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  • : Algérie Pyrénées - de Toulouse à Tamanrasset
  • : L'Algérie où je suis né, le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942, je ne l'oublierai jamais. J'ai quitté ce pays en 1962 pour n'y retourner que 42 ans plus tard. Midi-Pyrénées m'a accueilli; j'ai mis du temps pour m'en imprégner...mais j'adore
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De Toulouse à Tamanrasset

 

cirque-de-gavarnie.jpg

Le cirque de Gavarnie

L'Algérie, j'y suis né le jour du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942. J'ai quitté ce pays merveilleux en 1962, pour n'y retourner qu'en août 2004, soit 42 ans plus tard...
Midi-Pyrénées m'a accueilli. J'ai mis du temps pour m'imprégner de Toulouse mais j'ai de suite été charmé par ce massif montagneux et ses rivières vagabondes que je parcours avec amour...Ah ces chères Pyrénées, que je m'y trouve bien ...! Vous y trouverez de nombreux articles dédiés à cette magnifique région et la capitale de Midi Pyrénées : Toulouse
L'Algérie, j'y suis revenu dix fois depuis; j'ai apprécié la chaleur de l'accueil, un accueil inégalé de par le monde.......L'espérance d'abord ...Une relative désillusion ensuite...Pourquoi alors que le pays a un potentiel énorme...Les gens sont perdus et ne savent pus que faire....Les jeunes n'en parlons pas, ils ne trouvent leur salut que dans la fuite....Est-il bon de dénoncer cela? Ce n'est pas en se taisant que les choses avanceront.
Il y a un décalage énorme entre la pensée du peuple et des amis que je rencontre régulièrement et les propos tenus dans les divers forums qui reprennent généralement les milieux lobbyistes relayant les consignes gouvernementales...
Les piliers de l'Algérie, à savoir, armée, religion et tenants du pouvoir sont un frein au développement de l'Algérie ....Le Pays est en veilleuse....Les gens reçoivent des ….sucettes...Juste le nécessaire... pour que ....rien nez bouge....
Pourtant des individus valeureux il y en a ....Mais pourquoi garder des élites qui pourraient remettre en cause une situation permettant aux tenants des institutions de profiter des immenses ressources de l'Algérie. Le peuple devenu passif n'a plus qu'un seul espoir : Dieu envers qui il se retourne de plus en plus...Dieu et la famille, cette famille qui revêt une importance capitale en Algérie.

Le vent de la réforme n'est pas passé en Algérie tant les citoyens sont sclérosés dans les habitudes et les traditions relevant des siècles passés....La réforme voire la révolution passera....à l'heure d'Internet, on ne peut bâillonner le peuple indéfiniment...Cela prendra du temps mais cela se ferra...
Pour le moment le tiens à saluer tous les amis que j'ai en Algérie et Dieu sait que j'en ai....C'est pour eux que j'écris ces blogs, quand bien même je choisis souvent mes articles dans la presse algérienne....pour ne pas froisser la susceptibilité à fleur de peau de l'Algérien...

Cordialement,
Le Pèlerin

 

 

 

 

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 18:46

Du nouveau en Algérie avec la renaissance du rugby Algérien ?

Le Rugby fait des émules en Algérie

Pratiqué en club pendant la colonisation française, le rugby a ensuite décliné avant de déserter l’Algérie, en 1972. Le ballon ovale connaît aujourd’hui un nouveau rebond.

Les Lionceaux algériens ont pu disputer leur première compétition officielle le 18 décembre dernier et la gagner, 16-6, contre le voisin tunisien, pourtant classé 39e mondial.

Et si 2016 rimait avec renaissance et innovation ? L'équipe de rugby d'Algérie offre ce premier sourire de l'année grâce a son renouveau. Inconsciemment le Japon n'est pas forcément étranger à cela. Il a laissé une trace indélébile lors de la Coupe du Monde de Rugby et semble avoir fait des émules

La route est longue, mais le rugby mondial découvre un nouveau visage. Bon vent les fennecs

Pour information, à la mi-novembre, la World Rugby, l’instance organisatrice du Mondial, avait officiellement reconnu la Fédération algérienne de rugby (FAR). Son objectif est très simple : une participation à la prochaine Coupe du monde au Japon en 2019, où elle serait alors la première équipe du Maghreb.

Le Pèlerin

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 15:05

AAA utilise des Airbus A 320 pour desservir les villes algériennes.

Au départ de Carcassonne

Au départ de Carcassonne

Dimanche, la compagnie française Atlas Atlantique Airlines assurera une liaison hebdomadaire avec la ville algérienne d'Oran. Cette ligne restera ouverte jusqu'à la fin mars

Dès dimanche, un nouveau pavillon flottera sur l'aéroport de Carcassonne. En effet la compagnie française Atlas Atlantique Airlines desservira la ville d'Oran (Algérie).

AAA assurera cette liaison hebdomadaire (1), tous les dimanches, et ce jusqu'au 20 mars.

Atlas Atlantique Airlines est spécialisée dans les destinations du Maghreb.

Depuis Paris-Vatry, la compagnie dessert Alger, chaque lundi et chaque samedi. Mais également la ville de Tlemcen.

AAA s'est aussi implanté sur deux autres aéroports régionaux, ceux de Saint-Etienne et de Toulon. De là, ces avions, des Airbus A 320 d'une capacité de 180 places s'envolent vers Oran ou Setif (Algérie). Depuis, la préfecture du Var, AAA ne dessert en revanche que la ville d'Oran.

Selon les informations communiquées par l'exploitant de la plateforme aéroportuaire de Carcassonne, la société Transdev (2), AAA pourrait proposer deux vols par semaine sur cette même destination, à compter de l'été 2016.

Le 20 juin dernier, une autre compagnie aérienne avait lancé une liaison vers l'Espagne et la ville d'Alicante. Opérée par la compagnie Air Nostrum, filiale d'Iberia, cette destination avait connu un beau succès d'estime. Elle pourrait être renouvelée l'état prochain.

En attendant, la compagnie irlandaise Ryanair se taille encore la part du lion sur l'aéroport de Salvaza et assure l'essentiel du trafic passager. Ryanair dessert en effet neuf villes. A noter que la liaison avec Porto ne sera de nouveau active qu'à compter du mois d'avril.

Les vols en direction d'Oran sont au prix d'appel de 160 € aller et retour.

(1)Les vols vers Oran auront lieu chaque dimanche jusqu'au 20 mars 2016. Départ de Carcassonne à 15 h 10 (arrivée à Oran à 16 h 40).

(2)La gestion de l'aéroport a été confiée à la société Transdev depuis le 1er mai 2011 pour une durée de 7 ans.

10 destinations depuis Salvaza.

En 2016, l'aéroport Sud de France Carcassonne proposera 10 destinations : Alicante, Porto, Glasgow-Prestwick, Cork, Manchester, Londres Stansted, Bruxelles Charleroi, Dublin, East Midlands et Oran

Ryanair depuis 1998

La fréquentation de l'aéroport Sud de France Carcassonne était de 413 724 passagers en 2014.

En 2013, En 2013, la plateforme de Carcassonne était classée au 22e rang des aéroports français en terme de fréquentation. C'est le deuxième du Languedoc-Roussillon derrière Montpellier.

La compagnie Ryanair a assuré son premier vol depuis Carcassonne en 1998 en direction de Londres. Depuis, elle a étoffé son offre vers l'Irlande et la Belgique

Source La Dépêche du Midi

Le Pèlerin

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 19:00

Partenariat économique entre France et Algérie: les «résultats sont là»

Partenariat d'exception entre l’Algérie et la France

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a affirmé lundi que sur le plan économique, les résultats du "partenariat d'exception" liant la France et l'Algérie étaient "là et bien là".

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a affirmé lundi que sur le plan économique, les résultats du «partenariat d'exception» liant la France et l'Algérie étaient «là et bien là».

«Les résultats du partenariat d'exception sont là et bien là», a dit M. Fabius lors d'une conférence de presse dans le cadre du comité mixte économique franco-algérien (COMEFA), qui a donné lieu à la signature de huit accords économiques.

«L'ordre de grandeur de ce que nous sommes en train de faire est de l'ordre du milliard» d'euros, a assuré le ministre français, sans donner plus de précisions chiffrées.

M. Fabius et son homologue Ramtane Lamamra ont notamment signé un accord intergouvernemental devant permettre aux jeunes actifs algériens de venir travailler en France dans des entreprises algériennes, et réciproquement pour les jeunes Français.

D'autres partenariats impliquant les pouvoirs publics ainsi que des entreprises ont été signés, sous l'oeil du ministre français de l'Economie Emmanuel Macron et du ministre algérien de l'Industrie Abdeslam Bouchouareb, dans les domaines de la propriété industrielle, de l'énergie, des transports, de l'industrie.

M. Fabius a assuré que les relations franco-algériennes n'avaient «jamais été meilleures», malgré un récent incident diplomatique: la fouille par la police française du ministre algérien de la Communication Hamid Grine à l'aéroport d'Orly.

Le ministre français des Affaires étrangères a répété les «excuses» de la France. Son homologue algérien a pour sa part dit qu'il fallait «faire en sorte que ce genre d'incident ne se reproduise plus», que ce soit pour «des ministres, des diplomates, ou de simples citoyens».

«Nous voulons une relation absolument sans nuage», a affirmé M. Lamamra.

Le ministre algérien de l'Industrie a, lui, parlé de «saut qualitatif» dans les relations économiques entre les deux pays, qui sortent «d'une relation purement commerciale» pour aller davantage vers la «coopération», notamment industrielle.

La France, deuxième partenaire économique de l'Algérie avec 10,5 milliards d'euros d'échanges en 2014, veut reconquérir le rang de son premier fournisseur perdu en 2013 au profit de la Chine, et déploie dans ce but une intense activité diplomatique.

Les deux ministres algériens ont été reçus lundi par le président français François Hollande, qui s'est déjà rendu deux fois dans le pays.

Par ailleurs, les chefs de gouvernement des deux pays se retrouveront début 2016 en Algérie pour une session du comité intergouvernemental de haut niveau liant les deux Etats.

Source France 24

Le Pèlerin

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 17:12

Ma Mère d’Algérie

A la mémoire de ma Mère

Elle a le cœur dans sa cuisine

Toujours les mains dans la farine

Le regard baigne de tendresse

Pour ses souvenirs de jeunesse.

Elle est la base de sa famille

Comme toutes les mères d’Algérie

Elle a dans le cœur et la voix

Des comportements d’autrefois.

Elle soigne les rhumes à l’anisette

Dans les oreilles et sur la tête.

Elle suit l’exemple de sa mère

Qui le tenait de sa grand-mère.

 

Chez elle, l’odeur de la lavande

Vous saute au cœur comme une offrande.

Le linge respire la propreté

Esprit de sel, planche à laver.

Sa cuisine sent bon les épices

Sa table est un petit délice

Elle fait chanter la nostalgie

En cuisant des plats d’Algérie.

Elle aime ses fils à l’infini

Pour elle, ils sont restés petits.

Elle distribue avec largesse

Tout son Amour et sa Tendresse.

 

Derrière les carreaux de l’hiver,

Elle songe aux souvenirs d’hier

Qui ont marqué son existence

De l’autre côté de la France.

Loin de la terre où elle naquit

Loin des voisins et des Amis,

Elle vit, solitaire, ses journées,

Emmitouflée dans son passé.

Dans sa cité de solitude,

Elle veut garder ses habitudes,

Mais ses voisines ne viendront plus

Chercher de l’ail, de la laitue.

 

Sa porte, ouverte sur l’amitié

Reste inutile sur le palier

Ici ne vient jamais personne

L’affection parle au téléphone.

L’exode a dispersé sa Vie

Et disloqué toute sa famille.

Sa maison est comme un hôtel

Depuis qu’elle n’a plus son « chez elle ».

Mais elle conserve au long des jours

L’esprit Pied-noir et, pour toujours,

Son cœur respire en ALGERIE

Près de la tombe de son mari.

En hommage à toutes

Les MAMANS pieds-noirs

Qui ont vu le jour sur le sol

De notre pays perdu.

CE PETIT PARADIS DEMEURERA TOUJOURS EN NOS CŒURS.

 

Le Pèlerin

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 12:47

Bonjour,

Quelques mots sur l’histoire d’Algérie d’histoire et un petit témoignage, un petit chef d’œuvre digne de Camus

Quelques mots sur l’histoire d’Algérie d’histoire et un petit témoignage, un petit chef   d’œuvre digne de Camus

Je ne doute pas qu’il se soit passé de bien tristes choses en Algérie pendant et après la colonisation.

Je ne doute pas non plus qu’en regardant l’histoire au travers de toutes les atrocités qui ont été commises, bien des drames ont été vécus de part et d’autre de l’ensemble des communautés et que la plaie reste encore grandement ouverte.

Ce dont je ne doute pas non plus c’est que l’immense majorité des exactions ont été commises par une minorité de personnes; là où les autres ne demandaient qu’à vivre en paix.

Certes la colonisation a apporté son lot d’injustices mais elle a permis biens des progrès.

L’agriculture où la Mitidja a remplacé l’immensité des marais infestés,

Les infrastructures ….Routes, ports et aérodromes

Le développement des secteurs de la santé a mis fin aux ravages de la maladie à commencer par ceux de la mortalité infantile.

La scolarité a permis à bien des habitants de ce pays magnifique de s’épanouir

Et enfin une ouverture sur le monde et la civilisation que seuls les adeptes de l’obscurantisme peuvent contester.

L’étude de la démographie en Algérie montre bien qu’à partir du début de la colonisation la population, dite « française musulmane » à l’époque, n’a cessé de croitre alors qu’elle ne cessait de décroitre auparavant….C’est ce qui a conduit  la France de l’époque à faire de l’Algérie trois départements français, là où le Maroc et la Tunisie n’étaient que des protectorats français….

J’en passe et non des moindres…

La guerre d’Algérie dans sa période la plus cruciale de 1954 à nos jours, a été l’objet de tellement d’exactions les plus horribles que la majeure partie des protagonistes auront énormément de gêne à raconter ce qui s’est réellement passé.

J’en ai rencontré de nombreux ….Ils furent quasi unanimes à me dire que si c’était à refaire ils ne le referaient pas….

Je ne m’étalerai pas sur la période de la décennie rouge car là ce fut …..Abominable….

Où sont donc passés les glorieux combattants de l’époque ….Il faut croire qu’entre temps, ils avaient peut être gagné en sagesse…..

L’histoire a finalement été racontée par une série d’individus qui profitant de cette gene collective en ont profité pour raconter n’importe quoi à commencer par ceux que ce qu’ils connaissaient de l’histoire que ce qu’ils avaient lus ou entendus au travers de témoignages peu fiables ou à l’incompétence et l’ignorance de la réalité de l’époque.

La narration de l’histoire a souvent présenté la colonisation comme source de bien des malheurs là où il a été si facile d’oublier tous les bienfaits qu’elle a apportés

Cela a généré des sentiments d’injustice teintés d’amertume.

C’est à ce titre que je rapporte l’écrit ci-dessous, afin d’informer nos descendants et de la rassurer, qu’ils ne sont pas fille et fils de salauds et qu’ils partagent avec fierté nos sentiments !!! .

Il faut dire que les tensions étaient tellement poussées à leur paroxysme à l’époque que tous ceux qui pouvaient faire preuve de sagesse et de raison ont été balayés par la radicalisation des points de vue.

Le consensus a été banni et seuls les adeptes de la déraison n’ont pu s’exprimer librement

Un texte réaliste relatif aux rapports historiques des Français d'Algérie avec leur Patrie... digne de notre cher Albert Camus

Début de citation

A quelques encablures de mes 75 ans, à un âge où les souvenirs se déclinent plus aisément que les projets et après avoir épuisé mes capacités de silence, je ressens le besoin d'éclairer un malentendu.

En 40 années de vie professionnelle, j'ai travaillé avec vous, milité avec vous, partagé quelques succès et quelques épreuves, communié aux mêmes valeurs, au même humanisme. j' ai bu à la coupe de ce bonheur de vivre en France, de s' étonner de ses richesses, de se pénétrer des mêmes émotions, au point que j' avais fini par oublier que j' étais né espagnol, sur l’autre rive, de parents et  grands-parents à l' accent impossible d' une ville de la Méditerranée.
Par la suite, devenu français par le sol (sic) je pensais l’être  comme vous et j'avais cru achever ce travail de deuil commun à tous les exilés du monde. Et puis, les maisons d'édition ont fait pleuvoir témoignages et réflexions sur la guerre d'Algérie. Les chaines de télévision et les radios ont commenté des ouvrages et refait l'Histoire de 134 ans de présence française en Algérie.
Avec une étonnante convergence de vues, la plupart ont révélé, sur cette période, une vision singulièrement sinistre. j'ai revu l'histoire de ma patrie, l'Algérie Française, travestie ou défigurée en quelques propositions caricaturales : 
La présence de la France en Algérie fut de tout temps illégitime» 
Les Français d'Algérie ont exploité les Arabes et ont volé leurs terres» 
«Les soldats français ont torturé des patriotes qui libéraient leur pays»
“ Des Français ont eu raison d'aider les fellaghas à combattre l'armée française et peuvent s'enorgueillir aujourd'hui d'avoir contribué à la libération de l'Algérie»."
Alors, j'ai su que personne ne pouvait comprendre un pays et un peuple s'il n'avait d' abord appris à l'aimer... et vous n'avez jamais aimé "notre Algérie" !
Alors, j'ai compris pourquoi vous changiez de conversation quand j'affirmais mon origine "pied noir" ; j'ai compris que l'exode arménien ou l'exode juif vous avait touchés mais que notre exil vous avait laissés indifférents. J’ai compris pourquoi les maquisards qui se battaient pour libérer la France envahie étaient des héros, mais pourquoi des officiers qui refusaient d'abandonner ce morceau de France et les Arabes entrainés à nos côtés, étaient traités de putschistes, de nationalistes de nazies.
J'ai compris pourquoi des mots comme "colon" avaient été vidés de leur noblesse et pourquoi, dans votre esprit et dans votre langage, la colonisation avait laissé place au colonialisme. Même des Français de France comme vous, tués au combat, n'ont pas eu droit, dans la mémoire collective, à la même évocation que les Poilus ou les Résistants, parce qu'ils furent engagés dans une "sale guerre" ! Sans doute, même si leur sacrifice fut aussi noble et digne de mémoire, est-il plus facile de célébrer des héros vainqueurs que des soldats morts pour rien. 
Dans un manichéisme grotesque, tout ce qui avait contribué à défendre la France était héroïque ; tout ce qui avait contribué à conserver et à défendre notre pays pour continuer à y vivre, était criminel... 
«Vérité en deçà de la Méditerranée ; erreur au-delà !"
Vous si prolixes pour dénoncer les tortures et les exactions de l'armée française au cours des dernières années, vous êtes devenus amnésiques sur les massacres et les tortures infligés par les fellaghas à nos compatriotes européens et musulmans. Vous ne trouvez rien à dire sur l’œuvre française en Algérie pendant 130 ans. Pas un livre, pas une émission de télévision ou de radio, rien ! Les fictions même s'affligent des mêmes clichés de Français arrogants et de Musulmans opprimés.
Ce qui est singulier dans le débat sur l'Algérie et sur la guerre qui a marqué la fin de la période française, c'est que ceux qui en parlent, en parlent en étrangers comme d'une terre étrangère. 
Disséquer le cadavre de l'Algérie leur est un exercice clinique que journalistes, commentateurs et professeurs d'université réalisent avec la froide indifférence de l'étranger.
Personne ne pense qu'un million de femmes et d hommes n'ont connu et aimé que cette terre où ils sont nés. Personne n'ose rappeler qu'ils ont été arrachés à leur véritable patrie et déportés en exil sur une terre souvent inconnue et souvent hostile ... Quand certains intellectuels français se prévalent d'avoir aidé le FLN, personne ne les accuse d'avoir armé les bras des égorgeurs de Français .... 
Cette terre vous brule la mémoire et le cœur ... ou plutôt la mauvaise conscience.
Je n'ai pas choisi de naitre sur une terre que mes maitres français m'ont appris à aimer comme un morceau de la France. Mais, même si " mon Algérie" n'est plus, il est trop tard, aujourd'hui, pour que cette terre me devienne étrangère et ne soit plus la terre de mes parents, ma patrie.
J’attends de vous amis français, que vous respectiez mon Histoire même si vous refusez qu'elle soit aussi votre Histoire. 
Je n'attends de vous aucune complaisance mais le respect d'une Histoire dans la lumière de son époque et de ses valeurs, dans la vérité de ses réalisations matérielles, intellectuelles et humaines, dans la subtilité de ses relations sociales, dans la richesse et la diversité de son œuvre et de ses cultures J'attends que vous respectiez la mémoire de tous ceux que j'ai laissés là-bas et dont la vie fut faite de travail, d'abnégation et parfois même d'héroïsme. 
J'attends que vous traitiez avec une égale dignité et une égale exigence d'objectivité et de rigueur, un égal souci de vérité et de justice, l'Histoire de la France d'en deçà et d’au delà de la Méditerranée.
Alors, il me sera peut-être permis de mourir en  France en m'y sentant aussi chez moi...

Fin de citation

Sachez que tout humaniste que je sois-je partage largement ce point de vue

Cordialement votre,

Le Pèlerin

Enrico Macias

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 08:17

Enquête sur une amitié vieille de cinquante ans….Avec ses hauts et ses bas.

 

Bouteflika et l'histoire de France

Bouteflika et l'histoire de France

De tous les présidents algériens, il est le seul à avoir entretenu des liens aussi durables et étroits avec l'ancienne puissance coloniale. Enquête sur une amitié vieille de cinquante ans….Avec ses hauts et ses bas.
Au palais d’El-Mouradia, sur les hauteurs d’Alger, ou dans la résidence médicalisée de Zeralda, sur le littoral ouest, Abdelaziz Bouteflika accueille souvent chefs d’État, Premiers ministres ou ministres français par un retentissant : « Je suis français ! » Boutade, allusion à une époque lointaine où les Algériens étaient considérés comme des « sujets français », ou volonté de mettre à l’aise ses invités, toujours est-il que cette formule ne manque jamais de faire mouche auprès de ses interlocuteurs. Bouteflika le Français ? Dite de façon aussi abrupte, l’expression peut choquer les Algériens, d’autant que, cinquante-trois ans après l’indépendance, les relations entre leur pays et l’ancienne puissance coloniale sont toujours aussi passionnelles.


 

Bouteflika et la France

Bouteflika et la France

Des liens longs et étroits avec la France
Il est en tout cas un fait : aucun des prédécesseurs d’Abdelaziz Bouteflika n’a entretenu des liens aussi longs et étroits avec la France. Au cours de ses trois premiers mandats, il s’est rendu sept fois en France pour des visites officielles et a reçu trois présidents. Ministre ou président, Bouteflika, 78 ans aujourd’hui, aura travaillé avec Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Aucun chef d’État africain ou arabe encore en exercice ne peut en dire autant.
En privé comme en public, Bouteflika ne cache pas son admiration pour de Gaulle, cite volontiers Pierre Mendès France, se compare parfois à Napoléon – il dira un jour qu’il mesure 3 cm de plus que l’empereur -, et se montre incollable sur l’histoire de France et les classiques de la littérature française. « Il raconte ses souvenirs, dresse les portraits des chefs d’État et ministres qu’il a croisés durant sa longue carrière, se souvient un ambassadeur qui fit un passage à Alger. Il dit souvent que les Algériens sont plus proches de la France que du Maroc. Je crois qu’il cultive une sorte de fascination pour la France. »
Années 1960 : une histoire commence 
Bouteflika et la France, c’est une histoire qui commence au début des années 1960. Chef de la diplomatie à 26 ans, le futur président conduira, sous Ben Bella, puis sous Houari Boumédiène, la politique étrangère d’un pays qui connaît alors un rayonnement international exceptionnel. Accords commerciaux, contentieux financiers, libre circulation des biens et des personnes, pétrole et gaz, ou encore affaire du Sahara occidental, Bouteflika devient un habitué de l’Élysée, de Matignon ou du Quai d’Orsay. Moustache et rouflaquettes, costumes trois pièces achetés chez les plus grands couturiers de Paris, le sémillant ministre aux yeux verts est un bon client des médias. De Gaulle disait du bien de lui, Pompidou le tenait pour un habile négociateur et Giscard le trouvait entreprenant et adroit.
Si Bouteflika a bonne presse aux yeux des Français, il n’en va pas de même auprès de certains de ses anciens collègues, il est vrai aujourd’hui recalés par le système. Belaïd Abdesselam, ministre de l’Énergie et de l’Industrie entre 1965 et 1977, tenu pour être l’un des architectes de la nationalisation des hydrocarbures en février 1971, n’a ainsi pas hésité à le traiter d’« agent de la France ». Sid Ahmed Ghozali, directeur général de Sonatrach de 1966 à 1979, n’est pas plus tendre. « Bouteflika a agi contre la nationalisation des hydrocarbures et contre celles qui l’ont précédée, celles des mines et des biens vacants », confie-t-il un jour. Abdesselam raconte même que, à l’été 1978, après avoir été reçu deux fois de suite par le président français, Bouteflika a été vertement apostrophé par Boumédiène : « Enfin, es-tu le ministre des Affaires étrangères de Giscard ou le mien ? » Ambiance…


 

Bouteflika et Mitterand

Bouteflika et Mitterand

A partir de 1978 : une autre histoire commence, plus privée
La première histoire avec la France officielle s’arrête à la mort de Boumédiène, en décembre 1978. Une autre commence, plutôt privée celle-là. Chadli Bendjedid élu président, Bouteflika perd son portefeuille de ministre des Affaires étrangères pour un obscur poste de conseiller à la présidence. Dans son bureau d’El-Mouradia, il passe son temps à lire la presse et à refaire le monde avec ses rares visiteurs. Dépité, celui qui se considérait comme le successeur putatif de Boumédiène s’exile volontairement dès la fin de 1981. C’est le début de ce qui est communément appelé sa « traversée du désert ».
Bouteflika s’installe à Paris, où il partage son quotidien entre un appartement au Trocadéro, à deux pas de la tour Eiffel, et un autre pied-à-terre, toujours dans le 16e arrondissement. Le premier est mis à sa disposition par son ami et homme d’affaires Ahmed Koudjeti, le second lui aurait été prêté par un dignitaire du Golfe. Son frère cadet, Saïd, aujourd’hui conseiller spécial à la présidence, le rejoindra pour y préparer une thèse de doctorat. « Bouteflika ne menait pas grand train, se souvient une de ses connaissances, qui le recevait souvent dans ses bureaux parisiens. Il n’était pas non plus dans la misère. Très discret, il restera à Paris jusqu’en 1987. » Mais, goûtant peu la grisaille de la capitale parisienne, l’homme, dont on dit qu’il ne supporte pas le froid, effectuera pendant ces années d’exil de longs séjours à Genève et aux Émirats.
1999 : l’histoire officielle reprend
L’histoire avec la France officielle reprend son cours en 1999. Mais elle commence mal. Le 16 avril, au lendemain de l’élection de Bouteflika à la présidence, le gouvernement socialiste de Lionel Jospin déclare que la France est « préoccupée » par les circonstances dans lesquelles le scrutin s’est déroulé. Il est vrai que, la veille du vote, six candidats s’étaient retirés, laissant ainsi Bouteflika seul en lice. Vexé, le nouveau président algérien ne mâche pas ses mots devant les journalistes : « Je voudrais dire au Quai d’Orsay de se préoccuper un peu moins des affaires de l’Algérie. Cette forme de tutelle, cette forme de protectorat, cette forme de souveraineté limitée sont absolument inacceptables. »
On craint le début d’une guerre froide entre les deux pays, mais on assistera, au contraire, à un spectaculaire réchauffement. Quelques mois après son coup de sang contre le Quai d’Orsay, Bouteflika est invité par le président Jacques Chirac. « Sa première visite officielle à l’étranger, il l’a réservée à la France, explique l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi. Alors qu’il est de tradition que celle-ci soit réservée au voisin tunisien. »

Bouteflika et Chirac

Bouteflika et Chirac

C’était en juin 2000. Discours à l’Assemblée nationale – une première pour un président algérien -, dîner à l’Élysée, rencontre avec des hommes d’affaires, visite au Mémorial de Verdun pour rendre hommage aux soldats algériens morts pendant la Première Guerre mondiale… On lui déroule le tapis rouge. « Pour Bouteflika, analyse un de ses anciens ministres, ce voyage a un goût exquis de revanche, lui qui estime avoir été injustement écarté du pouvoir à la mort de Boumédiène, puis traîné de façon tout aussi injuste devant la Cour des comptes, est reçu comme aucun de ses prédécesseurs ne l’a jamais été. »
C’est qu’entre Bouteflika et Chirac – ce dernier est de cinq ans son aîné – l’entente est presque parfaite. « Les deux hommes s’apprécient réellement, avance un diplomate français. Entre eux, il y a de l’empathie, de la complicité, un goût partagé pour la politique étrangère et peut-être une compréhension partagée des enjeux internationaux. » Que l’ancien président français ait effectué son service militaire dans la région de Tlemcen, si chère à Bouteflika, durant la guerre d’Algérie – le lieutenant Chirac avait été blessé au visage – n’est sans doute pas étranger à cette lune de miel.
Deux exemples illustrent cette idylle. D’abord, le voyage de Chirac en Algérie, en mars 2003, où il a eu droit à un accueil en grande pompe et aux bains de foule qu’il affectionne tant. Ensuite, la reprise, en juin de la même année, des dessertes d’Air France. Huit ans et demi après le détournement par les Groupes islamiques armés (GIA) d’un Airbus reliant Alger et Paris, la compagnie française est de retour. Autre signe de cette amitié : Chirac dépêchera, en novembre 2005, un avion à Alger pour permettre le transfèrement de Bouteflika à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce pour y être opéré d’un ulcère hémorragique.
Après la lune de miel, distensions avec Chirac sur la fin de son mandat
Seulement voilà, deux ans avant la fin du second mandat de Chirac, un grain de sable vient tout gâcher. En février 2005, les députés français adoptent une loi vantant le rôle positif de la colonisation. Scandale et levée de boucliers à Alger. « Bouteflika a été peiné par cet épisode, d’autant qu’il est survenu sous la présidence de son ami Chirac », souligne un diplomate qui a croisé le raïs algérien à maintes reprises.
Réponse du berger à la bergère : El-Mouradia accuse la France de « génocide contre l’identité algérienne » et demande des excuses officielles pour les crimes commis durant la colonisation. L’article de loi incriminé sera certes supprimé à la demande de Chirac un an plus tard, mais le mal est fait. Rien ne sera plus comme avant. « Les Algériens, notamment Bouteflika, ont été déçus par la fin du quinquennat de Jacques Chirac, commente ce même diplomate. Alors ils ont tout misé sur Nicolas Sarkozy. Direct, énergique, pas marqué par la guerre d’Algérie, qu’il n’a pas vécue, il est à même de remettre les compteurs à zéro. »

2007 : Avec Sarkozy, tout commence bien
 

Bouteflika et Sarkozy

Bouteflika et Sarkozy

Le président algérien apprécie celui qui succède à Chirac en 2007. Une année plus tôt, alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur, Sarkozy avait été reçu pendant quatre heures à El-Mouradia. Un adoubement ? Presque. Au sortir du déjeuner, Bouteflika déclare devant son hôte, après accolades et embrassades : « Entre l’Algérie et la France, nous sommes condamnés à avoir un avenir commun. » Sarkozy réplique, tout sucre tout miel : « L’expérience du président Bouteflika, les avis et les conseils qu’il peut donner à ses amis comptent aussi. »
Oubliée, la déception provoquée par la fin du mandat de Chirac ? Avec son successeur, on croit à une refondation des relations. Et, comme avec Chirac, tout commence bien. Huit mois après son élection, Sarkozy effectue une visite d’État en Algérie. Qu’importe si Bouteflika refuse que le chanteur Enrico Macias, natif de Constantine, fasse le voyage présidentiel pour revoir sa terre natale, le business ne s’accommode pas de sentiments. Alstom, Total, Gaz Total, le voyage se solde par la signature de 5 milliards de dollars de contrats.
Crise diplomatique en août 2008
Le séjour de deux jours à Alger, en juin 2008, du Premier ministre François Fillon achève de sceller ce partenariat d’exception. Mais patatras ! Le 14 août 2008, Mohamed Ziane Hassani, directeur du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères, est arrêté à Marseille et transféré au palais de justice de Paris. Les juges français le soupçonnent d’être le commanditaire de l’assassinat, en avril 1987, à Paris, de l’opposant franco-algérien Ali Mecili. Nouvelle crise, grave celle-là. Les Algériens sont ulcérés.
Si Bouteflika n’a jamais évoqué le sujet devant ses hôtes français, certains membres de son gouvernement ne s’en privent pas. « C’est scandaleux d’arrêter un diplomate qui bénéficie de l’immunité diplomatique », peste un ministre devant un représentant de l’ambassade de France à Alger. « C’est une erreur, une méprise, s’indigne un autre. Il est innocent et doit donc être libéré sur-le-champ. » Le maintien en détention du directeur du protocole prolonge la brouille. « À chaque occasion, les Algériens nous mettaient la pression en remettant sans cesse sur la table des discussions la libération de Hassani, se rappelle un diplomate du Quai d’Orsay. Nous avions beau expliquer que les juges français étaient indépendants, rien n’y a fait. » Alors, pendant presque deux ans, il n’est plus question pour Bouteflika et son gouvernement de recevoir quelque responsable français que ce soit.

Un ambassadeur évoque volontiers une « période de glaciation ».
Pour briser la glace, Sarkozy charge Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée, et Jean-David Levitte, conseiller diplomatique, de se rendre à Alger en février 2010. « On y va pour débloquer la situation », dit Guéant. Mais l’entreprise faillit capoter. La veille du voyage, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, donne un entretien au Journal du dimanche. À la question « quand va-t-on se retrouver avec l’Algérie ? », Kouchner répond : « La génération de l’indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple. »
Des relations empoisonnées
Quand Guéant découvre l’entretien, il s’étrangle de colère. Les Algériens, eux, sont encore plus furieux. Conséquence : toutes les demandes de Bernard Kouchner pour se rendre en Algérie sont bloquées. Il faudra une seconde visite de Claude Guéant, cinq mois plus tard, pour détendre un peu l’atmosphère. Le secrétaire général de l’Élysée invite même le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, à se rendre en France. « Pourquoi pas », répond l’intéressé. Qui ne donnera jamais suite. En revanche, il reçoit Jean-Pierre Raffarin.
Bourgeois madré, cet ancien Premier ministre sous Chirac est l’envoyé spécial de Nicolas Sarkozy pour les relations économiques entre les deux pays. Sa mission ? Normaliser, encore et toujours, des relations empoisonnées. Bouteflika fait un geste en demandant au président de l’Assemblée, Abdelaziz Ziari, de bloquer le projet de loi, déposé en février 2009 par 130 députés, portant sur la criminalisation du colonialisme. « Il m’a expliqué que le timing et la conjoncture ne permettaient pas de faire passer ce dossier, se souvient Ziari. Au vu des intérêts en jeu, on ne pouvait s’offrir le luxe d’ouvrir un autre front avec Paris. » Las, cette concession n’aura pas contribué au réchauffement escompté.
Le président algérien est profondément déçu par son homologue français, confie une source proche du Quai d’Orsay. « Il appréciait bien Nicolas Sarkozy, disait même du bien de lui, mais il s’est montré extrêmement critique quant à ses cinq années à l’Élysée. Bouteflika considère qu’elles ont été dures, que c’était un gâchis. Il a égrené tous les malentendus avec le président français, notamment son discours de Constantine sur la colonisation. Et souligne que, “sur la colonisation, je n’ai rien demandé. C’est Sarkozy qui a mis le sujet sur la table”. Bouteflika épingle également la politique marocaine du chef de l’État français,
estimant que, durant les cinq dernières années, la France ne s’était jamais montrée aussi promarocaine. »
Et les reproches ne s’arrêtent pas là. Quand Sarkozy organise le sommet du G20 à Nice, en novembre 2011, il ignore superbement le président algérien. « Il a appelé tous les chefs d’État, mais n’a pas donné le moindre coup de fil à Bouteflika, confie l’un de ses visiteurs.

Il ne l’a même pas consulté lors de l’éclatement de la crise financière internationale, en 2008. »
Dernier impair : à la veille du premier tour de la présidentielle française de 2012, André Parrant, conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires africaines, est nommé ambassadeur à Alger. Paris insiste même pour qu’il prenne ses fonctions avant le second tour. Bouteflika ne goûte guère ce manque de tact diplomatique. Résultat : le président algérien refuse de recevoir Parrant, qui devra attendre l’élection de François Hollande pour remettre ses lettres de créance et être ainsi accrédité. Mais il fera long feu à Alger, où il restera en poste moins d’une année et demie. Trois ans et demi de moins que son prédécesseur.
De meilleurs auspices sous François Hollande


 

Bouteflika et François Hollande

Bouteflika et François Hollande

Le chemin de l’Élysée passe par Alger, avance un fin connaisseur du système algérien. François Hollande, comme Sarkozy avant lui, l’a compris. Avant de briguer la magistrature suprême, l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste, qui a fait un stage à l’ENA d’Alger en 1978, a été reçu par deux présidents algériens. Bouteflika, en juillet 2006, pour une entrevue de trois heures. Puis Ahmed Ben Bella, en décembre 2010. Cette fois-là, Bouteflika n’a pas voulu s’entretenir avec le futur président pour ne pas fâcher Sarkozy. « Rassurez-vous, monsieur Hollande, je porte toujours bonheur à ceux qui viennent me rendre visite », lui dira quand même Ben Bella.
À l’évidence, Hollande entretient de très bonnes relations avec Bouteflika. L’accueil qui lui a été réservé lors de sa visite d’État en 2012, son bain de foule à Alger et sa virée à Tlemcen ont gommé les mauvais souvenirs laissés par Sarkozy. Son discours devant le Parlement algérien dans lequel il dénonce une « colonisation brutale » a satisfait les Algériens, si bien qu’ils ont mis une sourdine à leur demande d’excuses officielles pour les crimes coloniaux. Pour Hollande, Bouteflika est un bon allié. « À la demande de la France, le président algérien a effacé, en 2013, la dette de quatorze pays africains, qui s’élevait à 902 millions de dollars, rappelle Rahabi. L’autorisation de survol de l’espace aérien algérien par des Rafale français lors de l’intervention au Mali, c’est encore lui qui l’a donnée, sans consulter l’armée. »
La santé des chefs d’État algériens est un sujet sensible. Elle ne relève pas uniquement de la médecine mais obéit aussi à des considérations géopolitiques. Atteint de la maladie de Waldenström, Houari Boumédiène avait ainsi préféré se faire soigner en URSS. « Faites-moi des propositions en excluant au préalable la France pour de multiples raisons », dit-il, en septembre 1978, à Taleb Ibrahimi et à Bouteflika. Chadli Bendjedid, lui, optera pour la Belgique, même s’il était un bon client d’une clinique huppée de Neuilly. Pour traiter ses problèmes de vue ou se faire opérer du pied, Liamine Zéroual privilégiera l’Espagne.
Quant à Bouteflika, il a choisi de s’en remettre à des médecins français, notamment au cardiologue Jacques Monségu. Depuis son ulcère hémorragique, en 2005, il séjourne régulièrement au Val-de-Grâce pour des soins ou des contrôles. Victime d’un AVC en 2013, il y retourne, avant d’être admis pour une longue convalescence à l’Hôtel des Invalides, où les travaux d’aménagement et de sécurisation, qui ont coûté plusieurs milliers d’euros, ont été pris en charge par la présidence algérienne. C’est dans l’ancienne apothicairerie des Invalides que Bouteflika reçoit en audience, le 12 juin 2013, son Premier ministre et son vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée. Au-dessous du portrait officiel du président de la République française.
Comment « Le Figaro » a failli devenir algérien
Le 2 avril 1974, Georges Pompidou décède à Paris des suites de la maladie de Waldenström. Le même jour, à Alger, Houari Boumédiène charge deux de ses ministres de se rendre à l’ambassade de France pour signer le registre de condoléances. Il fait alors cette confidence à Ahmed Taleb Ibrahimi, ministre de l’Information et de la Culture. Deux ans avant sa disparition, le président français avait adressé un message à son homologue algérien dans lequel il lui proposait de racheter Le Figaro, quotidien gaulliste fondé en 1826.
« Je vous informe que le quotidien Le Figaro, écrit-il, en butte à des difficultés financières, est mis en vente. L’Algérie, seule ou en association avec un autre pays arabe, pourrait le racheter par personne interposée et disposer ainsi d’un puissant moyen pour défendre ses thèses face aux attaques de certains médias français dont vous vous plaignez. » À l’époque, Boumédiène n’avait pas jugé opportun de donner suite à cette étonnante proposition. Plus tard, dira Taleb Ibrahimi, il a regretté de ne pas avoir prêté l’attention requise à cette proposition. Le Figaro sera finalement racheté en 1975 par le magnat de la presse Robert Hersant, avant de tomber en 2004 dans l’escarcelle de l’homme d’affaires Serge Dassault.

Source Jeune Afrique

Le Pèlerin

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 18:48

Qu’il est beau le mariage chez nous !

Algérie - Une nuit de noces en Kabylie

Je ne sais pas ce que vous pensez les amis mais il est quatre heures du matin et les invités veulent tous rentrer chez eux. Cela fait depuis plus de trois heures que Cavan est entré dans sa chambre et il ne sort toujours pas ! Bizarre ! Qu’est-ce qui se passe ? S’est-il endormi ? Mouloud, l’année passée, avait réalisé un grand exploit ; celui d’avoir “éclaté” [1] la sienne en seulement dix minutes. Awwah ! A mon avis, il doit y avoir quelque chose de mis sous son lit ou caché dans un coin de sa chambre. Ce n’est pas normal. Pourtant, Cavan est fort comme un bœuf et avait pris toutes ses précautions. Mais il faut reconnaître aussi que ce n’est pas facile avec toute la pression de nos traditions.

A quatre heures et demie, tête baissée, le nouveau marié sortit de sa chambre et se dirigea droit à l’extérieur de la maison où l’attendaient ses amis.

— Alors mon ami, ça y est ? Tu l’as fait ? C’est bon ? Tout le monde ici pense que tu t’es endormi, à cause de la fatigue. Mais tu es là, enfin !

— Non, je n’ai pas pu le faire ! Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Pourtant, j’ai essayé à plusieurs reprises mais ça ne marche pas. J’ai laissé ma femme les larmes aux yeux. Elle aussi ne comprend pas ce qui nous arrive. Elle n’arrêtait pas de me répéter que je devais le faire pour sauver son honneur. Il faut dire qu’elle ne m’aide pas trop dans cette tâche. J’ai essayé de la rassurer en lui disant qu’on est fatigué et que nous avions tout notre temps pour le faire après. Mais elle m’a répondu qu’en cet instant même toutes les femmes de nos deux familles veillent et qu’elles n’attendent que l’aube pour débarquer dans la chambre et vérifier l’état du drap blanc ! Elle redoute l’humiliation d’être montré du doigt comme une fille pas « propre ». Et c’est là qu’elle a commencé à me parler aussi d’iheckulen ?! Imaginez qu’elle ait raison mes amis ! Que mon impuissance vient d’un grigri placé par l’une de mes cousines jalouse parce que je ne l’aie pas choisi comme épouse !

— Ne t’inquiète pas Cavan ! Assieds-toi ici et prends un bon coup avec nous. Crois-moi, si c’est ça le problème, la solution est dans une bonne bouteille de vin ou du Clan Campbell. Ce n’est pas ce qui nous manque par ici. Je t’avais pourtant conseillé de ne pas l’approcher sobre. C’est pas facile avec toutes les pressions que tu subis. De plus, c’est un bon remède contre les mauvais esprits que tes ennemis ont, sans aucun doute, sollicités pour te détruire. Allez, prends avec nous quelques doses de cette bouteille que nous venons d’entamer et tu verras que tout rentrera dans l’ordre. L’alcool est un bon exorciste ! Il t’évitera aussi de perdre trop de temps dans des préparatifs inutiles ; il anéantira en toi toute hésitation et te permettra d’aller droit au but. Va maintenant, rentre et sauve l’honneur ! (il était cinq heures du matin)

Entre temps, un groupe de femmes, composé des deux mères, tantes et sœurs des deux côtés des mariés, s’introduisit dans sa chambre pour prendre des nouvelles de Louisa. Devant les pleurs de la mariée, sa sœur aînée, déjà mariée, lui conseilla quelques bons trucs, de femme à femme, qu’elle devait essayer de toute urgence, pour permettre à son mari d’accomplir son devoir d’homme ! Peu après, Saliha, la sœur de Cavan, surgit subitement pour les informer que son frère arrivait. Et toutes les femmes de s’éclipser discrètement dans les autres chambres, lumières éteintes mais avec les portes légèrement entrouvertes pour épier les entrées et les sorties. L’époux arriva, rentra dans sa chambre et referma la porte. Et au bout d’à peine vingt minutes cette fois-ci, Cavan ressortit triomphalement et avant même d’arriver pour annoncer la bonne nouvelle à ses amis, des youyous fusèrent déjà de la chambre nuptiale accompagnés de deux coups de fusil tirés dans le ciel.

Qu’est-ce qu’il est beau le mariage de chez nous !

Source Kabyles.net

Le Pèlerin

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 18:37

Azro Nethor, le mont algérien qui exauce les prières 

Algérie - Femmes en attente de descendance, jeunes en quête d'emploi, ...

Des pèlerins grimpent jusqu'au Rocher de la prière du zénith (Azro Nethor) qui culmine à 1.884 mètres d'altitude en Kabylie, le 31 juillet 2015

Femmes en attente de descendance, jeunes en quête d'emploi, malades espérant une guérison : en Kabylie, ils sont des milliers à défier chaque été la chaleur accablante et gravir un pic coiffé d'une petite mosquée pour que leurs prières s'élèvent plus facilement vers le ciel.

Au cœur de la géographie tourmentée du massif du Djurdjura, à l'est d'Alger, le Rocher de la prière du zénith (Azro Nethor) culmine à 1.884 mètres d'altitude.

A son sommet, au bout d'un éreintant chemin abrupt et rocheux, est posée El-Jammaa Oufella (La mosquée d'en haut), minuscule lieu de prière dépourvu de tout confort, aux murs blancs creusés de niches où brûlent des cierges, mais qui n'abrite pas de tombes.

Venues de toute la Kabylie, mais aussi d'Alger, des milliers de personnes s'y succèdent trois vendredis de suite, ahanant sous un soleil écrasant, pour l'accomplissement d'un pèlerinage annuel qui tient à la fois de croyances maraboutiques et d'un rituel païen.

- Baraka divine -

Azro Nethor tient son nom d'une légende colportée de bouche à oreille depuis des siècles.

Un vieux bienfaiteur qui avait atteint le pic au moment pile où le soleil se trouvait à son zénith, mourut sur le lieu en achevant sa prière. Supposé avoir reçu la baraka divine, ce personnage n'a jamais cessé de faire des apparitions dans les villages voisins. Sa bénédiction, selon la croyance, sauva de la peine de nombreux habitants et même un plat de couscous qui dévala du haut du mont sans se casser et sans qu'un seul grain ne se perdit...

Depuis, un couscous géant est offert à chaque pèlerinage et des dizaines de moutons sont sacrifiés. Les pèlerins se rafraîchissent à l'eau d'une source à laquelle on prête des vertus purificatrices.

Au pied du mont, à l'abri d'une tente, des marabouts offrent des notes d'espoir à qui vient les solliciter. Des couples, des jeunes filles, des enfants baissent la tête sous un morceau d'étoffe pour entendre une prière. «L'année prochaine, tu reviendras ici au bras d'un mari, et dans deux ans avec un enfant», promet le marabout à une jeune fille dont le visage ressort illuminé par un sourire.

«Je viens ici depuis que j'ai 20 ans», raconte une septuagénaire, arrivée de Larbaa N'ath Irahen, à une cinquantaine de kilomètres de là. «La première fois, j'ai prié pour avoir un mari, ensuite pour avoir des enfants. Et après pour la paix.»

«Les saints ont entendu mes prières qui ont toutes été exaucées, c'est pour cela que j'y viens toujours», dit-elle.

Mais ce culte des saints et l'idolâtrie, encore enracinés en Algérie, sont durement combattus par les religieux orthodoxes musulmans.

Avant les bouddhas géants de Bamiyan, en Afghanistan, ou les mausolées de Tombouctou, au Mali, des groupes armés islamistes ont détruit dans les années 90 de nombreux sanctuaires maraboutiques qui constellaient le paysage algérien.

En Algérie, il n'y a pas de villes ou de villages sans au moins un mausolée, comme celui de Sidi Abderahmane, le saint-patron d'Alger.

- 'Féministe avant l'heure'-

La nouvelle génération croit moins aux histoires «bigotes» qui entourent Azro Nethor que les aînés - mais y voit d'autres avantages.

«La légende a été inventée par un féministe avant l'heure, révolté par le sort réservé aux jeunes filles dans ces montagnes», explique un jeune homme.

«Prisonnières dans la demeure paternelle, elles avaient peu de chances de se marier en dehors du cercle de la tribu. Avec la légende, elles pouvaient venir à Azro Nethor, être vues par les hommes des autres villages et ainsi multiplier les chances de se marier», poursuit-il.

«Aujourd'hui, nous venons aussi en quête d'une jolie rencontre», conclut-il.

D'autant que les femmes sont les plus nombreuses à accomplir l'ascension de ce mont où les miracles ne sont pas toujours l'oeuvre du ciel.

Mohamed A., médecin de 62 ans explique ainsi qu'il s'était rendu il y a trois ans avec sa vieille mère malade, privée de nouvelles d'un enfant vivant en Italie. Le fils est arrivé quelques jours après la supplique de l'octogénaire. Mais c'est le médecin qui avait supplié son jeune frère d'accomplir le voyage.

«Ma mère est morte soulagée, persuadée que son cri était parvenu jusqu'en Italie», raconte-t-il, étranglé par l'émotion.

Source 20minutes.fr

Le Pèlerin

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 14:40

Tunisie : Les Algériens à la rescousse d'un tourisme tunisien boudé par les Européens

Tunisie - Sécurisation des plages

Tunisie - Sécurisation des plages

Un mois après l'attentat de Sousse qui a fait 38 victimes, la Tunisie peine à faire venir les touristes cet été, mis à part ses voisins algériens, venus en masse en signe de solidarité.

En Tunisie, un mois après l'attentat sanglant perpétré dans la station balnéaire de Sousse, qui a fait 38 victimes étrangères, le secteur touristique est en crise. Mi-juillet, la Tunisie comptait déjà deux millions de nuitées annulées. Alors que de nombreux pays européens ont conseillé à leurs ressortissants d'éviter le pays, seuls les Algériens sont venus en masse après une importante mobilisation sur les réseaux sociaux, au nom de la solidarité avec le voisin tunisien.

Proximité, offres bon marché : la Tunisie reste une destination privilégiée des Algériens chaque année plus nombreux à passer la frontière. Des touristes non-européens, peut-être une piste pour les stratégies futures. C'est tout du moins ce qu'espèrent les agences de voyages tunisiennes, alors que le pays est à la recherche de solutions pour sauver la saison actuelle mais aussi pour assurer l’avenir.

Source France 24 Reportage de Sandro Lutens.

Le Pèlerin
 

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:39

En proie à une flambée de violences entre Berbères et Arabes, Ghardaïa porte les stigmates de plusieurs jours d'affrontements.

l'armée rétablit un calme précaire à Ghardaïa

l'armée rétablit un calme précaire à Ghardaïa

Après plusieurs jours d’affrontements entre Arabes et Berbères à Ghardaïa, à 600 km au sud d'Alger, l’armée est parvenue à rétablir le calme. Plus de 20 personnes sont mortes et des dizaines d'autres blessées lors de la flambée de violence.

Les rues de Ghardaïa sont désertes. Rares sont les habitants à oser sortir de chez eux après la flambée de violence qui a enflammé leur ville pendant trois jours. Depuis mardi soir, la ville située à 600 km au sud de la capitale algérienne a été le théâtre de violents affrontements entre Berbères et Arabes, qui ont fait 21 morts et des dizaines de blessés.

Barricades de pneus, de brouettes et d'objets divers, locaux commerciaux, maisons et véhicules incendiés : la ville de Guerara portait jeudi matin les stigmates des affrontements des jours précédents. "Il ont tout brulé, ma maison et toutes mes affaires. Dieu merci les voisins sont arrivés à temps pour nous sauver ma fille et moi", témoigne Hayek, au micro de France 24. "J’ai tout perdu, je n'ai plus rien. Nous n'avons plus rien mon fils et moi, nous sommes à la rues", déplore un homme,

Le gouvernement algérien a envoyé l’armée pour mettre un terme aux violences. Vendredi matin, un calme précaire régnait dans la ville. Aucun déploiement de soldats n'était toutefois visible dans cette localité où 19 personnes sont mortes dans la nuit de mardi à mercredi, le plus lourd bilan depuis le début de la crise communautaire en décembre 2013, en raison de l'utilisation pour la première fois d'armes à feu.

Une ampleur nationale

L'affaire a pris une ampleur nationale qui a conduit le président Abdelaziz Bouteflika à tenir mercredi soir une réunion d'urgence avec le Premier ministre Abdelmalek Sellal et le chef de l'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaid Salah. Le chef de l'État a chargé le commandant de la quatrième région militaire de superviser les opérations "pour le rétablissement et la préservation de l'ordre public à travers la wilaya (préfecture) de Ghardaïa".

Le Premier ministre, qui s'est rendu sur place jeudi, a assuré que l'État était déterminé à prendre les "mesures appropriées et fermes pour éradiquer toute forme de violence et rétablir la la paix dans la région". L'armée a "toutes les prérogatives pour rétablir l'ordre même en instaurant un couvre-feu, interdisant les manifestations, les attroupements", a-t-il précisé, devant un parterre de membres de la société civile et des notables de la région de Ghardaïa.

Mais pour la population locale, ces efforts ne sont pas suffisants. "Trouvez une solution ! Le ministre de l’Intérieur est déjà venu hier, il était la encore la semaine dernière. Mais cela ne change rien, les violences continuent d'éclater. Le problème n'est toujours pas réglé. Alors je te le demande, Sellal : 'As-tu une solution oui ou non?'", s’enquiert un jeune homme, interpellant le Premier ministre.

Depuis plus de deux ans, le gouvernement a envoyé à chaque poussée de violence des renforts de policiers et gendarmes sans réussir à rétablir l'ordre dans la vallée rocailleuse aux portes du désert.

Un ordre difficile à rétablir

Le sud algérien est régulièrement le théâtre d'affrontements communautaires. Y cohabitent depuis des siècles Mozabites, des Berbères de rite ibadite (musulmans chiites), et des Arabes malékites (musulmans sunnites). Se sont ajoutées au fil des décennies des populations diverses attirées par l'urbanisation et la découverte du pétrole dans des gisements proches.

Majoritaires dans la région, les Mozabites, dont le fief de Ghardaïa est un joyau touristique classé au patrimoine mondial de l'Unesco, continuent de vivre selon un modèle propre : forte solidarité entre membres de la communauté, contrôle social, modes de vie et habitat spécifiques…

Ce modèle perçu parfois comme un "empêchement à l'adhésion à la nation" dans un pays dirigé par un pouvoir politique centralisé, souligne la sociologue Fatima Oussedik. En décembre 2013, c’est la destruction d’un mausolée berbère avait relancé les violences.

Source France Avec AFP 

Le Pèlerin

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