault) arrangerait peut-être c’est de faire une usine de montage, mais la valeur ajoutée serait, dans ce cas, minime», a-t-il expliqué. «C’est pour cela que nous avons insisté pour qu’une partie des équipements soit fabriquée en Algérie», a-t-il soutenu.
Reste la date de démarrage effectif du processus de fabrication  et si Renault pourrait, comme prévu, livrer  ses véhicules sur le marché algérien d’ici 2012
.

Source Horizons K. Daghefli

Le Pèlerin

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 07:10

Son projet de construction d’une usine n’avance pas

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«Nous voulons que la plus grande partie de la production du projet Renault soit faite chez nous» a déclaré jeudi Mohamed Benmeradi.

Deux pas en avant, un pas en arrière, le dossier «Renault» avance doucement. Un rythme qui n’est pas pour inquiéter la partie algérienne qui continue de faire des déclarations optimistes, alors que du côté du partenaire français, le ton est clair ou plutôt réaliste. «Le dossier est complexe», avait dit M.Jean-Pierre Raffarin. Jeudi dernier, M.Mohamed Benmeradi, le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement a estimé que «les négociations entre l’Algérie et le constructeur automobile français Renault avancent très bien». Aucun accord par contre, ni engagement, ne seront paraphés lors de la visite de l’envoyé spécial du président français prévue les 30 et 31 mai. Une visite qui rentre dans le sillage du 4e round de négociations. Benmeradi avoue que le dossier est lourd mais revient pour rassurer que «rien ne coince avec Renault; ce genre de négociations demande au moins une année dans tous les pays du monde, mais c’est sûr que nous allons arriver à un accord dans les prochains mois», a-t-il déclaré à la presse en marge d’une séance plénière à l’APN.
A défaut de signer un accord, l’Algérie qui semble vouloir accorder ce projet à Renault, souhaite quand même signer un «préaccord» en mai. Un souhait qui n’a pas, à en croire la sortie du ministre de l’Industrie, reçu «la bénédiction» du partenaire. «Nous avons commencé à travailler depuis trois mois. Sur le plan technique, le dossier avance bien, mais sans précipitation», poursuit le ministre.
Après la signature du préaccord, les deux parties se pencheront sur un pacte des actionnaires, qui prendra trois ou quatre mois encore. Mais qu’est-ce qui coince dans les négociations entre les deux parties? Le ministre, qui refuse de parler «d’entrave» avoue quand même un différend de fond. Alors que Renault souhaite réaliser une usine de montage, l’Algérie veut une voiture essentiellement algérienne. C’est-à-dire que la quasi-majorité des pièces soient fabriquées dans notre pays. La deuxième divergence tourne autour de la capacité de production. «Nous voulons que la plus grande partie de la production du projet Renault soit faite chez nous. Ce qui les (propriétaires de Renault) arrangerait peut-être c’est de faire une usine de montage, mais la valeur ajoutée serait, dans ce cas, minime», a-t-il expliqué.
Il ajoutera que «c’est pour cela que nous avons insisté pour qu’une partie des équipements soit fabriquée en Algérie».En outre, l’Algérie a négocié la possibilité de construire 150.000 moteurs par an. Pour le moment, Renault n’a pas accepté, estimant que son usine ne peut être rentable qu’avec une production supérieure à 300.000 moteurs, a souligné M.Benmeradi ajoutant:
«Les négociations sur ce sujet et sur les autres aspects, économique et commercial, continuent tout de même.» Le projet Renault porte, notamment sur la construction en Algérie de voitures de ce constructeur français, avec un taux d’intégration de plus de 50%.
L’Algérie a mis en contact le constructeur français avec soixante-dix sous-traitants privés nationaux pour faire, entre autres, la câblerie et la sellerie. «Notre objectif est d’arriver à un taux d’intégration d’au moins 50%, c’est-à dire que 50% de la valeur du véhicule seront produits en Algérie», a encore précisé M.Benmeradi, pour qui un tel taux d’intégration était «un acquis». Cependant, les sous-traitants nationaux manquent de savoir-faire et travaillent sans le respect des normes et c’est pour cela que «nous sommes en train de les accompagner dans le processus de certification», a-t-il noté.
Le projet de l’usine Renault en Algérie, dont le coût est estimé à «pas moins d’un milliard d’euros», doit permettre la création de 20.000 emplois directs et indirects, selon le ministre. L’autre volet sur lequel les négociations avancent bien est la fabrication des carrosseries des véhicules. «Nous avons demandé à fabriquer les coques des véhicules Renault en Algérie et notre demande a été acceptée», a-t-il dit.
Interrogé sur la possibilité d’aller jusqu’à l’interdiction de l’importation des véhicules pour protéger la production automobile nationale, une fois née, M.Benmeradi a répondu qu’une telle mesure «n’était pas soutenable», sans écarter une «éventuelle protection douanière supplémentaire si cela s’avère utile». Sur la question de savoir si la règle des 51-49% relative à l’investissement étranger entravait les négociations avec Renault ou avec d’autres investisseurs, le ministre a affirmé que le contraire était vrai. «Nous avons réussi à conclure des accords importants dans le domaine de la mécanique avec des firmes allemandes comme Mercedes ou Liebherr, ce qui a encouragé d’autres entreprises européennes à accepter sereinement cette règle». Evoquant les autres dossiers de coopération algéro-française, qui devront être examinés lors du 4e round de négociations prévu les 30 et 31 mai à Alger avec l’envoyé spécial du président Sarkozy, M.Jean-Pierre Raffarin, le ministre a assuré que «sur douze dossiers concernés, huit sont totalement réglés».A titre d’exemple, le dossier de Alverre (Algérie-Verre), qui doit être cédé à un groupe français, «verra la signature d’un accord ces jours-ci», a-t-il dit. Pour ce qui est du projet du métro d’Alger, le ministre a réaffirmé qu’il sera livré dans les délais, c’est-à-dire le 31 octobre 2011. «Ce matin encore, la Régie des transports parisiens (RTP), qui gèrera le projet, a confirmé qu’il sera livré le 31 octobre comme convenu».

Source L’Expression Achira Mammeri

Le Pèlerin

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 06:39

De quoi a besoin l’Algérie? - Vivre ensemble et un cap pour le futur

Professeur Chems Eddine Chitour

 

«Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.» Jean Jaurès (Juillet 1903)

La parution d’un ouvrage magistral «Le développement économique de l’Algérie» aux Editions Casbah par un groupe d’experts algériens vivant à l’étranger en collaboration avec des spécialistes à demeure, me donne l’opportunité à mon tour de contribuer modestement, au débat en apportant un éclairage complémentaire. Cet ouvrage riche de plus de 600 pages fait le point de l’état de l’art en la matière convoquant tour à tour les expériences algériennes- d’une façon me semble-t-il incomplète- et ce qui se passe dans le monde. Pas moins de 17 contributions sont recensées toutes aussi généreuses et honnêtes scientifiquement les unes que les autres et tentant de présenter des points de vue visant à sortir l’Algérie des temps morts actuels.
Mon sentiment est qu’il ne faille pas comme on dit simplement «jeter le bébé avec l’eau du bain». Mon analyse portera sur des faits. Je vais articuler mon plaidoyer sur ce que j’appelle sans qu’elles soient exhaustives, les trois errances: l’errance identitaire, l’errance dans le système éducatif, et l’errance dans le pompage frénétique du pétrole. Cependant, tout n’est pas noir; il faut mettre à l’actif objectivement plusieurs avancées, notamment dans le domaine social comme la construction de millions de logements, la construction d’une cinquantaine de barrages, l’électrification des régions du pays et le bourgeonnement quantitatif et non qualitatif de milliers d’école (plus de trente mille) de près de 3000 lycées, et d’une université par wilaya. Tout ceci dans un contexte faste pour la rente; en 10 ans l’Algérie a engrangé plus de 400 milliards de dollars fruit immérité de la Providence divine...

Pour une identité et une histoire trois fois millénaire assumée
Et pourtant, le pays peine à se déployer, il ne créé pas de richesse. Nous sommes un petit pays qui se cherche, nous sommes un pays rentier qui n’invente rien, qui se contente de gérer une rente et en tentant de calmer la société par une distribution de biens, accentuant encore plus la certitude que dans ce pays, il ne faut pas travailler pour réussir socialement, il faut faire des émeutes. La mal-vie est là, le désespoir prend la forme des harraga de l’émeute ou du maquis. Notre développement ne se mesure pas à l’aune des 4x4 rutilants pour des richesses qui ont jailli du néant, avec on l’aura compris, plus de 3 milliards de dollars pour les 3 millions de voitures importés sans aucune retombée en termes d’emplois si ce n’est des showrooms destinés à faire baver d’envie les Algériens qui se saignant aux quatre veines, crédit à la consommation ou pas, pour acheter un véhicule et ceci entre autre pour conjurer la malédiction des transports publics dont le dernier avatar, le tram a refusé de démarrer le jour de l’inauguration de quelques tronçons, ni même au portable accroché à l’oreille avec l’invite à bavarder avec à la clé une hémorragie de 2 milliards de dollars par an pour le pays. Ce n’est pas cela le développement. Il me semble que trois questions structurent notre futur: d’où venons-nous? Quelle éducation devons-nous donner à nos enfants, quel système éducatif dans son ensemble devons-nous, toute affaire cessante, contribuer à construire? Quel est notre avenir énergétique dans un contexte chaotique où l’AIE prévoit des guerres pour l’énergie, qui sont déjà là. Nous ne serons pas épargnés Pourquoi sommes-nous en panne malgré ces «réalisations» et sommes-nous si fragiles à la fois sur le plan existentiel et sur le plan économique et social?
Pour commencer avec l’identité. Depuis près de six mois, le microcosme politique s’agite pensant profiter de la dynamique de la révolte tunisienne dont on sait qu’elle n’a pas débouché sur le jasmin tant attendu. Au contraire, c’est encore l’incertitude dans ce pays qui est en train de vivre avec 23 ans de décalage nos interrogations sur le projet de société qui consiste à mettre le cap sur une sécularisation qui doit fatalement aboutir rapidement sur les conquêtes de la société dite du plaisir fournie par une mondialisation sans état d’âme qui est là pour prévenir tous les désirs du consommateur pourvu qu’il ait de l’argent pour payer. On l’aura compris, ce projet de société est à des années-lumière de celui qui met le cap sur le salaf (le retour à la pureté originelle). Ce dilemme que nous n’avons toujours pas résolu et pour cause, oppose toujours en Algérie, deux visions du monde. Celle d’une laïcisation débridée et celle d’un cap sur le Moyen Age. C’est une lutte sourde du fait que nous n’osons pas aborder les problèmes d’une façon sereine et du fait aussi que chaque camp reçoit d’une façon ou d’une autre des appuis externes; c’est soit un arabisme débridé des métropoles moyen-orientales dont on connaît les limites soit une métropole occidentale qui nous encourage, qu’on le veuille ou non, à nous atomiser. Le résultat des courses est que la «‘accabya» est toujours à l’honneur, même la révolution n’y échappe pas, l’ancien président de la République vient d’asséner ses vérités, il n’y a que lui qui a fait la Révolution, les autres au mieux n’ont rien fait, au pire ont été des régionalistes voire des traîtres!
Quelle histoire devons-nous apprendre à nos enfants si nous ne sommes pas d’accord sur les fondamentaux? Quand on pense aux mythes fondateurs de l’histoire de France, Asterix, Clovis, Dagobert, Jeanne d’Arc qui pour certains amènent à questionnement; quand on pense de même aux mythes fondateurs à titre d’autre exemple du Canada, avec les racines françaises, la feuille d’érable comme symbole, voire le Vive le Québec libre», nous n’avons pas pour notre part à mythifier notre histoire. 18 siècles avant la venue de l’Islam, il y avait un peuple qui avait une histoire. Massinissa battait monnaie quand l’Europe était encore dans les grottes, quant à Jacques Cartier - pour la partie française -, il n’avait pas encore «découvert» les peuples canadiens qui étaient là depuis la nuit des temps... Nous devons réconcilier notre peuple avec son histoire que nous devons assumer avec ses heurs et malheurs. La dernière révolution (1954-1962) s’inscrit dans une longue lignée de révolte, elle a eu l’immense mérite d’avoir soudé les Algériens du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest n’en déplaise aux diviseurs de tout poil. L’histoire devra être écrite et ne pas être prise en otage par ce qu’on appelle la famille révolutionnaire - gardienne du Temple - donnant à penser que les autres n’ont pas droit au chapitre, ce qui a amené à la constitution d’une véritable satrapie qui a ses règles de cooptation, de prise en otage du pouvoir et naturellement de répartition de prébendes et de privilèges en tout genre à telle enseigne que cinquante ans après l’Indépendance, on parle encore d’enfants de chouhada voire d’enfants de moudjahid dont on peut s’interroger sur la valeur ajoutée à titre personnel!
Maintenant que nous avons essayé toutes les thérapies mortifères allant du socialisme scientifique au socialisme de la mamelle, de l’ouverture économique débridée à la tentation du califat, le moment est venu pour un projet de société consubstantielle de l’identité. Nos enfants devraient apprendre une Histoire de l’Algérie qui ne zoome pas sur les pulsions malsaines du moment mais qui soit oecuménique. Comment tenir à ses repères identitaires et religieux sans en faire un fond de commerce? La cohésion de la société algérienne «ce désir d’être ensemble» pour reprendre l’expression de Renan est à ce prix. Nous sommes en pleine errance identitaire. C’est là tout le défi de l’éducation qu’il sera nécessaire de revoir fondamentalement pas sous la forme d’un tsunami mais d’une façon soft où la force de persuasion permettra l’adhésion du plus grand nombre.
C’est là qu’intervient justement, le système éducatif objet de ma deuxième attention dans cette réflexion.
Pour un système éducatif en phase avec la marche du monde
Du point de vue quantitatif, le compte y est, mais pour l’aspect qualitatif, nous allons partir de très loin pour mettre en place une école qui ne fait pas dans l’exclusion, qui apprenne à l’élève avant la sixième à lire, écrire et compter dans un environnement de plus en plus formaté par les médias, l’Internet et l’ordinateur. Qui empêche l’Algérie de mettre en place un plan Marshall de l’informatique dans les écoles à l’instar du Brésil, de la Turquie avec un programme adapté et l’achat de millions de laptops basiques que l’on pourrait même «monter en Algérie» et créer ce faisant, de la richesse. Le coût moyen varie de 20 à 80 euros C’est là que je verrais sincèrement l’apport scientifique de nos nationaux expatriés qui peuvent aider le pays soit en contribuant dans le cadre d’un fonds de soutien soit en amenant une expertise pour la mise en place des meilleurs programmes. L’invitation est lancée. S’agissant de l’enseignement supérieur, le fait de bourgeonner en mettant une université par wilaya est une erreur outre le fait que l’encadrement qualitatif est marginal, cette vision ne contribue pas au brassage des jeunes de toutes les régions. L’élève va de l’école à l’université dans sa région; ceci est mortel pour le vivre ensemble. Le brassage comme le faisait le Service national, est nécessaire. En ce qui concerne la formation technologique, il nous a été donné de protester contre l’extinction de la formation d’ingénieurs et de techniciens remplacés par un ersatz appelé LMD. L’Université algérienne devra, si elle ne veut pas rater encore le développement technologique du pays d’une façon irréversible, réhabiliter la formation d’ingénieurs et de techniciens par milliers. L’acharnement, contre l’Ecole nationale Polytechnique est incompréhensible; au lieu de multiplier les Ecoles polytechniques, on démolit insidieusement l’une des dernières défenses immunitaires du pays Le destin technologique du pays, qui repose sur ses élites, doit se décider en Algérie. Il serait tragique que la formation des hommes soit sous-traitée à l’extérieur. J’en appelle clairement à la remise sur rails, avant qu’il ne soit trop tard, de la formation technologique dans le pays, en réhabilitant la discipline des mathématiques, des mathématiques techniques, en revoyant fondamentalement la formation professionnelle, et naturellement en redonnant à la formation d’ingénieurs ses lettres de noblesse. Dans la cacophonie actuelle, ce qui restera dans le futur, ce sont les hommes et les femmes bien formés, fascinés par le futur et dont l’Algérie aura besoin Le destin de l’Algérie se jouera assurément dans cette génération, ne la ratons pas! Le troisième volet de mon intervention concerne l’errance énergie. L’Algérie étant mono exportatrice d’hydrocarbures Quand Boumediene, avait un jour de février 1971, déclaré «Kararna taëmime el mahroukate» ce n’était pas en vain, il y avait un cap, une prise en main par l’Algérie de son destin pétrolier. Qu’en reste-t-il actuellement. Selon les données de l’AIE, nous avons dépassé le peak oil mondial en 2006 à la même période que l’Algérie. Le peak oil du gaz au rythme de consommation actuel, serait autour de 2030, celui du charbon deux décennies. Sans vouloir jouer les pythies, l’avenir est sombre. Nous aurons droit à des guerres de l’eau, des guerres pour la nourriture du fait des détournements des cultures pour les biocarburants [Un plein d’essence de biocarburant aux Etats-Unis, est équivalent à 225 kilos de maïs, soit de quoi nourrir un Sahélien pendant une année]. Nous aurons droit à des sécheresses récurrentes, aux avancées des déserts. Enfin, le point d’orgue est que la guerre pour l’énergie décrivait en creux le conflit de civilisations. Comment alors l’Algérie devra-t-elle s’orienter vers une consommation non carbonée tout en optimisant ses ressources? Comment passer de l’ébriété énergétique actuelle à la sobriété énergétique seule garante d’un développement durable? Dans une étude réalisée à l’Ecole polytechnique et que nous avons présentée le 16 avril 2011 dans le cadre de la 15e Journée de l’énergie, nous avons montré que la stratégie du fil de l’eau adossée à une stratégie énergétique multisectorielle doit impliquer la société, les départements ministériels, bref, un plan Marshall décidé par l’Etat qui doit impérativement reposer sur l’adhésion de tous, de l’écolier pour en faire l’éco citoyen de demain, à l’imam qui, dans ses prêches, doit parler du développement durable... Le plan énergie renouvelable, bien qu’incomplet parce qu’il n’est pas adossé à une stratégie énergétique d’ensemble, a besoin de milliers d’ingénieurs et de techniciens. Le formidable réseau de compétences expatriées est une chance pour le pays si on sait y faire. Partant du postulat que le nationalisme, voire l’amour du pays, n’est le monopole de personne ni des partis politiques ni des hommes, les nationaux expatriés, qui pour des raisons diverses ont été amenés à quitter un pays à feu et à sang dans les années 90 voire plus tôt, ont un devoir: celui de contribuer à la mise en place d’une Algérie débarrassée de la malédiction du pétrole. Il nous faut d’abord en Algérie un cap. L’apport de nos élites expatriées sera d’autant plus pertinent que nous l’avons élaboré ensemble en tenant compte de la réalité profonde. Cependant, le pouvoir doit cesser d’opposer - pour régner- les élites restées à demeure et qui ont contribué à ce que l’Algérie reste debout en entretenant chacun à sa façon qui de la flamme de la science, qui de l’outil de production, qui du fonctionnement quasi normal des institutions d’un système éducatif seule ceinture de sécurité quand la rente ne sera plus là. Je ne crois pas à la pérennité de l’apport des turbo spécialistes.
Pour une stratégie énergétique qui tourne le dos à la frénésie actuelle
L’embellie pétrolière est indépendante de nos efforts. Mieux encore, depuis quelque temps, on agite un nouveau somnifère, les gaz de schiste au moment où de par, le monde on se mobilise pour en interdire l’exploitation, les députés français viennent de le faire, nous on autorise des compagnies étrangères à le faire allant ainsi vers un carnage écologique. Le message liminaire de cette annonce est le suivant: «Dormez braves gens, la manne pétrolière et peut être «schistière» veille sur votre sommeil, ne pensez pas, dépensez.» Il ne faut pas se faire d’illusion: Seuls la sueur, l’endurance, le travail bien fait, l’écoute et la nécessité que chacun rende compte et soit comptable de ses actes pourraient faire redémarrer l’Algérie. En définitive, il nous faut retrouver cette âme de pionnier que l’on avait à l’Indépendance en mobilisant, quand il y a un cap. Imaginons pour rêver que le pays décide de mettre en oeuvre les grands travaux autrement que de les confier aux Chinois et Japonais, sans sédimentation ni transfert de savoir-faire, il mobilisera dans le cadre du Service national, véritable matrice du nationalisme et de l’identité, des jeunes capables de faire reverdir le Sahara, de s’attaquer aux changements climatiques, d’être les chevilles ouvrières à des degrés divers d’une stratégie énergétique qui tourne le dos au tout hydrocarbures et qui s’engage à marche forcée dans les énergies renouvelables. Pour cela, seul le parler vrai, le patriotisme, la fidélité aux valeurs nous permettront enfin de bâtir une Algérie qui sortira de la malédiction de la rente pour se mettre au travail.

Source L’Expression Pr Chems Eddine Chitour

Le Pèlerin

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 06:37

Moins d’heures de cours pour les écoliers

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Le ministre de l'Éducation nationale, M. Boubekeur Benbouzid, a annoncé jeudi à Alger la réduction du volume horaire dans les établissements scolaires, dans une première étape pour le cycle primaire, de trois heures pour les première, deuxième et troisième années et deux heures pour les quatrième et cinquième années. M. Benbouzid a indiqué, lors de la conférence nationale de la commission nationale de suivi de l'application des programmes, que son secteur qui a pris acte “des doléances de certains partenaires sociaux, y compris les parents d'élèves, à propos de la charge des programmes scolaires, avait décidé de réduire le volume horaire de deux à trois heures pour le cycle primaire”. La nouvelle répartition des horaires entrera en vigueur à partir de la prochaine rentrée scolaire après accord des partenaires sociaux.
La journée sera ainsi répartie (de 8h à 11h et de 13h à 14h30). Le volume horaire oscille entre 24 et 25 heures par semaine en application de la politique des réformes alors qu'il était de 30 heures. Il a rappelé que la commission installée à cet effet a achevé son travail, ajoutant qu'elle menait actuellement des consultations avec les partenaires sociaux pour trancher définitivement la question lors d'une réunion prévue le 19 mai. 
L'allègement du volume horaire, a tenu à dire le ministre de l'Éducation, “ne signifie pas toucher aux matières principales dispensées à l'élève”. La commission ad hoc mène une étude approfondie de la question car, a-t-il dit, “il y va de l'avenir de nos enfants et de la crédibilité du système éducatif en Algérie”.

Source Liberté

Le Pèlerin

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 06:30

Le constat critique d’Amnesty International

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Manifestation de familles réclamant justice et vérité sur la disparition de leurs proches.

 

Amnesty International a rendu public son rapport 2011 (qui couvre l’année 2010) qui est, encore une fois, sévère à l’endroit de la situation déplorable des droits de l’homme en Algérie.

Des défenseurs des droits humains et d’autres personnes ont été empêchés de tenir certaines réunions et manifestations. Des personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité ont été arrêtées et incarcérées sans contact avec le monde extérieur. Des femmes victimes de violences liées au genre ont été privées de voies de recours. Des étrangers ont été arrêtés et expulsés sans pouvoir faire appel de cette décision.Des chrétiens ont été persécutés pour avoir pratiqué leur foi sans autorisation ; d’autres personnes ont été jugées pour avoir dénigré les préceptes de l’Islam. Les autorités n’ont pris aucune mesure pour lutter contre l’impunité dont bénéficiaient les responsables de disparitions forcées et d’autres atteintes graves aux droits humains perpétrées par le passé». Voilà, en gros, l’état des droits de l’homme en Algérie, selon un tableau dressé par Amnesty International (AI) dans son rapport 2011. Le contenu du document rendu public avant-hier ne couvre que l’année 2010.

Au début du chapitre consacré à l’Algérie, il est précisé que «l’état d’urgence imposé en 1992 restait en vigueur». L’année dernière, «les autorités ont interdit certains rassemblements et manifestations organisés par des défenseurs des droits humains, des journalistes et des proches de victimes de disparition forcée», rapporte Amnesty International, qui fait également le constat que «des journalistes et des défenseurs des droits humains ont été inculpés de diffamation, entre autres infractions pénales, selon toute apparence parce qu’ils avaient critiqué des agents de l’Etat ou des institutions, ou dénoncé la corruption».
Très léger, le rapport 2011 ne fait cependant en aucun cas mention de la fermeture des médias lourds à l’expression plurielle en général et à l’opposition politique en particulier. Concernant les libertés religieuses, AI fait état d’«attaques contre les temples protestants qui se sont poursuivies».

L’ONG ajoute que «des chrétiens, parmi lesquels des convertis, ont fait l’objet de poursuites pénales pour exercice des cultes sans autorisation, aux termes de l’ordonnance n°06-03 qui règlemente les croyances autres que l’Islam». «La Constitution garantit la liberté de religion, mais fait de l’Islam la religion d’Etat», précise le rapport. Pour ce qui est du chapitre réservé à «la lutte contre le terrorisme et la sécurité», la même source relève «l’impunité toujours bien établie pour les actes de torture et autres sévices infligés à des personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité».AI donne, entre autres, comme exemple «le procès de Malik Medjnoun et Abdelhakim Chenoui qui n’avait pas repris à la fin de l’année». «Accusés du meurtre du célèbre chanteur kabyle Lounès Matoub et d’infractions liées au terrorisme, ces deux hommes étaient incarcérés sans jugement depuis plus de 10 ans», mentionne le rapport, avant de préciser qu’«ils ont été arrêtés en 1999 et torturés durant la longue période de détention au secret qui a suivi».

Au sujet de la discrimination et la violence contre les femmes, AI rappelle qu’une rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes s’est rendue en Algérie en novembre 2010. «Malgré des efforts visant à mettre en œuvre une stratégie nationale dans ce domaine, les autorités n’avaient toujours pas érigé en infraction les violences au sein de la famille, notamment le viol conjugal, et les auteurs de violences liées au genre n’étaient pas traduits en justice», souligne le rapport. Amnesty International rappelle qu’en mars et en avril 2010, des femmes vivant seules à Hassi Messaoud, dans les quartiers dits des «36 Logements» ou des «40 Logements», ont été la cible d’une série d’attaques : «Des groupes d’hommes sont entrés chez elles par effraction et les ont dépouillées de leurs biens et agressées physiquement. Certaines ont également subi des violences sexuelles.»

Et de conclure que «les plaintes ont entraîné un renforcement de la sécurité autour des zones visées, mais aucune poursuite n’a été engagée contre les responsables présumés de ces agissements».
Concernant les disparitions forcées, AI indique que «les autorités n’ont pris aucune mesure pour enquêter sur les milliers de disparitions forcées et autres violations graves des droits humains qui ont eu lieu au cours du conflit interne des années 1990».
Qu’en est-il de l’application de la peine de mort ? AI fait remarquer que «l’Algérie a coparrainé la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à un moratoire mondial sur les exécutions et elle a maintenu le moratoire de facto en vigueur depuis 1993». Toutefois, souligne l’ONG, «plus de 130 personnes ont été condamnées à mort, dans de nombreux cas par contumace, essentiellement pour des infractions liées au terrorisme». Aucune exécution n’a été signalée, précise le document.

Source El Watan Said Rabia

Le Pèlerin

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 03:31

Algérie - L’absence des syndicats autonomes décrédibilise la tripartite

ugta

 

L'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) sera encore une fois le seul représentant syndical à la prochaine tripartite qui regroupera aussi le gouvernement et le patronat le 28 mai prochain.

Une tripartite consacrée aux questions économiques. Le gouvernement continue d’avoir les mêmes réflexes d’il y a dix ans en ignorant les syndicats autonomes. L’UGTA, qui a choisi de se mettre du côté de l’Exécutif en tournant le dos aux revendications sociales des Algériens, ne représente pourtant plus l’ensemble de la classe ouvrière. La contestation est depuis plusieurs années menée par les syndicats autonomes dans des secteurs tels que l’éducation, la santé, l’université et la Fonction publique. A Skikda, des responsables de l’UGTA ont été chassés par les travailleurs du complexe pétrochimique alors que les postiers ne veulent pas être représentés par le syndicat de Abdelmadjid Sidi Saïd.

Contesté à l’intérieur même de l’ex-syndicat unique, ex-organisation de masse du FLN,  ce même Sidi Saïd s’est permis dernièrement d’insulter les syndicats autonomes en les accusant de vouloir «déstabiliser le pays». Un argument sécuritaire qui a fait rire les animateurs du mouvement syndical libre. «Il y a une volonté politique de mettre tout le monde dans le bain pour travailler ensemble», a pourtant dit Abdelkader Malki, responsable à l’UGTA, à propos de la tripartite du 28 mai. Un simple discours ? Il est évident que sans la présence des syndicats autonomes, qui représentent des centaines de milliers de salariés, la tripartite du 28 mai n’aura aucune crédibilité. Ses décisions n’engageront que ceux qui étaient présents. Curieusement, le gouvernement accepte une pluralité des organisations patronales et pas une pluralité des syndicats. Une manœuvre, devenue ridicule au fil des ans, pour imposer ses points de vue. Ahmed Ouyahia a tout fait pour éviter le dialogue social tant avec les syndicats qu’avec le patronat. Les émeutes ? Les manifestations ? «Celui qui a mal à la tête sort dans la rue», a-t-il dit ironiquement lors de son passage à l’APN.

Abdelaziz Bouteflika a, lui, dès son arrivée au pouvoir en 1999, montré son aversion à l’égard des syndicats, des partis, de la société civile et des médias. Douze ans après, il n’a pas changé d’un iota sa position malgré son annonce de «réformes» politiques. «Réformes» engagées sous la pression des événements internationaux marqués par les révoltes des peuples arabes contre les dictatures. La manière avec laquelle la tripartite est préparée prouve que l’esprit du parti unique est toujours aussi «collant» au palais d’El Mouradia et ailleurs. Des syndicalistes autonomes s’interrogent sur la manière de récupérer la Maison du peuple, siège de l’UGTA, à la place du 1er Mai à Alger. Selon eux, cet immense espace, propriété des travailleurs algériens, doit revenir à l’ensemble des syndicats et pas uniquement à l’UGTA.

Des actions politiques doivent être engagées en ce sens surtout qu’à leurs yeux, il n’y a pratiquement plus rien à espérer de l’UGTA. Les syndicalistes attendent un soutien de la société civile, de l’opposition, des députés et des médias pour restituer la Maison du peuple à la communauté nationale. Cette question de l’économiste Abderrahmane Mebtoul, posée dans un texte publié par le site Algerie-Focus, mérite réflexion : «Comment se fait-il que l’UGTA, dont la majorité de ses dirigeants sont sénateurs, députés, affiliés à des partis politiques (essentiellement RND-FLN où ils doivent choisir entre la fonction politique ou syndicale,) malgré ses appels au vote massif aux dernières élections législatives, ces deux partis ont eu moins de 11% des voix par rapport aux inscrits ?» D’autres interrogations se posent sur la manière avec laquelle sont gérés les fonds et les budgets de l’UGTA. Mais, là, c’est un autre débat… Le budget de l’UGTA n’est-il pas pratiquement érigé en secret d’Etat ?    

Source El Watan Fayçal Métaoui
Le Pèlerin

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